-Réveillez-vous, c'est l'heure de manger...

Une voix très douce nous réveille en chuchotant et en nous caressant doucement la tête. Je me retourne en me frottant les yeux et me vautre lamentablement par terre, ce qui est au moins utile pour me faire émerger.

Je lève les yeux et constate qu'Aria est à notre chevet en souriant.

-Vous avez bien dormi ?

-Plutôt oui, et toi Sans ?

Il s'assoit au bord du lit et s'étire avant de passer sa main dans mes cheveux pour les caresser.

-Carrément, je crois que j'ai jamais aussi bien dormi de ma vie.

Je rougis légèrement avant que Mudy ne se mette à parler super fort.

-Houuuu c'est romantique par ici. Je peux me joindre à vous ?

Elle s'accroupit et me prend sur ses genoux pour m'enlacer et coller son visage froid dans le creux de mon épaule, ce qui me fait frissonner.

-Hey si tu ne te dépêche pas je vais finir par te la piquer mon grand, dit-elle en embrassant mon cou

Sans réagit au quart de tour et m'attrape par le col pour me maintenir fermement contre lui pendant que Mudy explose de rire.

-Elle ne sera jamais à toi...laisses-la.

-Maaw t'es vraiment trop chou à la vouloir pour toi. Mais tu sais, je pense que tu vas avoir de sacrés compétiteurs face à toi, donc il faudrait peut-être penser à accélérer la cadence.

-Et alors ? Ils ne me font pas peur.

La discutions est coupée net par Al qui attrape Mudy par la peau du cou en la sermonnant et Aria qui nous sépare.

-Ce n'est pas le moment pour les disputes amoureuses, vous devez manger et vous préparer pour la sortie de ce soir.

-Bien madame, dis-je en me mettant au garde-à-vous

On sort de la chambre et en un quart d'heure à peine, nous sommes en route pour notre prochaine nuit au sanatorium. Cette fois, notre groupe s'attaque à la zone dédiée aux expériences médicales du troisième étage et malgré le fait que toutes les pièces soient aérées en permanence grâce aux fenêtres manquantes, l'odeur de moisissure est très agressive.

Rien ne sort du lot ce soir, les esprits ne sont pas vraiment agressifs et Fell Papyrus est étonnement calme. Du coup, je me dis que je pourrais profiter de ce calme olympien pour papoter avec les autres équipes grâce aux oreillettes.

-Toc toc ?

-Qui est là ? Demande Sans

-Sam.

-Sam qui ? Répond Swap Papyrus

-Sam m'emmerde ce manque d'action.

Ma blague provoque à peine quelques ricanements étouffés, et Sans reprend la situation en main.

-Hey les gars ? On serait pas des victimes de Jeff ? Parce que je pense qu'on va finir par s'endormir à force.

On rigole un peu plus fort et cette fois c'est Fell Sans qui prend la parole.

-C'est quoi le comble d'un cadavre ?

-Je sais pas, dit Blue

-C'est de puer la mort.

Je me recroqueville et pleure de rire pendant que Swap Papyrus commence une blague pour m'achever.

-Pourquoi un vegan veut absolument se faire enterrer ?

-Parce que ça fait du compost ? Demande Krom

-Non, parce qu'il pourra continuer son régime.

J'explose de rire et j'entends que plusieurs personnes n'ont pas compris la vanne.

-Les gars, vous connaissez pas l'expression « Manger des pissenlits par la racine » ?

Il faut quelques secondes avant que l'information ne monte au cerveau de tout le monde et que j'entende tout le monde rire comme des hyènes. Une fois le fou-rire passé, on reprend notre petite patrouille.

Vendredi 27 Mai :

En rentrant, notre équipe passe près de la cafétéria et je m'arrête un instant pour regarder dans cette direction. Je me souviens que normalement, on peut entendre des bruits de vaisselle et sentir l'odeur du petit-déjeuner quand on y passe tôt le matin. Sauf qu'il est presque six heures et demi et que je ne sens rien, je perçois juste des sortes de plaintes, comme si on s'étouffait.

Je jette un coup d'œil et constate avec effroi que ce n'est pas un esprit, mais un jeune homme en train de se pendre qui fait ce bruit. Je me précipite et coupe la corde avant de la lui retirer complètement. Heureusement, il semble juste inconscient. Je me retourne et vois Al, Mudy et le reste du groupe arriver.

-Qu'est-ce qui s'est passé ?! C'est qui ce type ? S'exclame Mudy

-J'en sais rien, il était en train de se pendre !

-Pardon ?

Al s'approche et me tend un poignard tout droit sorti de sa poche.

-Qu'est-ce que vous voulez que je fasse de ça ?

-Achèves-le.

-Quoi ?! Il en est hors de question ! Il a toutes les chances de survivre !

-Le problème c'est qu'il ne voulait pas survivre. Tu viens de briser une règle essentielle des Gardes.

-Comment ça ?

- « Personne n'est autorisé à interagir avec un être humain, même en cas de suicide », me répond Mudy avec un air grave

-Al, elle est trop jeune pour ça. On doit faire une exception...

-Non.

Al coupe froidement Aria et me met le poignard dans les mains.

-Tu dois comprendre que tes actes ont des conséquences, maintenant tues-le.

-Al laisses-la ! Je m'en chargerais ! Crie Aria en essayant de me prendre le couteau des mains

-Non, elle doit prendre conscience de son erreur. Notre rôle est de les préparer à ce genre de situation. Si on commence à faire des exceptions à chaque moment traumatisant ils ne pourront jamais intégrer la garde.

Je regarde le jeune homme et constate qu'il commence à reprendre ses esprits. Mes yeux se posent sur Al qui semble s'impatienter.

-Dépêches-toi, si tu attends trop il va finir par se réveiller, et par conséquent il souffrira bien plus par ta faute.

Je serre le poignard en tremblant comme une feuille, je lève mes bras et mes yeux s'inondent de larmes au moment où ma lame s'enfonce dans la gorge du garçon. Je me mets à hurler en retirant et en renfonçant mon arme à plusieurs reprises dans son cou et son buste jusqu'à ce que ses yeux deviennent vides de toutes émotions et qu'il s'immobilise complètement.

Je suis à bout de souffle et de nerfs, ma vision se trouble et suis prise d'une violente nausée. Je parviens à peine à m'écarter pour vider le peu de choses que contenait mon estomac et sens une main se poser sur mon épaule. En me retournant, je vois l'esprit de l'homme que je viens d'achever en train de me sourire tendrement avec compassion avant de partir en murmurant un vague « Merci ».

Mes membres commencent à me lâcher et je m'écroule sur le carrelage pendant que j'entends Al et Aria se disputer violemment à mon sujet, mais je suis tellement sous le choc que je n'arrives pas à comprendre ce qu'ils se disent. Les mains fraîches de Mudy saisissent doucement mes bras pour me soulever et me prendre en princesse jusqu'à notre bâtiment pour me déposer dans mon lit.

Peu de temps après, Fell Sans arrive et s'agenouille devant mon lit et parle d'une voix très douce.

-Hum...je te dépose des sandwichs au jambon. Tu les mangeras quand tu auras faim d'accord ?

-...ok...

-Et Aria accepte que tu rendes ton rapport plus tard.

-...remercie-la pour moi...

Sa main se pose sur ma tête et caresse lentement mes cheveux.

-Si tu veux discuter, je suis là. Tu t'en rappelleras hein ?

-Oui Sans.

-Bon, je te laisse te reposer. Je vais dire aux autres que tu dors.

Il se lève et dès que je l'entends sortir de la chambre, je me tourne face au mur et fonds en larmes, je ne parviens pas à me sortir de la tête ce qu'il vient de se passer. Les images et les sons tournent en boucle dans mon crâne, si bien que dès que je m'endors, je finis par me réveiller en sueur à cause des cauchemars qu'ils provoquent.

Dégoûtée de mon état et de l'odeur des sandwichs, je décide d'aller prendre une douche pour essayer de me détendre et remarque que les couloirs ainsi que les pièces principales sont vides. Tout est calme, il n'y a pas un bruit et je suppose que tout le monde est en train de dormir. Je me glisse dans une cabine et laisse couler l'eau jusqu'à ce qu'elle chauffe et me mets sous le jet. Je ferme les yeux et essaye me de vider la tête en ne pensant qu'aux gouttes d'eau qui descendent le long de mon corps pendant de longues minutes.

Je me savonne et me tourne un instant pour attraper mon shampoing, mais quand je me retourne, une main noire sort du carrelage et s'approche dangereusement de ma gorge. Je recule subitement et tente d'ouvrir la bouche pour hurler, malheureusement, je n'y arrives pas et je comprends pourquoi en voyant mon reflet dans la glace. Mes lèvres sont cousues ensemble avec un fil bleu presque néon reliés à mon assaillant. La pièce se recouvre de plusieurs carrés blancs et un squelette noir au grand sourire jaune sort du mur. Le fond de ses yeux est bordeaux et l'une de ses pupilles est jaune et bleu tandis que l'autre est blanche et des marques du même bleu que ses fils descendent de ses yeux jusqu'à la limite de son visage.

Je me précipite vers la porte mais celle-ci se ferme à clé au moment où j'allais franchir son seuil. Le squelette s'approche et s'accroupit pour prendre mon menton entre ses doigts.

-Rah, c'est dur de dire ça, mais cette mort tombe à pic. Personne ne viendra te chercher car ils dorment profondément.

Sa voix est grave, comme un grognement qui viendrait du fond de la gorge mais elle saute et beugue par moments, comme un audio corrompu. Je me débats et me rends vite compte que je ne peux pas utiliser ma magie, ce qui me rend extrêmement vulnérable.

-Hey, arrête de t'agiter comme ça. Je ne vais rien te faire...pour l'instant.

Plus le temps passe, moins je me sens bien, surtout quand il décide de sortir mon âme de ma poitrine pour l'étudier.

-Hum, pas de trait dominant pour le moment, tu ne m'es pas très utile comme ça. Néanmoins tu le seras grandement pour Ruvik.

La pression monte d'un cran et il me prend sur son épaule tout en s'avançant vers une sorte de portail menant à un endroit sinistre et repoussant. Je gigote dans tout le sens en espérant le déstabiliser mais rien n'y fait. Soudain, il me jette au fond de la pièce et recule face à un jet noir.

-Merde, saleté de peintre...

Un autre squelette, blanc cette fois sort d'une flaque sombre et dégaine de petits pinceaux et projette un liquide qui ressemble à de l'encre sur mon assaillant qui fuit par un portail à mes pieds.

-N'écoutes pas ce monstre, il causera ta perte.

Le squelette noir disparaît et par conséquent, toutes les modifications de la salle de bain et les points de mes lèvres disparaissent avec lui. Son homologue blanc avance et me tend une enveloppe avant de parler d'une voix relativement douce.

-Désolé de ne pas être arrivé plus tôt, mais j'avais des choses à régler. Je n'ai pas vraiment le temps de te parler tout de suite mais je tiens quand même à te laisser quelques informations, tu les liras en cachette, personne ne doit savoir pour le moment d'accord ?

J'acquiesce sans vraiment comprendre la situation et il part comme si de rien n'était en laissant la lettre devant moi. Je la saisis et la pose sur le rebord de l'évier avant de rester sous l'eau pendant une bonne dizaine de minutes histoire de bien me remettre les idées en place après tout ce qu'il vient de se passer. J'ai tellement envie de parler de ça avec quelqu'un, mais je me rappelle de ce que m'avait demandé le squelette blanc, je suis donc complètement bloquée dans cette situation. Une fois propre, je glisse le papier dans ma brassière et me précipite dans la remise que je ferme à clé pour être certaine de ne pas être dérangée. J'ouvre l'enveloppe et en sorts une longue lettre manuscrite, soigneusement rédigée avec l'aide d'une plume ou d'un pinceau au vu de l'épaisseur et des courbes des traits.

« Bien le bonjour Léa, si tu lis cette lettre, c'est que mon ami Error a essayé de t'emmener avec lui mais que je l'en ais empêché.

Au fait, je ne me suis pas présenté, je suis Ink Sans, mais tu peux m'appeler Ink.

Tu dois sans doute te demander pourquoi et comment Error et moi sommes en vie, mais pour comprendre tout ça, il faut que je te raconte comment tout a commencé.

Il y a plusieurs années, Error, moi et les autres sommes entrés à l'Académie dans le but de protéger les humains. Tout se passait bien (mis à part nos éternelles disputes) quand un beau jour, Slender m'a convoqué avec Error pour discuter du Projet Save. Ce projet a pour but de chercher chez les humains un individu assez ouvert à la magie et cultivé pour l'entraîner et l'utiliser comme arme principale contre Ruvik. Dit comme ça, ça peut paraître monstrueux, mais en réalité nous voulions juste trouver un humain capable d'accepter les différentes réalités de ce monde afin de réintégrer les autres espèces humanoïdes à votre vie.

Au départ, seule l'équipe enseignante et nous deux étions au courant pour le projet, puis après l'accident, Sans et les autres ont repris le flambeau à notre place.

Quand on a commencé les recherches, rien ne semblait concluant pendant des mois, mais un jour, Error a remarqué un gros potentiel chez toi et on a commencé à se pencher un peu plus sur toi et ta vie en général avant de décréter que tu serais la pièce maîtresse du Projet Save.

Tout se passait pour le mieux mais un jour, j'ai remarqué qu'Error sortait de plus en plus et s'isolait régulièrement dans l'Antivoid. J'ai donc mené mon enquête et j'ai découvert qu'il s'était rallié à la cause de Ruvik et avait pour projet de te récupérer avant nous pour que Ruvik puisse t'utiliser comme une véritable machine de guerre. Bien évidemment, je lui en ai parlé et l'ai menacé d'en parler à Slender, ce qui signifierait qu'il passerait l'arme à gauche pour avoir commis un tel crime.

Suite à ça, on s'est de nouveau battu, mais lors de notre affrontement, il m'a fait comprendre que si je restais dans l'Académie, je mettrais tout le monde en danger. Alors quand on a relâché toute notre puissance dans notre dernier jet de Blaster, j'ai pris la décision de partir loin des miens pour essayer de régler une partie du problème. Sauf qu'Error m'a volé mon pinceau et l'a scellé dans le placard du bureau de Slender. À cause de lui, je suis très limité dans mes actions et mes déplacements, mais j'arrive quand même à récolter des informations utiles sur Ruvik et ses pairs.

Je compte retourner officiellement à l'Académie lors de la prochaine rentrée, je te demanderais alors de m'aider à lever le sceau qui me prive de mon outil principal. D'ici là, je compte sur toi pour ne rien dire aux autres et pour résister à Error et Ruvik. Ils n'hésiteront pas à te faire chanter pour arriver à leur fins donc il va falloir que tu sois forte.

Je reviendrais vers toi un peu plus tard pour te tenir au jus.

Saches que je veille sur toi dans l'ombre, tu n'as rien à craindre.

Amicalement et respectueusement, Ink. »

Dès que je termine ma lecture, les caractères s'épaississent jusqu'à ce que la feuille soit entièrement noire. Je froisse le tout et décide d'y mettre le feu avant de retourner dans le bâtiment pour taper mon rapport et à mon étonnement, Fell Papyrus est en train de rédiger son rapport avec deux verres de whisky posés à côté de lui. Je m'installe à près de lui et commence à travailler en silence pendant quelques minutes avant qu'il ne me tende le second verre.

-Bois ça.

-C'est gentil mais non merci, pas quand je dois bosser.

Je décline poliment sa proposition en repoussant le verre vers lui mais il l'attrape pour me le mettre dans la main.

-Je sais que l'alcool n'est pas bon pour la santé, et que c'est fortement déconseillé voire interdit pendant les horaires de travail. Mais dans des moments comme celui-ci, ça aide un peu à se détendre, dit-il d'une voix assurée

-Tu veux pas me proposer un joint tant que t'y es ?

Je ris assez discrètement et porte le verre à mes lèvres, le liquide ambré se glisse dans ma bouche et brûle les parois qu'il croise, m'arrachant au passage une jolie grimace digne d'un enfant qui mangerait du citron pour la première fois. Papyrus ricane et me tapote l'épaule amicalement.

-Ha bah ça change du jus de fruit hein ? T'as pas l'habitude de boire ça, ça se voit.

-Ouais, je préfère les alcools de fille comme le Shoho ou l'Umeshu.

-Tu sais que techniquement tu n'as pas le droit de boire puisque tu es mineure.

-Parce que tu ne l'es pas toi ?

-Nan, j'ai 20 ans, comme les autres. Enfin on a 20 ans pour les humains, chez les non-humains on est bien plus vieux.

-Putain mais vous trichez aussi ! Moi aussi je veux vieillir comme vous et me bonifier avec le temps.

-Dans un sens tu es comme nous puisque seuls les êtres humains supérieurs possèdent des aptitudes magiques. Donc tu pourras aussi profiter de notre longévité.

-Mais il fallait me le dire plus tôt !

Je ris et il me sourit en finissant sont verre et le mien.

-Je vois que tu vas un peu mieux, ça me rassure.

-Qu'entends-je ? Le Grand Papyrus serait inquiet à mon sujet ? Dis-je en riant

-Ouais, il faut dire que ce n'est pas rien. Assister à un suicide c'est déjà dur, le découvrir est éprouvant. Mais achever la victime...n'importe qui serait dans un sale état après avoir fait ça. Notre devoir est de veiller sur toi, par conséquent on doit te soutenir dans ce genre de moment, et c'est ce que je suis en train de faire.

-...tu sais, je pense que je t'ai vraiment mal jugé.

-Comment ça ?

-Je pensais que tu étais une personne monstrueuse, incapable d'éprouver de la compassion. Toujours à rabaisser les autres et à les insulter sans aucune pression.

-...je suis dur pour vous pousser à faire le maximum. Les insultes et les mots crus blessent, mais ils nous secouent et nous forcent à repousser nos limites. Et puis je dois être imposant, faire peur et intimider l'adversaire pour commencer le combat avec un petit avantage.

-Mais c'est pas forcément la bonne méthode et je pense que tu l'as remarqué. Tu es beaucoup trop blessant et ça affecte les gens plus ou moins puissamment selon leur mental. Regardes dans quel état tu nous mets ton frère et moi, c'est contre-productif à un moment.

-Mais vous avez fait d'énormes efforts grâce à ça, tu ne peux pas le nier.

-Certes, mais la méthode est clairement à revoir.

-Soit.

Il coupe net la conversation et retourne à son travail sans plus discuter jusqu'en fin d'après-midi quand il se lève pour préparer le repas. Je le rejoins et essaye de regarder par-dessus son épaule, sans succès bien évidement.

-On mange quoi ?

-Des pâtes.

-Des pâtes à quoi ?

-À la sauce tomate, dit-il en soupirant.

Je trépigne en attendant que sa sauce cuise, et elle sent terriblement bon. Après ce qui me semble être une éternité, il me sert une assiette fumante que je dévore avec appétit sans me soucier de la chaleur du plat.

-Quelle enfant...

Je me fiche de la remarque de Fell Papyrus et continue de manger pendant que les garçons arrivent au compte-goutte pour se servir une assiette.

-C'est bon Honey ? Me demande Swap Papyruse en avalant une fourchette de pâtes

-Oui, très !

Je souris et il se penche vers moi pour passer lentement sa langue sur le coin de mes lèvres avant de se relever et de se lécher les lèvres en faisant un sourire en coin plutôt séduisant.

-C'est vrai que c'est bon, mais c'est meilleur sur toi.

Je me fige et le regarde en rougissant quelques instants avant que Fell Papyrus n'intervienne.

-Non mais t'es pas bien ?! Qu'est-ce qui te prends de faire ça ?

-Je mange, tout simplement. Ça te pose un problème peut-être ?

-Ce qui pose problème c'est ton attitude, on dirait un pervers prêt à tout pour attirer sa victime dans ses filets.

-Mais ça n'a pas l'air de lui déplaire. Hein Honey ?

Je me tourne pour ne plus avoir à soutenir son regard brûlant d'envie et sens mon visage chauffer. Fell Papyrus passe à côté de moi et laisse traîner son pouce sur mes lèvres avant de grommeler tout en sortant de la pièce très agacé.

-Et puis apprends à manger proprement toi ! Lâche-t-il en claquant la porte

-Hé, j'en connais un qui est jaloux, lâche Sans en riant.

-Pas étonnant après ce que Paps vient de faire ! Et puis arrêtez de me traiter comme si j'étais une poupé

-Nan t'es pas une poupée, tu es bien mieux que ça ma grande.

Il se rapproche dangereusement de moi mais je parviens à l'esquiver en passant de l'autre côté de la table.

-Bon, ce n'est pas tout mais je vais devoir me changer. Je vous laisse !

Je sors précipitamment et croise Fell Papyrus en train de lécher le pouce avec lequel il a essuyé mes lèvres puis me toise avec ses yeux brillants et son sourire sadique.

-Je dois avouer que l'autre con a raison, c'est meilleur quand t'y as ajouté ta petite touche personnelle.

Je pars en courant et fonce dans mon lit en serrant ma peluche dans mes bras jusqu'à ce que Mudy débarque.

-Bah alors ? On se fait draguer à ce que je vois.

-Parce que tu as tout vu ?!

-Et oui ! J'ai même tout filmé si tu veux que je sois précise.

-Et t'es fière de ta connerie en plus.

-Plus sérieusement, ils sont en train de passer à l'action. Profites-en, c'est les moments de flirt les plus excitants, et vu leur caractère, ça va durer un sacré moment. Ils vont vouloir te faire tourner la tête.

-Comme si je pouvais les intéresser.

-Tu sais, un mec drague comme ça dans deux cas, soit il a la dalle, soit il a complètement craqué sur toi. Et vu la droiture qui nous a été reporté dans les dossiers de leur précédentes années, je peux te jurer qu'ils sont dans le deuxième cas de figure. Alors fais-moi plaisir et ouvre un peu plus les yeux, il n'y a que toi qui ne te rends pas compte du nombre de qualités qui font que tu es attirante. Tu ne te rends pas compte que tu possèdes des qualités tout court.

-J'y peux rien, j'ai du mal à voir ce que je peux avoir de bon.

-Et bien travailles sur ça. Confies-toi à quelqu'un si ça peut te soulager.

Je m'assois sur le bord du lit et m'étire avant de m'attacher les cheveux en souriant.

-On verra ça plus tard, on a du boulot pour le moment.