Et voilà, la suite est enfin là. Ca faisait un moment que je n'avais rien publié, je m'en excuse. En attendant, je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à tout de suite.
DISCLAIMER : Les personnages appartiennent aux studios d'animation Disney/Pixar et Dreamworks. En revanche, l'histoire m'appartient. Merci de ne pas plagier !
C'était affreux. La respiration sifflante, les yeux gonflés, totalement bloquée dans cet état pitoyable, Raiponce croyait vraiment qu'elle n'allait jamais s'en sortir. Sa grippe s'annonçait visiblement bien pire que prévue. Au début de la semaine, tout allait plutôt bien, quand elle avait commencé à perdre sa voix ainsi que son odorat. Depuis la veille au soir, elle était donc couchée dans son lit sous une montagne de couvertures, complètement aphone, et dans l'incapacité totale de respirer autrement que par la bouche.
« Ne t'en fais pas, je te récupérerai les cours, la rassura Elsa en replaçant un oreiller qui tombait par terre. Essaie de te reposer, d'accord ?
-Et essaye de ne pas te noyer dans ta morve avant qu'on ne revienne ! Ajouta Anna depuis le couloir. Allez, vient Elsa, on va rater notre bus. »
Raiponce voulu lui répondre par une pique, mais elle ne réussit qu'à provoquer une nouvelle quinte de toux. Habituellement, l'adolescente ne tombait jamais malade : quand elle sentait un mal de tête ou de ventre arriver, il lui suffisait de chanter pour que la douleur disparaisse instantanément. C'était l'avantage d'avoir des pouvoirs magiques ! Cependant, sa voix étant portée disparue, elle devrait subir sa maladie jusqu'à ce qu'elle ne soit revenue. A côté d'elle, son réveil affichait 7:32. Sans ses deux cousines, la journée allait être bien longue.
« Je vais le tuer.
-Mérida, calme-toi. »
Assise à une table, les poings serrés, Mérida fulminait contre son meilleur ami. Anna tentait de la raisonner d'un air distrait, plus intéressée par le contenu de son assiette que par l'énervement de son amie.
« C'est la troisième fois qu'il me fait ce coup-ci ! S'écria la rouquine, indignée. Il ne m'a même pas calculé !
-J'ai cru comprendre, oui. Il ne faisait peut-être pas attention ? Il est occupé.
-Un peu trop à mon goût. Depuis qu'il est rentré de Beurk, je n'ai même pas pu le voir une seule fois. J'ai vu Krokmou plus souvent que lui ! Rajouta-t-elle à voix basse pour ne pas se faire entendre sur ce point.
-Il est avec Astrid, faut se faire une raison. »
Mérida planta sa fourchette dans sa purée et croisa les bras : ces prises de tête lui coupaient l'appétit. Encore une fois, elle avait demandé à Harold un peu de son temps, mais celui-ci avait refusé sous prétexte d'un repas avec sa petite amie. Cela n'aurait pas dérangé la rouquine outre mesure si Harold ne lui avait pas raconté la chose suivante : Astrid était jalouse de Mérida, et commençait à s'énerver contre son petit ami lorsque celui-ci voulait voir sa meilleure amie en tête à tête.
« Pour qui elle se prend, sans rire ? J'ai fait l'effort de l'accepter dans notre groupe, quand bien même c'était une peste au collège, et elle veut m'empêcher de voir MON meilleur ami ?! »
Anna se recula dans son siège et soupira longuement avant de fixer Mérida d'un air exaspéré :
« Si ça t'énerve tant que ça, pourquoi tu ne vas pas simplement en parler avec Astrid ? »
Cette fois-ci, ce fut Mérida qui poussa un long soupir d'exaspération. Elle y avait déjà pensé, plusieurs fois même. Seulement, sa fierté l'empêchait d'avouer à Miss-parfaite qu'elle était jalouse d'elle. Jalouse de toute l'attention qu'Harold lui donnait, attention qu'il partageait auparavant avec sa meilleure amie. De plus, elle se disait qu'Astrid non plus ne venait pas lui dire directement ce qui la dérangeait : ainsi, pourquoi serait-ce à Mérida de faire le premier pas pour arranger les choses ? Selon elle, ce n'était pas à elle de le faire.
Lorsque Jack, Flynn et Elsa arrivèrent à table avec leurs plateaux, ils furent surpris par l'ambiance d'enterrement qui y régnait :
« C'est la journée déprime ? Demanda Flynn en prenant place à côté d'Anna. On dirait que tu vas t'endormir dans ton assiette, et que Mérida va planter quelqu'un.
-Tout juste. »
Quant à savoir qui d'Astrid ou d'Harold, la rouquine hésitait toujours. Elle expliqua ce qui la dérangeait aux garçons, tandis qu'Elsa observait discrètement sa sœur : celle-ci avait de longs cernes violacés sous les yeux, et semblait plongée dans des pensées bien sombres. Anna agissait comme ça depuis plusieurs jours, mais refusait de donner une explication valable. Souvent, elle disait être fatiguée, ou déprimée à cause des cours. Mais Elsa sentait que sa jumelle souffrait d'un autre mal, sans pour autant savoir de quoi il s'agissait.
« Je commence à pencher de ton côté, Mér', fit Jack tout en mangeant ses pommes de terre. J'ai l'impression qu'Astrid a de plus en plus d'influence sur Harold, et ça commence un peu à m'embêter. »
Elsa ne releva pas. Elle qui parlait presque chaque soir avec Harold auparavant, ils ne s'envoyaient maintenant qu'un message de temps à autre, histoire de demander où se trouvait l'autre avant les cours. Leurs discussions sur les livres ou films qu'ils avaient vus commençaient à lui manquer un peu, ainsi que le réconfort qu'il lui apportait dans ses moments de doute.
« En tout cas, j'ai hâte que cette semaine se termine. Ça vous dirait qu'on se fasse un cinéma ? Demanda Jack.
-Pas pour moi, j'ai déjà un truc de prévu, expliqua Flynn. D'ailleurs, les filles, je pourrais rentrer avec vous ce soir ? Il faut que je voie Raiponce. »
Tout le monde se stoppa en entendant cela et fixa Flynn avec des yeux ronds. Jack avait un léger sourire en coin mais ne dit rien, à la grande surprise d'Elsa. D'habitude, le jeune homme ne se gênait pas pour faire des remarques. Elsa et Anna approuvèrent, et ils finirent leur repas en discutant des cours.
Alors qu'ils allaient sortir de table, Harold les rejoignit rapidement, Astrid se tenant en retrait non loin de la sortie.
« Mér' ! Je te cherchais justement !
-Que c'est étonnant, marmonna-t-elle. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je voulais te demander si tu étais là ce week-end. »
Les quatre autres virent le visage de Mérida perdre son air crispé, et ses poings se relâcher en entendant ces mots. Elle lui adressa alors un sourire et répondit par l'affirmative :
« Ouf ! Tu me sauves la vie… est-ce que tu pourrais venir t'occuper de Krokmou ? Je dois passer le week-end chez la mère d'Astrid, alors je ne serais pas dans le coin pour le nour… ça ne va pas ? »
En entendant cela, le visage de Mérida s'était figé dans une expression d'indignation et de déception. Pour qui la prenait-elle ? Sa baby-sitter ? Sans attendre la fin de sa demande, elle avait remis rageusement son téléphone dans son sac et s'était levée pour aller rendre son plateau. Avant de quitter la table, elle croisa le regard d'Astrid, qui observait la scène de loin, l'air assez mal à l'aise. Mérida se retourna alors vers son meilleur ami :
« Tu as beau être fou amoureux de ta chère Astrid, je ne suis pas une pigeonne, et encore moins la baby-sitter de ton dragon ! cracha-t-elle en baissant le ton sur ce dernier point. Si tu veux choisir entre ton couple et tes amis, soit. Tant mieux pour toi. Mais lorsque tu auras besoin de soutien et que tu te retrouveras seul, ne vient pas te plaindre en nous reprochant de ne pas être là pour toi. »
Elle partit remettre son plateau, tandis qu'Harold interrogeait ses amis du regard, totalement abasourdi. Se passant une main derrière la nuque, il sursauta lorsque Mérida revint et lui lança :
« J'irai m'en occuper ce week-end, mais je le fais pour lui. Pas pour toi. »
Elle quitta alors la cantine, la tête haute, jetant au passage un regard noir à Astrid, qui avait pour une fois laissé sa fierté habituelle de côté.
Une fois sortie, elle se dirigea vers l'extérieur et s'assit sur un banc, respirant un bon coup pour que sa colère retombe. Le temps était plutôt doux pour un mois d'octobre, et les feuilles teintées de mille couleurs volaient dans les airs, portées par le vent. Elle fut rejointe quelques instants plus tard par Jack, qui semblait plutôt pensif. Lorsqu'il ouvrit la bouche pour prendre la parole, Mérida le coupa directement :
« Je sais que je n'aurais pas dû lui dire ça. »
Jack la regarda, comme s'il la jaugeait du regard, ce qui fit rougir son amie. Elle se recula contre le dossier et mit ses mains dans les poches de son sweat, fixant les gens qui passaient non loin d'ici.
« Je pense que tu as eu raison, déclara finalement Jack.
-C'est vrai ?
-Hum hum… c'est vrai que c'était peut-être un peu violent, d'ailleurs Harold n'a pas très très bien réagi… mais si ça peut lui faire comprendre qu'il est stupide, alors tu as eu raison. Il se laisse manipuler par Astrid, et on ne le voit même plus. Il faut qu'il le comprenne.
-Qu'est-ce qu'il a dit lorsque je suis partie ?
-Il s'est énervé lui aussi. Anna a pris ta défense, elle avait l'air assez à cran d'ailleurs, et quand il a demandé à Elsa et à moi ce qu'on en pensait et qu'on a également pris ton parti, il a dit qu'on était tous stupides et il est sorti. »
Mérida fut choquée d'entendre ça. Harold ne s'énervait pratiquement jamais, et le fait qu'il ait dit cela à ses propres amis était assez étonnant. Elle soupira longuement, en cœur avec Jack, et ils se mirent à rire tous les deux :
« Cette année est vraiment…spéciale.
-Tu l'as dit ! approuva la jeune fille. Et j'ai bien l'impression que ce n'est que le début. »
Derrière eux, la sonnerie retentit, annonçant la fin de leur pause méridienne. Ils récupérèrent leurs sacs et se dirigèrent vers les salles d'entraînement, exilées dans l'aile ouest du bâtiment.
Elsa et Anna, un peu à l'écart, discutaient avec animation. Elles arrêtèrent de parler lorsque Jack et Mérida les rejoignirent, et ils se séparèrent pour rejoindre leurs différents groupes.
« Prête à te défouler ? demanda Flynn avec un sourire à Mérida.
-J'espère que c'est un cours de pratique, je n'ai pas vraiment la tête à faire de la théorie aujourd'hui. »
Après quelques minutes d'explications, le vœu de Mérida fut exaucé, et ils se dirigèrent tous vers la grande salle d'entraînement. Les murs et le sol étaient recouverts de tapis en mousse pour éviter de se blesser. Habituellement, c'était le groupe de danse qui s'entraînait ici.
« Bien ! s'exclama Bunnymund face à ses élèves. Aujourd'hui, le groupe des p'tits génies ne combattra pas mais va s'occuper de quelques petites recherches. Comme on est en demi-groupe, on va pouvoir s'entraîner un peu plus sérieusement sur vos techniques de défense. Pour que vous soyez un peu plus motivés, on va faire une sorte de mini-tournoi. »
Il demanda tout d'abord à Phoebus de faire une démonstration pour se remémorer les mouvements appris les semaines précédentes. Malgré la carrure impressionnante du jeune homme, Bunnymund finit par en venir à bout en le plaquant au sol, le bras coincé dans le dos dans un angle assez inquiétant. Il se releva et aida son élève à se relever, non sans être essoufflé par l'effort qu'il venait de fournir :
« Bien ! Mettez-vous par deux, essayez d'affronter le plus de personnes possibles. Les matchs filles garçons sont bien entendus autorisés, mais évitez de vous acharner sur plus faible que vous. Des questions ? »
Chacun garda le silence, et ils se répartirent deux par deux pour s'entraîner. Mérida rejoignit Anna, et vit que celle-ci n'avait clairement pas la détermination de se battre contre qui que ce soit.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? lui demanda Mérida.
-Rien, je suis simplement fatiguée, répondit-elle en détournant le regard.
-Tu en es sûre ? Tu n'as vraiment pas l'air dans ton assiette depuis quelques jours. »
Mérida croisa le regard de sa meilleure amie pendant quelques instants. Celle-ci sembla hésiter à lui dire quelque chose, l'espace d'une seconde, mais se ravisa et se prépara pour l'entraînement. Mérida préféra donc abandonner pour le moment, et se mit en position. Etant mieux entraînée et plus musclée que la jeune fille, elle la mit au tapis assez rapidement, en faisant attention à ne pas lui faire mal. Les combats s'enchaînaient assez rapidement, certains réussissant mieux que d'autres. Mérida venait de finir son combat contre Esmeralda (qu'elle avait gagné avec facilité) lorsqu'elle se retrouva face à Astrid. Il s'agissait de sa dernière adversaire, et malgré elle, elle ne put s'empêcher de vouloir à tout prix le gagner. Son esprit de compétition ajouté à son énervement rendait ce combat bien plus significatif que n'importe quel autre.
Astrid la jaugea du regard d'un air indéfinissable :
« Prête ?
-Prête. »
Les deux jeunes filles se tournèrent autour, cherchant où frapper pour déstabiliser l'autre. L'une championne de tir à l'arc, cavalière aguerrie et à la force impressionnante. L'autre championne d'athlétisme et d'escrime. La force contre la vitesse.
Astrid fut la première à frapper : elle leva sa jambe rapidement et voulut l'avoir au ventre, mais Mérida fit un bond sur le côté pour l'éviter. S'ensuivit alors des échanges rapides et précis, chacune essayant de trouver une faille dans l'attitude de l'autre. Tout le monde s'était arrêté pour regarder ce combat de tigresses.
Harold, dans un coin de la salle, retenait son souffle. De sa petite amie ou de sa meilleure amie, il ne savait laquelle aurait raison de l'autre. Tout ce qu'il savait, c'était que peu importe l'issue de ce combat, leur animosité n'en ressortira que plus grande.
Au centre de la salle, Astrid avait réussi à agripper Mérida par le bras et à le lui tordre dans le dos, lui arrachant un cri de douleur, mais celle-ci étant plus forte et plus grande qu'Astrid, elle la tira vers elle et la fit passer par-dessus son dos. Astrid atterrit au sol avec un bruit sourd, et étouffa son cri de douleur avant de tirer la jambe de la rouquine pour la faire tomber à son tour. Les deux jeunes filles étaient maintenant au sol, aussi agacée l'une que l'autre.
Monsieur Bunnymund, en voyant qu'Astrid et Mérida allaient se relever pour y retourner, décida de calmer le jeu et d'arrêter le match, félicitant les deux jeunes filles. Astrid avait des mèches blondes qui volaient dans tous les sens, tandis que Mérida avait le visage rouge de colère et de fatigue.
Harold, quant à lui, était soulagé que cela soit enfin terminé.
« Eh bien ! C'était un entraînement musclé, visiblement. Bien, on va en rester là pour aujourd'hui, vous vous êtes bien débrouillés. N'oubliez pas qu'à la prochaine séance, on fera de nouveaux exercices. N'oubliez pas vos tenues de sport ! Vous pouvez y aller. »
Mérida quitta la salle rapidement, ne souhaitant pas donner d'explication aux autres. Elle était déjà assez furieuse d'être tombée de façon aussi stupide. Cependant, quelqu'un en avait décidé autrement, et alors qu'elle marchait, Harold se retrouva devant elle, les bras croisés :
« Quoi ?
-Tu étais vraiment obligée de t'en prendre à elle ?
-Je te demande pardon ? s'exclama Mérida. C'était un entraînement ! Ca n'avait strictement rien de personnel. »
Alors qu'Harold allait rétorquer, Astrid arriva derrière lui et posa une main sur son épaule, l'air assez gênée.
« Laisse, Harold. Mérida a raison, ce n'était qu'un entraînement. Au fait, ajouta-t-elle en s'adressant à la jeune fille, désolée de t'avoir fait tomber.
-Désolée de t'avoir balancée contre le sol. » marmonna-t-elle en guise de réponse.
Le jeune brun resta silencieux face à cet échange, mais garda un regard plein de rancœur, un regard que jamais encore Mérida n'avait vu dans ses yeux. Et ce regard lui avait été destiné. Malgré elle, elle eut envie de fondre en larmes.
Elle fut rejointe par Jack, Elsa, Anna et Flynn, qui semblaient plutôt inquiets, ayant suivis cet échange de loin. Mérida fit comme si de rien n'était, mais Elsa l'enveloppa tout de même sous son bras, sentant la détresse silencieuse qui bouillonnait en elle.
Ils quittèrent le lycée et prirent tous le bus pour aller prendre un bon chocolat chaud au Lucky Cat Coffee, laissant ainsi de côté cette horrible journée.
De son côté, Harold semblait dans un état second, entre la peur et l'incompréhension. Il ne comprenait pas ce qu'il s'était passé cet après-midi. Bien entendu, il avait été agacé par le comportement de Mérida, mais jamais il n'aurait pensé agir de la sorte. C'était comme si une présence s'était emparée de lui l'espace d'un instant, accentuant sa colère à un point qu'il n'aurait pas imaginé. Astrid lui avait dit que ce n'était rien, que c'était sans doute dû à la fatigue, mais quelque chose en lui lui indiquait qu'il y avait autre chose derrière tout ça. Et cela n'avait vraiment rien de rassurant.
A l'intérieur du café, l'atmosphère s'était un peu détendue. Flynn, à grand renfort de blagues et d'imitations ratées, avait réussi à faire sortir les quatre amis de leur silence et de leur mauvaise humeur. Anna elle-même semblait presque détendue, buvant tranquillement son chocolat chaud, bien au chaud sous sa grosse écharpe. Jack et Elsa se partageaient un gigantesque cookie, tandis que Mérida essayait de comprendre son cours d'histoire en buvant un grand café.
Au bout d'une heure, ils furent interrompus dans leurs discussions par Jasmine, qui venait d'entrer dans le café en compagnie d'Aladdin :
« Aaah, vous voilà ! Je vous cherchais, justement. Vous êtes tous invités chez moi pour Halloween ! Ce sera sans doute la meilleure soirée déguisée que vous n'ayez jamais vu !
-Dis-moi, la modestie n'est pas vraiment ton point fort, hein ? fit Elsa avec un sourire.
-Pourquoi faire preuve de modestie quand on organise les meilleures soirées ! fit-elle en riant. Vous pourrez le dire aux autres ? A Raiponce, Harold et Astrid ?
-Oui, ne t'en fais pas, approuva Jack. Bon après-midi, vous deux ! »
Il avait accompagné sa dernière phrase d'un regard complice pour Aladdin, qui semblait plutôt fier d'être en tête-à-tête avec la jeune fille.
« Ils sont ensemble, ces deux-là ? demanda Anna d'un air curieux.
-Pas encore, fit Flynn, mais ça ne saurait tarder. Ca fait des semaines et des semaines qu'elle le fait patienter, juste pour voir s'il est vraiment 'digne' d'elle.
-You go, girl ! fit Mérida en souriant. En tout cas, ils sont vraiment mignons. »
Après avoir terminé de réviser son chapitre, Mérida rangea enfin ses affaires et ils quittèrent le café tous ensemble pour revenir au lycée. Les bus n'étaient pas encore arrivés, aussi en profitèrent-ils pour continuer de discuter sur le rebord de la fontaine.
« En quoi vous comptez vous déguiser alors ? demanda Mérida en jouant avec l'eau.
-Aucune idée, avoua Elsa. Je compte sur vous pour m'aider à trouver.
-En vampire ? proposa Anna. Ta couleur de peau correspond parfaitement à la teinte 'cadavre'. »
Elsa leva les yeux au ciel et lui jeta de l'eau dessus, ce à quoi Anna rétorqua en lui tirant la langue.
Le bus arriva quelques minutes plus tard, et Flynn rejoignit les jumelles pour les accompagner chez elles.
« Pourquoi faut-il que tu parles à Raiponce, au fait ? demanda Anna avec un air suspicieux.
-C'est pour les cours, répondit-il de façon vague.
-Et tu ne pouvais pas nous en parler à nous ? demanda Elsa à son tour. Nous sommes de très bonnes messagères, tu sais !
-Désolé les filles, mais je ne peux rien vous dire. Secret d'état ! »
Cette déclaration les laissa toutes les deux interrogatives, alors qu'ils arrivaient enfin chez les Corona. Flynn semblait assez angoissé à l'idée de rencontrer les parents de Raiponce, et fut soulagé d'apprendre qu'ils n'étaient pas encore rentrés. Ils furent accueillis par Raiponce, enveloppée dans une grosse couverture, une boîte de mouchoirs sous le bras et toute aussi aphone que le matin-même. Elle les salua de la main et fit les gros yeux lorsqu'elle aperçut Flynn. Elle sembla demander quelque chose comme « qu'est-ce que tu fais là », puisque sa voix laissa échapper un bruit rauque et qu'elle se mit à tousser bruyamment.
« Waouh ! Je ne savais pas qu'on t'avait mise en quarantaine ! fit-il en riant. Je voulais simplement voir si tu allais bien, et discuter, mais tu n'as pas l'air de pouvoir parler alors… »
Raiponce secoua la tête pour dire « ne t'en fais pas, je peux tout à fait me débrouiller », et fit signe à Flynn qu'ils pouvaient aller à l'étage. Alors qu'elle emmenait le jeune garçon vers les escaliers, les jumelles jetèrent un regard plein de sous-entendus à leur cousine, qui leva les yeux au ciel avant de les laisser.
Une fois dans sa chambre, Raiponce referma la porte délicatement, des milliers de questions lui traversant l'esprit. Que voulait-il ? Pourquoi avait-il fait tout ce chemin pour lui parler ? Pourquoi ne lui avait-il pas simplement envoyé un message ? Et surtout : pourquoi sentait-il toujours aussi bon ?
Pendant qu'elle réfléchissait, le jeune homme observait tout autour de lui : les peintures inachevées empilées contre le mur, le lit entièrement défait et recouvert de peluches, le bureau tâché de peinture et où les cahiers et feutres s'empilaient dans tous les sens. Soudain, Raiponce se sentit mal à l'aise. Cela ne la dérangeait pas que ses amis viennent dans sa chambre. Elle y était habituée. Mais cette situation paraissait différente. Elle avait l'impression que Flynn faisait face à un livre ouvert, un livre qui semblait dévoiler une grande part d'elle et de sa personnalité.
« Joli portrait ! » fit-il en observant une feuille sur le bureau.
Raiponce jeta un coup d'œil et se mit à rougir, cachant la feuille sous quelques exercices de maths. Elle essaya de lui demander ce qu'il y avait, mais repartit dans une quinte de toux assez terrible, et dut s'asseoir quelques instants. Flynn lui jeta un regard inquiet, avant de lui demander :
« Tu es sûre que ça va ? Je peux te laisser si tu veux, ne t'en fais pas. Je suis juste venu pour voir si tu allais bien. »
Raiponce hocha la tête de façon affirmative avant de l'interroger du regard. Elle essaya de communiquer avec des signes, bougeant les lèvres pour se faire comprendre, mais Flynn ne comprenait absolument rien. Il se mit à partir dans un fou rire en la voyant avoir autant de difficultés, ce qui fit également rire la jeune fille. Cependant, elle se mit encore à tousser et dut se moucher avant de reprendre.
Elle se leva ensuite pour récupérer un carnet de feuilles et un stylo, et se mit à écrire précipitamment :
« Ce n'est vraiment pas beau à voir, je sais… »
Flynn sourit en lisant cela, et confirma ses dires.
« Tu es quand même bien plus jolie quand tu n'as pas de morve sous le nez ! »
Raiponce écarquilla les yeux et se regarda dans le reflet de son téléphone, avant de voir qu'il n'y avait rien. Flynn, quant à lui, était en train de rire, et elle lui assena un coup sur l'épaule pour exprimer son mécontentement.
Elle récupéra sa feuille et écrivit de nouveau :
« Qu'est-ce qui t'amènes ici ? »
Flynn prit une inspiration et la regarda, avant de lui demander :
« Est-ce que ça te dirait d'aller au cinéma avec moi ? Samedi soir ? »
Raiponce fut surprise par cette demande. Elle qui croyait que le jeune homme était plutôt intéressé par des filles comme Vaïana ou Esmeralda, elle se sentit même plutôt flattée. Interloqué par son silence (de voix et de papier), Flynn reprit la parole et lui dit :
« Si tu ne veux pas, ne t'en fais pas ! Tu peux me le dire ! Je ne me vexerai pas. »
Raiponce secoua la tête avec force et reprit sa feuille pour y écrire les mots suivants :
« Je serai ravie d'aller au cinéma avec toi, Flynn »
Flynn sourit en lisant sa réponse, et lorsque leurs regards se croisèrent, Raiponce crut y déceler une part de joie. Ils ne dirent rien pendant un moment, ne sachant sans doute que dire, et ils réfléchirent ensuite à quel film voir. Ne sachant pas quels films se trouvaient à l'affiche, ils décidèrent d'attendre le jour-même pour se décider. Flynn, en voyant l'heure, finit par avouer qu'il ferait mieux de rentrer avant de se faire priver de sortie, ce qui serait bien dommage vu les circonstances. Alors qu'ils descendaient les escaliers, ils passèrent devant Elsa et Anna qui les observaient du coin de l'œil depuis le canapé. Flynn alla leur dire au revoir, et Raiponce le raccompagna jusqu'à la porte d'entrée. La jeune fille lui fit signe qu'elle ne pouvait pas lui faire la bise puisqu'elle était malade, mais Flynn déposa tout de même un baiser sur sa joue avant de lui dire au revoir d'un signe de la main.
Lorsqu'elle referma la porte, le visage de Raiponce était imprimé d'un large sourire, tandis que ses joues avaient pris une teinte rosée, nullement causée par sa grippe. Derrière elle, les deux jumelles faisaient la danse de la joie, comprenant que Flynn s'était enfin décidé à faire un premier pas vers leur Raiponce.
Au final, cette journée s'était bien mieux terminée que prévu.
Le week-end arriva rapidement, ce qui fut un soulagement pour tout le monde. L'ambiance était restée tendue entre tout le monde, puisqu'Harold se tenait de plus en plus distant vis-à-vis de ses amis. Aussi, lorsque Jack se pointa chez Mérida à huit heures du matin pour qu'ils aillent s'occuper de Krokmou, elle ne put s'empêcher d'être de mauvaise humeur. Les réveils matinaux n'avaient jamais été son truc.
« Si ce dragon n'était pas absolument adorable, je l'aurais cordialement invité à aller se faire fo…
-Bonjour ma chérie ! l'interrompit Elinor en arrivant dans la cuisine. Bonjour Jack ! »
Le jeune homme salua la mère de son amie et s'assit au comptoir, déposant les croissants qu'il avait acheté pour elle et Mérida. Celle-ci se prépara un café et servit un jus d'orange à Jack, avant de dévorer son croissant d'un air maussade, les cheveux en broussaille et les yeux cernés.
« Tu as une tête à faire peur, remarqua son ami en la regardant. Ne le prends pas mal, hein ! »
Celle-ci lui avait jeté un regard de haine et préféra continuer son petit déjeuner, alors que Jack lui racontait sa vie, déjà en pleine forme pour cette nouvelle journée.
« Ah oui ! J'ai oublié de te le dire. Vaïana est venue me parler.
-La nouvelle ? La brune super jolie, super bien foutue qui contrôle l'eau et dont la moitié du lycée aimerait sortir avec ?
-Dis-moi, Mérida, est-ce que tu connais beaucoup de Vaïana dans les environs ?
-Très juste. Donc, Vaïana est venue te parler, et ?
-Et bien elle est vraiment très sympa. On a discuté hier soir par messages et elle a vraiment l'air gentille. Elle m'a raconté où est-ce qu'elle vivait avant de venir vivre ici, on a parlé de nos pouvoirs, du lycée... »
Mérida hocha la tête d'un air distrait tandis que Jack racontait ce dont ils avaient discuté. Elle termina son café cul sec et le laissa quelques instants pour aller s'habiller, avant de redescendre les escaliers précipitamment.
« ON Y VA ! s'écria-t-elle une fois à la porte.
-OU CA ? demanda Elinor depuis le salon.
-NOURRIR LE… CHIEN D'HAROLD !
-HAROLD A UN CHIEN ? »
Mérida fit signe à Jack de sortir avant de devoir subir un interrogatoire plus poussé, et se mit à soupirer en voyant qu'il commençait à pleuvoir.
« Super, on va être trempés !
-Hum… j'ai peut-être une idée. »
Jack la prit par la main et la tira vers le jardin. Après avoir vérifié que personne ne pouvait les voir, il lui demanda :
« Tu me fais confiance ?
-Ça dépend, qu'est-ce que tu veux faire ?
-On va prendre un raccourci. »
Il fit alors quelque chose qui lui aurait valu une baffe d'habitude : il entoura la taille de Mérida d'un seul bras, lui demanda de s'accrocher de toutes ses forces, et sauta en l'air pour se laisser porter par le vent. Il prit alors son envol, son amie criant de toutes ses forces, agrippée à lui comme à une bouée de sauvetage. Volant à travers les airs, les maisons paraissaient bien plus petites vues depuis le ciel. Le vent soufflait à leurs oreilles, tandis que le jeune homme se dirigeait vers la rue d'Harold. Ils arrivèrent en quelques minutes dans le jardin des Haddock, Mérida totalement paniquée, et Jack plutôt fier de lui. Celle-ci, une fois au sol, se laissa tomber à terre, la respiration saccadée.
« Ne. Fais. Plus. Jamais. Ça. Sans. Prévenir.
-Il n'empêche que c'était bien plus rapide qu'en y allant à pieds ! Allez, relève-toi, on a un dragon à nourrir ! »
Il repartit d'un pas guilleret, tandis que Mérida se relevait avec lenteur, essayant de dissiper le bourdonnement de ses oreilles. Son premier baptême de l'air était arrivé de façon assez inattendue, et elle n'était pas sûre de vouloir retenter cette expérience de sitôt.
Elle récupéra la clef qui était cachée dans le pot de fleur devant la maison, et se dirigea vers l'abri de jardin avec Jack. A l'intérieur, un ronflement rauque et puissant se faisait entendre, seul indice pouvant révéler la présence de la merveilleuse créature qui se réfugiait ici. Mérida mit la clef dans la serrure et ouvrit la porte, révélant ainsi le dragon endormi.
« Il est bien plus calme comme ça, je trouve, fit Jack les bras croisés. Qu'est-ce qu'il faut lui donner ? »
Mérida lui répéta les instructions qu'Harold lui avait transmises la dernière fois, tandis que Krokmou remuait sur le sol, dérangé par le bruit et par cette lumière qui venait d'apparaître. Il releva alors la tête et eut un mouvement de recul, avant de reconnaître les deux amis de son maître. Comme toujours, il se précipita sur Mérida avec joie, frottant son gros crâne écailleux contre elle en signe d'affection. La créature émit un bruit semblable à un bâillement avant d'apercevoir Jack, muni d'un seau rempli de poissons. Il se précipita alors hors de l'abri, renversant la jeune fille au passage, et se mit à dévorer à pleines dents son petit déjeuner.
Jack, plié en deux, aida sa meilleure amie à se relever, tandis qu'elle se massait le bas du dos.
Ils passèrent une bonne heure avec lui, le faisant courir dans le jardin et voler à quelques mètres du sol, mais tout en faisant bien attention à ce que personne ne puisse le voir. Sans sa selle, il restait visible en dehors des limites du jardin. Vers dix heures, ils décidèrent de repartir et Mérida referma la cabane sur Krokmou, qui grognait silencieusement à cause de cet enfermement.
« Ne t'en fais pas, mon beau, je reviens te voir ce soir. »
Elle remit la clé à son emplacement, et elle insista pour prendre la route à pied lors du retour. Jack approuva, et ils retournèrent chez la jeune fille, exténués par cette visite chez leur ami reptile.
Non loin d'ici, une ombre sortit des arbres, écoutant attentivement les deux jeunes gens qui pensaient être les seuls dans la rue. Pitch Black tourna la tête vers le jardin des Haddock et observa longuement la cabane : à travers les fenêtres, il pouvait voir du matériel de jardinage, quelques plantes, un chauffe-eau, mais rien qui ne ressemblât de près ou de loin à un dragon. Il redescendit donc de l'arbre et passa sa main contre la barrière, se prenant de nouveau une décharge électrique. En tendant l'oreille, il ne perçut rien d'autre que le chant des oiseaux et le cri du vent dans les arbres.
« Tes sortilèges ont l'air efficaces Poppins, marmonna-t-il dans sa barbe. Mais si un dragon se cache ici, je le saurais. Et le jeune Haddock ne s'en sortira pas comme ça. »
Et voilà ! C'est terminé !
Ça vous a plu ? J'espère du fond du cœur que oui. J'ai eu beaucoup de mal à écrire ces derniers temps comme vous le savez, ainsi j'espère que les prochains chapitres me poseront moins de problème.
Harold va-t-il réussir à s'en sortir, entre Pitch qui souhaite s'en prendre à lui et les différends qui l'opposent à ses amis ? Flynn et Raiponce vont-ils devenir plus proches qu'ils ne le sont déjà ? Et que va-t-il se passer durant cette soirée d'Halloween ? Comme toujours, vous le saurez en lisant la suite !
Je voudrais remercier Miss Homme Enceinte 2, Night Bloody, blue, lune21523, eclatdusoleil et Valda1 pour leurs commentaires, ainsi que eclatdusoleil et KingOfMetal666 pour avoir suivi et/ou favorisé Walt Works. Comme d'habitude, votre soutien me fait extrêmement plaisir !
Je suis navrée pour ce rythme de publication assez… catastrophique. Promis, je vais essayer de m'améliorer ! En attendant, je vous souhaite une très bonne semaine et une bonne fin de journée/soirée.
A très bientôt,
-Delenya
