Bonjour, voici venu l'heure du véritable début du combat ! J'espère qu'il vous plaira, bonne lecture !


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Shiryu perçu le changement d'esprit de Nathalie une fraction de seconde avant qu'elle ne reprenne la parole.

— Tu vas regretter d'avoir croisé ma route.

Il n'eût pas le temps de réagir, de l'apostropher, de la raisonner, de la supplier. La jeune fille s'était à nouveau jetée à corps perdu contre son adversaire avec la violence d'un train s'écrasant sur une falaise. Il voulut l'interpeller, abandonna le projet avec fatalisme aveuglée par sa colère, il savait que Nathalie serait sourde à ses arguments. Elle était encore sous le choc de l'apparente trahison de son meilleur ami et réagissait avec la violence de l'instinct. Consterné, il tâchait d'accepter ce rôle de spectateur, laissant son esprit méthodique décomposer par habitude la dynamique de l'affrontement.

L'offensive de Nathalie était plus réfléchie que sa première série d'attaques. L'effet de surprise passé, la première erreur serait mortelle. Cette épée de Damoclès ne s'expliquait pas seulement par la valeur et l'expérience de son adversaire. Au fur et à mesure des années, le Cygne et le Dauphin s'étaient de nombreuses fois entrainés ensemble, et ils connaissaient parfaitement les habitudes et les techniques de chacun. Pour vaincre, il fallait se dépouiller de ses automatismes pour surprendre l'adversaire tout en s'adaptant à ses nouvelles mécaniques de combat.

Comme d'ordinaire, Nathalie dansait. Elle tournoyait autour de son adversaire tel un feu follet, le débordant de toute part et plaçant ses coups à la volée. Cependant, la vitesse folle de cette farandole ne suffisait pas à la garantir des poings de son adversaire qui la fauchaient au creux de ses trajectoires. Plus d'une fois, elle fut projetée, de véritables faux-pas qui mettaient en péril toute sa chorégraphie elle devait alors redoubler de virtuosité pour rebondir sur ses appuis et reprendre sa danse guerrière avant que le chevalier des glaces ne profite de cette disharmonie. Le combat était encore équilibré, mais si elle ne parvenait pas à imposer sa cadence son adversaire ne tarderait pas à la blesser sérieusement.

Au bout de quelques minutes, l'œil averti du Dragon décela chez le Dauphin un infime changement dans sa façon de se mouvoir. Alors que Hyoga, habitué à ce ballet mortel, n'aurait dû éprouver aucune difficulté à entrer dans la ronde, à en partager le centre et à briser son cercle, il semblait à présent désorienté, étourdi par ce tourbillon. Il s'arc-bouta, tenta d'un violent enchaînement d'expulser à nouveau Nathalie, sans succès. L'explication s'imposa lentement, alors que Shiryu se surprenait à anticiper les déplacements de la jeune fille et à toujours trouver un espace vide : sa trajectoire était imprévisible ! Jouant sur ses appuis, modifiant ses mouvements accoutumés, elle changeait sans cesse de direction, jouant la carte du contre-pied au maximum de ses possibilités.

Hyoga semblait submergé et ne parvenait pas à prendre la distance nécessaire pour ses attaques. Ce changement de rythme ne le désarçonnait toutefois pas assez pour l'empêcher d'atteindre son adversaire il répliquait avec âpreté, et ses coups, s'ils ne parvenaient pas à renverser le Dauphin, laissaient de profondes marques sur ce corps tendu à l'extrême. Cependant, il échouait à l'immobiliser, même brièvement, pour lui injecter son froid mortel. Bien consciente que ralentir signerait sa perte, Nathalie redoublait de vitesse pour glisser entre ses doigts. Elle poursuivait sa danse désordonnée, s'appliquant à casser sans cesse la dynamique de leur duo afin de déjouer les prévisions de son ancien partenaire d'entraînement.

Shiryu lisait les traces de ses pas comme un livre ouvert, angoissé de ce qu'il y découvrait. Nathalie valsait sur le fil du rasoir qui délimitait la victoire et la défaite, car ce n'était qu'une question de temps avant que Hyoga ne trouve une parade à sa stratégie. Alors elle profitait de sa très courte tête d'avance pour l'entourer d'un essaim de coups, calculés pour l'affaiblir sans l'achever. Après tout, il suffisait de mettre leur ami hors de combat pour poursuivre leur quête.

Un coude dévastateur se ficha entre les reins de Midgard, et le Dragon comprit son erreur d'analyse.

Nathalie ne bridait pas ses attaques, au contraire. Aveuglée par la rage, elle n'avait aucune intention de mesurer ses coups. A chaque ouverture, elle abattait un genou, un poing, un talon, avec toute la puissance dont elle était capable. Elle ahanait sous l'effort, appuyant chaque impact d'une torsion du buste ou du bassin pour lui donner plus de force. Ses mains nimbées de cosmoénergie cognaient sans merci sur l'armure écarlate qui commençait à perler de sang, sans penser une seconde aux conséquences.

— Nathalie, arrête ! gémit-il.

Concentrée à l'extrême sur son combat, Nathalie ne l'entendit pas. Elle ne pouvait s'offrir le luxe de laisser une distraction détourner son attention. Dans sa valse endiablée, le moindre faux-pas la précipiterait à la merci de son adversaire, et son ballet mortel changerait de macchabé. Le sixième sens affûté par la pierre à aiguiser de son cosmos, elle n'anticipait aucun de ses pas, s'abandonnant en toute confiance à l'instinct qui vibrait en elle et décuplait ses coups.

Non. Pas seulement l'instinct.

La chaleur qui irradiait de ses entrailles n'était pas le fruit de sa cosmoénergie. Son âme frémissait, tendue comme une corde de lyre, et le sentiment qui y jouait raisonnait dans son être tout entier. C'était une profonde et sourde colère qui naissait au creux de son cœur et qui pulsait jusqu'à ses doigts, anesthésiant son corps et ses sensations. Ses poings serrés frappaient à coups redoublés à chaque question qui se bousculait dans son esprit. Comment Hyoga avait-il pu les trahir ? Comment pouvait-il abjurer Saori et ce qu'elle représentait ? Après tout ce qu'ils avaient enduré, partagé, défendu ensemble, comment pouvait-il leur tourner le dos ? Comment pouvait-il l'abandonner, elle, sans regret ?

Impuissante, Nathalie sentit les larmes monter, sans que le froid polaire qui la frappait de plein fouet n'excuse le picotement amer qui brûlait ses yeux. Sans appréhender avec exactitude ce glissement, elle contemplait le masque de la colère s'effriter pour révéler la véritable émotion qui résonnait en elle avec tant de force. Cette détresse qui se drapait de rage l'épouvanta plus que la trahison de son ami, et elle referma ses œillères précipitamment avant de perdre pied.

Elle devait se concentrer sur l'essentiel. Peu importe que son cœur implosait, peu importe qu'elle ait quitté un ami sur une dispute et le retrouve en adversaire, peu importe le trou béant qui s'ouvrait dans sa poitrine en lieu et place de sa relation avec Hyoga, seule comptait Athéna.

S'accrochant à cette pensée comme à une bouée de sauvetage, elle se força à se focaliser sur son objectif. Glissant du passionnel à la préméditation, elle envisagea froidement la situation comme celle de deux étrangers. Un adversaire se tenait entre Saori et elle. Pour le vaincre, elle ne pouvait se contenter d'une demi-mesure car il se relèverait toujours. Cette certitude coulait dans ses veines : le vainqueur ne pourrait avancer qu'en marchant sur un cadavre.

Un sursaut de conscience lui asséna une claque mentale : elle parlait de Hyoga ! Dans un éclair, elle se revit lovée contre lui, à quelques semaines de là, et cette image faisait écho à l'étreinte désespérée qui avait lié leur amitié dans la maison de la Balance plusieurs années en arrière. Leur relation charnelle était accessoire à côté de la force du lien qui les unissait. Il tenait une place importante dans sa vie qui lui revenait à cette heure critique à travers une foule de détails insignifiants : un échange de texto, une blague récurrente, une soirée passée sur un toit…

Un violent coup de poing la cueillit à la taille et elle plia de douleur. Bloquant sa respiration, elle pivota sur ses appuis, répliqua en enfonçant son coude entre ses côtes et sauta aussitôt hors de portée avant que Midgard ne lui insuffle son froid dévastateur. Elle serra les dents : lui ne s'embarrassait pas des souvenirs. Fidèle à l'ultime leçon de Camus, il ne laissait pas ses émotions le déconcentrer, et elle ferait mieux de suivre son exemple si elle voulait avoir une chance de survie. Peu importe ce qu'ils avaient partagés, Hyoga se dressait maintenant contre Athéna. Dans le cas inverse, lui l'aurait exécutée s'il y avait été contraint, comme il avait tué son maître. A son tour d'avoir cette force de caractère.

Elle s'offrit un instant pour reprendre son souffle. A présent que la colère –ou la détresse ?- n'inondait plus son corps d'une gangue anesthésiante, elle commençait à sentir le contrecoup de l'affrontement. Chacune de ses articulations mises à rude épreuve criait grâce, tandis que ses membres couverts d'ecchymoses vibraient des impacts qu'ils avaient reçus. Cependant, ce n'était pas ces marques de faiblesse qui inquiétaient Nathalie. Elle regardait avec attention ses mains qui s'étaient entrouvertes malgré elle. Outre leur coloration violacée peu engageante, elles répondaient difficilement à sa volonté, ankylosées par la douleur elle avait la très nette impression d'avoir plongé ses doigts dans un bocal d'aiguilles. Elle tourna difficilement ses poignets, et une fissure sur la paume de son armure attira son regard : de la glace. Nathalie serra les dents. Les armures de Bronze gelaient à cent cinquante degrés Celsius en dessous de zéro, pas étonnant que ses mains soient en piteux état.

Elle comprit en un éclair la parade qu'il avait trouvée à sa tactique d'évitement : pourquoi s'épuiser à la toucher, alors qu'elle venait elle-même chercher le contact pour l'abattre ? Il lui avait suffi de profiter de chaque coup pour faire pénétrer son froid mortel par ses poings. Elle releva les yeux vers son adversaire qui se redressa en massant son abdomen avant de la toiser de toute sa hauteur. Son regard d'azur se braqua sur elle, transpirant de condescendance, et le sourire sarcastique qui déforma ses lèvres fut le détail de trop.

Nathalie referma les poings d'un brusque effort de volonté. C'était donc un combat de résistance, ses propres mains contre son armure de guerrier divin ? Très bien, Hyoga était une vraie tête de mule mais elle avait toujours été la plus bornée des deux.

— Nathalie, ne le tue pas ! Il ne sait pas ce qu'il fait !

Les cris de Shiryu percèrent enfin la carapace de sa concentration. Toujours en garde, elle octroya un bref coup d'œil à son ami. Le Dragon saisit cette unique opportunité de faire entendre raison à sa camarade.

— Il a été hypnotisé, c'est pour ça que sa cosmoénergie est différente.

La jeune fille serra les dents. Le Dragon n'avait pas toutes les clefs en main. Ils l'avaient soigneusement tenu hors du secret de leur relation, et il ne pouvait comprendre à quelle trahison le russe avait fait référence. Personne ne savait, alors quel hypnotiseur aurait pu mettre un tel double sens dans la bouche de son ancien ami ? C'était impossible ! C'était bien le Cygne qui se dressait devant eux, il fallait admettre l'impensable.

De toute façon, la finalité était la même : seule comptait Athéna. Sa mâchoire se contracta en un sourire plus dur encore que son regard. Comme Hyoga contre Camus, elle irait jusqu'au bout de son devoir.

— Même s'il avait été hypnotisé, Hyoga aurait préféré qu'on l'empêche de nuire.

Elle n'avait pas besoin de le regarder pour deviner l'expression horrifiée qui avait déformé les traits du Dragon. Elle ne lui demandait pas de comprendre, elle-même n'était pas sûre de saisir totalement la force de la résolution qui pulsait en elle. Elle se fiait à son instinct qui la poussait dans cette direction avec la force inéluctable du destin. C'était Hyoga ou Athéna, et elle, au moins, avait choisi de rester fidèle à ses principes.

Shiryu s'était tu. Il devait abandonner l'idée de raisonner Nathalie : la possibilité même que le Cygne ne soit pas maître de ses actes lui était inconcevable. Son esprit buté s'était refermé sur cet axiome : Hyoga les avait trahis. C'était son seul moyen de défense pour accepter le combat qu'elle était en train de livrer sans faire voler en éclat sa stabilité psychique. Au fond, il savait qu'elle avait raison : ils devaient rejoindre Athéna, quel qu'en soit le prix. Cependant, contrairement à elle, il ne pouvait occulter l'espoir de ramener Hyoga à la raison.

Pendant cet interlude, son adversaire n'avait pas perdu son temps. Malgré sa conversation, Nathalie n'avait pas raté une miette de ses mouvements. Il avait intensifié sa cosmoénergie qui saturait à présent l'air au contact de sa peau, et, au moins fidèle à une partie de leur code d'honneur, il avait manœuvré pour éloigner Shiryu de son axe d'attaque. Il ricana.

— Tu affirmes cela comme si tu étais capable de me battre, jeta-t-il. Tu n'arrives même pas à me toucher sérieusement !

La bravade tendit Nathalie, mais elle n'était pas dupe. Il la provoquait sciemment pour reprendre là où ils s'étaient arrêtés, or elle savait pertinemment que malgré son entêtement, ses poings n'avaient plus la moindre chance de résister au froid sidéral qu'il exhalait à présent. Il était hors de question qu'elle se laisse piéger si facilement. Il fallait amener le combat sur un autre terrain.

Hyoga pinça les lèvres en observant le Dauphin libérer la tension qu'il était parvenu à accumuler dans ses épaules. Il attendit encore un instant, puis dès qu'il acquit la certitude que cette tête brulée de Nathalie avait éventé son stratagème, il passa à l'attaque. Il devait l'abattre avant qu'elle ne chante.

D'un mouvement sec, il projeta sur elle la poussière de diamant dont il s'était entouré. Il ne doutait pas de la surprendre, car son attaque demandait une longue préparation qu'il avait soigneusement dissimulée. Il étouffa un cri de rage lorsqu'elle réagit avant même la fin de son geste. Elle n'était parvenue à esquiver son offensive qu'en plongeant à terre et en glissant sur la surface gelée hors de sa portée. Un rictus mauvais déforma ses traits alors qu'elle sautait à nouveau sur ses pieds. Il connaissait d'expérience l'agilité de la jeune fille, il fallait la priver de sa mobilité.

Hors d'haleine, surprise elle-même d'être parvenue à éviter le torrent de glace, Nathalie s'efforça de calmer les battements désordonnés de son cœur. Elle devait trouver en elle l'équilibre et le calme nécessaires à son chant, distiller son cosmos jusqu'à sa quintessence pour en imprégner sa mélodie. Ce travail lui demandait du temps, et Midgard n'avait aucune intention de le lui laisser. Elle bondit, laissa passer à quelques centimètres de son flanc la cascade d'énergie qu'il lui vomissait. Elle touchait à peine terre qu'elle dû céder une nouvelle fois et se baisser précipitamment pour esquiver une nouvelle rafale. Hyoga, à son aise sur les attaques à distance, avait pris le pas sur elle et battait la mesure de leur valse mortelle. Elle avait conscience que se laisser imposer le rythme de sa danse la transformait en cantique funèbre, mais elle ne parvenait pas à changer de métrique. Son adversaire enchaînait offensive sur offensive et ses feintes étaient inefficaces. Son souffle se raccourcissait dangereusement. Elle rageait, injuriant la résistance de son vis-à-vis il semblait à peine ralenti par les coups qu'il avait encaissé, or elle ne doutait pas qu'un Chevalier d'Argent aurait été incapable de se relever de sa première série d'attaques. Elle maudissait également son manque d'expérience, bien consciente qu'avec plus de maîtrise, elle pourrait employer le septième sens à volonté et sans préparation. Si seulement il ne lui fallait pas tant de temps pour initier son chant…

Nathalie trébucha une première fois. Son pouls s'emballa dangereusement : une chute ferait d'elle une proie facile. Elle rétablit de justesse ses appuis, tenta de parer l'attaque qui cherchait à la déstabiliser, trébucha une seconde fois. La cadence des attaques s'accéléra brutalement, l'enchaînant au même périmètre et nécessitant la moindre de ses ressources pour esquiver. Elle ne comprit donc pas immédiatement lorsqu'un coup, plus court que les autres, brisa la glace à ses pieds dans une grande gerbe d'eau glacée. Elle bondit, si rapide que ses contours se brouillèrent, mais le geyser éclaboussa ses jambes. Le mal était fait la poussière de diamant qui saturait l'air avait largement fait chuter la température, et quand son pied toucha le sol il s'y riva, figé par une épaisse pellicule de glace. Elle était piégée !

Midgard se redressa avec un reniflement dédaigneux et s'offrit même le luxe de rompre sa garde.

— C'était couru d'avance.

Le Dauphin avait saisi en une fraction de seconde la précarité de sa situation. Immobilisée, ce n'était qu'une question de minutes avant qu'elle ne succombe à son froid mortel. Cependant, elle avait aussitôt repris une position défensive. Le mépris de son adversaire glissa sur elle elle connaissait sa valeur et celle de son ancien compagnon d'arme. Il faudrait la tuer pour qu'elle reconnaisse sa défaite, et encore ce n'était pas sûr.

— Ce n'est pas encore fini, je te signale.

Hyoga explosa d'un rire cruel.

— Ton cran me plait, mais je me suis assez amusé avec toi. Un juste retour des choses !

Cette fois, la jeune fille tressaillit. Cette flèche fielleuse avait su trouver un point sensible. Le goût amer de la trahison envahit sa bouche d'une nausée qu'elle ravala dans un sursaut de rage. Elle ne lui ferait pas le plaisir de laisser transparaître sa douleur.

— Comme si ça t'avait déplu, répliqua-t-elle avec un sourire mi-figue, mi-raisin.

Il ne parut pas avoir entendu. Lentement, il avait élevé ses bras au-dessus de sa tête et avait joint les mains. Il avait retrouvé son sérieux, et un air grave figeait ses traits comme une statue de marbre.

L'Exécution de l'Aurore.

Nathalie ferma les yeux. Elle savait pertinemment qu'elle n'avait aucune chance de l'esquiver. Il était vital de mettre à profit le temps nécessaire à son adversaire pour atteindre le zéro absolu pour préparer sa garde.

Elle souffla longuement. Les poumons vides, elle prit une grande inspiration d'un air glacé qui écorcha ses bronches. Elle recommença un cycle de respiration, l'étirant au maximum de ses possibilités. Ses pensées s'éclaircissaient, épurées par ce grand vent qui la purifiait en pénétrant son thorax. Il ne restait plus un seul nuage dans son esprit. Sans soulever les paupières, le Dauphin s'immergea à l'intérieur d'elle-même. Ce microcosme avait beau lui être familier, elle semblait chaque fois en découvrir les couleurs chatoyantes dont il était paré. Elle nageait dans une galaxie d'azur et de saphir, s'approchait lentement mais sans effort de son épicentre. Au fur et à mesure qu'elle s'enfonçait, une douce chaleur l'envahissait et pulsait jusqu'au bout de ses membres. Ses mains, si douloureuses un instant encore auparavant, ne la faisaient plus souffrir, et les brulures du gel avaient été remplacées par une agréable tiédeur qui montait, degré par degré. Plus elle sombrait, plus elle percevait avec acuité le monde extérieur : l'odeur du lac, la morsure de la bise, le crissement de la poudreuse, la solidité de la glace sous ses pieds, la respiration bloquée Shiryu, la cosmoénergie de Hyoga, l'imperceptible mouvement qui annonçait l'amorce de son attaque.

Nathalie ouvrit les yeux. Elle était prête. Ses lèvres s'étirèrent, et son chant s'éleva. Hyoga déchaîna l'enfer.

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Merci d'avoir lu, j'espère que cela vous a plu ! Nathalie et Shiryu sont en mauvaise position... Rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir le dénouement de cette Exécution de l'Aurore.