1995 (171 mots)


Elle se souvenait encore du premier départ de son garçon à Poudlard.

Au retour de la gare, la maison avait été trop silencieuse, le calme de la rentrée succédant au vacarme de l'été. Le contraste lui avait paru si terrible qu'elle avait compté à haute voix les jours avant leurs retrouvailles.

« Cent-dix », avait-elle conclu devant son calendrier, le doigt posé sur une date encerclée.

Elle n'avait alors jamais passé tant de temps loin de son enfant.

Heureusement, semestre après semestre, la souffrance de la séparation s'était adoucie. D'autant que la différence sonore entre présence et absence se réduisait à mesure que son fils s'assagissait.

Cette année-là, le premier septembre était d'un silence aussi funeste que l'été qui s'achevait. Plus un cri, plus un rire, plus un mot. Ce qu'elle aurait donné pour entendre un maman. Assise sur le lit de l'adolescent, elle regarda l'horloge, où le temps continuait de s'écouler, comme si de rien n'était.

Il était 19h.

Cédric serait arrivé à Poudlard s'il en était rentré.