Auteur: Asrial Genre : POV , deathfic, angst Base : FF8 Rating : R Titre : Omnia culpa contracta sunt

(ND: c'est la faute a valky !)

Locus consistendi (station) Séquelle de : Omnia culpa contracta sunt



Squall :

Les fossoyeurs descendent lentement le cercueil de bois noir dans la tombe fraîchement ouverte. L'endroit n'a rien d'un cimetière pourtant. C'est juste le lieu où son cadavre a été retrouvé.. Mais il a souhaité être enterré là.Je ne comprendrais jamais l'intérêt qu'il pouvait trouvé a ce petit parc sans âme au milieu de nulle part, a moitié étouffé par les bâtiments et la pollution. Enfin bon. Mon géniteur n'a jamais été très rationnel, je ne m'attendais pas a ce qu'il le soit dans la mort plus que dans la vie. Je soupire. Le temps est à la pluie depuis trois jours, le ciel douloureusement plombé bien que pas une goutte ne tombe, comme attendant quelque chose. Je m'ennuie. Je ne comprend même pas ce que je fais là. Mon père ne s'est jamais soucié de ma vie, je ne vois pas pourquoi je me soucierais de sa mort. A ma droite, Kyros fixe le trou avec une stupeur amorphe, presque incapable de réellement comprendre ce qui c'est passé il y a maintenant une semaine. Il se sens coupable, tout ça parce qu'il avait repoussé les avances de mon père. Franchement, je le comprend. Être la cible des attention d'un pareil bouffon, je crois que je l'aurais très mal prit moi-même. Enfin. Le cercueil vient de toucher le fond du trou. Quelques gouttes d'eau tombent du ciel. Un instant, je crains que le déluge promis par le ciel depuis 72 heure ne crève maintenant mais il semble se contenir encore, contrairement aux pleurs des populations. Ils m'agacent. Qu'ont-ils donc tous à chouiner ? Juste parce qu'ils ont perdu leur président ? Ridicule. S'ils l'aimaient à ce point, ils n'avaient qu'à l'empêcher de se tuer. Un sanglot étouffé échappe à Seifer. Une main pressée sur la bouche, les yeux rouges d'avoir trop pleuré, appuyé sur Zell qui le soutient depuis l'annonce de la nouvelle, il chiale comme un gosse. Je ne crois pas l'avoir vu lâcher ce gros livre relié de noir que Kyros lui a remis lorsqu'il m'a traîné a Eshtar pour apprendre la certitude de la nouvelle et voir le corps. Pour un peu, on pourrait croire que c'est lui le fils et moi le gendre. Grand bien lui fasse ! S'il trouve amusant de se déchirer la gorge à retenir d'inutiles sanglots et de s'abîmer les yeux en pleurant comme un bébé émotif, ce n'est pas moi qui vais l'en empêcher, au moins me fout-il la paix comme ça. J'avoue que j'anticipe assez mal les reproches dont il ne va pas tarder à m'accabler. Oui, j'aurais pu m'occuper de mon vieux. Oui, j'aurais pu lui pardonner. Oui, j'aurais pu être plus gentil avec lui. Hé ! Et quoi encore. Pourquoi aurais-je fait des efforts pour un type qui n'en n'a pas fait le moindre pour moi ? Les dernière pelletées de terre retombe sur le cercueil. Enfin ! Le chêne que Laguna à demandé est transféré sur la tombe pour la marquer puis ses racines sont rapidement baignées par l'orage venant de crever. Autant d'économies en eau. La population d'Eshtar nous accompagne jusqu'au palais à pas lents, sonnés. Kyros prend sur lui pour signer quelque décret en attente d'élections anticipées demandées par les populations puis se laisse tomber dans ce qui fut le sofa préféré de mon père. Combien de fois l'ai-je trouvé endormi dessus lorsque je venais prendre des ordres, ses grands yeux affectueux de chiots emplis de sommeil avant qu'une énorme sourire chaleureux n'apparaisse sur son visage que je repoussais toujours avec la même indifférence. Pas une seule fois en trois ans il ne s'est découragé. Peut-être m'aimait-il un peu après tout. Un frisson soudain me parcours la nuque comme la pièce me paraît soudain bien froide. Plus jamais je ne verrais mon père sortir de sa chambre, tout chiffonné, les cheveux en bataille en serrant un gros polochon contre lui, traîné de force par Kyros parce qu'il était en retard. Plus jamais je ne le verrais se battre avec les galbadiens avec une adresse qui m'en laissa pantois la première fois que j'assistais à un conseil de politique extérieure avec lui. Plus jamais. Des larmes montent à mes yeux sans que je comprenne pourquoi. Je n'ai jamais voulu de père. Je me suis toujours débrouillé. J'ai toujours été seul. Et maintenant. Maintenant que la propre main de ma seule famille s'est ôté la vie, je me rends compte de ce qu'il était. Mon père.

Rien de moins, rien de plus. La moitié de ma générence. Tout simplement. Et je l'ai perdu, définitivement cette fois. Chaque fois que je le repoussais, chaque fois que je l'insultais, je pouvais revenir vers lui quand je le voulais. J'aurais pu lui demander pardon.. Lui pardonner lui-même.. Simplement.. Lui demander un peu de temps pour assimiler. Et je n'en ai rien fait. Et il est mort. Pour de bon. Une main me caresse le dos lentement avant que je ne me rende compte que je suis serré contre la poitrine de quelqu'un, que les hurlements déchirants que j'entends sortent de ma propre gorge et que l'eau brûlante qui coule sur les joues n'est en rien de la pluie mais mes propres larmes. Mon père est mort. J'ai l'impression de l'avoir tué moi même. Et tout est trop tard..

Fin