Chapitre 7

Un silence pesant s'était installé entre les trois amis venus d'un petit village près de Naples. Ils ne prenaient plus le temps de discuter, et préféraient s'isoler. Les seuls moments où on pouvait les voir échanger étaient lorsqu'ils se retrouvaient chez Les frères. Mais même dans ce lieu riche en rire, ils ne pouvaient camoufler leur humeur maussade. Yagi soupçonnait qu'il existait des non-dits entre eux. Que leur indécision sur le chemin à prendre était dû à ce qu'ils se devaient entre eux. Vengeance. Renommée. Aujourd'hui, ces mots ne leur provoquaient plus aucune émotion. Le plus distrait était sans doute Izuku qui disparaissait souvent pendant plusieurs heures, sans que les deux autres ne sachent où il se rendait.

Voilà trois mois qu'ils étaient arrivés à Rome. Ils avaient gagné la première session à laquelle ils avaient participé, et étaient très bien partis pour gagner la suivante. En effet, après s'être qualifiés pour les combats de quarante combattants, Izuku, Shoto et Katsuki assuraient la finale de leur deuxième mois en tant que gladiateur. Et avec la même indifférence portée au public, ils finirent dans les cinq vainqueurs. Nullement intéressés par le banquet organisé en leur honneur, les garçons quittèrent immédiatement le Colisée. Et ignorant volontairement la nausée qui retournait leur estomac, ils saluèrent leurs mentors et amis qui avaient assisté à leur combat. Ils se laissèrent guider à travers la ville, jusqu'au commerce qu'ils connaissaient tant.

En entrant, une vague de cris et d'acclamations retentit. Les frères avaient invité un grand nombre de personnes pour célébrer leur deuxième victoire. Et à leur grand soulagement, les invités étaient constitués de personnes que les trois garçons avaient déjà rencontrées dans ce même endroit. Malgré la fatigue, et pour remercier leurs amis, ils saluèrent tous ceux venus les féliciter pour leur victoire. Éparpillés dans l'immensité du commerce, tous avaient trouvé un partenaire de discussions adéquat. Ainsi, on trouvait au rez-de-chaussée Izuku en compagnie de Denki qui échangeaient avec un noble venu tout droit du lointain pays de Gaule, un dénommé Yuga Aoyama. Katsuki, Eijiro et Mina faisaient une dégustation de vins que la jeune femme avait spécialement amené pour l'occasion. De son côté, Shoto avait pris les escaliers menant aux étages supérieurs du bâtiment. Il fut impressionné par la diversité de son architecture. Chaque étage contenait un nouveau style mélangeant des cultures à la fois célèbres et méconnues. Et c'est arrivé au dernier étage, alors qu'il s'attardait sur les lumières entreposées aux murs, qu'il remarqua une personne accoudée sur le balcon. L'homme faisait cavalier seul, se démarquant du reste des convives. Le bicolore décida de le rejoindre, afin de profiter de l'air frais du soir.

-Bonsoir, je ne vous dérange pas ?

L'homme détourna les yeux de la ville et porta son attention sur Shoto. Il ne lui fallut que quelques secondes pour répondre :

-Bonsoir, bien sûr que non voyons. Je ne peux empêcher qui que ce soit de profiter de cette vue incroyable. Shoto se contenta d'hocher la tête. L'homme blond demanda ensuite : Je vous ai vu dans l'arène, vous êtes .

-En effet. Mais je n'ai jamais eu la chance de vous rencontrer.

-Keigo Takami, c'est un honneur. Le bicolore serra sa main en camouflant sa surprise. Mais Keigo remarqua le mouvement imperceptible de son visage et poursuivit : Cela fait vraiment plaisir de voir que de jeunes gladiateurs choisissent de ne pas tuer. Vous m'avez rempli le cœur, vous et vos amis. Malheureusement, durant tout mon temps dans l'arène je n'avais jamais rencontré de confrères comme vous.

-Vous êtes bien Hawks alors ?

-Je préfère qu'on me nomme par mon prénom, Keigo est largement suffisant.

-Pardonnez-moi.

Keigo sourit :

-Il n'y a rien à pardonner. Alors, vous êtes à Rome depuis longtemps ?

-Nous sommes arrivés il y a trois mois environ, répondit le nouveau gladiateur.

-Eh bien, vous êtes impressionnant. Se familiariser si vite avec l'environnement n'a pas dû être aisé. Mais cela démontre simplement que vous travaillez consciencieusement, il n'y pas plus honorable.

Shoto fronça les sourcils :

-Pardonnez-moi d'être si étonné, vous semblez si serein, même après autant de temps passé dans l'arène. Je n'arrive pas à concevoir que des gens dans notre profession puissent arborer le même sourire que vous.

Hawks observa le garçon avec attention. Son expérience dans le Colisée le laissa suggérer que Shoto se trouvait dans un trouble qu'il avait lui-même vécu. Il prit une inspiration et déclara :

-Et maintenant c'est moi qui suis étonné. Vous devez probablement savoir d'où je suis parti. Ça n'a jamais rien eu de simple, pourtant, par mes efforts, j'ai acheté ma liberté. Et, il n'y a rien de plus merveilleux qu'être libre. Mais les personnes dans ma condition, qui ont débuté en bas de l'échelle, partent avec un avantage. Voyez, de là où nous sommes parties, il n'y a rien de pire que d'être traité comme si nous n'étions pas humains. Je pense alors qu'il est plus simple de relativiser de la bonne manière.

Songeur, Shoto serra la mâchoire. Beaucoup de choses entravaient son esprit et plus rien ne l'aidait à relativiser.

-Je suis désolé, je n'y arrive pas. Je ne suis pas comme vous. Je suis faible.

-Faible ? Parce qu'il faut être fort pour avoir le sourire ? Regardez en bas. Le bicolore osa enfin poser un regard sur la ville. Il suivit l'endroit que lui indiquait Keigo. L'entrée du commerce Les frères étaient constamment ouverte. De nombreuses personnes s'y rassemblaient en discutant et buvant. Ce soir-là ne faisait pas exception, et Shoto vit clairement la joie simple de se trouver en ce lieu sur les visages des clients. Et c'est sans lever les yeux qu'il entendit le gladiateur connu sous le nom de Hawks poursuivre : Beaucoup d'entre eux sont ici car des êtres exceptionnels sont apparus dans leur vie. Des personnes, comme vous et moi, d'un rang haut ou bas de ce monde, qui ont agi de la meilleure manière qui soit. Et je ne peux que tenir ces gens en haute estime, parce que malgré leur petit nombre, ils traitent autrui comme des êtres humains. Esclaves, gladiateurs, commerçants, Nobles, ils ne jugent que l'humain et comment il se comporte. Et il a suffi que je sois témoin d'une seule de leurs actions pour me rendre compte que le monde n'était pas si noir.

-Pourquoi me dites-vous tout cela ?

-Parce que ce n'est pas en ayant vu le pire de Rome que vous pouvez librement la juger. Pour être totalement impartial, vous devez aussi voir le meilleur. Ne pas tuer dans l'arène n'est qu'un début dans le long chemin de bien que certains essayent d'imposer. Moi-même, qui ai grandi ici, je ne suis qu'au début. Faites de votre mieux , mais ne fermez pas votre esprit si facilement. Maintenant, veuillez m'excuser, quelqu'un m'attend et j'ai déjà pris beaucoup de retard.

Keigo se détourna du bicolore qui fronçait les sourcils, le regard sur la ville. Mais il se tourna brusquement en entendant une voix familière : celle de sa mère.

-Keigo, vous voilà. Je vous cherche depuis un moment…

-Toutes mes excuses, très chère, je me suis fait un ami et je n'ai plus vu le temps passer. J'allais justement à votre recherche. Hawks s'était mis à sourire en la voyant, mais son sourire diminua lorsqu'il remarqua le comportement peu commun des deux qui l'entouraient. Ils se fixaient sans qu'aucun mot ne sorte de leur bouche. Mais la jeune femme reprit ses esprits et avec un doux sourire reporta son attention sur Keigo.

-Mon ami, pourriez-vous m'accorder quelques minutes avec cet homme ? C'est une connaissance de très longue date, que je n'avais pas vu depuis très, très longtemps.

Il n'hésita même pas une seconde :

-Bien sûr. Je vous attends en bas.

La jeune femme lui sourit, et attendit qu'il soit assez loin pour poser son regard sur Shoto. Celui-ci avait arrêté de respirer. La femme qui se trouvait devant lui ressemblait trait pour trait à sa mère. De sa voix, à la couleur de ses cheveux. Il n'arrivait pas à reprendre ses esprits et presque suppliant il demanda :

-Qui… Qui êtes-vous ?

-Alors c'est bien toi. Shoto ! La jeune femme se précipita vers lui et l'enlaça avec force. Lui ne bougea pas, paralysé de surprises et d'incompréhension. Il sentit des tremblements et comprit qu'elle s'était mise à pleurer. Et entre deux sanglots, il l'entendit dire : Je n'arrive pas à croire que tu sois ici. Cela fait si longtemps que nous espérions un signe de vous. Elle se détacha de lui, et après avoir séché ses larmes, elle demanda : Pourquoi ne pas nous avoir prévenu que vous étiez revenus ? Où est mère ?

Ignorant volontairement la question, il demanda à son tour :

-Comment m'as-tu reconnu ?

-De la même manière que toi. Nous lui ressemblons tous.

-Si toi tu as pu me reconnaitre, père, Toya et Natsuo le feront aussi.

-Ne t'en fait pas pour cela. Natsuo et moi sommes restés volontairement dans l'ombre. Pour ce qui est de père et de Toya, eux au contraire sont restés volontairement dans la lumière. Aveuglés par leur propre grandeur, ils ne sont pas capables de reconnaître quelqu'un de leur propre sang.

Elle souriait avec émotion, et son regard bienveillant était semblable à celui de sa mère. Shoto n'avait jamais été si triste et si heureux à la fois. Voir sa sœur avait eu un effet particulier sur lui, mais il ne pouvait s'attarder sur ce sentiment en cet instant. Il devait le lui dire. Mais aucun mot ne voulait sortir. Alors il fit ce que son instinct lui dictait : il la prit dans ses bras.

Ces tristes retrouvailles durèrent un long moment en plein silence. Fuyumi ne s'était pas remise à pleurer, mais Shoto savait très bien que la douleur était aussi vive pour lui que pour elle.

-Je suis désolé. Elle est décédée il y a un peu plus de trois mois. J'ai appris la vérité sur son lit de mort.

-Et tu es venu ici !? Elle se détacha une seconde fois de lui, mais cette fois-ci son expression était sérieuse. Si tu connais la vérité, pourquoi es-tu revenu ? Etrangement, Shoto ne put s'empêcher de détourner le regard, de peur qu'elle sonde son esprit. Mais même sans cela, elle le comprit très bien : Shoto, ne me dis pas que tu es venu ici pour venger notre mère.

-Je suis venu ici pour anéantir la moisissure de Rome.

L'unique fille Todoroki s'était métamorphosée. Toutes ses larmes avaient séché, et à la place, Shoto fut témoin de son imposante aura.

-Alors tu vas vraiment négliger tous les efforts que notre mère a fait ? Elle a vécu cette vie pour que tu gâches tout simplement ce pourquoi elle s'est battue. Si tu crois que tu as le pouvoir de changer quoi que ce soit, je t'arrête tout de suite. Tu n'es pas un homme Shoto, tu es un enfant.

Le garçon ne réagit pas à cette réplique tranchante. Il comprenait le ressenti de sa sœur, mais il avait depuis longtemps pris sa décision.

-Fuyumi, je te comprends. Si nos places avaient été échangées, je sais que je t'aurais dit la même chose. Mais ce que je sais aussi, c'est que toi tu m'aurais dit la même chose que moi. Tu n'étais pas là. Le soir où elle est morte. Tu n'as pas vu ce que j'ai vu. Même sur son lit de mort, elle ne s'est pas libérée de ses regrets. Elle nous a quittés, persuadée d'avoir été une mauvaise mère. Répétant avec souffrance le nom de ses enfants qu'elle avait abandonné et qu'elle n'a pu revoir une dernière fois. Notre père a brisé sa vie. L'astreignant à choisir entre les choses qu'elle aimait le plus au monde. Quel homme serais-je, si je ne restaurais pas cette injustice qu'elle a subi ? Je sais que tu me désapprouves. Elle l'aurait aussi fait. Mais, s'il y a une chose que mère ne m'a pas enseigné c'est la lâcheté.

Fuyumi eut un sourire amer. Elle déposa une main sur sa joue et déclara :

-Natsuo et moi t'avons remarqué lors de ton premier combat, tu sais. On se doutait que si tu étais ici c'est que mère devait être morte. Mais nous avons patienté avant de te confronter. Si jamais père ou Toya apprenaient que tu es en vie, je ne sais pas ce qu'ils feraient. Mais quoi qu'il arrive je savais qu'essayer de te convaincre était inutile. Tu es le fils de Rei Todoroki, et notre frère, le sort en était jeté depuis longtemps. Alors voilà mes derniers mots pour ce soir Shoto. Fais ce que tu as à faire, Natsuo et moi serons toujours là pour toi. Mais je t'en prie, fais-le de la bonne manière. Ne salis pas ton âme à cause de Lui.

Il hocha la tête et la salua de la main lorsqu'elle s'en alla. Shoto inspira longuement. Sa rencontre avec Hawks et ses retrouvailles avec sa sœur n'étaient pas de tout repos. Cette journée avait été assez longue pour qu'il s'attarde encore ici. Il décida alors de prévenir Izuku et Katsuki de son départ.

Le bicolore descendit les marches l'air pensif. Il pensait que le temps pourrait mettre de l'ordre dans sa tête, mais les derniers évènements prouvaient bien le contraire. Il inspecta le rez-de-chaussée et son attention fut portée sur un rassemblement d'une dizaine de personnes, qui discutaient gaiement entre eux. Il reconnut Les frères accompagnés de ses amis d'enfance. En s'approchant, il remarqua Mina Ashido, la vigneronne et fiancée d'Eijiro. Il vit aussi la suivante grecque pour qui il témoignait un grand respect. Et enfin, une personne qu'il n'avait vue qu'une fois, et qui lui avait offert un châle en soie, Momo Yaoyorozu.

-Libra, tu es enfin parmi nous ! Nous n'attendions que toi ! Eijiro levait les bras vers lui, mais même son grand enthousiasme ne pouvait détourner les autres de leurs conversations. C'est pourquoi, excepté lui, personne ne le remarqua.

Shoto lui sourit en signe de reconnaissance. En effet, le bicolore avait demandé aux commerçants et à Mina de l'appeler par son nom de famille en présence de nouvelles têtes. Et il fut heureux que le roux ne l'ait pas oublié.

-Désolé de mon retard. Mais j'ai bien peur de devoir vous quitter. Il se fait tard, et la journée fut loin d'être de tout repos. Je suis venu prévenir Izuku et Katsuki.

Eijiro fit la moue, déçu qu'il parte si tôt. Mais comprenant sa fatigue, il se tourna vers le groupe et lui fit signe de le suivre.

-Mes amis, désolé d'interrompre ainsi vos conversations, mais j'ai un message important pour nos gagnants d'aujourd'hui. voudrait se reposer, il vous prévient donc de son départ.

Toutes les têtes se tournèrent vers lui, et nullement impressionné, il les regarda un à un. Il inclina la tête pour les saluer, et gratifia Jiro, la suivante grecque, d'un petit sourire. Mais un regard en particulier attira le sien. La Noble qu'il avait rencontré près de la tribune royale. Elle le regardait étrangement, comme si elle s'efforçait de sonder son âme. Et pendant un instant, il eut peur qu'elle réussisse. Cependant, Katsuki et Izuku se démarquèrent du groupe, et le blond déclara :

-C'est une excellente idée que tu as eue là S. Je suis éreinté, et il aurait fallu me porter jusqu'à mon lit.

-Nous allons vous quitter aussi mes amis. Merci pour ce soir, j'espère que nous pourrons nous retrouver tous encore une fois.

-Bien évidemment ! Ce n'est que vos débuts après tout. Je suis persuadé qu'il existera des tas de soirées comme celle-ci. Denki souriait et regardait Jiro avec amusement. Elle lui rendit son sourire, puis salua avec les autres les gladiateurs.

Les trois amis d'enfance marchaient en direction de la demeure d'Aizawa dans un silence reposant. Ils ne pensaient qu'à une chose : dormir. Ils étaient chacun espacés de quelques mètres, Katsuki en tête de file, et Izuku fermant la marche. Mais Shoto sentit qu'Izuku s'était arrêté, celui-ci observait le ciel, le visage fatigué. Katsuki finit par rétorquer :

-Vous traînez. Je vous préviens, je vais rentrer sans vous.

-Je crois que je vais devenir soldat.

Katsuki s'arrêta en entendant la phrase d'Izuku. Il se tourna complètement et croisa le regard de Shoto. Lorsqu'ils reportèrent leur attention vers Izuku, celui-ci était très sérieux et les regarda à son tour.

-Qu'est-ce que tu marmonnes ? Je n'ai pas le temps pour gérer un Izuku pompette.

-Je suis très sérieux Katsuki. Devenir gladiateur, ça n'est plus suffisant pour moi.

-Que veux-tu dire Izuku ? Demanda Shoto.

-Vous avez vu comme moi ce qui se passe autour de nous. Je n'arrive même plus à apprécier d'être ici avec vous. En vérité, depuis quelques jours je n'ai que cette idée en tête. Un soldat romain a le pouvoir de changer les choses. C'est pourquoi je vais en devenir un.

Et à sa grande surprise, Katsuki se mit à rire. Mais son fou rire n'avait rien avoir avec l'excellent vin de Mina, qu'il avait partagé avec Eijiro.

-Mais c'est que notre petit Izuku devient grand. Qu'est-ce qui te prends ? Tu oublies vite ton rêve de devenir gladiateur. Sauf si bien sûr, cela n'a jamais été réellement ton rêve.

-Les choses vont au-delà de ça Katsuki. Les rêves n'ont pas leur place à Rome…

Izuku n'eut pas le temps de finir, et se fit agripper par le blond qui avait traversé les quelques mètres entre eux avec une rapidité étonnante :

-Arrête tout de suite tes bêtises ! Il envoya Izuku au sol, puis serra les poings et la mâchoire.

Mais Shoto s'interposa entre les deux et cria :

-Mais que t'arrive-t-il !? Tu as perdu l'esprit !?

Cependant Katsuki ne l'écouta pas et s'adressa toujours à Izuku :

-Alors tu es si faible que cela, Izuku ! Tu as vu trois esclaves et un bordel et ça a suffi à te rendre fou ! Katsuki l'avait dit. Ce qui les maintenait sous silence depuis plusieurs jours venait d'être évoqué, et plus rien ne pouvait empêcher cette conversation d'avoir lieu.

-Trois esclaves !? Je ne crois pas une seconde que tu restes complètement insensible à ce qu'il se passe ! Katsuki, on était des enfants qui ignoraient tout de l'injustice du monde. Et maintenant qu'on n'y est confronté, je ne peux continuer à ignorer l'inévitable. Je ne suis personne aujourd'hui. J'ai à peine gagné deux combats dans l'arène. Mais si je travaille et que je deviens soldat, un beau jour j'aurai la force nécessaire pour changer les choses.

-Ne prétends pas une seconde me connaître. Tu as fait tes propres choix Izuku, sans nous consulter. Et je pari une montagne d'or que c'est dû à la fille de l'arène. C'est elle que tu vas voir en secret ? Je me trompe ? Son ami ne répondit pas. Il sourit : Si tu ne prends même plus la peine de nous informer de tes décisions, je crois que dorénavant je n'ai plus rien à redire sur eux.

Le blond s'en alla sans un regard en arrière. Il pressait le pas, n'attendant pas ses amis pour rentrer. Les deux autres le regardèrent partir en silence. Puis Shoto se tourna et tendit la main à Izuku pour l'aider à se relever. Ils ne rajoutèrent plus rien, et rentrèrent ensemble, épuisés.