DISCLAIMER : Les personnages appartiennent aux studios d'animation Disney/Pixar et Dreamworks. En revanche, l'histoire m'appartient : merci de ne pas plagier !
« PLONGE ! PLONGE ! PLOOOOONGE ! »
Ses mains sur la longe de Krokmou, tirant de toutes ses forces pour pousser ce dernier à descendre, Harold hurlait pour se faire entendre à travers les bourrasques de vent. Cela faisait un moment qu'ils n'avaient pas volés à deux dans des conditions aussi extrêmes, et cela se sentait : Krokmou n'en faisait qu'à sa tête, et Harold enchaînait les erreurs de guidage et d'instructions. En à peine une heure de vol en direction de la côte, ils avaient déjà foncé dans une nuée d'oiseaux, dévié plusieurs fois de leur trajectoire initiale, et ils s'étaient même retrouvés trempés à cause d'une remontée mal maîtrisée en direction de l'eau de mer. C'était donc mouillé de la tête aux pieds et de très mauvaise humeur qu'Harold réussit de justesse à faire en sorte d'éviter la corniche de pierre qui dépassait de la falaise, avant de décréter qu'il était temps pour eux de faire une pause. Ils se posèrent donc sur un promontoire entouré par les flots, suffisamment grand pour qu'un dragon en phase de crise d'adolescence puisse s'y percher. Une fois au sol, Krokmou fit une embardée sur le côté qui précipita Harold à terre :
« Aoutch ! s'exclama le jeune homme, le dos endolori. Eh ! Arrête de faire ta mauvaise tête, tu veux ? »
Krokmou le regarda de son air de tête de mule et lui rugit dessus, avant de se mettre dos à lui pour ne pas croiser son regard. Assis par terre, Harold soupira longuement avant d'essayer de se relever avec difficulté. Il fit le tour pour se trouver face à son dragon, qui se mit à grogner à son attention :
« Tu es pire que Mérida quand tu fais ça ! s'exclama Harold. Qu'est-ce que tu as ? Ce n'est pas de ma faute si t… Krokmou ! Qu'est-ce que tu… »
Le dragon s'était mis à avancer vers lui, le forçant à reculer de plus en plus proche du bord. Il entendait le remous des vagues juste derrière lui, et dut enserrer le cou du dragon dans ses bras pour ne pas tomber. Ce dernier continua d'avancer jusqu'au bord, et Harold se retrouva suspendu à Krokmou, les pieds dans le vide au-dessus de la mer.
« KROKMOU ! FAIS-MOI DESCENDRE IMMEDIATEMENT ! »
Le dragon, fier de son stratagème, se mit à grogner de ce qui ressemblait fortement à un rire, tandis qu'Harold gigotait en l'air pour tenter d'accrocher le bord avec son pied, sans succès. Il continua pendant quelques instants de négocier, mais finit par comprendre que la seule volonté de Krokmou pourrait le sauver d'une chute dans l'eau de mer :
« Bon, très bien ! Je suis désolé, ça te va comme ça ? Je m'excuse ! »
La créature émit un petit grognement de satisfaction puis se mit enfin à reculer, et Harold fut rempli de soulagement lorsqu'il sentit de nouveau le sol sous ses pieds. Il s'effondra par terre, essayant de se remettre de ses émotions, tandis que Krokmou faisait le fier devant lui.
« Tu es insupportable, reptile inutile ! »
Krokmou rétorqua avec un grognement joyeux, avant de s'effondrer sur son ami bipède de tout son poids. Ecrasé par un dragon pesant le poids d'une belle voiture, Harold se mit à le repousser en riant, à moitié étouffé. Réussissant à s'enfuir de sous l'abdomen du dragon, ils continuèrent de chahuter comme des enfants sur leur promontoire, avant de décider de repartir, bien plus détendus qu'à l'aller. En fin de compte, cette balade avait été une bonne idée.
Le ciel commençait à se couvrir, aussi se dépêchèrent-ils de revenir jusqu'à la maison. Il préférait ne pas se trouver à dos de dragon si un orage éclatait au-dessus de leur tête. Une fois arrivés, ils se posèrent doucement dans l'herbe au fond de l'immense jardin des Haddock, extenués par cette longue promenade. Il retira la selle et les harnais du dos de la créature, qui lâcha un râle de soulagement. L'équipement qui lui permettait de porter Harold mais également d'être invisible aux yeux des humains était assez lourd à porter.
« Allez, mon beau… c'est l'heure de manger ! »
Un grondement de tonnerre retentit, non pas en provenance du ciel mais du ventre de Krokmou, ce qui fit rire Harold. Il se rendit dans la réserve du garage pour récupérer une assez grosse quantité de poisson cru, qu'il répandit dans le bac de nourriture de son ami. Il caressa le haut écailleux de son crâne avec affection, puis referma les grandes portes de la cabane, pour aller grignoter quelque chose à son tour.
Cependant, une fois à l'intérieur de la maison, il fut étonné de voir qu'il n'était pas seul :
« Surprise ! »
Assise au comptoir de la cuisine se trouvait Astrid, ses longs cheveux blonds ramenés sur le côté de son épaule, un léger sourire aux lèvres. En quelques instants, Harold sentit son cœur se remplir de soulagement par la simple présence de sa bien-aimée. Cette dernière descendit du tabouret et l'enlaça dans ses bras, avant de froncer le nez brusquement :
« Tu sens le poisson pourri et… les algues ? remarqua-t-elle avec un air de dégoût.
-Ah oui, fit-il en riant, disons que la promenade a été plus mouvementée que prévu. Je ferai mieux d'aller me doucher, hein ?
-Oui, en effet, répondit la jeune fille en souriant également. En attendant, je vais réchauffer les pizzas. »
Harold haussa un sourcil, puis vit les deux boîtes posées sur le comptoir, dégageant une douce odeur de fromage fondu. Il embrassa Astrid sur la joue tout en lui disant qu'elle était la meilleure, puis monta les marches quatre à quatre pour rejoindre la salle de bain, et prendre une bonne douche bien chaude. La sensation de l'eau brûlante sur sa peau fut revigorante. Lorsqu'il sortit, les cheveux totalement ébouriffés, il remarqua que le tonnerre grondait à l'extérieur sous un torrent de pluie.
Il redescendit au rez-de-chaussée, puis rejoignit Astrid devant la télé pour profiter de sa pizza quatre fromages. Lorsqu'il vit la quantité d'emmental fondant sur la pâte à pizza, l'appétit d'Harold se réveilla, et il la dévora avec voracité tout en regardant du coin de l'œil le dernier Marvel qui passait à la télévision. Une fois leur repas débarrassé, ils s'installèrent confortablement dans un entrelacs de jambes et de couvertures. Le nez enfoui dans la chevelure d'Astrid, Harold s'amusait à passer sa main sur le long du bras de cette dernière, lui provoquant des frissons. Elle releva la tête vers lui et l'embrassa tendrement, puis de façon plus assurée, tandis que la musique du générique retentissait dans le fond, sans pour autant se faire entendre par le couple.
« On ferait mieux de monter se coucher, hein ? » murmura Astrid, le regard plongé dans les yeux verts d'Harold, à bout de souffle par ce baiser.
La réponse du jeune homme ne se fit pas attendre : il se releva les cheveux totalement en bataille, éteignit rapidement la télé et récupéra Astrid dans ses bras, la portant comme une princesse, sous les rires de cette dernière. Le trajet jusqu'à la chambre d'Harold fut plus long que prévu, ponctué de caresses et autres baisers. Une fois en haut, ils s'effondrèrent sur le lit, et passèrent ensemble la meilleure nuit d'amour qu'ils n'aient jamais connus.
Le soleil se pointait doucement à l'horizon, diffusant ses rayons par la fenêtre d'un éclat presque aveuglant. En remarquant qu'il n'avait pas fermé les volets, Harold se mit à grogner : il n'avait aucune envie de quitter son lit, et encore moins en remarquant la sérénité qui régnait sur le visage d'Astrid. Sa poitrine se soulevait doucement au rythme de chacune de ses respirations, tandis qu'une mèche de cheveux frémissait sous le souffle dégagé par ses lèvres outre-ouvertes. Le bras engourdi par la tête blonde qui y reposait, Harold décida de rester ainsi : le soleil pouvait bien aller se faire voir ! Il remonta délicatement le drap sur l'épaule de sa petite amie, et enfouit sa tête dans l'oreiller avant de fermer les yeux.
Lorsqu'il se réveilla pour la seconde fois, le soleil était bien plus haut dans le ciel, et il fut accueilli cette fois-ci par le sourire radieux de la jeune fille, qui s'amusait en passant la main dans ses mèches brunes.
« Tes cheveux sont de nouveau beaucoup trop long, chuchota-t-elle en l'embrassant. Bien dormi ?
-Hummm. »
Allongé sur le ventre, il remonta la couverture jusqu'au haut de son crâne et passa un bras autour d'elle, n'ayant aucune envie de se lever. Astrid lui signala qu'ils allaient finir par être en retard au centre commercial, ce à quoi il répondit encore une fois par un grognement. Elle se mit à rire et à l'embrasser sur la joue, puis sur l'épaule, et dans le haut du dos, sans aucune réaction de la part du jeune homme. Ce dernier lâcha un ronflement équivoque, ce qui fit pouffer la jeune blonde dans son coin. Pleinement réveillée, elle, Astrid s'assit dans le lit à la recherche de ses sous-vêtements, tout en essayant de secouer la belle au bois dormant qui ronflait à ses côtés. Après avoir réussi l'exploit de le réveiller, elle s'enfuit à la douche pour se changer et se préparer à sortir.
Elle redescendit après une bonne demi-heure de préparation et rejoignit Harold dans la cuisine, en train de phaser devant sa tasse de chocolat chaud, le regard encore lourd de sommeil :
« Toi, tu as l'air en pleine forme ! s'exclama-t-elle, le faisant sursauter au passage. Bonjour ! »
Elle déposa un baiser sur ses lèvres, et se prépara un petit déjeuner à son tour. Ils discutèrent un moment tous les deux, et une fois entièrement réveillé, Harold partit se laver à son tour. Légèrement après onze heures, ils quittèrent la maison des Haddock, sans oublier de nourrir Krokmou avant leur départ, et prirent le bus en direction du centre commercial.
Une fois là-bas, ils rejoignirent Mérida, Jack et Elsa devant un magasin de vêtements quelconque, et Astrid se sépara de son petit ami pour rejoindre ses amies. Il déposa un baiser sur sa joue et la regarda partir, un sourire niais accroché sur le visage. Lorsqu'il se retourna vers ses amis, ceux-ci affichaient un air de moquerie affectueuse, qu'Harold s'empressa d'ignorer. Cela fut plutôt compliqué, puisque Jack s'amusait à susurrer des « mon amour ! » à l'oreille d'Harold alors qu'ils se promenaient dans les allées du centre commercial :
« La nuit fut mouvementée ? demanda Elsa avec un sourire neutre.
-Hum… disons que c'était une très bonne nuit, répondit-il sans trop s'étendre, tandis que Mérida et Jack faisaient semblant de vomir de leur côté.
-J'imagine que vous êtes réconciliés du coup ? » demanda cette fois-ci Mérida, en passant un bras autour du cou de son meilleur ami.
Ce dernier approuva, le rouge lui montant aux joues. Pour éviter de devoir raconter quoi que ce soit, il décida de changer de sujet en demandant à Mérida ce qu'elle souhaitait comme cadeau d'anniversaire. Après un long instant de réflexion, elle finit par lâcher qu'elle n'en avait aucune idée. Ils décidèrent donc de faire le tour de différents magasins pour trouver quelque chose qui lui plairait.
Alors qu'elle essayait quelques vêtements en compagnie d'Elsa, Harold demanda à Jack ce que lui et les autres lui avaient acheté :
« Les filles lui ont pris une paire de baskets qu'elle voulait depuis longtemps, et un t-shirt il me semble, et moi je comptais lui offrir un sweat qu'elle avait repéré, mais je ne l'ai pas encore reçu. Tu n'as vraiment pas d'idée ?
-D'habitude j'en ai des dizaines, mais là je sèche totalement, avoua-t-il. J'espère qu'elle trouvera quelque chose dans la journée ! Tient, au fait, pourquoi Raiponce et Anna ne sont pas là ? »
Jack lui répondit qu'elles s'occupaient de préparer la maison de Mérida en attendant leur retour. En effet, celles-ci s'étaient arrangées avec Elinor pour décorer le salon des Dunbroch, et préparer un énorme gâteau au chocolat, qui était son préféré.
En voyant que les filles ne sortaient pas des cabines, Harold et Jack décidèrent de les rejoindre pour voir où elles en étaient. Ils cherchèrent discrètement dans quelle cabine elles se trouvaient en les appelants, lorsqu'ils furent surpris par Elsa, qui sortit précipitamment de la cabine du fond en s'effondrant à terre, pleurant de rire. Les garçons la rejoignirent et tentèrent de comprendre la raison de son fou rire, mais celle-ci n'arrivait plus à parler tant elle riait.
Harold demanda à Mérida s'il avait le droit d'entrer, et eut pour simple réponse un bruit étouffé, comme si Mérida s'était perdue dans un portant de fringues… ce qui n'était pas très loin de la vérité : au milieu de la cabine se trouvait Mérida, les bras en l'air, retenus contre sa tête par le tissu d'une robe sans doute bien trop moulante dans laquelle elle était totalement immobilisée. En la voyant ainsi coincée, Harold ne put s'empêcher de rire, bientôt suivi par Jack. Elsa étant encore trop occupée à pleurer de rire, Jack décida d'aider sa meilleure amie à sortir de ce calvaire, et tira sur la robe, la libérant ainsi de son entrave, les joues rendues rouges par l'effort qu'elle venait de fournir :
« Robe de mer… aaah ! SORTEZ D'ICI BANDE D'ABRUTIS ! »
En effet, les garçons réalisèrent un peu tard qu'elle n'était vêtue que de ses sous-vêtements, et ils quittèrent précipitamment la boutique sous les regards désapprobateurs des autres clients, encore tordus par leur fou rire. Lorsque les filles les rejoignirent, Mérida était elle aussi secouée de rire, tandis qu'Elsa se remettait doucement de cette scène :
« Bon, tu ne prends pas la robe du coup ? demanda Harold avec un air goguenard. Je te l'offre, si ça te tient à cœur !
-Boucle-la, andouille ! répondit-elle en lui assenant un coup dans l'épaule. Mes épaules sont bien trop développées pour rentrer dans ce genre de tenue.
-Oh oui, ce sont sans doute tes très impressionnants dorsaux qui ont bloqué la robe, c'est sûr ! » s'exclama Jack en gonflant les épaules.
Après avoir reçu un douloureux coup de poing dans le biceps, il finit par suivre la rouquine vers la boutique suivante, un sourire moqueur toujours affiché sur son visage.
Après plusieurs boutiques de vêtements et une boutique de jeux vidéo, ils décidèrent de s'arrêter pour manger quelque chose. Ils commandèrent des bagels dans un restaurant du centre commercial, et profitèrent du repas pour discuter un peu des cours et de Walt Works. Une fois rassasiés, ils repartirent de plus belle, Harold accompagnant Mérida vers une boutique vendant des sacs en tout genre.
De leur côté, Jack suivit donc Elsa dans une boutique de vêtements, puisqu'elle souhaitait s'avancer dans l'achat des cadeaux de Noël :
« Tu ne perds pas de temps, Noël n'est que dans un mois ! fit Jack en traînant parmi les différents portants.
-Oui, mais ça arrive toujours trop rapidement, et je ne suis pas sûre de retourner faire du shopping, alors… autant le faire maintenant ! Il ne me reste à acheter que celui de ma mère, et de Raiponce.
-Ca veut dire que tu as déjà mon cadeau ? demanda-t-il avec un sourire espiègle.
-Hum, ça se pourrait, répondit-elle en feignant de ne rien savoir. Mais je ne crois pas que tu sois assez sage pour le recevoir.
-Ouille, touché… j'ai fait des efforts ce trimestre, je n'ai été collé que deux fois ! »
Elsa le regarda d'un air consterné, et secoua la tête en riant. Alors que Jack la harcelait pour savoir quel était son cadeau, elle dénicha une jolie robe jaune assez estivale pour Raiponce, chose qu'elle souhaitait depuis longtemps, ainsi qu'une paire de boucles d'oreilles en argent pour sa mère. Alors qu'elle s'apprêtait à se diriger en caisse, quelque chose attira son regard dans le magasin : elle demanda à Jack de tenir ses achats, et se dirigea vers la robe qu'elle venait de repérer. Elle en prit une dans ses mains, et se mit à peser le pour et le contre, quand Jack l'interrompit dans ses réflexions :
« Essaie-la, avant de ne pas l'acheter et de le regretter ensuite ! »
La jeune fille fit mine de résister mais emporta la robe après avoir trouvé sa taille, et se dirigea en cabine, suivie par son ami. Après quelques instants d'attente, Jack entendit Elsa dire qu'elle avait terminé :
« Je peux voir ? »
Le rideau s'ouvrit, et Jack tomba alors sous le charme : d'une couleur bleue tirant sur le lavande, la robe semblait avoir été faite pour elle. Alors que la jupe moulante descendait jusqu'à ses genoux, le tissu délicat se croisait sur sa poitrine et venait entourer ses épaules, laissant apparaître ses clavicules et son cou. En observant la réaction de Jack, Elsa se sentit rougir. Alors qu'elle allait ouvrir la bouche, il l'interrompit immédiatement :
« Si tu oses me dire qu'elle est trop courte ou que tu hésites, je te sors de la boutique avec la robe sur le dos pour être sûr que tu la prennes. »
Celle-ci lâcha un soupir de désespoir avant de sourire, heureuse de l'effet qu'elle venait de produire. Après lui avoir dit qu'elle était vraiment magnifique, Jack vit Elsa cacher sa gêne derrière le lourd rideau de la cabine d'essayage. Elle se changea, ajoutant la robe à ses autres achats, puis ils quittèrent la boutique pour rejoindre les autres et rentrer.
Mérida sautillait dans tous les sens, l'air satisfait, tandis qu'Harold la suivait avec un sac à dos en cuir à la main, l'air dépité.
« Aïe… elle a réussi à te ruiner ? demanda Jack en posa une main compatissante sur l'épaule de son meilleur ami.
-Disons simplement que j'ose espérer avoir droit à la demi-pension à vie chez elle pour ce que je viens de dépenser. »
Mérida lui sauta de nouveau dans les bras en le remerciant encore et encore pour ce cadeau. Ils décidèrent ensuite qu'ils avaient bien trop dépensé pour aujourd'hui, et rejoignirent l'arrêt de bus pour retourner chez Mérida.
Une fois arrivés devant l'imposante maison en pierre, ils furent accueillis par Anna et Raiponce, affublées de chapeaux multicolores, qui chantaient « Joyeux anniversaire » à tue-tête. Mérida leur sauta dans les bras et elles se mirent à danser, bientôt rejointes par les frères de la jeune fille, sous les regards amusés d'Elinor et Fergus. Après avoir salué les parents de leur amie, ils se regroupèrent tous dans le salon pour donner les cadeaux à la jeune fille.
« Bon… on donne nos cadeaux, et ensuite on va passer la soirée dehors, pour que vous soyez tranquilles, expliqua Elinor. Pas de bêtises ce soir, hein ? Et ne brûlez pas la maison, et…
-Chérie, chérie, chérie ! l'interrompit son mari. Laisse-les se débrouiller ! Après tout, Mérida est une grande fi-fille maintenant ! »
Il avait ponctué cette phrase en remuant la tignasse de sa fille, qui se dépêcha de se dégager en insistant sur le fait qu'ils étaient les parents les plus gênants de l'univers. Ils se répartirent tous sur le canapé, les fauteuils et le sol du salon, tandis que Mérida commençait à déballer le cadeau offert par ses frères : il s'agissait d'une boîte de téléphone dernière génération, que Mérida regarda avec un air blasé. A l'intérieur, comme elle s'y attendait, ne se trouvait pas un téléphone flambant neuf, mais une collection de boules puantes et des cartes Pokémon aux bords usés par le temps.
« Quelle idée de me fournir de telles munitions... qui a eu l'idée de la boîte ? » demanda Mérida à ses trois vauriens de frères.
Puisqu'ils désignèrent tous une personne différente, elle décida de se venger sur eux trois, et les poursuivit chacun leur tour pour leur faire un bisou bien baveux sur la joue, ce à quoi ils répondirent par la fuite, disant qu'ils avaient maintenant de nombreuses maladies à cause de leur sœur contagieuse.
Après cette mascarade, elle prit l'emballage le plus imposant, celui qui venait de ses parents. En voyant la forme du paquet, elle devina immédiatement de quoi il s'agissait, mais retint tout de même une larme en comprenant à qui l'arc en bois massif qu'elle avait entre les mains avait appartenu :
« C'est…
-L'arc de Grand-père, oui, affirma son père avec un regard empli de fierté. J'ai fait changer la corde, l'ancienne était trop abîmée… il est un peu spécial, je pense que tu auras l'occasion de le voir. Je me suis dit que tu serais heureuse de l'avoir.
-Oh, papa c'est… merci infiniment ! Merci, merci ! »
Elle reposa délicatement l'objet finement sculpté, et sauta dans les bras de son père, puis de sa mère, qui quant à elle semblait assez surprise par la joie qu'ils venaient de susciter chez leur fille. Elle ouvrit enfin les cadeaux de ses amis, le fameux sac en cuir ainsi que les vêtements, et la paire de baskets qu'elle désirait si ardemment. Après tous les avoir remerciés chaleureusement, les parents et frères de la jeune fille prirent congé d'eux, et quittèrent la maison pour leur laisser la soirée de libre.
« Vous êtes vraiment les meilleurs, fit-elle tout en serrant Raiponce dans ses bras. Merci pour tout ça !
-Et encore, t'as pas vu le gâteau ! » fit Anna avec un clin d'œil.
La musique retentissait dans les enceintes du salon sans doute beaucoup trop fort. Ils réchauffèrent leurs pizzas et se mirent à danser tous ensemble, de façon désordonnée et sans doute loin d'être gracieuse. Ils riaient pour un rien, Harold faisant une démonstration de Mérida coincée dans sa robe, ou Jack charriant son meilleur ami sur sa nuit précédente.
Complètement épuisés, ils finirent par s'affaler sur les canapés, la musique continuant de déverser un flot de son en fond. Mérida avait les joues aussi flambantes que sa chevelure, et riait de façon contagieuse sans aucune raison. Une fois guéris de leur fou rire, ils décidèrent de faire un jeu, et se posèrent des questions sur tout et n'importe quoi :
« A moi ! s'exclama Anna. Alors, hum… Raiponce. Es-tu sur quelqu'un en ce moment ?
-Non, répondit-elle le plus rapidement possible.
-Men-teuse ! fit Mérida avec un petit sourire. Menteuse menteuse menteuse !
-Quoi ? Puisque je te dis que non ! fit la blonde en croisant les bras. Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles ! »
Ils se mirent tous à lever les yeux au ciel, tandis qu'Anna tentait de lui faire cracher le morceau. Raiponce, dont les joues étaient devenues écarlates, s'était réfugiée sous un coussin à l'entente du nom du fameux Flynn Rider, et n'en sortit que cinq minutes plus tard, lorsque la question suivante avait été posée. Après avoir fait courir Anna en sous-vêtements autour de la maison, et avoir maquillé Harold, ils décidèrent de calmer le jeu après le retour de la famille de Mérida, et discutèrent tous ensemble en mangeant du pop-corn :
« Il fallait que je vous parle de quelque chose, au fait, interrompit Jack alors qu'ils débattaient de la plus jolie fille de la classe.
-T'es en couple avec Vaïana ? s'exclama Mérida en se redressant précipitamment.
-Hein, quoi ? Mais qu'est-ce que ? Faut vraiment que tu arrêtes de faire des théories bizarres comme ça ! répondit Jack en lui jetant du pop-corn salé dans les cheveux. Non, ça n'a rien à voir avec ça, c'est plutôt en rapport avec ma famille. »
Après une vengeance à coup de pop-corn, Mérida se rassit convenablement pour écouter :
« J'ai été engagé dans un petit restaurant du centre commercial, la semaine dernière. Je vais commencer à travailler jeudi prochain, donc je risque d'être un peu moins présent les soirs de semaine, et les week-ends, il fallait que je vous le dise…
-Tu vas travailler en plus des cours ? demanda Raiponce, perplexe. Pourquoi ça ?
-Eh bien, commença-t-il en soupirant, ma mère a un peu de mal à joindre les deux bouts, en ce moment. On a plus de dépenses que prévu, et on a du retard dans le remboursement de la maison… il va falloir que je l'aide un petit peu. Ce sera sûrement temporaire, bien sûr, mais ça permettra de la soulager un peu.
-Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ? demanda Harold les sourcils froncés. Tu aurais dû me le dire ! J'en aurais parlé avec mon père, on aurait…
-Non ! Harold, écoute… c'est justement pour ça que je ne voulais pas en parler, fit Jack en passant sa main derrière sa nuque, signe qu'il était mal à l'aise. Vous tous, vous avez des familles relativement aisées, voire même plus que ça, et je ne veux pas… je ne veux pas attirer de la pitié, ou quoi que ce soit de votre part. Je sais que ce n'est pas le cas, ajouta-t-il en voyant que les filles allaient le couper, mais on peut se débrouiller seuls. On s'en est toujours sorti, et ma mère refuserait n'importe quelle aide dans tous les cas, alors ça ne sert à rien d'en parler ! D'accord ? »
Ils hochèrent la tête, compréhensifs, bien qu'embêtés par les problèmes de Jack et de sa petite famille. Harold, quant à lui, se maudit intérieurement de ne rien pouvoir faire : Barbara, la mère de Jack, n'avait jamais hésité à l'accueillir malgré toutes leurs difficultés financières, et ce pendant des années. Et voilà qu'il ne pouvait rien faire en retour pour les aider. Il se promit d'en parler à son père lorsqu'il le reverrait, pour pouvoir trouver une solution.
Jack, en voyant qu'il avait quelque peu aggravé l'ambiance, relança un jeu qu'ils continuèrent tard dans la nuit, jusque cinq heures du matin pour les plus résistants. Lorsqu'Harold regarda l'heure, et annonça à Mérida que d'ici quelques heures, ils seraient en train de faire un exposé d'histoire sur la Guerre Froide, cette dernière lui balança un oreiller à la figure en lui disant d'aller cordialement se faire foutre, ce qui fit rire son meilleur ami. Décidant que quelques heures de sommeil étaient préférables pour ce type de devoirs, ils finirent par se coucher à leur tour, bercés par les respirations endormies de leurs amis. La journée risquait d'être dure.
Et en effet, le réveil le fut. Lorsqu'ils furent tous réveillés vers dix heures du matin, Elsa ne put s'empêcher de prendre en photo leurs têtes de déterrés. Après un bon petit déjeuner à base de brioche au Nutella, Jack et les jumelles passèrent une bonne demi-heure à nettoyer les cadavres de pop-corn qui ornaient le tapis du salon, tandis que les trois autres rangeaient les matelas pneumatiques qui s'étaient dégonflés durant la nuit.
Ils partirent tous en fin de matinée, embrassant Mérida une dernière fois pour son anniversaire, sauf Harold chez qui elle devait se rendre l'après-midi pour bosser ce fichu exposé. Après une douche bien revigorante et un reste de pâtes en guise de repas, ils se rendirent chez le jeune homme, en espérant qu'ils ne feraient pas attendre Kristoff et Adam, qui devaient le faire avec eux également. Fort heureusement, en arrivant chez lui, personne ne s'y trouvait.
Ils en profitèrent pour rendre visite à Krokmou, qui leur sauta dessus en les voyant arriver, rendu fou par ces dernières vingt-quatre heures de solitude.
« Coucou mon groooos ! s'écria Mérida en enserrant la créature entre ses bras. Toi aussi, tu m'avais manqué ! »
Harold s'empressa de remplir le bac de nourriture fraîche pour son dragon, qui était occupé à se faire gratter l'arrière des écailles par Mérida.
« Parfois, je me demande si c'est réellement un dragon, et pas un chaton dans un corps de reptile volant, fit Mérida tandis que ladite créature se roulait sur le dos, montrant son ventre écailleux en attendant qu'on vienne le gratter. Hein, gros nounours ! »
Cependant, ce dernier se ressaisit en sentant la douce odeur de poisson cru, et fit sortir ses dents rétractables de sa mâchoire avant de se jeter sur la gamelle, complètement affamé.
« Nan, pas de doute ! C'est bien un énorme dragon vorace ! fit Harold tout en tapotant le dos de sa créature, qui lui retourna un grognement. Bon appétit, Krokmou ! »
Il referma la porte de la cabane et ils se dirigèrent vers l'intérieur, d'aplomb pour quelques heures de recherche et de diaporama de piètre qualité. Après quelques minutes d'attente, durant lesquelles Mérida et Harold eurent le temps de débattre de quel animal serait le plus puissant entre Krokmou et un calamar géant, la sonnerie de la porte d'entrée retentit, et ils purent accueillir Adam et Kristoff, qui étaient venus ensemble.
Après avoir salués les deux amis, non sans avoir observé d'un œil impressionné l'immense maison d'Harold, ils s'assirent à table avec eux, prêts à travailler :
« Ahum… j'ai déjà fait quelques recherches de mon côté, expliqua Kristoff tout en sortant quelques feuilles de son sac à dos. Ce n'est sans doute pas grand-chose, mais ce sera au moins un début, je pense.
-Ce n'est pas grand-chose, mais c'est déjà beaucoup plus que ce qu'on a pu faire, fit Mérida tout en parcourant les notes du jeune homme.
-Ca, c'est sûr. » fit Adam avec un sourire en coin, les mains dans les poches.
Même assis comme ça, le jeune homme restait impressionnant, avec ses longs cheveux noués en catogan et ses larges épaules. Mérida avait toujours été impressionnée par la sensation de force qu'il dégageait. Par-dessus la feuille, elle observa également Kristoff : lui aussi dégageait une certaine force, mais totalement différente de celle d'Adam. En effet, Kristoff semblait vouloir s'effacer lui-même, et malgré sa large carrure, il tentait toujours de se recroqueviller pour être le plus discret possible. Bien que dans la même classe que Mérida, elle ne lui avait jamais vraiment adressé la parole, mais elle découvrit rapidement qu'il était très sympathique, et même plutôt marrant.
Après avoir servi à boire à tout le monde, Harold les rejoignit pour travailler. Tandis qu'il faisait le diaporama tout en discutant avec Kristoff de leur cours de mécanique, qu'ils partageaient pour la seconde année consécutive, Mérida et Adam s'occupaient des recherches et comparaient leurs différentes informations pour aller plus vite.
Alors que les garçons rigolaient à une énième anecdote de Mérida, ils furent interrompus par un grand choc qui provint de l'arrière de la maison.
« Qu'est-ce que c'était ? demanda Adam, les sourcils froncés.
-Je n'en ai aucune idée. »
Harold avait répondu d'une voix blanche, le front barré d'inquiétude. Il adressa un regard entendu à Mérida, puis se leva précipitamment pour sortir et se diriger vers la cabane de Krokmou.
La rouquine, ayant compris qu'il y avait un problème, reporta l'attention des deux garçons sur leur travail, pour ne pas révéler la présence d'un dragon caché dans le jardin de son ami. Même s'il était invisible de l'extérieur grâce aux sorts jetés par la directrice, n'importe qui à l'intérieur le verrait de ses propres yeux s'il se trouvait devant lui. Alors qu'elle allait se remettre à écrire, Mérida fut interrompue par le cri d'Harold :
« MERIDA !
-Ne bougez surtout pas. » ordonna-t-elle aux deux autres, qui se regardaient d'un air incompréhensif, et de plus en plus inquiet.
Elle courut jusqu'à la porte de derrière et arriva dans le jardin, où elle eut un mouvement de recul en observant la situation : la porte de la cabane était grande ouverte, totalement vide. Harold était dos à elle, sur ses gardes, un bras tendu droit devant lui à quelques mètres de Krokmou, qui lui faisait face. Seulement, il ne semblait pas dans son état normal : toutes dents dehors, un filet d'écume parcourait ses puissantes mâchoires, tandis que ses yeux habituellement d'un tendre vert étaient parcourus d'une lueur noire, comme s'ils étaient envahis par des ombres.
Des ombres…
« Mérida, appelle du renfort ! Prévient madame Poppins, va chercher quelqu'un mais prévient de l'aide ! lui souffla Harold en tentant de garder son calme. Tout doux, mon grand, c'est moi ! Harold ! Tu me reconnais, hein ? »
Krokmou, à ces mots, secoua la tête de façon frénétique en poussant de grands cris, comme s'il tentait de lutter contre l'ombre qui le possédait. Tétanisée par la peur, Mérida allait se diriger vers l'intérieur lorsqu'elle vit quelqu'un refermer la porte devant ses yeux, dans un grand fracas. La personne en question, entièrement vêtue de noire et masquée, lui jeta un grand coup de pied en plein ventre puis se précipita en dehors de l'enceinte de la maison avant que Mérida ne puisse faire quoi que ce soit. Allongée sur le sol, le ventre douloureux, elle vit ce personnage masqué disparaître dans l'allée après avoir été félicitée par une personne qu'elle n'avait encore jamais vue, mais qu'elle connaissait depuis maintenant un moment pour les descriptions qu'on lui en avait faite :
« Pitch Black.
-Perspicace, cette petite. » murmura l'homme d'une voix aussi tranchante qu'une lame de rasoir.
Alors qu'elle allait reculer pour fuir cet individu abject, elle remarqua qu'il n'osait pas s'avancer plus que de nécessaire. Ses longs bras à la peau diaphane dans le dos, il observait la jeune fille d'un regard plus noir que n'importe quelle nuit sans lune.
Le bouclier de Poppins fonctionne encore.
« Oh, tant que tu es là, derrière ce mur de magie, ce n'est pas de moi que tu dois te méfier… mais plutôt de lui. J'ai beau ne pas le voir pour le moment… je suis certain que ce dragon est prodigieux. »
Alors qu'elle essayait de se relever en ignorant la douleur qui traversait son abdomen, Mérida remarqua quel combat intérieur subissait Krokmou. Réfléchissant à toute vitesse, elle ne trouvait cependant aucune issue : elle ne pouvait plus rentrer à l'intérieur, la porte ayant été bloquée par magie par l'individu masqué, ni sortir sous risque de se trouver face à cet être de puissance et de magie noire.
« Krokmou… Krokmou, c'est moi, je t'en prie, murmurait Harold tout en s'approchant doucement. N'écoute pas ces ombres, ne… je t'en prie, Krokmou, il faut que tu m'entendes ! »
En face de lui, la créature lâchait des cris déchirants, se secouant dans tous les sens comme si les ombres lui collaient aux écailles. Soudain, il s'arrêta net, comme si tout avait cessé. Le souffle rauque, la créature rouvrit des yeux d'un noir d'encre, et s'avança lentement vers Harold, qui se mit à reculer en secouant la tête :
« Non Krokmou, no.. OUF ! »
D'un coup de patte, Krokmou venait de projeter Harold sur le côté, comme s'il ne s'était agi que d'une poupée de chiffon. Mérida cria son nom en voyant son meilleur ami s'écraser dans le sol sur plusieurs mètres. A l'extérieur, Pitch Black jubilait :
« Ah… j'aime ce que je vois là. »
Mérida, qui allait se diriger vers Harold pour vérifier qu'il n'était pas blessé, remarqua que le dragon se dirigeait maintenant vers elle, une lueur de mort dans le regard. Pour la première fois de sa vie, la jeune fille eut envie de fondre en larmes tant elle était terrorisée. Krokmou s'avançait lentement vers elle, mâchoires grandes ouvertes, offrant à sa vue des dents aiguisées comme des couteaux. Alors qu'elle tâtonnait derrière elle à la recherche de quoi se défendre, ses gestes rendus maladroits par la peur, elle dut se résoudre à accepter son sort et ferma les yeux en se collant au mur, se préparant à la douleur… qui ne vint jamais. Elle entendit un rugissement bien différent de celui de Krokmou, un lourd choc, et lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit une seconde créature perchée sur le dragon, ou plutôt jetée sur lui.
Le corps encore agité de soubresauts par la frayeur qu'elle venait de ressentir, elle tenta de voir ce qu'elle avait devant les yeux : la bête pouvait faire penser à un ours au premier coup d'œil, avec sa fourrure et sa crinière de poils bruns, mais plusieurs choses l'en différenciaient de loin. En effet, la créature possédait de longues cornes de buffle, des défenses au bas de sa mâchoire, ainsi que des pattes arrière puissantes semblables à celle d'un loup.
Les deux créatures se battaient comme des furies. Mérida remarqua cependant que la bête qui venait d'arriver essayait de ne pas blesser le dragon, bien qu'il subisse de nombreux coups de griffes et autres morsures. Alors que Mérida commençait à reprendre espoir, Krokmou éjecta la bête à plusieurs mètres de là et se releva sur ses pattes, crachant sa fureur à grand renfort de mugissements stridents.
Pitch Black, qui se trouvait en spectateur jusque-là puisqu'il était dans l'incapacité de traverser le bouclier, avait longé la barrière de protection jusqu'à se trouver à l'arrière du jardin, à quelques mètres de Krokmou.
« Bien… maintenant, vient à moi, créature de la nuit.
-KROKMOU ! »
Mérida vit alors qu'Harold s'était relevé, chancelant sur ses deux jambes. Alors que le dragon avançait inexorablement en direction de Pitch Black, le cri d'Harold le stoppa dans son élan, comme si entendre son nom lui avait redonné une parcelle de son contrôle. Cependant, l'ombre reprit rapidement le dessus, et Krokmou commença à franchir la barrière sous les yeux admiratifs de Pitch Black, qui voyait enfin sa nouvelle arme de ses propres yeux. Mérida vit alors quelque chose d'impensable :
« Harold, ne fait pas ça, NON ! »
Elle voulut se précipiter pour l'arrêter, mais il était trop tard. Son meilleur ami, dans un vain espoir, s'était lancé devant Krokmou pour tenter une dernière fois de l'arrêter, malgré son état déjà bien amoché.
« Mon grand, je t'en prie, souffla-t-il d'un air désespéré, face à ces yeux sombres. Je sais que t'es là, quelque part. »
Mais Krokmou n'entendait plus. Désormais, il ne répondait plus qu'aux ombres dans sa tête. Il ne répondait plus qu'au maître de l'ombre. D'un grand coup de patte d'une force encore plus impressionnante, il envoya valser Harold une seconde fois, ce dernier perdant connaissance sous la violence du choc.
-Dragon… débarrasse-toi du garçon. »
Mérida hurla de toutes ses forces dans un élan de désespoir, sentant son cœur se briser à l'intérieur d'elle. Alors qu'elle allait se jeter entre le dragon et le corps inanimé d'Harold, un éclat attira son regard, quelque part au-delà de la barrière: au-dessus du sol, à l'orée de la forêt, brillait un filament d'or, de la même texture sableuse que les ombres de Pitch. Seulement, ces filaments brillaient d'un éclat lumineux, chaleureux, tout l'opposé des fameuses ombres qui avaient provoqué tant de mal.
Pitch Black sembla remarquer à son tour le filament, et eut alors la réaction la plus inattendue qui soit : sur son visage s'afficha une expression de franche terreur.
« Maudit Sable… NON ! »
Perturbé par ce changement chez son nouveau maître, Krokmou s'arrêta net, avant de se prendre en plein nez une boule de poussière d'or, qui l'assomma à l'instant même où il fut touché.
A la grande surprise de Mérida, son petit professeur de physique, monsieur Sable, descendit du ciel, perché sur un nuage de poussière d'or, l'air le plus féroce dont il soit capable affiché sur son visage habituellement si jovial. D'un simple geste, un filament d'or surgit de sa main pour toucher Pitch Black, qui fut projeté plusieurs mètres en arrière. Il se releva totalement furieux, et contre-attaqua en créant plusieurs chevaux d'ombres, chevaux qui se révélèrent être de sombres squelettes tissés de cauchemars.
Engourdie par une sensation de froid indescriptible, Mérida s'attendait à ce que ce soit la fin, mais elle fut impressionnée de voir monsieur Sable agir aussi rapidement : ce dernier créa d'un seul coup un long fouet à l'aide de plusieurs filaments, qui réduisit les ombres en cendres en seulement quelques gestes. Dans un élan désespéré, Pitch Black s'apprêta à en recréer d'autres, lorsqu'il vit la bête qui avait attaqué Krokmou s'avancer vers lui d'un air plus que menaçant. En voyant son attaque devenir un échec, Pitch Black recula lentement vers les bois, un air de dégoût sur le visage :
« Ce n'est pas fini Sable. Au contraire, ce n'est que le commencement ! Et quoi que tu fasses, toi et tous tes pantins… je finirai par vous détruire. »
Sable voulut l'attaquer une dernière fois, mais n'en eu pas le temps : Pitch Black posa un pied dans l'ombre des arbres et se dissipa avec elle, dans un nuage de poussière noire et étouffante.
Mérida, le visage trempé de sang et de sueur, sombra quelques instants plus tard aux côtés d'Harold, et au beau milieu d'une véritable scène de désolation.
Bip bip, allô ? On me dit que cela fait 2 mois que je n'ai rien publié ? Baaaah, on a déjà fait pire ! Trêve de bavardage, le voici le voilà : un nouveau chapitre tout frais tout beau de Walt Works !
Vous a-t-il plu ? Que pensez-vous de ces derniers évènements ? Sombre, n'est-il pas ?
Pitch Black semble devenir de plus en plus puissant : qui est donc l'inconnu qui l'accompagnait ? Et que va-t-il arriver à Krokmou, et à Harold ? Aaah, vous aimeriez le savoir hein ! Pour cela, vous devrez attendre le prochain chapitre ! (et vu mon rythme actuel d'écriture, qui sait lorsqu'il arrivera…)
N'hésitez surtout pas à me laisser vos commentaires et avis* sur ce chapitre, cela me sert vraiment de motivation, et me permet de voir qui est encore assez résistant pour suivre Walt Works ! Si vous voulez vous tenir au courant de la sortie des chapitres, n'hésitez pas à suivre et aimer l'histoire, également.
Pour vous raconter un peu ma vie, je n'ai pas encore repris les cours. Je vais donc patiemment attendre ma rentrée pour voir ma quantité de temps libre, et si j'ai la possibilité d'écrire autant que je le souhaite. Je vous tiendrai donc au courant du futur rythme de publication, car je compte bien être plus régulière dans la publication de mes chapitres (et si je ne le deviens pas, insultez moi en commentaires, par pitié... je suis une auteure abominable).
En attendant, j'espère que vous avez passé de très bonnes vacances, et que votre rentrée s'est bien passée également ! Je vous remercie pour tous les commentaires que j'ai reçus ces deux derniers mois, merci mille fois pour votre soutien. J'ai retrouvé l'envie de continuer cette histoire en écrivant ce chapitre (que j'ai terminé en un temps record, c'est-à-dire une seule journée), et j'espère que cette motivation restera !
En attendant, portez-vous bien, et à très bientôt pour la suite des aventures de nos héros.
-Delenya
*PS : n'oubliez pas que je ne pourrai pas répondre à vos commentaires si vous n'êtes pas inscrits sur le site , alors n'oubliez pas de vous inscrire !
PPS : oui, je tape de nouveau ma pub (c'est mal, je sais), mais je publie mes dessins et autres peintures sur un compte Instagram qui se nomme delenya_art , alors n'hésitez pas à jeter un coup d'œil pour me soutenir 3
