Bonjour, Bonsoir ! Bonne année à tous ! Pour célébrer ça, je vais poster deux chapitres aujourd'hui. Éclatez-vous et bonne lecture !
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Chapitre 11
La finale de cette session allait bientôt commencer. Il ne restait qu'une heure avant le rassemblement des gladiateurs au centre du Colisée. Mais alors que vingt-neuf combattants attendaient dans l'Hypogée, un seul se trouvait dans l'infirmerie. Le médecin principal, connu sous le nom de Recovery Girl, s'était éclipsé, alors que son assistante faisait face au gladiateur manquant.
-Je suis désolé de venir vous voir si tard. Mais l'armée ne me laisse aucun répit, et je ne voulais pas qu'on découvre mes venues ici.
Ochaco souriait de toutes ses dents à Izuku qui avait une expression gênée. La jeune femme le rassura alors :
-Ce n'est rien Monsieur Izuku, je suis déjà suffisamment reconnaissante d'avoir l'honneur de recevoir vos visites.
Le gladiateur fronça les sourcils :
-Ne prenez pas mes visites comme un honneur. Je suis plus qu'heureux de vous voir. En vérité, c'est à vos côtés que je me sens le plus heureux.
Ils se regardèrent de longues secondes en souriant. Il lui prit la main, et les deux s'assirent en discutant. Izuku lui expliqua tout ce qu'elle avait manqué ces dernières semaines. Et il insista particulièrement sur ses amis d'enfances qui l'avait rejoint dans l'armée.
-Vous avez donc avoué à vos amis pourquoi vous vous êtes engagé ?
-Oui. Ils savent à quel stade est notre relation. J'avais peur qu'il me trouve trop égoïste de vouloir me battre contre un empire entier, pour simplement pouvoir vous épouser.
Elle détourna le regard, et demanda :
-Êtes-vous vraiment obligé de vous mettre en danger et d'aller aussi loin ? Je ne vaux pas votre vie.
Le garçon lui prit les deux mains, et parla avec conviction :
-Je ferai de vous une femme libre. Et si vous voulez de moi, je deviendrai le meilleur époux possible. Alors ne croyez pas une seconde que votre vie ne vaut pas la mienne. Ochaco, vous m'avez donné tant d'espoir, et tant de volonté que rien d'autre, à part vous, ne pourra me détourner de cette voie. Et vous m'avez aussi montré que vous libérer vous ne sera jamais suffisant. Je ne veux plus voir personne dans la crainte de se voir un jour devenir esclave. Encore moins tolérer le fait que des enfants le deviendront par naissance. Je suis né libre, c'est alors à moi d'étendre cette chance que j'ai eu. Ne craigniez rien, je ne suis pas seul. Des hommes forts, que j'admire et estime, éprouvent pareille ambition. L'injustice n'a que trop duré. Vous ne l'avez que trop endurée. Alors appuyez-vous sur moi, et patientez, car un beau jour, le monde pourra vous appeler Ochaco Midoriya. Femme libre.
La jeune esclave sourit d'autant plus. Et avant de voir partir le gladiateur, elle lui serra les mains, lui octroyant de son mieux, le courage dont il avait besoin.
*…*
Dans l'Hypogée, alors qu'Izuku était allé voir secrètement sa dulcinée, Shoto et Katsuki attendaient son retour et le début du combat, près d'un des piliers de l'immense salle. Et alors qu'ils discutaient de tout et de rien, un autre gladiateur vint se joindre à eux. Katsuki se tendit un peu, à l'inverse de Shoto qui se mit à sourire.
-Les rumeurs disaient vrai, vous avez bien concouru lors de cette session, Hawks.
Le plus fort des gladiateurs salua le bicolore d'une poignée de main, et fit de même avec Katsuki.
-Je voulais vous faire la surprise. Depuis notre rencontre, je rêve de vous affronter dans l'arène. J'ai donc cédé à ce petit caprice. Et puis, c'était aussi l'occasion de participer à ce qui n'arrive que très rarement.
Le ton énigmatique de Keigo interrogea les deux amis d'enfance qui ignoraient de quoi il parlait. Mais la réponse à cette curiosité vint instantanément. Et alors qu'Izuku arrivait d'un côté de la salle, il eut un rassemblement d'un autre. Ils ne pouvaient rien voir de là où ils étaient, c'est pourquoi ils attendirent que la voie soit libre. Les quatre gladiateurs, dont Izuku qui les avait rejoints, purent apercevoir quatre individus. Parmi eux, trois femmes et un homme qui arboraient des sourires bienveillants. Ils saluaient les combattants de l'arène avec respect, et serrèrent, sans hésitation, toutes les mains tendues vers eux. Shoto les reconnut tous instantanément, alors que ses deux amis n'en connaissaient que deux. Ils entendirent Hawks dire :
Vous souvenez-vous, , de notre conversation de la dernière fois ? Lorsque je vous disais qu'il existait des êtres à Rome qui traitaient autrui comme l'un des leurs. Qu'il m'eût suffi d'être témoin d'une seule de leur bonne action pour comprendre que le monde n'était pas aussi noir que je le croyais. Eh bien, c'est de ces gens dont je faisais mention. Principalement aux enfants de l'Empereur, Fuyumi et Natsuo Todoroki. Il me semble, soit dit en passant, que vous connaissez bien Dame Fuyumi. Pour ce qui est de celles qui les accompagnent, je crois que vous devez aussi les connaître. Dame Yaoyorozu et sa suivante Mademoiselle Jiro. Ils sont les uniques Nobles de cette ville à faire l'effort de venir saluer les gladiateurs. Les autres viennent évaluer la marchandise et se décider sur qui ils placeront leurs investissements. Je suis fier de voir qu'il existe des Nobles tel qu'eux dans notre gouvernement. Surtout Dame Yaoyorozu, qui en plus de son charme et de sa beauté naturelle, peut compter sur une intelligence admirable. Une érudite comme nous n'en voyons peu et qui deviendra Impératrice. Le savoir me rend à la fois heureux et triste. Car, alors qu'avoir cette Dame comme Impératrice comblera ce monde cruel, je ne peux que la plaindre pour l'homme qu'elle devra épouser. Un gâchis tel que la mélancolie ne peut que m'étreindre.
Shoto n'avait pas perdu un mot de Keigo. Il avait écouté attentivement, tout en observant les Nobles dont il recevait l'éloge. Mais alors qu'il allait répondre à son interlocuteur, les quatre Nobles arrivèrent vers eux et le silence s'installa.
Le bicolore était maintenant confronté à deux de ses aînés, dont l'un qu'il n'avait jamais vu. Natsuo avait des traits très masculin comparé à Toya. Pourtant, le calme et la gentillesse émanaient de lui, comme la froideur et la mesquinerie émanaient de l'Héritier Todoroki. Ses frères aînés étaient opposés en tout point, et c'est en retenant l'élan de bonheur qui le submergeait, qu'il tendit sa main vers son frère. Celui-ci était resté paralysé à sa vue, et mit un temps avant de se reprendre. Mais lorsque cela fut le cas, Shoto vit limpidement que Natsuo avait hérité, à l'instar de sa sœur, d'un contrôle sur ses émotions presque parfait. Leur poignée de main durait plus longtemps que la normale, et c'est le benjamin de la famille Impériale qui coupa leur échange de regard. Il s'attarda aussitôt sur sa sœur, qui lui sourit légèrement. Mais cette atmosphère, que la fratrie partageait en secret, fut interrompue par le raclement de gorge de Kyoka. Et en faisant plus attention aux alentours, les trois remarquèrent les regards interrogateurs des témoins de la scène. C'est avec une agilité étonnante que chacun des Todoroki placèrent leur attention sur quelqu'un d'autre. Natsuo se retrouva en face de Katsuki et Izuku, les seuls ayant compris la situation. Fuyumi, elle, inclina la tête en direction de Keigo qui lui sourit avec sincérité. De son côté, Shoto se trouva en face à face avec la Noble grecque qui n'avait rien perdu de son air espiègle.
-Nous étions simplement venus vous encourager, mais je ne m'attendais pas à paraître aussi invisible à vos yeux. Il existe donc des Nobles qui ne provoquent pas la colère chez vous ? Je dirais même, qui vous inspire de l'admiration.
Shoto n'hésita pas une seconde. Il s'était préparé à se retrouver dans cette situation. Principalement depuis qu'il avait rencontré la jeune femme :
-Ne vous méprenez pas. Je ne veux pas être injuste dans mes considérations. J'ai vu de mes propres yeux que vous quatre faisiez l'effort de venir saluer d'humbles gladiateurs tels que nous. Ce qui est clair, c'est que cela force considérablement l'estime.
-Vous m'estimez donc ?
Cette fois-ci il hésita, mais il ne voulait pas la laisser gagner par la vitesse de ses répliques :
-Je pensais que vous en aviez déjà conscience. Comme quoi, certaines choses vous échappent.
-Il y a une différence entre le savoir et vous l'entendre le dire.
Zut. Elle l'avait eu. Mais alors qu'il allait rétorquer, on entendit un second raclement de gorge. Les deux tournèrent la tête vers la suivante qui respirait la perspicacité. Mais la chance était de leur côté cette fois-ci, et la salle porta son attention vers le maître de cérémonie, Tomura Shigaraki, qui annonçait le début du combat. Les gladiateurs saluèrent leurs visiteurs, puis suivirent la ligne de combattants se dirigeant vers le centre du Colisée.
*…*
Le début du combat se fit lorsque les Nobles, qui s'étaient éclipsés, reprirent places dans la tribune Royale. Ils ignorèrent volontairement le regard moqueur de l'Héritier et se concentrèrent vers les gladiateurs prêts.
Les combats finaux étaient toujours très impressionnants à voir. Les gladiateurs présents laissaient place à une réelle stratégie de combat, et à une technique efficace et attrayante. Mais cette fois-ci, en plus de toutes les autres, les trois favoris, ainsi que le gladiateur le plus fort, combattaient en ce jour dans la même arène. L'écart de niveau se voyait à l'œil nu, et ce n'est que lorsqu'ils se retrouvèrent à s'affronter entre eux que l'attention du Colisée fut pleinement saisie. Un sourire sur leur visage, et l'intérêt de tous porté sur eux, Keigo Takami, autrement appelé Hawks, se trouvait en face de nul autre que . Ses deux amis lui avaient laissé la place, à sa demande soudaine. Hawks avait accepté le défi avec joie et il jura de ne pas mesurer ses coups, à l'immense reconnaissance de son cadet.
Katsuki chargea le premier avec une vitesse dont il n'avait encore jamais fait preuve. Mais nullement troublé par ce changement de rythme, Hawks esquiva avec son agilité habituelle. Celui-ci était sur ces gardes, ne sous-estimant pas une seconde son adversaire. Leurs glaives s'entrechoquèrent avec force, et des tribunes l'échange entre les deux hommes était égal. Mais cette illusion, avec Katsuki comme instigateur, n'était que la preuve de la ténacité du blond, qui ne s'imposait aucun ralentissement malgré les dégâts que lui infligeait son adversaire. Ses blessures, non mortelles, lui provoquaient pourtant une douleur extrême. Hawks en était parfaitement conscient, au même titre que Shoto et Izuku qui semblaient retarder leur propre combat. L'attention n'était tournée que vers Katsuki qui démontrait aux yeux de tous sa force, sa volonté, et une chose que personne n'aurait pu nommer. Le combat durait et pourtant le rythme n'avait pas ralenti. Cette prouesse physique impressionna Hawks qui, pour la première fois de sa vie, voulut vaincre par rivalité, par une simple volonté égoïste.
Les deux se paralysèrent soudainement lorsqu'ils entendirent une voix lointaine, prononcer la fin du combat. Ils regardèrent autour d'eux et virent qu'il ne restait que cinq gladiateurs des trente du début. Et ce n'est que totalement conscient de la fin du combat, que Katsuki s'effondra au sol. Plus personne ne respirait, toujours sous le choc du précédent combat. Mais un sursaut les prit tous, lorsque l'homme qui s'était effondré un peu plus tôt cria à plein poumon. Un simple cri, qui pourtant en disait long : « Ma place est ici ! Attendez tous, et je la réclamerai de droit ! ». Le message passa limpidement, ce qui fit sourire ses amis d'enfance. Et alors il se passa quelque chose d'étrange. Hawks, le gladiateur le plus fort de cette génération, se mit à applaudir. Il salua de ce geste la ténacité de Katsuki et reconnut sa force aux yeux de tous. Il ne suffit au public que quelques instants pour le suivre. Ce n'était pas des acclamations, simplement des applaudissements puissants. Et ce fut avec la satisfaction d'avoir conquis l'arène pour la première fois, qu'un sourire s'afficha sur le visage de Katsuki Bakugo.
*…*
Hawks avait insisté pour amener Katsuki à l'infirmerie. C'est pourquoi, Shoto se retrouvait seul en direction du bureau du maître de cérémonie pour récupérer sa récompense, ainsi que celle de ses amis. Izuku voulait passer par l'infirmerie lui aussi, et le cinquième vainqueur avait déjà récupéré sa propre récompense un peu plus tôt. Le bicolore souriait au souvenir de la satisfaction du visage de son ami blond. Il semblait s'être libéré de chaînes qui l'entravaient depuis leur arrivée, et ce combat lui avait comme apporté la clef. Le cours de ses pensées fut coupé par la présence de Momo Yaoyorozu :
-Encore une victoire aujourd'hui. Vous vous en sortez mieux que je ne le pensais.
-Mes autres combats ne vous avez toujours pas convaincus ? Le ton de Shoto était à la fois amusé et curieux.
-Oh, vous savez, la chance peut se succéder deux ou trois fois. Vous êtes à votre quatrième, je suis donc maintenant convaincue.
-La chance ? Aucun homme entrant dans l'arène n'est loué par la chance. Contrairement à vous autres, le travail est seul responsable de notre renommée, princesse.
La réplique de Shoto n'était qu'une tentative de sa part de la provoquer. Elle le savait. Pourtant, la jeune femme perdit son sourire tout en se plongeant dans une profonde réflexion. Le bicolore eut même peur de l'avoir grandement offensé. Mais bientôt la peur fut remplacée par la panique lorsqu'elle dit dans un murmure :
-C'est votre frère ? N'est-ce pas ?
Plus encore qu'à l'accoutumé, Shoto dû user de toutes ses forces pour ne pas réagir.
-De quoi parlez-vo…
Il n'eut pas le temps de finir qu'elle le coupa :
-J'ai toujours fait en sorte de ne pas chercher à savoir qui vous étiez. Je pouvais aisément deviner que vous ne deviez pas être n'importe qui pour vouloir vous en prendre à l'Empereur. Mais jamais, au grand jamais, je n'aurais pu deviner que vous étiez si affilié à cette famille. Et maintenant que j'en ai pris conscience, et que la vérité est exposée devant moi, je ne vois rien de plus sensé. . S pour Shoto. Vous êtes le benjamin de la famille Impériale.
Shoto l'observa inexpressif. Elle-même n'exprimait rien, et les deux semblaient avoir débuté un combat acharné. Mais sans aucune possibilité de fuite, le garçon abdiqua, et sans relâcher son regard du sien, il demanda :
-Qu'est-ce qui m'a trahi ?
La confirmation si honnête de son interlocuteur la déstabilisa, mais elle se reprit rapidement :
-La réflexion en elle-même est plutôt simple. Aucun homme saint d'esprit irait s'attaquer ouvertement à l'Empereur. Pour commencer, Enji Todoroki ne se préoccupe pas de choses qui ne le concerne pas directement. Toya est plus provocateur et c'est souvent lui l'instigateur du désir de vengeance. Or, vous n'avez cure de votre frère. Seul votre père vous intéresse. La déduction allant toute seule, il est évident que la raison est purement personnelle. Et connaissant le caractère de l'Empereur, il n'y a rien de plus personnel que la famille. Votre physique participe aussi à cette déduction. Je n'ai jamais connu la Reine Rei, mais il est aisé de savoir à quoi elle ressemblait. Il n'y qu'à voir Dame Fuyumi et Monsieur Natsuo. Ce qui nous ramène à vous et à la bicolorité de vos cheveux. Aucun doute ne subsiste avec cette simple constatation, additionnée à votre réaction d'il y a quelques heures, lors de votre confrontation avec vos aînés. En étant suffisamment attentif, une affection et un lien fort étaient déjà créés entre vous, alors que votre rencontre se faisait à ce moment même. Je terminerai avec une seule chose. La chose qui m'a complètement convaincue, et qui me met le plus mal à l'aise dans toute cette affaire. Quelque chose en vous m'a rappelé Toya. Entendez-moi bien, vous n'êtes rien comme lui, mais… Veuillez-me pardonner.
Elle détourna le regard de peur d'être allée trop loin. Mais pas le moins du monde offensé, Shoto finit par déclarer :
-Vous êtes une femme intelligente. Et sûr de moi, je vous ai sous-estimée. C'est à moi de m'excuser. J'ai cru comprendre que vous n'entreteniez pas une bonne relation avec Toya. Je ne peux m'excuser pour lui, mais sachez que je m'efforce à devenir l'exact opposé de ce qu'il représente. Quant à toute cette affaire, je ne vois aucun problème à savoir que vous faites partie du petit comité dans la confidence. Mais comprenez-moi bien, rien de ce que vous ferez ne m'empêchera d'atteindre mon but.
-Je le sais. Nous sommes donc d'accord sur le fait que me mettre moi, dans la confidence est plus risqué que n'importe qui d'autre.
La jeune femme avait repris toute son assurance, dans une telle mesure que Shoto en aurait reculé.
-Cela dépend. Envisagez-vous d'en faire part à quelqu'un d'autre ?
-Je ne sais pas.
Méfiant, il demanda en fronçant les sourcils :
-Que voulez-vous ?
-Toute l'histoire.
-Toute l'histoire ?
Elle s'approcha doucement de lui, d'un pas de félin :
-Oui. Je veux comprendre vos raisons. Je veux savoir dans quelle famille je suis destinée à entrer.
Momo s'arrêta après quelques pas. Shoto l'observa de longues secondes, et après avoir pris sa décision, il inclina la tête en signe de réponse.
