Bonjour, Bonsoir ! Mes plus sincères excuses pour ce retard… J'espère que mon histoire continue à vous plaire ! Quoi qu'il en soit, éclatez-vous et bonne lecture !

Chapitre 32

Shoto ne savait pas depuis combien de temps ils étaient arrivés. La soirée avait débuté, comme toujours, avec une joute verbale entre Aizawa et Katsuki qui ne craignait plus de chercher des problèmes à leur ancien mentor. Au fil des années, ces échanges étaient devenus le meilleur moyen pour eux de communiquer, et personne ne pouvait se plaindre car nulle part ailleurs existait un spectacle si comique. Souvent cela se finissait par un Katsuki hilare et un Aizawa triomphant.

Yagi avait été aidé par Ochaco pour préparer le repas, et ce fut ravi, qu'ils prirent tous place à table.

Ce soir-là, Mina n'était pas présente, mais la tribu pouvait compter sur Kyoka qui assistait à leur réunion pour la première fois. Maintenant qu'elle avait épousé Denki, elle s'adaptait prudemment à la vie de son nouvel époux, ce qui - et elle ne le lui avouerait jamais - lui plaisait beaucoup. Cela ne gênait personne de parler librement devant elle alors que celle-ci ne ratait jamais l'occasion de sortir son venin sur qui le méritait (l'héritier particulièrement). Ce fait avait rapidement convaincu Aizawa et Yagi que leurs élèves savaient étrangement s'entourer.

-Nous avons pas mal discuté, et nous pensons savoir quoi faire pour l'affaire Tomura Shigaraki, commença Katsuki exalté.

Des regards curieux se posèrent sur eux. Puis Aizawa demanda paresseusement :

-Il est évident que vous ne pouviez pas laisser les derniers évènements vous freiner. Éclairez-nous.

Yagi se leva discrètement alors qu'Izuku expliqua :

-Nous ne pouvons rien vous dire pour l'instant, mais…

-Ça sera spectaculaire ! Pour la première fois de sa vie, Tomura Shigaraki va comprendre sa douleur, et croyez-moi…

Shoto s'était lui aussi levé, et céda un sourire en entendant le langage cru de son ami blond. Le commandant rejoint son mentor dans le Péristyle qui admirait le ciel du toit découvert. Les deux n'avaient pas discuté depuis très longtemps, et Shoto se disait qu'il était temps de remédier à cela.

-Vous ratez la meilleure partie de la soirée. Katsuki ne parle jamais autant que lorsqu'il évoque la noblesse et le Colisée dans la même conversation.

-Je ne suis pas trop à l'aise avec ces sujets, particulièrement lorsqu'il s'agit d'évoquer vos objectifs. Pas que j'apprécie particulièrement la noblesse, mais j'ai peur des retombées.

Shoto vint s'asseoir près de lui et déclara :

-Même après vingt ans, vous ne vous êtes toujours pas fait à notre intrépidité.

-Je parle très sérieusement mon garçon, vous agissez avec frivolité sans jamais considérer l'échec comme une possibilité. J'étais exactement comme cela avant, je me croyais invincible, et je prenais pour acquis la vie qui s'offrait à moi. Puis… Puis, je suis tombé de mon idéal en affrontant la réalité. Finalement, c'est ta mère qui m'a sauvé. Elle m'a fait accomplir quelque chose d'assez grand pour que je puisse vivre avec tout le reste. J'ignore si vous aurez cette même chance. Et avec tout ce que ta mère à sacrifier, je me demande comment tu peux continuer à agir ainsi.

Réellement perturbé, le bicolore réussit à articuler :

-Comment suis-je censé savoir ce que vous vous efforcez à me dissimuler ?

Yagi exprima tout d'abord de la surprise, pour ensuite montrer de la retenue. Il se mordit l'intérieur de la joue, donnant l'impression qu'il en avait trop dit. Shoto se surprit à penser que les personnes proches de lui avaient tendance à avoir cette réaction. All Might fit précipitamment :

-Tout ce que tu as besoin de savoir c'est qu'elle m'a soutenu comme peu l'avait fait à cette époque. Il se racla la gorge : Ce que je veux dire, c'est que votre volonté est des plus honorable, mais trop attirer l'attention est la meilleure manière pour vous, mais surtout pour toi, de se faire remarquer par l'Empereur. Shoto, mon garçon, Toya l'a déjà appris, combien de temps faudra-t-il pour que le comm… l'Empereur l'apprenne aussi ?

Mais l'inquiétude de son mentor ne l'intéressait déjà plus. Seule l'image de sa mère se greffait à cette conversation. Il se leva d'un bond et cria presque :

-Pourquoi tant de mystère sur quelque chose qui semble me concerner !? Fuyumi, Natsuo, vous ! Pourquoi me cachez-vous des choses sur ma mère !?

Yagi se leva à son tour :

-La seule personne légitime à revendiquer des explications dans toute cette histoire c'est Rei ! Le passé est si compliqué Shoto, si dur… Il vaut mieux ne pas le déterrer. Et si tu peux en être épargné, je m'engage à faire en sorte que cela soit toujours le cas !

Les deux se firent face sans décrocher leur regard autoritaire. Mais le charisme puissant d'All Might convainquit Shoto, qui n'espéra pas avoir plus d'explications. Dans un soupire, il dit :

-Peut-être qu'au début, votre obstination à rester silencieux ne me convainquait pas de vous écouter. Mais une chose est certaine, j'ai toujours eu conscience des risques, et même si vous refusez de tout me dire aujourd'hui, je prends vos conseils très au sérieux.

-Vraiment ? Ne me dis pas qu'à chacune des fois où je t'ai conseillé, tu es allé dans mon sens. Tu as toujours fait comme bon te semblait, et parce que tu as toujours eu de la chance, tu as pris pour acquis ta réussite dans tes ambitions.

Les mots de son mentor donnaient l'impression au commandant qu'on lui mettait une gifle violente. Il resta de longues secondes abasourdis avant de se défendre :

-De la chance !? J'ai eu de la chance de voir ma mère mourir !? D'assister à la mort de mon Beneficiarii !? De voir chaque jour de nouveau chargement d'esclaves avec des enfants dans le lot !? De vivre avec le fait que mon frère épousera… Il se tut, incapable de poursuivre sa phrase, ce qui remplaça sa colère par de l'amertume.

Yagi vit instantanément ce changement et se calma brusquement. Il prenait peu à peu conscience des mots qu'il avait employé, et après un soupire, il s'excusa :

-Pardonne moi mon garçon, j'ai été injuste. Mais je m'inquiète tellement pour vous. Je me sens totalement impuissant et c'est atroce de vivre comme cela. Je sais que c'est inutile, mais je le dirai tout de même. Si vous continuez ainsi, les choses iront dans une direction qu'aucun de vous ne pourra contrôler. Soyez prudent, je vous en supplie.

Il ne put qu'acquiescer de la tête, gardant tout de même un goût amer de leur conversation qui tournait en rond.

Lorsque les deux hommes retournèrent à table, Katsuki avait terminé ses tirades peu élogieuses, mais avait enchaîné par une énième dispute avec Izuku sur sa centurie non-disciplinée.

Shoto souriait quelques fois, mais était plongé dans ses pensées le reste du temps. Il se rendit compte que oui, il n'écoutait jamais vraiment ses mentors. Prenant leur avis comme surprotectrices, il n'avait toujours pensé qu'à son objectif à accomplir. Ce fut à cet instant qu'il pensa à ses amis. Eux qui avaient toujours été là pour lui, il avait comme pris pour acquis leur présence, et comptait sur eux sans même y réfléchir. Leur vie avait changé, ils n'étaient plus uniquement trois, et leurs priorités divergeaient sur bien des plans. Et s'en rendre compte, était bien difficile pour le bicolore.

Les trois soldats partirent tard de la maison d'Aizawa. Ochaco était rentrée plus tôt, et Izuku était resté davantage. C'est pourquoi Katsuki et Shoto l'accompagnaient jusqu'à chez lui. Et ce fut sur le chemin que le bicolore ordonna presque :

-Après réflexion, je pense qu'il faut faire des arrangements dans notre plan. Izuku, nous n'allons pas avoir besoin de toi dans l'arène. Seuls Katsuki et moi-même devrons participer à la prochaine session.

Les deux centurions s'arrêtèrent, mais seul Katsuki se tourna vers lui :

-Qu'est-ce que tu dis là ? Tu veux mettre de côté Izuku ?

-Nous n'avons pas besoin de lui dans l'arène. Il pourra, cependant, retarder Monoma et la garde royale pendant que nous agirons. Il nous faut quelqu'un de confiance pour cela.

Izuku se tourna enfin, et sonda longuement son ami. Il semblait chercher une faille dans l'expression du bicolore, mais ne vit qu'un détachement froid. Alors il fronça les sourcils et dit d'un ton dur :

-Tu me mets vraiment de côté dans un plan que j'ai monté avec vous ? Je peux savoir pourquoi j'ai le droit à ce traitement ?

-Nous ne pouvons pas nous exposer tous les trois, il faut qu'au moins l'un de nous puisse assurer dans les coulisses. Tu es le plus discret de nous trois, cette responsabilité t'incombe donc.

-D'accord, la version officieuse maintenant.

Ils se sondèrent sans ciller, dans l'espoir que l'un d'eux abdique. Mais Shoto se savait en tort, il s'expliqua, sur un ton à la fois désolé et catégorique :

-Nous avons tous des choses à perdre, mais toi encore plus. Tu as une famille, c'est pourquoi je ne peux pas me permettre de te mettre en danger.

-Me mettre en danger ? Tu y réfléchissais avant tout cela ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi penser à ma famille maintenant alors qu'enfin nous allons destituer celui que je hais ? De nous trois, je suis le plus concerné par Shigaraki.

Shoto serra la mâchoire :

-C'est injuste ce que tu dis là.

-Injuste ? Je crois que les rôles sont inversés. Après un silence, qu'il avait intentionnellement laissé, Izuku poursuivit : Mais après tout, c'est toi le commandant, alors à vos ordres. Il mima grossièrement un garde-à-vous, puis s'en alla d'un pas rapide.

Le bicolore et le blond étaient restés statiques et avaient suivi du regard leur ami. Shoto finit par demander :

-J'ai eu tort ?

-Non, pas du tout. Et il le sait. Mais je préfère te prévenir, si j'avais été lui, commandant ou non je t'aurais cogné. Même si je dois avouer que retenir Monoma ne m'a pas du tout traversé l'esprit. J'ai oublié à quel point il peut être collant.

Le bicolore soupira. Dire que cette soirée avait bien débuté.

Plus loin, dans les hauteurs de la ville, un dîner se tenait dans la demeure Yaoyorozu. Cela faisait plusieurs jours qu'aucun des membres de la famille Yaoyorozu n'avait eu un moment de répit. Ils s'étaient alors réservés cette soirée entre eux, à l'abri de toute écoute extérieure.

-Grands dieux ! Je commençais à étouffer dans ces réceptions. Enfin je vais pouvoir esquisser de vrais sourires et dire la vérité sur la noblesse peu crédible de Rome.

-Je t'en prie Midnight, ne me dis pas que ces réceptions t'empêchaient de le faire.

-Touché mon frère, qu'est-ce qui m'a trahi ?

L'ambassadeur avait un petit sourire et répondit :

-Ma fille. Ce n'est pas normal de la voir rire lors d'une soirée où son fiancé y est aussi.

-Père, je vous en prie. Vous êtes simplement jaloux de devoir tenir compagnie à l'Empereur plutôt que de rire avec nous.

Momo eut un regard complice avec sa tante puis vit son père sourire.

-Je le reconnais, il m'arrive de vous envier. Les trois rirent et terminèrent leur entrée. L'ambassadeur poursuivit : Comment va ton époux ma sœur ?

Midnight leur offrit un sourire attendri qu'elle n'avait que lorsque son mari était évoqué.

-À merveille, il vous salue.

-Nous de même. Alors, des nouvelles d'Athènes ?

La femme eut un sourire énigmatique, puis dit sur un ton malicieux :

-Il se pourrait que le conseil se soit réuni pour élire le nouveau Censeur (Magistrat élu tous les cinq ans ayant un pouvoir absolu), et il se pourrait aussi que je sois la femme de ce nouveau Censeur.

Les visages de Momo et de l'ambassadeur s'illuminèrent, et dans un rire l'homme déclara :

-Mes félicitations Midnight, à vous deux ! Comment cela est-il arrivé !?

Très fière, et légèrement émue, elle répondit :

-Il était depuis longtemps parmi des favoris de la cour, et il a suffi qu'il donne des idées innovantes pour la Grèce après l'alliance pour que tous se mettent d'accord.

-C'est une excellente nouvelle, je vous présente moi aussi mes félicitations, à tous les deux. Mais, ma tante, pourquoi n'es-tu pas avec lui en ce moment de fête ?

Un dilemme semblait traverser le visage de la Noble qui se mordit la lèvre, consciente d'en avoir trop montré. Et le père et la fille comprirent en même temps.

-Tu es restée pour Momo.

L'ambiance festive avait totalement disparu, seuls restaient des visages à la fois désolé, compatissant et amère.

-Je… Je me suis promis de rester à tes côtés, au moins jusqu'à ton mariage. Mon mari m'a soutenue dans ma décision, et même si la noblesse grecque se pose des questions, je n'ai pas à me justifier devant eux.

-Tu ne devrais même pas avoir à le faire ! T'avoir à mes côtés m'empli de bonheur ma tante, mais savoir qu'à cause de moi tu n'es pas en Grèce… je me sens coupable.

Midnight posa sa main sur celle de sa nièce et dit avec douceur :

-Ne te sens pas ainsi. C'est ma décision, et uniquement la mienne. Puis je me plais à Rome. Il y a ici une compagnie que je ne trouve nulle part ailleurs.

Son sourire enjôleur provoqua celui de Momo qui détourna le regard quand sa tante lui offrit un clin d'œil explicite. Voyant que cette conversation était terminée, celle-ci demanda : As-tu eu des nouvelles de l'Empereur ? Le nôtre j'entends bien.

L'ambassadeur leva les yeux au ciel tout en répondant :

-Oui, ce matin même.

-Tu n'as pas réussi à le convaincre ?

-Le convaincre ? demanda Momo sans qu'aucun des deux adultes ne lui apporte de réponses.

-Non malheureusement. Il est décidé à mettre un terme aux négociations. Il se fait vieux, et usé par le temps, il n'arrive plus à distinguer la réussite de l'erreur. Je t'avoue que je commence à fatiguer.

-Attendez une seconde ! Vous essayez de convaincre notre Empereur de renoncer à l'alliance ?

Le frère et la sœur consentirent enfin à tourner leur attention vers la Dame. Donnant presque l'impression qu'ils l'avaient oubliés, Midnight déclara :

-Nous essayons depuis que tu as atteint tes dix ans Momo. À partir du moment où nous avons remarqué que tu devenais trop belle pour les Todoroki.

-Pour répondre plus sérieusement, l'ambassadeur fit les gros yeux à sa sœur, nous avons tenté le tout pour le tout après l'annonce officielle d'il y a quelques semaines. Mais je suis désolé ma fille, notre Empereur est bien décidé à faire couler notre Empire.

Momo camoufla son trouble au mieux, et rétorqua :

-Je ne comprends pas, pourquoi continuer à lutter contre l'inévitable ?

L'ambassadeur fronça les sourcils :

-C'est évident, Enji Todoroki a nullement l'intention de laisser la Grèce indépendante. J'ai eu des doutes pendant plusieurs années, mais ce fut lorsque nous avons signé le traité que je l'ai véritablement vu. Les yeux dans le vide, l'homme semblait se remémorer la scène. Sa cupidité est facilement remarquable lorsque l'on y prête attention. Pourquoi une signature ravirait autant un homme comme lui si les conditions étaient supposées être équitables ? Quelque chose se cache là-dessous, et par sureté, j'ai essayé de m'y opposer.

-Ainsi donc, mon mariage avec Toya serait une couverture ?

-Non, je ne pense pas. Quoi qu'il se passe, ton mariage sera bénéfique aux deux camps.

-Mais alors pourquoi vous y opposer ?

Dépassée, la Dame n'entendit pas le ricanement de Midnight, mais entendit cependant :

-Je ne vois pas pourquoi tu réagis ainsi, après tout cela t'arrangerais de ne pas l'épouser, lui. Momo se tourna brusquement vers elle et se fut à son tour de faire les gros yeux. Oh je t'en prie ! Ne me regarde pas ainsi, à ton avis, pourquoi ton père s'est-il confronté à l'Empereur si ton mariage arrange l'Empire ?

Tout aussi brusquement, la jeune femme se tourna vers son père :

-Vous le saviez ?

-Quoi donc ? Que celui que tu veux épouser est très différent de celui que tu dois épouser ? Ou de l'identité de ces deux hommes ?

Momo détourna le regard en voyant le léger sourire de son père. Mais désireuse de titiller sa nièce, Midnight rajouta :

-Dis-moi mon frère, par curiosité, hypothétiquement si Momo n'était pas fiancée et qu'elle s'était entichée d'un… je ne sais pas, un commandant, aurais-tu accepté de lui offrir sa main ?

Momo serra les poings tout en refusant de croiser le regard de l'homme. Le silence se prolongeait, et trop impatiente, elle releva les yeux pour voir un sourire d'oreille à oreille.

-J'y aurais songé favorablement.

Seulement quelques mots, qui pourtant mirent les trois Nobles d'accord. Ils sourirent et terminèrent leur repas dans un silence partagé.

*…*

Cela faisait une éternité que Shoto n'avait entendu les acclamations du public de l'Hypogée. Katsuki et lui avaient participé à la première session du mois, et avaient préparé leur plan au millimètre près. Enfin arrivait le combat final et le jour où Tomura Shigaraki perdrait son bien le plus précieux : Le Colisée. Les gladiateurs furent appelés et entrèrent dans l'arène, l'air fier et victorieux.

Shoto jeta un regard vers la tribune royale et fut rassuré de voir Izuku à la place qu'il tenait habituellement. Son ami s'était excusé le lendemain de leur altercation, et trouva même ce changement de plan bien meilleur. Mais malgré sa réconciliation, le bicolore ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Il mit tout de même cette pensée de côté, et se concentra sur le combat qui débuta.

Et ce fut une surprise pour personne de voir les deux soldats de l'armée auxiliaire grecque battre un à un leurs adversaires. Il ne fallut qu'une vingtaine de minutes pour que le centre du Colisée soit totalement nettoyé. Et légèrement essoufflé et transpirant, Katsuki et Shoto échangèrent un regard et un hochement de tête tacite pour se mettre d'accord. On entendit alors la voix du centurion blond résonner avant celle du maître de cérémonie :

-Mesdames, messieurs ! Toutes acclamations s'arrêtèrent et le bicolore sourit en se disant que lui, à l'inverse de son ami, n'aurait pas réussi un tel exploit. Moi , centurion de l'armée grecque, je me permets de prendre la parole devant vous ! Voyant qu'il avait toute leur attention, même celle de la tribune royale, il poursuivit davantage confiant : Comme vous le savez tous, je suis un fervent gladiateur depuis des années maintenant, et je crois avoir la prétention nécessaire de dire que je connais avec perfection notre cher Colisée ! Et en considérant ce merveilleux monument comme mon chez-moi, je le vois peu à peu décliner, et ce depuis un événement en particulier ! Je ne vais pas longtemps dissimuler mes intentions, c'est pourquoi je révèle aux yeux de tous ici, que depuis que le maître de cérémonie Tomura Shigaraki a été élu, la saveur exquise qui m'enivrait il n'y a pas si longtemps a totalement disparu aujourd'hui ! Les spectateurs murmurèrent entre eux dans l'espoir de démêler ces dires incompréhensibles. Mais tous reportèrent leur attention lorsque le gladiateur poursuivit : Je comprends vos réactions perplexes, car je l'ai moi-même été ! Mais aujourd'hui, alors que je détiens des informations qui vous font défaut, je ne peux plus me permettre de dissimuler ma honte d'avoir pour maître de cérémonie cet homme ! Katsuki pointa du doigt Tomura qui lui sourit hautainement.

Le silence se prolongea légèrement, et Shoto comprit que son ami avait réussi à captiver les spectateurs au complet. Il savait que c'était son tour de rentrer en scène, et après avoir lancé un regard furtif vers Momo, il déclara sur le même ton dramatique que le blond :

-Peuple du monde ! Mon nom est , Tribunus Cohortis de l'armée auxiliaire grecque se trouvant à Rome ! Je suis aussi l'homme qui a battu dans un combat loyal, Stain, le fléau du Colisée ! Vous avez tous appris son décès de ses blessures, et même s'il a été mon adversaire, je ne peux que ressentir de l'empathie pour lui ! Oui, car comme nous tous, Stain a été dupé par Tomura Shigaraki ! Avant son décès, Stain m'a révélé comment il était entré dans l'arène et pourquoi il commettait tant de massacre ! Agissant uniquement sous les ordres de Tomura Shigaraki, Stain laissait sa haine guider son destin pour ne contenter que la soif démesurée et hypocrite de notre maître de cérémonie !

Pendant le discours du commandant, la tribune royale était agitée par les soldats de la garde impériale qui transmettaient en chaîne les instructions données par l'héritier. Izuku attendait que l'ordre de stopper les agitateurs de l'arène soit donné pour intervenir. Et il suffit que Shoto termine sa tirade pour qu'Izuku stop Neito Monoma – leur ancien camarade de cohorte – à la sortie de la tribune.

-Midorya, que faites-vous ?

-J'empêche le meilleur spectacle du Colisée d'être troublé.

Un petit sourire sur le visage du centurion grec, Neito voulut riposter, mais fut coupé par le silence soudain qui s'était installé. Tous tournèrent la tête vers Dame Momo Yaoyorozu qui s'était approchée du bord de la tribune, là où il était impossible de ne pas la voir. Elle respirait la grâce et le raffinement. Ses épaules droites et son cou remonté lui donnaient un air impérial inné qui hypnotisait toutes personnes posant un regard sur elle. Chaque individu ayant eu l'intention d'intervenir s'arrêtèrent et attendirent qu'elle se mette à parler. Ce qu'elle fit :

-Vaillant gladiateurs, elle n'avait pas haussé la voix, comme si elle forçait ceux désireux de l'entendre à tendre l'oreille, puis-je savoir pourquoi avoir troublé un divertissement si gai que le Colisée pour colporter une accusation pareille contre un homme honnête ?

La réponse ne tarda pas, et comme si cela n'était pas préparé, Shoto répondit, cette fois-ci sur le même ton qu'elle :

-Ma Dame, au grand jamais je ne pourrai prendre le risque de bafouer mon honneur en salissant celui d'un autre. Mais aujourd'hui, il s'agit de répandre la vérité.

-Ainsi, vous proclamez que vos paroles sont vraies ?

-Oui, ma Dame. Je serais prêt à perdre la vie maintenant pour prouver ma détermination.

-Qu'il en soit ainsi alors ! La voix de Toya résonna à son tour. Il n'avait pas bougé de son siège, mais quand Momo consentit à se tourner vers lui, il se leva et la rejoignit. Si vraiment vous pensez que Tomura Shigaraki, maître de cérémonie depuis plusieurs années, Noble de la cour impériale et protecteur de la justice romaine, est capable de trahir ainsi sa patrie, alors mourrez sur le champ pour le prouver !

Dès que Toya eut terminé sa phrase, Shoto dégaina son glaive et posa sa lame contre sa gorge. Le public émit un hoquet de surprise, et certains crièrent de peur. Mais Momo leva gracieusement sa main pour les faire taire.

-Et donc, si jamais cet homme meurt, il aura nécessairement raison ? Elle faisait preuve d'un sang-froid exceptionnel, tellement que même son fiancé en eut des frissons. Il est évident que je ne peux croire sur parole une accusation pareille sans preuve, mais je sais aussi que nous avons affaire à la parole d'un homme d'honneur, prêt à mourir de son propre glaive. Momo porta son attention sur Shoto et demanda : Qu'attendez-vous de nous tous, après vos révélations ?

-La justice.

Elle sourit légèrement, et répéta :

-La justice ? Voilà une chose bien arrogante. Je pense que nous ne pourrons jamais assouvir un tel désir. La seule faveur qui vous sera octroyée sera la clémence.

-Vous voulez être clémente avec cet homme ? Toya souriait, mais pas de condescendance, plutôt d'incompréhension. Il vient de salir la réputation d'un Noble romain et il devrait pouvoir en réchapper ?

-Il n'a certes apporté aucune preuve, mais sa parole ne devrait pas non plus être négligée. Je ne sais que croire, c'est pourquoi je souhaite régler cette affaire à l'amiable.

-Ce n'est pas de cette manière que fonctionne Rome. Il y a des règles, et un affront ne peut être que puni.

Toya se tourna vers l'Empereur, qui était le seul véritable maître des décisions. Mais celui-ci démontrait un ennui mortel, et se mit à bailler à s'en casser la mâchoire. Toya serra les dents, mais ne fut pas au bout de ses peines, lorsque Momo dit, mais uniquement dans l'intention de se faire entendre par lui :

-Si ce sont les règles de Rome, je suppose que je pourrais moi-même choisir d'en épouser un autre ? Peut-être un commandant avec le courage nécessaire de destituer les fraudeurs.

La Dame l'affrontait du regard. Elle plissait légèrement les yeux, et semblait même le narguer. Et c'est à cet instant qu'il comprit qu'il avait perdu la bataille. L'ayant remarqué, Momo fit un signe aux soldats encore présents dans l'arène, ce qui leur arracha un sourire. Shoto rangea son glaive, et Katsuki termina avant de quitter le terrain sableux :

-Une dernière chose ! Je propose qu'un nouveau maître de cérémonie soit élu ! Sinon quoi, moi , ainsi que mes camarades et renoncerons à tout jamais à fouler le sol du Colisée une nouvelle fois !

S'en fut trop pour le public qui se leva brusquement et cria à plein poumon son mécontentement. Le plan était simple, immiscer dans l'esprit des romains le doute, et tel une tombé de domino, la réputation de Tomura Shigaraki tomberait aussi.