Chapitre 34

Flashback : quelques heures auparavant

Momo était assise dans son lit. Elle s'efforçait à trouver le sommeil en lisant un livre, mais la soirée qu'elle avait passée dans le commerce Les frère tournait en boucle dans sa tête. La Dame effaça un énième sourire de son visage et tenta de se reconcentrer sur les lignes de son livre. Mais rien à faire. Shoto s'imprimait encore et encore dans son esprit, et semblait ne plus vouloir s'en aller. Pas que cela lui soit désagréable, bien au contraire, mais la Dame se sentait exténuée et aurait bien aimé pouvoir se reposer après être rentrée. Dans un soupire, elle ferma le livre et se leva pour retirer les perles qui faisaient tenir ses cheveux. Elle savait qu'il était tard – elle avait entendu la relève de sa garde à la porte – et se disait qu'elle ne pouvait plus retarder son couché. Surtout que Kyoka arriverait avant l'aube pour les préparations du retour de son père et de sa tante.

Momo se brossait les cheveux à l'aide de ses doigts, lorsqu'elle entendit des pas derrière elle. Elle se tourna brusquement, et demanda agressivement en voyant qui s'y tenait :

-Todoroki, comment êtes-vous entré !?

Toya affichait un air indifférent, comme si se trouver là était normal. Il s'était approché de l'un des nombreux bouquets de fleurs présents dans la chambre.

-Certains soldats sont plus facilement soudoyables que d'autres. J'ai eu la chance de tomber sur de très vieilles connaissances qui me devaient une fière chandelle.

-Cela n'explique pas votre présence ici, qui est tout sauf voulue. Je vous demande de sortir. Gardes !

Toya s'approcha doucement, toujours aussi calme :

-Cela ne sert à rien, j'ai demandé à ce qu'on ne nous dérange pas. Il afficha un sourire en coin tout en continuant à s'approcher. Par réflexe, Momo recula. Quant à la raison qui m'a poussé à venir, elle est très simple. Je me suis rendu à la soirée que le commerce Les frères organisait. Simple curiosité de ma part, ainsi qu'une envie irrépressible de vous voir. Car oui, je savais que vous alliez vous y rendre. Après tout, vous aviez une chose à célébrer. L'humiliation de mon cher ami Shigaraki a dû en ravir plus d'un. Je suis simplement étonné que mon petit frère vous ait impliqué dans cette histoire. Il m'avait dit qu'il se mettrait en travers de mon chemin, mais jamais je n'aurais soupçonné le fait qu'il vous mette entre nous deux. Maintenant j'ai perdu un allié, et cela est en partie de votre faute, princesse. Toya se trouvait maintenant à quelques centimètres de la jeune femme, qui se retrouvait piégé entre le mur et lui. Oh, ma très chère future épouse, si seulement je n'avais pas vu ce que j'ai vu ce soir. Il avança son visage d'elle et approcha son nez de son coup. Momo détourna la tête pour s'éloigner de lui, mais l'homme ne bougea pas. Il huma son parfum et expira de bien-être. J'ai espéré pendant tellement de temps que vous me regardiez comme vous le regardez lui. Mais aujourd'hui, je sais que cela n'arrivera jamais. Pour la seconde fois dans ma vie, je me suis sentie secondaire. Et que tous les dieux m'en soit témoin, je hais cela. Toya embrassa le cou de Momo qui lui envoya un coup sur la lèvre.

-Éloignez-vous de moi !

La Dame s'était dégagée de lui alors qu'il se passait les doigts sur sa lèvre : il saignait.

-Oui, comme ça. C'est comme cela que je vous préfère.

Et il s'approcha encore une fois. Une fois de trop.

*…*

Kyoka n'avait pas rajouté un mot, mais cela en fut assez pour que Shoto se précipite vers la demeure. Il était suivi de Kyoka qui, à son étonnement, le suivait de près. Il avait lointainement entendu Denki dire qu'il préviendrait tout le monde. Le commandant comprit très bien qu'il faisait mention de leurs proches.

Les deux arrivèrent devant la chambre clause de la Dame. Il n'y avait plus de gardes ce qui inquiéta davantage le bicolore. Kyoka s'était arrêtée de pleurer. Son air était le plus détaché possible, et avec hésitation elle se tourna vers lui.

-N'oubliez surtout pas. Tout ce qui compte, c'est elle. Et elle ouvrit la porte pour lui laisser la place ensuite.

La première chose qu'il vit fut le soleil levant du balcon. La luminosité s'installait peu à peu dans la pièce, et il s'avança doucement sans crainte de tomber. Shoto traversa la chambre pour arriver près du lit double. Ce côté de la chambre était totalement saccagé. Plusieurs vases étaient éparpillés, brisés en mille morceaux sur le sol. Il s'approcha encore, et fronça les sourcils en voyant sur les draps immaculés, des tâches rougeâtres : du sang. Et ce fut à cet instant qu'il entendit un sanglot. Il était étouffé, mais il le perçut clairement. Il fit deux pas de plus, et vit dans un coin de la chambre, le plus éloigné possible du lit, Momo. Elle était recroquevillée sur elle-même, les bras autour de ses jambes, les cheveux en pagaille, et le visage gorgé de larmes. Jamais encore il ne l'avait vu si fragile et vulnérable, et son cœur lui cria de s'approcher d'elle. Ce qu'il fit.

-N'approchez pas !

Momo avait hurlé à plein poumon, ce qui figea le bicolore aussitôt. Son estomac se retourna, lorsqu'il vit dans ses yeux gris, rougis par les pleurs, de la terreur. Momo était terrifiée par sa présence. Mais bien plus, elle souffrait d'un mal dont il ignorait la source, et pour lequel il ne pouvait lui apporter aucun remède.

-Que se passe-t-il ? Que vous est-il arrivé ?

Et elle pleura davantage. Camouflant sa tête entre ses genoux, elle n'arrivait plus à le regarder.

-Je… Sa voix était enrouée. Il…

-L'Héritier est venu ici durant la nuit.

Kyoka avait murmuré ses mots derrière Shoto. Mais, et lui, et la Dame l'entendirent. Le bicolore cessa de respirer. Il fit le tour de la chambre des yeux. En passant par les vases brisés, puis par le lit ensanglanté, il finit par poser son regard sur Elle. Momo avait rassemblé tout ce qui lui restait de courage pour lui faire face. Et Shoto relâcha sa respiration dans un soubresaut désespéré. Il comprit. La souffrance qu'exprimait le regard de la jeune femme fit écho au cœur de l'homme. Et ce fut par l'acuité de son amour qu'il défaillit, genoux au sol. Ce poids qui avait soudainement alourdit son être lui fit perdre pieds. Et alors qu'il prenait peu à peu conscience de cette souffrance si vive, en cet instant ne régnait plus qu'un son étouffé : les sanglots d'une femme brisée.

*…*

Alors que l'immense maison était plongée dans un silence de mort, Shoto sortit de la chambre. Il vit Mina et Ochaco entrer pour rejoindre Kyoka à l'intérieur. Il ne restait plus que le bicolore et Denki dans le grand couloir. Celui-ci observait Shoto avec commisération, et semblait hésiter quant à quoi lui dire.

-Il… Il vaudrait mieux que nous nous rendions dans mon commerce.

Et il revint à la réalité. Tout s'immisça dans son esprit, et une seule chose comptait à cet instant : sa haine contre Toya.

Son expression changea instantanément, et Denki réagit trop tard pour arrêter Shoto. Il dévala l'escalier, et courut vers la sortie de la demeure. Bien décider à intercepter le premier cheval qu'il verrait, sa course fut coupée. Les dents serrées, il menaça :

-Katsuki, ôte-toi de mon chemin.

-Il ne le fera pas. La voix d'Izuku résonna derrière lui avec un mélange d'autorité et de douceur.

Shoto remarqua que ses amis faisaient barrage, et l'entouraient pour ne pas le laisser passer.

-Si vous êtes ici, c'est que vous êtes au courant.

-Oui, nous le sommes, répondit durement Eijiro.

-Alors, pourquoi me coupez-vous la route ? Le regard noir de Shoto, aurait pu tous les faire reculer si la situation n'était pas si grave.

-S, tu n'es pas en état. Allons nous poser pour réfléchir, et nous…

-Je n'ai pas besoin de réfléchir ! J'ai besoin de tuer Toya de mes propres mains, alors laissez-moi passer !

Les quatre hommes attrapèrent Shoto qui tenta de se dégager de toutes ses forces.

-Shoto calme toi ! Tu ne peux pas voire clairement les choses dans cet état !

Mais les mots d'Izuku ne l'atteignirent pas et il continua à se débattre violemment. Cependant, ses amis étaient plus forts que lui, et après de longues secondes, il se résigna et se laissa emmener jusqu'au commerce.

Les quatre amis firent asseoir le commandant sur l'un des sièges, et veillèrent à ce qu'il ne le quitte pas. Mais même s'il l'avait voulu, Shoto n'aurait pas pu se lever. Il avait perdu toutes énergies, et ne savait plus vraiment quoi ressentir. Shoto était en colère triste haineux et infiniment blessé. Plus rien autour de lui n'existait. Seulement le visage meurtri de Momo greffé dans son esprit.

-Que se passe-t-il ?

C'était la voix de Natsuo, le cadet de la famille Todoroki, qui venait d'entrer en même temps que Yagi Toshinori et Shota Aizawa.

-Ambassadeur Todoroki, que faites-vous là ? La voix d'Izuku était plus grave qu'à l'accoutumé.

-J'étais de passage au palais très tôt ce matin, et j'ai vu Toya y arriver en trombe. Je l'ai entendu parler à son domestique personnel. Il lui interdisait de dire à quiconque qu'il s'était rendu dans les hauteurs de la ville, puis s'est dirigé à l'étage. Je n'ai pas attendu une seconde pour aller voir Shoto. Et c'est en y allant que j'ai croisé la route de ces deux hommes qui m'ont amené ici. Natsuo montra de la tête les deux anciens gladiateurs, puis poursuivit : Alors, dites-moi, qu'est-ce que mon aîné à fait ?

Instinctivement, tous se tournèrent vers Shoto, qui lui, observa d'un œil indéchiffrable Denki.

-La question n'est pas de savoir ce qu'il a fait. La question est de savoir, comment il a fait ?

Shoto avait les yeux rougis, comme s'il se retenait de pleurer. Denki, de son côté, était complètement pris au dépourvu alors que tous les regards allaient dans sa direction.

Mais il fut sauvé, lorsque Kyoka pénétra dans la pièce, suivit de Ochaco et Mina, respectivement les femmes d'Izuku et d'Eijiro. Les trois femmes étaient retournées auprès de Momo, pendant que les hommes s'occupaient du commandant.

À la vue de la suivante, Shoto se leva d'un bond, et traversa la pièce pour se retrouver en face d'elles.

-Doucement Libra, vous faites peur.

-Comment va-t-elle ?

Kyoka semblait épuisée. Par réflexe, elle s'approcha de son mari et lui prit la main.

-Nous avons nettoyé sa chambre et l'avons amenée aux thermes. Elle n'a pas dit un traître mot. Elle s'est laissé faire, comme s'il n'existait plus rien de vivant chez elle. Kyoka essuya la larme qui s'était échappée.

-Comment est-ce arrivé ? C'était une supplication, que Shoto n'essaya même pas de dissimuler.

Denki pressa la main de sa femme, et comme si elle recevait un regain d'énergie, elle expliqua, mais avec la voix fébrile :

-Dès mon arrivée ce matin, j'ai remarqué qu'il n'y avait aucun garde à sa porte. Quelque chose n'allait pas, alors avant d'entrer dans sa chambre, j'ai fait demander à ce qu'on aille prévenir Denki de me rejoindre. Et mon pressentiment s'est révélé juste. Je n'ai eu qu'à voir l'état des draps et de son visage pour comprendre ce qui était arrivé. Elle m'a ensuite donné deux noms. Celui qui lui avait fait cela. Et celui qui devait savoir.

Le silence s'installa. Ceux qui n'avaient pas encore été informés de ce qui était arrivé, prirent un siège en comprenant. Tous baissèrent les yeux, encore sous le choc. Étrangement, les femmes de la pièce faisaient preuve d'un plus grand courage que les hommes. Elles gardaient la tête haute, même si elles avaient dû s'occuper de Momo.

Shoto se frotta les yeux. Il n'arrivait simplement pas à comprendre pourquoi. Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ? Pourquoi elle ?

Et encore une fois, il sentit ses jambes le lâcher. Il reprit place sur son siège, les coudes sur les genoux et les mains dans les cheveux. Puis on entendit la voix d'All Might :

-Qui était en charge de la garde cette nuit ?

-Moi.

Katsuki avait répondu rapidement. Comme s'il s'attendait depuis le début à ce qu'on pose la question. Mais malgré toute l'assurance qu'il avait voulu mettre dans sa réponse, tous entendirent de la honte.

-Comment ça, toi ? Le ton d'Aizawa était autoritaire.

Encore une fois, le centurion n'hésita pas, mais la honte primait toujours.

-J'étais ivre, mais je devais sélectionner la relève de nuit. À moitié conscient, j'ai fait mon choix à la hâte, sans prendre en considération le fait que ceux que j'avais choisi, pour Dame Yaoyorozu, faisaient parties de ceux que nous savions travaillant pour l'armée romaine. J'ai failli dans ma tâche, et aujourd'hui quelqu'un en a souffert.

Katsuki regardait le sol, sans réussir à lever les yeux. Il redoutait surtout de croiser les yeux hétérochromes de Shoto. Mais celui-ci n'avait pas assez de force pour lever la tête. Mais son sentiment d'impuissance grimpait en flèche. Il ne pouvait pas se permettre de ne rien faire. Le visage de Momo s'implanta encore dans son esprit. Puis, ensuite, le sourire narquois de Toya. La haine le submergea une nouvelle fois, et il se précipita pour se faire arrêter encore par ses amis.

Leur poigne était encore plus forte, et ils ne se génèrent pas pour le jeter sur son siège. Mais avant que Shoto ne puisse esquisser le moindre mouvement, Kyoka se plaça devant lui.

-Il est inutile de se précipiter maintenant. Ce qui est fait et fait. Là, elle s'est endormie, alors mettons le temps que nous avons à bon escient.

-Je le tuerai ! De mes propres mains !

-Et je ne compte à aucun instant vous dissuader de le faire. Le ton de la suivante changea, et Shoto se calma en y entendant une froideur glaçante : Si j'avais été adroite avec une lame, Toya serait mort depuis longtemps. Et ce qu'il a fait cette nuit me conforte dans l'idée qu'il ne mérite pas simplement de mourir. Cependant, aujourd'hui vous êtes accablé par le chagrin, vous n'avez pas de plan, et vous êtes en colère. Alors pour être sûr qu'il disparaîtra, préparez-vous Libra. Préparez-vous, et débarrassez-nous de lui.

Un autre silence s'installa, et voyant que Shoto était complètement calmé, Izuku, Denki, Kyoka et Eijiro s'éloignèrent de lui. Katsuki préféra rester en retrait, debout.

-En arriver à de tels moyens… Je ne comprends simplement pas quelle folie l'a mené sur ce chemin. Yagi pensait constamment à Rei, et ce qu'elle penserait de son enfant.

-Il se sentait menacé par ma relation avec… Et se sentir menacé par un frère qui fut sauvé par sa mère, je crois que ce fut le point de rupture de son sadisme.

Plusieurs regards se posèrent sur Shoto. Son discours avait troublé ceux ignorant sa réelle identité, mais aucun d'eux n'osa demander plus d'explication. Le bicolore ne s'était pas rendu compte de ce qu'il avait dit. Accablé par le chagrin, plus aucune retenue ne l'étreignait. Mais alors que la pièce allait retomber dans le silence, Natsuo intervint :

-Qu'est-ce que tu as dit ? Le bicolore releva la tête vers son aîné et fronça les sourcils d'incompréhension. Tu dis que Toya savait que tu étais en vie ?

-Oui, bien sûr qu'il le savait. Mère vous a prévenu tous les trois. Encore dans l'incompréhension, Shoto vit Natsuo se lever et s'approcher de lui.

-Non, mon frère. Mère, avant de partir, a tout juste eu le temps de prévenir notre sœur, Fuyumi, de son départ. Elle avait pour mission d'informer Toya et moi de toute l'histoire. Mais dès qu'il fallut nous annoncer la fausse mort de notre mère, elle a laissé notre aîné dans l'ignorance. Je n'étais pas d'accord avec le choix de Fuyumi au début, mais j'ai fini par lui donner raison lorsqu'à l'annonce publique de sa mort, il n'a pas esquissé la moindre réaction. Je comprends enfin pourquoi aujourd'hui.

-Mais comment l'a-t-il appris si votre sœur ne lui a rien dit ? Demanda Aizawa.

-Ce n'est pas cela qui compte véritablement. Je me demande surtout, pourquoi n'a-t-il rien dit ? Pourquoi avoir gardé ce secret pendant tant d'années, tout en ignorant que mère voulait le prévenir ? Shoto passa une main sur son visage, mortifié par la réalisation d'une chose. Et si Toya avait aussi agi par rancune envers moi ? Et s'il… Et s'il s'en était pris à elle pour m'atteindre moi ?

-Qu'est-ce que sont toutes ces affabulations !? Vous êtes le frère de Toya !? Mais comment cela est-il possible !? Kyoka s'était levée elle aussi, et fut suivie par Denki. Celui-ci observait le bicolore avec des yeux ronds.

-L'enfant présumé mort, et qui a emporté la reine avec lui, c'est toi ! Shoto !

Tous ceux connaissant la vérité froncèrent les sourcils, la peur les ayant étreints soudainement. Mais pas Shoto. Il était resté indifférent à la découverte de son identité, et comme si la fin des mensonges arrivait enfin, il dit :

-Cela ne sert plus à rien de le cacher. Après tout, si je dis vrai cela voudra dire que tout est pleinement de ma faute. Vous méritez tous de savoir. Mon vrai nom est Shoto Todoroki. J'ai appris mon affiliation le soir même ou ma mère est décédée, dans un petit village plus au Sud, là où j'ai été éduqué avec mes amis d'enfance. Dès que j'eu enterré ma mère, je pris la décision de venir à Rome, dans l'unique but de me venger de mon père, qui avait contraint sa femme à fuir, et à abandonner ses autres enfants. Mais alors que je montais en grade pour atteindre mon but, un autre objectif s'est dressé sur mon chemin. Je n'avais plus qu'en tête de nuire à l'influence de l'Héritier, qui usait d'un despotisme honteux. Le bicolore se leva, pour s'approcher doucement de la suivante. Et en agissant avec tant d'arrogance, je me suis permis de me rapprocher de l'inatteignable. Tel Icare, je me suis brulé. Et je l'ai emportée elle dans ma chute.

Kyoka serrait la mâchoire en ne lâchant pas des yeux le commandant. Il la provoquait, manifestement. Et une partie d'elle eut un haut-le-coeur de dégoût en voyant pour la première fois, une légère ressemblance entre l'homme face à elle, et celui qu'elle méprisait tant. Cependant, la lueur dans l'hétérochromie de ses yeux, ainsi que l'affaissement de ses épaules et ses poings serrés, la convainquit de qui il était véritablement.

-Une chose au moins et sur, vous souffrez tout autant que moi.

Et le commandant se détourna d'elle.

-Comment expliquez-vous tout ceci ? Pourquoi la reine a-t-elle dissimulé sa mort ? Eijiro avait repris son sang-froid, et tentait d'éclaircir les choses.

-Question pertinente mon ami. Et je ne vois qu'une personne pour nous éclairer aujourd'hui. N'est-ce pas All Might ? Les visages se tournèrent vers l'ancien gladiateur qui ne fixait que Shoto. Il continua : Vous me devez des explications aujourd'hui. Je ne me suis pas défilé, alors vous n'en avez aucun droit.

-Tu vas me haïr, mon garçon, fit d'une petite voix l'ancien gladiateur.

Shoto eut un sourire cynique :

-Et pourquoi cela ?

-Parce que c'est de ma faute si ta mère a dû fuir.