NA : Momento Mortis, comme je sais pas si tu reçois mes MP je vais te répondre ici cette fois ^^"

Dans cette histoire, effectivement Historia est reconnue comme une bâtarde Hannibal (Armin remarque d'ailleurs qu'elle a les mêmes yeux que Lord Peter, le grand-père d'Amos) Quant à sa relation avec les Reiss, tu le découvriras lors de l'arc révolutionnaire ;)

Merci pour les compliments concernant Levi, il est capable d'être aussi attachant que méprisable à mon sens. Content de voir que j'ai réussi mon coup. :)

Pour Reiner et Bertholdt ce sera expliqué dans ce chapitre ;)

Bonne lecture, et merci pour tes commentaires :)

Chapitre XIII : Devoir et Carapace

Amos s'éveilla dans sa chambre avec un mal de crâne épouvantable et un mal de dos effroyable, il tâtonna avec sa main droite pour saisir son pantalon et sortit un sachet de pilule blanche.

Il accumula sa salive avant d'en casser une sous ses incisives et d'en avaler la moitié, il patienta une dizaine de minutes le temps qu'elle fasse effet avant de sortir du lit et de s'étirer délicatement pour ne pas déchirer sa peau reconstituée.

Il jeta un coup d'oeil à travers sa fenêtre pour constater que ce n'était encore que le milieu de la nuit, puis il s'empara de ses affaires de toilettes afin d'aller prendre sa douche. Ce qui se révéla beaucoup plus compliqué qu'il ne l'avait prévu malgré l'effet de la morphine.

Ce n'était pas la douleur qui le gênait lorsque l'eau coula sur ses cicatrices encore fraiches, c'était la sensation très désagréable qu'il n'était rien de plus qu'un steak en train d'être recouvert de sauce. Et cette sensation de faiblesse lui rappelait de bien mauvais souvenirs, les souvenirs d'une cellule dont il fut l'occupant.

Il prit de grandes inspirations pour se calmer, et changea régulièrement la température afin d'y habituer sa nouvelle peau. Une fois ceci fait il s'empara d'un bout de savon et commença à se laver.

— « Ma tête est dans un de ces bordels, » grogna-t-il intérieurement en se frottant le torse, « il faut que j'y fasse un peu de ménage avant de commencer cette journée. »

Ses pupilles se firent plus profondes, le temps ralenti au point de finir par se figer, son imagination et ses souvenirs firent le reste du travail.

Amos n'était plus sous sa douche, il était dans la forêt des arbres géants, habillé d'une impeccable chemise blanche, d'un pantalon de soie noire, d'un gilet d'aristocrate bleu marine et noir, d'une paire de chaussures fraichement cirée et d'une paire de gants en cuir. Assis sur l'épaule gauche du Titan Rebelle avec les bras et les jambes croisés, il observa avec agacement le moment où il s'était jeté sur Mikasa pour la protéger.

D'un claquement de doigt, il arrêta le temps de son souvenir et rembobina ce dernier.

— « Qu'est-ce que j'ai pu ressentir qui a pu me pousser à faire une telle connerie ? » songea-t-il en revenant à l'instant où le Titan Femelle avait projetée ses griffes de cristal sur Mikasa.

Satisfait, il se leva et flotta jusqu'à son lui du passé pour l'observer attentivement. Il finit par hausser un sourcil circonspect et surpris.

— « Je… Je suis terrifié ? » nota-t-il un peu dérangé par cette information. « Pourquoi diable suis-je…? »

Il tourna la tête en direction de l'orientale, ses yeux plissés trahissaient sa méfiance.

Il leva la main pour revenir au moment de son « sacrifice », et vint se placer derrière Mikasa et face à lui-même.

— « Rien de bien surprenant ici, je suis en colère contre ma propre personne, frustré par la stupidité de mon geste, dé… »

Il marqua un temps pour serrer les dents et soupirer de défaitisme.

— « … dévasté par la souffrance que j'ai causé à Historia, terrifié à l'idée de laisser ma petite soeur tomber dans les machinations de mon grand-père. »

Amos savait que ce dernier avait bluffé quand il l'a menacé de vendre la petite blonde au marché aux esclaves, néanmoins il se doutait que s'il était reparu au sein des murs dans un pire état, le premier ministre aurait tout de même fait preuve d'une grande sévérité. Mais s'il était mort, Peter Hannibal aurait désigné Historia comme sa nouvelle héritière et l'aurait arrachée à sa vie.

Le grand blond secoua la tête, et se reconcentra sur son souvenir.

— « Je suis un crétin, » lâcha-t-il contrarié, « si j'avais péri tous mes plans seraient tombés à l'eau, tous mes efforts auraient été réduits à néant. Je… »

Il écarquilla des yeux choqués, l'expression sur son visage affichait à la fois la consternation et l'incompréhension.

— « Pou… Pourquoi diable suis-je soulagé ? Qu'est-ce que… Une minute ! »

Cette fois, son claquement de doigt changea entièrement le décor, et il se retrouva derrière le QG du Bataillon d'Exploration, le soir où Mikasa l'avait attaqué.

— « La source de ce sentiment provient de ce moment, » songea-t-il tandis que le combat était en train de se dérouler. Il y assista calmement jusqu'à ce que son autre lui finisse par placer le tranchant de sa dague sur la gorge de l'orientale.

— « Ses larmes, » réalisa Amos en venant s'accroupir près des deux combattants, « ce sont ses larmes qui m'ont troublé. Ce sont ses larmes… »

Le noble fut littéralement frappé par un éclair de réalité, il écarquilla des yeux possédés par un sentiment d'émerveillement mêlé à l'incompréhension et à l'horreur.

— « C'est impossible… Comment…? »

Mikasa.

Son nom résonna dans le crâne du noble tel un signal d'alarme strident, son regard se fit plus dur à mesure qu'il fixait l'incarnation en larmes de son souvenir.

— « Comment…? » se demanda-t-il de nouveau. « Comment est-ce qu'elle a fait pour me faire ravaler la prédation ? Ce n'était jamais arrivé jusque là. »

Amos finit par sortir de son esprit, en un battement de cil il était de retour sous sa douche, et il croisa la bras pensivement.

— « Je sais à quel point je me sentais mal de l'avoir faite souffrir. Je sais que je ne veux pas la voir mourrir. Je sais que quoi qu'il se passe ce n'est pas lié au fait qu'elle soit orientale comme Kaa-san. Mais… »

Il s'arrêta pour s'emparer de son shampoing et commença à frotter ses cheveux.

— « Ce que Mikasa est en train de faire… la façon qu'elle a de percer ma carapace… C'est très dangereux. Le problème… c'est que la connaissant elle va essayer de m'approcher. Putain… »

Une fois rincé, il sortit de la douche et se sécha tout en prenant soin d'épargner son dos d'un frottement trop intense. Puis il quitta la salle de bain commune avec sa serviette autour du bassin.

Le problème, c'est qu'il était tellement plongé dans ses pensées et affaibli par ses blessures et la morphine, qu'il ne remarqua pas la personne qui sortit de l'ombre pour lui mettre une grande tape dans le dos. Amos se crispa de douleur et tomba à genoux.

— Salut nobliau, dit Levi de son habituel voix morne le toisant du regard, t'es déjà remis de ce que je vois.

— « Quel enfoiré ! » gronda intérieurement Hannibal avant de maitriser sa douleur et de tenter de se relever. Le capitaine des éclaireurs lui remit une tape à mi-parcours et le renvoya au sol.

— On a une grosse journée devant nous, l'informa-t-il sobrement, je me suis donc dit que j'allais m'occuper de ta punition tout de suite.

En entendant cela, le grand blond renâcla de mépris.

— À qui vous allez faire croire ça ? répliqua-t-il en s'efforçant de ne pas mettre trop de venin dans ses paroles. Vous voyez bien mes cicatrices, vous savez par expérience qu'il faudrait aller beaucoup plus loin pour me donner une leçon. Trop loin pour que vous puissiez vous le permettre. Vous n'êtes pas en train de me réprimander, vous êtes simplement en train de vous défouler sur moi parce que je suis le seul pour lequel vous avez une excuse.

Levi l'attrapa immédiatement par l'oreille et le hissa à sa hauteur, Amos détecta sans peine la fureur dans son regard et afficha un sourire provoquant.

Il s'écoula un petit moment au court duquel aucun des deux hommes ne cligna des yeux.

— Putain… finit par lâcher l'éclaireur consterné.

Il relâcha le noble, ce dernier passa son pouce sur le cartilage de son oreille avant de se tourner vers son supérieur. S'il était honnête avec lui-même, il était un peu surpris de s'en être tiré comme ça.

— « Voyez vous cela… il tient absolument à prouver et à se prouver qu'il n'est plus le voyou des souterrains. C'est pour ça qu'il attache autant d'importance à la discipline militaire. Gardons ce détail en mémoire. »

— Tu n'as pas tort, dit Levi en le fixant d'un regard perçant, mais ne crois pas que tu sois sorti d'affaire pour autant.

— Si c'est au sujet de la méthanol, navré, mais je ne pouvais pas faire autrement. La compote est un remède « miracle », mais si l'on ne détend pas les battements du coeur et si on adoucie pas le système nerveux, on est tout simplement foutu. Vous vous auriez peut-être survécu, mais tout le monde n'est pas le soldat le plus fort de l'Humanité.

Levi renâcla en entendant ce surnom, le mépris que celui-ci lui inspirait fit hausser un sourcil au noble.

— Qu'est-ce qui vous déplait tant ? Vous êtes un symbole d'espoir et une légende vivante pour l'Humanité. Vos prouesses sur le champ de bataille sont une inspiration pour les jeunes recrues.

Le capitaine le regarda droit dans les yeux.

— Sauf que je reste humain, répliqua-t-il avec tout le sérieux du Monde, il viendra un moment où je finirai par clamser. Et alors la « Légende » mourra et tout cet espoir sera changé en désespoir.

— À moins qu'il n'y ait quelqu'un pour reprendre le flambeau.

Levi haussa ses sourcils, visiblement pas du tout impressionné.

— Je ne parlais pas de moi, grogna Amos vexé.

— Ackerman, alors, conclut le capitaine. C'est la deuxième fois que tu me parles d'elle, qu'est-ce qui te rend si sûr de toi ?

— Je vous ai déjà dit qu'une promesse m'empêchait de vous répondre.

Son supérieur plissa les yeux, avant de se placer face à lui.

— Et qu'est-ce qui t'empêches de briser cette promesse ?

— Une autre que j'ai faite à ma mère, répliqua le noble avec un regard consumé par la prédation, ça c'est quelque chose que vous ne parviendrez jamais à briser malgré toute votre force.

Il s'écoula un moment de silence pesant - ce qui était la définition même de l'euphémisme-, avant que Levi ne reprenne la parole :

— Donne-moi une bonne raison.

— Vous êtes apparentés.

Le capitaine écarquilla légèrement les yeux de surprise.

— Ça doit remonter à trois ou quatre générations, rationalisa Amos, mais c'est la raison pour laquelle elle est la seule capable de vous dépasser.

Il fut facile pour Hannibal de déceler la frustration dans le regard de son supérieur, celui-ci brûlait d'en savoir plus, mais il sembla accepter cette situation pour le moment.

— Je vais y réfléchir, annonça-t-il finalement, maintenant va enfiler un pantalon et retrouve-nous dans la grande salle. Erwin ne devrait plus tarder.

Sur ces mots, Levi lui tourna le dos et se rendit lui-même dans la pièce citée, tandis que le noble secoua la tête avant de repartir en direction de sa chambre.

— Hé, Amos ?

Surpris d'entendre son supérieur l'appeler par son prénom, le jeune homme se retourna.

— Je m'attendais à ce que tu sois un plus gros connard pour un noble, avoua le militaire sans tourner la tête. T'es pas con non plus, mais t'es sacrément bizarre.

L'héritier de la maison Hannibal haussa les sourcils et écarquilla les yeux en entendant les paroles du capitaine, un sourire se dessina sur son visage.

— Merci, pour votre courtoisie.

Levi renâcla sans aucune grossièreté, avant de sortir de son champ de vision.

Amos laissa échapper un sourire satisfait, puis il retourna dans sa chambre. Là, il laissa tomber sa serviette avant d'enfiler des vêtements de hautes gammes propres en dessous des sangles de son équipement TDM. Ces mêmes sangles qui lui irradièrent la peau.

Tout en grinçant des dents, il avala un comprimé et demi de morphine avant de s'assurer qu'il était présentable. Ce ne fut qu'au moment où il rajustait le col de sa chemise tout fixant son propre regard dans le miroir que quelque chose tapa à sa fenêtre.

Il tourna la tête pour apercevoir la fière figure d'un faucon, il ouvrit la vitre afin de laisser l'oiseau entrer, avant de sortir par la queue, une sourie, bien vivante du tiroir de son bureau. Une sourie parmi une dizaine d'autres, mais aucune membre de la dizaine en question n'avait réussie à s'échapper tandis que le noble retirait le festin de son messager de la prison qu'il avait conçue.

— Bonjour Arryn, sourit Amos en apportant la sourie couinante pendant que le faucon grimpait sur son avant-bras. Tu as l'air affamé.

Sur ces mots, le grand blond offrit sa collation au rapace avant de retirer le message que celui-ci avait accroché à la patte.

Et pendant que ledit Arryn dévorait sans aucune pitié son festin de viande fraiche, Amos déroula le petit parchemin sur lequel était inscrit les informations requises du mois.

— Hé bah, grinça-t-il une fois qu'il eut finit de décoder. Cela risque d'être long…

Sachant qu'il n'avait pas le temps libre nécessaire à son travail, il descendit dans la salle principale où Levi et Eren l'y attendaient.

— Ne vous levez pas, plaisanta-t-il en allant s'asseoir face au métamorphe, j'ai quelques notes à régler avant d'attaquer le plat de résistance.

Sur ces mots, il sortit un carnet couvert de cuir bleu marine de sa poche intérieure et commença à écrire sans prêter attention aux collègues qui l'entouraient.

Fort heureusement pour lui, aucun commentaire ne fut prononcé. Ce qui permit au noble de vérifier ses comptes et de les mettre à jour tout en adaptant les prix et les propriétaires à son projet de longue date.

Ce ne fut pas facile, toutes ces informations obligèrent le grand blond à corriger la moitié des plans qu'il avait prévu pour la survie et l'amélioration de la société humaine.

— Oï, Amos, appela Levi en lui collant une tape dans le dos. Qu'est-ce que tu fous avec ton carnet ?

Le grand blond se crispa de douleur sous le regard compatissant d'Eren, avant d'expirer à travers ses dents.

— Bien joué, grogna-t-il sincèrement impressionné, vous savez que vous ne pouvez pas me punir en usant uniquement la souffrance, alors vous me cassez les couilles sur la durée.

— Parle correctement quand tu t'adresses à ton supérieur, répondit le capitaine d'une voix morne qui trahissait une pointe de satisfaction en lui collant une autre tape.

— Oui, Monsieur, grinça le noble avant de se replonger dans son travail.

— Tu m'as toujours pas répondu, qu'est-ce que tu fous ? Et puis qu'est-ce que c'est que ce charabia ?

— Je vérifie et corrige mes comptes, répliqua-t-il de façon cryptique en rayant certaines notes avant d'en écrire d'autres. Et je suis navré de vous apprendre que le prix du thé noir est sur le point d'augmenter.

Comme le capitaine haussait un sourcil mécontent, Amos poursuivit :

— Quant au code que j'utilise; je l'ai conçu moi-même afin que personne ne lise par-dessus mon épaule. Et même si je vous l'expliquais vous ne comprendriez pas.

Eren se sentait tout petit entre les regards du capitaine et du noble, il ignorait s'il devait être impressionné par son ami blond ou s'inquiéter de son comportement suicidaire.

— Si ce n'est pas du ressort militaire ça ne m'intéresse pas, avoua l'officier des éclaireurs avant de regagner sa place. Néanmoins il fut évident pour les deux adolescents qu'il était franchement agacé par l'augmentation du prix de sa boisson favorite.

Il s'écoula un moment de silence avant que le plus petit des trois hommes ne reprennent la parole :

— Qu'ils sont lents, grinça ce dernier en avalant une gorgée de thé. Erwin et les autres enfoirés nous font attendre. Les Brigades Spéciales vont finir par arriver en premier.
— C'est bon signe, commenta Amos en refermant son carnet avant de le glisser dans la poche intérieure de sa veste, si ça avait été les Brigades Nobles, elles seraient déjà là et elles nous auraient enculé.

Levi renâcla avant de boire une gorgée thé, Eren frissonna sur sa chaise.

— Toutes ces feignasses doivent être aussi constipées qu'Erwin, dit le capitaine avec lassitude.

— « Dans ce cas c'est eux que vous devriez aller faire chier, » sourit le noble avant de sortir un bout de parchemin de sa poche et d'y encoder ses instructions.

Eren aussi semblait amusé, son regard jongla entre Amos et Levi.

— Vous avez l'air de mieux vous entendre, commenta-t-il en maitrisant les remords qui le rongeaient.

— Qu'est-ce que tu racontes ? grogna le militaire en reposant sa tasse. Le nobliau et moi avons toujours été comme cul et chemise.

— Reste à déterminer qui est le cul et qui est la chemise, fit remarquer Hannibal sans lever les yeux de son parchemin.

Jaeger parvint à contenir son éclat de rire, Levi haussa un sourcil menaçant.

Puis il grimaça de douleur et posa une main sur sa jambe, ce qui nourrit les regrets d'Eren.

— Je suis désolé, s'excusa le métamorphe, j'aurais dû faire un meilleur choix.

— Cesse de raconter des conneries, grogna Amos en terminant son message, tu t'es très bien débrouillé pendant l'expédition, bien mieux que je ne l'avais imaginé. Tu n'as rien à te reprocher, tu es le seul qui n'a pas fait d'erreur à mon sens.

Ces paroles réchauffèrent le coeur du métamorphe, mais il resta néanmoins persuadé qu'il y avait une meilleure solution.

Amos se leva subitement en enroulant son parchemin, puis il ouvrit la fenêtre pour siffler Arryn. Avant de lui attacher le message à la patte, de le nourrir d'un morceau de souris et de lui indiquer sa destination d'une série de claquements de doigt maitrisée.

Levi observa la scène avec méfiance, tandis qu'Eren se contenta d'hausser un sourcil de curiosité.

Le métamorphe avait déjà vu son ami faire cela plusieurs fois lors de leurs années d'entrainement, mais celui-ci avait toujours répondu de manière cryptique.

Une fois sa besogne terminée, la porte de la salle s'ouvrit, et le Major Erwin accompagné de Jean, Armin et Mikasa fit son apparition.

Amos haussa un sourcil de surprise.

— « Pourquoi Jean est-il ici ? »

— Navré pour le retard, s'excusa Erwin, nous avons découvert l'identité du Titan Femelle.

Eren écarquilla les yeux de surprise.

— Cette fois nous la capturerons.

Sur ces mots, le major fit déplier une carte d'un District très familier aux yeux d'Amos, ce dernier faillit sourire de satisfaction.

— L'opération aura lieu après-demain, lorsque nous nous rendrons à la capitale, il nous faudra traverser le District de Stohess. C'est là que nous frapperons. Si nous échouons cette fois-ci, Eren sera livré au Premier Ministre Peter, ce qui nous privera de notre meilleur atout contre les ennemis de ces murs. La disparition de l'Humanité n'en sera alors que plus probable.

Le ton grave qu'il employait ne fit qu'ajouter du poids sur les épaules des jeunes recrues, Hannibal sentit sa détermination se renforcer, il allait livrer une bataille qu'il ne pouvait se permettre de perdre.

— Voici le plan, reprit le major, Eren servira d'appât afin d'attirer la cible vers un passage souterrain d'où nous pourrons la maitriser si jamais elle se transforme.

— « Houla, quel plan foireux ! »

— Mais si jamais elle se transformait avant, alors nous devrons compter sur la force d'Eren pour la maitriser.

— « C'est déjà mieux. »

— Oui, Monsieur, répondit le métamorphe en suant son stress, mais êtes-vous vraiment certains que la cible se trouve à Stohess ?

— Oui, elle est membre des Brigades Spéciales. Armin et Amos ont déduis son identité.

Le dernier envoya un regard satisfait au premier qui tourna la tête.

— Nous pensons aussi qu'elle est responsable du meurtre des deux titans capturés. Et qu'elle était avec vous dans la 104ème Brigade d'entrainement.

— « Aïe, » grimaça Amos en découvrant le visage effaré d'Eren. « Ça va être difficile de le convaincre. »

— Nous pensons que l'identité du Titan Femelle est Annie Leonhart, conclut le Major en regardant Jaeger droit dans les yeux.

Ce dernier ne sembla pas en croire ses oreilles, son regard jongla entre Amos et Armin avant qu'il ne parvienne enfin à prononcer la question qui lui brulait les lèvres.

— Les gars… Pourquoi vous pensez que c'est elle ?

Les deux blonds échangèrent un regard, puis le plus grand prit la parole :

— Personnellement je l'ai compris grâce à la ressemblance physique entre le Titan Femelle et Annie. Mêmes yeux, mêmes cheveux, même mâchoire, même nez, mêmes pommettes. Ça crevait les yeux à mon sens.

— Tu appelles ça une preuve ? faillit s'emporter l'éclaireur pour le plus grand agacement du noble. Tu penses que c'est elle juste parce qu'elle est blonde ?

La prédation dans le regard d'Amos le fit immédiatement taire, ce dernier reprit calmement :

— Il y a son style de combat aussi; le coup de pied qu'elle t'a donné après m'avoir envoyé au tapis ne t'a-t-il pas semblé familier ?

À cette remarque, Eren haleta avant de se plonger dans ses souvenirs. Si, maintenant qu'il y pensait, c'était évident. La posture, l'angle, l'exécution. Absolument tout y était.

Mais il n'était toujours pas convaincu pour autant, aussi Amos reprit la parole avant qu'Eren ne continue de faire part de ses doutes.

— Armin ? Pourquoi donc crois-tu qu'Annie est le Titan Femelle ?

Le petit blond baissa légèrement la tête sous le regard plein d'espoir de son meilleur ami.

— Le Titan Femelle connaissait le visage d'Eren depuis le début.

— « C'est pas une preuve ça, son visage est paru dans le journal. »

— Mais surtout, elle a réagi quand on a évoqué son surnom : « l'idiot suicidaire » que seule notre promo connait. Et puis on pense que c'est elle qui a tué Sonny et Bean.

— Et qu'est-ce qui te fait dire qu'Annie est la coupable ?

Armin serra les dents, exposant ainsi ses regrets à la vue de toutes les personnes présentes.

— Parce que le matériel tridimensionnel qu'elle a présenté à l'inspection était celui de Marco, et non le sien.

Si Eren fut de plus en plus décontenancé, Amos écarquilla les yeux de consternation.

— Attends une minute, dit le noble d'une voix froide, Armin…

Le petit blond savait très bien ce que son ami allait lui reprocher, il baissa davantage la tête en signe de honte.

— Tu savais ça depuis tout ce temps ? Tu avais la preuve irréfutable du meurtre de Marco sous les yeux et tu n'as rien dit ? Armin, pourquoi ?

La déception dans la voix d'Amos était perceptible par tous, Armin avait toujours été son camarade préféré, le seul qui l'avait impressionné par l'intelligence.

Les vétérans observèrent l'échangent entre les deux blonds avec un semi-intérêt, curieux de connaître la réponse d'Arlet.

— Parce que… murmura ce dernier d'une petite voix. Je n'ai pas voulu y croire.

Hannibal poussa un soupir résigné qui sonna aux oreilles d'Armin comme une insulte méprisante.

— Attendez une minute, lâcha Eren toujours déconcerté, qu'est-ce que Marco a à voir là-dedans ?

— Je ne sais pas, avoua Armin après que Mikasa ait posé une main sur son épaule tout en avertissant Amos du regard. Je ne sais pas pourquoi elle l'a tué.

Hannibal choisit de reprendre la parole avant que Jaeger n'ait une nouvelle occasion de balbutier.

— Jean ? C'est toi qui a identifié le corps de Marco, n'est-ce pas ?

Kirstein hocha la tête, le visage sombre.

— Je suis navré de te poser cette question, mais dans quel état était-il ?

Le natif de Trost grinça des dents, mais il parvint à trouver le courage de répondre :

— Mâché en deux… dans le sens de la longueur.

Amos acquiesça, et avala une gorgée d'eau avant de reprendre :

— Ce qui fait de cette preuve déjà irréfutable, une preuve accablante. Annie n'a pas pu simplement ramasser son équipement pour passer l'inspection, puisqu'elle n'a su qu'il y en aurait une qu'après avoir apprit que des titans avaient été capturés. Donc après que Trost ait été nettoyé. De plus, si Marco avait porté son équipement au moment de sa mort, celui-ci aurait été détruit, ce qui signifie qu'il a été enlevé juste avant qu'il ne se fasse dévorer.

Un profond sentiment macabre s'abattit sur les cadets présents, Eren avait perdu l'usage de la parole, ses yeux étaient exorbités d'incompréhension. Jean serrait les poings de rage en imaginant la détresse que son meilleur ami avait dû ressentir avant sa mort. Mikasa affichait une expression neutre et impassible, mais une pointe de fureur pouvait se lire dans son regard. Armin… Armin avait l'air si triste que sa meilleure amie fut très tentée de le prendre dans ses bras. Amos buvait tranquillement son eau en laissant la prédation se nourrir de ses ressentiments.

— Amos ? appela Armin d'une toute petite voix. À ton avis… Pourquoi est-ce qu'Annie aurait tué Marco ?

Le noble termina son verre, ses profonds yeux d'émeraude firent frissonner les cadets qui s'étaient tournés vers lui.

— Ce n'est qu'une théorie, finit-il par soupirer, mais je pense que ce pauvre Marco s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Qu'il a vu ou entendu quelque chose qu'il n'était pas supposé voir ou entendre, et qu'à cause de cela, Annie a dû être obligée de le faire taire…

Eren en avait assez entendu, il se leva d'un bond et abattit ses mains sur la table.

— Vous tous fous de soupçonner Annie ! On la connait depuis des années ! Comment…

— Eren ! aboya Amos avant Levi. Tu sais très bien que c'est elle, tu n'es pas complètement con ! Tu refuses simplement d'y croire, comme Armin !

Sur ces mots, le noble se leva pour foudroyer le métamorphe avec la prédation. Celui-ci effectua un mouvement de recul par pur réflexe tandis que Mikasa se levait à son tour, prête à défendre son frère adoptif.

— Est-ce que tu as confiance en Annie au point de risquer ta vie et le sort de l'Humanité toute entière tout en ayant tous ces faits sous le nez ? As-tu la moindre idée de ce qui t'arriveras si jamais tu tombes entre les mains de mon grand-père ? Je vais être honnête : ce n'est pas quelque chose que je souhaiterai à mon pire ennemi. Mais je sais que tu sais que c'est elle. Ce que je ne comprends pas c'est comment tu peux continuer à la défendre ? Elle a tué Marco. Elle a tué plus d'une centaine d'éclaireurs dont Eld, Gunther, Petra et Oluo. Elle a failli tuer Mikasa, elle a failli me faire la peau. Elle a même probablement participé à la Chute du Mur Maria pour l'amour du ciel ! RÉVEILLES-TOI !

Eren eut le sentiment de s'être de nouveau prit la botte du capitaine Levi dans la figure, il regarda le noble avec des yeux exorbité et une expression estomaquée. Il parcouru la table du regard en quête de soutien, mais tout ce qu'il vit ce fut les regards déçus et furieux de Jean, de Levi, et même de Mikasa. Vaincu, il se laissa tomber sur sa chaise.

Satisfait, Amos l'imita.

— Navré d'avoir crié, Major.

Ce dernier effectua un geste de main apaisant.

— Ce n'est rien, je ne peux qu'imaginer la situation dans laquelle vous vous trouvez.

Le reste de la réunion fut consacrée aux détails du plan de capture du Titan Femelle, l'ambiance fut pesante à souhait, mais fort heureusement, Eren se retint de décrocher le moindre mot.

Lorsqu'elle fut conclue, le Major accorda quartier libre aux cadets ainsi qu'au reste de ses hommes. Mais il retint Amos à la surprise des jeunes recrues. Levi ne quitta son siège que pour se servir une autre tasse.

— On va aller droit au but, dit le Capitaine en sirotant sa boisson, je te veux dans mon escouade.

Le noble haussa les sourcils de surprise, les deux hommes n'avaient pas eu le temps de discuter avant la réunion, cette décision avait donc dû être prise juste après l'expédition.

— Pourquoi ? demanda-t-il d'une voix impassible.

— T'as vraiment besoin d'une raison ?

— Si ce n'est pas trop demandé.

Erwin se pencha légèrement en avant, puis il joignit ses mains tout en fixant le grand blond droit dans les yeux. Ce dernier l'imita tout en arborant un sourire en coin méfiant.

— Au delà de tes compétences hors du commun, nous estimons que tu es le plus à même de garder Eren sous contrôle et de tirer le meilleur de ses capacités comme il nous l'a expliqué dans son rapport. De plus, avec la blessure du Capitaine Levi, il est nécessaire qu'un membre de son escouade garde un oeil sur lui pendant sa convalescence.

— Vous ne m'avez pas compris, coupa Amos en levant un doigt tout en employant un ton extrêmement sérieux. Je voudrai savoir, pourquoi tout à coup, vous êtes prêts à me confier le sort de votre meilleur atout ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter une telle confiance ?

Levi renâcla avec amusement tandis qu'Erwin esquissait un petit sourire. Hannibal fronça les sourcils, avant de regarder son dos par-dessus son épaule.

— Disons que la très grosse majorité de nos doutes se sont dissipés, répondit le Major en se levant, mais nous attendrons encore plus de toi à l'avenir. De plus… Je pense sincèrement que tu as les intérêts de l'humanité à coeur.

Ce fut au tour d'Amos d'esquisser un sourire, avant d'effectuer un salut digne de ce nom.

— « Me prenez pas pour un con non plus, s'il y a un truc qui foire c'est moi qui devrait m'expliquer devant la Cour, vu que c'est moi qui serait seul responsable d'Eren… Bien joué… Mais vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'au coude si vous croyez que je vais me laisser faire aussi docilement. »

Sur ces pensées, il prit congé de ses supérieurs après les avoir proprement salué.

— Il a compris ton manège, nota Levi en avalant une lampée de thé.

— Évidemment.

— Il avait pas l'air inquiet.

— Parce qu'il a déjà une parade, conclu Erwin en se levant avec le sourire aux lèvres.

Sourire qui n'échappa pas à son subordonné.

— On peut savoir ce qui te rend si heureux ? grogna-t-il avec agacement.

Le Major ne répondit pas tout de suite, il fixa l'une des bougies avec une fascination profonde.

— Je ne suis pas encore totalement sûr, admit-il finalement, mais je pense sincèrement qu'Amos Hannibal finira par être l'un de nos atouts majeurs si ce n'est pas déjà le cas.

Levi n'était évidement pas satisfait par cette réponse, aussi il se contenta de renâcler de mécontentement.

— Tu comptes me donner une vrai explication ou me casser les couilles avec tes énigmes jusqu'au diner ?

Erwin gloussa poliment avant de se diriger vers la sortie.

— Zackley est parvenu à me fournir son dossier psychiatrique, avoua-t-il en ouvrant la porte, c'est un garçon fascinant.

Consterné, Levi ne regarda même pas son supérieur partir, et se contenta de finir son thé.

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Avant d'aller prendre son petit-déjeuner, Amos choisit de sortir dans la forêt pour s'isoler dans ses pensées et fumer quelques cigarettes. La réunion l'avait franchement agacée, à tel point qu'il ne put s'empêcher de fulminer :

— « Le plan d'Erwin est voué à l'échec, » gronda-t-il intérieurement, « Annie est rusée comme une renarde et a fait preuve d'un excellent instinct de survie lors de l'Expédition. À aucun moment elle ne sera suffisamment stupide pour descendre dans un souterrain, elle préfèrera tenter sa chance en se transformant. Ce qui causera probablement des centaines de morts parmi la population de Stohess… »

Un éclair de réalisation traversa ses yeux d'émeraude, un sourire carnassier se dessina sur son visage.

— « Quel salopard, c'est exactement ce qu'il veut. Il veut que la menace des Titans parviennent jusqu'à Sina, il veut secouer la cage de ses habitants, les obligeant ainsi à prendre part au combat qu'ils le veuillent ou non. C'est un risque colossal qu'il prend, il pourrait très bien finir fusillé pour un truc pareil. Mais étant donné la situation délicate dans laquelle nous sommes, il est prêt à faire un tel pari. »

Amos sortit une cigarette de sa poche, et l'alluma tout en continuant à s'enfoncer dans la forêt.

— « Il est vrai que le Bataillon ne peut pas gagner cette guerre tout seul, mais je parierai ma main gauche que Grand-Père n'offrira qu'une participation minime à l'effort de guerre. Il laissera le Bataillon affaiblir l'ennemi avant d'y jeter ses propres forces pour faire d'une pierre deux coups. Le contrecoup sur la population sera plus grave encore, ceux-ci blâmeront les éclaireurs et non le gouvernement. Au contraire, Grand-Père saisira cette opportunité… Ce n'est pas bon du tout, Erwin est en train d'offrir sa gorge à la chauve-souris. La Court voudra sa tête. J'ai besoin de prendre mes précautions immédiatement sinon je vais perdre une grande partie de mes intérêts. »

Il prit très exactement deux minutes et onze secondes pour mettre sa parade au point, avant de sortir son carnet pour y encoder toutes ses instructions sur cinq pages différentes. Puis il siffla de nouveau Arryn qui surgit des arbres pour se poser sur son avant-bras.

— « Heureusement que je ne l'ai pas renvoyé, » songea-t-il en ajoutant ses bouts de papier dans le tube de cuir que portait le rapace, « Erwin est arrivé un peu trop vite après son faux-départ à mon goût. »

Sur ces pensées, il effectua une série de claquement de doigts après avoir nourrit le faucon et le laissa prendre son envol.

— « Je me demande ce qu'il a en tête, » continua-t-il de songer, « il n'est pas difficile de deviner ses motivations pour qui a lu le dossier des Brigades Centrales à son sujet. Mais j'avoue que je ne vois pas ce qui le rend si confiant pour contrebalancer tous les risques inconsidérés qu'il prend. Qu'est-ce qu'il… ? »

Amos fut brutalement interrompu dans ses pensées par un puissant cri de colère et de frustration :

— Espèce d'incompétent inutile ! Pourquoi est-ce que tu n'as rien dit ?! Tu n'es qu'un idiot ! À cause de toi des dizaines de personnes sont mortes pour rien !

Hannibal grimaça de mécontentement, avant d'hausser un sourcil en reconnaissant la voix du braillard.

Il avança dans la direction de ce dernier, et le trouva en train de hurler contre un arbre. Un sourire carnassier se dessina sur le visage du noble, il s'approcha à pas de loup, le regard possédé par la prédation.

— Tu ne sers à rien ! Tu n'es qu'un boulet pour les autres ! Tu ne seras jamais…

Sans crier gare, Amos l'emprisonna dans ses bras musclés, et poussa un cri sauvage dans son oreille. Horrifié, Armin hurla de terreur.

— Au secours ! À l'aide ! brailla-t-il en se débattant vainement de l'emprise de son bourreau.

Satisfait, le noble le relâcha et lui mit un soufflet derrière le crâne avant d'éclater d'un rire sincère.

— En voilà des manières, dit-il hilare, on a pas idée de hurler de si bon matin.

Arlet tomba à genoux, le souffle rauque et la main sur son coeur qui battait beaucoup trop vite.

— Putain… lâcha-t-il effaré, Amos… J'ai failli mouiller mon pantalon…

Le grand blond roula des yeux avec amusement avant de secouer la tête.

— Ça t'apprendra à me casser les oreilles et à m'interrompre pendant que je réfléchis, répliqua Amos avant de croiser les bras et de reprendre une expression sérieuse. Tu fais ça souvent ?

Armin ne répondit pas, il garda la tête basse et s'assit dans l'herbe.

— Seulement… Seulement quand je le mérite.

Hannibal poussa un profond soupir, avant de s'asseoir face à lui.

— Tu as un concept bien étrange du mérite et de la punition, nota-t-il en tirant sur sa cigarette.

Ce fut au tour du petit blond de pousser un profond soupir.

— Je ne comprends pas… Je ne comprends pas pourquoi je n'ai rien dit… la preuve était sous mes yeux…

— Quel vilain mensonge, dit Amos d'un ton las, tu n'as rien dit parce que tu es amoureux d'elle.

Armin rougit légèrement, mais le poids de sa culpabilité eut tôt fait de le rattraper.

— Avoue que tu te souviens de cette nuit.

Cette fois, Arlet releva subitement la tête, les joues bien roses et la bouche hagarde. Tandis qu'un souvenir bien distinct s'imposa dans la mémoire d'Hannibal.

(17 mois plus tôt)

Amos porta Mikasa comme une jeune mariée jusqu'à son lit. Là, il lui retira ses bottes, la glissa sous ses couverture et remonta son écharpe sur son nez.

— Je ne te laisserai plus jamais boire, dit-il tout bas avant de prendre le chemin de la sortie. « Et je ne boirai plus jamais en ta présence. »

C'est alors qu'une étrange odeur monta jusqu'à ses narines, il fronça les sourcils et parcouru le dortoir du regard.

Amos écarquilla les yeux d'horreur lorsqu'il repéra la source de ces effluves.

— Oh putain… de merde…

Là… à moins d'un mètre de lui, se trouvait le lit Annie. Lit dans lequel la petite blonde était nue comme un ver et avait la tête d'un Armin probablement tout aussi nu plongé dans sa poitrine.

— C'est pas vrai… soupira-t-il en secouant la tête tout en se frappant le front, mais c'est pas vrai…

(-)

— C-c-c-comment, bredouilla Armin le visage écarlate.

— À ton avis, qui t'as rhabillé et remit dans ton lit ?

À ces mots, le petit blond manqua de mourir d'embarras, il plongea sa figure dans ses mains.

— J'ai dû réveiller Annie après ça, continua Amos, pour lui donner un contraceptif. Je crois qu'elle a évacué toute la colère qu'elle avait ressentit contre moi ce soir-là en me charcutant le dos.

Ces révélations-ci ne firent qu'ajouter de l'huile sur le feu, Armin ne savait pas du tout comment réagir à se genre de situation, il se contenta donc de se recroqueviller sur lui-même dans l'espoir vain que le sol ne finisse par l'avaler.

— C'est la raison pour laquelle je ne t'en veux pas tant que ça, admit le grand blond en tirant tristement sur sa cigarette. C'est à cause de moi que vous avez fini dans cette situation. Je suis désolé Armin.

La jeune recrue oublia momentanément son embarras, et releva la tête.

— Qu'est-ce que tu racontes ? En quoi est-ce que c'est ta faute ?

— J'avais naïvement cru qu'une petite fête nous ferait le plus grand bien, grogna le noble avec frustration, mais j'aurais jamais dû faire boire qui que ce soit. Ça a tellement dégénéré… Entre Mikasa qui était dans un état absolument lamentable et Annie et toi… Ouais, on peut dire que j'ai bien merdé.

— Tu n'aurais pas pu savoir, voulu rassurer le petit blond, tout ça partait d'un bon sentiment.

— Et regarde le désastre que ça a causé, renâcla Hannibal en écrasant sa cigarette. C'est pour ça que je ne t'en veux pas, cette situation n'est que la suite d'une accumulation d'erreurs. Inutile d'essayer d'en porter toute la responsabilité.

Armin acquiesça doucement, il se sentait un peu mieux… mais il n'arrivait pas à contenir sa colère envers lui-même.

— Tu dois penser que je suis ridicule, lâcha-t-il soudainement en serrant ses poings contre ses cuisses, je suis tombé amoureux du Titan Femelle…

— Cesse de raconter des conneries, réprimanda Amos avec sévérité en lui collent une taloche sur la tête.

Surpris, Arlet le fixa avec interrogation.

— Tu n'es pas tombé amoureux d'un titan, tu es tombé amoureux de la fille qui peut se transformer en titan. La déshumaniser te fera beaucoup plus de mal que de bien, ça tu peux me croire sur parole. Annie… n'est pas un monstre ou une diablesse sortie de l'Enfer. Elle est bien celle que nous avons toujours connu, celle que tu aimes. Elle n'est simplement… pas dans notre camp.

Les mots du noble écrasèrent le petit coeur d'Armin tel un coup de marteau sur un morceau de cristal. Pendant un très long moment, il resta paralysé sur place tandis qu'une cascade de larmes coulait le long de ses yeux, puis enfin il finit par céder, et éclata en sanglots en plongeant son visage dans ses mains. Amos s'approcha et le prit dans ses bras.

— P-p-p-pourquoi ? hoqueta-t-il. Pourquoi est-ce qu'elle m'a épargné ?

Le noble n'était même pas surpris par cette nouvelle information, il se contenta de caresser le dos de son camarade.

— Parce qu'elle aussi, elle t'aime.

Armin n'y tint plus, et s'enferma dans son chagrin, à pleurer et gémir sa peine et sa tristesse pendant près d'une heure entière. Hannibal le tint fermement au sein de ses bras protecteurs, sincèrement désolé pour son ami.

Lorsqu'Arlet finit enfin par se calmer, Amos lui tendit un mouchoir afin qu'il se mouche.

— Elle aurait mieux fait de me tuer, avoua le petit blond avec tristesse. Maintenant… je… je sais qu'elle a des complices.

Le noble écarquilla subitement les yeux, et se pencha légèrement en avant.

— Laisse-moi deviner, Reiner et Bertholdt ?

Armin acquiesça en essuyant ses larmes.

— J'imagine que tu as fais le rapprochement entre leurs origines communes, devina-t-il.

— Bingo, mais je n'ai aucun autre élément. Qu'est-ce qui te rend si sûr ?

Le petit blond prit un temps pour mettre ses émotions sous contrôle, avant de finalement révéler :

— Reiner m'a expressément demandé mon opinion concernant la position d'Eren dans la formation. Et lorsqu'on a affronté la… Annie, j'ai suggéré que l'on porte tous nos capuches afin de semer le doute dans l'esprit d'Annie. Car elle ne prendrait pas le risque de tuer Eren… Reiner… Reiner a enlevé sa capuche avant de l'attaquer. Annie l'a attrapé dans sa main, mais au lieu de le tuer rapidement comme elle l'a fait avec tous les autres… elle l'a simplement caché derrière ses doigts en faisant croire qu'elle l'écrasait lentement. Après cela il s'est libéré, puis il s'est empressé de nous encourager à nous replier pendant qu'Annie regardait la paume de sa main. Je pense… Je pense que Reiner y a gravé la position d'Eren, car elle s'est aussitôt précipitée dans sa direction.

Un petit moment de silence pesant s'écoula, avant qu'Amos ne se mette à applaudir son ami.
— Beau travail, Armin, complimenta-t-il satisfait, je suppose que tu as fait part de ces informations au Major ?

Le petit blond acquiesça doucement.

— Tu as raison, tu sais ? Elle aurait dû te tuer, elle ne l'a pas fait et maintenant ses complices sont exposés.

Comme Arlet ne réagit pas, il se leva et poursuivit tout en sortant une autre cigarette :

— Tu aurais dû la dénoncer quand tu as compris que c'était elle qui avait tué Marco, tu ne l'as pas fait, et nous nous sommes engagés dans une expédition pour déterminer la meurtrière de nos deux titans, alors que l'un d'entre nous savait déjà de qui il s'agissait.

Cette fois, le petit blond baissa la tête avec honte. Amos tourna les talons et commença à partir

— Armin ? Annie et toi êtes en train de jouer à un jeu duquel vous sortirez tous les deux perdants quoiqu'il arrive. À un moment donné ou à un autre… l'un d'entre vous va cesser de faire des concessions. Je te demande simplement de faire en sorte que ce soit toi qui le fasses en premier.

Arlet releva la tête, et regarda son camarade partir.

— L'amour est la mort du devoir, petite tête. Et le devoir est la mort de l'amour. Fais ton choix, mais n'oublie pas qu'Annie est parfaitement capable de renoncer à son humanité. La question c'est maintenant de savoir si toi tu en es capable.

Sur ces mots, Amos disparut derrière les arbres sans se retourner.

Armin passa les quelques minutes qui suivirent à cogiter avant de s'allonger dans l'herbe et de regarder le ciel avec regret.

(-)

La journée d'Amos fut… éprouvante à défaut de trouver un meilleur mot. Entre la réunion, la crise d'Armin, Eren qui n'adressait la parole à personne et Levi qui ne loupait jamais une occasion de lui mettre une tape dans le dos. Oui, il pouvait affirmer qu'il passait une mauvaise journée. Aussi ne fut-il pas trop heureux de pouvoir finalement se retrancher dans sa chambre au court de l'après-midi pour réparer son équipement tridimensionnel. Le tout en songeant aux multiples façons possibles d'envoyer Annie au tapis.

Il se leva de son bureau pour aller ouvrir une caisse dont il sortit des grenades fumigènes, il sortit d'authentiques grenades d'une autre, puis il les attacha à sa ceinture.

Ensuite il se déshabilla pour recouvrir son corps des différents mécanismes et armes secrètes qu'il avait confectionné lors de ses années passées dans les Brigades Hannibal, avant de se rhabiller pour les dissimuler.

Il jeta un coup d'oeil à sa montre pour réaliser qu'il était temps pour lui d'effectuer ses corvées, et descendit dans l'écurie au sein de laquelle il eut la désagréable surprise de trouver Mikasa en train de balayer le sol.

— « Et merde… »

— Salut, fit-il tout haut en s'emparant d'un balais à son tour, comment va Eren ?

L'orientale remonta son écharpe sur son nez.

— Il n'a pas décroché un mot depuis la réunion, il a beaucoup de mal à accepter que…

— Les murs ont des oreilles, prévint Amos en commençant à balayer. Fais attention à ce que tu dis.

Mikasa se mordit la langue, avant de jeter plusieurs coups d'oeil autour d'elle, et de froncer les sourcils en réalisant quelque chose.

— Est-ce que c'est comme ça que tu as toujours vécu ? demanda-t-elle subitement.

Amos n'en crut pas ses oreilles, comment la conversation a-t-elle pu dériver sur lui aussi vite ?

— Plus ou moins, admit-il d'une voix distraite en se concentrant sur sa corvée, dans la noblesse tout le monde peut-être un traitre, que ce soit ta nounou ou même ta propre mère. L'information étant le nerf de la guerre, les espions sont légions. Les fratricides étant également monnaie courante, il est impératif de surveiller chacune de ses paroles. Le moindre détail compte, car il suffit d'une erreur pour renverser toute une famille.

La métisse resta interdite, à ce stade elle n'était plus surprise, juste exaspérée.

— Est-ce que c'est pour ça que tu ne te confies pas ?

Le grand blond leva les yeux au plafond, à ce stade il n'était même plus surpris, juste consterné.

— Qu'est-ce que tu racontes encore ?

— Tu passes ton temps à encourager les autres à se confier à toi, « le Conseiller » est ton surnom pour une raison. Tu nous a tous aidé à régler nos problèmes, à faire le ménage dans nos têtes, à… rattraper nos erreurs. Mais à aucun moment tu ne t'es confié sur ce que tu ressentais, à aucun moment tu n'as fais le ménage dans TA tête.

— « Quelle farce, je le fais presque toutes les semaines. »

— Et tu penses que je vais me confier à toi ? manqua-t-il de ricaner. Sans vouloir t'offenser Mikasa, si j'ai envie de me confier je vais voir ma soeur, pas toi.

L'orientale s'arrêta soudainement de balayer, et le fixa droit dans les yeux.

— Pourquoi tu le ferais ? Tu ne l'as jamais fait. Quand elle m'a parlé de votre relation elle ne faisait que décrypter ton comportement, mais même elle ne sait pas ce qui se trame dans ta tête.

Amos serra légèrement les dents, il se sentait coincé car il n'avait pas de justification supplémentaire à proposer. Aussi il changea de stratégie :

— Tu peux donc en conclure que je n'ai pas envie d'en parler, soupira-t-il avec lassitude et que mes problèmes ne te regardent absolument pas. Maintenant arrête, veux-tu ? Si tu fais ça pour « payer ta dette », laisse-moi te dire que tout ce que tu arrives à faire c'est me casser les couilles. Alors s'il te plait, et pour l'amour du ciel, laisse-moi tranquille avant que ça ne dégénère.

Sur ces mots, il s'en alla balayer un peu plus loin, mais Mikasa s'obstina à le suivre.

— Tes problèmes me regardent quand tu en souffres constamment, Amos, affirma-t-elle en le retenant fermement par le bras.

Hannibal faillit exploser en entendant une pareille énormité, il se retourna avec la vivacité d'un serpent, les yeux posséder par une prédation qui menaçait de crever le plafond. L'orientale effectua un mouvement de recul, mais elle ne se démonta pas pour autant.

— Mikasa… commença-t-il d'une voix froide comme la mort, pourquoi diable cela te regarderait-il ? Je ne suis pas Eren ou Armin, je ne suis pas ta famille et tu n'es pas ma nounou. Je te considère comme une amie, ça je te l'accorde, mais explique-moi donc pourquoi je devrai t'en parler plutôt qu'à ma soeur ou à Ymir ?

L'orientale serra les dents, et prit une inspiration si profonde que ses yeux de jais pétillèrent d'une lueur déterminée.

— J'admets… dit-elle après un très court moment d'hésitation, j'admets que j'avais tort. Lorsque je t'ai confronté derrière le QG. Je croyais bien faire en t'encourageant à te défendre, mais il m'a fallu du temps pour comprendre que tu ne t'es battu que dans le seul et unique but de me repousser. Et après ce que tu as fais lors de l'Expédition, après que tu m'ai protégé… J'ai compris que tu m'avais rejeté pour me protéger de toi.

Hannibal écarquilla les yeux tandis qu'Ackerman fit un pas de plus en avant. Il recula par pur réflexe, mais elle refusa de s'arrêter pour autant.

— Tu as peur, conclut-elle sans s'arrêter alors qu'il recula de plus belle. Amos… Cesse de te cacher, je sais que tu te planques à chaque fois que quelqu'un s'approche. Mais je n'ai pas peur de toi, je veux t'aider. Je… S'il te plait… Tu souffres en permanence, tu te détruis petit à petit et tu l'acceptes comme si c'était inévitable et nécessaire. Comme s'il n'y avait pas d'autre moyen. Laisse-moi t'aider.

Ils restèrent plantés là, sans dire un mot, pendant presque deux minutes. Mikasa finit par s'approcher davantage, son regard était inflexible, mais il était également doux et implorant.

Amos haletait à mi-souffle, s'efforçant tant bien que mal de cacher ses émotions. Il était fatigué, il était tellement fatigué…

— Pourquoi ? finit-il par souffler en laissant ses épaules s'affaisser. Pourquoi tu veux faire ça ? Qu'est-ce qui te motive ? Qu'est-ce qui te pousse à faire un truc pareil ?

La métisse relâcha sa garde à son tour, et remonta son écharpe sur son nez.

Elle ouvrit la bouche, mais les mots moururent sur ses lèvres, elle se mordit la langue et finit par répondre finalement :

— Personne ne le voit, tu le caches vraiment bien… Mais moi… moi je le vois tout le temps. Je le vois depuis… depuis… depuis qu'on a parlé sur le porche du dortoir il y a deux ans. Mais ces derniers temps… Depuis Trost… depuis que je sais que tu es noble et depuis que je sais dans quel genre de milieu tu as grandis… je le vois sous un autre jour et… et ça me fait mal de te voir comme ça. Amos… Pourquoi est-ce que tu te détestes autant ?

Hannibal fronça les sourcils d'exaspération pour masquer sa peur, puis il se prit la tête dans la main pour y soupirer aussi profondément que possible. Qu'est-ce qu'il était fatigué.

— Tu m'épuises, finit-il par lâcher. Je ne sais pas comment tu arrives à faire ça, comment tu arrives à briser ma carapace…

Il retira sa main, et regarda son interlocutrice droit dans les yeux.

— Pour être franc… tu me terrifies.

Mikasa observa fixement ses pupilles d'émeraude de son regard impassible, puis elle s'approcha d'un pas hésitant, avant de refermer ses bras autour du grand blond.

Amos écarquilla les yeux de stupeur, encore plus lorsqu'il sentit ses lourdes émotions se dissiper peu à peu.

— Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il d'une voix incrédule.

L'orientale aurait remonté son écharpe sur ses joues si jamais son interlocuteur avait été capable de les voir, au lieu de cela, elle se contenta de le serrer davantage tout en épargnant son dos.

— Tu avais l'air d'avoir besoin d'un câlin, finit-elle par dire en esquissant un très léger sourire, tu faisais cette drôle de tête.

Amos haussa les sourcils.

— Tu te souviens de ça ?

Mikasa ne répondit pas, elle était bien contente qu'ils étaient seuls.

— C'est un peu bizarre, commenta-t-il sobrement.

— Mais ce n'est pas désagréable, répondit-elle de la même façon.

— Non c'est vrai.

Silence totale.

— Pitié, reprit le blond, ne me demande pas de chanter.

Mikasa éclata d'un petit rire sincère et resserra son étreinte, Amos la suivit quelques secondes plus tard et referma ses bras autour de la taille de la jeune fille.

Il s'écoula un court moment de silence, avant que le noble ne reprenne la parole :

— Il vaudrait mieux que l'on finisse nos corvées avant l'inspection du Capitaine Levi, sinon on y sera encore demain.

— Amos… prévint l'orientale.

— Je n'essaye pas de m'enfuir, avoua-t-il à mi-voix en s'efforçant de contrôler sa terreur et sa honte, je… je vais… je vais t'en parler… un peu… mais après le service.

Mikasa écarquilla les yeux en entendant cela, elle sentit son propre visage rayonner de bonheur et de soulagement face à cette victoire inespérée. Puis elle se calma, et posa sa tête contre l'épaule du jeune homme.

— Merci, murmura-t-elle.

— « Pourquoi est-ce que tu me remercies ? » songea-t-il en ravalant ses larmes. « Pourquoi est-ce que tu… ? Comment est-ce que tu…? Qui es-tu ? »

— Mikasa ?

— Oui ?

Amos prit plusieurs grandes inspirations avant de finalement lâcher :

— Je suis désolé.

L'orientale haussa un sourcil avant de relever la tête pour croiser le regard triste du blond.

— De quoi es-tu désolé ?

— Je… commença Amos avant de se raviser, tu comprendras tout à l'heure.

La métisse ouvrit la bouche pour insister, avant de malencontreusement serrer l'une des cicatrices du jeune homme. Sa crispation l'arrêta dans son élan.

— D'accord, dit-elle sans réfléchir avant de le lâcher, on parlera plus tard.

Ils finirent leur corvée sans ajouter un mot de plus. Et lorsque Levi vint vérifier leur travail, il remarqua le sourire en coin qu'arborait l'orientale et l'inquiétude à peine masquée du noble. L'éclaireur les libéra après avoir été satisfait par leur labeur. Les deux adolescents dînèrent en silence avec leurs camarades, avant de se retrancher dans la chambre du grand blond pour que celui-ci confesse ses pêchés et ses regrets.

Ce dernier parla, encore et encore, jusqu'à faire pleurer la métisse à de nombreuses reprises. Néanmoins, aucune de ses paroles ne fut plus puissante que le sobriquet qu'il révéla. Le sobriquet d'une démone.

Mikasa frissonna et écarquilla les yeux d'horreur en entendant la moitié des crimes de la créature à forme humaine.

La Sorcière Noire d'Orvund.

Le monstre qui hantait constamment la tête d'Amos.