Chapitre V : Un Rôle à assumer

L'averse sur la ville de Trost ne dura guère longtemps, elle se termina après une courte demi-heure, répandant le sang versé en ce jour en une sinistre marée rougeâtre.

Les survivants du 104ème régiment s'étaient réunies sur plusieurs toits voisins, épuisé et traumatisé. Ils avaient vu tellement de choses horribles aujourd'hui, la vision d'hommes et de femmes dévorées et le souvenir de leurs hurlements d'angoisse hantaient leurs esprits, et la pensée qu'eux aussi subiraient le même sort les cloua dans leur désespoir.

— Hé, Jean, s'exclama Connie, un des rares cadets à avoir réussi à mettre de côté le traumatisme. Qu'est-ce qu'on va faire ?

Ce dernier ne le regarda même pas, ses yeux étaient rivés sur le toit.

— On peut rien faire. Ils nous ont enfin donné l'ordre de nous retirer mais on est tous à court de gaz, soupira-t-il. Je ne peux pas croire que c'est comme ça que ça va finir… à cause de ces maudits lâches.

— Tu parles des gars du dépôt d'approvisionnement ? demanda Connie confus. Où sont-ils ?!

— Ils ont tous perdu leur volonté de se battre, expliqua Jean déprimé. Je peux comprendre pourquoi ... mais ils ont abandonné leur devoir de nous réapprovisionner pour se barricader à l'intérieur du QG. Et les Titans ont envahi l'endroit, ce qui signifie que nous ne pouvons pas aller chercher le gaz nous-mêmes.

Connie était de plus en plus aggravé par la situation.

— Alors on attends quoi? On doit y aller ! Commencer à réduire leur nombre histoire qu'on ait une chance ! S'asseoir ici sur ce toit est complètement inutile ! Les Titans finiront par venir nous chercher !

Jean lui lança un regard froid.

— Il ne nous reste plus beaucoup de gaz, grogna-t-il. On gaspillerait le peu qu'on a si on essaye de s'enfuir. Et sans notre mobilité, on est complètement foutus.

Il soupira une nouvelle fois avant de reprendre :

— Tu utilises ta tête pour une fois, Connie, nota-t-il. Bravo, mais tu crois vraiment qu'on peut réussir un truc pareil avec si peu d'effectifs ? Les vétérans de l'avant-garde ont tous été tués. Comment un groupe de recrues réussirait-il une mission suicide comme celle-ci ? Je veux dire, supposons que la moitié de nos forces survivent à l'assaut initial. Alors quoi ? L'entrepôt de ravitaillement est probablement remplie de Titans de trois à quatre mètres. Je ne nous vois pas accomplir grand-chose là-bas.

Les mots s'enfoncèrent dans le crâne de Connie et la volonté s'envola de son regard.

— C'est sans espoir, comprit-il enfin

Jean poussa encore un soupir.

— Déesses, quelle vie de merde j'ai eu… si j'avais su je lui aurai dit…

Sur une autre partie du toit, Sasha tenta vainement de rallier les troupes.

— Allez, les gars. On peut le faire ! D'accord ? Allons-y ! Si nous travaillons tous ensemble, on peut y arriver ! Je sais qu'on peut le faire. D'accord ? Je prendrai les devants s'il le faut !

Ses paroles tombèrent dans l'oreille d'un sourd. Les cadets étaient trop traumatisés pour bouger. Ils avaient vu des horreurs qu'ils n'avaient jamais imaginées, même dans leurs pires cauchemars.

Un peu plus loin, Annie, Reiner, Bertholdt et Marco regardaient vers l'horizon, attendant visiblement quelque chose… Un signe ou une opportunité peut-être…

— Reiner ? finit par demander la petite blonde. Qu'est-ce qu'on fait ?

— On attend, répondit le grand frère du régiment, si on le fait c'est ensemble.

— C'est fini…

Marco était celui qui avait prononcé ces paroles, il affichait le même regard traumatisé que ceux des autres, sa voix monocorde était comme morte.

— Quoi qu'on fasse on mourra tous sans pouvoir quitter cette ville, continua-t-il sur le même ton avant de lever les yeux au ciel. Je m'étais pourtant résigné à la mort vous savez ? Mais là je vais mourir pour rien…

Les sons distinctifs d'équipement TDM se firent soudainement entendre, et les cadets relevèrent leurs têtes pour découvrir les identités des camarades qui les rejoignaient.

Amos et Armin, atterrirent à leurs côtés, le plus petit des deux blonds semblait secoué, mais son expression reflétait une positivité que personne ici n'avait jusqu'à présent. Le plus grand, en revanche, semblait mécontent.

— Les gars… lâcha fébrilement une recrue, c'est Amos. Amos est arrivé.

Les autres cadets relevèrent la tête, et fixaient leur major de promotion avec un espoir fou dans le regard. Un espoir qui exaspérait ledit major de promotion plus qu'autre chose.

— « Ces pauvres bougres pensent que je vais tous les sauver d'un coup de baguette magique… Si c'est pas malheureux… »

— Annie !

Le coeur d'Armin rata un battement en entendant cette voix, Amos serra les dents avec frustration.

La petite blond vit arriver Mikasa, il semblerait qu'elle avait décidé d'abandonner l'arrière-garde après avoir finit d'évacuer les civils.

— Je sais à quel point les choses ont mal tourné, déclara l'orientale malgré l'absence de regret dans sa voix. Je sais que c'est égoïste de mettre les sentiments personnels au premier plan, mais avez-vous vu l'escouade d'Eren ?

— Certaines escouades sont parvenues à monter, répondit Annie, mais je ne sais pas pour Eren.

Reiner pointa son pouce derrière lui.

— Armin vient d'arriver avec Amos par contre.

Voyant les blonds, Mikasa s'empressa de les rejoindre.

— Armin !

Celui-ci avait baissé la tête, incapable de soutenir son regard alors qu'elle se présentait devant lui

— Armin, ça va ? demanda-t-elle doucement en posant une main sur son épaule. Tu n'es pas blessé ?

Chaque seconde de son silence, amplifiait son inquiétude. Ymir et Christa ne savaient pas quoi faire ou quoi dire.

— Où est Eren ? finit-elle par demander avec une pointe de désespoir.

Amos n'y tint plus, et posa une main sur l'épaule de l'orientale tout en la regardant droit dans les yeux.

— Mikasa, Armin est le seul survivant de son escouade.

Ces mots entrainèrent trois réactions, d'abord, le petit blond leva la tête vers elle en dévoilant son visage angoissé couvert de larmes. Ensuite, le peu de moral que les cadets étaient parvenus à récupérer s'effondra immédiatement. Beaucoup d'entre eux inclinèrent la tête en signe de deuil, et certains regardèrent Armin en tentant encore de comprendre le sens de ses paroles. Ils ne pouvaient pas croire qu'Eren Jaeger, parmi tous les autres cadets, ait connu une fin prématurée. Tous les autres membres du top 10 étaient indemnes.

Mikasa eut l'impression que quelqu'un lui avait arraché le cœur dans le seul but de l'écraser sous ses yeux. Elle avait échoué. Elle n'avait pas réussi à prendre soin de lui quand il avait besoin d'elle. Elle avait brisé la promesse faite à Carla, et maintenant il était mort lui aussi. Encore une fois, Mikasa était seule, et cette fois cela ne changerait plus jamais.

Amos aurait voulu leur donner assez de temps pour faire leur deuil, mais il devait absolument désamorcer la situation afin de mettre son plan à exécution, aussi il choisit de prendre immédiatement les commandes :

— Est-ce que les larmes vont nous rendre nos morts ?! rugit-il soudainement.

— Non, Monsieur ! répondirent les cadets en sursautant.

— Est-ce que déprimer comme un con transit de peur sur un toit va vous sauver la vie ?!

— Non, Monsieur ! répondirent-ils avec plus d'assurance, et cette fois presque tout le monde avait parlé.

— Vous avez l'intention de crever ici comme du bétail moisi ?!

— Non, Monsieur ! répondirent-ils tous en choeur, même Armin avait retrouvé la parole, seule Mikasa ne s'était pas jointe à la réponse.

— Voilà qui me plait à entendre ! gronda-t-il avant d'avancer vers le bord du toit pour observer le bâtiment couvert de titans. On va devoir effectuer une percée pour infiltrer le QG, on avancera en pyramide pour couvrir le plus de terrain possible !

Plusieurs cadets étaient prompts à accorder rapidement leur confiance à Nox, mais Marco avait encore des doutes :

— Mais… il y a beaucoup trop de titans, même avec toi ou Mikasa en pointe on arrivera pas à passer…

L'orientale le fusilla immédiatement du regard.

— Je peux le faire ! clama-t-elle en se hissant au niveau d'Amos.

— Mikasa ! s'exclama Armin paniqué. Non…

— Armin, calme-toi ! rétorqua-t-elle violemment. L'heure n'est pas encore aux larmes.

Le petit blond tressaillit en croisant son regard, ses yeux étaient complètement dépourvus de… quoi que ce soit. C'était ceux d'un cadavre.

— « Oh non, » gronda Amos intérieurement, « pas ces putains d'yeux. Tout mais pas ça… »

Marco recula instinctivement en l'apercevant.

— Je suis forte, déclara Mikasa en levant son épée droite. Terriblement forte. Même Amos ne fait pas le poids. Vous m'entendez ? Je suis une guerrière !

Le concerné… haussa un sourcil.

— « Malgré la douleur terrible qu'elle ressent elle tente immédiatement d'aller de l'avant… C'est déjà une nette amélioration par rapport à la dernière fois… Mais elle s'y prend mal… on dirait qu'elle est sur le point de s'effondrer. »

— J'ai le pouvoir de tuer tous les Titans qui nous bloquent la route… même si je dois le faire seule. En ce qui me concerne, je suis entouré de lâches incompétents.

Les cadets la regardèrent, surpris. Certains étaient contrariés qu'elle ait eu le culot de les insulter, même si cela les sortait de leur état traumatique.

— « Ça ça n'a aucune chance de marcher, » soupira-t-il intérieurement, « quoique… l'écrasante majorité des cadets présents sont des garçons… »

La diatribe continua :

— Vous pouvez tous vous asseoir ici et me regarder avec envie, car c'est tout ce que vous pouvez faire ! Regardez-moi avec envie !

— Attends, Mikasa, est-ce que tu es folle ?! C'est fou, protesta une cadette

— Tu ne peux pas tous les éliminer toi-même, ajouta un cadet.

— Si je ne peux pas les battre, alors je mourrais, mais si je gagne, je vivrais… et la seule façon de gagner est de se battre.

Cette fois Amos comprit ses intentions.

— « Espèce de… tu n'as pas l'intention de te battre. Tu veux te suicider ! »

Il grinça des dents, avant de reprendre la parole :

— Reiner ! Toi et moi on prend la deuxième ligne juste derrière elle.

— Compris !

— Jean, Bertholdt et Marco vous prenez la troisième, ordonna-t-il avant de reprendre plus fort, je n'ai qu'une chose à vous dire : si vous vous arrêtez vous êtes fichus ! Alors foncez aussi vite que vous le pouvez vers le QG !

— Oui, Monsieur !

Mikasa partit avant même qu'il n'ait finit de parler, ce qui le fit rouler des yeux.

— Allez, magnez-vous ! À moins que vous ne soyez vraiment une bande mauviettes ! lança-t-il avant de décoller avec Reiner à ses côtés.

— Ils ont raisons ! renchérit Jean. Vous êtes vraiment des lâches !

— Dépêchez ! Tas de poules mouillées ! cria Sasha avant de partir à son tour.

Finalement motivé, le reste des cadets poussa un cri de détermination avant de suivre la Patate du toit. Même le soleil commençait à briller à travers les nuages sur leurs silhouettes.

Le groupe entier suivit Mikasa, Reiner et Amos. Les trois têtes de pointes abattaient les Titans qui s'approchaient d'eux vers le chemin du quartier général. L'orientale ouvrant proprement la voie, et les garçons nettoyants derrière. La tactique était d'éviter le combat au maximum en utilisant le gaz avec parcimonie, ce que Mikasa ne faisait pas du tout. En effet, la jeune fille tirait sur ses réserves autant que possible pour aller aussi vite que possible. Et ce qui devait arriver arriva, elle tomba en panne sèche et disparue dans une ruelle.

— Continuez à avancer ! hurla Amos à pleins poumons en prenant sa place. Jean ! Remplace-moi !

— Compris ! cria ce dernier malgré le sentiment abominable qui lui rongeait les entrailles, avant qu'il ne remarque quelque chose d'horrible. Amos ?! Il y en a qui se sont arrêtés !

Nox enregistra l'information, avant de prendre la plus grande inspiration de toute sa vie :

— EN AVAAAAAAAAAAAANT ! rugit-il de toutes ses forces.

Son hurlement résonna à travers tout le quartier, et se répercuta dans les crânes des autres cadets encore en vie.

— Si vous vous arrêtez vous êtes morts ! rappela-t-il alors que Reiner abattait un dix mètres. Peu importe ce qu'il se passe ! Peu importe les horreurs ! Si vous voulez survivre vous devez continuer à avancer !

Il ne le vit pas car son attention était focalisée sur la route, mais une partie des inconscients qui avaient choisi de s'arrêter pour aider leurs amis tomber à court de gaz repartirent à contrecoeur malgré leurs larmes et les cris de ceux qu'ils avaient abandonné. L'autre partie finit dévorée.

Mais alors qu'ils approchaient du Quartier Général, il eut la désagréable surprise de voir une troupe de titans de cinq à huit mètres se diriger vers eux, suivit par un quinze mètres au nez tordu.

— Reiner ! Jean ! Ralentissez ! Je vais m'occuper de cette bande de porcs géants tout seul ! ordonna-t-il en restant en hauteur, hors de portée des plus petites créatures.

Aucun des deux n'était d'accord étant donné qu'il semblait impossible d'attaquer une bête de cette taille de face, mais ils choisirent néanmoins d'obéir à leur supérieur auto-désigné.

La prédation s'empara soudainement du regard d'Amos, le temps se ralentit soudainement, et Nox simula la meilleure façon d'abattre son adversaire avant de la mettre en pratique :

— « D'abord, effrayer la proie. »

Il envoya ses deux lames percer les yeux du titan, celui-ci plaqua immédiatement ses mains sur son visage.

— « Contourner l'ennemi. »

Il planta son grappin dans le pectoral droit de sa cible, et passa sous son aisselle tout en s'armant de deux nouvelles armes, avant de se propulser en hauteur avec une bonne poussée de gaz.

— « Dépecer le gibier. »

Il profita de la très courte fenêtre à sa disposition pour infliger la blessure mortelle sur la nuque de la créature. Avant d'atterrir sur son épaule, puis de sauter sans effort sur le toit près duquel elle tomba, l'immense corps s'affaissa lentement sur les titans plus petits qui filaient déjà vers ses camarades.

— « Déguster le festin. »

— Le tout requiert une précision chirurgicale, murmura-t-il sous les regards hébétés de Jean et Reiner.

— Alleeeeeeez ! reprit-il aussi fort que possible en pointant le bâtiment de la lame. Voilà votre ouverture ! Tous au QG ! Ne vous arrêtez pas !

Il grinça des dents en constatant qu'il avait perdu plus d'un tiers de ses effectifs, mais se contenta pour le moment de cette petite victoire.

Il fut cependant prit par surprise lorsqu'un épouvantable mal de tête vint lui vriller la cervelle, il chancela légèrement avant de se stabiliser, et sentit un filet de sang couler le long de son nez.

— « Merde… je n'ai pas arrêté depuis le début de cette foutue mission… Et je n'ai presque pas pratiqué pendant mes classes… Mon cerveau n'est plus habitué à effectuer autant d'efforts. »

Il essuya son hémoglobine d'un revers de main, et soupesa machinalement ses bonbonnes.

— « Une chance que le cadavre que j'ai détroussé avait encore 80% de ses réserves. » songea-t-il alors qu'il s'apprêtait à rejoindre ses camarades.

Mais ses jambes refusèrent de bouger.

Amos fronça les sourcils.

— Qu'est-ce qu'il m'arrive ? demanda-t-il tout haut. Pourquoi est-ce que je n'arrive plus à avancer ?

Une image de Mikasa et lui en pleine leçon d'arts martiaux s'imposa dans son esprit, ce jour-là, la jeune fille avait insisté pour qu'il lui enseigne précisément les points les plus sensibles du corps humain, afin qu'elle sache quelle zone elle devait éviter de toucher si elle voulait prévenir les graves blessures qu'elle aurait pu infliger à leurs camarades.

Nox n'en crut pas son cerveau.

— Mais qu'est-ce que…?

Une nouvelle image apparue, celle d'une soirée où les cadets avaient joué à Action ou Vérité tout en s'imbibant d'alcool, le blond avait été bien malheureux lorsqu'il fut obligé par Connie, de livrer un bras de fer face à l'orientale, un défi qu'il avait perdu à plate couture.

— Pourquoi… ? se répéta-t-il à pleine cervelle. Pourquoi est-ce que…? Est-ce que ce genre de pensée…?

Il ravala son ressentiment immédiat pour nourrir indirectement l'irréel désir qui alimentait son imagination. Mais il ne put contenir l'étendue de sa pensée lorsque celle-ci lui rappela un souvenir bien particulier lors de ses classes.

Ce moment, cette conversation qu'il avait eu avec l'orientale, fut aussi brève qu'importante à ses yeux. Il avait affalé son dos sur la rambarde du balcon de leur dortoir, tandis qu'elle s'y était penchée sur les coudes pour observer le Soleil couchant durant leur discussion. Ils avaient parlé famille, futur, sentiments et raisons d'existence… La conversation ne fut guère longue, mais elle fut incroyablement instructive pour l'un comme pour l'autre.

Amos savait, il savait qu'il était le leader non-officiel de la 104ème division, néanmoins alors qu'il se remémorait tous les bons moments qu'il avait passé avec eux, avec chacun d'entre eux, il réalisa qu'il n'avait jamais eu la moindre envie de décider du sort de ses camarades. Et ce malgré toute sa résolution et le coeur de pierre qu'il s'était efforcé de développer.

— « Je… » commença-t-il à penser… « Je… Je ne veux pas qu'elle meurt… Ni elle, ni aucun autre… »

Son visage déprimé il y a encore dix minutes afficha un petit sourire, aussi sincère que triste et dérangeant.

— « De toute façon on ne pourra pas se débarrasser de tous ces titans sans elle, c'est un soldat irremplaçable… » songea-t-il en serrant les dents avant de se retourner. « Mikasa… »

Le temps ralenti, et une série de calculs complexes défila devant ses yeux. « … je vais te tirer les oreilles. »

(-)

Mikasa ne comprenait pas très bien comment elle avait survécu à sa chute. Elle était tombée sur une sorte de bâche, mais cela n'importait pas. Elle fixa sa lame cassée, le sang des Titans qu'elle avait tué s'était évaporé depuis longtemps. C'était son dernier meurtre. Elle en avait tué au moins cinq lors de cette bataille, peut-être plus, mais ce n'était pas suffisant. Cela ne suffirait jamais. Rien de ce qu'elle pourrait faire ne ramènerait le garçon qui lui avait donné son écharpe.

—« Encore… ça recommence… J'ai encore perdu ma famille. »

Elle lâcha un grognement, réussit à se lever et fit quelques pas, mais ses jambes la lâchèrent, et elle tomba à genoux. D'abord, ses parents, puis les parents d'Eren, et maintenant Eren lui-même. Malgré sa force surhumaine et ses capacités hors du commun, elle ne pouvait pas protéger les personnes qui comptaient le plus pour elle. En fin de compte, il était une petite fille inutile qui voulait que sa souffrance prenne fin.

— « Ce Monde est cruel… mais il est aussi très beau. »

Comme pour exaucer sa prière, elle sentit les vibrations d'un titan en marche, celui-ci venait dans sa direction, et tendit la main pour la saisir.

Satisfaite, elle ferma les yeux, et attendit sa mort.

— « J'ai eu une belle vie, » songea-t-elle l'âme en paix.

Mais son corps ne semblait pas l'entendre de cette oreille, et sommait son propriétaire de bouger à travers les violentes impulsions de son instinct de survie.

Mikasa tint bon quelques instants, jusqu'à ce que la main géante ne soit plus qu'à quelques centimètres d'elle, alors elle lui trancha les doigts d'un revers d'épée cassée.

Le titan réagit immédiatement en tentant de l'écraser, mais elle sauta hors de sa portée avant d'afficher une mine surprise. Le monstre tenta à nouveau de la saisir, mais elle esquiva une nouvelle fois.

— « Pourquoi ? »songea-t-elle avant d'éviter une autre attaque. « Je croyais avoir renoncé. »

Le souffle provoqué par l'impact entre la main et le sol la projeta plusieurs mètres plus loin, elle essuya une quinte de toux avant de se redresser.

— « Pourquoi… je me relève…? Pourquoi je lutte ?

Puis le son d'un équipement TDM attira son attention, elle leva les yeux pour voir Amos surgir dans le ciel et abattre ses lames sur la nuque du titan. La créature s'écroula sur le sol avec le Conseiller debout sur l'arrière de son crâne.

— Salut, ironisa ce dernier en sautant sur le sol, j'espère que je ne te dérange pas.

Les yeux de Mikasa s'écarquillèrent alors qu'il avançait vers elle, un feu ardent brûlait dans son regard d'émeraude..

— Amos, qu'est-ce que tu ...?

Le sol recommença immédiatement à trembler, et le blond grinça des dents lorsqu'il comprit qu'un autre titan approchait.

— Grimpe, ordonna-t-il en pointant son dos du pouce, on file d'ici.

Mikasa le contempla avec des yeux emplis d'une telle tristesse qu'il faillit perdre son masque.

— Pourquoi est-ce que tu rends ça si difficile ? murmura-t-elle. Je ne veux pas te faire tuer toi aussi.

Amos serra les poings, le titan n'était plus très loin désormais, il devait la réveiller immédiatement ou ils y passeraient tous les deux.

—« Au grands mots les grands remèdes, » pensa-t-il avant de saisir l'orientale par le col afin de l'attirer vers lui, et lui colla un coup de boule magistral.

La jeune fille laissa échapper un cri de douleur avant de frissonner devant le regard animal du jeune homme.

— Écoute-moi très attentivement Mikasa, gronda-t-il alors que leurs sangs se mélangeaient et coulaient le long de leurs nez, Eren est mort ! Tu m'entends ?! Il est mort en protégeant Armin comme tu l'aurais fait à sa place ! Mais il n'est pas mort en vain ! Il lui a légué… Il VOUS a légué ses rêves, sa détermination de fer et sa volonté de toujours aller de l'avant ! Armin l'a comprit lui et c'est pour ça que malgré la souffrance il continu de se battre en sa mémoire tandis que tu es là à t'apitoyer sur ton sort ! Tu penses sincèrement qu'il aurait voulu te voir te faire bouffer sans réagir ?! Si c'est vraiment ce que tu penses alors tu ne l'as jamais vraiment connu !

Un éclair traversa la cervelle de Mikasa, l'emmenant loin, loin de Trost, loin de ce chaos et de son malheur. Il la ramena à ce moment, six ans en arrière, alors qu'elle regardait un homme étrangler Eren, le garçon qui l'avait sauvée en tuant deux de ses ravisseurs. Malgré la façon dont l'homme serrait sa gorge, il réussit à lui dire les mots qui resteraient à jamais graver dans sa mémoire :

— « Bats-toi. Tu dois te battre ! »

Il avait toujours voulu qu'elle vive, depuis le premier jour où elle l'avait rencontré. Même si lui n'avait pas survécu, il aurait voulu qu'elle survive.

— « Tu t'apitoies ou tu te bats ? »

— « Bats-toi ! Bats-toi ! Bats-toi ! »

Amos failli pousser un soupir de soulagement lorsqu'il vit les yeux morts de l'orientale reprendre leur bel éclat de jais tout en s'embuant, hélas, le titan qui arrivait derrière elle l'empêcha de se réjouir.

— « Pardon Eren, »songea-t-elle en reprenant espoir, « Je ne renoncerai plus, je ne renoncerai plus jamais. Si je meurs je ne pourrai pas me souvenir de toi, alors je ferai tout pour gagner ! »

Amos avait été si absorbé par Mikasa et le titan qui arrivait derrière elle qu'il n'avait pas remarqué à quel point celui qui arrivait derrière lui était proche. Il aurait été saisit si la jeune fille ne l'avait pas écarté de la route pour trancher les doigts du monstre.

Nox réagit au quart de tour, il s'empara d'une de ses lames et l'envoya dans l'oeil de la créature qui recula instinctivement. Sans perdre la moindre seconde, il saisit sa rivale comme une jeune mariée et tira ses grappins vers le toit le plus élevé.

— « Ça va être coton, » réalisa-t-il alors que l'autre titan était dangereusement proche.

Il envoya une bonne poussée de gaz pour s'envoler rapidement, avant qu'un poing géant ne vienne passer à à peine un mètre derrière eux, et percuta la mâchoire de son congénère.

Le souffle provoqué par l'attaque fut si intense qu'Amos perdit le contrôle de son TDM, Mikasa et lui furent projeter sur le toit qu'ils avaient visé et y roulèrent douloureusement.

Ils ne crurent pas leurs yeux lorsqu'ils les rouvrirent.

Le titan responsable de cette trahison envers sa propre espèce était aussi fin que musclé, sa mâchoire était différente de tout ce que les deux cadets avaient pu voir aujourd'hui. Une expiration vaporeuse s'échappa de sa bouche sans lèvres, avant qu'il ne lâche le rugissement le plus puissant et le plus furieux qu'ils eurent jamais entendu. La créature ignora alors les deux humains choqués, et se précipita sur son congénère pour lui piétiner la nuque sans la moindre pitié ni retenue.

Mikasa et Amos restèrent paralysés sur place, l'expression sur leurs visages trahissait un effarement incompréhensible. Le blond fut le premier à retrouver la parole :

— Tu viens de voir un titan tuer un autre titan, pas vrai ?

L'orientale hocha lentement la tête.

— Ok… bon…, il poussa un soupir pour calmer ses nerfs avant de reprendre plus calmement : on a pas le temps de trainer ou de s'interroger malheureusement, les autres nous attendent au QG. Il faut qu'on les rejoignent et qu'on s'échappe sur les murs.

Il s'approcha pour la reprendre dans ses bras, avant d'apercevoir Armin et Connie filer droit vers eux.

— Mikasa, ça va ? demanda le petit blond inquiet en atterrissant.

— Putain, on dirait que vous avez vu l'Enfer de prêt, ajouta Connie.

— Qu'est-ce que vous faites… Peu importe, il faut qu'on aille au QG où les autres nous attendent.

— Ouais, approuva le garçon au crâne rasé.

Mais le sol tremblant attira immédiatement son attention.

— Merde ! Deux Titans de quinze mètres.

Voyant que l'un des Titans était le Titan Rebelle nouvellement surnommé, Mikasa répondit:

— Non, celui-là est différent.

— Il tue ses congénères, expliqua Amos en indiquant le cadavre du Titan tombé sous les coups du rebelle.

Les yeux d'Armin s'écarquillèrent.

— Quoi comment… ?

Le Conseiller secoua la tête.

— Aucune idée.

Le Titan Rebelle poussa un rugissement de défi poussant son adversaire à lui répondre sous le regard émerveillé du grand blond.

— « On dirait un combat entre deux alphas pour la conquête d'un territoire ou le coeur d'une femelle, les titans sont plus fascinants que je ne l'avais imaginé. »

Comme si les choses ne pouvaient pas devenir plus bizarres, le Titan Rebelle se mit en garde. Démontrant ainsi son intelligence. L'autre Titan ne chargea que pour recevoir un poing sur le côté de la tête. Celle-ci décolla du coup pour aller s'encastrer dans une tour voisine. Le sans-tête essaya de se relever, mais le rebelle l'acheva en écrasant sa nuque.

— Il… il l'a achevé, dit Armin dans un état second. Il savait exactement où était le point faible !

— Fascinant, murmura Amos émerveillé.

Connie en revanche, en avait assez.

— Allez, les gars faut qu'on se tire ! Il pourrait se retourner contre nous.

Mais les blondinets secouèrent la tête simultanément.

— Non, affirma Armin, Il n'a aucune réaction à notre égard, on ne l'intéresse pas. N'importe quel autre Titan aurait déjà été au-dessus de nous.

— Il avait des notions d'arts martiaux, ajouta Mikasa. Quelle est cette chose ?

— Je ne sais pas, admit Amos, mais j'ai très envie de le savoir.

— C'est juste un autre Déviant, insista Connie. On ne sait presque rien sur eux de toute manière…

— C'est justement pour cette raison que ce spécimen est d'une importance capitale, répliqua Nox d'une voix tranchante avant de marmonner, un titan qui tue d'autres titans…

— Oubliez ça bon sang ! Et tirons d'ici !

Connie allait partir lorsque le grand blond le retint par le bras.

— Attends, les réservoirs de Mikasa sont vides, il faut la recharger.

Cela le pris au dépourvu.

— Hein? Mais qu'est-ce qu'on va faire ? On ne peut pas vider le QG sans elle !

— Calme-toi, ordonna Amos avant de sortir miraculeusement deux bonbonnes pleines de sous ses fourreaux.

Ses camarades le regardèrent avec des yeux ronds.

— Quoi ? sourit-il moqueur. Vous croyez que j'ai fini premier par hasard ? J'ai toujours un as dans la manche.

Il s'approcha de Mikasa en défaisant l'une de ses propres bonbonnes, avant de la lui tendre avec l'une des neuves.

— Tu as un peu moins de 20% dans celle-là, l'autre est pleine. Dépêches-toi de les remplacer.

La jeune fille acquiesça après avoir ravalé sa surprise, et s'empressa d'obtempérer. Le grand blond s'affaira à fixer sa bonbonne de secours avant de se tourner vers le QG en grimaçant.

— Ça va pas être simple, grogna-t-il tout haut, il doit y avoir au moins une dizaine de titans autour du bâtiment, sans compter les petits qui ont investis la salle de ravitaillement. Il va falloir commencer par nous débarrasser des plus gros avant de rejoindre les autres à l'intérieur.

Connie était si nerveux qu'il avait du mal à empêcher ses mains de trembler.

— Même avec Mikasa et toi… vous croyez qu'on peut le faire ?

— « Il faudrait réussir l'assaut parfait, je ne suis pas très optimiste. »

— Peut-être… hésita Armin, peut-être qu'il y a un autre moyen.

Toute l'attention fut désormais tournée vers lui, son regard était fixé sur le Titan Rebelle.

— C'est risqué, mais… ne peut-on pas se servir de ce titan ?

— S'en servir ?! lâcha Connie sous le choc.

Amos écarquilla les yeux.

— C'est brillant, commenta-t-il époustouflé.

— Hein ? s'étonna le garçon au crâne rasé en se tournant vers son major de promo.

— Il tue d'autres titans, expliqua Armin, il ne s'intéresse pas à nous. Alors je me suis dit qu'on pourrait peut-être le guider vers le poste de ravitaillement.

— Le guider ? lâcha Connie les yeux ronds. Comment tu veux faire ça ?

— Il est constamment à la recherche de nouvelles victimes, développa Amos en regardant le rebelle foncer vers le titan le plus proche de sa position. En exterminant les titans sur son chemin il filera droit vers le QG.

— Là on aura qu'à le laisser faire tout le travail, continua Armin, pendant que nous on s'occupe des plus petits à l'intérieur.

— C'est brillant, répéta Amos tout sourire, on pourrait s'en tirer avec un minimum de pertes. Armin je t'adore, tu es un petit génie.

Ledit petit génie rougit fortement face au compliment, que Nox complimente son intelligence était très gratifiant à ses yeux.

— On ne peut pas prendre autant de risques ! s'entêta Connie pour qui cette histoire était complètement dingue.

— Tu préfèrerais qu'on abatte tous les titans autour du QG à nous seuls ? ironisa Amos. Ce plan est effectivement risqué, mais c'est de loin le meilleur qu'on ait.

Mikasa acquiesça, le regard déterminé.

— Je suis d'accord, il vaut mieux prendre des risques qu'attendre la mort.

Connie baissa les yeux, résigné.

— Si on échoue on sera la risée du Régiment.

— Si on échoue on sera morts, corrigea Amos en souriant.

— Mais si on réussit, on peut sauver tout le monde, affirma le petit blond content de voir l'espoir revenir.

— Bon ! s'exclama Nox en se frappant les mains. On a assez perdu de temps. Mikasa tu prends les trois à droite, je prends ceux à gauche. Armin et Connie vous restez en retrait et vous faites gaffe à ce qu'il n'y ait pas un petit planqué dans les rues. On se rejoindra au QG quand notre nouvel ami titan nous aura rattrapé.

— Compris !

(-)

Jean ne savait pas quoi faire.

Ils avaient réussi à atteindre le QG sous la directive d'Amos, mais maintenant que celui-ci était partit, plus personne ne semblait prêt à reprendre le flambeau du commandement, en particulier parce que tout le monde le croyait mort. Kirstein lui-même ne voulait pas prendre cette place, ce que Nox avait fait était complètement dingue à son sens. Il avait mené ses camarades à la mort, utilisé les morts de certains d'entre eux dont Mikasa pour arriver à ses fins. Il était absolument incapable de faire un truc pareil. Il ne voulait pas vivre avec ça pour le reste de sa vie.

Les cadets s'étaient cachés derrière des bureaux afin de rester hors de vue des titans tout en cherchant désespérément un plan pour remplir leurs réserves de gaz afin de s'échapper.

Un reniflement attira l'attention de Jean, dirigeant son regard sous une table. Il vit deux soldats, un homme et une femme, recroquevillés en boule. Le visage de la femme était couvert de sang mais il ne semblait pas être le sien.

Jean s'approcha lentement.

— Attendez une seconde. Vous êtes avec l'équipe d'approvisionnement ?

— Ouais, répondit le soldat en reniflant.

Kirstein le saisit par le col, et lui brisa le nez.

— Jean, arrête ! s'exclama Marco en le retenant.

— Putains de lâches ! rugit-il furieux. Vous nous avez abandonné ! Des gens sont morts parce que vous n'aviez pas le courage de faire votre boulot !

— Les Titans nous ont assaillis de tous les côtés ! pleura la femme en protégeant son camarade de tout autre mal. Elle était presque incohérente lorsqu'elle parlait. Ils nous ont chassés de la salle de ravitaillement, d'accord ?! On ne pouvait rien faire !

— C'est votre travail de gérer cela et de nous soutenir quoiqu'il arrive ! rétorqua-t-il.

Soudainement, ils furent interrompus par un rugissement surnaturel. Les Titans n'en avaient pas encore fini avec eux.

— Faite gaffe, cria un cadet alors qu'un mur explosait, envoyant ce cadet voler dans le couloir.

Deux Titans avaient la tête encastrés dans le bâtiment, essayant de mordre tout ce qui s'approchait d'eux. Paniqué, les soldats tentèrent de fuir vers les sorties, mais la confusion régnait en maitre ici. Et s'ils continuaient tout le monde allait mourir.

Un poing géant surgit de nulle part et frappa les têtes, les faisant voler loin du bâtiment.

La mâchoire d'Annie tomba à la vue de leur sauveur. Un Titan de 15 mètres aux yeux verts et aux oreilles pointues. Il n'essayait pas d'attaquer les soldats; Il s'attaquait aux Titans qui les attaquaient.

— Est-ce que… est-ce que c'est arrivé ? demanda Reiner sous le choc.

— Oui, répondit Marco tout aussi choqué.

Une vitre fracassée attira leur attention. Avec un soulagement inimaginable, les cadets virent Mikasa, Armin, Amos et Connie entrer dans le bâtiment égratignés, mais vivants.

Jean fut le premier à parler :

— Mikasa, tu es vivante.

— Mec, c'est pas passé loin, l'interrompit Connie excité. J'étais presque à court, c'était dingue, mais on l'a fait.

— Beau travail Armin, complimenta Amos d'excellente humeur. On a réussi grâce à toi.

Connie frappa le petit blond dans le dos, un large sourire sur son visage.

— Tu es un génie certifié ! En ce qui me concerne, ta parole fait loi, déclara-t-il avant de pointer le rebelle du doigt.

— Regardez ! Cette chose est un déviant qui tue les titans. Et en plus Il se moque de nous ! C'est vrai, vous m'avez entendu ! Ce grand et beau titan est notre billet de sortie !

Jean le regarda comme s'il était fou.

— Tu es sérieux ? Tu veux qu'on se serve d'un Titan ?! Ça n'a aucune chance de marcher !

— Ça fonctionne, rétorqua Mikasa. Pour une raison quelconque, il se déchaîne contre eux. Reculez et laissez-le faire. Faites-moi confiance. De toute façon, quel choix avons-nous ? En ce moment, cette chose est notre meilleure chance de survie.

Le Rebelle, poussa un rugissement fort attirant les Titans vers lui.

— C'est comme ça qu'on l'a attiré ici, expliqua Amos en s'étirant, en exterminant les titans sur son chemin pour qu'il court à la recherche de nouvelles proies. Maintenant nous n'avons plus qu'à nous débarrasser de ceux qui ont investis la salle de ravitaillement.

Jean passa ses mains dans ses cheveux, essayant de tout maîtriser, il émit un grognement frustré et se dirigea vers la sortie pendant que Nox rameutait ses troupes.

— Nous ne sommes plus qu'à une seule étape de la liberté, déclara-t-il tout haut, encore un effort !

Il n'eut nul besoin d'en dire plus, son irruption soudaine mêlée au guêpier dont ils venaient de sortir suffit à les motiver.

— Armin ? Mikasa et moi avons encore du gaz, mais il est très difficile de manoeuvrer en intérieur, et il y a trop de titans pour qu'on les tue tous à nous deux.

Le petit blond sentit la pression peser sur ses épaules.

— Pourquoi est-ce que tu me demandes mon avis ?

Amos roula des yeux en entendant cela.

— Pourquoi tu crois que j'ai passé tout ce temps à aiguiser ton intelligence ? Deux cerveaux valent mieux qu'un et c'est toi qui a eu l'idée de se servir du Titan. Cesse de te sous-estimer.

— Je suis d'accord, intervint Mikasa en les rejoignant, ton intelligence nous a déjà sauvé Eren et moi.

Armin ne semblait pas la croire.

— Q-quand est-ce que… ?

— Armin ! coupa Amos en le prenant par l'épaule, concentre-toi.

— Oui ! Pardon.

— Et arrête de t'excuser à tout bout de champ.

— Ex… Je veux dire, d'accord.

(-)

La première chose que les blondinets firent c'est inspecter les lieux en se servant du monte-charge pour vérifier le nombre de titan, pendant ce temps, et sous les consignes d'Amos, Jean et d'autres cadets étaient parti à la recherche des fusils des Brigades Spéciales.

— Bonne nouvelle, annonça Kirstein en ouvrant la caisse qu'il tenait. Avec l'aimable autorisation des Brigades Spéciales, et une couche de poussière…

— Quelle bande de branleurs, soupira Nox avant de se reconcentrer sur le plan qu'Armin traçait.

Jean nettoya le fusil et vérifia s'il fonctionnait toujours. Une fois l'inspection terminée il demanda : — Vous êtes sûr que la chevrotine marchera ?

— Les yeux des titans ne sont pas aussi solides que leur peau, expliqua Amos, ça fonctionnera. Armin ?

— Oui ! répondit-il en présentant son plan. On a dénombré huit titans de quatre mètres de haut dans la salle de ravitaillement. Si nous calculons parfaitement notre coup, autant de munitions devraient suffire à les aveugler. Étape 1: nous abaissons un groupe dans la zone par un ascenseur pour attirer l'attention des Titans. Etape 2: quand les Titans arrivent à portée, le groupe tire simultanément dans les quatre directions pour les aveugler. Ensuite, le plus dur. Le moment de vérité, pour ainsi dire… Avant que les Titans n'aient assez de temps pour récupérer, huit d'entre nous descendrons du plafond et frapperons leurs régions vitales. C'est tout. C'est le plan. Il met toutes nos vies en jeu. Si on se plante, on est morts. C'est un sacrément risqué pour une attaque, mais c'est notre seule chance. Huit personnes doivent tuer huit Titans en un seul coup en même temps. Nous aurons besoin des meilleurs pour ça. Les huit soldats les plus doués à la lame. Vous serez la différence entre nos vies et nos mort. Je suis désolé. C'est comme ça.

— C'est un très bon plan, approuva Amos en lui mettant une tape sur l'épaule.

— « Mikasa et moi avons encore du gaz, s'il y en a qui se plante on pourra au moins limiter la casse. »

— Ça m'a l'air bien, dit Reiner avec un sourire narquois.

Armin commençait à hésiter, mais Amos le rappela à l'ordre d'une pichenette sur l'oreille.

— Pas d'hésitation, réprimanda-t-il, on fait comme ça, on a pas toute la journée.

— Oui, pard… je veux dire, bien sûr.

Satisfait, il se redressa pour s'adresser à ses camarades :

— Mikasa, Reiner, Bertholdt, Jean, Annie, Sasha, Connie et moi on s'occupe de l'assaut à la lame. Marco tu prends le commandement de l'équipe du monte-charge, attendez le dernier moment avant de tirer, notre timing doit être impeccable.

— Compris, répondit le garçon aux tâches de rousseur en essuyant un goutte de sueur.

— Donnez-nous cinq minutes le temps qu'on soit en position avant de descendre le monte-charge, quoiqu'il vous en coûte, gardez votre sang-froid ! On sortira d'ici, vous m'entendez ?!

— Oui, Monsieur !

(-)

— Alors, je vais poser la question qui fâche, déclara Connie tandis qu'ils descendaient vers le niveau inférieur. On peut vraiment faire ça sans équipement TDM ?

— Pas de problème, assura Reiner. Ces gars-là ne mesurent que quatre mètres. Le point faible est toujours le même, un mètre de haut et 10 centimètres de large.

— De l'arrière de la tête à la nuque, répéta Sasha en se remémorant leurs leçons.

— Dans le pire des cas, vous pouvez toujours leur fourrer une lame dans le cul, plaisanta Reiner en levant son épée. C'est l'autre point faible.

— Sérieusement ? demanda Connie sous le choc. J'ai jamais entendu parler de cette technique.

— Moi non plus, c'est la première fois que je l'entends, renchérit Sasha.

Amos leva les yeux au plafond.

— As-tu vérifié cette théorie avec ton titan de deux mètres, Reiner ? balança-t-il sans ménagement.

Bertholdt écarquilla les yeux avec horreur tandis que les autres se retenaient d'exploser de rire.

— Impossible, déclara Annie, sa lame est trop courte.

Nox fut obligé de plaquer ses mains sur les bouches de Sasha et Connie pour les empêcher de se bidonner.

— Reiner, Amos, Annie, ça pourrait être vos dernières paroles vous savez ?

— On sait face-de-cheval, répliqua la petite blonde.

Jean préféra ne pas répondre.

Les huit se turent lorsqu'ils approchèrent du rez-de-chaussée. Amos ouvrit silencieusement la porte, avant de faire signe aux autres de le suivre prudemment. Les pas bruyants des Titans les déconcertèrent, mais ils gardèrent leur calmes. Prudemment, les huit cadets se séparèrent sur des chevrons différents. Leur timing devait être parfait pour que cela réussisse.

Au milieu du piétinement, ils entendirent l'ascenseur se rapprocher avant d'entrer dans leur champ de vision.

— Bien, murmura Marco. Il n'y en a pas un de plus

Immédiatement, tous les cadets de l'ascenseur pointèrent leur fusil dans quatre directions comme prévu.

— Tout doux, continua Marco, tout doux

Un Titan aux cheveux blonds marchait au hasard, jusqu'à ce qu'il ne les remarque. Il se tourna rapidement vers eux en effrayant quelques cadets.

— Ne perdez pas votre sang-froid, s'exclama rapidement le garçon aux tâches de rousseur. Tirez seulement quand ils sont tous à portée.

Lentement, les huit Titans les approchèrent, prêts à en faire leurs prochains repas. Les soldats sur les chevrons attendirent patiemment le début de l'attaque. Alors que Marco leur répétait continuellement d'attendre pour qu'ils restent stables, les Titans les avaient complètement encerclés. Il n'y avait aucune chance qu'ils s'échappent. C'était réussir ou mourir.

— Feu, hurla-t-il finalement

Et feu ils firent, les fusils crachèrent une grêle de plomb dans les orbites des créatures, les aveuglants sur le coup. Avec détermination, les huit soldats sautèrent des chevrons et frappèrent leurs cibles aussi fort que nécessaires. Six Titans tombèrent au sol, morts. Malheureusement, Connie et Sasha ne furent pas assez efficaces, et leurs titans se retournèrent pour les regarder fixement.

— Je suis vraiment désolée, dit nerveusement Sasha en reculant terrorisée. Je ne voulais pas me faufiler derrière vous.

— Oh, merde, jura Connie.

Amos réagit au quart de tour.

— Mikasa !

Les deux meilleurs cadets de la promotion activèrent leurs grappins et tranchèrent les nuques des titans restant avant qu'ils ne bectent leurs camarades.

Une fois retombé sur ses pieds, Amos se permit un authentique soupir de soulagement, tandis que Mikasa ordonnait à Sasha de se relever.

— Merci mec, lâcha Connie en posant une main sur son coeur pour ralentir ses battements, je t'en dois une.

— Pas de souci, répondit-il avant de se tourner vers leurs camarades du monte-charge : c'est bon, les titans sont morts, faites le plein ! On se tire de ce merdier une bonne fois pour toute !

Il lâcha un sourire amusé en voyant Marco manquer de s'évanouir, le reste des recrues exulta de bonheur.

Amos se trouva un coin tranquille ou remplir ses réserves de gaz, Armin et Mikasa vinrent s'asseoir à côté de lui.

— Tu devrais avoir plus confiance en toi, Armin, sourit-il en chargeant sa bonbonne, c'est en très grande partie grâce à toi qu'on a réussi à sauver tant de nos camarades.

Le petit blond rougit face à ce compliment, mais il finit par secouer la tête.

— Je me serai fait bouffer sans toi, répondit-il un peu honteux, j'étais recroquevillé dans une rue en attendant que la mort vienne me cueillir quand tu es venu me secouer les puces. Sans toi… on serait encore sur ce toit, ou on serait morts… Et Eren serait mort pour rien.

Mikasa se crispa sur sa bonbonne, elle avait fait la même chose, et Amos était venu la ramener à la réalité elle aussi.

— Moi aussi j'ai fait des erreurs Armin, soupira-t-il en baissant les yeux, j'en ai fait plein, et toute mon escouade ainsi qu'un grand nombre de nos camarades y sont restés. Ça ne sert à rien de ressasser et de regretter le passé, on ne peut qu'en apprendre pour améliorer le futur.

Le petit blond laissa échapper un sourire, avant de se mettre à recharger sa deuxième bonbonne.

— Tu sais… je ne pense pas que tu sois un connard.

Il haussa un sourcil interrogateur, Mikasa se pencha en avant, un peu surprise de l'entendre dire cela.

— Tu aurais pu rejoindre les murs dès le signal de la retraite, pourtant tu as tout de suite décidé d'aller aider les autres, tu les as guidé, tu les as encouragé et mené en sécurité. Je pense que tu ferais un super officier.

— Je les ai abandonné, contra Amos en remplissant sa deuxième bonbonne, quand je les ai mené au QG je les abandonné pour aller sauver Mikasa.

Cette dernière écarquilla les yeux, avant de baisser la tête.

— Ce n'est pas une décision que je regrette, clarifia-t-il, à la base on avait besoin d'elle pour nous débarrasser des titans à l'extérieur. Mais ils avaient tous confiance en moi en tant que leader, ils avaient placé leurs espoirs et confiances en moi et je les ai lâché au pire des moments. Au final ça s'est bien passé, ils n'ont pas l'air d'avoir remarqué que je m'étais tiré et on a pu tous s'échapper, mais il n'en reste que je suis parti.

Un silence un peu gêné s'ensuivit, et ils finirent de faire le plein avant de se diriger vers la sortie, cependant Mikasa arrêta Amos en posant une main sur son épaule.

— Pourquoi est-ce que tu es revenu ?

— Mikasa, on a pas le temps…

— Pourquoi ? insista-t-elle. J'ai refait la même erreur, j'ai remis mes camarades en danger en laissant mes émotions prendre le dessus. Je ne mérite pas ton pardon, alors pourquoi est-ce que tu es revenu ?

Amos laissa échapper un profond soupir de tristesse, avant de relever la tête de l'orientale par le menton.

— Mikasa… C'est moi qui ne mérite pas ton pardon.

La jeune fille écarquilla les yeux, choquée par la sincérité de ses paroles.

— Je savais ce que tu allais faire, lâcha-t-il impassible, je le savais et je ne t'ai pas arrêté… Ce coup de boule j'aurais dû te le mettre avant qu'on ne parte pour le QG, mais j'ai hésité et tu as failli en payer le prix. Certains de nos camarades ont payé le prix ultime pour cette erreur, mais je ne peux pas le savoir parce que je n'ai pas cessé d'avancer. Je n'ai même pas eu la décence de les regarder mourir.

Mikasa ne répondit pas, elle n'était pas sûre de comprendre comment il avait en pu arriver à cette conclusion.

— Toute mon escouade s'est faite liquider, dit-il en renâclant amèrement, tout ça parce que j'ai pris leurs vies et leurs obéissances pour acquis sans même prendre en compte leur état émotionnel. Encore une erreur stupide qui a fait couler du sang inutilement. Et si encore ce n'était que ça… mais j'avais déjà commis une erreur pareille il y a des années et j'ai préféré me déchaîner sur toi plutôt que de me remettre en question.

L'orientale fronça les sourcils, l'encourageant ainsi à en dire plus.

— L'exercice de survie… clarifia-t-il avant de baisser légèrement les yeux, je savais ce qui allait se passer. Je savais qu'ils allaient prendre des otages, qu'ils allaient prendre Eren en otage, mais plutôt que de te prévenir et de t'expliquer comment on allait les sauver je m'attendais simplement à ce que tu m'obéisses. Je… Je suis désolé… Vraiment désolé… Je n'aurais jamais dû te faire tant de reproches alors que j'étais aussi responsable que toi… C'est moi qui ne mérite pas ton pardon…

Elle ne répondit pas, c'était la première fois qu'elle le voyait ainsi, honteux et désolé. Elle n'était pas sûre d'avoir tout comprit, car à ses yeux elle était responsable de ses propres erreurs.

— Qu'est-ce que vous fichez ?! cria Jean en les voyant lambiner. Allez on se taille !

— On arrive, répondit Amos avant d'adresser une dernière parole à Mikasa : cela n'arrivera plus jamais, je sais désormais ce que j'ai à faire.

L'orientale fronça les sourcils, encore une phrase qu'elle n'avait pas comprise, elle hocha la tête cependant et lui emboita le pas.

— Bon ! reprit Amos plus fort à l'adresse des autres cadets. Je pense que je n'ai pas besoin de vous le dire deux fois, mais je préfère être sûr : grimper sur les murs pour rejoindre l'armée principale ! Mais faites attention aux titans, ce serait trop con de mourir maintenant ! Allez, tirons-nous !

Les cadets furent bien trop heureux de lui obéir, et s'envolèrent sans s'arrêter vers leur liberté tant désirée. Amos et Mikasa restèrent en retrait cependant, et se dirigèrent vers un point en hauteur afin de voir ce qu'il était advenu de leur allié providentiel.

— Mikasa ? Amos ? appela Armin en les rejoignant. Qu'est-ce que vous faites ? Nous devons partir maintenant !

— Regarde, dit la jeune fille sans détourner les yeux.

Ceux du petit blond s'écarquillèrent d'horreur alors qu'il regardait deux Titans de treize mètres bloquer le rebelle contre. Eux, un sept mètres et un quatre mètres s'acharnaient à essayer de dévorer son corps.

— Pourquoi est-ce qu'il le cannibalise, questionna Armin alors que le rebelle rugissait de douleur. Il ne peut pas se régénérer comme les autres ?

— Il est peut-être à court de jus, théorisa Amos, on n'a jamais pu affronter un titan assez longtemps pour le voir se fatiguer. Une telle capacité régénératrice a sans doutes des limites.

— Ça pourrait vous paraitre stupide, mais j'espérais qu'il serait la clé pour nous, admit Mikasa. Qu'il aiderait l'humanité à briser le cycle. Renversez la tendance assez longtemps juste pour nous donner une lueur d'espoir.

— Elle a raison, acquiesça Reiner alors que lui, Bertholdt, Annie et Jean les rejoignaient sur le toit. Il est trop précieux pour le laisser mourir. Il y a trop de choses que nous pouvons apprendre de lui. Je pense qu'on devrait le débarrasser de ses charognards.

— Je suis d'accord, approuva Amos, il nous a été beaucoup trop utile pour qu'on l'abandonne. Qui sait ? Il y a peut-être un moyen de le domestiquer…

Jean n'en croyait pas ses oreilles.

— Vous avez pété un boulon ou quoi ? On a enfin le moyen de se tirer de ce merdier et vous voulez risquer vos vies pour avoir un titan comme animal de compagnie !

— Penses-y, Jean, répondit Annie. Avoir un déviant comme allié serait un avantage incroyable, non ?

Jean ne pouvait pas croire ce qu'il entendait.

— Non mais vous vous entendez parler ? C'est pas un chien de chasse ! C'est un putain de titan !

Armin haleta soudainement, attirant l'attention sur lui. Il pointa une autre créature du bout de l'épée.

— Ce titan… c'est le Déviant qui a bouffé Thomas.

Comme s'il l'avait entendu, le rebelle laissa éclater sa rage, renversa les titans qui le maintenait prisonnier, et chargea la créature identifiée par le petit blond en rugissant bruyamment. Ses bras furent arrachés par les titans qui s'y étaient accroché, mais il ne s'arrêta pas de courir pour autant. Il mordit violemment la nuque de sa cible, avant de le soulever de terre à la seule force de sa mâchoire. Un son croquant indiqua qu'il avait écrasé son point faible, le tuant. Voyant un Titan tenter de l'attaquer par derrière, il y jeta lui corps sans vie en pleine figure, le renversant dans un bâtiment.

— Putain de merde, murmura Jean.

Avec un dernier rugissement, le Titan rebelle tomba à genoux et s'écrasa au sol, apparemment mort.

— Bon, et bah je pense qu'il n'est plus nécessaire d'en parler, conclut Kirstein. Tirons-nous pendant qu'on le peut encore. Ce monstre n'est pas un allié, un titan reste un titan.

— Il y a quelque chose dans sa nuque ! s'exclama Amos stupéfait.

— Hein ?

Les yeux de chacun des cadets s'écarquillèrent les uns après les autres en suivant le regard du grand blond.

Au milieu de la vapeur que le cadavre émettait, ils pouvaient voir un garçon aux cheveux châtains, un garçon qu'ils connaissaient tous.

— Me dite pas… commença Jean estomaqué… me dites pas que c'est Eren… ?

Mikasa s'élança immédiatement vers le sol, puis elle courut vers lui, portée par un espoir fou. Amos la suivit de près. L'orientale enlaça le garçon dès qu'elle fut à portée, il était là dans ses bras, elle abaissa sa tête contre sa poitrine, elle pouvait les entendre ! Ils étaient réels ! Les battements de son cœur…

Mikasa fondit en larmes, elle pleura et pleura encore et encore sans la moindre retenue, c'était trop beau, c'était un miracle, il était vivant, vivant !

Amos conserva son calme malgré sa stupéfaction, il s'approcha en ignorant les sanglots de l'orientale, prit le pou du jeune homme à son tour, avant de lui ouvrir un oeil pour constater que sa pupille n'était pas dilatée.

— Il est exténué, nota-t-il en s'efforçant de contenir son émerveillement, mais à part ça il a l'air indemne…

Nox avait beau se creuser la tête, il n'avait pas la moindre idée de comment une telle chose était possible, et même s'il avait un million de questions, il n'avait pas le temps de les poser.

— Mikasa, souffla-t-il un peu contrarier de la déranger, il avait vraiment le sentiment d'espionner un moment intime. Il faut qu'on le mette à l'abri, d'autres titans pourraient arriver.

Cet avertissement suffit à la ramener à la réalité, elle avait perdu Eren une fois, elle refusait de le perdre à nouveau, plus jamais elle ne le perdrait.