Bonjour à tous ! Voici le cinquième chapitre de "La fille qui n'avait plus espoir". Désolée d'avance pour les fautes. Je tenais aussi à vous préciser que les chapitres suivants mettront peut être plus de temps que prévu à arriver, j'entre dans une période de mes études assez intense et j'espère tout de même avoir le temps mais … Bref.
Bonne lecture.
Disclaimers: Sda ne m'appartient pas (par contre tous les personnages sortis de mon imagination, si.)
Italique : Elfique/Flash back
Normal : Westron
CHAPITRE 5
Ils étaient partis à l'aube naissante, sans reparler de la veille comme l'avait dit Elwen. La chevauchée était plus tranquille que la précédente, Elwen tentait de déterminer les atouts de sa monture, sans grand succès. Ils avaient quitté les plaines où la seule végétation était une herbe sèche et quelques arbres rabougris. Autour d'eux de larges buttes couvertes de longues herbes vertes les entouraient. Les touffes de végétations atteignaient parfois leurs cuisses. Le vent léger semblait créer une onde invisible sur ces collines verdoyantes. Elwen se sentait apaisée, libre et heureuse. Ils avaient quitté les baies glaciales du Forochel et les températures étaient revenues à un stade supportable.
Ces cheveux écarlates contrastaient avec le paysage, elle était une minuscule tâche rouge sang au milieu d'un tableau vert tendre. Tout n'était que beauté et paix autour d'eux. Mais lorsque le sol devint spongieux, aucun d'eux ne le remarqua, trop heureux d'observer les alentours. Ce fut Elwen qui s'en aperçut en jurant, son cheval refusant d'avancer plus. Ils découvrirent rapidement la cause de l'humidité : une large rivière dont le lit débordait sur les terres aux alentours. Les chevaux elfiques auraient certainement pu avancer encore un peu mais la traverser devint rapidement impossible. Ils descendirent de leur monture et regardèrent avec lassitude le cours d'eau. Il était beau, entouré de roseaux et de saules pleureurs.
Elwen tenta de rejoindre sa rive, marchant lentement sur le sol meuble et imbibé d'eau. Elle était légère ce qui lui permit de parvenir jusqu'à un arbre et de s'y accrocher. Elle grimpa facilement en haut et observa les dégâts du fleuve. Les récentes pluies avaient dû causer ce débordement. Les champs étaient dévastés, les fermes couvertes de vase tandis que les traces d'anciennes routes étaient encore à moitié visibles de haut. Elwen connaissait ce fleuve comme un des plus capricieux. Les crues de Lhùn était la raison de la perte de bien des récoltes et de la migration de beaucoup de peuples vers l'Est. Le printemps arrivait doucement dans ces régions et la fonte des glaces et les récentes précipitations étaient les causes les plus fréquentes.
Un homme, sûrement un paysan, arriva vers eux en tirant une charrette de foin trempé. Les trois elfes au sol parlaient un peu le Westron mais Elwen était la seule à le parler couramment. Elle tendit le cou pour voir s'il venait bien vers eux et commença à descendre rapidement. Elle sauta à terre, oubliant momentanément la crue récente. Ses deux pieds s'enfoncèrent d'un seul coup dans un mélange de terre et de vase. Elle regarda ses bottes avec un regard déprimé. Elle entendit les éclats de rire de ses amis et du paysan et elle releva la tête vers eux avec un sourire honteux.
Elle s'approcha de l'homme et entama une conversation qu'aucun d'eux ne comprit tant elle parlait vite. Quand le fermier repartit en la saluant d'un chaleureux sourire, Elwen s'approcha des trois elfes septiques.
- « Il dit que traverser est impossible dans cette région, la rive est bien trop meuble pour s'y aventurer, on risquerait de s'y enliser et de devoir attendre l'été. »
Les jumeaux se regardèrent consternés tandis que Legolas regardait de l'autre coté du cours d'eau. Elle leur fit un petit sourire encourageant avant de poursuivre.
- « Par contre il paraît qu'il est possible de traverser plus au Nord, là où la neige n'a pas encore fondue … Les rives sont gelées et les ponts ont résisté … aux dernières nouvelles du moins. »
Ils échangèrent un regard avant de décider de suivre la rive du fleuve au Nord afin de trouver un passage. Elwen monta d'un bond sur son cheval qui grogna. Ses sabots s'enfonçaient dans le sol et l'herbe humide qui lui arrivait en haut des pattes semblaient le gêner. C'était un cheval des Hommes, sensibles et bien plus vulnérables que ceux de ses compagnons.
Ils repartirent au galop vers le Nord qu'ils venaient de quitter. Ils chevauchèrent toute la journée jusqu'au soir. Aucun village n'était visible et la nuit commençait lentement à tomber.
Elwen était loin derrière eux, son cheval s'était essoufflé très vite dans cet environnement. Une centaines de mètres les séparait mais les trois elfes la voyait très nettement désormais marcher à coté de sa monture. Elle avait dû chuter plusieurs fois car ses mains portaient des traces de boue.
Elrohir sauta sur son cheval et alla la rejoindre, laissant ses deux compagnons les attendre. Quand il arriva près d'elle, Elwen était en train de pester en Westron sur un quelconque sujet. Il lui tendit la main et elle parut surprise avant de la saisir. Elle monta derrière lui, tenant toujours le lien de sa monture. L'elleth parla vivement à l'animal qui remua les oreilles, ne comprenant pas que sa maîtresse lui disait qu'il allait devoir forcer l'allure.
Elrohir se pencha doucement vers la tête de l'animal à la robe d'ébène et lui murmura lentement des paroles elfiques. Aussitôt, le cheval parut comprendre et se mit à trotter en avant. L'elfe brun fit un petit sourire moqueur à son amie qui avait les yeux écarquillés.
- « Le ton, tout est dans le ton chère amie ! » déclara t-il un peu trop pompeusement au goût de l'elleth qui lui assena une tape sur la tête.
Une fois que l'équipe fut au complet, ils décidèrent de trouver un endroit où la terre n'était pas humide, ce qui signifiait s'écarter du fleuve. Une heure fut nécessaire à cela mais ils trouvèrent tout de même un arbre touffu à quelques kilomètres de la rivière.
Elwen s'écroula par terre, épuisée par cette journée. Elle ne se releva que pour vérifier qu'elle avait bien attaché sa monture et pour la desseller. Quand ses amis lui proposèrent un morceau de pain comme repas, elle l'accepta de bon coeur et resta à leurs cotés autour du feu. Cependant, au bout d'un moment, la conversation sembla floue et elle en perdit le fil jusqu'à tomber de sommeil.
Elwen faisait une fois de plus face à cette foule silencieuse. Ils avaient, cette fois-ci, tous une rose rouge à la main. Sans savoir pourquoi, Elwen commença à les supplier de ne pas faire ce qu'ils allaient faire. Une voix s'éleva, une voix inconnue, et sembla tous les envoûter. Ils commencèrent par fredonner doucement la chanson, une comptine que Mistrid chantait à Elenwë quand elle était petite. Puis, lentement, un par un, ils se levèrent et se dirigèrent vers elle.
L'elleth retint son souffle, elle connaissait cet étrange rituel. Il annonçait un jour très spécial. Un jour qu'elle aurait préféré oublier et bannir de sa mémoire. Il était sûrement le pire et le plus douloureux. Chacune des personnes la dépassa, passant auprès d'elle comme si elle n'existait pas. Ils soufflaient d'une seule et même voix la même ritournelle.
Alors, lentement, Elwen se retourna pour faire face à la tombe blanche, bien plus belle que celle qu'elle n'avait autrefois construite. Chaque défunt déposait la fleur sur la toute petite tombe, formant comme une muraille tout autour. Elwen tenta de retenir les larmes qui voulaient lui échapper, comme à chaque nouvelle année. Elle observait la scène en essuyant ses larmes avec ses mains. Elwen se mit à sangloter misérablement, murmurant qu'elle n'avait jamais voulu tout cela. La chanson résonnait de plus en fort et semblait de répercuter à l'infini. L'elleth finit par se détourner de la scène et se recroquevilla sur elle même en sanglotant.
Cette tombe signifiait tout. Elle aurait pu représenter la pire partie de sa vie. Ce jour là, elle avait perdu l'être qui lui était le plus cher. Les voix s'entrechoquaient, résonnant entres elles et comblaient le vide qui emplissait chacun.
Puis tout cessa d'un seul coup. Le silence fit à Elwen l'effet d'une claque. Elle releva lentement la tête avant de se remettre debout, elle était seule, tous avaient disparus. Seule une femme habillée de blanc lui tournait le dos. Elle tenait du bout de ses doigts blancs, une rose rouge sang. Ses longs cheveux blancs comme neige virevoltaient autour d'elle, poussés par un vent inexistant. Elwen s'approcha d'elle et de la tombe entourée de roses. La pierre était vierge, exceptée une inscription finement inscrite dans la roche.
« Tôt ou tard, arrivera le moment où tout le monde aura ce qu'il mérite »
Elwen avait redressé la tête pour observer la jeune femme. Sa peau était si clair qu'elle paraissait translucide et ses yeux étaient si pâles qu'on aurait pu la prendre pour un spectre. Elle regardait la tombe, quelques larmes perlant de ses cils blancs. Elle se redressa vers l'elleth aux cheveux rouges et l'observa longuement avec sévérité. Son regard était implacable et plein de brutalité. Elwen laissa échapper un souffle tremblant. Chaque fois qu'elle revoyait cette jeune femme qui avait été presque une amie, celle ci l'avait rejetée. Aujourd'hui ne semblait pas différent.
- « Je te tuerai, Ilestelwen, si seulement j'en avais le pouvoir … » murmura t-elle
Elwen ne répondit rien et se contenta de fixer l'amas de fleurs à ses pieds. Elle finit par répondre sans relever les yeux.
- « Je sais … Je n'en t'en veux pas. Tu as le droit. Mais, après tout, tôt ou tard, arrivera le moment où tout le monde aura ce qu'il mérite … J'attends ce jour depuis des années. »
- « Moi aussi … Depuis si longtemps. » La jeune femme fixa l'elleth. « Tu dois payer Elwen, pour tout ce que tu as fait. »
Elwen inspira une grande goulée d'air et tenta de se détendre. Les yeux pâles de son amie, si semblables aux siens dans certaines mesures, semblaient lire en elle, trouver les failles et appuyer là où ça faisait mal. La femme aux cheveux de neige lui tendit la fleur. Au moment où la tige de la rose passait dans la main blanche de l'elleth, l'humaine tira vivement la fleur vers elle, coupant profondément la paume de Elwen. Celle ci ne broncha pas et prit la fleur entre ses doigts, murmurant une prière elfique avant de la jeter sur la tombe.
Sa main saignait, quelques gouttes roulèrent jusqu'à la pierre blanche et s'y imprimèrent. Et puis comme à chaque fois, tout bascula. Quand Elwen se retourna, elle ne vit pas tout de suite que Elenwë lui faisait face.
- « Qui es tu réellement Ilestelwen ? » murmura t-elle furieusement. « C'est vrai ça ! Tu as détruit nos vies mais, jamais, nous n'avons su qui se cachait derrière ce visage trompeur. »
Comme l'elfe restait silencieuse, l'humaine s'approcha d'elle, tournant autour d'elle comme un oiseau de proie.
- « Une fois marchande, voleuse, assassin, acrobate ou encore servante … Mais qui es tu ? »
- « Je ne suis personne. Juste une semi-elfe. »
Elenwë partit dans un grand éclat de rire sans joie, juste triste et désespéré. Elle pointa son doigt vers elle comme une menace.
- « Ca c'est ce que tu nous racontes … Fille d'une elfe sylvestre et d'un homme du Nord ! Crois tu que nous goberons éternellement tes sornettes ? Des hommes ont dis que tu avais en ta possession quelque chose, une chose qui a causé la chute de bon nombre de royaumes. Une chose que ton père t'a légué. »
- « Mon père ne m'a jamais rien laissé ! Il me haïssait ! » hurla-t-elle en faisant un pas en avant.
- « Vous entendez cela ! » cria à son tour Elenwë « Ilestelwen ose nous mentir ! À nous, ses victimes ! »
Elwen se retourna pour faire face à la foule de personnes qui avait auparavant disparu. Ils avaient tous un regard haineux dirigé vers elle. Elle aperçut des fermiers, des soldats, des rois défunts. Et alors qu'ils se dirigeaient tous vers elle, resserrant le cercle de plus en plus, elle commença à paniquer.
- « Je suis Ilestelwen fille de Fingon, originaire des royaumes du Nord ! Acrobate, voleuse, assassin, servante, … Tout ce que vous voulez mais rien d'autre ! Une elfe en cavale depuis toujours qui ne redoute qu'une seule chose : VOUS ! Alors, une bonne fois pour toute … LAISSEZ MOI ENFIN EN PAIX !
Elle avait hurlé cela sans y penser et elle eut la surprise de rouvrir les yeux pour les découvrir partis. Ce fut Mistrid qui s'adressa à elle cette fois ci. Elle avait encore sa robe de servante, brune et parsemée de tâches, et ses yeux reflétaient la fatigue des années de travail et de tristesse. Il était vrai qu'elle avait été un guide, une aide, presque une amie pour Elwen. Contrairement aux autres, elle n'avait pas cette haine qui semblait résonner en elle, seulement des regrets et une tristesse à l'état pur, si bouleversante et prenante. Ce n'était qu'un murmure, un simple murmure qui fit écho à tant de souvenirs …
- « Ce n'est pas comme cela que ça marche … Ilestelwen, fille sans espoir. » souffla t-elle avec un sourire triste avant de disparaître à son tour.
Elwen se tourna vers la tombe entourée de fleurs écarlates et ferma les yeux. Tout son être semblait avoir été retourné. Un grand vide prit place en elle.
Elle se réveilla alors que le soleil n'était pas levé et s'assit sur sa couche. Elle se prit la tête entre les mains et tenta de se la vider. Ce jour était très spécial, et elle l'avait oublié. Il y a deux siècles, jour pour jour, un accident était arrivé dans les Monts Brumeux. Un accident qui était restait invisible à tous sauf à quelques personnes, les victimes. Quand elle y repensait, Elwen se disait qu'elle avait été stupide, inconsciente et complètement irresponsable. Quelle pensée lui était passée par la tête ! Passer le col de Caradras alors que l'hiver arrivait à sa fin ! N'importe qui aurait pu savoir que c'était la pire idée … Mais Elwen était poursuivie.
Elle tenta de faire sortir ses tristes souvenirs de sa tête mais l'image de la petite tombe revenait sans cesse à son esprit.
Une tombe de la taille d'un enfant.
Elle attendit l'aurore la tête posée sur ses genoux, rêvant, les yeux dans les vagues. Quand elle perdit patience, elle se releva et alla raviver le feu éteint. Elle entassa un peu de bois malheureusement humide. Quand elle gratta deux pierres l'une contre l'autre afin de faire des étincelles, une flamme apparue … et s'étint aussitôt. Elwen grogna de frustration avant de recommencer. Elle mit plus d' une heure à faire un feu convenable. Il était tout petit et faisait beaucoup de fumée et produisait peu de chaleur mais cela lui suffit. Elle s'assit tranquillement à coté et avança ses mains vers les flammes. Son regard se posait passivement sur l'âtre, contente d'elle même quand un pied vint piétiner le feu.
- « Espèce de stupide troll ! Tu sais combien de temps j'ai mis pour faire ce feu ! » s'écria t-elle en se relevant vivement.
- « Ilestelwen ! Calmes-toi ! »
C'était la voix d'Elladan, il avait l'air confus et agacé. Elwen se calma vite quand elle entendit son ton effrayé.
- « Que se passe t-il ? » murmura t-elle, essayant de croiser son regard fuyant.
- « Ces plaines sont désertes mais l'ennemi rôde toujours dans l'ombre … Nous sommes bien trop repérables. » Répondit -il enfin.
Il la regarda dans les yeux avant de se tourner vers son frère et Legolas. Ils avaient l'air perdu et incertain. Il leur expliqua rapidement la situation alors que l'elleth rousse grimpait à l'arbre. Il était assez haut et en arrivant au sommet, la vue coupa lui coupa le souffle. À perte de vue, des grandes plaines s'étalaient, couvertes de grandes herbes, au sol marécageux et instable. Le vent créait une onde sur les herbes et on aurait dit des êtres à part entière. L'aube était en train d'illuminer l'horizon et Elwen sentit son souffle se couper.
C'était tellement beau pour un endroit ravagé par l'eau.
Elle inspira longuement, le vent se fit plus fort. Elwen ne sut pas pourquoi elle eut soudainement envie de se lever, de tendre les bras vers le ciel et de crier au monde entier qu'elle était là, qu'elle n'avait pas disparue, que Nairawen, Hecilwen, Nuldawen et toutes les autres vivaient malgré tout encore en elle. Et que jamais elles ne disparaîtraient.
Ses yeux furent attirés par un point en mouvement à sa gauche. Une troupe d'Hommes arrivaient. Les hommes avaient le plus souvent peur des elfes mais Elwen connaissait les Hommes du Sud du Forochel. Ils n'étaient pas comme les autres. Elle fronça les sourcils avant de se retourner vers le soleil levant. Elle ferma les yeux et respira profondément avant de redescendre.
- « Alors ? Qu'il y a t-il ? » Lui demanda Elladan, anxieux.
- « Rien … Juste une troupe d'hommes qui viennent du Nord. On ferait mieux de partir. »
Ils plièrent bagages et sautèrent sur leur monture. Il avait dû pleuvoir un peu car la terre semblait encore plus humide qu'hier. Les trois elfes trouvèrent leur compagne bizarrement silencieuse, avec un air étrange sur le visage. Comme si des fantômes étaient venus la voir pour la punir. Mais dans son esprit tournaient les paroles des femmes, les cris des enfants et surtout une petite tombe qu'elle avait laissé derrière elle, il y a plus d'un siècle. Une parmi tant d'autres.
Méritait-elle cette vie ? Méritait elle seulement la vie ?
Elwen savait que ces rêves finiraient par la briser si cela ne s'arrêtait pas bientôt. Mais quelle solution y avait il à des défunts désirant venger leur existence volée ?
Ils arrivèrent au crépuscule dans un village des Terres intérieures, loin du fleuve colérique. Elwen connaissait ce village mais cela faisait des siècles qu'elle n'y était pas allée. Ils s'arrêtèrent à l'auberge et entrèrent dans la salle bondée. De la musique résonnait dans la salle pleine de monde. Elwen abaissa sa capuche et s'approcha du comptoir d'un pas décidé.
- « Il vous reste des chambres ? » demanda t-elle à l'aubergiste, dont le ventre semblait pouloir éclater à tout moment.
- « Vous avez de la chance, il ne m'en reste que deux petites. » Il dut la voir hésiter car il ajouta. « Mais elles conviendront parfaitement à quatre personnes !"
Elwen se tourna vers ses amis qui n'avaient pas écouté la conversation, de toute façon ils n'auraient pas compris. Legolas semblait ébahis par le bruit et l'agitation de la salle. Elwen inspira avant de lancer à l'aubergiste quatre pièces d'argent.
Elle rejoint ses amis et ils s'installèrent pour manger. Elladan partit chercher les assiettes de bouillie d'orge et le vin. Pendant ce temps, Elwen se pencha vers les deux autres elfes.
- « Il n'y a que deux petites chambres mais on peut se diviser en deux groupes, ça ira. »
Elrohir la regarda avec de grands yeux écarquillés. Elle fronça les sourcils en le regardant.
- « Qui y'a t-il ? »
- « Tu sais ce que ça veut dire « une petite chambre pour deux » ? lui demanda t-il en souriant avec malaise.
Elwen eut un temps d'arrêt, elle se tourna vers lui d'un seul coup.
- « Un lit pour deux. » souffla t-il avec une drôle de grimace.
Elwen se sentit soudain très bête, voir extrêmement. Elle se plaqua les mains sur la figure en grognant. Elle grommela quelque chose en Westron qu'elle seule put entendre.
- « Eh bien ... Je crois que quelqu'un va passer la nuit dans l'écurie. J'espère que le foin est sec parce que je déteste dormir sur du foin trempé … » murmura Legolas
- « Pfff … Arrêtes de dire des âneries ! C'est bon, on peut dormir dans un même lit pour une nuit ! » dit elle avant de se tourner vers lui. « à moins que ça te dérange bien sûr ! »
Legolas parut perdu et chercha du soutien auprès d'Elladan qui venait d'arriver.
- « Non, … C'est juste que ce n'est pas très bon pour la réputation d'une femme … » souffla t-il, le bout des oreilles rouge comme une tomate.
À son grand étonnement, Elwen se mit à éclater de rire en se penchant vers lui.
- « Tu crois vraiment que j'en ai encore quelque chose à faire de ma réputation de femme ?! Legolas, je voyage toute l'année avec deux elfes depuis maintenant plus d'un siècle ! »
Il lui sourit timidement et acquiesça avant de plonger le nez dans son verre de vin. Il l'entendit rire un peu mais elle ne fit pas de commentaire. Ils mangeaient silencieusement quand un homme qui avait l'air d'avoir un peu trop bu s'assit à coté d'Elwen. Elle se décala imperceptiblement mais l'homme revint se coller contre elle. Il commença à lui parler en Westron mais aucun des trois elfes ne comprit ce qu'il était de lui dire, seule l'expression d'Elwen en disait long.
Cela ne faisait que quelques minutes qu'il était venu mais il commençait déjà à devenir louche. Soudain, alors que personne ne comprit ce qu'il se passait, Elwen se leva vivement et assena à l'ivrogne un coup de genou dans le ventre. D'un mouvement de bras il se retrouva très vite allongé par terre. Les trois elfes et tout le monde autour d'eux s'étaient levés d'un bond et un silence inquiétant régnait dans la salle.
Elwen l'avait fait tombé au sol et à présent elle le dominait, debout à coté de lui. Elle se pencha vers lui et le tira par les pans de chemise. Elle lui souffla des paroles hargneuses dans une langue que personne ne comprit. Cela ressemblait à des sifflements menaçants, le langage noir. Elle eut l'air de soudain prendre conscience de la langue qu'elle utilisait car elle le souleva du sol en hurla, cette fois ci en Westron.
- « Tu sais ce que ça fait de traiter les femmes comme ça ? Hein ? Moi je vais te montrer ce qu'il en coûte de s'attaquer à une femme pour lui faire ce que tu dis ! »
Elle se secouait dans tous les sens, l'injuriait de tous les noms et lui hurlait une série de mots dont le débit était bien trop important pour que ses amis n'en comprennent le sens. Heureusement d'ailleurs.
Et alors que personne ne s'attendait à cela, elle lui assena un coup de poing en plein dans la mâchoire avant de le relâcher. Il y eut quelques minutes de silence total avant que d' autres hommes ne se précipitent sur elle.
Elwen se mit en position de combat, les poings levés et les jambes fléchis, et au moment où un des hommes arrivaient vers elle, elle lui donna un puissant coup de pied dans le ventre, celui ci s'écroula. Elle allait en frapper un autre quand un jeune homme s'interposa devant elle. Elwen tenta de le contourner mais il la bloqua avec ses bras.
- « Arrêtez ça immédiatement ou j'appelle la garde ! » hurla t-il.
Tous les hommes s'éparpillèrent et retournèrent à leur beuverie. Il se tourna vers elle et elle sentit son regard passer sur elle. Il prit soudain un air abasourdi et ouvrit la bouche pour dire quelque chose. Elwen sentit ses cheveux tomber de ses tresses, dévoilant deux oreilles à la pointes bien trop significatives. Elle entendit ses amis courir vers elle, sûrement pour la sermonner d'avoir encore déclencher une bagarre.
Et puis un visage qu'elle n'aurait jamais pensé revoir apparu devant ses yeux.
Celui d'un homme qu'elle avait connu il y a tant d'années, un homme aux cotés duquel elle avait combattu, un des rares hommes qui n'était pas mort par sa faute.
Elle entrouvrit la bouche, cherchant ses mots, mais ce fut le jeune homme qui lui coupa la parole.
- « Nuldawen (femme secrète)… » murmura t-il « C'est bien toi ? »
- « Oui … Oui, c'est moi. Je suis revenu Aedan, je suis là. Je suis là. » souffla t-elle, un air étrange sur le visage.
Il n'était pas mort, il était là, devant elle.
Il n'était pas mort. Il n'était pas mort. Il n'était pas mort.
Elle posa sa mains sur sa joue et lui sourit, les larmes aux yeux. Elle battit des paupières pour chasser les larmes salées et se mit à rire. Un rire de délivrance, de consolation.
- « Tu es vivant Aedan, tu es vivant. »
Elwen le prit dans ses bras et ferma les yeux de bonheur. Il était là. Mais il prit la parole et tout partit en éclats.
- « Aedan est mort, Nuldawen. Deux ans après ton départ, il est tombé au combat contre une troupe d'Hommes venus d'au delà des Montagnes du Nord. Je suis son arrière-petit fils, Aël. »
- « Il … Il est mort. » Souffla t-elle.
Quelque chose semblait s'être brisé à l'intérieur d'elle et cela faisait le bruit d'un dernier espoir fêlé. Elle se détacha de lui et le regarda de bas en haut, le visage neutre et impénétrable.
- « Tu lui ressembles beaucoup. » murmura t-elle et il lui sourit. « Comment connais tu mon nom ? »
- « Oh ! Aedan adorait parler de toi, il t'a même imaginé une histoire, une histoire qui circule dans toute notre famille depuis plus de 150 ans. Il n'arrêtait pas de nous parler d'une elfe aux cheveux rouges comme le sang qui parcourait la Terre du Milieu, une elfe formidable qu'il avait connue à la guerre. Il paraît qu'elle a passé cinq ans dans le village mais qu'un jour elle est partie sans que personne ne sache pourquoi. Aedan en était fou amoureux dans sa jeunesse. »
Elwen avait un regard triste, étrange et elle inspira profondément avant de relever la tête vers lui.
- « Aedan était un grand guerrier, il m'a sauvée la vie le jour de notre rencontre. »
- « Si tu savais comme il a été malheureux après ton départ … Il s'est marié avec une femme qu'il n'aimait pas, il lui a fait un gamin, ma mère, et puis il est partit à la guerre pour ne jamais revenir. Cependant, il avait eu le temps de répandre ton histoire, il pensait pouvoir te retrouver ainsi. Mais ce ne fut pas le cas. »
Cherchait il à la faire culpabiliser ? La menaçait il ?
Les jumeaux, derrière elle, durent entendre son ton colérique car ils vinrent se placer à ses cotés. Aël leva les yeux vers eux et enleva sa main de l'épaule de l'elleth.
- « Vous devriez faire attention, messieurs. Cette femme n'apporte que des malheurs. »
Et il partit avec un étrange regard pour elle. La lueur de ses yeux voulait tout dire.
Merci beaucoup d'avoir lu ! Cette fois-ci, j'aimerai vraiment que vous me laissiez une review … J'ai énormément travaillé ce chapitre qui me tenait à cœur et j'aimerai savoir si il vous a plu, ce que vous pensé de mon histoire, si mes personnages paraissent réels, si l'histoire ne se répète pas trop pour l'instant … Bref, je me pose beaucoup de questions dont vous êtes les seuls à pouvoir m'apporter les réponses …
A la prochaine !
