Chapitre 6
Cinq jeunes hommes se promenaient discrètement dans les rues de Rome. Ils discutaient tout en se dirigeant vers une destination bien précise.
-Je savais que vous étiez doués, mais jamais je n'aurais imaginé que vous étiez aussi rapide. Seuls les meilleurs gladiateurs sont connus pour leur rapidité. Je crois, mes amis, que vous allez rapidement monter les échelons. L'enthousiasme d'Eijiro avait réussi à dérider un peu les nouveaux gladiateurs.
En vérité, Denki et lui faisaient de leur mieux pour les distraire depuis le jour où ils leur avaient montré l'arrivée des esclaves. Mais malgré tous leurs efforts, les trois étaient bien décidés à connaître toutes les vérités. C'est pourquoi les cinq s'enfonçaient de plus en plus dans la ville. Les lumières se faisaient de plus en plus rares, au même titre que les personnes. Enfin, ils s'arrêtèrent dans une rue perpendiculaire à une très grande avenue. Plus aucune torche ne l'éclairait, mais les lumières des nombreux bâtiments de l'avenue l'illuminaient suffisamment pour la voir. Il n'y avait plus âme qui vive, mais les deux commerçants se cachaient avec prudence. Silencieux, les gladiateurs demandèrent ce qu'ils faisaient dans cet endroit. Denki se décida enfin à parler :
-Ce lieu est une énième part d'ombre de Rome. Je vous présente le troisième plus grand commerce d'Italie, après le Colisée et l'esclavage. L'endroit le plus fréquenté par les Nobles, et sur lequel ils seront toujours d'accord.
Eijiro termina pour son ami :
-Les maisons de passe.
Le blond reprit sans relever les gros yeux des trois autres :
-L'Empereur se fait des montagnes d'or avec ce « commerce ». Et couplé à l'esclavagisme, il est l'homme le plus riche du monde.
Soudain, Izuku demanda brusquement :
-Ces maisons de passes, ont-elles un rapport avec les esclaves ?
-Ils sont étroitement liés, oui. Beaucoup de femmes esclaves sont envoyées ici si leurs maîtres ont besoin d'argent. Ou même si elles font quelque chose qui leur déplaît.
-Et personne ne dit rien ? Le sourire amère d'Izuku fit répliquer Eijiro avec colère :
-Bien sûr que non ! Tous ceux qui ont essayé sont morts, en prison ou exilés.
Denki mit une main sur l'épaule de son ami, le calmant instantanément. Il déclara ensuite :
-Mes amis, nous vous devons la vérité, certes. Mais nous n'avons aucune intention de vous faire fuir. Le combat est dur, même en dehors de l'arène. En regardant dans son ensemble, Rome ne brille pas autant qu'elle n'y paraît.
-Ne regrettez pas une seconde d'être honnête avec nous. La réalité est préférable à l'illusion. Et même si elle est douloureuse, je ne jure que par la vérité. S'il y a bien une chose que vous n'avez pas réussi à faire, c'est nous faire fuir. Izuku et Katsuki, tout comme moi, sommes parfaitement aptes à affronter la suite. Et savoir que nous avons des alliés comme vous à nos côtés, nous donne une énergie inépuisable. Le discours de Shoto avait fait apparaître un sourire sur le visage de Denki et Eijiro.
Et comme si rien n'avait eu lieu, ils inspirèrent et retrouvèrent leur visage malicieux. Fuyant le plus vite possible cet endroit, ils se retrouvèrent tous dans la boutique des deux hommes. Assis à leur place habituelle, Denki et Eijiro continuèrent leurs explications :
-La plupart des informations que nous avons récoltées viennent de notre commerce même. Il est très fréquenté, et il suffit de deux coupes de vin pour que n'importe qui devienne un vrai moulin à parole. Alors bien sûr, il n'y a aucune preuve sur ce que nous allons avancer, mais il n'y a que peu de doutes sur leur véracité.
Denki continua à la suite du roux :
-Il existe beaucoup de jeux d'argent à Rome. Un nombre incalculable de Nobles se retrouve endetté à cause d'eux. Rome tourne principalement à l'arnaque. C'est triste à dire, mais les seuls commerces honnêtes sont l'esclavagisme et les maisons de passe.
-Pas même le Colisée ? Pour la première fois depuis qu'ils le connaissaient, Denki et Eijiro virent Katsuki hébété.
Mais Eijiro ne mit pas longtemps à lui répondre :
-Malheureusement le Colisée est la principale source des jeux d'argent. En toute vérité, les combats de gladiateurs peuvent être truqués si une personne y met les moyens. Mais même sans cela, miser sur un gladiateur peut rapporter beaucoup d'or, autant qu'en perdre.
-L'Empereur fait la sourde oreille. Il pense que tant que tout le monde fera comme si de rien n'était, alors il n'y a pas besoin d'intervenir. Mais c'est surtout car l'Héritier profite aussi très bien de ces magouilles.
-Qui est l'Héritier ? Demanda innocemment Izuku.
-Le plus grand vicelard de Rome, Toya Todoroki. S'il y a bien quelqu'un que je déteste c'est bien cet homme…
-Eh bien pour une fois, je suis d'accord avec vous, Kaminari.
Denki fut coupé par une voix extérieure qui s'approchait d'eux. Lorsque les jeunes hommes levèrent les yeux, ils virent une femme habillée de riches apparats. Ses cheveux étaient courts d'une couleur bleue violette. Elle marchait gracieusement et dépeignait un charme fin. Sa beauté n'était pas saisissante, mais son charisme impressionnait tout de même les cinq garçons. Denki se leva brusquement et se posta devant elle avec un sourire immense.
-Mademoiselle Jiro, quel bon vent a pu vous amener dans mon humble échoppe ?
Elle sourit légèrement, et dit en regardant Eijiro, prenant bien soin de ne pas croiser le regard du blond :
-Cessez de sous-estimer votre commerce. Il est beaucoup de chose excepté humble. Messieurs, quelle mauvaise conversation vous a mené à parler de cet achreios ?
-Mademoiselle, je vous présente nos nouveaux amis, Midorya, Bakugo et Libra. Eijiro s'était lui aussi levé et avait incliné la tête en signe de salutation.
-Oui bien sûr, les vainqueurs miraculeux. Vous êtes déjà populaire dans les hautes sphères. Sa voix avait un contrôle étrange, mais rien chez elle ne laissait penser qu'elle était mal intentionnée.
-Pardonnez mon impolitesse, mais à qui avons-nous affaire ? La question de Shoto contenait beaucoup de respect, ce qui étonna ses amis.
-Je présume que vous en avez une petite idée. Je suis curieuse, qui pensez-vous que je sois ? La dénommée Jiro lui avait répondu avec le même respect dont il avait fait preuve, ce fait le fit sourire.
-Vous venez de Grèce, il n'y a aucun doute là-dessus. Cependant, je ne pense pas que vous fassiez partie des riches ambassadeurs. Mes deux amis vous ont surnommé « Mademoiselle », je présume alors que vous êtes certainement une servante grecque.
Elle le fixa en souriant, puis rétorqua :
-Vous y étiez presque, je ne suis pas servante, mais suivante.
-Quel différence cela fait-il ? Interrogea Katsuki.
Et Denki se précipita pour répondre :
-Oh voyez-vous, Mademoiselle Jiro que voici est la suivante personnelle de la fille Yaoyorozu. Son père, le grand monsieur Yaoyorozu est le plus important ambassadeur de Grèce, et le plus riche commerçant de toute l'alliance.
-Je vous en prie Kaminari, hottez ce sourire de votre visage, il est si facile pour vous de faire fuir les dames. Elle le regarda enfin avec un sourire taquin. Il ne s'arrêta pas de sourire cependant. Et alors que les deux restèrent un moment à s'observer, la jeune femme finit par tourner son attention vers Shoto : Comment avez-vous su que je venais de Grèce ?
-« Achreios ». C'est l'équivalent grec de crapule en latin. Votre accent est parfait, difficile de se tromper. L'assurance du bicolore impressionna les jeunes hommes qui ne connaissaient pas cette facette de lui.
-Étrange, peu de gens connaissent le grec. La majorité se concentre sur le latin qui est le plus parlé. L'étonnement de la jeune femme était minime, mais Denki le vit bien.
-Ma mère avait une affection particulière pour cette langue. Et je peux la comprendre aujourd'hui, elle est, comment dirais-je ? Si raffinée. Et selon moi, Rome manque cruellement de raffinement.
Le sourire de la jeune femme s'effaça, laissant place à un profond sérieux. Les mots de Shoto la touchèrent particulièrement. Et en guise de remerciement, elle inclina la tête vers lui. Il la lui rendit, sous le regard impressionné des quatre autres jeunes hommes.
-Eh bien messieurs. Je vous souhaite bonne chance pour votre prochain combat. Au plaisir de vous revoir. Elle les salua d'un sourire, puis quitta le commerce, accompagnée de deux soldats de sa garde.
Remis de la situation, Izuku se tourna vers Denki et demanda :
-Que fait une personne si importante ici ?
-Importante ? Oh mes chers amis, ce n'est pas si rare. Notre commerce offre tout ce dont la population a besoin. Tout le monde peut trouver son bonheur. Et il se trouve que la maîtresse de Mademoiselle Jiro, que nous connaissons bien, a succombé à la cuisine de notre établissement. Mademoiselle Jiro vient ici deux fois par semaine environ pour emporter les mets favoris de sa maîtresse.
-Je trouve cela étrange. Vous nous parlez de la plupart des Nobles avec mépris, mais pourtant ces demoiselles vous inspirent un profond respect. Quel en est la raison ?
Eijiro répondit à Katsuki :
-Il n'existe pas plus grand paradoxe que l'Italie et la Grèce. Et pourtant, ces deux puissances ont bel et bien créé une alliance. Voyez-vous, la Grèce n'admet pas l'esclavagisme. Ces habitants sont pour la plupart des gens simples, qui aiment la vie tranquille. Rome est un enfer pour eux. Et c'est le cas pour Mademoiselle Jiro et Dame Yaoyorozu. Elles sont ici depuis plusieurs années, n'ayant droit qu'à quelques mois dans leur pays natal. Mais malgré tout cela, elles restent fidèles à elles-mêmes. Douces, gracieuse, charmantes, et…
-Dangereuses. Le regard dans le vide, le commerçant blond continua, ailleurs : Elles sont tout ce que les hommes rêvent sans qu'aucun d'entre eux ne puisse les atteindre. Ce monde les a forcées à se défendre, et Zeus ! Elles savent très bien le faire. La langue acérée, elles crachent leur venin à qui les tourmentes. Mais, on ne peut leur en vouloir. Le secret mes amis, soyez bon avec elles, et elles vous le rendront de la meilleure des manières.
Le discours incohérent de Denki provoqua le rire des garçons de la table qui se resservirent du vin.
-Bois encore mon ami, au point où tu en es, plus rien ne nous étonnera.
*…*
La deuxième fois était beaucoup moins impressionnante que la première. Pour le dernier combat de cette session, alors que les trente meilleurs de ce mois-ci allaient s'affronter, Shoto, Katsuki et Izuku se sentaient étrangement sereins. L'excitation de leur début avait laissé place à une concentration maîtrisée. En vérité, les trois garçons exprimaient une maturité que leur mentor ne leur connaissait pas. Celui-ci avait très bien compris que ses trois élèves avaient été confrontés à la réalité de ce monde. Yagi sentit chez eux une colère vive qui s'exprimait par une forte volonté de conquérir l'arène. Assis dans les tribunes, camouflé d'un couvre-chef, il attendait comme tant d'autres l'arrivée des gladiateurs. Et alors qu'il était plongé dans une longue réflexion, il entendit la voix du maître de cérémonie qui annonça le début des « festivités ». Le dénommé Tomura Shigaraki présenta un à un les finalistes. Enfin, on annonça ceux que tous attendaient.
-Et pour finir ! Dans ce dernier combat du mois, uniquement constitué de nouveaux gladiateurs, je vous présente les trois favoris ! , et ! Les deux premiers sont représentés par un ancien vainqueur à la fois efficace et discret, Eraser Head ! Et enfin, le dernier gladiateur qui a été présenté, et certainement celui qui vous étonnera le plus ! Il est représenté par nul autre que le plus grand gladiateur jamais vu au Colisée, le seul l'unique ALL MIGHT !
L'annonce du représentant de Shoto provoqua une acclamation encore jamais vue dans l'arène. Tous étaient agités et impatients de voir à l'œuvre le poulain du célèbre All Might. Même dans la tribune royale, l'agitation était visible, et alors que certains souriaient étrangement, une tension terrifiante se dégageait en haut de la tribune. Aucun des membres de la tribune royale n'osait tourner son regard vers l'Empereur, qui fixait intensément le bicolore. Celui-ci n'y fit cependant pas attention. Sa concentration était toujours la même, et il attendit le signal du maître de cérémonie pour pouvoir se mettre en garde.
Son glaive à la main droite, et son scutum à la gauche, dos à dos avec ses amis, Shoto chargea au signal. Le niveau des gladiateurs était supérieur à celui de leur premier combat. Trouver l'ouverture adéquate pour assommer l'adversaire était ardu. Les trois comprirent que les autres combattants les attendaient au tournant, eux qui ne voulaient pas tuer. Mais même si leurs efforts étaient louables, Shoto, Katsuki et Izuku ne se laissaient nullement faire. Et encore une fois, avec une vitesse des plus impressionnante, les adversaires tombaient un à un. Les trois faisaient preuve d'une technique parfaite, et avec une ferveur supérieure à tous les autres, Shoto assomma le dernier combattant. Il ne restait que cinq gladiateurs parmi les trente du début et le bicolore fut celui qui en neutralisa le plus. Essoufflé par l'effort, remis de sa concentration, il releva la tête et observa les cris et les applaudissements de la foule. Le visage toujours stoïque, il chercha ses amis des yeux, vérifiant s'ils allaient bien ou non. Cela fait, il ne porta même pas un regard à la tribune de l'Empereur, et sortit de l'arène suivi des quatre autres vainqueurs. Ni lui, ni ses amis, ne prirent la peine de suivre une nouvelle fois du regards les esclaves de l'arènes, refusant d'élargir d'autant plus leur colère.
Ils traversèrent l'Hypogée, puis montèrent un ensemble de marches. Les cinq devaient se rendre dans le bureau du maître de cérémonie afin de récupérer leur récompense. Le bureau se trouvait proche de l'accès à la tribune royale, ainsi le long et large couloir était vide. Proche de leur destination, une personne leur barra la route cependant.
-Salutation gladiateurs. Félicitations pour votre victoire. Rome compte encore aujourd'hui de valeureux vainqueurs. Il est bien dommage qu'avec les années, le niveau ait autant baissé, mais vous n'en restez pas moins très impressionnant. L'homme devant eux avait les yeux d'un bleu brûlant. À la fois calculateur et mesquin, son regard exprimait un dédain et un orgueil volontairement visible. Ces cheveux, d'un rouge flamboyant, contrastaient parfaitement avec sa toge richement brodée. Il continua avec la même voix calme et sinistre : Le peuple romain sera ravi de vous revoir dans l'arène. Et puis, il n'y a rien de bien héroïque à gagner une seule et unique fois.
-Allons, allons, Todoroki, ne troublez pas de la sorte nos valeureux combattants. Ils doivent être éreintés et n'ont certainement plus la force de mener un énième combat.
La tension palpable qu'avait imposé Toya Todoroki disparut à l'instant même où la jeune femme ouvrit la bouche. Elle s'avançait d'un pas gracieux vers l'attroupement d'homme qui s'était tourné vers elle. On entendait uniquement le bruit de ses pas qui approchaient. Vêtue d'une longue robe blanche, et d'un châle couvrant son cou et son buste, elle affichait une expression posée et maitrisée. Un sourcil légèrement levé, et des cheveux corbeau coiffés impeccablement, les cinq gladiateurs en étaient certains : cette femme n'était pas n'importe qui.
-Voyons princesse, je n'ai aucunement l'intention de leur faire du mal. Le mot combat est très exagéré. L'Héritier au trône semblait avoir complètement oublié les cinq combattants et avait donné toute son attention à la jeune femme.
-Et nous savons tous les deux que cela est parfaitement faux. Vous excellez dans l'art de gagner un combat sans même brandir la moindre arme.
-Est-ce un compliment ?
-Si cela vous sied. Toya, imperceptiblement, serra la mâchoire sans se départir de son sourire sinistre. Elle poursuivit, indifférente au regard intense de l'homme : Dites-moi, vaillant gladiateurs, lequel d'entre vous a été le plus valeureux dans l'arène ? Cette question n'en était pas vraiment une, chacun d'entre eux savaient qui l'avait été. Malgré tout, quatre regards fixèrent Shoto, le désignant comme le plus compétent. Celui-ci continuait d'observait la jeune femme. Elle demanda : Quel est votre nom ?
Il n'hésita pas :
-Libra.
-Libra ? Eh bien… La jeune femme défit délicatement le châle blanc en soie qui ornait ses épaules et sa poitrine. Le geste gracieux hypnotisa tous les hommes autour d'elle. Ils ne ratèrent rien de ce spectacle que cette femme leur offrait. Le tissu tomba pour laisser apparaître sa nuque, puis son cou, terminant par son décolleté à la fois sage et provocateur. Et avec un sourire léger, elle tendit le tissu au bicolore : Tenez, en récompense de votre bravoure d'aujourd'hui.
Shoto réussit à peine à bouger et prit la fine soie entre ses doigts. Il demanda avec retenue :
-Et de qui ai-je l'honneur de recevoir ce présent ?
-Yaoyorozu. Momo Yaoyorozu.
Et après s'être présentée, elle passa près des gladiateurs. Se dirigeant vers la sortie du Colisée, elle répandit ainsi une traînée de parfum qui emplit les narines de chacun d'eux. Reprenant difficilement conscience, ils n'avaient même pas pu la suivre du regard. Sans leur prêter attention, Toya finit par s'en aller à son tour. Mais Shoto ne le remarqua même pas. Il fixait le morceau de tissu placé dans sa main, se demandant secrètement si la soie portait le même parfum exquis.
Il fut ramené à la réalité par le raclement de gorge de Katsuki. Celui-ci était furieux de s'être laissé distraire, et impatient, il bouscula le bicolore. Shoto plia le châle et se remit à marcher, bien décidé à recevoir sa récompense.
*…*
Les trois garçons attendaient impatiemment leur tour depuis bientôt une demi-heure. L'une des règles dans l'arène stipulait que tous les participants devaient se faire examiner par le médecin du Colisée. De simples écorchures sur les bras et les jambes, on entendait leurs soupires constants. Enfin, ils purent se faire examiner par le médecin qui était à l'étonnement des garçons, une femme.
-Faites au moins semblant de ne pas être étonnés, messieurs. Ce n'est pas parce que la majorité des gladiateurs sont des hommes que vous devez partir du principe que celui qui les soigne en est aussi un. Ça de fait, montrez-moi vos bras. Elle les examina et continua : Rien de grave, ce qui est particulièrement rare dans cette profession. Vous vous en sortez très bien. Vous me direz, vous êtes les élèves de Yagi et d'Aizawa donc ce n'est pas étonnant.
-Vous les connaissez ? Demanda Izuku, curieux.
-Bien sûr. J'ai soigné les plus grands gladiateurs de cette arène, et de tous, Eraser Head et All Might faisaient partie de mes préférés. Je ne sers presque à rien dans la majorité des cas, car la plupart des gladiateurs meurent au combat. Et même si à la génération d'All Might et d'Eraser Head j'avais énormément de travail, voire de jeunes insouciants avoir une seconde chance me remplissait le cœur. J'ai cru comprendre que vous suiviez leur pas, alors laissez-moi vous dire une chose. Tant que vous vous battez sans tuer, je vous soignerai toujours avec douceur et application.
Katsuki, Shoto et Izuku inclinèrent la tête en signe de remerciement. Puis la vieille dame appela : Ochaco, j'ai besoin de ton aide ici.
Le nom que le médecin prononça eut un effet sur Izuku qui chercha quelque chose du regard. Et en quelques seconde, une femme que les trois garçons connaissaient arriva. Lorsqu'elle les aperçut, un sourire immense apparut sur ses lèvres. Et avec un naturel troublant elle saisit des bandages et s'occupa d'Izuku. Le garçon, ignorant comment agir, balbutia des paroles incompréhensibles qui firent rire la jeune femme. Shoto et Katsuki, de leur côté, se moquèrent de leur ami, oubliant pendant quelques instants l'épuisement du combat.
De retour dans la demeure d'Aizawa, les trois garçons trouvèrent difficilement le sommeil. Confrontés à de nombreuses interrogations, se demandant quoi faire et comment, aucune solution ne s'était présentée à eux. Rongés un peu plus chaque jour par des vérités qu'ils jugeaient inaccessibles, l'arène qui dans leur rêve représentait leur salut, n'était aujourd'hui qu'une énième déception. Le goût insipide dans leur bouche ne résultait que d'une colère ardente. Vide de tout autre émotion, une clairvoyance germait à petit pas dans leur esprit, qui inconsciemment les mènerait sur la voie qu'ils recherchaient tant.
