Jeudi 30 Octobre :
Durant le premier cours, je repense à ce qu'il s'est passé il y a une dizaine de jours et me souviens que nous n'avons toujours pas de nouvelles concernant Puppet et éventuellement Springtrap. Du côté d'Error, c'est plus ou moins au point mort, donc pas d'informations non plus.
Le temps file à toute vitesse et je me retrouve au cours de vol où Karl me félicite pour mon avancée fulgurante en si peu de temps en glissant un papier dans ma poche. Je retente quelques virages en épingle que je ne maîtrise toujours pas sans l'aide de mes grappins et après de nombreux essais infructueux, je décide de laisser tomber pour cette fois et vais me changer pour lire son mot.
En gros, il semblerait que la supposition de Bonnie s'est avérée être la bonne puisqu'avec l'aide de Ben et de plusieurs membres de la Garde, ils ont remonté le signal qui a ouvert une faille et cela correspond avec les circuits de Springtrap. Mais malheureusement, les pistes sont brouillées et on ne peut pas le localiser pour le moment, sauf si j'y mets mon grain de sel ni vu ni connu. Je remercie Karl d'un signe de main et envoie un petit message à Error, lui demandant s'il a la possibilité de nous indiquer brièvement la position de Springtrap.
Je rallonge volontairement mon trajet dans la forêt au cas où Error voudrait me rendre visite, ce qui s'avère être un bon choix de ma part puisqu'il m'attend, adossé contre un arbre les bras croisés.
-T'es un rapide dis donc. Dis-je avec un petit sourire.
-Je te rappelle que je peux voyager à ma guise dans l'antivoid. Rien de plus facile pour moi contrairement à mes alters-égos. Rétorque-t-il en soufflant du nez, la mâchoire un peu crispée.
-Désolée d'avoir sous-estimé vos capacités Monsieur Error. Sinon, revenons au sujet principal. Tu as les moyens de le localiser ? Demandais-je en me positionnant face à lui.
-Ça risque de me demander un peu de temps pour découvrir sa cachette sans me faire griller. Mais créer une faille de quelques millisecondes est tout à fait dans mes cordes, après il faut que vous soyez en mesure de l'exploiter parce que ça n'arrivera pas deux fois. Lâche-t-il en croisant ses bras derrière sa tête.
-Je pense que c'est faisable, Bonnie et Toy Bonnie sont constamment connectés quand Ben n'est pas là. Donc je pense qu'ils arriveront à repérer ton signal. Mais ce n'est pas trop risqué pour toi de faire ça ? Dis-je en mordillant mes ongles.
-Si, mais pour être honnête, je sens que la fin de mon accord avec Ruvik est proche.
-Alors rejoins-nous après ce coup ! Je suis persuadée que si je te vends assez bien, ne serait-ce qu'à quelques professeurs, en comptant le soutien non négligeable d'Offender, ils pourront me faire la fleur de te réintégrer à l'Académie ! M'exclamais-je avec un peu trop d'enthousiasme.
-On en rediscutera selon les circonstances. Lâche-t-il en haussant les épaules.
Sous le coup de l'excitation, j'attrape ses mains et les serre dans les miennes.
-Je te promets que je ferais tout pour que ça se passe bien !
Ses yeux s'écarquillent avant de reculer dans un portail avec une expression mélangeant surprise et embarras.
-Retourne préparer le terrain au lieu de dire des conneries pareilles ! Hurle-t-il avant de disparaître hâtivement.
Je me dépêche de rentrer pour avaler un petit repas à la va-vite en feuilletant un livre sur le vol d'un côté et sur les créatures plus ou moins dangereuses de l'autre sans faire attention à ce qui m'entoure. Je suis tellement occupée que j'en oublie mon couple, et je m'en rends compte quand je découvre leurs petites attentions discrètes laissées un peu partout dans mes affaires et dans ma chambre. Les petits mots doux de Sans et Red me font fondre, mais me font aussi culpabiliser. J'ai cet affreux sentiment de ne pas les mériter et de ne pas être à la hauteur.
Je rentre dans ma douche et laisse l'eau brûlante me réchauffer pendant que mon esprit s'embrume au même rythme que la salle de bain. Le doute, les remords, l'angoisse et le dégoût prennent de plus en plus de place dans ma tête jusqu'à ce qu'une étreinte délicate et un baiser dans le creux de mon épaule me fassent sursauter et revenir à la réalité. Je tourne rapidement ma tête pour regarder qui est là mais un baiser langoureux avec un vague goût de tabac, accompagné de mains baladeuses m'indiquent que l'intrus dans ma douche n'est autre que Stretch qui en profite pour diminuer la température de l'eau.
-Tu vas finir par cuire à force, ce n'est pas bon. Dit-il en attrapant mes mains pour m'éviter de toucher à la température.
-Mais j'aime bien, ça réchauffe. Protestais-je en boudant un peu.
-Et bien maintenant tu as d'autres moyens pour te tenir au chaud. Me répond-il en resserrant son étreinte.
Je ne réponds pas et en profite pour me caler contre lui, juste pour savourer ce petit moment de douceur et de calme dans cette tempête d'évènements. Il passe sa main dans mes cheveux trempés et les démêlent avec ses longs doigts fins.
-Et si tu me disais ce qui ne va pas ? Demande-t-il d'une voix douce.
Je pousse un long soupir et ferme les yeux pour me détendre et vider mon sac.
-J'ai l'impression que je ne vous mérite pas. Je ne suis pas assez présente pour vous alors que vous êtes plein de petites attentions envers moi. Le travail et les responsabilités prennent tellement de place que j'en oublie presque de manger et…et de vivre tout simplement ! J'en ai assez de ne pas pouvoir prendre soin de vous comme je le voudrais ! Je voudrais juste être à la hauteur de toutes les espérances de tout le monde.
Stretch me berce de gauche à droite pendant que je décharge tout ce que je peux dire sans m'attirer d'ennuis avant de prendre mon visage entre ses mains pour coller son front contre le mien.
-Écoutes-moi bien d'accord ? Tu ne pourras jamais satisfaire tout le monde si tu vois ça comme un devoir. Tu dois d'abord prendre soin de toi avant prendre soin des autres. Je ne peux pas vraiment me mettre à ta place mais je vois à quel point la pression est immense et ça me frustre de ne rien pouvoir faire.
Il marque une pause en fermant les yeux puis les réouvres, remplis d'amour.
-Mais je veux que tu te rentres ça dans le crâne, nous t'avons choisi et restons avec toi parce que nous t'aimons profondément et sincèrement. Tu fais de ton mieux pour essayer de maintenir l'allure de course qu'on nous impose. Alors bien sûr on aimerait parfois passer plus de temps entre nous, que ce soit en tant que couple ou groupe d'amis mais nous avons tous des obligations et des petites concessions. Mais c'est comme ça et on ne peut rien y faire à part se serrer les coudes quand ça ne va pas. Alors arrête un peu de cogiter pour des broutilles et laisse-toi aller maintenant.
Il glisse sa langue dans ma bouche et caresse ma nuque d'une main pendant que l'autre vient malaxer délicatement mes fesses, me faisant gémir tout en me collant à lui.
Au bout de plusieurs minutes, il coupe l'eau et m'enroule dans une serviette avant de me porter pour m'assoir sur ma commode haute, un sourire gourmand sur son visage.
-Après tous les efforts que tu as faits, je pense que tu mérites amplement une récompense non ? Dit-il en écartant doucement mes cuisses en y laissant traîner sa langue.
-Ce…n'est pas de refus. S'il te plaît. Répondis-je d'une petite voix gênée en frémissant.
-Tu vas voir, je vais te faire te sentir extrêmement bien Honey.
Il embrasse chaque centimètre de ma peau jusqu'à se retrouver devant ma vulve et d'y laisser traîner sa langue lascivement pour s'attarder sur mon clitoris gonflé. Je colle une de mes mains sur ma bouche pour étouffer mes gémissements pendant que l'autre agrippe fermement le rebord de la commode, pendant qu'il prend un malin plaisir à me torturer de la sorte durant plusieurs longues minutes avant d'entrer sa longue langue épaisse et chaude à l'intérieur de mon vagin, me faisant cambrer et enrouler mes jambes autour de sa tête.
Sa langue vient explorer mes entrailles et trouve rapidement mes zones érogènes pour s'y attarder en me faisant bouger les hanches en gémissant de moins en moins discrètement.
-Honey, j'ai envie d'aller jusqu'au bout…
Il a à peine le temps de s'écarter que je lui saute dessus pour nous laisser tomber sur le lit. Il sourit et s'adosse pour m'installer à califourchon sur lui, me dévoilant au passage son érection palpitante recouverte d'un préservatif.
-Tu as tout prévu dis-moi… Dis-je en me mordant les lèvres.
-J'avoue avoir débarqué avec quelques idées derrière la tête Honey.
Il sourit et appuie sur mes hanches pour me pénétrer. La sensation n'est pas la même qu'avec Edge, c'est plus sensuel, plus réfléchi. Je commence à remuer mes hanches avant qu'il ne puisse bouger les siennes, nous faisant du bien à tous les deux pendant qu'il s'amuse avec ma poitrine en me donnant de petites tapes sur les fesses pour que j'accélère la cadence.
Je sens le plaisir monter de plus en plus quand il inverse soudainement nos positions en me faisant basculer sur le dos pour prendre le contrôle pour me donner des coups de bassins plus vigoureux en grognant dans mon cou, serrant mes mains dans les siennes pour me garder à ses côtés.
-Honey, je suis désolé, mais c'est si bon à l'intérieur. Je n'arrive plus à me retenir. Grogne-t-il d'une voix suave.
J'enroule mes jambes autour de son bassin pour le pousser plus profondément en déposant un baiser dans son cou avant de gémir.
-Ça me va, tu peux te lâcher avec moi…
Je sens un frisson le parcourir avant qu'il ne reprenne jusqu'à me faire jouir en me faisant me resserrer autour de lui pour nous empêcher de nous écarter l'un de l'autre.
-On peut rester comme ça ? Je veux te sentir un peu plus longtemps Stretch.
-Avec plaisir Honey. Halète-il en m'embrassant avant de s'allonger sur moi.
Il nous faut plusieurs minutes pour retrouver notre souffle et nous décoller l'un de l'autre. J'allais m'assoupir quand je me rends compte que ma peau colle à cause de la transpiration et que je ne suis pas allée aux toilettes.
Je me redresse d'un coup, faisant sursauter Stretch au passage.
-Et bien ? Pourquoi cette soudaine énergie ? Demande-t-il en riant doucement.
-Je dois me doucher et faire pipi avant de dormir. J'aime pas trop dormir couverte de sueur.
-Je vais te rejoindre alors.
Il se lève et m'accompagne une nouvelle fois sous la douche, cette fois sans me caresser mais en me chatouillant, ce qui manque plusieurs fois de me faire tomber. Je le laisse sortir en premier et en profite pour me soulager pendant qu'il n'est pas là. J'enfile un jogging et un tee-shirt bien large avant de le rejoindre. Il est torse-nu, accoudé à la fenêtre ouverte en train de fumer sa cigarette. Je me glisse entre lui et le mur pour profiter d'encore quelques caresses.
-Tu es plus câline que tu ne le laisse paraître, c'est mignon. Dit-il en soufflant un long trait de fumée.
-J'aime pas qu'on puisse me considérer comme toute gentille et mignonne à cause de ça. Donc j'essaie de demander ce genre de marque d'affection en privé seulement. Mais je t'avoue avoir un peu peur d'être trop demandante.
-Ça ne nous dérange pas, bien au contraire. N'hésites pas à faire le premier pas, vraiment.
-Tu es sûr ? Je ne veux pas être trop collante.
-Fais-le je te dis.
Il ébouriffe mes cheveux en souriant et me kidnappe pour m'enfermer dans ses bras en me câlinant. On reste comme ça quelques temps mais des tas de questions concernant Error me trottent dans la tête.
-Dis, vous détestez Error tant que ça ?
Je le sens se crisper il me regarde avec des yeux ronds, il ne s'attendait sans doute pas à un sujet aussi lourd et épineux d'un coup d'un seul.
-Pourquoi cette question si soudainement ? Demande-t-il en déglutissant.
-Je ne sais pas trop, mais depuis qu'Ink est revenu, j'entends des choses dites sur Error à droite à gauche et vu que ça à l'air d'être un sujet sensible à aborder en groupe, je me disais qu'il était peut-être préférable d'en discuter seul à seul.
Il détourne le regard avant de me serrer un peu plus contre lui pour enfin me répondre.
-La plupart d'entre nous ont un rapport plutôt neutre avec lui, bien qu'avec sa personnalité, certains se montrent plus ou moins méfiants envers lui.
-Mais ?
-Mais je ne supporte pas son air supérieur et ses pratiques ! Il n'a aucun scrupule à manipuler et prendre à sa guise le contrôle des personnes les plus vulnérables pour servir ses propres causes. Il s'est servi de la naïveté de mon frère un nombre incalculable de fois pour ses projets de merde et ça, je ne le tolère absolument pas ! Ce n'est qu'un immonde menteur et manipulateur sans une once de bienveillance, si je le pouvais je le tuerais. Mais ce con est tellement puissant que ne pourrait que l'érafler tout au plus. C'est bien une similitude que vous partagez qui me déplaît. Heureusement tu ne seras jamais comme lui, je le sais. En plus, je ne suis pas certain qu'il revienne ici après le boxon qu'il a mis.
La tension palpable me pousse à me lover contre lui pour essayer de le calmer, ce qui semble fonctionner puisqu'il desserre ses poings pour me câliner et embrasser mon front avant de me chuchoter des mots doux pour que je m'endorme, un peu flippée pour la suite.
Samedi 1 Novembre :
Offender et moi n'avons plus de nouvelles d'Error depuis quelques jours, on espère qu'il s'en sort mais Offender est bien plus rassuré que moi pour une raison qui m'échappe. Au moins, il arrive à me faire déstresser en me massant le dos et les épaules, il est extrêmement doué pour ça et je ne m'en plaint pas. Surtout qu'en ce moment, j'ai de quoi être tendue entre les cours et Springtrap.
J'essaie de me concentrer sur les différentes spores soporifiques que je pourrais mettre dans mes petites billes à briser sans que ça ne me mette en position de faiblesse. Ne trouvant pas de solutions, je décide de changer de récipient pour quelque chose de plus fragile que je pourrais lancer de loin.
Sans, qui est mon voisin de table me donne de bons conseils et un sacré coup de main pour varier les effets de mes petites bombes tout en discutant. Mais à un moment, j'entends la porte de la salle s'ouvrir suivie de pas légers mais rapides. Je relève la tête et vois Ben en train de parler à Jack, et vu son air sérieux, ça à l'air important.
-Léa ? Tu me reçois ? Me demande Sans en agitant sa main devant mes yeux.
-Attend, ta gueule je n'entends pas ce qu'ils se disent.
Stretch glousse dans mon dos alors que je tends l'oreille pour essayer de capter quelques bribes de leur conversation, mais tout ce que je peux comprendre, c'est que ça concerne Springtrap et une usine. Je me réinstalle correctement sur mon siège et me rends compte que j'ai été super violente verbalement avec Sans et m'empresse de m'excuser.
-Ce n'est rien, je ne m'y attendais pas c'est tout. Dit-il en riant tout en caressant ma tête.
On finit par changer de sujet pour essayer de se concentrer sur nos armes chimiques même si Stretch nous charrie de temps à autre sur ce qu'il vient de se passer. Malgré ça, je reste quand même obnubilée par ce que Ben a bien pu rapporter à Jack, et ne me prive pas d'aller demander à ce dernier ce qu'il se passe. Contre toute attente, Jack se montre direct et ne me cache aucun détail.
-Bonnie et les autres ont détecté la trace de plusieurs machines intelligentes dont une avec une intelligence humaine par je ne sais quel miracle dans une vieille et immense usine abandonnée dans les zones montagneuses des Etats-Unis. Après une analyse approfondie, Bonnie nous confirme que l'un des individus est bel et bien Springtrap.
-Et on part quand ? Demandais-je en brûlant d'excitation.
Il souffle du nez en croisant ses bras devant lui.
-Tu t'y vois déjà et tu as raison. Pour éviter que tu nous fasses le même coup qu'avec les Toys, une équipe est déjà en cours de constitution. Et puisque l'on ne sait pas si les résidents se sont aperçus de leur faille, l'opération de récupération sera lancée au plus tard au crépuscule de la zone de l'usine. Lance-t-il avec un ton sérieux mais fier.
-Je suis l'élément principal c'est ça ?
-On peut dire ça oui. Tes capacités seront très utiles pour transporter Springtrap au besoin et en cas de mêlée. Il faut dire que faire beaucoup de dégâts sur une large zone est un peu devenu ta spécialité, même si tu sais faire preuve d'une incroyable polyvalence qui t'a sauvé la mise à toi et tes camarades un bon nombre de fois.
Il ébouriffe mes cheveux et me pousse un peu dans le dos pour me laisser rejoindre mes amis, puis au moment du repas, Edge impose notre prochaine expédition comme sujet principal.
-Bon, comme vous le savez, notre prochaine mission est d'aller récupérer Springtrap en subissant le moins de dommages. Je compte sur toi pour ne pas trop en faire. Me lance Edge avec un air sérieux qui m'indique clairement que je risque de le regretter si ça se termine comme la dernière fois.
Je déglutis et tente de rebondir pour ne pas casser le rythme.
-Les membres ont déjà été sélectionnés ?
-Oui, nous venons tous en plus d'être accompagné de Jackal, Mudy et Al. Deux elfes nous téléporterons depuis un cercle des jardins du palais jusqu'à un bois à cinq kilomètres de l'usine. Répond tranquillement Edge.
-Autant de monde ? On ne va pas se marcher dessus ? Dis-je en enfournant une cuillère de ragoût dans ma bouche.
-Pas du tout ! Blue, Ink, Al, Jackal et moi-même sommes chargés de monter la garde autour de la zone de téléportation pour empêcher une éventuelle embuscade sur le chemin du retour pendant que toi et les autres seront au front. Lance Papyrus d'un ton déterminé.
-Il y a du monde qui patrouille, mais ce ne sont que des animatroniques selon Ben. Mais il faudra faire attention à la possible apparition de Dévoreurs et d'autres sbires mineurs de Ruvik. Ajoute Stretch en aspirant le contenu de sa fiole de miel.
-Et je suppose que l'on est tous attendu cet après-midi au palais ? Demandais-je en finissant mon assiette.
-Exactement, le plus tôt sera le mieux. Ajoute Ink.
Je fonce dans ma chambre pour enfiler ma tenue de mission qui est composée de rangers, d'un cargo, d'une veste militaire assortie et d'un débardeur noir, avant d'aller retrouver mes camarades dans le hall pour nous téléporter devant le palais.
Plusieurs Hauts Gardes nous inspectent minutieusement pour ensuite nous conduire dans une salle où nous faisons nos retrouvailles avec Mudy et Al qui semblent plutôt contents de retrouver leur petit groupe chaotique de cet été. On nous introduit également à nos deux téléporteurs et essayons de faire plus ample connaissance avant de nous diriger vers le jardin où ils tracent avec un genre de craie un cercle de téléportation assez grand pour nous tous et en un éclair, nous nous retrouvons dans une clairière froide et humide. La bonne humeur et les rires ont soudain laissé leur place à une tension militaire palpable, tout le monde a repris son sérieux en un claquement de doigts. On récapitule une dernière fois le plan en synchronisant nos appareils de communication avant de se séparer et d'avancer prudemment vers l'usine. Par chance, nous ne croisons pas de Dévoreurs, mais il y a énormément d'animatroniques, en grande partie des genres de mini Puppet qui se déplacent un peu partout.
On se regarde et je chuchote.
-Il va falloir faire cavalier seul si on ne veut pas se faire repérer.
-Hors de questions, on va te retrouver dans je ne sais quel état si on te quitte des yeux un seul instant. Lance Edge en agrippant fermement mon poignet.
-Mais elle a raison, avancer ne serait-ce que par deux nous apportera un désavantage certain. Tant que l'on reste en contact, tout ira bien. Rétorque Mudy en faisant lâcher prise à Edge qui bougonne.
On s'attribue une zone chacun et pendant que Sans, Red, Stretch et Mudy profitent pleinement de leurs capacités de déplacement furtif, Edge et moi nous nous retrouvont à analyser chaque parcelle du terrain pour définir un trajet sûr.
J'en suis donc réduite à escalader un mur tout au fond de l'usine, lorsque par hasard, en me cachant d'une marionnette, mes yeux se posent sur une étrange trappe lourdement cadenassée en dessous des escaliers. Je redescends donc et met à jour ma position au cas où la situation tournerait au vinaigre avant de forcer discrètement la serrure en m'efforçant de faire le moins de bruit possible pour entrer dans ce sombre sous-sol, l'éclairant prudemment de ma lampe-torche. Puisque je ne ressens rien de suspect, je referme la trappe derrière moi et explore cet endroit qui sent l'humidité, la rouille et la pourriture. Ce lieux me parait complètement vide, mais une porte attire mon attention, ou plutôt le bruit qui vient de l'autre côté de celle-ci. Je colle mon oreille à la paroi et me concentre. Le bruit se transforme peu à peu en une respiration lourde et bruyante, un peu comme un râle. Je me mets sur écoute et entrouvre la porte pour y jeter un coup d'œil, il n'y a que de gros câbles électriques qui jonchent le sol et une forte odeur de chair putréfiée monte à mon nez. N'ayant plus de doutes, j'ouvre la porte et me glisse dans cette salle immonde dont Springtrap est le locataire. Le cadavre de William Afton a presque fusionné avec l'exosquelette et les composants, renforçant le coté sale de la carcasse endommagée de Springtrap, avachi à même le sol au milieu des câbles. Après avoir fait quelques pas, Springtrap relève sa tête vers moi et ses yeux s'illuminent en même temps que ceux d'une dizaine de marionnettes, ce qui me stoppe net dans ma progression. Il se met à rire d'un air supérieur et me salue ironiquement.
-Mais regardez qui voilà, l'humaine qui fait trembler ses ennemis de terreur grâce à ses dons monstrueux. Lance-t-il en se redressant légèrement.
-Je suppose que je parle à William ?
-Exactement ma puce. Est-ce qu'en passant tu pourrais m'expliquer ta présence ? Mis à part Ruvik ou Puppet, je ne reçois pas beaucoup de visite. Heureusement que mes amis me tiennent compagnie. Dit-il avec un ton qui se veut charmeur.
-Je viens pour te rapatrier chez nos alliés. Alors je te prierais de ne pas trop faire d'histoire et de me suivre gentiment.
Il éclate de rire et se relève lentement, me faisant bien voir qu'il me surpasse largement niveau taille.
-Et tu crois sérieusement que je vais te suivre comme un gentil toutou ? Tu rêves ma grande ! Regardes-moi ça ! J'ai accès à toutes les ressources numériques que je veux et en plus je peux massacrer des gens comme bon me semble, je ne quitterais ce petit paradis pour rien au monde.
Il se rapproche de plus en plus, formant un cercle avec ses sbires autour de moi.
-D'ailleurs, ça fait longtemps que je n'ai pas pris un bon bain de sang. Ça me ferait du bien. Je pourrais alerter tout le monde pour te torturer un peu et…
Sa voix se met à tressauter pendant que son corps est secoué de violents spasmes avant que tout ce petit monde ne baisse la tête sauf lui qui me regarde avec une toute autre lueur dans les yeux.
-Enfin un peu de liberté ! Je n'ai pas beaucoup de temps alors je vais essayer d'être bref et précis. Tant que j'ai le contrôle, les marionnettes ne peuvent plus rien faire, mais ça ne durera pas éternellement. Il faut que tu trouves un moyen d'endormir ou de faire perdre connaissance à William pour nous sortir de là. Je passerais automatiquement en veille et les marionnettes sonneront l'alarme, tu devras fuir aussi vite et loin que tu peux avec moi.
Je ne perds pas de temps et lance plusieurs de mes billes soporifiques au visage d'Afton qui retombe lourdement au sol avant que je ne puisse les rattraper. Je m'enveloppe de matière noire et prend une forme plus animale et imposante munie de grosses pattes et d'une longue queue épaisse, que mes amis ont nommés Mode Bestial et balaie les marionnettes qui se sont mises à hurler dès lors que Springtrap s'est effondré. Je le saisis avec ma queue et défonce le mur pour sortir de cette pièce.
-J'ai Springtrap ! On se tire de là et fissa !
Les hurlements des différents animatroniques masquent les voix de mes coéquipiers et je m'empresse de sortir du sous-sol qui grouille déjà de marionnettes que je repousse sans la moindre difficulté avant de forcer un passage vers l'extérieur et de grimper à toute vitesse sur le toit pour essayer de repérer mes amis qui sont déjà en train de repousser une véritable armée de robots humanoïdes. Je pousse un hurlement distordu pour donner l'alerte avant de me jeter dans la bataille et de récupérer un à un mes camarades qui peinent à retenir autant de monde. Je fonce tête baissée dans la forêt en me dirigeant vers notre point de sortie quand un appel de Blue légèrement paniqué parvient à nos oreilles.
-Les animatroniques principaux nous ont délogés ! On est en train de fuir vers le lac !
-Bien reçu ! On arrive pour vous couvrir ! Lance Mudy en hurlant à plein poumons.
Je les relâche un par un sauf Springtrap et ralentis pour dresser un gigantesque mur d'os et de matière noire pour au moins ralentir le menu fretin avant de me lancer à l'assaut de Nightmare Freddy qui représente la plus grosse menace pour le moment avec son style de combat très agressif. Je me jette sur lui comme une bête sauvage et le plaque au sol de tout mon poids pour l'écarteler en lui broyant les membres pour m'assurer qu'il ne puisse plus bouger.
En relevant la tête, je constate avec horreur que plusieurs Dévoreurs ont fait surface et se rapprochent du groupe de Blue. Sans hésiter, je pars tacler le plus proche d'eux et balance mon colis dans les bras d'Al.
-Je vais faire diversion, occupez-vous de tenir la position pour que l'on puisse partir ! Lançais-je en reprenant ma course.
-Fais gaffe ! Hurle Al en dressant un large mur de terre autour des deux elfes.
Je quitte le Mode Bestial et prend mon envol en prenant soin d'attirer l'attention de tous les Dévoreurs en restant assez haute pour rester hors de leur portée et prend une direction opposée à mon équipe. Mais en tournant vers eux, je remarque qu'ils ont du mal à contenir l'assaut.
-Mudy ! Je t'amène de la compagnie, tu peux les refroidir un bon coup ? M'écriais-je en redescendant pour voler en rase-motte pour nettoyer les environs.
-Je t'attends ma grande !
Je continue de raser tout ce qui se trouve sur mon chemin et prend un virage bien large pour laisser le temps à Mudy de charger son attaque et dès que je la passe, je reprends de l'altitude et me retourne pour constater que ma stratégie a très bien fonctionné. Tous les Dévoreurs se sont faits congelés sur place et Red s'occupe de les briser avec l'aide de son frère.
Je pique vers Ink qui fait face à Nightmare Puppet et le percute de plein fouet pour l'immobiliser en écartant ses membres. Le voyant en position de faiblesse, la confiance me monte à la tête et je me mets à sourire d'un air sadique et victorieux pendant que je broie graduellement l'entièreté de son corps.
-Maintenant, tu vas pouvoir dire à Ruvik que je ne le crains plus, et que je réduirais en charpie le moindre opposant qui se mettra en travers de ma route sans la moindre hésitation.
Je lui broie le visage pendant qu'il hurle de terreur et cours vers le cercle de téléportation où m'attend le reste de l'équipe qui tente de garder la position avant que je ne les rejoigne pour quitter cette forêt de la terreur.
J'halète comme un chien et m'adosse au mur le plus proche pendant que mon sang pulse dans mes tempes de la manière la plus désagréable et continue possible. L'adrénaline redescend un peu trop vite et me fait perdre momentanément l'usage de mes jambes. Jackal se précipite sur moi pour me caler en faisant en sorte que son front soit collé au mien pour synchroniser sa respiration sur la mienne et tenter de réduire le rythme au fur et à mesure. Après plusieurs minutes, je caresse la tête de Jackal qui se redresse et me laisse rejoindre nos coéquipiers pour confier Springrtrap qui est toujours en sommeil à des Dragons de la Forge et débriefer sur cette mission ma foi mouvementée.
