Bonne année 2022 !

J'adore ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira :)


Chapitre dix-huit : Pour la famille


– Tu ne cesses de commettre les mêmes erreurs inlassablement, lâcha Abelforth sur un ton de reproche. D'abord lui, puis cet Elric. Combien d'innocents mourront à cause de ton affection pour les génies que tu croises ? Ton amour pour ce garçon t'aveugle comme ton amour pour lui t'a aveuglé il y a toutes ces années.

Albus ne répondit pas à cette provocation malheureusement véridique, préférant survoler les quelques pages restantes du Horcruxe que son frère venait de détruire d'un maléfice de Feudeymon. Des mois que l'épître des Alighieri sommeillait dans une cachette sécurisée, laissée à l'abandon, avant que finalement, Albus reprenne la chasse aux Horcruxes, dans ce qui semblait être la dernière ligne droite de sa vie.

Une semaine auparavant, n'ayant plus quiconque vers qui se tourner et puisque ses alliés lui tournaient le dos et même ses amis désapprouvaient ses méthodes, Albus avait pris la décision difficile d'impliquer son frère cadet dans cette quête secrète. Visiblement, son espoir premier qu'Edward revienne vers lui après sa mystérieuse résurrection se réduisait à néant un peu plus chaque jour, bien que le jeune homme ait sûrement repris la chasse de son côté.

– Je n'arrive pas à te croire, pesta Abelforth avec une touche d'incrédulité avant de secouer la tête. Bien. Que comptes-tu faire désormais ? Elric doit chercher les Horcruxes. Si tu veux continuer, il vaudrait mieux joindre nos forces aux siennes.

– Je n'ai aucun moyen de le contacter, souffla Albus, accablé. Il ne veut plus avoir affaire à moi.

– Ne prends pas cet air d'adolescent éperdu d'un chagrin d'amour, tu n'as plus l'âge pour ça ! Ce garçon, quoi que tu en dises, s'est sûrement rendu compte depuis le temps que ton plan risqué n'était pas le pire qui peut exister.

Étrangement, le fait que son jeune frère approuve son plan concernant Envy et Gladpy ne le réconfortait aucunement. À dire vrai, cela ne faisait que confirmer l'avis d'Edward sur la question. Abelforth n'était pas connu pour sa finesse ni l'intelligence de ses plans et encore moins pour ses qualités morales.

Abelforth parut comprendre le fond de sa pensée par son expression et un tic nerveux agita sa paupière.

– Oh, tu le prends de cette manière ? Étonnant ! Pourtant, tu n'es pas nouveau dans la compétition pour les plans moralement déviants. La preuve !

– Je n'ai pas demandé ton aide pour subir ton cynisme. Ne discutons plus d'Envy ou d'Edward. Nous devons nous focaliser sur notre quête pour vaincre Voldemort.

– J'entends beaucoup de « nous » dans ton discours, grommela le cadet.

– Tu comprendras que le point principal de cette quête se trouve être le secret qui l'entoure, n'est-ce pas ?

– Le cynique et le sarcastique ! La fine équipe. Dis-moi, n'es-tu pas amer de savoir que tu n'obtiendras aucune gloire de cette quête ? Personne ne saura jamais ce que tu as fait pour le plus grand bien.

Surprenant qu'après plus de cent ans, eux, qui auraient dû montrer un minimum de sagesse acquise avec l'âge, puissent encore se chamailler de la sorte sur des broutilles. Ce triste tableau plein d'amertume peina Albus plus qu'il ne l'aurait cru possible. Son désir sincère de se réconcilier avec son frère bouillonnait, sans qu'il sache comment procéder. Abelforth et lui n'avaient jamais réellement su communiquer l'un avec l'autre. Encore moins depuis la mort d'Ariana.

– Je ne cherche plus la gloire, Ab. Mon unique souhait est de profiter de mes dernières forces pour aider à sauver notre monde contre les ténèbres répandues par Voldemort. Libre à toi de me croire et de me prêter main-forte.

Abelforth médita ces paroles puis accepta sa confession sans réel enthousiasme.

– Il me semble que tu as mentionné une caverne.

Un soulagement indescriptible apaisa la tension qu'Albus portait constamment sur ses épaules. Sa respiration même se fit plus aisée et un éclat de force lui permet de redresser son dos courbé par la maladie. Tout n'était pas perdu. Son frère, malgré leur relation laborieuse, ne l'avait pas encore abandonné.

– Je pense en effet que nous avons de grandes chances de trouver un Horcruxe à cet endroit. Ton aide est évidemment cruciale pour s'y rendre, étant donné mon incapacité à pratiquer la magie.

– Donc tu as confiance en mes capacités.

Albus acquiesça.

– Je veux t'entendre le dire à haute voix.

– Oui, j'ai confiance en toi.

Abelforth haussa un sourcil, mais ne répondit pas. À la place, il tendit son bras à son frère qui l'attrapa. Ils transplanèrent, disparaissant de la Tête de Sanglier. La sensation familière du transplanage provoqua un haut les cœurs chez Albus, trop affaibli pour supporter un si long voyage. Heureusement, le trajet s'arrêta brusquement. Les deux frères prirent chacun une grande inspiration d'air frais et salé, debout sur des rochers en saillie.

Devant eux se dressait une impressionnante falaise à la paroi obscure et lisse.

– Notre destination, annonça sobrement Albus sans lâcher le bras qui le maintenait à la verticale.

Abelforth ne commenta pas son statut de bâton de marche et les guida tout au bord du rocher sur lequel ils avaient atterri. Avec grande précaution, ils descendirent les rocs à moitié enfoncés dans l'eau, progressant lentement vers la falaise.

Lumos, récita Abelforth en atteignant le pied de la falaise.

Le sortilège éclaira une crevasse dans la paroi de roche noire. Une eau opaque tourbillonnait dans la cavité et Albus sentit l'inquiétude le gagner. Bien qu'il ne faille nager que sur quelques mètres, il doutait d'en être capable dans son état actuel. Il aperçut Abelforth le scruter du coin de l'œil. Aucun ne commenta. Le cadet prit sa baguette entre les dents, lâcha le bras de son frère et se laissa glisser dans la mer où il nagea en direction de la crevasse. Albus glissa à son tour et imita son frère avec moins de vigueur.

L'eau glaciale lui fit tourner la tête. Ses vêtements trempés manquèrent de le couler, mais il tint bon et parvint à garder la tête hors de l'eau dont l'odeur d'algues et de sel lui irritait les narines. Il s'efforça de suivre la lueur brillante qui diminuait progressivement au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient à l'intérieur de la falaise. Le grand air marin laissa place à un tunnel obscur aux parois visqueuses qui luisaient faiblement au passage d'Abelforth.

Soudain, la vision d'Albus se rétrécit. La lueur réconfortante disparut. Les ténèbres l'engloutirent.

Anapneo !

Albus se mit à tousser de toutes ses forces, ses voies respiratoires libérées, crachant l'eau hors de ses poumons. Des mains le tournèrent sur le côté et il continua à tousser bruyamment. Finalement, sa respiration hachée s'apaisa et Albus se força à ouvrir les yeux. Le visage fermé d'Abelforth le surplombait, la barbe ruisselante d'eau.

– Ta fierté, grogna Abelforth en reculant.

Il aida Albus à s'asseoir avec des gestes saccadés, lui permettant de reprendre ses esprits. Visiblement, son frère lui avait évité la noyade de peu et l'avait tiré sur la terre ferme. Son corps fut tout à coup pris de tremblements incontrôlables dus au froid aggravé par ses robes gorgées d'eau. Abelforth pointa sa baguette sur leurs vêtements pour les sécher. Puis il pointa à nouveau sur Albus.

Revigor.

Quelques forces revinrent à Albus qui se leva sur ses jambes tremblantes. Ses genoux s'entrechoquèrent douloureusement lorsqu'il glissa sur la roche mouillée, mais Abelforth agrippa son bras vigoureusement.

– Le grand Albus Dumbledore, hm.

Albus ne tint pas compte de la remarque désagréable et avança de quelques pas pour se tenir au milieu de la caverne. Il ferma les yeux et inspira profondément. Malgré l'absence de ses pouvoirs, il ressentit l'empreinte faible laissée par la magie pratiquée dans cet endroit. Très vite, ils comprirent qu'il s'agissait d'une antichambre et qu'ici commençaient les obstacles préparés par Voldemort pour protéger son bien.

Incapable de procéder à l'examen du hall d'entrée par ses propres moyens, Albus guida son accompagnateur. Leur inspection dura près d'une heure, avant qu'enfin ils découvrent la paroi menant à une arcade qui brilla faiblement puis disparut. Après quelques instants de réflexion, la réponse sauta aux yeux de l'aîné.

– Incroyable. C'est tellement grossier.

– Affaiblir l'ennemi avant d'entrer, hein, commenta Abelforth à son tour.

Il retira un petit couteau d'argent de sa poche, remonta sa manche et trancha une entaille dans son bras découvert. Quelques gouttes de sang éclaboussèrent la paroi de pierre. Aussitôt, l'arcade réapparut et la surface rocheuse qu'elle délimitait s'effaça, ouvrant un passage donnant sur une obscurité insondable. Sans tarder, les deux frères franchirent l'arcade.

Devant eux se dessina un immense lac noir dont la rive opposée ne pouvait se distinguer. Au loin, au centre du lac, brillait une lueur verdâtre, unique source lumineuse en dehors de la baguette d'Abelforth. Celui-ci se pencha d'ailleurs au-dessus de l'eau sombre avant de reculer en marmonnant pour lui-même. Sans attendre l'avis de son aîné, il commença à longer l'étendue lisse et infinie. Il continua à parler entre ses dents tout en jetant des coups d'œil suspicieux à l'eau trouble.

– Vont nous empêcher de prendre l'Horcruxe... Saletés.

—Aha.

Albus s'arrêta net. Intrigué par cet arrêt brutal, Abelforth revint sur ses pas et poussa légèrement son aîné sur le côté. Il ne remarqua pas ce qui méritait tant d'attention et observa avec curiosité la main levée dans les airs qui pointait l'eau. Le sorcier ne vit rien, mais obtempéra à la proposition silencieuse de son frère.

Revelio.

La main d'Abelforth se referma sur la grosse chaîne d'un vert cuivré maintenant révélée à leur vue. Au bout d'un long effort physique, la proue spectrale d'une petite barque creva la surface puis heurta la rive silencieusement. Abelforth l'interrogea du regard sur sa découverte.

– J'ai été le professeur de Tom Jedusor. Je connais son style.

– Des chances que la barque soit piégée ?

– Je ne pense pas. Voldemort avait besoin d'un moyen de traverser le lac sans provoquer les créatures sous la surface. Pour le moment, ils semblent penser que nous sommes lui, si l'on se fie à la facilité que nous avons eue à sortir le bateau de l'eau.

Abelforth maugréa à propos de « facilité » et de « répartition du travail ». Ignorant l'irritation de son compagnon, Albus examina la barque. Elle ne semblait pas avoir été prévue pour transporter deux personnes, cependant, Albus se doutait bien que Voldemort ne se serait pas soucié de questions de poids, mais plutôt de la quantité de pouvoir magique susceptible de traverser le lac. Ce bateau avait sûrement été ensorcelé pour que ne puisse y monter qu'un seul sorcier à la fois. Par chance (en quelque sorte), Albus ne serait pas pris en compte, ayant perdu ses pouvoirs.

Fort de sa théorie, Albus monta avec précaution à bord de la barque et s'accroupit tant bien que mal pour laisser de la place à Abelforth, qui le suivit rapidement, déposant la chaîne enroulée au fond de l'embarcation. La barque amorça aussitôt son chemin à la surface du lac en direction du centre.

– Saletés, répéta Abelforth lorsque leur route croisa un cadavre flottant à la surface.

Le faisceau lumineux de sa baguette cibla le corps blême avec suspicion jusqu'à ce qu'ils le dépassent.

– Qu'ils se contentent de flotter, marmonna Abelforth.

Albus ne répondit pas, mais il espérait la même chose.

Après plusieurs longues minutes, la barque s'arrêta contre une petite île de roche lisse. Ils quittèrent l'embarcation prudemment en faisant attention à ne pas toucher l'eau. Enfin, ils découvrirent l'origine de la lumière verdâtre, qui provenait d'un bassin de pierre posé sur un piédestal. Côte à côte, ils en examinèrent l'intérieur. Le bassin était rempli d'un liquide vert émeraude produisant la lueur surnaturelle.

– Qu'est-ce que c'est ? demanda Abelforth avec méfiance.

– Je ne sais pas très bien, avoua Albus. Quelque chose de beaucoup plus inquiétant que du sang et des cadavres en tout cas.

Il remonta sa manche et tendit les doigts vers le liquide. Une barrière invisible arrêta son geste.

– L'Horcruxe est manifestement ici.

Ceci n'augurait rien de bon, comme ils s'y étaient attendus. Albus craignait ce que tout cela impliquait. On ne pouvait pas plonger la main dans cette potion, il était impossible de la faire disparaître ou de l'ensorceler. Ne restait qu'une seule solution pour vider le bassin et atteindre ses profondeurs.

Abelforth en arriva rapidement à la même conclusion, après plusieurs essais avec sa baguette. Les frères échangèrent un regard.

– Et si elle te tue ? interrogea Abelforth.

– Oh, je doute que ce soit le cas, répondit Albus d'un ton dégagé. Voldemort ne voudrait pas immédiatement tuer la personne qui aurait réussi à atteindre cette île. Il voudrait la garder en vie suffisamment longtemps pour l'interroger... Dans ce cas, cette potion doit avoir pour effet d'incapaciter l'intrus. Quoi qu'elle me cause, douleur, amnésie, paralysie, folie...

– Je m'assurerai que tu continues à la boire, assura Abelforth. Jusqu'au bout. Quoi qu'il advienne.

Alors, il fouilla dans sa poche intérieure et en sortit sa fiasque de whisky Pur Feu dont il but trois longues gorgées avant de la présenter à son frère. Albus observa la fiasque puis son propriétaire avant de l'accepter et d'en boire le reste cul sec.

– Bon courage, souhaita Abelforth avant que la fiasque vide plonge dans la coupe de cristal.

La petite bouteille s'enfonça aisément dans la potion. Lorsqu'elle fut pleine, Albus l'approcha de ses lèvres.

– À ta santé, Ab.

Il la vida. Abelforth le scruta à la recherche du moindre signe de changement. Les yeux fermés, Albus abaissa la fiasque dans le bassin, la remplit à nouveau et recommença à boire. Au bout d'une fiasque supplémentaire, les premiers signes de faiblesse firent leur apparition. Puis, au milieu de la suivante, Abelforth rattrapa Albus in extremis tandis qu'il chancelait. Sa respiration devint haletante.

– Allez, Albus. Il faut continuer.

L'aîné ne répondit pas, respirant avec difficulté et les paupières fortement plissées.

– Albus, tu m'entends ? demanda Abelforth avec force, sa voix résonnant dans la caverne.

Il ôta la fiasque des mains tremblotantes avant qu'elle ne tombe. En tenant son frère si près de lui, Abelforth ressentit ses tremblements et, pour la première fois, remarqua à quel point Albus était décharné. Son visage cireux et émacié montrait déjà clairement son état de santé déplorable, mais désormais Abelforth faisait face à la réalité qu'Albus avait réussi à dissimuler derrière des vêtements épais et son jeu d'acteur habituel. Son temps prenait fin. S'il avait voulu faire croire pouvoir continuer à vivre encore quelques mois, il mentait éhontément. D'ici, Abelforth savait que son temps se comptait en jours.

– Je ne veux pas... qu'on ne m'oblige pas à...

Abelforth se tendit en fixant le visage crispé de son frère. Jamais n'avait-il vu Albus si effrayé.

–... n'aime pas... veux arrêter... gémit Albus.

Surmontant son choc, Abelforth remplit la fiasque.

– Tu ne peux pas arrêter. Tu dois continuer jusqu'au bout.

La gorge serrée, il porta de force la fiasque aux lèvres de son frère et l'inclina pour l'obliger à boire le reste de son contenu.

– Non, grogna Albus lorsqu'Abelforth replongea la coupe dans le bassin. Je ne veux pas... Je ne veux pas... qu'on me laisse...

Ignorant les gémissements, Abelforth garda une main ferme lorsqu'il vida le contenu de la fiasque dans la bouche de son frère à deux reprises

– Que ça s'arrête, que ça s'arrête, se lamenta Albus, le visage humide de larmes.

Une nouvelle dose déversée dans la gorge d'Albus lui fit pousser un hurlement qui retentit dans toute la caverne. Abelforth cessa tout mouvement.

– Non, non, non... non... Je ne peux pas... Je ne peux pas, il ne faut pas m'obliger, je ne veux pas... Pitié...

Le bassin était à présent à moitié vide. Abelforth raffermit sa prise sur le corps secoué de sanglots et remplit la fiasque pour la huitième fois.

– Rien de ce que tu vois n'est réel, assura Abelforth avec conviction. Ce n'est pas la réalité.

Ces paroles réconfortantes rendirent Albus obéissant. Il but sa dose docilement, puis ses jambes se dérobèrent sous lui. Seule la prise sur sa taille lui permit de rester debout.

– C'est ma faute, entièrement ma faute, sanglota Albus. Par pitié, que ça s'arrête et plus jamais, plus jamais, je ne... Ariana.

Le prénom murmuré figea Abelforth qui baissa les yeux sur l'expression anéantie de son frère. Une vague d'émotions déferla sur lui et le laissa dévasté. Il se força à balayer son chagrin pour se concentrer sur sa tâche. Ce n'était pas le moment pour se laisser emporter par ses propres émotions.

– Tout va s'arrêter. Albus, écoute-moi. Tout va s'arrêter.

Il apporta la neuvième fiasque aux lèvres d'Albus, qui la but en se recroquevillant comme pour se protéger d'invisibles tortionnaires.

– Il ne faut pas leur faire de mal, surtout pas leur faire de mal, gémit-il. Par pitié, par pitié, c'est ma faute, c'est à moi qu'il faut faire du mal...

Les fiasques s'enchaînèrent, toutes entrecoupées de lamentations, avant de laisser place à des cris, des coups, puis à des hurlements et des supplications. Abelforth tint bon, forçant chaque dose de potion jusqu'à ce que sa fiasque commence à racler le fond du bassin. Albus poussa un cri d'angoisse tel qu'Abelforth n'en avait jamais entendu.

– Je veux mourir ! Je veux mourir ! Que ça s'arrête, que ça s'arrête, je veux mourir ! Qu'on me tue !

– Bois, Albus. Ça ne te tuera pas. Bois-la... Ce sera terminé... complètement terminé !

Albus avala la boisson jusqu'à la dernière goutte. Dans un râle, il roula sur lui-même et Abelforth, vide de toute énergie, dut le déposer sur le sol, où il s'assit à ses côtés sans jamais le lâcher. Son bras libre se posa en travers des épaules d'Albus qu'il serra contre lui en reprenant son souffle.

– De l'eau, dit Albus d'une voix rauque.

Abelforth tenta plusieurs fois de remplir sa fiasque d'un sortilège, sans y parvenir. Voldemort avait visiblement prévu l'éventualité qu'un intrus parvienne à bout de la potion et que, désespéré par la soif, il en vienne à la seule possibilité pour apaiser son mal. Néanmoins, Abelforth savait ce qui flottait sous la surface et ne se risquerait pas à réveiller cette menace. Plutôt que d'accéder aux suppliques, Abelforth hissa le bras de son fardeau autour de son cou et le maintint debout tandis qu'il prenait le médaillon d'or niché au fond du bassin et l'enfonçait dans sa poche.

– De l'eau...

– Oui, oui, j'ai saisi ! De l'eau, de l'eau ! s'exclama Abelforth en les calant dans la barque.

La barque se mit en route et s'éloigna du centre du lac pour s'approcher de la rive. Albus fit mine de plonger sa main dans l'eau sombre du lac, mais Abelforth l'en empêcha d'une tape sur la main.

– Je me sens très faible...

Abelforth ne répondit pas, préférant se concentrer sur la surface lisse du lac, sous laquelle les cadavres demeuraient immobiles. Ils touchèrent la rive sans problème et Abelforth se félicita de sa prévoyance. Il les hissa sur la terre ferme et les guida le long de la rive en supportant tout le poids de son frère.

Lorsqu'ils arrivèrent à l'arcade, celle-ci s'était refermée et Abelforth réussit à attraper son couteau pour s'entailler une deuxième fois. Le passage se rouvrit instantanément et les deux sorciers traversèrent la caverne extérieure.

– Tout ira bien, répéta Abelforth, qui parlait sans s'en rendre compte depuis tout à l'heure. Nous y sommes presque. Je vais te prendre sur mon dos pour nager jusqu'au rocher. Ne t'inquiète pas.

– Je ne m'inquiète pas, Ab, répondit Albus d'une voix faible. Je suis avec toi.

Abelforth marqua un temps d'arrêt avant d'aider Albus à glisser dans l'eau glacée puis de l'y rejoindre. Le retour à la nage se révéla plus laborieux que l'aller, à cause du fardeau qu'il devait porter. Pourtant, à force de détermination, le sorcier parvint à les hisser au sommet du rocher le plus proche. Trempé et frissonnant malgré lui, Abelforth se concentra et les fit transplaner.

Ils atterrirent à Pré-Au-Lard, à la Tête de Sanglier. Abelforth déposa son frère sur une chaise avec précaution et lui servit un verre d'eau qu'il l'aida à boire sans le quitter des yeux une seconde. Assoiffé, Albus but quelques longues gorgées avant de s'affaler contre sa chaise en fermant les yeux.

Maintenant le danger passé et l'adrénaline en baisse, le tenancier de l'auberge se permit un verre de whisky Pur Feu qu'il descendit d'un trait avant de s'asseoir face à son frère et de sécher leurs vêtements d'un coup de baguette. Ils gardèrent le silence un long moment pendant lequel Albus reprit contenance et retrouva quelques couleurs.

Abelforth se permit enfin de penser à la scène à laquelle il avait assisté. Agité, il se releva immédiatement et chercha de quoi les remettre d'aplomb. Il sortit de la pièce et revint quelques instants plus tard avec une grande miche de pain, du fromage et une cruche d'étain remplie d'hydromel qu'il posa sur une petite table devant la cheminée. Ensuite, il aida Albus à se déplacer jusqu'à la table et le laissa dans un fauteuil.

Incendio.

Les bûches s'embrasèrent dans la cheminée, réchauffant agréablement leurs membres frigorifiés. Après quelques encouragements agacés, Albus consentit à boire et manger. Ils mangèrent et burent avec modération et pendant un moment, on n'entendit plus que le craquement des bûches, le tintement des coupes et les bruits de mastication. Quand ils furent repus, une chape de plomb parut tomber sur les épaules d'Albus qui se courba sur ses genoux.

– Tu as toujours été doué pour le secret et le mensonge, remarqua Abelforth. Déjà sur les genoux de Mère. Tu passes ton temps à dissimuler et manipuler. À jouer la comédie... J'ai toujours été sûr d'être capable de voir à travers tes artifices.

Albus releva les yeux sans toutefois croiser le regard de son frère, blafard, et la voix morne.

– Mais je crois m'être trompé. N'est-ce pas ? Je croyais qu'après la mort d'Ariana... tu étais libre. Libre du fardeau que représentait notre sœur, libre de devenir le plus grand sorcier de tous les temps.

Les bras posés sur ses genoux et le dos voûté, Albus eut soudain l'air profondément abattu. Son regard tomba sur ses mains ridées, sur lesquelles s'éparpillaient quelques cicatrices presque invisibles, souvenirs du jour où il avait pour la première fois avoué la vérité sur la mort de sa sœur et sur sa culpabilité. Sa mémoire lui jouait naturellement des tours, mais il avait l'impression d'encore sentir les mains d'Edward dans les siennes, tandis qu'il soignait les plaies laissées par les coups de bec de Fumsec ce jour-là.

– Je n'ai jamais été libre, murmura-t-il finalement. Jamais. Savoir que j'ai... Savoir que je vous ai abandonné, Ariana et toi... Pour Gellert... Je n'ai jamais pu me défaire de cette culpabilité.

Abelforth avait l'air perdu dans la contemplation de ses mains noueuses. Après un long silence, Albus reprit la parole :

– Même s'il était parti, j'ai continué la quête des Reliques de la Mort. Dans l'espoir d'utiliser la Pierre de Résurrection.

– Au nom de Merlin ! Quelle tête de mule tu es ! Ariana est morte à cause de tes quêtes impossibles, et toi tu —

– Je l'ai trouvé.

Abelforth se tut et fixa son frère comme s'il venait de se transformer en Runespoor. Sûrement avait-il perdu la raison à cause de la maladie.

– Bien sûr, bien sûr.

Albus poussa un soupir face à l'incrédulité de son interlocuteur.

– Comme je te l'ai dit, il y a plusieurs mois, j'ai trouvé un Horcruxe dans l'ancienne demeure de la famille Gaunt. Cette bague... comportait la Relique. L'Horcruxe a été détruit. Sans endommager la Pierre. J'aurais pu essayer... Merlin sait à quel point j'ai désiré l'utiliser pour faire revenir Ariana.

– Mais tu ne l'as pas fait. Pourquoi ? Tu as l'habitude de laisser ton arrogance te guider et de faire des mauvais choix. Qu'est-ce qui était différent cette fois-ci ?

La réponse de son frère prit Albus de court.

– Tu ne l'aurais pas utilisé... ?

– Contrairement à ce que tu penses de moi, et ce que tout le monde pense à dire vrai, tu n'es pas le plus intelligent des deux frères Dumbledore. Il faudrait être un idiot pour ne serait-ce que penser à utiliser un artefact comme une Relique de la Mort. Bien que j'ai toujours pensé que ce n'était qu'un conte, savoir qu'elles existent ne change rien. Des objets magiques aussi puissants ne peuvent qu'apporter le malheur, d'une façon ou d'une autre.

À entendre son frère, Albus ne put s'empêcher d'éclater d'un rire sans joie.

– Tu as raison. Je ne suis pas le plus intelligents des frères Dumbledore.

– Il va falloir que je note cette date pour ne pas l'oublier, lâcha Abelforth, presque honnêtement. Où est la Pierre ? Comptes-tu l'utiliser ?

Albus secoua la tête.

– La Pierre est en sécurité. Hors de ma portée. Entre de bonnes mains. Même dans le cas où je souhaiterais l'utiliser, j'en serais bien incapable. Ce qui n'arrivera pas. J'ai compris mon erreur le jour même où j'ai découvert la bague. Edward m'a ouvert les yeux avant que je commette l'irréparable.

– Edward ?

Abelforth prit l'air suspicieux qu'il affectionnait tant.

– Ne me dis pas que tu as confié un artefact pareil à un garçon !

– Il ne l'utilisera pas et la détruira dès qu'il en aura l'occasion.

– Mille Gorgones ! Finalement ton talent pour les décisions malheureuses ne cessera jamais de m'étonner ! Quiconque a pu te donner le titre de « sage entre les sages » venait sûrement de se prendre un sérieux coup sur la tête ! Comment as-tu pu penser que confier un artefact aussi puissant à un enfant était une bonne idée ? Et surtout, comment as-tu pu accorder le moindre crédit à la promesse de cet Elric ? Comme s'il allait détruire un objet d'une telle valeur et non le vendre au plus offrant !

– Tu ne le connais pas.

– Je ne connaissais pas Grindelwald non plus ! Tout comme toi ! Et vois où ça t'a mené ? Où ton aveuglement a conduit notre famille ? N'ose même pas me dire qu'Elric est différent, parce que tu as perdu le peu de crédibilité que je te prêtais encore ! As-tu pensé à ce qu'il se passerait si la bague tombait entre les mains de Voldemort ?

– Edward combat Voldemort.

– Voldemort veut Elric. Il le cherche. Rogue l'a dit. Voldemort va le piéger. Tout l'Ordre du Phénix le sait.

– Voldemort ignore la nature de la bague. Sinon, il ne l'aurait pas utilisée pour créer un Horcruxe.

– Quand il aura Elric, il le torturera jusqu'à connaître ses moindres secrets. Il saura pour la Pierre de Résurrection et pour tout le reste. Tu as trop impliqué ce garçon dans cette guerre.

– Il s'est impliqué sans mon aide, rétorqua Albus. Il a deviné pour les Reliques de la Mort alors que j'ai pris soin de ne pas les mentionner en sa présence. Il a compris pour les Horcruxes de lui-même sans que je guide sa réflexion. Je n'aurais rien pu faire pour éviter son implication. Et la seule fois où j'ai essayé de l'éloigner du danger — sans succès, d'ailleurs —, j'ai fini par être obligé de l'oublietter ! J'ai tenté de le protéger, maladroitement, certes, mais le protéger tout de même. J'ai perdu ma magie pour cela.

Abelforth expira longuement par le nez pour garder sa colère sous contrôle.

– Tout cela n'est qu'une chaîne de décisions navrantes. Maintenant, Elric est hors de notre portée et ignore qu'un piège va lui être tendu. Le compte à rebours arrive à son terme, ajouta Abelforth en jetant un regard à l'horloge murale. Voldemort a annoncé deux jours. L'échéance arrive à son terme aujourd'hui. D'ici ce soir, minuit, Elric se fera prendre. La guerre sera perdue.

– Tu as toujours été un pessimiste.

Abelforth cracha dans les flammes. Sa réaction laissa Albus de marbre.

– Tu ferais mieux de me ramener au quartier général, poursuivit Albus en époussetant ses robes alors qu'il se levait. Ils auront besoin de mon aide.

– Comme s'ils vont l'accepter. Enfin bon... Ce n'est pas mon problème. Allons-y.

La tension diminua quelque peu tandis qu'ils s'approchaient pour transplaner ensemble. Ils firent leur apparition dans le parc proche du manoir de Square Grimmaurd. Abelforth laissa Albus sans un au revoir et, bien que le pessimiste soit le cadet des frères, l'aîné ne put s'empêcher de ressentir comme s'il s'agissait de leur dernière rencontre. Une ombre planait sur son esprit depuis plusieurs jours, et il se réjouissait d'être parvenu à confier la quête des Horcruxe à une personne de confiance.

De retour au manoir des Black, un coup d'œil à son réveil lui apprit qu'il était minuit passé. Albus retrouva son lit douillet avec soulagement. Il dormait avant même que sa tête ne touche l'oreiller.

Un cri glaçant le réveilla en sursaut. Deux heures trente. Le plancher craqua dans le couloir et Albus se leva en grimaçant à chaque grincement de ses vieux os. Sans s'attarder sur l'état déplorable de sa robe dont il ne s'était pas débarrassé avant de se coucher, il quitta sa chambre pour suivre les éclats de voix plusieurs portes sur sa gauche. De toute évidence, l'agitation provenait de la chambre de Harry et Ronald.

–... Département des Mystères !

– Il faut prévenir des membres de l'Ordre, répondit Hermione, agitée. Ils sauront quoi faire.

– On n'a aucun moyen de les contacter, accusa Ronald. On ne peut pas attendre ! Notre —

Albus arriva dans l'encadrement de la porte et toute l'attention se posa sur sa personne.

– Professeur ! s'exclama Hermione, clairement soulagée. Harry a reçu une nouvelle vision. Voldemort retient tout le monde au ministère. Il faut que vous nous aidiez à prévenir les secours !

– Depuis la création de la Commission, tous les membres de l'Ordre sont occupés à chasser les rafleurs. Je crains qu'ils ne puissent pas —

– Notre mère et notre frère —

– Et deux de nos amis —

– Sont en train de se faire torturer ! s'écria Fred.

– Et vous dites que personne ne va rien faire ? continua George en serrant les poings.

– Voldemort va tous les tuer si l'on ne fait rien ! ajouta Harry, en nage.

– Harry, intervint soudain Ginny. Ed t'avait fait utiliser un Patronus pour communiquer avec Envy quand ils t'ont kidnappé l'été dernier, n'est-ce pas ?

Les jeunes sorciers partagèrent des exclamations triomphantes. Harry fit apparaître un Patronus qu'il envoya à Sirius et Scrimgeour pour les prévenir de la situation. Bientôt, le cerf argenté disparut avec son message pour le distribuer.

– Et s'ils ne peuvent pas venir ? commenta Ron en se rongeant les ongles. S'ils ne veulent pas ?

Les jumeaux échangèrent un regard entendu.

– On doit y aller.

Un silence lourd tomba sur la chambre tandis que chacun mesurait l'ampleur du danger que cela impliquait.

– Jeunes gens, veuillez garder votre sang froid, je vous en prie. Cette situation présente énormément de risques. Vous n'êtes pas —

– On peut le faire, l'interrompit Harry, une lueur inquiétante de détermination au fond des yeux. On s'est entraîné pendant des semaines. Et comme vous l'avez dit, l'Ordre est trop occupé pour sauver des alliés ! Il faut que quelqu'un le fasse.

– Comment comptez-vous vous en sortir vivant ? se récria Hermione en secouant la tête. Le ministère est tombé. Il est rempli de Mangemorts et de partisans de Voldemort ! Nous ne sommes que sept étudiants de premier cycle, pas des sorciers accomplis !

– Harry nous a appris à nous battre, rétorqua Ron avec véhémence. On sait se défendre ! En plus, à cette heure-ci, le ministère est vide. Il n'y aura personne.

– À part des gardes pour surveiller les prisonniers !

– On peut les prendre par surprise, intervint George. Comme l'a dit Ron, le bâtiment sera vide, excepté pour ces gardes. Combien il pourrait y en avoir ?

– Un par prisonnier ? proposa Fred. Ça ferait quatre gardes.

– On est presque le double ! renchérit Ginny. On peut le faire.

– Vous n'avez que des hypothèses ! répliqua Hermione qui commençait à paniquer en voyant que Harry et les Weasley avaient adopté le plan.

Elle lança un appel à l'aide muet à Albus et Luna.

– Harry, appela Luna d'une voix étrangement grave. Tu es sûr que ce n'est pas un piège ?

– Comment ça ? demanda le concerné.

– Tu-Sais-Qui aurait pu t'envoyer cette vision en sachant que la création de la Commission d'il y a deux jours distrairait les membres de l'Ordre.

– Ça aussi, c'est rien qu'une hypothèse, gronda Ron, les oreilles rouges de colère.

– Écoutez-moi, je vous en prie. Vous ne vous rendez pas compte du jour que l'on est aujourd'hui ?

Le groupe s'échangea des regards d'incompréhension.

– Le cinq février ?

– Rogue a prévenu l'Ordre que Vous-Savez-Qui prévoyait d'attraper Ed et mon père aujourd'hui.

– Ils ne sont même plus à l'Ordre ! se défendit Ron.

– Mais ça, les Mangemorts l'ignorent, remarqua Hermione, pensive. Qu'importe qui viendra au ministère, le piège est quand même tendu pour quiconque répondra à l'appel. Au lieu que ce soit Ed et le père de Luna, ce sera nous. Vous voyez ? On ne peut pas partir !

Cette fois, le doute s'installa.

– Mais maman... Et Percy... Hagrid... Envy... Ils se font torturer quand même, murmura Ginny en baissant les yeux sur ses mains. La vision...

– Vous ne pouvez rien faire pour eux désormais, dit Albus d'une voix réconfortante en posant sa main sur l'épaule d'Harry.

Une bouffée de fureur prit Harry à la gorge au contact de Dumbledore. Il sentit ses tripes se glacer puis se retourner dans son ventre. Alors il se dégagea brusquement et s'éloigna du sorcier.

– L'Ordre ne fera rien, c'est pas vrai ? Alors quand Voldemort verra que personne n'est venu, il déplacera les prisonniers, non ? On perdra leur trace. On ne la retrouvera peut-être jamais. Ça fait des semaines qu'ils ont Envy. Et on n'a jamais été si proche de le retrouver. On ne peut pas reculer maintenant parce que c'est un piège.

– Harry ! tenta Luna.

– Non ! Vous ne comprenez pas ? L'Ordre n'en a rien à faire que des membres meurent ! Vous leur avez lavé le cerveau, accusa Harry en pointant Dumbledore du doigt. Vous êtes prêt à sacrifier des alliés, des vies, pour la cause. Mais ce n'est pas mon cas ! Je suis différent ! Je tiens à mes amis. Je tiens à tous ceux qui ont été pris. Vous les voyez comme des pions, mais pas moi ! L'Ordre me voit comme le Garçon-Qui-A-Survécu, comme un symbole de la résistance contre l'oppression, eh bien, je vais le devenir ! Ed m'a dit de ne jamais vous laisser faire de moi un martyre pour la cause. Mais il m'a aussi dit que j'avais le droit de vouloir me battre pour ceux à qui je tiens, pour les protéger. C'est ce que je compte faire ! Ici et maintenant. Mais je ne laisserai personne d'autre mourir alors que j'aurais pu l'empêcher. Si je dois le faire seul, je le ferai seul.

Sa tirade instaura une lourde atmosphère. Albus, résigné, comprit vite que ce discours venait de rallumer la flamme éteinte par Hermione et Luna. Le combat était perdu.

– Tu ne seras pas seul, affirma Ron en posant sa main sur son épaule. Je serai toujours là.

– Pareil pour nous, promirent les jumeaux.

– Je viens avec vous, annonça Ginny en carrant les épaules.

Les cinq sorciers se tournèrent vers Hermione et Luna dans l'attente de leur réponse. La première inspira profondément avant de hocher la tête.

– On sait bien que vous êtes incapables de vous débrouiller sans moi.

Ron sourit à peine et lui prit la main avec reconnaissance. Elle l'agrippa en réponse.

– Luna ?

– Je viens aussi, dit-elle, tout aussi résignée qu'Albus.

Harry observa chacun d'entre eux un par un avant de se tenir le dos bien droit.

– Préparons-nous au départ. Nous partons dans une demi-heure.