Chapitre 20
Lorsque Momo rentra dans sa demeure, après avoir assisté à un combat dans l'arène, elle vit la maisonnée sens dessus dessous, sans en connaître la raison. Les domestiques couraient de partout, alors qu'elle essayait de comprendre le pourquoi de cette agitation. Elle monta à l'étage et se dirigea de son pas gracieux vers sa chambre où le désordre s'était aussi répandu. La Dame vit sa suivante, les cheveux éparpillés, hésiter quant au choix d'une robe.
-Jiro, quels sont ces remue-ménages ?
-Oh, Dame Momo, vous êtes de retour ? Parfait, il ne manquait que quelques arrangements que je ne pouvais régler de moi-même. Le naturel de Kyoka n'aida en rien Momo à éclaircir la situation.
-Quelques arrangements ? Mais de quoi parles-tu ?
À ce même instant, fit son apparition. Il s'adressa à la suivante sans jeter un regard à la Dame :
-Mademoiselle Jiro, êtes-vous dans les temps ?
-Il ne manque pas grand-chose.
-Parfait.
Momo regarda à la suite son amie et son commandant avec un air de plus en plus perdu.
-Libra, de quoi s'agit-il ? Et puis, vous étiez censé être présent au Colisée.
Shoto posa enfin son regard hétérochrome sur la femme, qui se mordit la joue en voyant ses yeux malicieux.
-Je m'excuse de ne pas avoir été là, mais je devais faire toute la préparation.
-La préparation ? Grands dieux, de quoi parlez-vous ?
-Du voyage, bien sûr.
La Dame se tourna vers sa suivante pour avoir plus d'explications. Celle-ci rétorqua avec un sourire :
-Nous allons quitter Rome pour quelques temps. Le commandant Libra nous accompagnera.
Cette fois-ci elle se tourna vers Shoto qui poursuivit son explication :
-Votre père a demandé à ce que je sois du voyage. Il m'a expressément demandé de vous escorter.
-Tout cela est très honorable, mais où devons-nous nous rendre ?
Le bicolore fit un pas vers elle, et dit d'une voix douce et soucieuse :
-En Grèce.
Jamais encore une telle stupeur n'avait traversé le visage de Momo Yaoyorozu qui ne semblait plus respirer. La latence fit de plus en plus sourire les deux dans la confidence qui n'attendaient plus que la réaction de la Noble. Celle-ci chercha espoir du côté de sa suivante et amie, qui lui confirma les dires du commandant par un sourire. Et un rire ému s'échappa d'elle lorsqu'elle réalisa que toute cette histoire était une réalité immédiate. Oubliant tout code et pudeur, elle se jeta dans les bras de Kyoka qui ne put s'empêcher de rire plus longtemps. Les deux femmes s'étreignirent de longues secondes, jusqu'à ce que la femme se tourne vers la porte dans l'espoir de répandre sa joie jusqu'à l'homme qui lui avait annoncé cette incroyable nouvelle. Mais en se tournant complètement, elle ne vit personne. Il avait disparu.
*…*
La brise légère qui traversait ses cheveux lui provoquait un bonheur sans pareil. L'odeur du sel et le son des vagues confirmaient un peu plus qu'elle se dirigeait bien vers sa terre natale. La Grèce. Momo aimait puissamment son pays. Être éloignée de ses origines était semblable pour elle à une déchirure constante. Un vide sidéral vivait au quotidien en elle avec le manque qu'elle ressentait. Rome pouvait bien être la ville la plus belle et attrayante du monde, Athènes resterait à jamais la plus sublime de toutes les villes pour Momo. Son charme n'était vu nul par ailleurs, et son calme reposant apportait une paix atteinte par peu. La Dame n'était pas retournée dans sa nation depuis six années. Et c'est en regardant l'horizon de la mer qu'elle se rendit compte d'à quel point elle lui avait manqué. Elle avait passé le voyage sur le pont, à attendre patiemment le moment du débarquement. Il lui arrivait de jeter des coups d'œil au commandant de la cohorte grecque, qui s'attelait minutieusement au devoir qui l'incombait. Les deux n'avaient parlé que dans de rares occasions pendant le voyage en mer. Mais lorsque cela arrivait, ils étaient tous deux d'accord sur le fait que ce séjour allait les revigorer.
Dès qu'ils accostèrent, la Dame et sa suivante prirent le chemin de la demeure Yaoyorozu. Shoto avait rassemblé une centurie, celle de Tamaki Amajiki à qui il avait laissé les commandes du castrum à Rome. Le camp où devait loger les soldats n'était pas très loin de la propriété des Yaoyorozu, mais il fallait tout de même quelques minutes de marche pour atteindre la maison. Ce n'est que lorsque Shoto eut tout réglé au camp, qu'il put exécuter l'ordre de l'ambassadeur : escorter sa fille. Le bicolore prit le chemin de la maison, à l'aide de guides qui connaissaient la route. Il fut captivé par l'entretien de la végétation grecque, qui avait une harmonie douce. L'affabilité du peuple grec laissait penser au commandant qu'il se trouvait dans un autre monde, où l'Empire romain n'existait pas.
Enfin arrivé à la demeure, il fut accueilli par les servants de la famille Yaoyorozu comme s'il faisait partie de celle-ci. Shoto remerciait à chaque instant sa défunte mère qui lui avait appris la langue dans sa jeunesse. Il n'avait ainsi aucune difficulté à comprendre et à se faire comprendre par le peuple grec. On le mena à l'un des salons où se trouvaient déjà l'ambassadeur et sa fille. Shoto s'était figé en voyant le sourire qu'arborait la Dame. Jamais encore elle n'avait eu un sourire si lumineux. Elle respirait le bonheur et la liberté. Plus aucun fardeau n'alourdissait son existence. Shoto en était sûr, en cet instant Momo Yaoyorozu vivait pour la première fois depuis qu'il la connaissait. Et ce fut ainsi que se passèrent les premiers jours. L'euphorie guidait les pas de chacun en apportant un bonheur simple et agréable. Plus rien ne poursuivait ces gens venus de Rome qui abusaient d'une légèreté interdite. Les plaisirs simples de la vie faisaient parties intégrantes du quotidien des grecques qui jouissaient de poésie, de musiques ou encore de promenades dans les verdures luxuriantes du pays. La famille Yaoyorozu ayant plusieurs propriétés à travers tout l'Empire, s'était, cette fois-ci, installée non loin d'Athènes, au bord de la mer. Le ciel bleu, la mer turquoise et le vin pourpre, Shoto admirait sans honte ces choses si monotones de sa vie bien rangée en Italie. Le cadre idyllique n'incitait qu'à l'insouciance et firent oublier au bicolore tout ce pourquoi il se battait.
Le commandant ne savait pas depuis combien de temps il était arrivé en Grèce. En vérité, ces questions qui le rappelaient à son statut ne l'intéressaient plus. Il profitait allègrement, pendant qu'il le pouvait encore. L'ambassadeur avait organisé plusieurs réceptions. Il avait présenté à ses amis son nouveau Tribunus Cohortis, et avait montré fièrement quel genre de femme était devenue sa fille. Celle-ci était en tout point différente de celle qu'il avait appris à connaître à Rome. Elle était naturellement douce, bienveillante et délicate. Ses gestes, par le passé, maîtrisés, étaient aujourd'hui imprévisibles, sincères et spontanés. Momo profitait sans s'en cacher de ce monde auquel elle appartenait réellement. Et étrangement, dans cet endroit où elle n'était que liberté, Shoto la trouva encore plus inaccessible. Et une énième évidence se présenta en lui. À Rome, là où son devoir l'emprisonnait injustement, cette femme brillante et forte courbait volontairement l'échine devant plus faible qu'elle. Comment pareille chose pouvait-elle arriver ? Shoto le savait parfaitement. Momo Yaoyorozu s'était faite esclave d'autrui pour sauvegarder une paix factice.
Le bicolore essayait de ne pas y penser, car une douleur lancinante lui traversait le cœur à chaque fois. Mais se sachant impuissant, il ne pouvait faire autrement que de la faire rire. Ce qu'il faisait en cet instant. Lui, la Dame, ainsi que Kyoka et nul autre que Denki étaient sortis pour un pique-nique sur une petite dune qui offrait un paysage magnifique. Le commerçant romain s'était joint au voyage peu de temps après leur arrivée en Grèce. Refusant de ne plus voir la femme de son cœur pendant un moment, il s'était octroyé lui aussi un séjour dans cet Empire. La suivante et l'amoureux transi s'étaient éclipsés depuis un petit moment, alors que Shoto et Momo admiraient le paysage en silence. La Dame était assise à même le sol. Quant à l'homme, il était adossé à un grand arbre qui les couvraient du soleil brûlant.
-Libra, j'ai une question qui me tourne dans la tête depuis un moment, puis-je vous en faire part ?
Sans la regarder, il lui répondit :
-Je vous écoute.
La femme se redressa et se tourna légèrement vers lui :
-Vous souvenez-vous de notre première rencontre ? Je vous avais offert un châle en soie blanc. Qu'en avez-vous fait ?
Shoto planta son regard hétérochrome dans ses yeux gris, donnant l'impression qu'il ne savait pas de quoi elle parlait. Et alors qu'elle allait rétorquer que c'était sans importance, elle le vit expirer longuement, puis placer sa main sur l'un des anneaux recouvrant son biceps gauche. Sous l'anneau se trouvait un bandage qu'il déroula doucement. La première chose qu'elle remarqua c'est que la peau bronzée de l'homme ne l'était pas au niveau d'où se trouvait le bandage. Et la seconde chose, ce fut un morceau de soie blanc jaunie par le temps. L'homme lui présenta :
-En voici une partie.
Un sourcil levé, elle répliqua :
-Vous l'avez découpée !?
-C'est l'unique chose qui vous interpelle ? Amusé malgré lui, il sourit.
-Ce châle était magnifique.
-Ce n'était qu'un châle.
-Mon préféré.
Shoto hésita :
-Oh. Mes excuses ?
Elle leva les yeux en riant :
-Quel dommage. En tout cas, je suis étonnée que vous l'ayez gardé. Ne serait-ce qu'une partie.
-Le reste se trouve dans un tiroir dans ma chambre. Le lui avouer avait été dur pour lui.
-Pourquoi ? Spontanément, elle prit un air perturbé.
-Vous l'avez dit, il est magnifique.
-Pour une Dame, Libra.
Le bicolore ricana et expliqua :
-L'odeur.
-Excusez-moi ?
-J'aime son odeur. Je l'ai donc conservée.
Un sourire moqueur, elle demanda :
-Et quelle odeur peut-il avoir pour que vous gardiez un petit morceau constamment avec vous ?
-La vôtre. Shoto avait répondu aussi spontanément qu'elle. Et c'est en se rendant compte de ce qu'il avait dit, et en voyant le visage pétrifié de la Dame, qui se racla la gorge : Pardonnez-moi.
-Regale Unguentum.
-Comment ?
-Mon parfum. Son nom est Regale Unguentum. On le trouve dans chaque commerce de parfum. Cependant, je préfère vous prévenir, il est très coûteux. Momo avait camouflé son trouble, et il lui en fut reconnaissant.
-C'est sans importance. Le châle fait très bien l'affaire.
-Alors il n'est plus qu'un simple châle ?
-Ces mots m'ont couté. Autant que si j'avais dû acheter moi-même ce parfum.
-Vous êtes donc un voleur ?
-Vous m'en avez fait cadeau.
-Un tricheur alors ?
-Vous l'avez fait de votre plein gré.
-Vrai. Et qu'auriez-vous fait si je ne vous en avais pas fait cadeau ?
-Je serais devenu un voleur en vous le dérobant, et un tricheur en proclamant que je l'avais trouvé.
-J'ai donc influencé votre honnêteté d'aujourd'hui.
-Vous avez ma reconnaissance éternelle. Shoto s'inclina théâtralement ce qui la fit rire.
-Bien. J'ai maintenant la certitude que jamais vous ne me trahirez.
-Vous êtes incorrigibles ! N'aurez-vous jamais de cesse de douter de moi et de mes capacités ?
-Je ne sais pas. Il faut dire, c'est réellement étrange de côtoyer un homme ayant conservé son ancien châle pour son odeur.
Désarçonné, il balbutia :
-Vous sortez cette information hors de son contexte.
-Qui cela intéresse vraiment ?
-Je n'arrive pas à savoir si vous êtes profondément pure ou perfidement mesquine.
-L'un n'empêche pas l'autre.
-Uniquement pour vous.
-Est-ce un compliment ?
-Si cela vous sied.
Momo éclata de rire, et mit sa main devant sa bouche pour camoufler son esclaffement. Shoto souriait de toutes ses dents, amusé par sa propre initiative à recréer leur première rencontre. Mais alors que la femme se calmait doucement, une question vint aussi dans l'esprit du commandant qui n'hésita pas à la poser.
-Vous avez eu la réponse à votre question, mais puis-je en poser une à mon tour ?
-Vous ne vous êtes jamais gêné de le faire jusqu'à présent.
-Il est vrai. Le bicolore se concentra et fronça les sourcils, il commença ensuite : Je voudrais revenir sur notre deuxième confrontation, lors d'une réception organisée par votre père. Ainsi, ce soir-là, dans votre jardin à Rome, vous m'aviez dit que vous aviez l'intuition que je pouvais avoir la noblesse de courir après plus que mon simple désir de vengeance. Même aujourd'hui, après cinq ans, j'ignore comment interpréter vos paroles. Aurais-je droit à une réponse ?
Momo avait repris tout son sérieux et l'observait avec attention. Comme si elle sondait son âme. Elle dit au bout d'un moment :
-Je ne savais pas que mes paroles vous hantaient autant. Pourquoi ne pas être venus à moi plus tôt ?
-J'avais l'espoir vain de pouvoir y apporter moi-même une réponse. Mais encore une fois, vous réussissez à me faire admettre ce que je ne veux pas.
-N'avez-vous pas encore remédié à cette naïveté ?
-Je me tairai pour cette fois.
La femme sourit en détournant les yeux. Elle déposa son regard vers le paysage et déclara :
-Ma réponse n'est pas si compliquée Libra. J'ai entre aperçu chez vous quelque chose qui m'a donnée envie d'intervenir. J'aurais détesté voir un tel potentiel gâché.
-Qu'avez-vous vu ?
Un petit silence s'installa où seul le chant des oiseaux était audible. Il lui laissa le temps nécessaire pour rassembler ses idées, ce qu'elle fit :
-La première fois que je vous ai vu, vous combattiez pour la première fois dans l'arène. Vous étiez pétrie de vengeance, de colère et de dégoût. Vous, plus que vos amis, Bakugo et Midoriya. Pourtant, durant tout le long de votre combat, vous étiez celui qui s'efforçait le plus à ne pas blesser son adversaire. De manière spectaculaire, votre haine ne s'était pas transférée sur autrui. Vous aviez la capacité de dissocier votre aversion du monde avec les gens qui le contenaient. Et alors, c'est là que j'ai compris. Malgré toutes les épreuves que la vie avait pu mettre sur votre chemin, malgré la haine non feinte que vous aviez en vous, vous étiez tout bonnement et simplement profondément gentil. J'y ai vu une gentillesse pure et unique que je me refusais à voir gâchée. Seule spectatrice d'un des plus beaux joyaux que contenait Rome, j'ai voulu le conserver comme lueur d'espoir pour l'avenir incertain, avec l'espérance qu'il servirait à autrui.
Les yeux toujours braqués sur la mer d'un bleu angélique, Momo sentit le regard intense de son interlocuteur. Elle s'efforçait de ne pas croiser l'hétérochromie de ses yeux, avec la peur de ce qu'elle y verrait. Mais alors que, pour elle, cette situation se révélait insoluble, elle l'entendit dire :
-Comment pouvez-vous parler de gentillesse pure alors que vous connaissez mes motivations ?
Momo céda enfin et rétorqua en le regardant droit dans les yeux :
-Qui serais-je si je ne le faisais pas Libra ? Qui serais-je, si je n'admettais pas devant vous une vérité unanime ? Qui serais-je, si je ne vous remerciais pas d'avoir organisé ce voyage en Grèce, tout en sachant que je n'y étais pas allée depuis une éternité ?
Shoto en resta coi. Alors, elle le savait. Et elle était émue. Aucune parole ne pouvait rivaliser avec la reconnaissance profonde qui emplissait ses yeux. Il essaya tout de même de se justifier :
-Je n'ai fait qu'émettre l'idée. C'est votre père qui m'a ordonné de mener à bien ce voyage.
-Ce n'est pas ce qu'il m'a conté. Ni lui, ni Jiro.
Les deux avaient donc vendu la mèche. Satanée famille Yaoyorozu !
-Qu'attendez-vous de moi en me révélant cela ?
-Pourquoi l'avoir fait ?
-Eri.
Une réponse simple. Mais qui en disait tellement, qu'aucun des deux ne rajouta rien. Ils étaient sur un pied d'égalité, s'étant échangés une faveur nécessaire. À cet instant, plus rien n'avait d'intérêt à part les yeux de l'un et de l'autre. Pas même le paysage magnifique. Momo n'était pas de nature à laisser libre court à ses émotions en présence des autres. Mais malgré le monde dans lequel elle avait été contrainte de vivre, elle se disait qu'il existait des êtres pour lesquels elle pouvait se laisser faire. C'était comme se sentir vulnérable. En leur présence, sa vie si rangée devenait un orage imprévisible à la fois tentant et terrifiant. Momo se laissait comme porter, fermant tous ses sens, si aiguisés par le temps, elle leur octroyait une confiance certaine. Elle l'avait appris avec Kyoka, aujourd'hui elle le revivait avec Shoto. À ses côtés, une sérénité s'échappait de chaque chose. Apaisant. Voilà ce qu'il était pour elle. Il était comme une douce bruine après un temps de canicule. Le calme, après la tempête qu'était sa vie. Et ce qui était sûr, c'est que de par ce moment, de par cet instant, au moins l'un d'eux compris une vérité bouleversante.
*…*
C'est une quinzaine de jours plus tard que la famille Yaoyorozu, ainsi que la centurie les ayant accompagnés, revint à Rome. Le départ avait été douloureux, que cela soit pour les natifs de cet Empire, que pour les soldats servant en Italie. L'angoisse des responsabilités n'avait pas quitté Shoto depuis qu'on l'avait averti de leur départ imminant, et son unique consolation avait été de voir ses amis d'enfance au Portus pour les accueillir. À peine le pied posé sur le territoire romain qu'ils l'assénèrent de questions sur son séjour. Et partagé entre la fatigue et la joie, il en oublia ses responsabilités de commandant et suivit ses amis dans le commerce Les frères.
Lorsque Shoto s'était réveillé le lendemain matin, il se rendit compte de son manquement à son devoir, et courut dans le bureau de l'ambassadeur pour se confondre en excuse. Celui-ci avait beaucoup rit de sa réaction, et le rassura sur le fait qu'il ne lui en tenait pas une seule seconde rigueur. Les idées encore troubles, il n'avait cependant pas oublié une promesse qu'il avait faite avant son voyage. Et c'est avec une euphorie croissante dont il ignorait la source, qu'il affronta son Beneficiarii :
-Yosetsu Awase, à partir de ce jour, moi , vainqueur du Colisée, je m'engage à vous représenter pour le statut de gladiateur.
