Mardi 26 Juin :
Je regarde le camp une dernière fois le cœur serré, j'ai du mal à me dire que notre mission prend fin après tant d'émotions. Et malgré le fait que l'on se soit échangé les contacts avec nos superviseurs, je ne peux m'empêcher de ressentir une sorte de manque. Je me suis vraiment atta-chée à eux mine de rien.
J'entre dans l'avion après une dernière embrassade générale et les re-garde disparaître petit à petit, au fur et à mesure que l'avion prend de l'altitude. Je m'installe près de Stretch et me cale nonchalamment contre son épaule en soupirant pendant qu'il passe son bras autour de moi pour caresser ma tête.
-Ne soit pas si triste Honey, on les reverra c'est certain. Et plus tôt que tu le crois.
-Comment tu peux en être si sûr ?
-En règle générale, ceux qui ont supervisé des apprentis en mission prennent soin de rester en contact avec eux. Ils leur rendent visite ou deviennent leur référent de mission. Et au vu des évènements, ils vont vite partager notre vie à l'Académie, ou au moins nous proposer des missions régulièrement pour nous former de manière toujours plus poussée.
-Ha oui ? Alors ça veut dire qu'aucun de vous n'est parti en mission avant le sanatorium ?
-Bien sûr que si, mais c'était généralement des patrouilles d'observation. Rien de bien intéressant en somme. Répond Sans en me couvrant avec un plaid.
-Je vois, tu devrais te couvrir toi aussi. Je crois que quelqu'un s'est un peu énervé avec la clim'. Dis-je en riant tout en m'emmitouflant dans le plaid tout doux.
Sans va éteindre les lumières pendant que tout le monde s'installe dans un coin pour rattraper quelques heures de sommeil perdues à cause de la soirée bien arrosée de la veille. J'allais me décaler pour laisser Stretch tranquille mais celui-ci s'allonge sur la banquette en m'installant contre son torse, puis il enroule ses bras autour de moi pour me maintenir contre lui en posant ses mains dans mon dos et derrière ma tête. Je n'essaie même pas de me débattre car je sais pertinemment que je ne pourrais jamais m'extirper de son étreinte. Alors je me cale en enfouis-sant mon visage dans son sweat et sombre assez rapidement dans un sommeil profond jusqu'à ce que l'atterrissage brutal de l'avion nous ré-veille tous en sursaut.
Je me lève et m'étire pour sortir du véhicule et redécouvrir l'enceinte chaleureuse de l'Académie où nous attendent Jeff et Slender. Je vais les saluer puis me dirige dans ma chambre pour y déposer mes affaires, et en m'asseyant sur mon lit, je sens du papier se froisser sous mes fesses. Je me lève et découvre une enveloppe signée de Muddy qui contient une offre de séjour pour 15 personnes maximum dans la station bal-néaire L'Atlantide et un petit mot.
« Coucou ma grande, j'espère que tu trouveras cette lettre rapidement, mais connaissant Slender, il l'aura posé en évidence quelque part.
Bref, comme promis, je t'offre un petit séjour pour que tu puisses te rapprocher de tes futurs mecs. Libre à toi d'ajouter des amis à la liste, ça évitera les situations tendues.
Penses juste à préciser à l'accueil que tu viens de ma part, ils sauront quoi faire. D'ailleurs, va au magasin qui s'appelle Au Fil du Temps de ma part, mes copines se feront un plaisir de donner un coup de renou-veau dans ta garde-robe.
N'oublies pas de demander à Slender ta nouvelle carte d'identité et ta carte de crédit.
On se revoit bientôt ! Bisous bisous ma belle ! »
C'est vrai qu'en y repensant, mes pièces d'identité et de paiement ne sont plus valides depuis que j'ai quitté les miens. Je vais dans le bureau de Slender pour lui remettre mon dossier de mission en main propre et lui tend ma lettre.
-Je peux y aller à partir de quand ?
-Dès ce soir si tu le désires. Sache juste qu'après ton séjour tu repren-dras tes entraînements jusqu'à la reprise des cours. Me répond Slender en feuilletant les feuilles noires de mots.
-Et pour ma carte d'identité et mon mode de paiement ?
Il relève la tête comme si je lui avais rappelé quelque chose d'important et se dépêche d'aller fouiller dans ses tiroirs pour sortir trois petits rec-tangles en plastique.
-Quel idiot, avec tout ce qu'il s'est passé, j'ai complètement oublié de te les remettre. Il y a ta carte d'identité déjà remplie, ton pass acadé-mique et ta carte de crédit. Tu devras juste apposer ta signature sur cha-cune d'entre elles.
-Merci, mais à quoi sert le pass ?
-C'est un peu comme vos cartes étudiantes, sauf qu'il te donne accès à des endroits restreints comme la section nécromancie et démonologie de la bibliothèque impériale, des réductions et j'en passe. De plus, il in-dique de quel établissement tu viens, ce qui te donne quelques privi-lèges en plus par rapport à d'autres écoles.
-Je vois, c'est super pratique ! Et la carte de crédit ? Je n'ai pas d'argent.
-Si, tu as obtenu une bourse lors de ton entrée anticipée à l'Académie. Et comme tu n'as plus de famille à proprement parler, l'établissement te verse une sorte de rente tous les mois en plus des primes que tu reçois après chaque mission. Tu peux vérifier tes comptes via l'application Comptes de ton portable, et pour te donner un ordre d'idée, notre mon-naie est plus ou moins équivalente au Dollar américain.
J'examine avec attention mes nouvelles cartes avant de les signer en remerciant Slender.
-Je te demanderais juste de bien vouloir te faire accompagner par un membre enseignant de l'Académie pour ton séjour. C'est plus pour me rassurer qu'autre chose, je vous fais confiance mais je préfère une sécu-rité en plus au cas où.
-Je dois demander ça à qui ?
-Va voir Jeff. Les autres croulent sous les devoirs et les papiers d'inscription et de réinscription. Je me suis déjà chargé de ton dossier, tu restes parmi nous pour une nouvelle année.
-Bien, merci Slender et bon repos !
Je fonce en sautillant de joie et croise Erika dans les couloirs qui me saute dessus avant que je ne puisse dire ou faire quoi que ce soit.
-Tu m'as manqué ! Alors comment ça s'est passé ?! Me demande-t-elle en se dandinant comme un chiot surexcité.
-Plutôt bien dans l'ensemble. Tu sais où est Jeff ?
-Devant le portail principal pourquoi ?
-J'ai besoin de lui parler.
Je raconte à Erika tout ce qu'il s'est passé durant le séjour en omettant volontairement de parler d'Ink et d'Error pour éviter d'éventuels pro-blèmes et fini par lui montrer l'hématome causé par la morsure d'Edge il y a quelques semaines.
-Heureusement pour moi, ma peau se remet relativement vite de ce genre de blessures.
-C'est vrai. Mais il va vraiment falloir que tu apprennes les bases des sorts de soin si tu veux éviter de stresser pour ce genre de trucs.
-Je sais, je vais m'y mettre après mes vacances. Tu nous accompagnes pas vrai ?
-Vous partez où ?
-Au centre l'Atlantide, une de mes supérieures m'offre un séjour là-bas.
-Sérieux ?! Comme ça gratuitement ? S'exclame-t-elle.
-Visiblement oui. Il est si réputé que ça ce centre ?
-Et pas qu'un peu ! C'est une station balnéaire de luxe, certaines per-sonnes se damneraient pour avoir ta chance.
-Je n'étais pas au courant, d'ailleurs elle aimerait que je fasse un saut dans une boutique qui s'appelle Au Fil du Temps. Tu connais cette bou-tique ?
-Bien sûr ! C'est le magasin de vêtement le plus populaire de notre communauté, les meilleures couturières produisent les stocks de ce ma-gasin. Tu n'as rien contre les araignées par contre ?
-Pourquoi cette question ?
-Parce qu'il n'y a que des Arachnides dans cette boutique.
Je marque une pause pour réfléchir.
-Tu veux dire des personnes croisées avec des araignées ?
-Exactement. Ne t'en fais pas, elles sont tellement belles que tu feras vite abstraction de leur parties arachnoïdes.
On décide de prévenir mes amis au passage pour que l'on puisse partir le plus tôt possible avant d'apercevoir Jeff en train de discuter avec une très grande personne portant un long trench coat noir et un chapeau à bords larges. Lorsque l'on arrive à une dizaine de pas d'eux, l'homme au chapeau se retourne, nous offrant un torse nu sous son manteau et un visage ressemblant comme deux gouttes d'eau à celui de Slender, sauf qu'il arbore un large sourire carnassier tout en laissant apparaître des longs tentacules blancs qui me saisissent avant que je ne puisse réagir. Il s'approche et soulève mon haut pour contempler ma poitrine habillée d'un banal soutien-gorge noir en se léchant les lèvres avant de parler d'une voix rauque et sensuelle.
-Pas mal, je comprends que les Ifrits baissent leur garde face à ce genre de cadeau.
Il allait continuer sa phrase mais Jeff le poignarde littéralement pour le rouer de coups pendant qu'Erika m'aide à me remettre de mes émotions alors que le pervers se marre comme une baleine.
-Rah c'est bon Jeffy, je déconnais !
-Tu ne touches pas aux élèves bordel de merde ! Hurle Jeff pendant que l'homme se relève en pouffant tout en retirant le couteau de son abdo-men et en résorbant ses blessures.
-C'est bon, paniques pas. Je ne la toucherais pas…
Il me regarde et passe sa langue sur ses lèvres d'une manière si érotique que ça en deviendrait presque illégal. Le tout en glissant discrètement un papier dans ma poche.
- A moins qu'elle ne me le demande directement.
-Dégage Offender ! Retourne bosser au lieu de te toucher sur tout ce qui bouge !
-Oui oui Jeff. A plus ma jolie.
Il part les mains dans les poches en sifflotant pendant que Jeff le fusille du regard en s'approchant.
-Désolé pour cet incident, je veillerais que ce genre de chose ne se re-produise pas. Tu avais besoin de quelque chose sinon ?
-Ce n'est rien, je suppose qu'il n'est pas méchant dans le fond.
-Il est juste extrêmement con et pervers. Répond Jeff en riant.
-Et sinon, je voulais te demander si tu pouvais nous accompagner à l'Atlantide.
-Qui ça « nous » ?
-Erika, les mecs et moi.
-Vendu ! Je sens que ça va être les vacances les plus fun qu'on ait pu avoir depuis un sacré moment. Je prépare mon sac et on se retrouve à l'entrée dans un quart d'heure les jeunes !
-Chef oui Chef !
Et en un éclair, tout le monde se retrouve dans le hall avec une petite valise avant de décoller pour le centre. C'est un complexe immense, luxueux et lumineux qui donne sur la mer la plus scintillante qu'il m'ait été donné de voir. L'hôtel surplombe tous les bâtiments avec ses cin-quante étages de chambres, cinémas privés, salles de billard, restaurants et bars avec roof-top. J'apprends en chemin que le centre commercial et la piscine extérieure ainsi que les endroits pour se sustenter sont ouverts au public et que c'est un lieu très apprécié des familles et des jeunes pour les week-ends et les vacances. Je repère un centre aquatique assez sympathique qui fait grimper mon excitation d'un coup.
-Dites, on pourra aller là-bas pendant le séjour ? Dis-je en sautillant comme une enfant.
-Quelle question ! Bien sûr qu'on ira, c'est l'une des attractions princi-pales du centre. Lance Blue avec des yeux pétillants.
-On se fera une journée complète histoire de bien profiter. Ajoute Sans.
-Il va juste falloir que je me rachète un maillot par contre. Je doute qu'ils tiennent le coup pour ce genre de choses. Dis-je en souriant.
-Je propose qu'on dépose nos affaires à l'hôtel, que les mecs fassent le tour du complexe pendant qu'on s'occupera de refaire ta garde-robe. Ça te va ? Me répond Erika en tapotant sur son portable sans que je ne puisse voir l'écran.
-ça me convient. Et vous les mecs ?
Blue, Jeff et Papyrus acquiescent tranquillement alors que Red, Edge, Sans et Stretch répondent avec beaucoup plus d'enthousiasme après avoir levé le nez de leur téléphone.
Quand on arrive à l'accueil, le réceptionniste me dévisage avec mépris mais garde la face tant que mes amis sont avec moi puis me demande d'un ton faussement amical.
-Vous avez une réservation ?
-Oui, nous venons de la part de mademoiselle Muddy.
Je lui tends la lettre et vois son visage se décomposer avant de racler sa gorge et de nous conduire à la suite impressionnante. Il nous explique que ce n'est même plus une suite tant elle est grande, avec sa centaine de mètres carrés, ses deux salles de bains, son gigantesque salon équipé avec vue dégagée sur la mer avec une terrasse si grande qu'elle contient même un jacuzzi privé encastré Cet appartement dispose également de quatre grandes chambres dotées de lits pouvant largement contenir les plus imposantes créatures. Après nous avoir remis nos bracelets de chambre, le réceptionniste s'en va tout palot pendant que l'on déballe nos affaires avant de partir en expédition.
En cherchant notre fameux magasin, on tombe sur une petite boutique qui vend des accessoires pour tous les styles possibles et imaginables. Étant curieuse, je mets un pied dans l'établissement et me fait saluer par une grande elfe aux cheveux noirs avec des pointes argentées, des pier-cings plein le visage et une multitude de tatouages recouvrant sa peau claire. Je reste un peu béat devant son look et son charisme magnétique qui l'a fait sourire avant qu'Erika me pousse à m'aventurer dans les rayons en se moquant gentiment de moi. En cherchant un petit peu, mon regard est attiré par de gros chockers en cuir ornés d'un anneau et de pics métalliques en argent, un peu à la manière d'un collier pour chien. Je les examine et dois avouer que même si c'est un peu excentriques, ces colliers me plaisent énormément, et il en va de même pour les brace-lets de force qui se trouvent non loin d'eux.
-Et bah alors ? Le petit chaton a envie de se faire passer pour une ti-gresse ? Lance Erika en ricanant.
-ça n'a rien à voir Erika ! J'aime juste beaucoup ce style. Dis-je en sou-pirant.
-Prends-les alors. Tu as un corps et de l'argent, qu'est-ce qui t'empêche de les acheter ?
-Je ne sais pas si ça va m'aller…
L'elfe vient vers nous et me prend le chocker des mains pour me l'enfiler et recule tout sourire.
-Franchement ça te va super bien. Oublies les rageux et portes ce que tu veux. Dit-elle en esquissant un grand sourire en me regardant.
-Mais grave ! Mon dieux mais t'as l'air encore plus badass comme ça ! piaffe Erika en me mitraillant de photos.
Je me regarde dans la glace et suis agréablement surprise du résultat, et pour couronner le tout, le collier ne m'étrangle absolument pas alors que j'ai un cou plutôt imposant si je me compare à la majorité des filles d'ici. Je décide d'acheter le chocker et deux bracelets que je porte im-médiatement grâce au boost de confiance que m'ont apportées la ven-deuse et Erika avant de nous diriger vers la fameuse boutique des arachnides.
Le magasin est si vaste qu'on s'y perdrait en un rien de temps entre ses allées interminables et ses étages à foisons. Une très grande femme à la poitrine plantureuse avec un abdomen d'araignée vient à notre rencontre en mettant ses lunettes.
-Bienvenue Au fil du Temps mes chéries. Est-ce que vous êtes venues avec une idée en tête ? Demande-elle d'une voix ensorceleuse.
Erika m'arrache la lettre des mains et la donne à la vendeuse en prenant soin de me bâillonner pour que je ne puisse pas avoir mon mot à dire.
-Il faut refaire ses placards ! Elle doit absolument se mettre en valeur pour ses mecs ! Lance-t-elle en remuant la queue comme un ventilateur.
-Ce ne sont pas mes mecs ! Dis-je en m'étouffant à moitié.
-ça c'est qu'une question de jours ma belle.
Les yeux de la vendeuse s'illuminent avant de frapper des pâtes au sol et d'appeler ses collègues.
-Les filles ! Venez vite, Muddy nous a ramené une cliente spéciale !
Une dizaine d'arachnides aux physiques variés se ruent sur moi et s'empressent de palper la moindre parcelle de peau de mon corps en s'excitant comme des folles.
-On dirait un chamallow tellement elle est moelleuse ! S'exclame l'une d'entre elles en jouant avec mon ventre et mes poignées d'amour.
-Elle est à croquer ! Et t'as vu les arguments de taille qu'elle a ? Quelle chance ! Lance une autre en malaxant allègrement ma poitrine et mes fesses.
-Décidément, Muddy a le don pour nous amener des perles rares. Elle doit faire chavirer le cœur de qui ? Demande la vendeuse qui nous a ac-costés à Erika.
-Alors on a un bad boy qui assume pas d'avoir succombé, un autre qui a l'air d'un bad boy mais qui est en réalité un soft boy qui a besoin d'affection et de support.
-Et qui en donne également, ne l'oublie pas. Dis-je en la coupant.
-C'est un fait. Bref, il y a aussi un gars avec un super charisme qui pourrait totalement hurler le fait qu'il est attirée par la bombe ici pré-sente. Et enfin nous avons un mec qui reste un peu en retrait mais qui est toujours là quand on a besoin de lui.
-Tu nous espionnes jour et nuit où quoi ? Comment tu sais tout ça ?
-Je papote avec eux, tout simplement. Ha et il faut lui trouver des mail-lots de bain aussi !
-Message reçu. Vous avez entendu les filles ? On donne tout, faites-lui du sur-mesure s'il le faut ! Lance la vendeuse alors que je suis entraînée par ses collègues dans les étages supérieurs.
Ces belles dames me tripotent et me confectionnent des habits plus beaux les uns que les autres, du chemisier aux chaussettes montantes en passant par les shorts, jupes et vestes. Tous les produits qu'elles me proposent sont d'une qualité exceptionnelle en plus de ne pas être trop strict pour que je puisse les porter en toute occasion du moment que je les assortisse bien ensemble. Mais à un moment, je commence à avoir trop chaud à cause de tous ces essayages alors je me mets à râler un pe-tit peu.
-Qu'est-ce qui ne va pas ma pitchounette ? Demande la plus grande d'entre elles d'un air inquiet.
-J'ai atrocement chaud et je transpire, en plus mes cheveux collent à ma nuque et c'est super désagréable.
-On va faire une pause. Viens avec nous.
Elle me prend la main et m'emmène dans une grande salle ouverte rela-tivement fraîche grâce aux toiles qui filtrent la lumière du soleil.
Dans le fond de cette salle, il y a un petit coin où sont entreposés des centaines de mètres de fourrures aux couleurs variées qui se font entre-tenir et tailler par un arachnide.
-Mon chou ? Tu veux bien faire une coupe à la petite le temps qu'on termine les dernières retouches ?
L'homme se retourne et dévoile ses cinq grands yeux noirs, ses quatre paires de bras fins ornées de mains délicates et un visage doux décoré d'une bouche avec deux canines pointues qui dépassent et de courts cheveux brillants noir de jais. Il me regarde et me souris avec tant de tendresse qu'il me ferait presque perdre mon sang-froid.
-Bien sûr, ça sera l'affaire d'une petite demi-heure. Installes-toi je t'en prie. Me dit-il d'une voix douce en tirant une chaise.
Je m'installe confortablement et il passe un voile de toile dans mes che-veux qui absorbe toute l'humidité présente de manière impressionnante. Il enduit ensuite mes cheveux abîmés de plusieurs fluides qui redonnent à mes cheveux un magnifique éclat.
-C'est impressionnant !
-Et ça l'est encore plus quand tu restaure et entretiens des fourrures et des textiles. Qu'est-ce qui te ferait plaisir ? On coupe juste les pointes ? Dit-il en prenant plusieurs mèches entre ses doigts.
-Non, j'aimerai changer et perdre un peu de volume. Peut-être un under-cut simple de la nuque jusqu'à la moitié des oreilles en coupant le reste en dessous des épaules. Si c'est possible évidemment.
-évidement que c'est possible. Mais est-ce que tu es sûre de vouloir te débarrasser d'autant de longueur ? Ça a dû prendre des années avant d'atteindre la moitié de ton dos.
-Ouais, mais j'ai envie de changer. Et puis ils sont trop abimés, en plus d'être bourrés de nœuds et de tenir trop chaud.
-Alors c'est parti !
Il coupe et me coiffe avec une grande minutie, mais je trouve le silence trop pesant, alors je décide de poser quelques questions.
-Pourquoi je n'ai pas vu plus d'hommes de votre ethnie ? Ils travaillent autre part ?
-Certains travaillent pour de grandes maisons de coutures humaines sous couverture. Et il faut savoir que la population d'arachnides est composée majoritairement de femmes, si ce n'est dire quasi-exclusivement.
-Ha bon ? Il y a d'autres ethnies dans ce cas-là ? Et pourquoi cette ma-jorité de genre ?
-Il y a une très faible probabilité qu'un mâle naisse dans une portée, cer-taines espèces sont comme ça. Les harpies ont le même problème que nous alors que c'est l'exact inverse chez les minotaures et les centaures. C'est difficilement explicable malheureusement, mais rassures toi, la plupart des ethnies sont très bien balancées.
-Je vois, et vous disiez tout à l'heure que certains travaillent chez les humains. Comment vous faites ?
-On se maquille et on utilise des sorts de polymorphie ou shapeshifting si tu préfères. On ne dirait pas comme ça mais un bon nombre de non-humains vivent parmi leurs homologues humains incognito mais ils ne se reproduisent pas avec eux.
-Pourquoi ?
-Parce qu'on sait pertinemment qu'un accouplement avec un humain pourrait vite dégénérer. Et puis grâce à des chercheurs, on a appris que l'on ne pourra jamais féconder une humaine à cause de nos codes géné-tiques. Par contre, les reproductions inter-espèces non-humaines sont plutôt fréquentes et donnent de chouettes sang-mêlé. Dit-il d'un ton en-joué.
-C'est vachement intéressant tout ça. Je ne pensais pas qu'il y avait au-tant de paramètres à prendre en compte pour la reproduction. Et plus on y regarde de plus près, plus nos civilisations se ressemblent. A quelques détails près bien sûr.
-C'est un fait. Ha, que c'est agréable de voir des personnes curieuses comme toi.
-Il faut dire que je ne sais presque rien de votre culture. Dis-je en riant.
-C'est normal, tu n'es là que depuis quelques mois.
-Comment êtes-vous au courant ?
-La Garde nous a informé qu'une humaine était enfin arrivée à l'Académie pour des raisons pour l'instant gardées secrètes. La popula-tion est au courant que quelque chose de mauvais se trame, les diri-geants avaient déjà débattu publiquement sur le fait d'introduire un ou plusieurs êtres humains pour rétablir l'ordre. Dit-il en me pointant de vieux journaux datant parfois de plusieurs années.
-Il aurait dû y en avoir plusieurs ?
-Oui, mais faute de sujets adéquats, il semblerait que tu sois la seule candidate à avoir attiré les regards des plus puissants d'entre nous. S'ils ont stoppé les recherches après toi c'est qu'il y a une bonne raison. Sou-rit-il
-Et comment vous savez tout ça ? Ces informations ne sont pas censées circuler si ?
-Il se trouve que j'ai quelques amis bien placés. Ils savent que je ne di-vulguerais aucune info de ce genre sans leur aval.
J'acquiesce d'un petit hochement de tête pendant qu'il termine de dé-broussailler mon crâne avant de malaxer mes joues et mon ventre re-bondies en soupirant de bonheur.
-Qu'est-ce que vous avez tous à tripoter ma graisse ? Demandais-je en riant.
-C'est moelleux et ça fait du bien quand tu passes ta journée avec les mains crispées sur des ciseaux ou des aiguilles.
-J'avoue que c'est trop bien de sentir quelque chose de mou et doux quand on est tendu.
On passe quelques minutes comme ça avant qu'Erika ne vienne me chercher pour me faire enfiler un débardeur noir au décolleté plongeant avec des trous un peu partout puis un joli petit short en toile claire très léger pour enfin terminer avec de superbes baskets compensées noires et violettes ornées de chaînes. La patronne termine le travail avec un bon trait de liner et des lèvres pourpres avant d'embrasser mon front pen-dant que je me fais mitrailler par Erika.
On sort les bras chargés de sac et on retourne à l'hôtel pour déposer le tout et s'asseoir un instant.
-Les mecs ont pris de quoi pique-niquer sur la plage ce soir, on enfile des maillots sous nos vêtements et on y va ? Demande Erika en se re-coiffant.
-ça me va, en plus le bikini que les filles m'ont fabriqué est juste trop beau !
Elle rit et se change en un éclair pendant que je galère un petit peu avec les bretelles croisées de mon haut de maillot et les petits rubans du bas, mais le jeu en vaut la chandelle puisque pour une fois, je me trouve jo-lie dans ce que je porte.
-Au fait, à qui tu parles depuis tout à l'heure ? T'arrêtes pas de sourire.
-Aux futurs squelettes les plus heureux du monde.
Elle me montre sa messagerie et je découvre que toutes les photos qu'elle a prises de moi ont été envoyées dans un groupe avec Red, Edge, Stretch et Sans qui réagissent de manière un peu trop enthou-siastes, surtout à la vue de mon collier. Edge a répondu avec l'image d'une laisse assortie, Red avec des biscuits, Sans avec une médaille gravée avec mon nom et leur numéro et Stretch avec des oreilles et une queue de chat grises color point faites sur-mesure.
Je regarde Erika avec effroi quand je me rends compte que la queue possède un embout de plug anal amovible.
-Je vais mourir, ils vont me violer. Ils ne vont plus jamais me lâcher.
-Mais nan, ils vont te chouchouter à mort. Dit-elle en s'esclaffant.
-Et on ne sort même pas ensemble !
-C'est qu'une question d'heures ça.
Elle me prend par le poignet et me fait courir jusqu'à la plage où nous attendent les garçons entourés de snacks, de brochettes et de boissons. Je me masse nerveusement la nuque en croisant les regards des quatre prédateurs qui m'entourent pour fixer la médaille, attacher la laisse et les oreilles et enfin clipser la queue sur la ceinture de mon short pendant que Red me tend un biscuit que je croque volontiers en souriant. Stretch se penche et me chuchote.
-Ne t'en fais pas, rien ne rentrera en toi avant nous.
Il se lèche les lèvres et embrasse mon front avant de s'installer sur le sable encore chaud. On mange et rigole pendant une petite heure avant que le son et les lumières d'une fête n'attirent mon attention pendant qu'on jette nos détritus. Edge tire sur la laisse pour que je reste prêt de lui.
-On y va ensemble. Qui sait ce qui t'attends là-bas. Dit-il en gromme-lant.
On s'approche et découvre une petite soirée électro où les gens boivent et se déhanchent au rythme effréné des chansons qui défilent en conti-nu. Une slime me voit me dandiner avec des yeux pétillants et me fait signe de la rejoindre puisqu'Erika est déjà partie se défouler sur le dancefloor. Je jette un coup d'œil à Edge qui me détache en souriant lé-gèrement.
Je me jette dans la foule et me laisse entraîner par l'ambiance, si bien que je danse jusqu'à la fin de la soirée qui se termine vers deux heures du matin. Je retrouve enfin Erika qui est trempée de sueur et essoufflée à force d'avoir sauté partout.
-Un bain de minuit ça te dit ? Demande-t-elle avec des yeux brillants.
-Grave !
-Attendez les filles, vous n'allez quand même pas…
Jeff n'a pas le temps de finir sa phrase puisqu'on lui a jeté nos vête-ments sur le visage avant de courir comme des dératées pour plonger dans l'eau fraîche de la mer sous une lune flamboyante. Papyrus et Blue nous rejoignent complètement paniqués parce qu'on risque une hydro-cution. On les rassure en les éclaboussant pendant un bon quart d'heure avant de se faire rappeler par Jeff pour remonter à l'hôtel pour se dou-cher.
En sortant de la douche, tout est éteint et Erika ronfle comme un trac-teur, mais je n'ai pas encore sommeil à cause de l'excitation. Je décide donc de me poser sur le balcon avec un verre d'eau pour contempler le ciel étoilé qui réfléchit sur l'eau tout en profitant d'une petite brise io-dée.
-Sacrée soirée hein ?
Je sursaute et voit Sans qui me rejoint en souriant.
-Ouais, sacrée soirée. Ça fait un bail que je ne me suis pas lâchée comme ça. Dis-je en soupirant avec un sourire.
-C'est agréable de te voir aussi détendue. Tu rayonnais dans cette soi-rée, on ne voyait que toi. Dit-il en s'accoudant.
-Tant que ça ? Faut dire que je me suis laissé emporter par l'ambiance générale.
Il pose sa main sur la mienne et entrelace nos doigts avant de continuer.
-Et c'est ça qui fait tout ton charme. Une fois lancée, tu deviens une vé-ritable bête, impossible de te stopper. Je crois que c'est la première fois que l'on t'a vu sourire aussi naturellement depuis ton arrivée.
Il me regarde avec un sourire très tendre qui me fait rougir instantané-ment avant de m'embrasser tendrement pendant quelques instants. Il s'écarte en arborant une mine triomphante avant de caresser ma tête et de me prendre par l'épaule pour que je me cale contre lui.
-T'es vraiment adorable quand tu ne sais pas comment réagir.
-En même temps je ne m'y attendais pas vraiment…
-Mais tu savais que ça allait arriver un jour ou l'autre non ?
-Ouais, je l'espérais. J'avais toujours peur que ce ne soit qu'à sens unique.
-Pourtant je crois que tu hantes nos pensées depuis plus d'un an au moins.
Je le regarde d'un air étonné.
-Tant que ça ?!
-Et oui, à force de t'observer, on a fini par s'intéresser puis à être obnu-bilé par ta vie et toi de manière générale.
-ça m'étonnera toujours que vous m'observiez à mon insu pendant quelques années.
Je marque une pause puis demande.
-Et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?
-Rien ne change à part le fait que tu sois en couple avec les quatre mecs les plus charismatiques de la Terre. Dit-il en riant.
-Mais encore ? Dis-je en souriant.
-C'est à toi d'imposer le rythme et les limites à ne pas franchir. Aucun de nous ne te forcera la main et si jamais tu es mal à l'aise avec les marques d'affection en public, on s'adaptera en fonction de tes besoins.
-Et ça ne vous gêne pas que je n'arrive pas à choisir ?
-Je te mentirais si je te disais non. Mais en discutant entre nous, on en est venu à la conclusion que tu serais malheureuse de devoir faire une croix sur l'un de nous juste pour respecter une pseudo-norme à la con. Alors on s'est mis d'accord sur le fait que tu n'auras pas à choisir puisqu'on veut tous les quatre ton bonheur, point barre.
Je souris et après de longues minutes de discussion sur notre future vie de couple ou personne n'est obligé de rester scotché l'un à l'autre, on se sépare et je m'allonge en réalisant que l'un de mes rêves les plus fous vient de se réaliser.
