Hey ! Bienvenue sur ma toute première histoire/fanfiction ! J'espère que vous avez aimé le court prologue qui précédait ce chapitre. Je me permets de vous prévenir, si vous recherchez une Mary-Sue en puissance, princesse attendant sagement dans son royaume, je crois que vous êtes au mauvais endroit …

Cette histoire a été très longuement pensée, si vous ne saisissez pas tout dans les premiers chapitres sachez que cela sera sûrement expliqué plus tard (je reste malgré tout ouverte à toutes les questions !) J'ai essayé de construire un personnage le plus crédible possible, avec des forces mais aussi des faiblesses, un coté plus sombre que d'ordinaire et tout un tas d'autres détails …

Bref, tout ça pour vous dire que cela fait quelques années que ,dans ma tête, cette histoire est prête et que je prends le risque de la gâcher en la couchant sur le papier …

Je m'excuse d'avance pour les fautes et vous souhaite une très bonne lecture !

Italique= Elfique

Gras = Langage noir (Mordor, …)


Chapitre 1

Troisième Age, 2400

Elwen se réveilla en pleurant silencieusement. Les jumeaux auprès d'elle dormaient encore. C'était toujours comme ça. Elle n'arrivait pas à se rappeler la dernière fois qu'elle avait dormi plus de trois heures consécutives. L'elfe rousse sécha rageusement ses larmes et se prit la tête entre les mains, essayant de calmer sa respiration. Personne ne savait, personne ne saurait jamais que, à l'abri des regards, la forte et l' imperturbable Elwen pleurait ses proches, ses victimes.

Le soleil ne se lèverait pas avant au moins trois heures, alors, au lieu de rester assise, elle se leva et alla chercher ses armes. Elle devait trouver un moyen d'occuper ses pensées pour éviter de s'effondrer. C'est ce qu'elle avait toujours su faire et c'était une des rares choses qu'elle faisait bien. Avec voler. Tromper. Mentir. Tuer. Combattre.

Elle partit dans le sous bois qui était à proximité de leur campement et se mit à la recherche de traces quelconques. Rien, si ce n'est quelques lapins. Elle les abattit rapidement et en profita pour cueillir quelques baies. Le temps passait bien plus lentement qu'elle ne le voulait. Quand elle était seule, elle se sentait vulnérable, démunie, comme si à tout moment, elle pouvait s'écrouler et ne jamais se relever.

Elwen alla à la rivière et entreprit de laver les fruits. Elle tenta d'éviter son reflet dans l'eau, elle savait que tout ce qu'elle verrait, c'était une elleth aux cheveux écarlates et aux yeux gris qui cachaient tant de choses. Elle se lava le visage et plongea la tête dans l'eau. Le réveil était dur.

Le réveil était toujours dur. Il fallait se recomposer une bonne humeur et un sourire, réapprendre à rire et à plaisanter mais surtout, chaque matin, il lui fallait trouver la force de faire semblant.

Elle avait envie de crier. Les mots de la femme qu'elle avait vu naître résonnaient dans son esprit, tournaient et s'entrechoquaient avec ses propres pensées. La tête toujours sous l'eau, elle vida l'air de ses poumons en criant.

Ses cheveux dégoulinants, elle ressortit la tête hors de l'eau et resta un moment assise sur la rive jusqu'à ce qu'un rire incontrôlable la prenne. Toutes ses idées noires s'en allèrent d'un coup. Elle se dit que, malgré tout, la vie était belle, qu'elle avait de la chance d'avoir sa liberté et de si bons amis.

Elle revint au camp et ralluma le feu qui commençait à s'éteindre. Elwen n'avait jamais su cuisiner malgré toutes ces années à travailler comme servante, serveuse et domestique. Mais comme il lui restait bien une heure à attendre, elle entreprit de dépecer les lapins.

Alors qu'elle s'acharnait sur les pauvres bêtes, une paire de mains lui prit le couteau. Elle leva les yeux vers Elladan qui affichait un air faussement paniqué.

- « Eh bah ! C'est pas trop tôt, un peu plus et je partais sans vous ! » Dit elle en riant.

- « Petite inconsciente ! Massacrer deux beaux lapins comme ça ! »

Elle rit et se tourna vers le deuxième elfe qui était en train de se réveiller.

- « Bonjour Lacardo {Elfe paresseux} ! » cria t-elle avec un sourire

- « Bonjour Lumnanis {Elfe tyrannique} ... » dit il en baillant malgré un petit sourire qui s'étirait sur ses lèvres.

Ils mangèrent rapidement ce qui restait des lapins déchiquetés et rangèrent leurs affaires. Elrohir alla chercher les chevaux et revint avec seulement deux animaux.

- « Je crois que Lumnanis avait mal attaché son cheval ... »

Elwen se décomposa, son cheval n'était pas elfique, aucune chance de le rappeler. Le précédent était mort lors d'une attaque orque quelques semaines plus tôt et elle avait été obligé d'en acheter un dans un village d'Homme. La bête s'était montrée boudeuse et désobligeante et elle avait cherché tous les moyens possibles pour s'échapper.

- « Raaaaah ! » Grogna -t-elle, un air profondément agacé sur le visage avant de jurer en Westron.

- « Normalement les elfes et leurs chevaux sont inséparables ... » Dit Elrohir avec un sourire goguenard.

- « Oui et bien ce n'est pas mon cas ! Et dois-je te rappeler que Lumnanis {Elfe tyrannique} n'en est qu'une semi ! » Répondit elle avec exaspération

- « Tyrannique ? Oh non ! » ajouta Elladan en se tournant vers son frère avec un sourire moqueur

- « .ha. Hilarant ! Tu sais très bien de quoi je parle ! » répliqua-t-elle avant de se retourner vers le cheval d'Elrohir. Avec un sourire narquois, elle monta dessus en un bond et les regarda de haut.

- « Bon, qu'est ce que vous attendez ? »

- « Si tu crois que je vais me laisser faire, tu te trompes lourdement ... » Lui dit Elrohir avec un air faussement sérieux et menaçant.

Alors qu'elle lançait le cheval au galop, secouée d'un fou rire, elle sentit qu'elle avait eu tort. Bien que sa vie eut été malheureuse auparavant, bien qu' elle regrettait tant de choses, cette vie était celle dont elle avait rêvé depuis une éternité. Sentir ses cheveux qu'elle n'avait pas eu le temps de tresser secoués par le vent, goûter aux rires résonnant dans tout son être et se réveiller auprès de ses deux meilleurs et seuls amis, elle savait que rien ne pourrait la rendre plus heureuse.

Plongée dans ses pensées, elle n'entendit pas le sifflement d'Elrohir au loin. Aussitôt, le cheval se cabra ,faisant tomber sa cavalière, avant de faire demi tour vers son maître. Elle pesta en se relevant, encore sous le choc de la chute. Elle n'était définitivement pas une véritable elfe. Mais elle avait appris à en rire, au bout de 1700 années de vies, on était bien obligé …

Encore à terre, elle se redressa sur ses coudes quand elle entendit le bruit des sabots.

- « Je croyais qu'un elfe retombait toujours sur ses pieds. » lui dit Elrohir en ricanant, son frère tentant de masquer le sourire qui s'étendait sur son visage.

Il lui tendit la main et la tira derrière lui. Elwen enroula ses bras de chaque cotés de lui et le pinça en lui soufflant :

- « Ôtes moi ce sourire ou c'est moi qui le fait ... »

Il prit un air terrifié et lui sourit. Il suivit son frère qui avait commencé à s'engager sur leur route.

- « Nous avons rendez vous avec quelqu'un dans deux semaines, nous devons nous mettre en route pour ne pas prendre de retard … » Déclara t-il avant de partir au galop.

- « Comment ça « On a rendez vous » ? Avec qui ? » Demanda Elwen en fronçant les sourcils.

Ils avaient toujours été tous les trois, juste tous les trois, et jamais personne ne les avait rejoints. Elle avait peur que ses amis la délaissent, elle avait peur de ne pas pouvoir rester auprès d'eux. Depuis aussi longtemps qu'elle pouvait s'en souvenir, Elwen avait toujours eu peur de l'inconnu et surtout, d'être à nouveau seule. Mais ce qui la terrifiait, c'était que cette personne la reconnaisse. Elle était connue de toutes les régions de le Terre du Milieu, bien sûr, c'était il y a maintenant plus de deux siècles mais elle ne serait jamais à l'abri d'être reconnue ou que quelqu'un fasse simplement le rapprochement entre elle et … les Autres.

Sa question resta sans réponse, elle ne sut pas s' ils n'avaient tout simplement pas entendu ou s'ils choisissaient de se taire.

Ils chevauchèrent toute la journée, ne s'arrêtant que pour faire souffler les chevaux et manger un peu. La journée se révéla monotone et presque ennuyante mais, sans savoir pourquoi, les jumeaux étaient d'une excellente humeur.


Alors que la nuit était tombée depuis quelques heures, ils s'arrêtèrent enfin près d'un bois. Elrohir prépara un feu tandis que Elwen partit chasser avec Elladan.

Ils ne purent attraper qu'un lapin et une sorte d'oiseau qui paraissait bien gras. Quand ils revinrent, Elrohir était en train de finir d'installer le campement, vérifiant que le chevaux étaient bien attachés.

Le repas fut assez animé, Elwen retrouva sa bonne humeur alors qu'elle riait avec les jumeaux.

- « Je suis désolé Elwen, mais aucun village n'est sur notre route, le détour nous retarderait trop, il va falloir faire comme ça pour quelques semaines ... » souffla Elladan alors qu'ils finissaient de manger.

- « … C'est pas grave, après tout, c'est de ma faute … Si j'avais fait plus attention, ce stupide cheval ne se serait pas sauvé. Désolée, mais il va falloir que l'un de vos chevaux supporte un poids supplémentaire ... » Murmura t-elle, s'en voulant d'être un poids pour leur équipe.

Les jumeaux lui firent un sourire rassurant avant d'établir des tours de garde, soufflant que l'endroit n'était pas sûr. Si ces tours démoraliseraient certains, cela réjouissaient au contraire Elwen. Cela lui donnait une excuse pour rester éveillée, retardant l'endormissement.

Elle prit le dernier tour, l'instant avant l'aube étant le plus dur. Elle se coucha, les yeux rivés sur les étoiles. C'était l' une des dernières choses qui l'empêchait de faire les pires cauchemars. Elle tenta de contrôler discrètement sa respiration.

Elle sombra dans le sommeil au bout de deux heures à observer le ciel tout en essayant de se vider l'esprit. Elle avait peur de revoir Elenwë. Elle ne savait pas si elle supporterait de la voir une fois encore, avec à la bouche les mots qu'elle redoutait tant. Mais par dessus tout, elle ne savait pas si elle serait capable de tenir debout sous tous ces regards pleins de reproches qui ne lui disaient qu'une chose, ce qui l'effrayait le plus, la vérité.

Elwen rêvait. Un souvenir étrange qui venait d'Avant . Avant que tout ne commence. Avant d'avoir peur de ses propres songes, peur d'elle même et de ce passé qui ne voulait pas la lâcher. C 'était l'histoire que Mistrid avait toujours tenue cachée, enfouie au fond d'elle. Elwen ne savait pas comment ce souvenir qui ne lui appartenait pas avait pu lui parvenir. Mais le simple fait de revoir cette femme qui avait été comme une mère de substitution et même une première amie, la remplie de joie.


Mistrid venait d'une autre maison de marchands. La maisonnée était dirigé par un père et ses trois fils.

Ils étaient beaux, riches, gentils, parfaits. Tellement parfaits, tellement désirables. Mistrid avait eu honte de l'avouer mais ,comme toutes les autres, elle était tombée sous leur charme, un charme irrésistiblement puissant. Des mois elle avait passés à s'inventer un autre corps, un corps parfait lové entre les bras de l'aîné. Dans son autre vie, elle était la plus belle, la plus intelligente et Césaire, aîné de la fratrie, passait ses journées à penser à elle. Mais ce n'était qu'un rêve, une illusion qui finie par la dévorer de l'intérieur. Ronger par un rêve impossible, elle n'était plus qu'un être vide, creux et sans intérêt.

Mistrid ne sut jamais à partir de quand elle avait cessé d'être, où elle était devenu le fantôme qui l'empêcha de voir ce qui ce passait.

Autour d'elle les choses changeaient.

De plus en plus de filles ne revenaient jamais, elles disparaissaient soudainement, sans laisser de trace. À présent, les gens fuyaient La Granche, ils l'évitaient, et lorsqu'ils passaient devant, ils baissaient la tête et détournaient le regard.

Tous savaient que quelque chose se tramait dans cette maison, une chose que personne n'osait nommée tant s'était horrible. Mistrid, insensible aux rumeurs, imperméable aux avertissements, fut une des seule à rester. Et ce n'est que des mois plus tard qu'elle se rendit compte que les autres étaient parties. La grande maison vide était silencieuse, avec de temps en temps, un cri.

Mistrid se mit à lentement ouvrir les yeux sur ce qui était en train de se passer. Plus jamais dans les couloirs elle ne vit le père, le chef de la maison. Il avait été très gentil avec elle et les filles allaient souvent le voir pour se faire consoler. Il était le père que beaucoup n'avaient jamais eu.

Peut être était il parti comme tous les autres ?

Il était bien parti, à un endroit où personne ne sait ce qu'il y a, un endroit où personne ne pouvait le suivre, un endroit dont jamais on ne revient.

Une nuit, ce fut son tour. Une main lui saisit le bras et l'entraîna dans une chambre.

Cette nuit là ce furent ses cris qui résonnèrent dans les couloirs.

À partir de cette date, Mistrid ne vécut que pour une chose, tuer l'homme qui l'avait brisée, l'homme qu'elle avait autrefois aimé d'un amour fou. La nuit, elle rêvait qu'elle le coursait et lorsqu'elle l'attrapait, sa violence la terrifiait presque. Jamais elle n'avait voulu la mort de quelqu'un mais à cet instant, c'était ce qu'elle désirait le plus au monde : étriper l'homme qui lui avait fait tant de mal.

Elle savait comment faire mal, comment briser les gens et c'était la raison pour laquelle aucun homme n'avait voulu d'elle auparavant : elle les terrifiait. Mais bientôt lui faire du mal en rêve devint une obsession si bien que cela ne suffit plus …

Elle voulait lui faire payer, lui faire payer pour toutes les filles qu'il avait détruites.

Lui faire payer pour cet enfant qu'elle porterait pendant neuf mois, un enfant qu'elle ne désirait pas, qu'elle avait peur de haïr .

Une nuit, elle se leva sans bruit et alla à la cuisine. Là, elle prit un grand couteau et monta dans la chambre de Césaire. Une haine tellement puissante la poussait à faire cela si bien qu'encore aujourd'hui, elle n'avait aucun remord. Elle alluma les bougies, s'approcha de l'homme et planta son couteau dans sa poitrine. Une fois. Deux fois. Trois fois.

À la lueur des bougies, elle put voir le regard que Césaire lui lançait, un regard empli de peur.

Césaire avait peur d'être jugé pour les crimes qu'il avait fait, dans un endroit où personne ne sait ce qui vous attend.

Alors qu'il allait sombrer, Mistrid ,qui l'avait jusque là regarder sans bouger se vider de son sang, s'approcha et lui murmura à l'oreille :

- « Il n'y a aucune justice dans ce monde assez juste pour te punir de ce que tu as fait, mais souviens toi d'une chose : on paye toujours ses crimes tôt ou tard. Parce que la haine portera toutes tes victimes dans un seul but : retrouver ton cadavre pour lui cracher dessus. »

Elle était repartie sans se retourner et avait fermé la porte dans un claquement.

Le lendemain, partout il se murmurait déjà que Césaire était mort. Personne ne chercha à savoir qui avait commis le crime. Beaucoup savaient au fond d'eux que c'était cette petite femme, autrefois si douce, qui l'avait tué. Dans son regard on sentait bien que quelque chose avait changé, on sentait qu'elle n'était plus si gentille qu'avant.

Son fils Zack naquit au printemps. Il avait les yeux de son père, des yeux bleus et brillants. Mistrid essayait tant bien que mal d'y voir son fils et non son bourreau mais chaque jour était un peu plus dur. En grandissant, il devint un étrange enfant, il ne parlait pas et passait ses journées à cueillir des fleurs et à attraper des sauterelles. Les autres enfants le trouvaient bizarre, il ne riait jamais, il était tellement naïf et il pleurait pour un rien.

Sa mère ne s'en inquiétait pas, au fond d'elle même elle savait que c'était de sa faute mais pour rien au monde elle ne l'aurait avoué. Sans s'en être rendu compte, elle avait brisé son fils au plus profond de lui même. Elle l'avait rendu coupable.

Mistrid se mentait à elle même, se répétant que l'enfant l'avait tout de suite aimé, un enfant aime sa mère, il la reconnaît et la suit. Elle avait encore l'espoir que cet enfant l'aime un jour, qu'il comprenne son geste. Quand il lui sembla qu'il était assez grand, elle tenta de lui expliquer pourquoi il n'avait pas de papa. Mais Zack restait insensible à ses confidences, il gardait les yeux fermés ou alors fixés sur un point droit devant lui.

Et aujourd'hui, Mistrid se demandait encore si ce n'était pas par choix qu'il s'était jeté dans la rivière, pour en finir avec les remords et enfin quitter cette maman qui le détestait.

Elle pleurait souvent, Mistrid, se répétant qu'elle n'aurait pas dû accabler ce petit être de tous ses problèmes, de ne pas le punir pour ce que son père avait fait.

Et que, finalement, peut être, n'était il pas coupable …

Elle pleurait souvent, Mistrid.


Elle en avait le droit, elle.

Elwen n'ouvrit pas les yeux tout de suite, se laissant imprégner par le souvenir. C'était presque apaisant. Comme si, après le rêve de la nuit dernière, on avait voulu panser ses blessures. Cela faisait des années qu'elle n'avait plus rêvé de ces souvenirs et les revoir lui faisait presque du bien.

Mais cela lui rappelait la souffrance de sa première amie, de sa maman remplaçante ... Elle se trouvait hypocrite de penser cela, mais cette souffrance n'était pas de son dut et cela était reposant. Pour la première fois depuis bien longtemps, Elwen se leva avec un sourire plaqué sur les lèvres.

Elle se dirigea vers Elladan qui montait encore la garde. Il était assis sur un rocher, son épée à la main, le clair de lune éclairant son visage. Elle le trouva beau, mais après tout, tous les elfes étaient beaux. Elle se sourit en se disant qu' elle était chanceuse de les avoir. Elle les avait rencontré quarante ans après la mort d'Hélios. Elle était de l'autre coté des Monts Brumeux, à une semaine de l'anniversaire de sa mort.

Depuis dix ans, elle revenait chaque année sur sa tombe, sur les cendres du village où avait péri toute sa famille. Excepté ce jour, elle restait de l'autre coté des Montagnes.

Elwen tressa rapidement ses cheveux et alla s'installer à coté de l'elfe brun. Il se tourna vers elle, sans rien dire.

- « C'est qui qu'on doit rencontrer ? » Murmura t-elle du bout des lèvres. N'osant pas le regarder, elle fixa son regard sur les arbres en face d'elle.

- « Un … un ami. On avait promis de se revoir ce jour là et nous allons faire en sorte de tenir cette promesse. » Répondit – il au bout d'un moment. « Ne t'inquiète pas, il est très gentil, je suis sûr que vous allez bien vous entendre. »

- « Qui ? Elladan, Qui ? » Insista t-elle

- « Il était dans l'armée de Vert-Bois, maintenant il est Rôdeur. Il a perdu son compagnon de route il y a des années, c'était un très bon ami à nous trois. » Murmura Elladan tristement, baissant les yeux. « Je te laisse, je vais dormir encore un peu. »

Il partit et alla se recoucher, Elwen resta seule sur le rocher, une seule et unique phrase résonnant en elle : « On paye toujours ses crimes tôt ou tard »


Elle vit l'aube se lever quelques heures plus tard. Elle alla réveiller les autres et ils repartirent aussitôt, ne prenant même pas le temps manger.

Les chevaux étaient fatigués, Elwen monta avec Elladan mais il leur fallut bientôt s'arrêter à nouveau pour les laisser souffler. Deux semaines passèrent ainsi, stoppant leur route tous les deux jours pour dormir quelques heures avant l'aube, alors que les plaines sont désertes.

Elwen n'aimait pas ce rythme soutenu, elle se sentait de trop, comme un poids pour les deux autres. C'est vrai que si elle avait eu son cheval, ils auraient pu être dans les temps mais ils avaient déjà pris tellement de retard que celui ci n'était même pas rattrapable.

Elle les voyait devenir anxieux, espérant que leur ami les aurait attendu quelques jours de plus. Alors, un soir, elle leur proposa quelque chose.

- « Vous pourriez partir devant, je vous suivrai en marchant et vous viendriez me rejoindre après votre rendez vous. J'en suis capa... »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que le jumeaux s'étaient figés. Ils prirent un air très sérieux et froncèrent les sourcils.

- « Ilestelwen … Nous sommes une équipe, on ne sépare pas, même si nous avons du retard sur un rendez vous ! » Répondit Elrohir « Ce n'est pas si grave si nous ratons cette rencontre, nous aurons d'autres occasions. »

- « On ne va pas t'abandonner Lumnanis, tu ne serais même pas capable de te préparer un lapin ! » Ajouta Elladan avec un rire moqueur. « De toute façon il ne nous reste que quelques jours avant d'arriver au point de rendez vous. »

Le repas se termina dans la bonne humeur et ils choisirent de partir tout de suite et de continuer la route pour la nuit.

Elwen était moins fatiguée que les jumeaux alors elle prit les rênes du cheval d'Elrohir et le laissa monter derrière elle. Ils chevauchèrent toute la nuit et quand le jour arriva, ils stoppèrent leur folle course et décidèrent de prendre quelques heures de repos. Tous s'endormirent d'un coup mais les rêves de Elwen en furent pires. Elle cauchemarda pendant toute leur courte pause et se réveilla après deux heures de sommeil. Les jumeaux dormaient encore et elle eut bien du mal à les tirer de leurs songes.

Ils reprirent la route et Elladan leur apprit qu'ils arriveraient dans deux jours s'ils continuaient à cette allure pour tout le reste de la journée et de la nuit.

Le temps les pressait et ils choisirent de forcer l'allure. Ils ne stoppèrent leurs montures qu'au milieu de la seconde nuit et s'endormirent aussitôt. Elwen n'avait pas sommeil alors elle resta éveillée, somnolente. Deux heures plus tard, elle se réveilla d'un demi sommeil et décida d'aller explorer cette forêt. Elle se leva et alla chercher ses armes sur son sac puis partit en sautant sur une branche et avant de grimper à l'arbre.

Durant environ une demi heure, elle avança plein Est. Elwen se sentait revivre parmi ces arbres. Ils avaient quelques choses d'étranges, comme si elle était déjà venu ici sans le savoir. Alors qu'elle fermait les yeux pour mieux sentir le vent qui faisait bruisser les feuilles, un bruit la fit se figer. Elle sauta à terre silencieusement et s'approcha de la source du bruit.

L'elleth aux cheveux écarlates découvrit, cachée par les arbres, une patrouille d'environ quinze orcs. Son souffle se coupa et elle sentit le poids rassurant de ses doubles poignards dans son dos. Alors qu'elle allait tenter de se retourner sans bruit pour repartir le plus vite possible et prévenir ses amis, elle se retrouva nez à nez avec un des monstres.

- « Une elfe ! Tuez la immédiatement ! » cria celui ci, une fois la surprise passée.

Elwen connaissait le langage noir du Mordor depuis sa capture là bas. Cette langue, qu'elle avait toujours méprisée, lui avait été cependant assez utile quand elle avait commencé à marchander avec l'Ennemi, il y a bien longtemps.

Elle dégaina ses doubles épées et transperça l'orc qui ne put finir sa phrase. Aussitôt, elle se mit à courir en sens inverse. Ce n'est qu'à ce moment là qu'elle réalisa à quel point elle était loin de leur campement.

- « Elladan ! Elrohir ! » cria t-elle de toutes ses forces « Orcs ! Orcs ! »

Mais ses appels restèrent sans réponse. Elle entendait les orque derrière elle. Elle ne mit que quelques minutes à comprendre la bêtise qu'elle était en train de faire. Elwen s'apprêtait à conduire directement une patrouille orques sur ses amis encore assoupis et exténués par la route. Elle changea subitement de direction, tentant d'éloigner les horribles bestioles de ses amis. Elle continuait à crier à plein poumons mais c'était peine perdue, ils étaient bien trop loin.

Elwen se retourna soudainement et prit la décision de faire face aux monstres. Elle arma son arc aussi vite qu'elle le put et tua le premier orc qu'elle vit. Quand ils se jetèrent sur elle tous en même temps, elle n'eut d'autre choix que de le lâcher. Les orcs n'étaient pas des créatures très intelligentes mais il fallait avoué qu'elle était en infériorité numérique.

Cela faisait plus d'un siècle qu'elle n'avait plus combattu seule mais ses réflexes du combat solitaire revinrent assez rapidement pour lui permettre d'abattre un second orque. Elle ne sut combien de temps le combat dura mais cela lui parut une éternité.

Elle tranchait les chairs aussi vite qu'elle en était capable mais le nombre d'assaillants ne semblait jamais diminuer. Elle tenta à nouveau d'appeler ses amis, elle savait qu'elle ne tiendrait pas longtemps. Elle décapita un autre orc avant de se baisser pour éviter une épée. Elle fit tournoyer ses épées jumelles et tua trois monstres d'un coup. D'un coup de pied, elle fit reculer un orc qui tentait de la transperçait d'une lance. Elle lui planta sa lame droite en plein coeur tandis que son bras gauche coupait une jambe.

Elwen récupéra son arc avant de sauter sur une branche. Elle ne put abattre que trois orcs, à court de flèches. Elle sauta de son perchoir et aperçu les quatre monstres restants qui lui fonçaient dessus.

Elle réussit à en tuer un mais la fatigue du voyage et celle des nuits trop courtes s'ajoutant à celle du combat, elle se sentit incapable de tous les tuer. Elle para un violent coup d'épée, la faisant dévier vers son épaule. La lame coupa sa chair et s'y enfonça d'un coup. Elle hurla de douleur avant d'envoyer son pied dans la tête de l'orc, produisant un puissant craquement.

L'elfe rousse jeta un œil à son épaule gauche, celle ci était salement amochée et saignait. Sa main était poisseuse de sang et bouger le bras était assez douloureux. Le sifflement d'une flèche retentit et elle vit dans le coin de ses yeux un orc tomber. Elle se saisit de son épée restante et transperça l'un des deux orcs restant. Quand elle se retourna, elle vit un elfe blond abattre à son tour un monstre. Il était grand et ses cheveux virevoltaient autour de lui alors qu'il se tournait vers elle.

Il avait les yeux bleu.


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