DISCLAIMER :
Comme toujours, les personnages appartiennent à l'univers de Disney/Pixar et Dreamworks. En revanche, l'histoire m'appartient. Merci de ne pas plagier.
A l'extérieur, le temps était morose. Le clapotis de la pluie contre la fenêtre se mêlait à la musique, donnant un côté relaxant à cette fin d'après-midi.
«On the outside, always looking in, will I ever be more than I've always been ? 'Cause I'm tap-tap-tapping on the glass… »
Ecouteurs dans les oreilles, Raiponce battait la mesure du pied en écoutant sa chanson favorite, le crayon en suspension au-dessus d'une grande feuille blanche. Pour une fois, elle avait terminé ses devoirs en avance, et elle pouvait enfin s'adonner à ce qu'elle préférait faire : dessiner. Alors qu'elle terminait l'esquisse d'un nouveau personnage, elle s'interrompit pour changer de chanson, lorsqu'elle aperçut l'écran de son téléphone s'illuminer. En dessous de l'heure était affiché le prénom de Flynn :
« Madame Poppins m'a dit que ce serait ce soir, sois prête. »
Raiponce coupa alors sa chanson et soupira longuement, légèrement angoissée. Elle redoutait ce moment depuis l'entretien qu'ils avaient eu après le départ de Jafar…
« Venez, je vous en prie… asseyez-vous. »
Madame Poppins se dirigea vers son bureau, encore chancelante de l'attaque qu'elle venait de subir. Elle s'assit lourdement dans son fauteuil, tandis que Vaïana, Flynn et Raiponce la regardaient avec curiosité, se demandant pourquoi elle les avait convoqués.
« Bon… je ne sais pas par où commencer avec cette histoire. Ce qui vient de se passer était… »
Elle se coupa, les mots se perdant face à la rage qu'elle devait ressentir. Elle respira profondément, et les regarda tour à tour, avant de reprendre la parole :
« Jafar n'est pas parti sans raison. Non seulement Pitch Black a réussi à le rallier à sa cause, mais il m'a également dérobé quelque chose d'extrêmement important avant de fuir. Voyez-vous… je possède une magie qui fonctionne très bien d'elle-même. Je peux faire bien des choses, et ce sans aucun accessoire pour m'y assister. Mais les gens comme moi peuvent avoir des objets qui permettent de contrôler, mais également de décupler leur magie.
-Ma grand-mère m'a parlé de cela, intervint Vaïana. Elle… elle possédait un collier qu'elle disait être son porte-bonheur. Lorsqu'elle est partie… elle me l'a laissé en me disant que je n'en serais que plus forte. »
Raiponce remarqua alors le collier de perles qu'elle portait autour du coup, orné d'un gros médaillon d'un bleu irisé. La jeune fille prit le médaillon et le serra dans sa main, comme si elle comprenait enfin l'ampleur de sa signification.
« Ta grand-mère semblait être une femme bien avisée, lui sourit Madame Poppins. Je possédais un médaillon du même acabit que celui-ci…cependant, Jafar s'en est emparé, et je me retrouve bien plus faible qu'auparavant. Sans lui, je ne peux plus contrôler les sorts permanents qui protégeaient vos maisons de Pitch Black, avoua-t-elle. Il ne s'agit pas de moi, mais de la sécurité de chaque élève de Walt Works. Le départ de Jafar, ainsi que le vol de ce médaillon, c'est une véritable catastrophe pour cette école…
-Madame… j'avoue ne pas comprendre notre rôle dans cette histoire, avoua Raiponce en se tortillant sur sa chaise.
-J'ai besoin de vous pour le récupérer. »
D'abord, ils ne comprirent pas vraiment. Et puis en réalisant l'ampleur de cette tâche, ils se mirent tous les trois à appréhender : comment de simples adolescents pouvaient voler un médaillon à un magicien qui avait battu à plate couture leur propre directrice ?
« Je suis consciente de la difficulté de cette tâche, mais vous êtes les seuls à pouvoir le récupérer. Il sait que je ferai tout pour retrouver mon médaillon, et il m'empêchera de l'atteindre par tous les moyens. Il est assez malin pour protéger le médaillon de mes collèges également, mais il n'aura aucun soupçon de la part de simples élèves. Si vous réussissez à vous introduire chez lui, vous pourrez le récupérer.
-Vous…vous nous demandez de cambrioler quelqu'un ? demanda Vaïana, ahurie.
-Je sais combien c'est mal de vous demander cela, mais… je n'ai aucune autre solution. C'est une mission dangereuse, très dangereuse, avoua-t-elle, mais si je ne le récupère pas… je ne serais plus apte à protéger cette école. Et alors… »
Raiponce vit alors la détresse dans laquelle se trouvait sa directrice : son visage semblait tiré par la fatigue, et ses bras étaient couverts d'hématomes dus à son combat. Pour la première fois, elle leur apparut comme une femme ayant des faiblesses, et non comme un être invincible. De plus, sa frustration de ne pouvoir agir elle-même était clairement visible.
« Pourquoi nous trois ? demanda Flynn.
-Jafar a des pouvoirs assez variés, mais il a une prédilection pour contrôler les flammes. Je me suis dit que les capacités de Vaïana seraient plus qu'utiles face à un tel personnage. Raiponce, ton pouvoir me permettrait d'avoir l'esprit plus tranquille, puisque tu es capable d'éviter des blessures inutiles. Quant à toi, Flynn… nous sommes tous les deux au courant de certain de tes… méfaits. Je me suis dit que tu pouvais mettre ta kleptomanie au service d'une bonne cause, pour une fois. »
A ces mots, Flynn avait détourné les yeux. Les filles, elles, avaient été choisies pour leurs pouvoirs. Lui n'était vu que comme un vulgaire voleur, et non pour sa personnalité ou ses capacités. Au fond, il savait qu'il méritait des reproches pour son comportement passé. Cependant, cela faisait toujours du mal d'admettre ses torts, et encore plus devant d'autres personnes.
« J'accepte, dit-il en relevant les yeux. J'irai récupérer ce médaillon.
-Et moi aussi. » ajouta Vaïana.
Raiponce ne savait quoi dire. Au fond, elle avait peur. Non pas d'être blessée ou quoi que ce soit, mais d'échouer. C'était une lourde tâche qui leur incombait, et un échec serait sans aucun doute des plus désastreux.
« J'en suis également. »
Maintenant, ils n'avaient plus le choix.
Depuis ce fameux jour, Raiponce avait attendu un signe, en vain. Madame Poppins semblait avoir oublié son médaillon, et au fond d'elle, cela l'avait soulagée. Mais visiblement, ça n'avait été qu'une question de temps avant que leur mission ne leur soit communiquée. C'était le grand jour.
Raiponce reprit son téléphone et répondit à Flynn :
« Je le serai, promis »
Malgré elle, Raiponce fut prise d'un élan d'appréhension, et décida de s'asseoir sur le rebord de la fenêtre pour calmer les battements de son cœur. Elle respira profondément, observant les voitures passer dans la rue sous les lourds nuages gris. Assise sur la banquette, elle admira la ville en action, réfléchissant à mille et une choses.
Le front posé contre le carreau, elle finit par se lever après quelques instants, le froid s'étant faufilé jusqu'à elle. Un soupir lui échappa : elle allait devoir trouver une excuse valable pour s'éclipser ce soir. Elle allait encore devoir dire aux autres qu'elle voyait Flynn, et ses cousines allaient encore s'imaginer des choses.
Il est vrai que ces derniers temps, Raiponce sentait qu'elle et Flynn se rapprochaient. Cependant, elle ne souhaitait pas se faire de faux espoirs, d'autant que leur amitié lui tenait beaucoup à cœur. Et même si ses amis ne pensaient pas à mal, il fallait avouer qu'ils avaient quand même l'art et la manière de faire des remarques gênantes, pour elle comme pour son ami.
Lorsqu'elle descendit pour prévenir ses parents, Elsa et Anna se jetèrent un regard entendu que Raiponce préféra ignorer. Elle remonta dans sa chambre et attendit le moment fatidique où le jeune homme se pointerait à la porte d'entrée, et où ils devraient enfin faire face aux vrais dangers de Walt Works.
Ce moment ne se fit pas trop attendre, puisque deux heures plus tard, elle reçut un message de sa part sur son téléphone.
« Allez Raiponce… ça va aller », murmura-t-elle pour elle-même.
Elle avait mis des baskets relativement confortables pour pouvoir courir si c'était nécessaire, ainsi que le gros sweat de l'équipe de football que Jack lui avait prêté. Celui-ci était relativement pratique puisqu'il possédait une large poche à l'avant, dans laquelle elle avait pu cacher un spray au poivre. Cela ne servirait sans doute pas à grand-chose si Jafar les prenait la main dans le sac, mais ça lui permettait au moins de partir en étant légèrement rassurée. En voyant sa tenue, Elsa avait haussé un sourcil :
« Pas très élaboré pour un rendez-vous, remarqua sa cousine.
-Je vous l'ai déjà dit, ce n'est PAS un rendez-vous. On sort juste, c'est tout !
-M'oui, mais vous êtes deux, et vous sortez… techniquement, c'est un rendez-vous ! Tu rentres vers quelle heure ? demanda la blonde ensuite.
-Rooh, tu es ma cousine ou ma mère ? rétorqua Raiponce en riant. Je t'enverrai un message, ne t'inquiète pas. A plus tard ! »
Heureusement pour elle, elle vit que la pluie s'était arrêtée. Après avoir mis une grosse écharpe autour de son cou, avoir récupéré ses clés et dit au revoir à tout le monde, elle sortit de la maison pour rejoindre Flynn. Adossé au portail, il se mit à sourire en la voyant arriver, et lui fit la bise :
« Pas trop stressée ? demanda-t-il.
-Un peu… et toi ?
-Totalement… ça fait une semaine que je n'arrive plus à dormir en m'imaginant tout ce qui pourrait se passer. Vaïana nous attend au bout de la rue.
-Très bien, alors allon… que se passe-t-il ? »
Flynn serrait la mâchoire, hésitant à dire quelque chose. Il soupira profondément et se lança en voyant le regard interrogateur de la jeune blonde :
« Disons que… quelqu'un a rejoint l'équipe pour notre mission.
-Oh, c'est super ! Ça nous fait une aide supplémentaire ! Où est le problème ? demanda-t-elle en voyant l'expression du jeune homme.
-Disons qu'il… n'est pas dans son état habituel. »
Raiponce haussa un sourcil lorsqu'elle vit Flynn prendre quelque chose dans ses mains, avant de le montrer à la jeune fille qui recula immédiatement :
« Tu te fiches de moi ?! s'exclama-t-elle, dégoutée. Ne le porte pas dans tes mains, il doit être plein de… de… de bave ! »
Entre les paumes de Flynn se trouvait une grenouille, verte et luisante, aux yeux globuleux tournés vers elle. Alors qu'elle allait reculer, la grenouille fit la chose la plus inattendue qui soit : elle se releva sur ses pattes arrière et se mit à parler :
« Ce n'est pas vraiment de la bave en fait, c'est plutôt du mucus, mais…
-ELLE… ELLE VIENT DE PARLER !
-Raiponce, euh… voici Naveen. Tu sais ? Naveen de l'équipe de basket ! Je crois que vous vous connaissez déjà…
-Attend… quoi ? Naveen est… un crapaud ?
-Hum, techniquement, je suis une grenouille, mais… »
Raiponce sursauta de nouveau lorsqu'il reprit la parole, et se mit à regretter que sa vie soit aussi dingue. Entre les pouvoirs magiques, les gros méchants qui s'en prenaient à sa directrice et les beaux gosses du lycée qui se transformaient en grenouilles, elle commençait à croire que sa vie se transformait en conte de fée, mais que les fées n'étaient pas aussi attrayantes que lorsqu'elle était enfant.
« Comment est-ce que tu… pourquoi tu es… qu'est-ce qui se passe à la fin ? » s'écria-t-elle, dans l'incompréhension totale.
Flynn lui fit signe de ne pas parler trop fort pour ne pas attirer l'attention, et lui promit de tout raconter sur le chemin. Ils s'éloignèrent de la maison des Corona et rejoignirent Vaïana, qui les attendait en effet au bout de la rue. Les deux jeunes filles se saluèrent, et ils reprirent leur marche tandis que la grenouille-Naveen expliquait la situation à Raiponce, perché sur l'épaule de Flynn :
« Je sais que c'est… extrêmement bizarre, commença-t-il tout en la regardant. Moi-même j'ai plutôt du mal à m'y faire… surtout les mains palmées, pour tout t'avouer. Mais bref. Depuis que Jafar s'en est pris à Madame Poppins, je n'ai cessé d'avoir des sortes de picotements un peu partout. Au début, je n'avais rien. Et puis un soir, j'ai commencé à me transformer. Ca n'arrivait que la nuit, et le matin, je redevenais comme avant. J'étais une sorte de grenouille-garou, si tu préfères. Mais depuis deux jours, je ne me retransforme plus… je suis donc voué à rester une grenouille, visiblement.
-Tu en as parlé à Poppins, ou aux autres professeurs ? Qu'ont dit tes parents ? demanda Raiponce, choquée.
-Le médaillon de madame Poppins ayant été volé, elle n'a aucun moyen de me retransformer, et le remède que prépare Toothfairy ne devrait être prêt que dans quelques jours… mes parents ne sont au courant de rien, je leur ai dit que je dormais chez Flynn pour le week-end. Mais je ne pourrais pas me cacher éternellement ! Cette mission est, en quelque sorte, ma dernière chance. »
Raiponce voulut lui exprimer sa sympathie, mais elle ne savait quoi dire. Cette malédiction avait beau ne ressembler qu'à une mauvaise blague, cela n'en restait pas moins très problématique.
« Où se trouve l'appartement de Jafar, déjà ? demanda Vaïana.
-Seulement à quelques rues d'ici, répondit Flynn. On devrait bientôt y être. J'espère que vous êtes prêts !
-Bien sûr. Vous avez un plan ? »
Chacun garda le silence, et Raiponce s'arrêta alors, abasourdie :
«Attendez voir… on est en train de se jeter dans la gueule du loup sans même avoir de plan ?
-J'avais pensé… improviser sur le terrain ! avoua Flynn avec un sourire gêné. Naveen pourra monter la garde sans que l'on fasse attention à lui, et il pourra… croasser lorsqu'il verra quelque chose approcher. Quant à nous, nous devons simplement trouver le médaillon, et ficher le camp avant que Jafar ne revienne.
-Et s'il est toujours chez lui ? Si c'est juste un piège pour nous attirer là-bas ? demanda Vaïana méfiante.
-On l'assomme et se dépêche de partir. »
Raiponce croisa le regard de Vaïana et elles soupirèrent toutes les deux de concert, leur appréhension montant un peu plus à chaque instant. Enfin, Flynn leur fit signe de s'arrêter lorsqu'ils arrivèrent au coin de la rue, pas très loin du centre-ville.
« C'est cet immeuble. »
Le bâtiment en question avait tout d'un lieu tout à fait banal : chaque appartement était doté d'un balcon, et certaines fenêtres brillaient encore de lumière, montrant ainsi la présence des propriétaires : ils allaient devoir se faire discret. Ils se regardèrent tous, aucun n'osant prendre les devants. Après un long instant de silence, Naveen sauta de l'épaule de Flynn et se dirigea vers le bâtiment, l'air relativement décidé (pour une grenouille, s'entend). Les trois autres décidèrent de le suivre : plus vite ils entraient, plus vite ils en auraient fini avec cette mission.
Cependant, un premier problème apparut aux yeux de Raiponce assez rapidement :
« Comment allons-nous entrer ? On n'a pas le code pour ouvrir la porte d'entrée !
-Et je ne peux pas utiliser mes talents sur une porte comme ça, marmonna Flynn. Comment peut-on…
Un léger sifflement se fit entendre sur leur gauche. Ils se dépêchèrent de se cacher derrière les larges buissons qui bordaient le bâtiment, de peur d'être vus.
« Pfff… ce n'est qu'un homme qui promène son chien, chuchota Flynn.
-Scccht ! fit Raiponce d'un air autoritaire. Regarde. »
L'homme s'approchait du bâtiment, son golden retriever bondissant à ses pieds, et un casque vissé sur les oreilles. Une fois à la porte, il composa distraitement le code qui lui permettait d'entrer. Après un bip retentissant, la porte s'ouvrit et l'homme entra, tirant sur la laisse de son animal qui semblait attiré par quelque chose sur le côté. Une fois l'homme à l'intérieur, Vaïana se précipita vers la porte et la retint avec son pied juste avant qu'elle ne se referme, tout en restant cachée, pour être sûre de ne pas être repérée depuis l'intérieur. D'un bond, Naveen sortit du buisson où le chien s'était arrêté quelques instants auparavant.
«J'ai bien cru qu'il allait me manger, fit Naveen en revenant vers eux. Je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie ! »
Les autres émirent un petit rire, soulagés d'avoir le champ libre.
« Dépêchons nous d'entrer, cette porte pèse une tonne ! finit par dire Vaïana.
-Oui, allons-y. Naveen, si Jafar approche, tu fais le signal, expliqua Raiponce.
-Pas de soucis, mademoiselle ! Je serai fidèle à mon poste. Mais… ne tardez pas trop quand même, hein ? »
Flynn et les filles approuvèrent et rentrèrent enfin dans l'immeuble. Cette fois-ci, ils n'avaient plus le choix. Ils empruntèrent les escaliers et suivirent les indications de madame Poppins, qui leur avait indiqué le quatrième étage. Une fois devant la porte, Flynn demanda aux filles de monter la garde avant de sortir une vieille carte de crédit et de se pencher vers la serrure :
« Tu penses vraiment que ça va fonctionner ? demanda Raiponce, dubitative.
-Une porte, c'est une porte ! Et les portes ne résistent jamais bien longtemps à… Flynn Rider ! Ahah ! Mesdemoiselles, après vous.»
Flynn s'était relevé triomphant, la porte grande ouverte sur l'appartement de Jafar. Raiponce sortit son spray au poivre, à l'affut, tandis que Vaïana se préparait mentalement à utiliser ses pouvoirs : les risques pour qu'il se trouve dans l'appartement étaient toujours présents.
Après avoir tendu l'oreille quelques instants, ils décidèrent de se séparer pour retrouver le médaillon :
« Cherchez chaque petit recoin, chaque meuble, chaque chose qui vous paraîtrait louche, conseilla Flynn. Mais faites en sorte qu'on ne voit pas que l'on est passé par là. »
Les filles hochèrent la tête, et chacun partit dans son coin. Flynn se dirigea vers la porte de droite, qui donnait vers une chambre, tandis que Vaïana fouillait la grande bibliothèque qui se trouvait dans le salon. Raiponce, quant à elle, s'était tournée vers la cuisine.
Elle soupira longuement lorsqu'elle vit la quantité de placards qui l'attendait, mais se lança rapidement, pressée d'en finir une bonne fois pour toute. Elle fut secouée d'un sursaut lorsqu'elle entendit quelque chose tomber par terre, suivit rapidement d'un petit « désolée ! » de la part de Vaïana. Après s'être assurée que rien n'était arrivé, Raiponce retourna à ses tiroirs de couverts et autres ustensiles, désespérée de ne rien trouver.
Alors qu'elle allait retourner dans le salon pour voir où en étaient les autres, deux bruits retinrent son attention : le croassement répétitif d'une grenouille, rapidement suivi du claquement de la porte d'entrée de l'appartement. Elle voulut crier, mais son instinct lui dicta de se cacher, ce qu'elle fit. Une main sur la bouche pour s'empêcher de paniquer, elle tendit l'oreille pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. Un éclair de lumière jaillit alors lorsqu'elle entendit un bruit, comme si quelqu'un venait de tomber à terre:
Vaïana ! pensa-t-elle précipitamment.
En effet, au beau milieu du salon reposait la jeune fille, inconsciente. Fou de rage, l'homme s'abaissa pour regarder le visage de la voleuse :
« Maudite gamine… je…
-EH, JAFAR ! »
Sur le seuil de la chambre se tenait Flynn, un miroir brandi devant lui en guise de bouclier, prêt à combattre malgré la peur qui le tenaillait.
« Tient, le complice. J'espère que votre ami-grenouille se plaît de ma petite malédiction ! Pour ma part, ce fut un vrai plaisir de la lui concocter. Maintenant, j'ai bien peur que ce soit ton tour... et je ne suis pas sûr d'être aussi clément ! »
Jafar se redressa et tendit son bras vers l'avant avant de jeter une nouvelle boule de feu, qui fila droit vers Flynn. Le bouclier du jeune homme ne résista pas et se brisa sous la puissance du coup, et Flynn fut projeté vers l'arrière, le bout des doigts brûlé par la chaleur.
Le jeune homme donna un coup de pied dans la porte pour qu'elle se referme au nez de l'ancien directeur adjoint, et chercha de quoi se défendre tout en essayant d'oublier la douleur.
Lorsque Jafar entra, il était encore plus furieux qu'auparavant, et le fait que Flynn venait de lui lancer une lampe de chevet en plein visage n'arrangea pas les choses.
« Espèce de petit… je vais te… »
A l'instant où Jafar leva le bras, Flynn sut que c'était la fin. Il n'avait plus rien à portée de main, et rien pour se protéger. Il mit son bras devant son visage, se préparant à recevoir le coup fatidique… coup qui ne vint jamais. La seule chose qui lui tomba dessus, c'était Jafar lui-même, assommé par un gigantesque coup de poêle à frire. Essoufflée, Raiponce observa son ami et l'aida à se dégager et à se relever.
« Je… Waouh. Merci beaucoup, Raiponce. Tu viens de me sauver la vie. »
La jeune fille lui adressa un petit sourire, encore sous le choc par ce qui venait de se passer. Flynn récupéra la poêle qui reposait sur le lit, et à la grande surprise de la jeune fille, redonna un grand coup à l'arrière du crâne de l'homme.
« Pour être sûrs. » expliqua-t-il.
Ils retournèrent au salon, et se précipitèrent vers Vaïana :
« Est-ce qu'elle respire ? demanda le jeune homme, soudain affolé.
Raiponce récupéra un fracas du miroir au sol et le mit sous le nez de la jeune fille. Lorsqu'elle vit de la buée y apparaître, ils lâchèrent tous les deux un soupir de soulagement : elle était vivante.
Flynn s'adossa contre le canapé tandis que Raiponce reprenait son souffle : une fois la poussée d'adrénaline retombée, elle réalisa qu'elle était à bout. Cette mission était vraiment beaucoup trop stressante, et l'arrivée surprise de Jafar n'avait pas amélioré les choses. En fixant le sol, la jeune fille réalisa soudain quelque chose :
« Le médaillon… on ne l'a pas trouvé, murmura-t-elle. Qu'est-ce qu'on va faire ? »
Flynn allait lui répondre, lorsqu'un éclat bleuté attira son regard sur le sol. Dans la main de Vaïana reposait le médaillon, le couvercle bleuté brillant à cause de la lumière extérieure qui traversait la fenêtre. Retenu par une chaîne en argent, il semblait contenir quelque chose, mais ils n'osèrent cependant pas l'ouvrir. L'aura chaude et rassurante qu'il dégageait montrait cependant la force qu'il contenait.
« Elle a dû le trouver juste avant l'arrivée de Jafar, supposa Flynn. On a réussi. »
Flynn et Raiponce se regardèrent, et se mirent à sourire. Ils avaient accompli leur mission. Ne souhaitant pas s'attarder aussi près de leur ennemi, et craignant l'arrivée de renforts, ils fermèrent la porte de la chambre à clé pour être sûrs qu'il ne sorte pas de sitôt. Flynn prit Vaïana dans ses bras, toujours inconsciente, et ils quittèrent l'appartement en refermant la porte soigneusement derrière eux. Une fois sortis de l'immeuble, Raiponce récupéra en vitesse Naveen et ils accélérèrent le pas, Flynn essayant d'avancer le plus vite possible malgré le poids de la jeune fille qui reposait dans ses bras.
Après avoir traversé plusieurs rues et être sûrs qu'ils étaient hors d'atteintes, ils ralentirent le rythme et Raiponce proposa de l'aider à porter leur camarade, en la soutenant chacun sur une épaule. Naveen sautillait à leurs côtés, tout en leur expliquant comment Jafar s'était immédiatement douté de quelque chose lorsqu'il l'avait aperçu :
« J'ai commencé à croasser pour vous prévenir, mais il m'a tout de suite aperçu. Il m'a balancé une sorte de boule de lumière, comme avec Poppins, et j'ai été éjecté à je ne sais combien de mètres. Le temps que je revienne à moi, je pense qu'il était trop tard, je suis désolé…
-Ne t'excuse pas Naveen, fit Flynn, le souffle court. C'est nous qui n'aurions pas du te laisser seul.
-Et tu m'as permis de me cacher juste à temps, expliqua Raiponce. Sans toi, je ne sais pas dans quel état nous serions, à l'heure qu'il est. »
Même si elle ne vit pas son expression, Naveen fit un petit croassement qui ressemblait étrangement à une expression de joie. Après un certain nombre de minutes qui parurent interminables, ils arrivèrent enfin sur le seuil des Corona, totalement épuisés et à bout de forces. Raiponce sortit son téléphone de sa poche, et vit qu'il était déjà minuit passé.
« J'espère que mes parents et les filles sont couchés… »
Elle ouvrit la porte et ils entrèrent tous les quatre. Les lumières étaient toutes éteintes, et Raiponce en fut soulagé : elle n'avait pas envie d'affronter qui que ce soit à cette heure-ci, et encore moins d'expliquer pourquoi un de ses camarades de classe était une grenouille.
Flynn porta Vaïana jusqu'à la chambre de Raiponce et redescendit pour appeler Madame Poppins.
« Je pense que plus vite on lui rendra son médaillon, plus vite on sera tranquilles ! »
Après une dizaine de minutes d'attente, assis sur les marches du perron, ils virent enfin madame Poppins se pointer de la façon la plus inattendue qui soit : celle-ci était cramponnée à un parapluie noir et descendait du ciel, flottant dans les airs comme s'il ne s'était agi que d'un ascenseur.
« Bonsoir, mes chers élèves. J'espère ne pas vous avoir fait trop attendre. »
Raiponce se retint de tout commentaire tandis que sa directrice repliait son parapluie, les mains tremblantes. Sa faiblesse était encore palpable.
« Tenez. Il n'a pas été simple à avoir. » ajouta Flynn tout en tendant le médaillon devant lui.
La directrice le récupéra et le mit immédiatement autour de son cou, dans un soupir de satisfaction. En une seconde, son visage parut moins marqué par la fatigue, et ses gestes plus vifs.
« Je vous suis plus que redevable. Mais où est donc Vaïana ? demanda-t-elle soudain. J'espère qu'il ne lui est rien arrivé de mal ?
-Elle est dans ma chambre, fit Raiponce. Elle s'est évanouie lorsque Jafar lui a jeté un sort. »
A ces mots, madame Poppins ouvrit des yeux ronds : elle ne s'était pas du tout attendue à ce que Jafar les surprenne ce soir-là. Elle s'excusa un nombre incalculable de fois, et en voyant son air contrit, Raiponce finit par oublier l'amertume qui l'avait traversé tantôt. Après avoir raconté ce qu'il s'était passé dans les moindres détails, il était déjà une heure passé, et Raiponce commençait à frissonner un peu trop à son goût. La directrice le remarqua, et les poussa à aller se coucher, en les remerciant encore une nouvelle fois.
« Je vais de ce pas remettre les sorts de protection autour de vos maisons… monsieur Maldonia, si cela ne vous dérange pas de veiller une petite heure de plus, vous feriez mieux de venir avec moi. Je peux vous rendre votre forme humaine, dorénavant, mais il est préférable que nous voyagions jusque chez vous en vous gardant sous cette forme, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. »
Naveen approuva poliment et grimpa dans la main de la directrice, l'air plutôt embarrassé par cette situation. Flynn lui jeta un regard moqueur, l'air de dire : « ça, je ne te laisserai jamais l'oublier ! »
Une fois repartis par la voie des airs, Raiponce et Flynn se relevèrent, et ce dernier prit la parole :
«Bon, eh ben, je vais te laisser alors… tu devrais te reposer.
-Quoi ?! Tu ne comptes quand même pas rentrer à pieds à cette heure-ci, quand même ? s'exclama Raiponce.
-Où veux-tu que j'aille ? Je ne vais pas squatter chez toi alors que…
-Ce n'est même pas une question, Flynn Rider, assura Raiponce. Alors rentre dans cette maison, et ne pense même pas à négocier maintenant, ce n'est vraiment pas le bon jour ! »
Alors qu'il allait ouvrir la bouche, Raiponce lui jeta un regard si mauvais qu'il préféra s'abstenir, et qu'il se dirigea vers la maison d'un air bien docile. Il fallait bien avouer qu'il était exténué, et que traverser la ville à pieds à cette heure tardive ne lui donnait pas tant envie que ça. Ils montèrent tous les deux vers la chambre de Raiponce où Vaïana dormait encore, écroulée sur la banquette qui jouxtait la fenêtre.
Alors que Raiponce se dirigeait déjà vers son lit, Flynn s'arrêta à l'entrée de la chambre, mal à l'aise.
Raiponce le regarda d'un air interrogatif, et lui demanda ce qui n'allait pas :
« Ben, euh… ce serait pas, euh, un peu, comment dire… tu veux que je dorme par terre ? »
Malgré la fatigue, Raiponce ne put s'empêcher de pouffer. C'était la première fois qu'elle voyait Flynn rougir, et elle devait admettre qu'elle trouvait cela plutôt mignon.
« Non, gros bêta, tu ne vas pas dormir par terre ! indiqua-t-elle en levant les yeux au ciel. Tu ne comptes pas me tripoter pendant mon sommeil de toute façon, si ?
-Moi ? Bien sûr que non ! Je n'oserai jamais m'abaisser à de telles choses. »
Elle lui sourit alors et s'assit au bord du lit, après avoir lâché un énorme soupir. Flynn vint s'asseoir à côté d'elle, mais lorsqu'il posa sa main sur le drap à côté de lui, il la retira précipitamment : la peau de sa main était encore complètement carbonisée, et il se demandait comment il allait faire pour guérir cette blessure :
« Qu'est-ce que tu as fais ?! demanda la jeune fille inquiète.
-Aïe ! Ne t'en fais, vraiment, c'est rie… Aïeuh !
-C'est rien, hein ? répéta-t-elle d'un air narquois. Fais-moi voir… aoutch… c'est vraiment pas beau du tout…
-Merci docteur, vous êtes vraiment très rassurante ! »
Elle lui assena une petite tape sur la tête, et regarda de plus près la blessure. Elle leva ensuite les yeux vers Flynn, et après réflexion, lui posa une simple question :
« Tu peux garder un secret ?
-En général, pas vraiment, mais pour toi je veux bien faire un effort. »
Elle soupira et leva les yeux au ciel, un petit sourire aux lèvres. Elle prit alors une mèche de ses cheveux et l'enroula autour de la main de son ami, la tenant avec l'autre main pour qu'il ne bouge pas :
« Eh, qu'est-ce que tu fais ? Raip…
-Fais-moi confiance, ne bouge pas, et surtout ne hurle pas. Sinon tu dors dehors. »
D'abord déconcerté, le jeune homme finit par se soumettre, et observa la jeune fille d'un air intrigué :
« Fleur aux pétales d'or, répands ta magie
Inverse le temps, rends-moi ce qu'il m'a pris
Guéris les blessures, éloigne la pluie,
Ce destin impur, rends-moi ce qu'il m'a pris,
Ce qu'il m'a pris. »
La voix cristalline de Raiponce se stoppa doucement, et sa chevelure, qui s'était teinte d'une douce lueur dorée, retrouva sa couleur blonde habituelle. Flynn, quant à lui, avait la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés par ce qu'il venait de voir. Sa réaction fut encore plus grande lorsqu'il retira les cheveux de sa main et qu'il ne vit plus aucune trace de sa blessure, encore là quelques instants auparavant.
« Aah…. Aah… aaah !
-Non non non ! Tais-toi, tais-toi ! chuchota Raiponce en mettant sa main sur la bouche du jeune homme pour qu'il se taise.
-Mais comment…. Comment… il y avait… et là y'a plus… comment tu as fait ça ?
-Scchhht ! Tais-toi je te dis ! Tu vas réveiller tout le monde !
-C'est donc ça, ton pouvoir. C'est pour ça que madame Poppins a dit que tu éviterais des blessures inutiles. »
Raiponce le regarda avec un léger sourire et acquiesça. Elle ne montrait son pouvoir que très rarement, mais la réaction impressionnée de Flynn ne la laissait pas peu fière.
« C'est incroyable, murmura-t-il en observant sa main. Tu es incroyable. »
A ces mots, Raiponce se mit à rougir subitement, et Flynn lui-même commença à bégayer lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de dire. Après quelques instants supplémentaires d'admiration vers sa nouvelle main sans blessure, Flynn regarda son amie et lui demanda :
« Pourquoi ne l'as-tu jamais montré avant ? Pourquoi tu caches un don pareil ? C'est… c'est incroyable !
-Parce que les gens pourraient s'en servir à mauvais escient, expliqua-t-elle. Ou pourraient essayer de s'en prendre à moi pour profiter de mon don. Les gens ne sont pas toujours dotés de bonnes intentions, malheureusement…
-Oh… quelqu'un l'a déjà fait, c'est ça ? » demanda-t-il en voyant son expression soucieuse.
Raiponce récupéra ses longs cheveux blonds et les rassembla sur son épaule droite pour en dégager une courte mèche, entièrement brune. Elle expliqua que quelqu'un avait tenté de couper ses cheveux lorsqu'elle était enfant pour s'emparer de son pouvoir.
« C'est un don très précieux, qu'il faut absolument protéger. Une fois coupés… ils perdent leur magie. Je ne peux pas me permettre de perdre cela, même si cela m'oblige à le cacher aux autres. Lorsque Tiana a été blessée par l'ombre… j'ai voulu la soigner, mais ma peur a pris le dessus. Et si quelqu'un en parlait à d'autres personnes ? Ou si on essayait à nouveau de me voler ce don ? »
Flynn lui jeta un regard de compassion : elle qui était toujours souriante et pleine d'entrain, il était heureux de la voir baisser ses barrières devant lui, pour lui montrer une nouvelle part de sa vie.
« Tu n'as pas à te justifier, fit-il en regardant devant lui. Un homme sage a dit un jour : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ! »
Raiponce se mit à rire en entendant cela, et le poussa d'un coup d'épaule. Un bâillement la rappela brutalement à l'ordre, et après avoir dit bonne nuit à son ami, elle s'allongea sur son lit, toute habillée. Flynn s'allongea à côté d'elle, au-dessus des draps, n'osant trop se coller à la jeune fille. Et alors qu'ils allaient tous les deux s'endormir, il déposa un baiser dans ses cheveux, avant de se tourner dans l'autre sens.
Après une si dure journée, ce fut plutôt agréable pour Raiponce de s'endormir le sourire aux lèvres.
Et voilà ! Après tout ce temps, le chapitre 5 est là.
Comme d'habitude, je m'excuse de ne pas avoir publié avant. Entre le travail et les moments où je n'avais aucune envie d'écrire (croyez-moi, ce n'est pas agréable à vivre), j'ai un peu pris mon temps pour le sortir, mais je souhaitais vous publier un chapitre avant la fin de l'année, et c'est chose faite !
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Je voudrais remercier Valda1, Miss Homme Enceinte 2, Mayacho, lune21523, Night Bloody et blue pour leurs commentaires. A force, je finis par écrire vos pseudos sans même y réfléchir, et vous voir dans les reviews de chaque chapitre me fait toujours énormément plaisir ! Merci également à laurence89 et Joachim Siau pour avoir favorisé/suivi cette saison 2 de Walt works. Je termine en remerciant tous les lecteurs silencieux, que je ne vois peut-être pas dans les commentaires mais que je vois dans les statistiques ! Merci merci merci ! 3
J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël, et que votre réveillon se passera tout aussi bien. Je vous souhaite plein de bonnes choses pour cette nouvelle année !
A l'année prochaine (blague à bannir, on est d'accord) pour encore plus de Walt Works !
-Delenya
