30. Une autre chance
Vendredi 7 Novembre :
Malheureusement, le marchand de sable ne vient pas et me laisse seule avec mon stresse qui me ronge comme avant chaque évènement important.
Je finis par en avoir assez et enfile une tenue de sport pour courir au hasard hors de l'Académie. La nuit est aussi froide que silencieuse, il n'y a pas une âme qui vive en plein milieu de la nuit, ce qui rend l'atmosphère encore plus oppressante. Je presse le pas et décide d'aller faire un tour à la Forge, sans doute pour me rassurer. Par chance, Springtrap est encore debout et se promène librement dans le bâtiment. Je viens à sa rencontre et son petit signe de main m'indique que William n'est pas aux commandes.
-Qu'est-ce-que tu fais ici à une heure pareille ? Me demande-t-il en passant un drap autour de mes épaules rafraîchies par le vent.
-Je n'arrive pas à dormir, donc je suis allée courir. Dis-je en m'emmitouflant dans le tissu.
-Ça fait quand même une sacrée trotte depuis l'Académie non ?
-Pas tant que ça quand on prend le pli.
Il m'installe devant la grande cheminée en me prenant sur ses genoux tout en passant ses bras autour de moi. Je m'adosse contre son torse et ferme les yeux en prenant de grandes inspirations avant de briser le silence de notre conversation.
-Je peux parler avec William ? Avant qu'il ne parte…
-Bien sûr, si c'est ce dont tu as besoin.
Il bascule la tête en arrière et son corps se met à tressauter quelques instants avant qu'un souffle chaud accompagné d'une voix narquoise mais néanmoins chaleureuse reprenne la parole.
-Alors comme ça on veut me parler ? Je te manque autant que ça ? Lance-t-il en ébouriffant mes cheveux .
-Ouais, et arrête de te moquer de moi le cadavre ambulant.
-Aouch ! C'est pas très gentil de dire ça, j'ai un cœur tu sais ? Répond William en prenant une voix faussement blessée.
Je colle ma tête sur son torse métallique et ferme les yeux pour me concentrer.
-Il ne bat plus vraiment ton cœur William. Dis-je en souriant, provoquant un petit rire de sa part.
Je fixe un peu les flammes qui dansent dans l'âtre de la cheminée, puis je brise le silence en soupirant.
-En fait, je n'arrive pas à me sortir de la tête ce que tu m'as dit il y a quelques jours. Ça tourne en boucle dans mon crâne et je commence à me poser des questions.
-Comme ?
-Si tout ce qu'on est en train de faire en vaut vraiment la peine. Est-ce que souffrir, vivre des traumatismes et faire des sacrifices est nécessaire si pour qu'au final, on reste dans l'ombre, traités comme des parias ou des anomalies ? Au pire, on n'a pas vraiment besoin des humains, ils sont faibles, détruisent tout, ce sont eux les erreurs non ?
Il pose sa main sur ma tête et la caresse lentement de gauche à droite.
-Je vais être honnête, non, ce que vous faites ne sera jamais récompensé, jamais mis en lumière. Vous serez des rebus de la société humaine sans doute toute votre vie. Dit-il d'une voix un peu plus posée.
-Alors pourquoi se soucier d'eux ?!
-Parce que malgré tout, les humains sont le pilier de ce monde, sans eux, cette planète n'aurait jamais évoluée dans ce sens. Ils ont juste délaissé la magie au profit de la technologie, c'est pour ça qu'ils sont plus faibles que n'importe quelle autre ethnie. Sans eux, la Terre ne serait pas assez peuplée et la plupart des terres seraient devenues invivables à cause d'une nature trop hostile. Certes, on est légèrement surpeuplé, mais tout finit par se réguler de lui-même à un moment ou à un autre.
Ses mots semblent résonner en moi, même si je ne suis pas tout à fait d'accord sur tous les points, je comprends son raisonnement et son cheminement de pensée. En soi, avec la technologie et l'imagination, les humains ont créé des machines intelligentes, des robots et tout un tas d'autres choses. Au final, Freddy, Bonnie, Sprintrap, Sans et les autres ne seraient pas là sans les humains.
-Je sais que ça te frustre parce que tu es assez jeune, mais tu verras, un jour tu te rendras compte que vous n'aurez pas traversé tout ça pour rien.
Notre discussion continue jusqu'à ce que je sombre dans un profond sommeil alors qu'il me tient toujours contre lui en souriant.
Samedi 8 Novembre :
Le vacarme assourdissant des maillets frappant le métal chauffé au rouge me réveille en sursaut alors que William et Karl se moquent un peu de moi. Je me mets debout en me frottant les yeux pendant que Karl me tend une tasse fumante.
-Tiens, ça va te requinquer ma grande. Lance-t-il avec un grand sourire aux lèvres.
-Merci, et pourquoi vous vous marrez depuis tout à l'heure ? Dis-je en sirotant le liquide qui se révèle être du maté.
-Parce que ça fait deux bonnes heures que l'on a commencé à travailler sans se soucier de ton sommeil et que tu te réveilles pour un pauvre coup de maillet. Répond Karl en riant.
Effectivement, la situation est plutôt cocasse, même moi ça me fait rire.
-Faut dire que j'ai le sommeil lourd aussi.
-Ha bah ça pour être lourd il l'est ! Parce que même le bruit de ton portable qui vibre sur mes plaques métalliques ne t'a pas ébranlé. Ajoute William en ébouriffant une énième fois mes cheveux.
-Ho merde !
Je dégaine mon téléphone et remarque beaucoup trop de notifications et de messages non-lus sur le groupe de discussion général et avant que je puisse envoyer un mot, Sans m'appelle.
-T'es où ?
Sa respiration forte m'indique qu'il a dû courir avant d'appeler.
-À la Forge, je vais bien ne t'inquiète pas.
-Mais qu'est-ce que tu fais là-bas ?! On te cherche partout avec Stretch et Jeff depuis une heure !
-Pardon pardon ! En fait je n'arrivais pas à dormir, du coup je suis allée courir et j'ai atterri pas très loin de la Forge. Donc j'en ai profité pour discuter un peu avec William et je me suis endormie.
Sans pousse un immense soupir avant de reprendre d'un ton plus calme.
-Merde, tu nous as vraiment fait peur sur ce coup. Pense à laisser un mot la prochaine fois.
-Promis, je ferais plus attention.
-Super, on ne va pas tarder à arriver de notre côté. Tiens-toi prête.
-Pas de soucis, à toutes !
Je raccroche et William se moque encore une fois de moi.
-Quoi encore ?
-C'est mignon, ils se font du mouron pour toi. C'est adorable. Lance-il en prenant une pose mignonne cliché.
-Rah arrête un peu. C'est normal dans un couple non ? Et puis faut dire que je leur en ai fait voir de toutes les couleurs aussi, donc c'est logique qu'ils s'inquiètent si je disparais sans prévenir.
Il pose sa grande main sur le sommet de ma tête pour la caresser gentiment.
-Je t'envie tu sais ? T'as intérêt de prendre soin d'eux et de former un couple épanouis, parce que vous le méritez après tous les efforts que vous avez fournis pour notre société.
Je souris et profite de nos derniers instants de douceur avant que Sans et Stretch n'arrivent avec Jeff et Eyeless Jack. Je garde ma main dans celle de Springtrap jusqu'au moment pour lui de passer sur la table d'opération.
J'ai du mal à le laisser partir, mais je suis obligée de m'y résoudre.
La dissection commence dans un silence de mort, seules les voix de Karl qui demande des outils et William qui l'aiguille résonnent dans la Forge qui semble s'être arrêtée de vivre. Chaque membre est retiré avec minutie pour éviter un choc entre les deux locataires, il ne reste plus que le haut du torse et la tête. Jack fait lentement glisser son scalpel sur les côtes de William qui grimace un peu pour dévoiler son cœur flétri.
-Ce sera bientôt fini William, quand je couperais la dernière artère de ton cœur.
-Fait donc Doc !
Il me regarde droit dans les yeux avec un grand sourire.
-Bonne continuation ma grande.
À l'instant où il prononce cette phrase, la lame tranche le vaisseau poisseux et les yeux de William deviennent vitreux, laissant derrière lui une éternelle expression fière et souriante. Mon cœur saute un battement et les larmes ruissellent d'un coup sur mes joues qui tressautent entre chaque sanglot. J'ai de nouveau perdu quelqu'un à qui je m'étais attachée, je ne pourrais jamais m'habituer à cet horrible sentiment de vide, même s'il ne dure qu'un temps. Et malgré le soutien de Sans et Stretch, je tombe à genoux en contemplant le reste du cadavre souriant de William disposé dans la cheminée dont les flammes qui ont virées au bleu glacial dévorent le corps sans vie jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un tas de cendres.
N'ayant pas la force de me relever pour le moment, je reste au sol pendant que les dragons se remettent au travail. Quant à Karl, il s'occupe de rédiger un rapport en surveillant Springtrap qui se relève doucement. En me voyant dans cet état, son premier réflexe est de se précipiter pour prendre mon visage dans ses mains et essuyer mes larmes avec ses pouces.
-Je ne pensais pas que ça te mettrais dans un tel état, ça va aller ?
Sa voix douce et prévenante grésille étrangement sur la dernière partie de sa phrase. Je cligne des yeux et un liquide violet coule de toutes les cavités de son visage. Soudain, sa mâchoire se disloque d'un coup sec et Puppet en sort pour me lacérer le torse et le visage. Sous le choc, je tente un sort de régénération mais Puppet me transperce le ventre et m'envoie valser à l'autre bout de la Forge avec un morceau de chair putréfiée duquel jaillissent les nombreux bras de Laura qui me maintiennent au sol en m'étranglant, me laissant me vider de mon sang sous les regards terrifiés des forgerons impuissants face au nombre colossal de Marionnettes qui ont envahies les lieux en un battement de cils. Puppet rit bruyamment avant de pousser la carcasse de Springtrap d'un geste dédaigneux.
-Finalement, il nous aura été utile jusqu'au bout. A présent, je vais me faire un plaisir de te ramener chez Ruvik pour compléter son plan.
Il claque des doigts et les Marionnettes se glissent derrière les deux squelettes pour saisir leurs nuques.
-Au moindre geste, ils vous briseront le cou. Je vous suggère donc de rester tranquille.
Mes alliés sont complètement acculés et je ne peux pas me régénérer à cause de ce foutu cristal qui restreint dangereusement mes capacités dans une situation aussi critique.
-Décidément, tu ne peux pas t'empêcher de te donner en spectacle. C'est ce qui causera ta perte tu sais ?
Je reconnais cette voix entre mille. Ses fils bleu clair s'immiscent dans ma chair et enroulent ce maudit rocher transparent pour l'arracher de mon torse et le briser en mille morceaux.
À cet instant précis, je me sens libérée d'un immense poids et un torrent d'émotions déferler en moi. Les fils d'Error repoussent nos adversaires et plaquent nos alliés au plafond alors que je prends ma forme bestiale pour me soigner. Je regarde ma matière noire et mon âme se teindre d'un violet pastel. Je souris et arrache un à un les bras de Laura avant de broyer son corps avec ma mâchoire pour ensuite la jeter dans le brasier bleu en me délectant de son hurlement d'agonie. Je me tourne ensuite vers Puppet qui tremble de terreur et d'incompréhension. Je bondis vers lui et le plaque à l'endroit où se déroulait l'opération en quittant ma forme bestiale pour laisser place à un sourire malsain.
-C'est la fin pour toi, le rideau tombe Puppet. Dis-je en attrapant un morceau de métal rouge dans l'un des brasiers avant de le plonger dans son œil.
Une horrible odeur de plastique brûlé envahi mes narines mais je n'y fais pas attention. Je me dirige vers la fonderie et saisit un récipient rempli d'acier en fusion pour le renverser dans sa bouche alors qu'il pousse un hurlement qui ferait trembler les parois.
Ce sentiment de toute puissance et de satisfaction est absolument jouissif, et je compte bien le faire durer un peu plus longtemps. Je lui brise ses longs membres au maillet et les régénère plusieurs fois pour qu'il continue de souffrir le martyr. Puis, après dix longues minutes, je finis par le traîner par les pieds et le jette dans le brasier bleu alors qu'il est encore vivant et conscient. Son corps se tord frénétiquement dans tous les sens et son regard qui implore ma grâce ne fait que me satisfaire davantage.
Quand tout est fini, Error relâche tout le monde et vient pour me soutenir alors que je termine de me soigner en contemplant ma nouvelle âme en souriant.
-On les a eu… ?
-Un peu qu'on les a eu, t'as fais un boulot d'enfer ! Lance Error triomphant.
-Mais pas sans ton aide, t'es vraiment le meilleur.
Sous une impulsion, je lui embrasse vigoureusement le front en souriant avant de parer un coup de blaster, non sans mal. Toute l'équipe enseignante surgit du cercle de téléportation pendant que Stretch se déchaîne à distance avant de bondir sur Error. Je me place entre eux et retiens son coup pendant qu'Error lui rit au nez.
-Bouge de là ! C'est un danger public ! Hurle Stretch, rempli de rage.
-Je lui dois la vie ! Donc soit tu te calmes, soit je te calme.
Il réitère son action et me contraint à le plaquer au sol pour qu'Error puisse ficeler son âme pour l'empêcher de se téléporter. Je relève la tête et vois une vague de visages furieux foncer vers nous, je recule d'un pas et les cloue sur place avec l'aide d'Error.
-Qu'est-ce que tu fous ?! C'est l'occasion où jamais de l'enfermer six pieds sous terre ! Hurle Stretch.
-Non, c'est l'occasion de l'intégrer à nos rangs.
Je regarde Slender et Jeff, mais comme je m'y attendais, je n'y lis que de l'incompréhension. Je soupire et secoue la tête en libérant Offender qui se range à nos côtés sous les regards stupéfaits de ses collègues.
-Depuis combien de temps ? Demande Slender, sur les nerfs.
-Depuis le sanatorium pour moi, et fin Septembre pour Offender. Comme vous vous en doutez, je suis celle qui a choisi de garder ça secret.
-Mais pourquoi ?! Tu sais à quel point il peut être dangereux ? S'indigne Jeff.
-Pour éviter ce genre de scène ! Et puis il m'a sauvé la vie un nombre incalculable de fois depuis le sanatorium ! Rien que là, personne n'aurait survécu sans son aide !
Je serre les poings et sors mon âme pour la mettre dans les mains d'Error qui semble étonné.
-Je vous laisse une dernière chance, si quand je vous libère vous montrez la moindre animosité, Error partira dans l'Antivoid avec mon âme et je me jetterai dans le brasier.
Je marque une pause et décore mon visage d'un sourire sinistre alors que je m'approche des flammes bleues.
-Après tout, j'ai de l'expérience dans ce domaine, rien n'est plus dangereux que l'impulsivité dans une situation dangereuse pas vrai ?
-STOP !
Strech hurle alors que je fais un pas de plus vers le brasier, ce qui me fait encore plus sourire.
-Si tu, non Vous ne voulez pas d'un énième accident, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Ils se regardent, consternés et acculés par cet ultimatum pour finalement se rendre, résignés à me garder en vie. Je fais signe à Error qui me rend mon âme en libérant tout ce beau petit monde. Slender s'approche de moi en tendant ses bras dans ma direction, comme s'il avait devant lui un animal sauvage et imprévisible.
-Léa, on va se plier à tes ordres, alors éloigne-toi de là s'il te plait.
Son ton calme ne parvient pas à masquer sa crainte, je décide de jouer le jeu à fond pour mettre toutes les chances de mon côté et va devant lui d'un pas fier et déterminé pour empoigner son col pour le tirer à ma hauteur.
-Qu'est-ce que ça fait d'échanger les places et de ne plus être au-dessus ? Lançais-je, sûre de moi.
-C'est très peu plaisant.
-Maintenant, on va jouer selon MES règles. Au moindre faux-pas, je vous tue, où je me tue, selon ce qui se révèlera être le plus pratique. De toutes les façons, tout le monde dans cette pièce sait que j'ai largement les capacités pour vous anéantir en un claquement de doigt.
Slender acquiesce et je le relâche pour me mettre debout sur un plan de travail pour parler d'une voix claire et assurée.
-À partir de maintenant, Error fait officiellement partie de l'Académie. Il partagera avec nous les informations qu'il a récupérées chez Ruvik et nous partagerons les nôtres avec lui. Nous sommes des camarades et des alliés à présent, donc j'aimerais que TOUT le monde fasse de son mieux pour l'accueillir et le faire se sentir à l'aise.
Tout le monde semble dubitatif, mais Papyrus s'avance.
-Je pense que si tu lui fais confiance, nous pouvons faire de même. Après tout, tu n'irais pas aussi loin pour quelqu'un qui risque de nous trahir. Dit-il d'une voix calme et enthousiaste.
-Papyrus à raison, il serait temps d'enterrer la hache de guerre. Et je ne vois aucune raison de ne pas croire tes dires à son sujet. Ajoute Blue en se plaçant à côté de Papyrus sous le regard stupéfait de son frère.
-Décidément, tu auras toujours un tour dans ton sac pour nous surprendre. Je veux bien lui laisser une chance. Lance Sans en soupirant.
Finalement, tout le monde sauf Stretch se plie à notre volonté. Ce qui m'arrange puisque je n'ai aucune envie de gérer une crise de cette ampleur.
Une fois de retour à l'Académie, Slender nous convoque, Offender, Error et moi et ferme son bureau à clé. Et avant même qu'il ne puisse dire un mot, Error fait apparaître une pile de documents papier et une dizaine de disques durs sur son bureau.
-Tu pourras filer tout ça à Ben, ça vous sera bien utile pour la suite. Lance Error, tout fier.
-Merci. Vous vous doutez de ce que je vais vous dire, mais j'aimerais tout de même souligner le fait que votre attitude à tous les trois est inacceptable. Je me vois donc obligé de prendre une nouvelle fois des mesures drastiques et de vous poser des GPS pour une durée indéterminée. Répond Slender d'un ton froid.
-Et bah pour la confiance on repassera. Ajoute Error d'un ton sarcastique.
Je lui donne un coup de coude et lui fait la morale à voix basse.
-Fait profil bas toi, t'es pas tiré d'affaires pour le moment je te signale ! Ils nous laissent déjà une chance, ça pourrait être pire.
-Et pour ce qui est du logement, il va falloir attendre quelque temps puisque toutes les chambres sont occupées pour le moment. Ajoute Slender en feuilletant les papiers.
-Il dormira avec moi. Ça ne pose de problème à personne ? Dis-je du tac au tac.
Personne ne proteste et nous sommes enfin congédiés, après nous être fait posés nos GPS. Ça ne me plaît pas, mais c'est un mal pour un bien. En plus, si on fait preuve de bonne conduite, on pourrait se les faire retirer rapidement. Pour éviter plus de tensions, je décide de terminer la journée dans ma chambre avec Error. Sur le chemin, nous croisons les Fell qui attendent devant ma porte. Je préfère devancer tout le monde pour éviter un scandale et lance d'une voix posée.
-Il va dormir dans ma chambre le temps qu'il en ait une. Au moins je serais certaine que vous ne vous entretuerez pas.
Je montre nos poignets et Red soupire alors que son frère coince Error entre lui et le mur.
-Ce n'est pas parce qu'elle te fait confiance qu'on partage son avis à 100%. T'as intérêt de te tenir à carreau. Lance Edge d'un ton menaçant qui n'affecte pas du tout Error qui se moque un peu de lui.
-Mais oui mon grand, maintenant si tu veux bien nous excuser, on aimerait se reposer.
Error rentre dans ma chambre, me laissant seule avec les deux frères rouges.
-Fais attention d'accord ? Me dit Red en prenant ma main.
-Mais oui, fais-moi confiance, je sais ce que je fais. Lui répondis-je en caressant sa tête.
Edge se penche pour mordre mon cou en chuchotant de sa voix grave.
-Ne me fais pas regretter un choix que tu m'as imposé c'est clair ?
-O-Oui Edge.
Ils me laissent rentrer et je file prendre une douche bien chaude avant de m'affaler dans le lit. Error en a profité pour installer un genre de hamac fait de ses fils juste au-dessus de mon lit.
-Ça s'est mieux passé que prévu non ? Demande Error d'un ton calme.
-Ouais, mais on n'est pas tiré d'affaires pour le moment. Il va falloir faire des efforts et laisser passer un peu de temps pour qu'ils te laissent tranquille.
-Je te fais confiance pour ça.
Il semble s'endormir, et j'essaie de faire de même pour reprendre des forces.
