Chapitre 4

Plusieurs torches étaient allumées sur les routes de Rome, et alors que la nuit n'allait pas tarder à tomber, la ville n'était pas prête à plonger dans les bras de Morphée. Les trois garçons, partis parcourir la ville, étaient à chaque fois un peu plus subjugués par ce qu'ils voyaient. On pouvait entendre les commerçants essayer d'attirer l'attention des passants. Certains d'entre eux riaient et discutaient. L'ambiance mouvementée que dégageaient les rues de Rome n'était en rien semblable à ce qu'ils connaissaient. Ils furent pris d'une excitation étrange, comme si voir chaque parcelle de la ville leur était vitale.

Ils passèrent devant plusieurs boulangeries, puis devant le théâtre. Ils virent l'un des nombreux forums et l'écurie des voyageurs. Shoto s'attarda devant le bâtiment accueillant les soldats de l'armée impériale. Il était immense et était très bien gardé. Katsuki et Izuku le bousculèrent lorsqu'ils se rendirent compte que leur destination n'était plus très loin. Et ce fut deux rues plus loin qu'ils arrivèrent devant le Colisée. La nuit était déjà tombée, alors que les lumières brillaient de mille feux autour du monument. Le voir en vrai emplissait d'impatience leur cœur encore ignorant et ils sourirent tels des enfants émerveillés. Ils discutèrent un long moment sans bouger de leur place, jusqu'à ce que, tout naturellement, ils rebroussent chemin pour retourner dans la demeure d'Aizawa. Mais sans vraiment prêter attention à l'endroit où ils allaient, et plongés dans une conversation profonde, ils ne remarquèrent pas qu'ils avaient emprunté une rue très populaire, remplis de commerces en tout genre. Les lumières y étaient plus vives et le monde plus dense. En y faisant plus attention, les garçons remarquèrent que des personnes de différentes nations se promenaient ici et là. Ils entendirent différents dialectes et virent des styles d'habits peu communs en Italie. Gens riches et pauvres se mélangeaient pour créer une seule et même entité. Rome donnait l'impression que peu importait le peuple, l'ethnie ou la langue, en ce lieu tout se mêlaient et s'entremêlaient.

Le sourire des garçons fut rapidement remplacé par une expression de surprise lorsque deux inconnus leur barrèrent la route subitement. Les deux jeunes hommes, le sourire aux lèvres, fixaient étrangement les garçons venus d'un petit village près de Naples.

-Bonsoir messieurs ! Pardonnez-nous cette intrusion incongrue, mais nous vous avons remarqué et nous ne vous avons jamais vu. Nous supposons donc que vous êtes nouveaux à Rome. Le jeune homme qui leur parla en premier était habillé d'une toge. Il avait les cheveux rouges et ses dents, légèrement aiguisées, étaient nettement visibles au vu de son sourire.

Le second était habillé de la même manière, mais ses cheveux étaient blonds, avec une légère mèche brune en forme d'éclair. Il poursuivit à la suite de son compagnon avec autant d'enthousiasme :

-En tant que nouveaux arrivants de cette ville nous vous souhaitons la bienvenue ! Vous avez l'allure de gladiateur, nous nous reconnaissons facilement entre confrères.

Katsuki, remis de sa surprise, demanda avec un brin d'étonnement :

-Vous ? Des gladiateurs ?

-Parfaitement ! Ou du moins, nous l'avons été, répondit le garçon aux cheveux rouges.

-Cette profession ne nous sied guère. Nous sommes plus doués en commerce. Et en parlant de commerce, que diriez-vous de nous accompagner dans notre humble boutique ?

Les trois échangèrent un regard entre eux, avant d'acquiescer d'un hochement de tête. Les commerçants élargirent d'autant plus leur sourire, si c'était possible, et les guidèrent tout au long de la rue. La « boutique », comme le blond l'avait appelé, ressemblait plus à un hôtel luxueux qu'à une échoppe. Un nombre impressionnant de personnes entraient et sortaient du bâtiment en riant, les joues rosées. Les propriétaires, guidant toujours Katsuki, Izuku et Shoto, saluèrent à tout va des hommes et des femmes de tout âge qui siégeaient dans leur commerce. L'intérieur était sublime, regorgeant de modernité mélangé avec une architecture signée Rome. Ebahis par l'endroit, ils continuèrent à suivre les deux jeunes hommes jusqu'à un grand rideau couleur bronze. Derrière, l'ambiance y était plus calme et c'est encore étourdis qu'ils prirent place.

-Veuillez nous excuser pour le monde, c'est heureusement ou malheureusement comme cela tous les soirs. Le rouge avait pris place avec eux, pendant que l'autre était allé chercher à boire.

-Avant toute chose, pourrions-nous savoir qui vous êtes ? La question de Shoto sembla pétrifier son interlocuteur, qui se mit à rire ensuite.

-Denki, je crois que la providence ne nous a gâté que d'un savoir-faire dans la gestion commerciale. Honte à nous, nous ne nous sommes pas présentés à vous.

-Vraiment ? J'étais sur pourtant. Eh bien messieurs, repartons du début, voulez-vous ? Mon nom est Denki Kaminari. Et voici mon très cher associé, mais avant tout ami, Eijiro Kirishima, présenta le blond après avoir déposé la boisson.

-Enchanté. Je suis Izuku Midoriya. Le blond s'appelle Katsuki Bakugo et lui, Sh…

-Shoto Libra. Celui-ci préféra couper son ami.

-C'est un plaisir mes amis ! Vous pouvez être sûr que Les frères seront partisans de votre épopée, se réjouit Eijiro.

-Les frères ? Interrogea Katsuki.

-Oui, c'est le nom que nous nous sommes donnés. Voyez-vous, Denki et moi nous nous connaissons depuis l'enfance. L'esprit plein de rêves et les yeux pleins d'espoir, nous nous sommes inscrits pour devenir gladiateur. Chanceux, nous avons gagné tous nos combats ensemble. Mais au bout du cinquième, la flamme n'existait plus. Alors, grâce à notre influence, et à notre audace, nous avons construit une échoppe qui est rapidement devenue l'endroit où tous se retrouvent.

-Des enfants, des Nobles, des femmes, des fermiers, vous trouverez toutes sortes de personnes ici. Nos produits de bonnes qualités peu chers et notre esprit très ouvert sont une main gagnante pour atteindre le cœur de Rome, continua le blond.

-Vous êtes dans le métier depuis combien de temps maintenant ? Intervint Izuku.

-Un an. Eijiro regarda le lieu avec beaucoup de fierté.

-Un an !? Vous vous moquez de nous !? Et puis, quel âge avez-vous !?

La question brusque de Katsuki fit rire les deux propriétaires et c'est Denki qui répondit :

-Dix-huit ans.

-Dix…Huit… Comment avez-vous pu créer ça, à votre… à notre âge !?

-C'est moi, où tu cries beaucoup Katsuki ? La remarque d'Eijiro fit rire tous les garçons excepté le concerné. Il continua : Vous vous rendrez rapidement compte qu'ici avoir dix-huit ou trente-six ans ne fait pas de différence. Pour réussir, il faut s'y prendre le plus tôt possible. La concurrence est rude, et notre succès est uniquement dû à une opportunité qui s'est présentée à nous. Vous verrez à force de vivre à Rome, que ceux qui ont marqué l'histoire l'ont fait très jeunes. C'est pourquoi, j'ai la forte impression que vous, vous ferez aussi une différence. N'est-ce pas Denki ?

-Tu l'as dit Eijiro. Nous vous avons tout de suite remarqué. Vous avez l'allure de champion et on ne doute pas une seconde de vos capacités. Alors dites-nous un peu, qui vous représentera à votre inscription ?

-Katsuki et moi serons représentés par Shota Aizawa, répondit Izuku.

-Eraser Head ! Excellent choix ! C'est incroyable, il n'a jamais pris personne ! S'extasia Denki.

-Et toi Shoto ? Interrogea le garçon aux cheveux rouge.

Le bicolore les observa un long moment, hésitant sur ce qu'il pouvait dire ou non. Mais pour une raison qu'il ignorait, ceux qu'il venait de rencontrer lui avait fait un très bon effet. Il leur répondit alors :

-Toshinori Yagi.

Le sourire de Denki et d'Eijiro s'effaça soudainement alors que leur expression ébahie faisait tripler de volume leur yeux. Plus aucun son ne sortait de leur bouche, et les trois garçons, bientôt gladiateurs, sourirent face à cette ambiance.

-Lorsque tu dis Toshinori Yagi, tu… tu parles bien de…

-All Might ?

Les amis s'étaient suivis dans leur question et pour les épargner Shoto hocha simplement la tête. Eijiro se cala contre son siège alors que Denki ne cessait de fixer Shoto. Enfin, Les frères finirent par croiser leur propre regard, et un fou-rire les prit soudainement. Jamais encore, Katsuki, Shoto et Izuku n'avaient assisté à un tel esclaffement, et contre toute attente, le rire communicatif de leurs nouveaux amis les força à les rejoindre.

En sortant du commerce de Denki et Eijiro, les trois garçons se sentirent emplis d'enthousiasme et de joie. Leur rencontre, que beaucoup nommeraient hasard, avait scellé quelque chose qu'ils n'avaient vécu qu'entre eux, dans le village où ils avaient grandi. Une complicité était née, et qui allait, sans grande surprise, devenir une amitié solide. Avant de partir, les propriétaires les invitèrent le soir suivant, ce qu'ils acceptèrent tous trois.

*…*

-Mon entraînement est simple, je vais vous enseigner comment j'ai pu survivre dans l'arène. Si je vous ai suggéré d'aller visiter la ville hier soir, c'était pour vous donner un avant-goût de ce que vous travaillerez avec moi.

Les trois futurs gladiateurs étaient en ligne face à Aizawa qui était assis sur l'un des bancs du Péristyle (jardin intérieur). Ils étaient habillés de chemises en tissu fin, alors que leur hôte portait une toge.

-Et nous travaillerons quoi ? Demanda Shoto.

-L'observation, répondit Aizawa en baillant.

-L'observation ? Répéta Katsuki, peinant à y croire.

-J'ai une question pour vous. Voulez-vous tuer ? L'ancien gladiateur les observait dans les yeux, très sérieux.

-Tuer ? Cette fois-ci ce fut au tour d'Izuku de répéter.

-Vous allez jouer les perroquets longtemps encore ? Alors, répondez-moi, avez-vous l'ambition d'ôter des vies lorsque vous serez plongés dans l'arène ?

-Parce que nous avions le choix dès le début ? Répliqua Shoto, les sourcils levés.

-Bien évidemment. Aucune règle stipule que l'adversaire doit mourir, c'est les spectateurs qui influencent le meurtre. Sans meurtre, pas de spectacles. La voix d'Aizawa contenait une once de colère.

-Quelles sont nos alternatives alors ? Interrogea Izuku.

Shota Aizawa se leva du banc et fit quelques pas dans le Péristyle :

-Je vais d'abord vous expliquer comment les choses se passent lorsque l'on devient gladiateur. Il y a une session par mois. Les trois premières semaines, des combats de quarante gladiateurs ont lieu. Dans chacune des semaines, dix, et seulement dix, doivent sortir vainqueurs. Enfin, dans la dernière semaine du mois, les trente vainqueurs des semaines précédentes s'affrontent, mais cette fois-ci, seuls cinq gagnent le tournoi. Me suivez-vous jusque-là ?

-Oui. Pour résumer, en un mois il y a quatre-vingt-dix participants pour cinq vainqueurs à la fin de la session. Même chose pour les mois suivants, réexpliqua Izuku.

-Vous avez bien compris. Je poursuis donc. Si vous faites partie des dix victorieux, vous avez la possibilité de revenir pour la session suivante. Sinon, il vous faudra attendre trois mois, dans le cas où vous ne vous faites pas tuer. Plus vous gagnerez, plus vous deviendrez populaires et plus vous aurez accès à des privilèges. Cette partie faite, je vais vous exposer les conditions de vie d'un gladiateur. S'inscrire c'est commencer en bas de l'échelle, ainsi vous serez traité comme votre statut l'indique. Chaque gladiateur bénéficie d'un endroit où vivre. Gagnez et vous serez capable d'acheter votre propre maison. Pour ce qui est des blessures, le Colisée fournit des médecins très qualifiés, c'est donc le dernier de vos soucis. Pour les armes, vous êtes tous au même niveau, un glaive (petite épée), un scutum (bouclier) et un cassis (casque). Vous connaissez maintenant à peu près toutes les bases à connaître, je peux donc revenir sur ma question du début. Voulez-vous tuer ?

Les trois garçons, qui assimilaient doucement les informations, se regardèrent entre eux. Ils finirent par se sourire et Izuku répondit pour eux :

-Si nous pouvons l'éviter, nous le ferons.

Aizawa inspira doucement, il ne le dirait certainement jamais, mais cette réponse lui fit plaisir.

-Ainsi soit-il. Si vous voulez mettre hors-jeu votre adversaire, vous devez l'assommer. Faire en sorte qu'il ne se relèvera pas toute la durée du combat.

-Comment pourrions-nous faire cela ? Si nous avons des cassis, c'est impossible, grogna Katsuki.

-C'est pourquoi je vous enseignerai le moyen d'y parvenir. Observer vous permettra de saisir le moment parfait pour retirer le cassis de l'adversaire. A cet instant sa tête sera totalement accessible pour vous, et vous pourrez mettre à profit ce que All Might vous a enseigné, et ce qu'il continuera à vous enseigner. Les trois étapes que vous devez absolument suivre pour vaincre sont les suivantes : défense observation attaque. Je présume que votre défense et attaque n'attendent que d'être perfectionnées, mais pour ce qui est de l'observation vous n'avez aucune base. Mes entraînements seront intensifs et demanderont des compétences cérébrales élevées. Compris ?

-Oui ! Les trois répondirent en même temps.

-Alors vous commencerez par vous échauffer, puis on passera aux choses sérieuses.

*…*

Les cinq nouveaux amis s'étaient retrouvés un peu plus tôt dans la soirée. Les futurs gladiateurs semblaient épuisés, mais rien ne pouvait retirer leur petit sourire, satisfait de cette journée d'entraînement, soldée par des retrouvailles chaleureuses. Ils s'étaient installés derrière le rideau couleur bronze, où peu de personnes avaient le privilège de siéger. Ils discutaient d'abords de leur entraîneurs et mentor, ainsi que du programme d'entraînements qu'ils devaient suivre.

-Je ne sais pas comment vous faites. Je sais que moi je n'arriverai pas à suivre avec un tel programme, soupira Denki.

-C'est pour cela que malgré le nombre élevé de participants, pas tout le monde est fait pour l'arène. Gagner ne signifie pas que le milieu nous convient. Honnêtement je pense que deux combats de plus, et nous serions enterrés à l'heure qu'il est, expliqua sincèrement Eijiro.

-Et on sait tous les deux, mon cher ami, que cela n'aurait pas été très pratique pour ouvrir notre commerce.

La réplique de Denki les fit rire, et ils trinquèrent une nouvelle fois. Après sa gorgée, Katsuki analysa l'intérieur de son verre, les sourcils levés et demanda :

-Ce vin est excellent. D'où vient-il ?

À cet instant, Denki fit un grand sourire et tourna la tête vers son ami aux cheveux rouge. Celui-ci baissa la tête avec un sourire discret, puis la tourna vers le rideau fermé. Il semblait attendre quelque chose, le regard plein d'espoir. Et alors qu'ils suivirent son regard, une personne traversa le rideau. C'était une femme élancée, le regard rieur avec un sourire amusé cousu sur les lèvres. Quatre hommes la suivaient, de larges tonneaux dans les bras. Elle leur indiquait où les déposer, et lorsque cela fut fait, elle analysa la pièce à la recherche de quelque chose. Lorsque la jeune femme aperçu les cinq garçons, elle s'avança tout naturellement vers eux. Denki fut le premier à bouger, et lorsqu'elle fut assez proche, il se leva et présenta :

-Mes amis je vous présente Mina Ashido, elle est notre fournisseuse de vin. Son vignoble, tout au Sud de l'Italie, est le meilleur du continent et nous avons l'exclusivité sur son précieux nectar. J'ai même cru voir un jour Bacchus venir dans notre humble boutique pour gouter à ce vin des merveilles.

-Je crois que ce jour-là vous en aviez un peu trop abusé Denki. En tout cas, j'apprécie le compliment. Messieurs puis-je avoir l'honneur de connaître vos noms ? La dénommée Mina dégageait la même aura que les deux garçons. Ils semblaient tous venir du même monde, avec une prestance paisible.

-Je m'appelle Izuku Midorya.

-Moi c'est Katsuki Bakugo.

-Et mon nom est Shoto Libra.

Mina inclina la tête à chacune de leur présentation, puis avec un sourire taquin posa son regard vers Eijiro.

-Alors comme ça, vous ne prenez pas la peine de présenter vos nouveaux amis à votre fiancée, Eijiro.

Le mot « fiancée » pétrifia les trois garçons, qui regardèrent le commerçant et la fille successivement. Le roux la fixa un long moment avant de lui répondre :

-Pardonnez-moi. C'est que, vous voir entrer dans mon commerce avec quatre hommes plus beaux que moi, ça m'a… comment dire ? Ma confiance en moi a fondu comme neige au soleil.

Elle rit et rétorqua :

-Oh mon pauvre amour, je vous rassure, on fait difficilement plus beau que vous. Quoi que, votre nouvel ami Libra a de quoi se mesurer à vous.

Cette phrase fit rire les jeunes hommes. Et après avoir salué tout le monde – Eijiro ayant eu droit à un clin d'œil – elle repartit par où elle était venue. De retour tous les cinq, Denki et Izuku ricanèrent devant le regard rêveur d'Eijiro.

-Denki, je te rappelle que tu n'as aucun droit de te moquer de moi. Mina est ma fiancée, j'ai donc la liberté de batifoler avec elle autant que l'envie m'en prend.

-Batifoler n'est pas réservé exclusivement aux fiancés, Eijiro. Regarde ma dulcinée et moi. Ce fut au tour de Denki d'avoir le regard rêveur.

Le roux éclata de rire et rétorqua :

-Correction mon simple d'esprit d'ami, Tu batifoles. Elle ne fait que te repousser. Et lorsqu'elle le fait, je ris tellement que je finis en général au sol.

-Et c'est exactement pour cette raison que j'épouserai cette femme et uniquement cette femme. Même lorsqu'elle me repousse, elle est incroyable.

-Dites-moi, vous êtes bien précoce comme homme. Tout le monde est comme vous ici ? La réplique de Katsuki aurait pu paraitre agressive, mais en le connaissant bien, on pouvait voir son amusement.

-On vous l'a dit, avoir dix-huit ou trente-six ans, ça ne fait pas de différence ici. Il faut saisir l'occasion, avoir l'audace nécessaire pour chercher ce que l'on veut. Nous avons eu la chance de pouvoir ouvrir un établissement, ainsi que de rencontrer les femmes qu'il nous fallait. Et pour ces chances, on a saisi l'occasion, déclara Eijiro.

Un sourire d'excitation apparu sur le visage de Katsuki, Izuku et Shoto, qui n'avaient jamais été aussi impatients de rentrer dans l'arène. Le vin montait de plus en plus, et c'est euphorique qu'Izuku dit :

-Vous savez, c'est vraiment étrange, depuis que nous avons pris la décision de venir à Rome, on nous répète sans cesse que c'est un endroit sombre, obscur et cruel. Pourtant, nous n'avons vu que des choses incroyables depuis notre arrivée. Et je doute que cela soit dû à la simple chance si nous avons croisé votre chemin. Rome est vraiment une ville merveilleuse !

Katsuki se moqua ouvertement de lui alors que Shoto se contenta d'un sourire, confirmant silencieusement les dires de son ami. Mais lorsque les trois relevèrent le regard vers les commerçants, ils virent quelque chose qu'ils n'avaient jamais vu chez eux. Denki et Eijiro ne souriaient plus du tout, et leur air détendu fut remplacé par une mine sombre.

-Il y a un problème ? Demanda Shoto inquiet.

-Mes… Mes amis, Eijiro et moi n'avons jamais eu l'intention de vous influencer. Nous voulions certes vous divertir, mais c'était principalement en prévision de ce qui se passera dans l'arène. Cependant, ne croyez pas une seconde que Rome est aussi chaleureuse et animée que ce qu'on essaye de faire dans cet endroit, fit maladroitement Denki.

-C'est en voyant le pire qu'on a décidé de créer le meilleur. Mais même avec toute la volonté du monde, on ne peut pas tout changer. L'expression troublée des deux jeunes hommes décida Shoto sur quoi faire.

-Dans ces conditions, montrez-nous. Montrez-nous la réalité que nous n'avons pas su voir depuis notre arrivée.