DISCLAIMER : Les personnages appartiennent aux studios d'animation Disney/Pixar et Dreamworks. En revanche, l'histoire m'appartient, merci de ne pas plagier !
Le brouhaha retentissait dans les couloirs de Walt Works, chaque élève retrouvant ses amis pour une nouvelle journée de cours, aussi banale que toutes les autres. Cependant, rien n'était banal, au sein de cette école. En haut des escaliers du grand hall principal, on pouvait voir une jeune fille aux longs cheveux blonds, épiant au-dessus de la rambarde à la recherche de quelqu'un. Tenant son sac en bandoulière contre elle, le cœur de Raiponce battait la chamade tandis qu'elle se préparait à ce qu'elle allait faire.
Après quelques instants, elle repéra enfin la personne qu'elle cherchait, et dévala les escaliers pour la rejoindre, sa chevelure flottant derrière elle. Lorsqu'elle arriva devant Tiana, elle retint un frisson devant son visage encore grignoté par les ombres depuis son attaque :
« Tient, Raiponce ! s'exclama la jeune fille avec un grand sourire. Tu vas bien ?
-Très bien, répondit-elle. Il faut que je te parle de toute urgence. »
Surprise par cette déclaration, Tiana la suivit sans poser de questions jusqu'à un coin reculé de la cour extérieure. A cette heure matinale, personne n'était encore sorti. Raiponce inspira profondément, et lorsque sa camarade lui demanda une nouvelle fois quel était le problème, elle décida de se lancer, ayant peur de se dégonfler en attendant encore une seconde de plus :
« Je peux peut-être réussir à soigner ton visage grâce à mes pouvoirs, déclara-t-elle de but en blanc. Ça peut paraître dingue comme ça, mais je pense pouvoir y arriver si tu me fais confiance, et si tu me promets de n'en parler à personne pour le moment.
-Attends attends attends… quoi ? Quels pouvoirs ? demanda Tiana en haussant un sourcil. Et madame Poppins elle-même n'a pas réussi à retirer ces ombres, le pouvoir de Pitch Black est trop sombre… seule une magie très pure pourrait y arriver, d'après elle.
-Une chance que mon pouvoir me vienne du soleil, dans ce cas, fit la jeune blonde avec un sourire. Je regrette de ne pas t'avoir soigné le soir d'Halloween, et j'aimerai me racheter. Tu peux me faire confiance ? »
Après un instant de réflexion, Tiana hocha la tête de façon affirmative, et Raiponce eut un soupir de soulagement. Pour la première fois, elle allait enfin pouvoir utiliser son pouvoir librement et sans peur.
« Vous avez vu Tiana aujourd'hui ? demanda Elsa à table. Elle rayonnait ! Je suis contente qu'elle se soit remise de ses blessures.
-C'est vrai qu'elle a l'air d'aller beaucoup mieux, confirma Jack en avalant une cuillère de purée. Ch'était vraiment pas beau à voir ! »
Par-dessus la table, Flynn jeta un regard équivoque à Raiponce, qui haussa les épaules mine de rien, un léger sourire au coin des lèvres. Leur échange passa inaperçu, mais Flynn fut fier de voir que ses paroles avaient eu un effet positif sur son amie, l'autre soir.
De son côté, Mérida bougonnait à propos de sa journée « aussi nulle que sa vie », jetant des petits pois dans le verre d'Anna pour s'occuper. Cette dernière mangeait distraitement, fourchette dans une main, fiche de révision dans l'autre : le devoir de mathématiques qui l'attendait ne la rassurait pas du tout, et elle espérait intérieurement que ces révisions de dernière minute lui sauveraient la mise. A l'autre bout de la cantine, Harold et Astrid mangeaient en tête-à-tête, comme presque tous les jours.
Bien que les relations du jeune homme avec ses amis se soient légèrement améliorées, la distance était encore visible entre le couple et le reste du groupe. Astrid, intérieurement, s'en satisfaisait plutôt bien, puisqu'elle pouvait profiter de son petit ami autant qu'elle le souhaitait :
« Je voulais faire les magasins samedi pour me trouver de nouvelles baskets, et peut-être un sac. Je pense qu'on ne rentrera pas trop tard, ça ne te dérange pas ?
-Euh, eh bien… je comptais sortir un peu avec Krokmou, ça fait longtemps que je n'ai pas volé avec lui, fit Harold en remuant sa fourchette dans sa purée.
-Tu es sûr ? demanda Astrid, les sourcils froncés. Il ne fait pas vraiment beau, et puis vous avez déjà volés ensemble le week-end dernier ! »
Harold releva les yeux et haussa un sourcil :
« Oui, et nous sommes déjà sortis hier ? rétorqua-t-il. Krokmou est tout seul à la maison, et si je demande de nouveau à Mérida de s'en occuper… tu as bien vu comment ça s'est passé la dernière fois. Et elle a raison, c'est mon amie, et pas ma baby-sitter.
-Justement, puisque c'est ton amie, elle pourrait bien te rendre ce service, non ? Ce n'est pas à toi de tout faire ! Et puis imagine qu'il t'arrive quoi que ce soit… ça reste un dragon !
-Attends, attend, l'arrêta Harold les sourcils froncés, qu'est-ce que tu insinues par là ? Que Krokmou pourrait me blesser ? Qu'est-ce qui t'arrives en ce moment, Astrid ? Tu agis super bizarrement.
-Bien sûr, c'est moi qui agis bizarrement en ce moment, lâcha-t-elle en levant les yeux au ciel. Bon, laisse tomber, j'irai avec Paula et Clochette. Et par rapport à Krokmou, eh bien… une chute ou quoi que ce soit pourrait être vraiment dangereuse. Imagine simplement qu'il se retourne contre toi, ou que… »
A ces mots, Harold jeta sa fourchette dans son assiette avant de se lever, et de quitter la table. Astrid, abasourdie, le regarda partir avec un air totalement incompréhensif, qui laissa rapidement place à une expression de colère. Ayant observé la scène depuis l'autre bout du self, les autres eurent le souffle coupé : il était extrêmement rare de voir Harold énervé, même en ce moment, et le voir partir ainsi était pour le moins étrange.
« Bon, c'est une mission pour moi, fit Jack en quittant la table. Je vous rejoins tout à l'heure ! »
Lorsqu'il rejoignit son meilleur ami à l'extérieur, ce dernier fulminait, shootant dans les cailloux qui bordaient les allées du lycée. Jack s'adossa contre le mur, observant Harold les bras croisés, en attendant que celui-ci se confie de lui-même. Le jeune brun, au départ, ne voulut rien dire. A quoi bon ? Le monde entier semblait se liguer contre lui, ces derniers temps. Mais après réflexion, il soupira longuement en réalisant que son meilleur ami lui manquait réellement, lui ainsi que tous les autres :
« Je crois que je suis en train de péter un boulon, déclara-t-il en se tournant vers Jack.
-Oui, c'est bien ce qui me semblait, confirma l'autre avec un sourire au coin des lèvres. Allez, arrête de maltraiter ces cailloux et raconte. Qu'est-ce qui ne va pas entre Astrid et toi ? »
Harold s'adossa également contre le mur, le regard fixé vers le sol, et expliqua à Jack tout ce qui le tracassait : Astrid, avec ses crises de jalousie et sa méfiance grandissante vis-à-vis de Krokmou, la distance entre lui et ses amis, et particulièrement Mérida, et enfin, la forte impression qu'une ombre tentait de prendre le contrôle de sa tête.
« Je suis… tout le temps en colère, déclara Harold. J'ai l'impression que quelque chose tente de s'insinuer dans ma tête, sans réussir à savoir ce qu'elle veut de moi. Et puis… mes cauchemars sur ma mère sont revenus.
-Aïe… tu as une idée de la provenance de cette chose? demanda Jack, inquiet.
-Bien sûr, fit-il avec un soupir entendu. Mais si Pitch Black peut s'infiltrer en nous ainsi, alors les choses deviennent vraiment de pire en pire.
-Tu penses que c'est lui ?
-Je n'en sais rien… si c'était lui, pourquoi essaierait-il de s'insinuer dans MA tête ? Après tout, je n'ai pas de pouvoirs ou de force surhumaine, pourquoi chercherait-il à me contrôler ?
-Tu n'as pas de pouvoirs, mais tu possèdes autre chose qu'il pourrait convoiter. Je pense qu'il n'est pas le genre de personne à cracher sur la présence d'un dragon dans ses rangs. », ajouta-t-il à voix basse.
Harold observa son meilleur ami : l'idée semblait logique, un dragon au service de Pitch Black et ses ombres serait une arme de premier choix. Mais comment ce dernier aurait-il pu être au courant de l'existence de Krokmou ? Les sorts de madame Poppins étaient-ils si efficaces que ça ?
Jack sentit l'inquiétude grandir dans l'esprit d'Harold, et s'empressa de le rassurer :
« Même s'il était au courant de son existence, il ne pourrait rien faire. Ta maison est très bien protégée, rappelle-toi de cet été.
-Oui, tu as sans doute raison… il va falloir que je fasse plus attention lors de nos promenades. Le sort d'invisibilité fonctionne bien, mais je ne peux pas me permettre de le perdre, fit-il remarquer, le front plissé d'anxiété. Surtout pas aux mains de ce fou furieux. »
Jack approuva, ne sachant quoi dire d'autre. Il sentait la détresse de son meilleur ami. Habituellement, celui-ci était toujours souriant, et ce malgré les problèmes. En le regardant attentivement, il vit ses yeux cernés de noir et ses traits froncés par l'inquiétude, et se mit à regretter de ne pas être présent pour lui dans cette mauvaise période. Il posa une main rassurante sur l'épaule d'Harold tout en essayant de le tranquilliser :
« Ne t'inquiète pas, on sera là pour t'aider, peu importe ce qu'il arrivera. »
Harold leva les yeux vers Jack et lui adressa un sourire, heureux d'avoir son soutien malgré les tensions accumulées durant ces dernières semaines.
« Je suis content que tu sois là, avoua Harold les yeux baissés. Mais j'ai bien peur que les filles ne soient pas forcément de cet avis… »
En voyant Jasmine passer devant eux pour aller en cours, Harold se souvint qu'il avait une heure d'histoire et décida de la suivre pour rejoindre le reste de sa classe. Une fois assis à côté de sa petite amie lors de l'ennuyeux cours de monsieur Fredricksen, il décida de s'excuser auprès d'elle pour ce mouvement d'humeur passager.
Bien qu'Astrid était encore agacée par le comportement d'Harold, elle lui assura que ce n'était rien, et agit comme de rien n'était pendant tout le reste de l'heure.
A la sonnerie, Fredricksen leur rappela qu'ils devraient passer sur leurs exposés la semaine prochaine, ce qui fit soupirer longuement le jeune homme : ce devoir lui était complètement sorti de la tête ! De plus, il devait le faire en compagnie d'Adam et Kristoff, qu'il ne connaissait pas plus que ça, mais surtout de Mérida, qui continuait encore aujourd'hui de l'ignorer pour oublier son envie de le tuer.
Le brun décida tout de même d'aller les voir tous les trois pour qu'ils viennent travailler chez lui le dimanche après-midi, ce qu'ils acceptèrent tous (non sans un certain agacement de la part de Mérida). Harold remarqua son visage fermé lorsqu'il lui parla, ce qui contribua encore plus à son mal-être. Il aimerait que la situation s'améliore entre eux deux, mais ne savait pas comment faire. Il n'était déjà pas facile d'approcher une Mérida en colère, mais son cerveau embrouillé n'aidait sûrement pas à cette tâche.
Après une dernière heure insupportablement longue, Harold embrassa Astrid pour lui dire au revoir, avant de se diriger vers le gymnase pour son entraînement d'escalade. Cela lui permettrait peut-être de se vider la tête, ce dont il avait grandement besoin. Une fois en tenue, il salua Bunnymund et rejoignit le groupe, composé de Kida, Kristoff, Tarzan, et d'autres élèves de seconde et de terminale qu'il ne connaissait pas vraiment. Ils n'étaient qu'une douzaine, et puisque le tir à l'arc se faisait à l'extérieur avec le beau temps, cela évitait à Harold de supporter le bruit causé par les autres. Il fut content de se mettre à grimper sans avoir à penser à quoi que ce soit, mise à part à où placer ses pieds et ses mains pour ne pas glisser.
Mais tandis qu'il continuait son ascension, il ressentit soudain un violent mal de crâne, comme si on lui donnait des coups de marteau dans le cerveau. Il s'agrippa à la paroi pour ne pas lâcher prise et s'arrêta au beau milieu du mur d'escalade, ce qui fut remarqué par son professeur :
« Haddock ? Quelque chose ne va pas ? Interpella Bunnymund depuis le sol.
-Je ne… il est…
- Petit, je ne comprends rien à ce que tu marmonnes ! Essaie de descendre lentement si tu ne te sens pas bien, fais bien attenti… HAROLD ! »
Avant que Bunnymund n'ait pu faire quoi que ce soit, Harold avait lâché et s'était écrasé contre les matelas dans un bruit sourd, inconscient. Tous les élèves descendirent prudemment pour voir s'il n'était pas blessé, tandis que leur professeur examinait son pouls ainsi que son dos et sa nuque, pour vérifier rapidement s'il n'avait aucune blessure grave. Au même instant, Harold rouvrit les yeux, complètement dans les vapes, avec tout le groupe réunit autour de lui :
« Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? marmonna-t-il en se massant le crâne.
-Toi, mon garçon, tu vas filer à l'infirmerie illico presto, recommanda Bunnymund le front plissé d'inquiétude. Tu n'as mal nulle part ? Tu te sens comment ? Tu penses réussir à te lever ?
-Je pense, oui. »
Après quelques instants d'hésitation où Harold dut s'appuyer sur Kristoff pour ne pas tomber, le professeur de sport demanda à ce dernier de l'accompagner jusqu'à l'infirmerie. Il voulut aider le jeune homme en le soutenant sur son épaule, mais Harold refusa, lui assurant qu'il pouvait marcher.
Une fois dehors, Harold fut soulagé de sentir de l'air frais sur son visage.
« Tu nous as fait sacrément peur, déclara Kristoff sur le chemin. J'ai cru que tu allais te briser quelque chose, tu es tombé comme une masse !
-Ça doit sûrement être la fatigue, fit Harold en haussant les épaules. Mais ce n'était pas le meilleur endroit pour arriver, c'est… argh ! »
Il se prit la tête entre les mains, de nouveau assailli par cette douleur fulgurante. Kristoff vint pour le soutenir, ce dont Harold fut finalement reconnaissant. Après une petite pause, ils reprirent leur route vers l'infirmerie, mais furent stoppés un peu avant d'entrer dans le bâtiment par Mérida et Anna, qui arrivèrent essoufflées vers eux :
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Anna paniquée.
Kristoff expliqua l'histoire aux deux jeunes filles assez rapidement, avant d'indiquer qu'il devait l'emmener jusqu'à l'infirmerie :
« Ne t'inquiètes pas, l'interrompit Mérida, on va prendre le relai.
-Vous êtes sûres les filles ? C'est pas contre toi Harold, mais t'es pas tout léger non plus, ajouta Kristoff avec un sourire gêné.
-On a des biceps d'acier, fit remarquer Anna en récupérant un bras d'Harold. On va gérer ! »
Après s'être assuré qu'Harold était entre de bonnes mains, Kristoff lui adressa une petite claque encourageante dans le dos avant de repartir en petites foulées vers le gymnase, laissant les trois amis ensemble.
« Bon alors, qu'est-ce que tu nous fais Harold ? demanda Mérida avec un ton de mère qui observe son enfant en pleine crise d'adolescence.
-Rien de grave, je pouvais me débrouiller tout seul… »
Mérida jeta un regard à Anna qui leva les yeux au ciel, tandis qu'ils atteignaient enfin la porte tant attendue de l'infirmerie : Kristoff n'avait pas menti, Harold pesait son poids. Lorsque l'infirmière les vit arriver avec un adolescent d'un mètre quatre-vingt chancelant sur ses jambes, celle-ci se précipita vers eux d'un air affolé comme si ce dernier était agonisant et venait de perdre une jambe.
« Que lui est-il arrivé ? Installez-le sur le petit lit de la chambre d'à côté ! Oh mon pauvre garçon, tu as l'air totalement à bout de forces ! »
Madame Samovar, courant d'un coin à l'autre de la pièce pour apporter tantôt un carré de sucre, tantôt une compresse imbibée d'eau, réussit à décocher un sourire à Harold par l'ardeur qu'elle mettait pour tenter de l'aider. Avec son visage rondouillard et ses cheveux grisonnants, cette femme inspirait confiance à tout le monde, et pouvait faire accepter n'importe quoi à n'importe qui. Harold finit néanmoins par lui dire que tout allait bien, et qu'il avait simplement besoin d'un peu de repos :
« Très bien mon petit, mais si tu as besoin de quoi que ce soit, je serai juste à côté ! Je vous laisse le surveiller les filles, mais ne le dérangez pas ! »
Elle repartit dans la pièce d'à côté et ferma la porte délicatement, et les filles s'assirent des deux côtés d'Harold. Elles le fixèrent pendant quelques secondes, et ils soupirèrent à l'unisson, ce qui les fit rire.
« Tu es vraiment un énorme boulet, déclara Anna, toujours en rigolant.
-Rappelle-moi qui nous a fait la plus belle chute l'an dernier à l'escalade ? fit Harold en haussant un sourcil.
-Si je me souviens bien, cette personne portait le nom d'Anna Arendelle. Je me trompe ? » fit Mérida en souriant.
Anna soupira et donna un coup d'oreiller à sa meilleure amie en riant, tout en essayant de ne pas faire trop de bruit pour ne pas se faire virer par l'infirmière. Harold s'installa plus confortablement contre le coussin, et les filles virent alors l'étendue des dégâts : ses yeux étaient injectés de sang à cause de la fatigue, pochés de noir et gonflés. Son malaise lui avait laissé la peau très pâle d'un malade, et ses deux mains tremblaient de façon incontrôlable, sans même qu'il n'ait l'air de s'en rendre compte.
« Bon… qu'est-ce qui t'arrives, Haddock ? »
Mérida avait ses yeux bleus fixés sur lui, sourcils froncés, comme si elle tentait de lire ce qu'il se passait dans sa tête. En croisant son regard, Harold réalisa à quel point la situation était ridicule. Voilà des semaines qu'ils s'évitaient tous les deux, sans même avoir de raison valable pour le faire. Il tourna ensuite le regard vers Anna, avec qui il avait l'impression de ne pas avoir parlé depuis des semaines. Sans doute était-ce le cas. Harold se sentait stupide d'avoir abandonné ses amis pour sa petite amie, surtout maintenant que tous s'étaient éloignés de lui. Lorsqu'il releva les yeux, il ne put s'empêcher de rire, sans doute nerveusement, et fut rejoint quelques secondes après par les deux filles.
« Je suis le roi de cons, hein ? demanda Harold après s'être calmé.
-Je ne serai pas allée jusque-là, mais on s'en approche, confirma Anna avec un sourire. Explique-nous.
-Je vous l'ai dit, j'ai juste fait un petit malaise à cause de la fatigue, rien de gr…
-Non, c'est pas ça qu'on te demande abruti, demanda Mérida. Qu'est-ce qui ne va pas en ce moment ? Dans ta vie ? C'est Astrid, c'est nous ? »
Le jeune homme posa sa tête contre le mur et regarda le plafond, ne sachant par où commencer. Il finit par se lancer, et parla de tout : ses cauchemars à propos de sa mère qui revenaient de plus en plus fréquemment, ses insomnies, ses disputes avec Astrid et la jalousie grandissante de cette dernière, cette présence dans sa tête qui ne semblait plus vouloir le quitter… au moment où il allait parler de ses craintes par rapport à Krokmou, la porte donnant sur le couloir s'ouvrit et laissa place à Raiponce, Jack et Elsa, qui venaient de sortir de cours. Tous les trois s'assirent avec les autres sur le matelas, ce qui commençait à laisser très peu de place pour le jeune homme, qui se recroquevilla dans son coin.
« Tu vas mieux ? demanda Elsa en passant sa main sur son front pour prendre sa température. Tu as l'air exténué.
-Je vais bien, ne vous inquiétez pas, lâcha Harold avec un sourire gêné.
-Pfeuuh ! Je vais bien, je fais des malaises et je m'énerve alors que je suis habituellement une crème, mais je vais bien ! fit Jack avec une tentative ratée d'imiter la voix de son meilleur ami. Pas à nous, Haddock, pas à nous ! »
Ce dernier donna un coup dans l'épaule de son meilleur ami, et réexpliqua tout ceci pour Elsa et Raiponce, lorsqu'il en arriva de nouveau au danger qui entourait Krokmou :
« Tu crois vraiment que Pitch Black veut s'en emparer ? demanda Raiponce les sourcils froncés.
-Je n'en sais rien… je commence à me faire de plus en plus de soucis. Ça me semble tout à fait plausible, et si ça devait arriver, je ne pense pas être dans la capacité de l'arrêter, souffla Harold. Sans Krokmou, eh bien… je ne suis qu'un bon à rien face à ces ombres.
-Mais tu en as déjà tué une, pas vrai ? Pendant vos vacances avec Jack ? remarqua Elsa.
-On n'a pu s'en débarrasser que parce que Jack l'avait touchée avec de la glace, expliqua-t-il. Je ne pense pas pouvoir les combattre à main nue.
-En effet, ça pose problème… il faudrait demander de l'aide à madame Poppins, ou aux professeurs de défense, proposa Jack. Peut-être existe-t-il un autre moyen de les détruire. Ce serait plutôt bien, étant donné que le nombre de personnes pouvant contrôler la glace se limite à Elsa et moi.
-Et je pense qu'on aura besoin de bien plus de monde pour détruire Pitch et ses ombres, fit remarquer Harold. On a au moins la chance d'être amis avec les deux personnes pouvant s'en débarrasser, c'est un plus pour nous !
-Chouette, notre espérance de vie vient brutalement d'augmenter à l'âge de vingt-six ans ! » fit Mérida en riant.
Ils se mirent tous à rire discrètement, et restèrent là à discuter tous ensemble, en attendant d'être rappelés par la sonnerie.
« Il y a quelque chose que je dois vous dire aussi, lança Raiponce après un instant.
-T'as couché avec Flynn ? demanda Mérida en écarquillant les yeux.
-Attends, quoi ? Non ! Andouille ! s'exclama la jeune fille, dont les joues étaient devenues cramoisies. Ça n'a rien à voir ! Enfin, ça concerne aussi Flynn, mais pas à ce niveau-là. »
Elle leur raconta alors leur mission avec Vaïana, le combat contre Jafar, la discussion et la nuit avec Flynn (ce qu'ils s'empressèrent tous de voir comme un signe de leur affection réciproque), puis enfin comment elle avait décidé de guérir Tiana malgré ses peurs de révéler ses pouvoirs. Elsa prit sa cousine dans ses bras, et ils la félicitèrent tous pour son courage :
« Ce n'est pas grand-chose… j'aurais dû le faire bien avant ! dit-elle d'un air modeste. Mais ça m'a soulagé de lui en faire part, et de la libérer de cette souffrance. »
Ils hochèrent tous la tête en signe de compréhension, puis Harold reprit la parole après un long soupir :
« Je suis vraiment désolé d'avoir agi comme un abruti ces derniers temps. J'aurais dû vous parler de tout ça, au lieu de rester enfermé avec Astrid. D'ailleurs je me suis disputé avec elle, maintenant… j'ai l'impression que tout part en vrille autour de moi, et que tout est de ma faute. Je n'aurais jamais dû me comporter comme ça, je m'excuse.
-Excuse toi encore une seule fois, et je te fais manger ta compresse, s'empressa d'ajouter Mérida. T'es notre meilleur ami, tu le sais… même quand tu agis comme un con, on ne peut pas t'en vouloir indéfiniment!
-Il faut dire que je suis totalement irrésistible, ajouta Harold avec un sourire.
-Ca y est, il reprend la confiance ! s'exclama Elsa en riant.
-Si ça continue comme ça, on va tous se faire un câlin en disant « amis pour la vie ! » avec des rires niais comme dans les séries Disney Channel, et je dois vous dire que je ne suis psychologiquement pas prêt à vivre une scène pareille. » fit Jack en faisant semblant d'avoir des hauts le cœur.
Ils se mirent donc tous d'accord et lui firent un énorme câlin dont il essaya de s'échapper tant bien que mal, à grand renfort de cris et de grognements. Alertée par tant de mouvements et de bruit, madame Samovar passa la tête quelques secondes plus tard et fut scandalisée de voir autant de monde autour de son patient, aussi décida-t-elle de tous les mettre à la porte. Elle laissa cependant Elsa rester avec Harold, puisqu'elle était visiblement la plus calme du groupe.
Assise à côté de son meilleur ami, elle lui adressa un sourire rassurant, et Harold lui prit la main dans une recherche de soutien.
« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu allais mal ? demanda la jeune fille, concernée.
-Je ne sais pas trop, répondit-il après une longue hésitation. J'ai vraiment l'impression que je n'étais pas moi-même ces derniers temps. Même ce midi avec Astrid… je me suis emporté sans le vouloir. »
La jeune blonde hocha la tête, avant de dire qu'Astrid était justement venue lui parler pendant la pause du midi :
« Elle était inquiète à ton propos : elle nous a dit que tu étais bizarre, que tu semblais tout le temps en colère ou fatigué. Qu'elle réalisait que tu avais besoin de nous autant que d'elle, même si elle a avoué que ça lui faisait du mal de l'admettre. Je pense qu'elle n'est pas du genre à parler ouvertement des problèmes lorsqu'il y en a, elle ne savait pas comment agir.
-Oui, elle a plutôt tendance à faire comme si de rien n'était… j'aimerai qu'elle réussisse à me faire confiance pour m'en parler, fit-il en soupirant. Je l'aime tellement, si tu savais… »
Elsa sourit en entendant cela, et le rassura en lui disant qu'elle l'aimait aussi. Ils continuèrent de parler jusqu'à la sonnerie, puis ils quittèrent l'infirmerie pour rejoindre les autres, qui attendaient au bout du couloir.
« Bon, du coup, rendez-vous samedi ! s'exclama Mérida avec un grand sourire aux lèvres.
-Attends voir, qu'est-ce qu'il y a samedi rappelle-moi ? » fit Harold en réfléchissant.
Mérida lui jeta un regard consterné, avant de préciser qu'ils seraient le 26 novembre. Autrement dit, le jour de son anniversaire. Harold se répandit en excuses sous le regard amusé des autres, Mérida faisant semblant d'être vexée comme un pou. Sans doute l'était-elle vraiment, d'ailleurs. Harold promit qu'il serait là pour la soirée d'anniversaire, mais également qu'il l'emmènerait au centre commercial pour qu'elle se choisisse un cadeau, puisque cela lui était complètement sorti de la tête.
Alors qu'ils se dirigeaient tous vers leur bus en riant, Harold fut soulagé de retrouver enfin ça : être avec sa bande d'amis, rire avec eux pour un rien, il se demandait même comment il avait pu passer à côté de ça ces dernières semaines. Une fois assis dans le car à côté de Jack, lorsque son mal de crâne revint, il essaya de l'ignorer de toutes ses forces, et celui-ci finit par partir. Comme si la force qui tentait d'entrer dans son crâne avait été rejetée par ce regain de confiance. Cette nuit-là, Harold se coucha presque sereinement, et il réussit enfin à passer une nouvelle nuit sans cauchemars.
La sonnerie retentit bruyamment, et les chaises grincèrent contre le parquet irrégulier de la salle de classe, tandis qu'une trentaine d'élèves se dirigeaient précipitamment vers la cour de récréation. La petite fille, assise au premier rang, se leva délicatement tout en gardant sa jupe bien plissée, et remit sa chaise en place, avant de sortir également de la salle sous le regard scrutateur de son professeur.
Assise sur un banc de la cour, un livre à la main, elle restait silencieuse, croquant par moment dans sa pomme d'un air ennuyé. Elle n'aimait pas les récréations : ces moments lui rappelaient inexorablement sa solitude. Du haut de ses neuf ans, elle n'avait aucun ami. Souvent, les autres enfants la trouvaient étrange, et lorsqu'elle essayait de jouer avec eux, ils lui tiraient les cheveux ou la traitaient de sorcière, jusqu'à ce qu'elle parte en pleurant.
Elle n'était effectivement pas une enfant comme les autres. Il lui était arrivé à plusieurs reprises de faire des choses inhabituelles… des choses ressemblant à de la magie. Elle essayait de cacher cette particularité aux autres, mais elle ne parvenait pas toujours à le contrôler, et depuis l'incident de la cantine, tout le monde semblait bien décidé à l'exclure et à lui faire comprendre quel monstre elle était.
Cependant, assise sur son muret les jambes ballantes dans le vide, elle remarqua que quelqu'un s'intéressait à elle, sans la regarder comme une dégénérée : au bout de la cour, derrière un arbre, se trouvait un petit garçon qui l'observait. Il avait les cheveux d'un noir de suie, un long nez fin et de petits yeux brillants qui surmontaient un corps frêle. Lorsqu'il croisa son regard, il se cacha de nouveau derrière l'arbre, espérant sans doute ne pas avoir été remarqué.
La petite fille sourit, et continua de manger sa pomme tranquillement, les yeux baissés vers le sol couvert de dessins à la craie. Cependant, quelques instants plus tard, elle vit poindre deux pieds sous ses yeux. Lorsqu'elle releva les yeux, elle vit son admirateur à quelques centimètres d'elle, l'observant maintenant franchement de ses petits yeux perçants :
« Tu as un bout de pomme juste là. » fit-il en pointant le menton de la jeune fille d'un index poisseux.
Celle-ci, mise mal à l'aise par cette remarque, s'essuya la bouche précipitamment et détourna les yeux. Elle n'avait pas l'habitude que quelqu'un vienne lui parler, et cet élève qui n'était arrivé qu'il y a deux semaines l'intriguait au plus haut point.
« Tu sais, moi non plus je n'ai pas d'amis, continua-t-il tout en s'asseyant à côté d'elle, balançant ses jambes sur le même rythme qu'elle. On a qu'à rester tous les deux, hein ? »
La fillette ouvrit de grands yeux, et observa son nouveau compagnon. Il avait une marque rouge sur la joue, comme s'il avait reçu un coup récemment. D'abord réticente, elle secoua lentement la tête tout en essayant d'esquisser un sourire.
Le garçonnet se mit à sourire quant à lui très franchement, et lui tendit la main :
« Je m'appelle Heinrich ! Heinrich Black ! Et toi? »
Elle posa son trognon de pomme sur le muret et essuya sa main sur sa jupe avant de la lui tendre également :
« Poppins. Mary Poppins. »
AH ! On me dit dans l'oreillette que je n'avais pas publié de chapitre depuis… DECEMBRE ?! J'avais déjà mis du temps à écrire un chapitre, mais je pense que là, on a battu des records ! Quoi qu'il en soit : Walt Works est de retour ! (et Delenya aussi, du coup)
Pour me faire pardonner, je me dois de vous tenir au courant de ce que j'ai fait pour ne pas écrire : j'ai le plaisir et la fierté de vous annoncer que j'ai eu mon bac S avec mention très bien, et que j'ai été prise dans une école de cinéma d'animation pour l'an prochain ! Comme quoi, mon amour pour les films d'animation ne s'arrête pas à cette fanfiction. Je vous invite d'ailleurs à me suivre sur Instagram à delenya_art pour suivre mon évolution et me soutenir au niveau de mes créations !
J'espère trouver le temps d'écrire pendant ces vacances. Ce chapitre m'a pris beaucoup de temps, j'ai eu des baisses de motivation, très peu de temps à cause de mes épreuves et de mes révisions, mais me remettre dans cette histoire ces trois derniers jours m'a rappelé à quel point je tenais à ce projet : comme je vous l'ai toujours dit, je ne laisserai pas tomber Walt Works !
En tout cas, merci pour tous vos gentils commentaires, même après des mois sans nouvelles. J'ai perdu le compte des remerciements, donc pour cette fois, je vous fais un merci collectif, à tous ceux qui ont commenté, aimé, suivi, ou même ceux qui ont simplement lus et apprécié cette histoire sans laisser de trace écrite : merci merci merci !
Je vous dis à très bientôt je l'espère pour la suite, qui promet d'être beaucoup (beaucoup) plus mouvementée !
Bonne journée/soirée,
-Delenya
