Chapitre 3 – Terre Inconnue

- Mais c'est le monde à l'envers?!?! se dit Harry. Mais comment font-ils ?

Ce qu'Harry venait de voir n'avait aucun sens pour lui. Des voitures qui roulent à droite! Sans causer aucun accident! Décidément, l'Angleterre devait être bien lointaine…

Des pas se faisaient entendre dans l'escalier du MagicoBus. C'était Turnpike qui venait dire à Harry qu'ils n'étaient pas encore tout à fait arrivés, et que le conducteur grignotait un morceau avant de repartir.

-On est presque arrivés au Baskatong, une demi-heure tout au plus.

-Au Basa quoi?

-Baskatong. T'en sauras plus quand tu auras lu ça, je dois te le remettre avant que tu débarques, ajouta Turnpike, en lui donnant un minuscule billet cacheté, avant de redescendre au premier.

«M. Potter,

Bienvenue au Canada! Vous trouverez sous votre matelas une case dans laquelle il y a des vêtements. Enfilez-les, et portez la casquette à l'envers pour que votre cicatrice soit bien dégagée. Cela permettra à votre comité d'accueil de vous repérez plus facilement. Vous serez chez des amis à moi pour un moment, tant que vous y serez ils vont veiller à votre éducation et votre protection. N'oubliez pas vos amis.

Professeur Dumbledore.»

Le Canada! Jamais Harry n'aurait pensé qu'il s'y retrouverait un jour. Encore moins il aurait cru qu'il serait seul. D'après ce qu'il voyait à la fenêtre, le bus s'était remis à avancer et le paysage verdissait et se densifiait de plus en plus. Se remémorant le message du Professeur, il souleva son matelas et trouva les dits vêtements. Un t-shirt vert et des pantalons cargos beiges. Il les enfilas, rangea ses autres vêtements dans ses bagages et continua de fouiller sous le matelas pour y trouver un maillot de bain et une lotion plutôt nauséabonde.

Tout d'un coup, Harry se trouva projeté par terre. Le MagicoBus avait arrêté tout d'un coup, sans ralentir. En se relevant, il regarda par la fenêtre et aperçu un immense lac sur le bord duquel se trouvait un terrain de camping Moldu. Réalisant que tout son attirail n'était pas très discret, il réduit le tout au dixième de sa taille (Reductio!) et fourra le tout (éclair de feu compris) dans son sac à dos, sauf sa chouette Hedwige à laquelle il demanda de le suivre de loin. Il décida de garder sa baguette avec lui, son pantalon ayant une pochette spéciale adaptée pour celle-ci, puisqu'il se trouvait en terrain inconnu.

Sans attendre Turnpike, il se mit à descendre les escaliers et arriva à l'entrée du bus, salua ses hôtes et sauta sur le sol. D'un coup, le MagicoBus disparut et Harry se retrouvait seul dans les bois inconnus d'une contrée étrangère. Un bruissement de feuille et une brindille qui craquait le firent sursauter. La main sur la baguette, il se retourna pour constater qu'un écureuil le fixait. En regardant bien autour de lui, il crut apercevoir un éclaircissement au loin, c'était le lac. En écoutant autour de lui, il réalisa que le camping était tout près et qu'il se trouait sur le bord d'un sentier.

Ne sachant pas trop ou aller, il suivi le sentier jusqu'au lac, clairsemé de petites îles, qui s'étendait à perte de vue. Ne se sentant pas très à sa place parmi les jeunes qui se baignaient dans ces eaux limpides à une heure si matinale (environ 8h30, selon l'heure qu'il était lorsqu'il avait quitté le MagicoBus), il resta sur les bords de la forêt pour réfléchir.

D'autres bruissements venant du bois attirèrent son attention. Une forme noire indistincte semblait se rapprocher, augmentant la nervosité du jeune homme. Harry réalisa que l'écureuil n'était pas loin, l'avait-il suivi? La panique montait en lui : Que faire? Se souvenant qu'il était un sorcier et qu'il avait toujours sa baguette à la main, Harry repris courage et décida d'affronter son destin.

La vision qu'il eut alors le surpris grandement. L'énorme bête noire, qui commençait à lui sembler familière, allait à la rencontre de l'écureuil. Cette situation n'était pas sans lui rappeler la rencontre entre un certain chat et un énorme chien. Les deux bêtes n'étant qu'à quelques mètres, Harry se risqua :

-Sirius? Est-ce toi?

Le chien se rapprocha alors de lui et lui fit signe de le suivre dans le bois. À son grand étonnement, l'écureuil les suivi aussi. Après avoir marché plusieurs minutes, le trio arrêta. Sirius pris alors sa forme humaine, l'écureuil devenant à son tour un jeune homme à la peau brunâtre.

-Bonjour Harry, je te présente le petit Pol-Atuk, le fils du Grand Sachem Rufus des Tekiknawak, la tribu qui t'abritera pour un moment.

Le jeune Amérindien pris la parole :

- J'espère que tu n'as pas peur de l'eau car les Tekiknawak habitent la grande île au bout du lac. Notre canot n'est pas loin, et Sirius nous accompagne. Suis-moi.

Harry acquiesça et se mit à le suivre dans le sentier tortueux. Quelques instants plus tard, il arrivèrent à une petite baie . Un canot d'écorce y était accosté. Ils y embarquèrent et Sirius, d'un coup de baguette magique, fit avancer le canot. Puis il pris la parole.

-Harry, je sais que toute cette histoire peut te sembler bizarre, je te dois donc des explications. La tribu de Pol-Atuk et de son père n'est pas une tribu comme les autres. On pourrait la comparer à Pré-au-Lard, tous ses habitants ont des pouvoirs. Leur île, comme Poudlard, est protégée par plusieurs sorts et charmes pour empêcher les Moldus d'y pénétrer.

-Mais qu'est-ce que je fait ici, moi?

-J'y arrive, enchaîna Sirius. Comme le professeur Dumbledore te l'a peut- être expliqué, tu n'étais plus en sécurité chez les Dursley depuis leur départ. Il a alors pensé à son ami le Grand Sachem Rufus. Ce dernier pourrait assurer ta protection et ton éducation. Tu vas voir, tu vas apprendre beaucoup ici. Puis Pol-Atuk sera ton guide.

Ce dernier continua.

-Sirius m'a conté ton histoire. Ici, peu de gens savent qui tu es réellement. Tu seras avec d'autres jeunes de ton âge, tu devras affronter les mêmes épreuves qu'eux, sans passe-droit. Mais nous arrivons à l'instant, je vais te conduire à mon père, notre Chef. Tu recevras plus d'explications plus tard.

Le canot accosta sur la berge rocailleuse, tous trois en sortirent, le tirèrent hors de l'eau et traversèrent les buissons touffus qui bordaient la grève. Pol-Atuk montrait le chemin, en expliquant qu'il était très important de le retenir, que l'île pouvait paraître petite de l'extérieur, mais qu'il était très facile de s'y perdre sitôt que l'on s'écartait du sentier.

-Mais quel sentier? demanda Harry

-Tu comprendras plus tard Harry, répondit Sirius, ne nous perd pas de vue, c'est ce qui compte pour l'instant.

De nombreuses minutes plus tard, une clairière se pointait devant eux.