NA : Hello, avant de commencer ce chapitre je tenais à remercier tous ceux qui follow, fav et surtout review cette histoire. ;)

J'ai remarqué récemment que toutes les fanfics qui mettent en scène une romance entre Mikasa et un autre personnage ou un OC passent par la destruction de sa relation avec Eren, voire la destruction totale du personnage d'Eren, qui finit souvent par se faire remettre au second plan, ce que je trouve incroyablement stupide. Un peu comme la "romance" entre Eren et Mikasa dans le manga qui est la définition même de la toxicité. Leur relation fraternelle et leur histoire commune sont trop importantes pour être détruites, et leur relation qui finit par virer à la toxicité est vraiment débile.Du coup je vous l'annonce, Mikasa aura sa "vrai" romance (Pas avec Levi par contre, ça vous pouvez aller lire une autre fic, à mes yeux c'est incroyablement glauque voire répugnant de mettre ces deux-là ensemble.) J'aime bcp le perso de Mikasa, et je pense sincèrement qu'elle mérite quelqu'un, mais comme je l'ai dis plus haut, ce quelqu'un ne peut pas être Eren et certainement pas Levi. Du coup hésitez pas à me faire part de vos avis par review (vous n'avez pas besoin d'un compte pour en laisser une) ou par MP. Bonne Lecture.

Chapitre IX : Le Noble Éclaireur

— Je suppose que tu es fier de toi ?

Le Premier Ministre et son petit-fils étaient au milieu d'une intense partie d'échecs dans le bureau du Patriarche, au sein même de leur Manoir.

— Et pourquoi ne le serai-je pas ? demanda le jeune homme en prenant la tour adverse. C'est la première défaite politique que je vous inflige, la première que vous devez essuyer après six ans d'invincibilité. Je pense que j'ai le droit de savourer ce moment.

— Ce n'est pas la performance que je critique jeune sot, mais la raison derrière elle.

Sur ces mots, il cloua la Dame de son petit-fils, ce dernier riposta en forçant le Roi adverse à reculer.

— Que diable cela puisse-t-il vous faire qu'un type puisse se transformer en titan ?

— Ne me prends pas pour un imbécile Amos, coupa le Premier Ministre d'une voix mécontente, je ne parle pas de Jaeger, mais de ton nouvel uniforme.

Le grand blond s'autorisa un sourire tout en contemplant les ailes de la liberté sur son coeur.

— Ah oui, je suppose que je vous dois des remerciements.

Lord Hannibal releva la tête pour percer de ses yeux de saphir, les yeux d'émeraude du jeune homme.

— Quelle folie t'as possédé pour prendre une décision aussi grotesque que celle-ci ?

— Ce n'est point la folie qui m'a poussé à prendre cette décision mais la raison.

— Voyez vous cela ?

— Mais oui.

Amos effectua une fourchette avec son cavalier restant pour s'emparer de la dame de son grand-père, celui-ci se résolu à sacrifier un fou pour équilibrer les pertes.

— Le trône est à nous, vous l'avez gagné malgré le pitoyable Roi que vous y avez placé. La Capitale toute entière répond de nous, la noblesse est à nos pieds, expliquez-moi ce qu'il reste à faire ici ?

— Gagner tout ce pouvoir était la partie facile, grinça le Premier Ministre en déployant sa dernière tour, le conserver sera le réel défi. Ton réel défi, un défi que tu ne pourras relever si tu perds ton temps à vagabonder hors des murs.

— Ce défi dont vous parlez sera le cadet de nos soucis si jamais nos murs finissent tous percés, contra Amos en avançant un pion. Croyez-vous que je me sois engagé avec les éclaireurs afin de fuir mes responsabilités ? C'est tout l'inverse figurez-vous, je m'y suis engagé pour défendre les intérêts de la famille.

— Tu n'avais nul besoin de le faire. Nous avons des soldats pour ce travail, ta vie a bien plus de valeur qu'un million de ces moutons.

— Et qu'en est-il de la leçon : « si tu veux que quelque chose soit bien fait, fais-le toi-même » ?

— Amos, prévint Lord Hannibal d'un ton ferme.

— Expliquez-moi en quoi l'extérieur est plus dangereux que l'intérieur. À la cour je suis forcé de prévenir deux tentatives d'assassinat par semaine. Une dague et une coupe de poison sont tout aussi mortels que des mâchoires géantes. Et contrairement à l'intérieur, je peux tuer les ennemis de l'extérieur en toute impunité.

Lord Hannibal ne répondit pas, il usa de son dernier fou pour tenter de prendre le Roi d'Amos dans un étau avec le pion qu'il s'apprêtait à transformer en dame. Malheureusement, il en oublia le dernier cavalier de ce dernier qui couvrit l'assaut de sa tour, la seule échappatoire du Roi étant couverte par un pion, cela ne signifiait qu'une seule chose :

— Échec et mat, annonça le jeune homme avant de relever la tête, et si vous me disiez ce que vous attendez de moi à présent ? Je sais que vous ne m'avez pas convoqué simplement pour me faire des remontrances.

Le Premier Ministre ne répondit pas tout de suite, il fixa le plateau d'un regard pensif, avant d'observer son petit-fils.

— Tu es meilleur que je ne l'étais à ton âge, commenta-t-il, et plus déterminé que je ne l'ai jamais été.

Il avala une lampée de vin, avant de poursuivre :

— Est-ce que la bâtarde rejoindra également le Bataillon ?

— « La bâtarde » a un nom, grinça le grand blond.

— Qui ne sera pas prononcé dans cette maison, maintenant réponds à ma question.

— Oui.

— Je vois…

Il finit sa coupe d'une traite, avant de fixer son petit-fils dans les yeux.

— Voici ce qui va se produire Amos, dit-il d'une voix calme et intransigeante, tant que tu seras un éclaireur, les affaires de la famille ne te concerneront plus. De même tu n'auras plus accès à la fortune familiale, ni à nos différentes demeures et tu ne pourras plus commander le moindre brigadier. Et surtout, ne t'attends pas à apprendre davantage de secrets familiaux. En d'autres termes, considère tous les privilèges que tu dois à ton statut comme suspendus.

Le jeune homme grinça des dents, mais acquiesça néanmoins.

— Puis-je emporter une certaine quantité de matériel ? Après tout cela servira à optimiser mes chances de survie.

Ce fut au tour du vieil homme de grincer des dents avant d'acquiescer.

— J'ai entendu dire que tu avais invité la fille de Lord Syral a « prendre le thé », reprit ce dernier.

— C'est exact.

— As-tu l'intention de l'épouser, ou l'as-tu simplement emmené dans ton lit pour me nuire ?

— N'exagérez rien, une autre Ackerman me sera d'une grande utilité.

Lord Peter n'était pas intéressé par ses justifications.

— Donc tu n'as pas l'intention de l'épouser… et pourtant tu as pris le risque de l'engrosser… Cela me surprend venant de toi.

— Me croyez-vous donc si imprudent au point de ne pas penser à assaisonner son thé et son vin ? demanda le jeune homme légèrement vexé.

— Je vois… pourquoi ne ferions-nous pas un compromis toi et moi ?

Amos détestait ce mot, l'on dit que la politique est l'art du compromis, mais le « compromis » en question sera toujours plus avantageux pour un politicien plutôt qu'un autre.

— Que voulez-vous ?

Lord Hannibal ne répondit pas immédiatement, et se servit une nouvelle coupe de vin qu'il sirota paisiblement.

— Je serai prêt à te rendre tes privilèges, tout en te laissant galoper avec tes roturiers de camarades, à la seule et unique condition que tu te fiances avec une jeune fille digne de porter la prochaine génération de notre famille. Une jeune fille qui devra obtenir mon approbation.

Amos serra les poings, il redoutait le jour de son mariage plus encore que le jour de sa mort. Et pourtant il avait toujours su qu'il devait passer par cette étape, il aurait simplement préféré avoir plus de temps.

— C'est d'accord.

— Bien, sourit Lord Hannibal avant de lui indiquer la sortie, déguerpit à présent. Si être un éclaireur t'importe tant, il ne serait pas correct pour toi de faire attendre tes supérieurs.

Le jeune homme se leva pour prendre la direction de la sortie, avant d'être interpelé par son grand-père :

— Une dernière chose, si tu oses faire honte à notre famille en revenant des expéditions mutilé et abattu comme un chien sous les yeux de la populace, tu peux être certains que la bâtarde à laquelle tu tiens tant se retrouvera sur le marché des esclaves concubines des Souterrains.

Amos se paralysa sur place, avant de se mettre à trembler de haine de la pointe des orteils jusqu'au sommet du scalp. Il incendia Lord Hannibal d'un regard possédé par la prédation, mais ce dernier se contenta de siroter son vin en l'ignorant.

— Sors de ce Manoir à présent, tu n'y es plus le bienvenue.

(-)

Fort heureusement, Lord Hannibal ne fut pas cruel au point de lui interdire d'utiliser une carriole pour transporter ses affaires et de prendre des chevaux de l'écurie familiale. En revanche, il n'aurait pas droit à une escorte, ce qui ne le dérangeait pas du tout.

Étant donné que la seule raison pour laquelle on lui avait permis de rejoindre les éclaireurs était de s'assurer qu'Eren ne se rebelle pas, il était forcé de rester à ses côtés en dehors des expéditions. C'est pourquoi il était en chemin pour rejoindre l'Escouade Levi, dans l'ancien siège des Bataillons d'Exploration derrière le Mur Rose.

Lorsqu'il aperçu finalement le château après plusieurs heures de voyage, il remarqua les deux éclaireurs qui étaient en train de nettoyer les vitraux du bâtiment. Ceux-ci lui firent un signe de la main.

Il alla déposer ses chevaux à l'écurie après avoir laissé la carriole dans une grange, et commençait à décharger lorsque le Capitaine Levi vint à sa rencontre.

— Bonjour Capitaine, salua-t-il en se frappant le coeur.

— Repos, on est en plein ménage et il y a beaucoup de surface à couvrir. Tu t'installeras quand on aura terminé, pour l'instant va aider Eren à nettoyer le dernier étage. S'il reste une seule trace de crasse vous recommencerez entièrement.

— Reçu.

— Va voir Petra pour le matériel, c'est la femme au deuxième. Et essuie-toi les pieds avant d'entrer, tu nettoieras tout ce que tu laisseras trainer.

— À vrai dire, répondit Amos en saisissant un sac en toile, j'ai apporté mon propre matos, j'aurais juste besoin d'un balais.

Levi haussa un sourcil intrigué.

— Fais moi voir ça.

Une fois le sac ouvert, le capitaine des éclaireurs vérifia la qualité de l'équipement du noble, sans surprise, tous les produits nettoyants étaient de première catégorie.

— N'espérez pas un réapprovisionnement par contre, précisa ce dernier, mon grand-père m'a coupé les vivres tant que je serai éclaireur.

L'officier ne répondit pas, et le regarda droit dans les yeux.

— T'as du savon ?

Amos sourit et plongea la main dans la poche intérieure de sa veste.

— Au lait d'amande douce, précisa-t-il en lui tendant le pain beige, pour me faire pardonner de la flaque d'urine.

Levi grimaça de dégout en repensant à ladite flaque, avant de tourner les talons.

— Considère-toi comme pardonné, va chercher ton balais auprès de Petra et va aider Eren.

— Reçu.

Ladite Petra était en train de balayer le sol d'une des chambres du second étage, Amos toqua à la porte pour signaler sa présence.

— Bonjour, salua-t-elle en abaissant son foulard pour lui sourire, Petra Ral.

— Amos Hannibal, répondit-il en lui serrant la main, le Capitaine Levi m'a demandé de m'adresser à vous pour m'équiper avant d'aller aider Eren.

— Il y a un balais, une balayette et des chiffons dans le cagibi au fond du couloir à droite. Pour ce qui est des produits ménagers…

— J'ai amené les miens, rassura-t-il en exhibant le sac en toile, j'avais juste besoin d'un balais et de quoi me couvrir le visage.

— Je vois, répondit la jeune femme en fronçant légèrement les sourcils, Eren nous avait dit que tu avais toujours un coup d'avance.

— Ah ? fit le blond un peu gêné. Et qu'est-ce qu'il vous a dit d'autre ?

— Qu'il ne comprenait pas comment un type comme toi pouvait être noble, lui répondit-elle en souriant, ou pourquoi les nobles n'étaient pas tous comme toi. Il a beaucoup d'admiration pour toi j'ai l'impression.

Cette fois Amos était vraiment embarrassé, mais il était également rassuré de savoir que son statut ne gênait pas le Rebelle plus que ça.

— Alors c'était vrai, dit une voix agressive.

Le jeune homme se retourna pour découvrir un homme proche de la trentaine avec un regard hautain et une mine qui se voulait intimidante.

— Oluo, grogna Petra, tu ne vas pas recommencer…

Ledit Oluo l'ignora pour se planter devant Amos et coller sa figure à un centimètre de la sienne, ce qu'Hannibal n'appréciait pas du tout.

— Écoute moi bien, nobliau, grinça l'éclaireur, ici personne n'en a rien à foutre de ton statut ou de qui est ton grand-père. Si tu fais le moindre faux-pas, si tu désobéis à un ordre ou si tu essayes de nous prendre de haut, je te mettrais une raclée dont tu te souviendras toute ta vie, pigé ?

— Vous auriez beaucoup de succès dans un cirque, répondit simplement Amos avant de saluer Petra et de quitter la pièce.

Cette dernière fut prise d'une crise d'hilarité qu'elle étouffa dans la paume de sa main, tandis que son coéquipier restait planté sur place comme un idiot.

Une fois son balais en main et sa figure couverte, le noble monta les escalier, et trouva son camarade en train de nettoyer l'une des chambres du dernier étage.

— Yo ! lança-t-il depuis le seuil de la porte.

Eren sursauta en l'entendant et fit volte-face avec la rapidité d'un serpent.

— Putain, Amos, lâcha-t-il en essayant de ralentir son rythme cardiaque, tu m'as flanqué les jetons.

— Désolé, répondit le noble en déposant son sac, le Capitaine Levi m'a demandé de venir te filer un coup de main.

Le natif de Shiganshina eut l'air légèrement surpris.

— Je ne savais pas que tu avais été intégré à l'escouade.

— Ce n'est pas le cas, corrigea Amos en se saisissant d'un chiffon, mais souviens-toi que techniquement, j'ai rejoins le Bataillon pour éviter que tu ne fomentes une rébellion. Donc je suis supposé garder un oeil sur toi en dehors des expéditions.

Eren semblait déçu d'entendre ça, il poussa un soupir avant de se retourner pour continuer de balayer.

— Sérieusement, renâcla-t-il, s'ils avaient eu peur que je les bouffe à la limite j'aurais compris… Mais tout ce qu'ils craignent c'est de perdre leurs petits privilèges…

— Que veux-tu ? dit Amos en haussant les épaules. Certaines personnes n'ont pas le sens des priorités. Tu ne m'entendras pas m'en plaindre, c'est grâce à leur paranoïa que j'ai pu rejoindre le Bataillon.

Eren laissa échapper un sourire.

— Ouais, au moins ça aura servit à quelque chose.

Les deux garçons passèrent le restant de l'après-midi à nettoyer de fond en comble le dernier étage du bastion, n'obtenant l'approbation du Capitaine Levi qu'à la nuit tombée. Permettant ainsi au noble d'aller finalement décharger ses affaires avec l'aide du Rebelle.

— Y'a quoi là-dedans ? demanda Eren en montant les escaliers tout en portant une lourde caisse.

— Du matos, répondit mystérieusement le noble, c'est tout ce que j'ai pu emporter avant que mon grand-père ne me foute dehors.

Le natif de Shiganshina frissonna en se remémorant le regard de saphir de Peter Hannibal, il déglutit avant de demander :

— Est-ce qu'il était vraiment si furieux contre toi ?

Amos poussa la porte de la pièce qui serait sa chambre avant de déposer son chargement sur le sol. À côté des douze autres.

— Mon grand-père n'est pas ton affaire, Eren, mais la mienne. Ne te préoccupes pas de lui ou de ce qu'il pourrait faire, et concentre toi plutôt sur l'entrainement que tu subiras ces trente prochains jours.

À ces mots, le Rebelle se raidit légèrement avant de baisser la tête. Le noble haussa un sourcil.

— Ça va ?

— Oui, oui, répondit-il trop vite.

Amos roula des yeux, avant de poser une main rassurante sur son épaule.

— Tu sais, je ne suis peut-être plus Amos Nox mais je reste le Conseiller. Qu'est-ce qui te tracasse ?

Le natif de Shiganshina hésita un instant, avant de pousser un très long soupir.

— Je suis un peu tendu, admit-il finalement, je veux dire, je devrai être heureux. Je suis un éclaireur, j'ai intégré la meilleure escouade du Bataillon, j'ai le pouvoir d'exterminer les titans, mais…

— Mais tu croules sous la pression, acheva le grand blond, et tu crains de ne pas être à la hauteur des espoirs placés en toi.

Jaeger déglutit, avant de baisser la tête.

— Eren, reprit Amos, grâce à toi l'Humanité a pu vaincre les titans pour la première fois de son histoire. C'est plus qu'un exploit dans le coeur des gens, c'est un foutu miracle. Résultat : il te prenne pour leur sauveur descendu du ciel et attendent déjà le prochain miracle.

Quelque chose de plus impressionnant encore, comme la reconquête de Maria. Qui sait ? Peut-être qu'ils s'attendent même à ce que tu réussisses à décrocher la Lune un de ces jours. Mais est-ce que leur opinion importe vraiment ?

Eren fronça les sourcils. Il réfléchit à la question, mais il craignait de donner une mauvaise réponse.

— Laisse-moi répondre à ta place : non, il n'importe pas. Tu n'es pas un Dieu qui réglera chacun de leur problème, tu es un soldat avec une capacité hors du commun, rien de plus, rien de moins. Les opinions qui importent sont ceux du Major Erwin ou du Capitaine Levi, ni l'un ni l'autre n'est assez stupide pour croire que tu vas régler tous leurs problèmes. Tu es un atout de plus, c'est indéniable. Ils sont suffisamment intelligents pour mesurer tes limites, inutile donc de chercher à en faire trop. Pour l'instant il faut que tu en apprennes plus sur ton pouvoir, que tu apprennes à mieux le contrôler afin de servir les plans du Major. Mais tu as le droit de faire des erreurs, c'est comme ça qu'on apprend. Au final on te demandera de faire ce que font tous les soldats : donner tout ce que tu as et obéir aux ordres.

Eren sentit une partie de la pression qu'il avait ressentit jusque là s'atténuer, il poussa un léger soupir de soulagement.

— Oï !

Les deux garçons se mirent automatiquement au garde à vous lorsque le Capitaine Levi fit connaître sa présence.

— Si vous avez fini de décharger, venez dans la salle à manger. L'escouade prend toujours ses repas ensemble, et les bleus cuisinent pour leur premier jour. Si vous fichez le bordel dans la cuisine vous la nettoierez quatre fois d'affilée, compris ?

— Oui !

Sur ces mots, les adolescents partirent s'acquitter de leur tâche au pas de course. Mais Levi fronça les sourcils et fixa le dos d'Amos du regard.

(27 heures plus tôt)

— Hm ? fit Levi en levant le nez de son thé. Tu penses qu'Hannibal Junior est un infiltré ?

— Je n'ai pas dit ça, corrigea Erwin en regardant l'horizon à travers sa fenêtre, mais sa présence est trop inédite pour être ignorée. La Noblesse a toujours cherché à nuire au Bataillon d'Exploration depuis sa création même, qu'un des leurs rejoigne nos rangs est déjà ahurissant, mais nous parlons là de l'héritier de la plus puissante famille de l'Humanité. Selon Pixis, ce garçon est diablement intelligent, et son mode opératoire est trop chirurgicale pour que nous ayons affaire à un idéaliste. Alors pourquoi nous a-t-il rejoint ? Et surtout, pourquoi son grand-père ne l'a-t-il pas empêché ? Selon Zackley, Lord Hannibal rêve d'avoir un héritier digne de ce nom depuis cinquante ans, et alors qu'il l'a finalement trouvé en la personne d'Amos, il serait prêt à le laisser filer ? À prendre le risque de le laisser mourrir ? Ça ne colle pas.

Levi prit calmement une gorgée de son thé, avant d'hausser un sourcil interrogateur.

— Et qu'est-ce qui pourrait coller, alors ?

— Ça je ne sais pas encore, répondit le Major en se retournant, je voudrais que tu gardes un oeil sur lui pendant le mois qui suivra. Ses exploits à Trost et sa performance au tribunal lui ont valu le bénéfice du doute, mais il nous faut faire preuve de la plus grande prudence. Amos Hannibal a la confiance et l'admiration d'Eren, il est impératif que notre nouvel atout ne perde pas de vue notre objectif. Dans le meilleur des cas, je me fais du souci pour rien, et sa présence ainsi que son influence ne sera que bénéfique pour nous. Dans le pire des cas… Nos nouvelles recrues et notre nouvel atout se retourneront contre nous et nous détruiront de l'intérieur. Dans ce cas-là tout sera perdu.

Levi grimaça à cette perspective et reposa sa tasse de thé.

— On peut toujours le balancer dans la gueule d'un titan et prétendre qu'il est mort au combat.

— Nous ne tuons pas les nôtres sur des présomptions, répondit Erwin en secouant la tête, et nous ne survivrions pas à la fureur de Lord Peter. Tout ce que je te demande c'est de garder un oeil sur lui, s'il nous prouve sa valeur et son dévouement comme il l'a fait avec Pixis alors il ne sera pas nécessaire de lui refuser notre confiance. En attendant qu'il nous donne une raison de le considérer autrement, il est notre camarade et devra être traité comme tel.

— Comme tu veux Erwin, répondit simplement Levi en finissant son thé. Je me fies à ton jugement.

(Présent)

—« S'il sait gérer Eren ça nous enlèvera une épine du pied. Je dois juste m'assurer qu'il ne le baratine pas ou qu'il ne tente rien. »

Amos perçut le regard inquisiteur que Levi lançait dans son dos grâce au reflet d'une vitre.

— « Pas de haine réelle, un soupçon de mépris, et une méfiance de tous les diables… C'est pas si mal, je m'attendais à pire.»

(-)

— Échec et mat, annonça Amos depuis la table de la salle à manger.

Petra grinça des dents en admettant sa défaite une fois de plus, lorsqu'Eren lui avait parlé de la passion de son ami pour les échecs, elle avait insisté pour jouer quelques parties contre le noble. Mais ce dernier était tout simplement beaucoup trop fort pour elle, en témoignait les quatre parties qu'elle avait perdu à la suite.

— Hé bah… soupira-t-elle en renversant son roi. Tes stratégies sont impitoyables, je n'avais pas la moindre chance.

— Ne soyez pas si dur avec vous-même, rassura Amos avec un sourire, dites-vous qu'il m'a fallu perdre 1748 fois contre mon grand-père avant d'atteindre un tel niveau.

— « Armin me manque. »

Petra écarquilla les yeux devant le chiffre ahurissant que lui avait présenté le jeune homme.

— Pourquoi avoir fait autant de parties ? Quel était le but ?

— « Un esprit est comme une épée, si tu ne l'aiguises pas régulièrement il te fait défaut,» récita-t-il fidèlement. Non pas que mon grand-père ait jamais tenu une épée de sa vie, mais vous voyez l'idée.

Levi observait la scène avec un semi intérêt, le noble était poli, souriant et social. Il obéissait aux ordres sans broncher ou faire de commentaires, il cuisinait bien, il savait faire le ménage et le thé, il était charmant avec Petra, respectueux avec Eld et Gunther, direct avec Oluo, et amical avec Eren. Un garçon facile à apprécier, à qui il semblait possible de faire confiance.

Du point de vue du capitaine des éclaireurs, il empestait la fausseté. Il était beaucoup trop gentil et appréciable pour ne rien cacher. Les parties d'échecs s'étaient révélées bien plus instructives à son sens, le grand blond s'était montré impitoyable avec Petra. N'hésitant pas à lui faire payer la moindre erreur cash. L'on pouvait dire la même chose concernant ses réactions aux singeries de Bozado, Amos humiliait ce dernier avec humour chaque fois qu'il tentait de se montrer intimidant ou qu'il tentait de se mettre sur un piédestal. Malgré son jeune âge, l'héritier de la maison Hannibal n'était pas quelqu'un à prendre à la légère.

— On va probablement devoir rester en stand-by quelques jours le temps que les autres arrivent, informa Eld en s'asseyant autour de la table, par contre j'ai entendu dire qu'une expédition a grande échelle aurait lieu dans une trentaine de jours, et que les nouvelles recrues y participeraient.

Amos haussa un sourcil intéressé, enregistra l'information, et continua d'écouter.

— C'est vrai Eld ? demanda Gunther surpris. C'est pas un peu précipité ? Les nouveaux viennent à peine d'endurer le dernier assaut des titans.

— Ces morveux ont dû bien flipper, remarqua Oluo avec un sourire narquois.

Amos le foudroya de son regard de prédateur, faisant tressaillir l'éclaireur et attirant l'attention de Levi.

— C'est vrai Capitaine ? demanda Petra sans remarquer la prédation du noble.

Le concerné prit une gorgée de son thé tout en enregistrant l'étincelle dans les yeux du grand blond, avant de répondre :

— L'élaboration des plans ne me concerne pas. C'est le rôle d'Erwin, c'est un fin stratège, personne ne lui arrive à la cheville.

— « Tu veux parier ? » sourit Amos en sirotant sa boisson. « Le Major a dû deviner pourquoi le cuirassé n'est pas apparu, dans ce cas cela signifie qu'il a l'intention d'utiliser Eren comme appât pour capturer l'un des soldats ennemis. Il est impératif qu'Eren fasse de gros progrès d'ici l'expédition. »

— C'est sûr que la situation actuelle est particulière, dit Eld l'air songeur. Alors que les sacrifices faits en vue de la reconquête du Mur Maria semblaient vains, un nouvel espoir a jaillit de nul part.

Tous les regards se tournèrent alors vers Eren, qui se trémoussa sur sa chaise.

— « Lui foutez pas la pression comme ça, » grogna intérieurement le noble tout en gratifiant son camarade d'un sourire rassurant, « il faut déjà qu'il comprenne ce qui lui arrive avant d'être quoique ce soit. »

— J'ai encore du mal à y croire, reprit Eld, mais qu'est-ce que ça fait de devenir un titan, Eren ?

— Je ne me souviens pas bien de ces moments, répondit le jeune homme pensif, mais je sais que je suis hors de moi. Pour me transformer je dois mutiler, donc je me mords la…

Il s'arrêta, et écarquilla les yeux.

— « Mais au fait, comment je sais ça ? » réalisa-t-il.

Comme les regards sur le métamorphe se faisait plus insistants alors que celui-ci semblait plonger dans ses pensées, Amos décida de prendre la relève.

— La première fois qu'il s'est transformé j'ai pu assister directement à ses exploits, dit-il en s'assurant de capter toute l'attention avant de se retourner vers Eren. Tu ne t'en souviens peut-être pas et tu n'étais pas réellement conscient, mais tu étais totalement focalisé sur l'extermination des titans sans remarquer les humains autour de toi. Ton aptitude aux arts martiaux était ta meilleure arme, tu te mettais en garde comme Annie te l'avait appris et tu visais toujours la tête avant d'achever tes victimes en piétinant leurs nuques.

Il avala une gorgée de thé sous les regards intrigués de l'escouade Levi, avant de poursuivre :

— Par contre tu étais maladroit, ton équilibre était loin d'être parfait. J'imagine que c'est parce que tu as appris à te battre avec un corps humain, et que tu n'étais pas habitué à manipuler un corps de quinze mètres de haut. Et puis surtout tes coups étaient beaucoup trop puissants et hargneux, tu t'explosais les mains à chaque fois que t'en dégommais un. Tes capacités régénératrices étaient plus rapides que celles des titans normaux, mais je suppose que c'est une des raisons pour lesquelles tu es tombé d'épuisement. Tu as dû en abuser et tu mettais trop d'énergie dans chaque coup. D'abord il va falloir que tu maitrises parfaitement ta transformation, une perte de contrôle serait préjudiciable pendant une expédition. Après ça il faudra que tu réapprennes à faire des trucs basiques comme courir et te battre. Il faudra aussi mettre le paquet sur ton entrainement aux arts martiaux vu l'avantage qu'il représente par rapport aux autres titans…

— Tu n'es pas en charge de son entrainement, trancha Levi en le considérant d'un regard perçant.

Amos leva les mains en signe de défense.

— Mes excuses capitaine, je ne faisais que supposer et proposer.

Le soldat le plus fort de l'Humanité fronça les sourcils sous le regard surpris d'Eren.

— « On dirait que le capitaine Levi n'aime pas beaucoup Amos, est-ce que c'est parce qu'il est noble ? »

— Pour l'instant on s'en tient au rapport, reprit l'officier, et on prend les problèmes les uns après les autres sans poser de questions ou faire de suppositions.

Il jeta un dernier regard vers le noble qui le soutint, avant de boire une lampée de son thé.

— Mais ça m'étonnerait qu'elle, elle se taise, elle pourrait même tuer Eren en le manipulant.

Le concerné écarquilla les yeux de terreur, tandis que son ami fronçait les sourcils.

C'est alors qu'un projectile non-identifié percuta la porte barrée de la salle à manger, Petra se leva pour aller ouvrir et dévoiler l'identité de la victime.

— Bonsoir, grogna Hanji en se grattant la tête, escouade Levi, Amos.

— Bonsoir Chef d'Escouade Hanji, répondit le noble.

— Tu as fais vite, remarqua Levi sans se retourner.

— Je n'arrivais pas à tenir en place, se justifia-t-elle toute excitée avant de s'approcher du métamorphe. Désolée de t'avoir fait attendre, Eren. Je suis en charge des expériences sur les titans qu'on a capturé, et je voulais que tu m'aides demain si tu es d'accord.

— Des expériences ? demanda le jeune homme confus. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?

À ces mots, la scientifique se mit à rougir et à baver.

— Tu vas faire des choses vraiment très excitantes, haleta-t-elle en tremblant littéralement d'excitation.

— « Putain, cette femme est barge, » songea Amos écoeuré, « on dirait qu'elle s'apprête à organiser une orgie avec Eren et des titans. »

Ce dernier n'était pas rassuré, aussi il tenta de trouver une justification pour échapper à cela :

— Je ne peux pas vous donner mon consentement, ce n'est pas moi qui décide de ce que je peux faire ou non.

— Levi, appela Hanji en se tournant vers le capitaine, tu as prévu quoi pour Eren demain ?

— Le nettoyage du jardin.

Amos lui jeta un regard consterné, était-il le seul à penser que le métamorphe devait commencer son entrainement le plus tôt possible ? Ils n'avaient que trente jours avant l'expédition. Levi lui rendit un regard signifiant qu'il se fichait de ce qu'il pensait.

— Parfait, s'exclama la scientifique ravie, alors c'est décidé ! Je compte sur toi demain Eren.

— Heu… d'accord, finit-il par concéder avec gêne, mais en quoi consiste ces expériences sur les titans ?

— Ne lui demande pas, avertit Auruo entre ses dents.

Hanji laissa échapper un espèce de souffle gutturale qui fit frémir les deux cadets présents.

— Ah, je le savais, j'ai lu sur ton visage que tu voulais savoir.

Aussitôt, Levi et son escouade se levèrent et sortirent de la pièce sans un regard en arrière. Amos jeta un regard désolé à Eren avant de les suivre, laissant le pauvre métamorphe seul avec la scientifique.

— Elle est tout le temps comme ça ? demanda-t-il une fois qu'ils furent dans le couloir.

— Oui, répondit Gunther en frissonnant, elle ne peut pas s'empêcher de crier son amour pour les titans à chaque occasion qui se présente.

— Hé bah… j'imagine qu'au moins elle prend son travail au sérieux, soupira le noble.

Ils amenèrent leurs tasses dans la cuisine pour les déposer dans l'évier.

— Hannibal, tu es de corvée de vaisselle, je veux qu'elles brillent pour le petit-déjeuner. Les autres vous pouvez aller vous coucher, les informa sobrement Levi.

Les membres de son escouade souhaitèrent la bonne nuit au noble qui leur rendit en retroussant ses manches. Une fois ses subordonnés partis, le capitaine ferma la porte et s'adossa contre celle-ci.

— Je me demandais quand vous alliez arrêter de me fusiller du regard dans le dos pour me dire ce que vous avez sur le coeur, dit le noble en regardant par dessus son épaule pour afficher un sourire perturbant.

Levi haussa un sourcil, avant de s'approcher du grand blond pour se planter à ses côtés.

— Dis-moi une chose, nobliau. Qu'est-ce que tu fous là ?

— La vaisselle.

— Ravale tes conneries, siffla l'éclaireur, et réponds.

La grossièreté du soldat le plus fort de l'humanité tapa rapidement sur les nerfs du jeune homme, il fit connaitre son mécontentement par une grimace agacée, avant de reposer la tasse et de se tourner pour faire face à son supérieur.

— Je peux savoir à quoi cela vous servirait de connaitre mes motivations ? Ou pourquoi vous faites preuve d'une telle animosité à mon égard ?

Levi n'était pas du tout impressionné par le regard ou la stature du noble, et ce bien qu'il faisait une tête de plus que lui, il lui botterait le cul cent fois si nécessaire.

— Écoute-moi bien, gamin. Si tu as l'intention de t'attaquer au bataillon je t'arracherai les couilles pour te les carrer dans la gorge. J'espère donc pour toi que tu n'es pas là pour nous poignarder dans le dos.

— Si je voulais m'attaquer au bataillon je ne vous aurais pas poignardé, je vous aurais empoisonné, répondit simplement le jeune homme en haussant les épaules. J'ai eu l'opportunité parfaite de le faire quand vous m'avez demandé de cuisiner.

Un brasier de colère s'alluma instantanément dans le regard de l'officier, Amos ne s'en inquiéta nullement.

— Franchement Capitaine, si je voulais détruire les éclaireurs, je n'aurais eu qu'à claquer des doigts et le problème aurait été réglé dans la matinée. Je connais toutes les faiblesses de vos meilleurs soldats. En aucune façon je n'aurais eu besoin de m'engager ou de rejoindre vos rangs. J'espère donc qu'au moins vous serez convaincu du fait que je ne suis pas ici pour vous nuire, sinon je l'aurais déjà fait.

Levi ne savait pas si c'était vraiment un argument recevable, il calma ses émotions et fixa le jeune homme dans les yeux.

— Et pourquoi devrai-je te croire ?

— Mais parce que j'ai éliminé ces faiblesses dont je parle, capitaine. Des faiblesses que certaines familles nobles gardaient sous la main pour le cas où le Bataillon se montrerait un peu trop gênant ou aurait des envies de rébellions.

L'officier haussa un sourcil, et croisa ses bras :

— Explique-toi.

— Très bien, commençons par Gunther et ses dettes de jeu.

Amos balaya le faible éclat de surprise dans les yeux de Levi d'un geste.

— Une erreur de jeunesse qu'il a malheureusement trainé pendant très longtemps, Lord Jévil étant le propriétaire du casino dans lequel il s'est ruiné, il était donc son créancier officiel. Mais il n'a jamais réclamé son dû et a gardé cette menace sous le coude en attendant le moment opportun. Fort heureusement pour Gunther, j'ai remboursé sa dette hier.

— Je croyais que ton grand-père t'avait retiré tes privilèges.

— Il a fait ça ce matin, je les avais encore hier.

Levi enregistra l'information, et examina plus attentivement le jeune homme face à lui. Qu'un noble puisse avoir eu un moyen de pression sur un membre de son escouade le mettait hors de lui, car il n'avait pas les moyens de régler ce genre de problème. C'est pourquoi il détestait la politique, ce n'était pas une bataille que l'on pouvait gagner à la force du poignet.

— Et qu'est-ce que tu as fais d'autres ?

— Oh, un tas de trucs, répondit Amos en haussant les épaules et en s'adossant contre l'évier les bras croisés, des livraisons de médicaments et des visites de médecins, des bourses pour les études des enfants, des donations de nourriture, des augmentations et des promotions pour de nombreux emplois, et un assassinat.

Levi fronça les sourcils.

— Comment ça un assassinat ?

— Je ne suis pas certains que vous teniez à connaitre les détails, dit le jeune homme avec une mine légèrement écoeurée.

— C'est moi qui décide ce que je veux savoir ou pas, répliqua le capitaine mécontent, accouche.

— Vous voulez vraiment connaitre le secret le plus sombre de Nanaba Starick ? demanda le noble en haussant les sourcils. Je vous préviens, je doute qu'elle ait envie que vous sachiez.

— Accouche, répéta Levi avec impatience.

Amos poussa un soupir.

— Nanaba Starick a été violée et battue à de nombreuses reprises par son père lors de son enfance, finit-il par révéler. Le bonhomme a finit en taule, mais il avait des appuis politiques puissants. Il allait être libéré pour bonne conduite le mois prochain, quel meilleur moyen pour faire chanter Nanaba qu'utiliser la source de son traumatisme ?

Levi grimaça de dégout en entendant cela, ce n'était effectivement pas quelque chose qu'il avait voulu savoir, mais il devait savoir tout ce qu'Amos avait fait pour le rapporter à Erwin.

— Et j'imagine que c'est lui que tu as assassiné.

— Assassiné vous dites ? s'exclama le jeune homme en prenant une mine faussement innocente. Le pauvre homme a été retrouvé pendu dans sa cellule pas plus tard que ce matin. Le poids de sa culpabilité était sans doute trop lourd à porter.

Levi renâcla, il ne savait pas quoi penser de cette situation. Il n'avait jamais eu conscience de tous les moyens de pression que le gouvernement avaient sur leurs soldats, mais il n'était pas idiot de ne pas penser que tout ce qu'Amos avait énuméré aurait effectivement pu être utilisé contre eux.

— Je vais vérifier tout ce que tu prétends avoir fait avant de t'accorder ces quelques bons points, finit-il par dire. Mais tu n'as toujours pas répondu à ma question, pourquoi tu es là ?

Le noble ferma ses yeux quelques instants, avant de fixer le capitaine avec ses perçants yeux d'émeraude.

— J'ai rejoins le Bataillon pour quatre raisons, dit-il en levant autant de doigts, d'abord, je veux reconquérir Maria pour aller à Holst, trouver le corps de ma mère et lui accorder des funérailles décentes. Ensuite, j'ai parfaitement conscience que nous sommes en guerre, capitaine. Et je n'ai certainement pas l'intention de rester en retrait et de confier mon sort à des inconnus, si je veux que quelque chose soit bien fait je le fais moi-même. Quant aux deux autres raisons… elles ne vous regardent pas.

Levi haussa un sourcil à nouveau, mais n'insista pas cette fois.

— À l'avenir si vous avez des problèmes politiques laissez-moi les gérer, conclut le noble avant de se remettre à faire la vaisselle, je n'ai peut-être plus mes privilèges mais je reste très influent.

Le capitaine renâcla grossièrement comme à son habitude, Amos roula des yeux intérieurement.

— Au départ tu disais que si tu voulais nuire au Bataillon tu n'avais qu'à m'empoisonner. Si tu es capable d'être un tel enfoiré, pourquoi est-ce que tu agis poliment et chaleureusement ? On a pas besoin d'un masque mensonger de noble ici.

— Ça fait longtemps que ce n'est plus un masque, sourit le jeune homme en finissant d'essuyer sa dernière tasse. J'attache beaucoup d'importance à la politesse, c'est beaucoup plus agréable d'échanger des conversations dans le respect et la courtoisie. J'ai appris récemment que je pouvais être quelqu'un de bien au quotidien et un connard sans coeur sur le champ de bataille. Et le champ de bataille n'est pas toujours sur le territoire des titans. Alors dites-moi capitaine, sommes nous en bons termes ?

Levi renâcla à nouveau, mais avec moins de mépris cette fois.

— Tu sais te rendre utile, tu sais protéger tes camarades, tu sais te battre de ce que j'ai entendu et tu sais faire le ménage correctement. Si tu obéis aux ordres et si tu agis en soldat, disons que t'auras droit au bénéfice du doute. Mais tu sais ce qui t'attends si jamais tu nous l'a met à l'envers, nobliau. Et si ta présence nous cause plus d'ennuis que de bénéfices je te briserai les deux jambes pour te mettre à l'arrêt.

— Je suppose qu'il va donc falloir que je continu de me rendre utile, sourit le jeune homme avant de s'étirer, y'avait-il autre chose, capitaine ?

— Tu peux disposer, sois debout à cinq heures et demi pour le ménage du matin.

— Bien capitaine.

Levi regarda le jeune homme partir, avant de vérifier la propreté des tasses.

— « Erwin avait raison, il n'a rien d'un idéaliste. Il a son propre agenda, ses propres méthodes, il est difficile à cerner, mais au moins c'est pas un boulet. »

(-)

Le lendemain, les titans capturés lors de la bataille de Trost furent assassinés. Obligeant ainsi l'escouade Levi a se rendre sur place pour examiner les lieux du crime. Hanji s'écroula de chagrin à la découverte des cadavres de ses « bébés » et se mit à hurler sa peine sans la moindre retenue ni pudeur. Amos se demandait s'il devait la plaindre elle ou ceux qui étaient obligés de regarder ce triste spectacle.

— Mais pourquoi…? marmonna Eren en contemplant les squelettes fumant des spécimens.

— Parce que quelqu'un ne veut visiblement pas qu'on en apprenne plus sur les titans, expliqua le noble en grinçant des dents, c'était trop bien exécuté pour être un acte motivé uniquement par la haine.

Le métamorphe se tourna vers son ami.

— Tu crois que c'est le Gouvernement ?

— Non, répondit-il en secouant la tête, eux ils se seraient contentés d'empêcher les Bataillons de garder ces titans en vie. J'éviterai de faire des suppositions tant qu'on sera entouré, mais… Pourquoi diable portes-tu ta capuche ?

Le natif de Shinganshina haussa les sourcils de surprise face au ton exaspéré du grand blond.

— Parce que… commença-t-il pas très sûr, je dois cacher mon identité ?

— On ne voit que toi, soupira Amos en abaissant le vêtement, tu es beaucoup plus suspect avec ce truc sur la tête.

Eren grimaça d'embarras, avant que Levi ne prenne la parole :

— Allons-y, ordonna-t-il, les Brigades Spéciales se chargeront du reste.

— Entendu.

Mais alors que les adolescents s'apprêtaient à suivre leur supérieur, Erwin intervint en les prenant par les épaules.

— Dites-moi, qu'est-ce que vous voyez ? Qui est notre véritable ennemi ?

Amos ne répondit pas immédiatement, il tourna la tête vers le leader du Bataillon et échangea avec lui un regard entendu.

— Quels sont nos véritables ennemis, corrigea-t-il sous le regard confus et inquiet d'Eren. Puis-je vous parler en privé, Major ?

Ce dernier acquiesça et le fit signe de le suivre tandis que le métamorphe était contraint d'accompagner Levi.

Une fois seuls dans l'intimité d'un bureau, l'officier suprême des éclaireurs s'installa avant de joindre ses mains.

— Tout d'abord, je tenais à te remercier pour les diverses interventions que tu as mené pour préserver les Bataillons d'une éventuelle faille. Nanaba en particulier était véritablement soulagée.

— Ce n'était rien, répondit le jeune homme, il était nécessaire de passer par là pour éviter que certains lords ne nous collent des bâtons dans les roues. La plupart espère toujours que j'épouse leur fille et sont prêts à tout mettre en oeuvre pour y parvenir. Je ne me permettrai jamais d'être un boulet pour le régiment, encore moins maintenant que nous avons une guerre à gagner.

Erwin haussa un sourcil, et considéra le noble d'un regard inquisiteur.

— Qu'est-ce qui te fait croire que nous sommes en guerre ?

— Le Colossal et le Cuirassé sont trop uniques pour ne pas être des métamorphes comme Eren, la façon dont ils ont attaqué Trost ne fait que renforcer cette théorie. Ils ont attendus le départ des éclaireurs et le moment où ce serait au tour des cadets de faire le travail de la Garnison. Ils ont détruit les canons et laissé les titans s'occuper du reste. Puis Eren s'est transformé, et le cuirassé ne s'est pas montré. Ce qui veut dire qu'ils ont renoncés à l'idée de détruire le Mur Rose, et qu'ils ont à présent un nouvel objectif. La perte de Maria n'ayant profité à personne au sein des murs, il ne serait pas idiot de penser qu'il y a une autre civilisation là-dehors qui a visiblement intérêt à nous attaquer.

Les yeux d'Erwin brillèrent d'une lueur satisfaite, il acquiesça lentement.

— Ce ne sont là que théories, des théories qu'il vaudrait mieux éviter de répandre pour prévenir des répercussions incontrôlables. Mais c'est une possibilité qui ne peut être écartée aujourd'hui.

— J'imagine que c'est l'objectif de la 57ème expédition, reprit Amos en croisant les bras, débusquer les traitres et les faire prisonniers en se servant d'Eren comme appât. C'est la raison pour laquelle vous voulez déjà y intégrer de jeunes recrues, parce que la probabilité que certains d'entres eux puissent être ceux que nous recherchons existe.

Cette fois, le Major était sincèrement impressionné, et laissa échapper un sourire authentique.

— Pixis avait raison, tu as une intelligence du diable. Peut-être que je devrai t'inviter aux réunions stratégiques.

— Non pas que je ne sois pas flatté, mais si vous faites ça vos hommes penseront que cela ne sera dû qu'à mon statut et que vous-même y accordez de l'importance. Je préfèrerai attendre d'avoir mérité ce privilège sur le champ de bataille et démontré à nos camarades que je ne suis pas qu'un gamin de noble gâté.

— C'est compréhensible, répondit Erwin en acquiesçant.

— J'aurais cependant une requête, je voudrai pouvoir m'occuper de l'entrainement d'Eren aux arts martiaux et l'aider à maitriser ses pouvoirs.

Cela intrigua grandement le Major, à ce stade, ses doutes concernant la loyauté de l'héritier de la maison Hannibal s'étaient atténués. Mais il ne lui faisait pas complètement confiance pour autant, par principe, il n'accordait sa pleine confiance à personne.

— Pourquoi ? Et surtout, pourquoi devrais-je accéder à ta requête ?

Amos s'autorisa un sourire, et fixa son supérieur droit dans les yeux.

— Je connais Eren depuis trois ans, je sais comment il fonctionne. Je sais ce qu'il faut faire pour le mettre en confiance, je l'ai déjà entrainé et j'ai observé ses entrainements avec l'une de nos camarades, donc je connais ses points forts et ses points faibles. Il me fait confiance donc je n'ai pas besoin de l'intimider et il ne discutera pas mes conseils. Je l'ai vu se battre à Trost donc je sais ce qu'i améliorer concernant son style de combat sous sa forme de titan et j'ai une idée de ses limites actuelles. Je connais ses plus grosses faiblesses psychologiques et j'ai des idées quant aux moyens de les corriger ou en tout cas de les atténuer. Et surtout, il faut envisager la possibilité qu'il pourrait se retrouver seul face à l'ennemi au cours de l'expédition. Dans ce cas il vaudrait mieux qu'il sache se défendre convenablement face à un métamorphe pleinement accomplie, au moins jusqu'à l'arrivée de renforts.

Erwin s'adossa contre le dossier de sa chaise, et observa très attentivement le jeune noble. Le fait qu'il était un authentique prodige était indéniable, sa capacité d'analyse et son intelligence impressionnante en faisaient un allié de poids. Ses arguments étaient tous fondés, et ses solutions toutes viables. L'invitation aux réunions stratégiques du Major au grand blond était une façon pour le vétéran de vérifier si ce dernier n'était pas un genre d'espion pour le gouvernement, ou pire, un espion ennemi qui avait infiltré le gouvernement. Mais son refus ainsi que ses théories concernant leurs potentiels ennemis avaient suffit à dissiper la grande majorité de ses doutes. Son comportement lors de la Bataille de Trost pesait lourdement en sa faveur, de même que le soutien assez surprenant de Pixis à son égard.

— Si j'accède à cette requête, je veux que tu suives les ordres de Levi, c'est lui qui a la garde d'Eren. S'il n'est pas d'accord avec tes méthodes tu lui obéis, s'il considère que tes entrainements sont une perte de temps il te retirera ce privilège. Si tu dépasses les limites il te rappellera à l'ordre à sa façon. Et c'est lui qui décidera du planning d'Eren, tu n'exprimeras ton opinion que s'il souhaite l'entendre. Je glisserai cependant un mot en ta faveur du moment que tu resteras à ta place recrue, est-ce clair ?

— Parfaitement clair, Major, répondit-il en saluant. Y'a-t-il autre chose ?

— Oui, parmi les cadets du 104ème régiment, penses-tu qu'il y en a certains qui nous rejoindrons à coup sûr ?

Amos déplia l'intégralité des doigts de sa main gauche.

— Les amis d'enfance d'Eren, Mikasa Ackerman, sa soeur adoptive, qui a finit seconde après moi, Armin Arlet, un petit génie dont l'intelligence mérite qu'on prenne son avis en compte s'il l'exprime. Puis Christa Lenz, sixième au classement et… ma petite soeur spirituelle…

— « Inutile de cacher cette information, » songea-t-il légèrement contrarié en voyant le sourcil du Major se hausser, « Erwin est suffisamment malin pour surveiller mes mouvements et analyser mes relations avec les autres. »

— Ymir, une grande gueule compétente au grand coeur et la petite amie de Christa. Et Reiner Braun, troisième au classement, un soldat dans tous les sens du terme. Ce sont les cinq dont je suis sûr à 100% du choix.

Le vétéran sourit avec satisfaction, cinq membres du top 10 rejoindront ses rangs dont les trois premiers au classement. À défaut d'avoir la quantité il aurait la qualité.

— Je vois, et qu'en ait-il des autres ?

— La seule membre du Top 10 qui ne rejoindra pas nos rangs à coup sûr sera Annie Leonhart. Pour les autres je ne peux rien garantir, mais j'ai bon espoir pour certains.

— Une dernière chose, reprit Erwin en cessant soudainement de sourire, le capitaine Kitz Weilman a été retrouvé égorgé dans son bureau hier soir. J'imagine que tu ne sais rien de cet incident ?

— Bien sûr que si, c'est moi qui ai commandité sa mort.

Le Major des Bataillons lui jeta un regard consterné, Amos se contenta d'hausser les épaules.

— Vous saviez déjà que c'était moi, nul besoin de le nier. Kitz Weilman a déserté son poste pendant la bataille de Trost, a basé toutes ses décisions sur la peur dont celle d'envoyer les cadets au massacre, et a été nommé capitaine de la Garnison suite au soutien politique de Lord Syral. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai demandé la permission à Pixis. Il était plutôt content d'avoir obtenu l'opportunité de se débarrasser de ce parasite.

Cette fois Erwin ne savait pas tellement quoi penser, Amos Hannibal était un véritable atout pour lui par son intelligence, ses talents de combattants et son influence politique. Mais c'était également un électron libre qui prenait ses propres décisions, en d'autre termes, il ne pouvait pas être controlé, et à ce titre il était plus dangereux qu'Eren.

— Ce sera tout recrue, reprit-il après un temps, tu peux rejoindre l'escouade Levi.

Le noble salua avant de quitter le bureau, laissant le Major seul avec ses inquiétudes.

— « Il serait étonnant qu'il obéisse à tous les ordres au pied de la lettre. Il vaudrait mieux que je le garde à l'oeil pendant l'expédition, sinon il risque d'agir dans mon dos. Je me demande bien ce qu'il a en tête, qu'est-ce qu'il cherche à accomplir ? Il est évident qu'il est de notre côté, évident qu'il recherche notre victoire. Mais que serait une victoire pour lui ? »

(-)

— Alors comme ça, Amos est le petit-fils de Peter Hannibal ?

C'était Jean qui avait posé cette question, les cadets de la 104ème étaient tous réunis autour d'une table dans le réfectoire d'une caserne. Armin et Mikasa les avaient rejoins peu de temps après leur retour de la capitale.

— Oui, confirma le petit blond en prenant une cuillère de sa mauvaise soupe.

Après avoir passé plusieurs jours à manger les meilleurs repas de sa vie au Manoir, le goût de sa nourriture de militaire semblait encore plus horrible que dans ses souvenirs.

— Est-ce que tu es en train de dire qu'il est membre de la famille royale ? demanda Reiner avec intérêt.

— Le Roi l'a appelé « son cousin », donc je suppose qu'on peut dire ça. Même si techniquement ils sont apparentés parce que la mère du Roi est la tante d'Amos.

Annie et Bertholdt échangèrent un regard entendu que personne ne remarqua mis à part Ymir.

— J'ai vraiment du mal à imaginer Amos en noble, avoua Sasha en touillant nonchalamment sa soupe. Les nobles méprisent tous ceux qui sont pas de leur statut, mais lui… je peux pas le voir nous mépriser.

— « Il m'a encouragé à parler avec mon vrai accent… il disait qu'il aimait bien mon accent… »

— Il s'est juste foutu de nous, grogna Annie en mordant son bout de pain, il a dû bien s'éclater, qui sait ce qu'il avait vraiment en tête ?

À ces mots, Christa abattit son poing sur la table à la surprise générale et incendia l'autre petite blonde du regard.

— Redit encore une connerie pareille, espèce de connasse égoïste, et je brise la voile de bateau qui te sert de pif !

Les mâchoires de toutes les personnes présentes tombèrent sur le sol, tout le monde était choqué de voir le petit ange de la 104ème faire preuve d'une telle animosité, ou user d'un langage aussi cru.

Annie mit quelques secondes à se remettre de sa surprise, avant de froncer les sourcils de colère et de se lever de sa chaise.

— Tu veux qu'on aille régler ça dehors, princesse ?

— Elle ira pas toute seule, Leonhart, avertit Ymir en se levant à son tour.

— Ça suffit ! ordonna Reiner en les imitant. Nous sommes des camarades, on ne se bat pas entre nous. On est juste tous un peu confus et sous tension après la bataille, ça sert à rien de supposer les intentions d'Amos tant qu'on lui aura pas parlé !

Une nouvelle fois, Christa écrasa son poing sur la table.

— Y'a rien à supposer ! s'emporta-t-elle. Amos aurait pu s'enfuir, mais il est revenu sauver tout le monde ! Il aurait pu rester en retrait pendant la bataille de Trost mais il s'est jeté au coeur de la mêlée pour s'assurer qu'on gagne ! Il aurait pu rester à Sina bien à l'abri dans son manoir mais il a rejoins les Bataillons ! À quel moment est-ce qu'il a mérité qu'on lui crache à la figure juste parce qu'il est noble ?!

À cela personne n'eut quoi que ce soit à répondre, Christa haleta le temps de récupérer de sa crise de colère avant de se rasseoir en croisant les bras, Ymir posa une main réconfortante sur son épaule. Sasha baissa la tête, un peu honteuse d'avoir douté du grand blond. Annie lâcha un grognement mécontent avant de se rasseoir pour finir son repas, Jean quant à lui, observa la plus petite blonde d'un regard perplexe.

— Est-ce que tu savais ? demanda-t-il bien qu'il connaissait la réponse.

Christa renâcla d'agacement.

— Évidement que je savais, lâcha-t-elle en enfonçant son bout de pain entre ses mâchoires, j'ai toujours su.

Tous les regards étaient à présent tourné vers elle, elle le remarqua mais ne dit pas un mot de plus.

— Christa, hésita Reiner, est-ce que tu…

— Ça suffit les questions, trancha Ymir avec colère. Vous avez pas besoin de connaitre l'histoire d'Amos ou de Christa. Et d'ailleurs ni l'une ni l'autre ne vous regarde. Si les explications d'Armin vous suffisent pas vous aurez qu'à lui demander vous-même. M'enfin bon, les actes valent mieux que les paroles, franchement après tout ce qu'il a fait vous pourriez lui accorder un peu plus de confiance.

Christa accorda un sourire de gratitude à sa petite amie, ceux qui avaient douté baissèrent la tête, un peu honteux. Annie en revanche maintint une expression neutre.

— « Pourquoi est-ce qu'elle est autant en colère après Amos ? » songea Ymir. « Qu'est-ce qu'il a fait pour mériter ça ? »

— Je comprends pas, avoua Connie, pourquoi est-ce qu'il a rejoint les Bataillons d'Exploration ? Il avait une vie de prince à Sina, pourquoi est-ce qu'il abandonnerait tout ça pour risquer de se faire bouffer dehors ?

Christa grogna d'exaspération, faisant ainsi comprendre au chauve qu'il avait posé une question stupide.

— Tu sais, ce n'est pas parce qu'il est noble qu'il n'est plus celui que vous connaissez. Tu le vois vraiment s'empiffrer comme un cochon et cracher à la figure du premier type dont la tête lui revient pas ? Tu crois sincèrement que s'il y a une bataille il filera se planquer à l'abri derrière Sina ?

Annie grinça des dents, et foudroya la plus petite blonde du regard, Jean ravala le sentiment de honte qui le ravageait.

— Pourquoi est-ce que vous parlez de ça ? demanda Mikasa en prenant la parole pour la première fois. Pourquoi est-ce que ça vous dérange tant que ça qu'il soit noble ?

Personne n'avait de réponse valable.

— Elle a raison, renchérit Reiner, Amos est notre camarade, il s'est battu à nos côtés et a risqué sa vie pour nous. Ses origines n'importent pas.

Un acquiescement général fit écho à ses paroles, la seule qui ne se mêla pas au mouvement fut Annie.

Elle, elle n'avait qu'une seule chose en tête, et c'était la souffrance que le noble lui avait apporté.

— « Si tu es condamnée à vivre les mauvais moments tu te dois de profiter des bons. »

— « Tu es une héroïne ! »

— « Annie ! Pourquoi ?! Je t'en supplie, arrête ! »

Elle serra les poings, avant de se lever de table sans dire un mot, préférant aller se déchainer sur un mannequin d'entrainement que de rester là à entendre les autres débattre. C'était déjà assez insupportable d'entendre les hurlements de Marco en imaginant le sourire insouciant d'Amos.

Armin la regarda partir avec une pointe de regret, avant de revenir vers Christa qui avait gardé la tête baissée. Il l'examina aussi attentivement et discrètement qu'il le put.

— « Elle a les même yeux que Lord Peter, » réalisa-t-il soudainement, « c'est pour ça qu'ils sont si proches. »