Résumé des chapitres précédents : Elorna a accouché d'une petite fille nommée Penya (la maudite) mais semble la repousser. Pour subvenir à leurs besoins, Elwen est contrainte de voler. C'est pendant une des ses sorties nocturnes qu'elle rencontre pour la seconde fois Emaël (neveu de Kerberos qu'elle a assassiné pour lui voler ses biens). La garde de la ville est à ses trousses et elle est finalement capturée. Avant d'être enfermée, Emaël la rejoint et elle a juste le temps de lui crier de conduire Elorna et sa fille sur la côte, dans la ville de Ost-Andrast. Enfermée depuis un temps incertain, Elwen se souvient : Après avoir incendié le manoir, entraînant la mort d'Ella (sœur de Mistrid et mère de Elenwë) et de son fils, Elwen fuit et pense trouver refuge dans un village humain. En chemin, elle traverse Mirkwood et est emprisonnée pour vol pendant environ 5 ans. Elle parvient enfin à s'échapper et atteint un village humain (Aldwyn et Daeley). Après pas mal d'ennuis, Ella la visite dans ses rêves, lui ordonnant de partir pour son ancien village où Mistrid l'attend. En arrivant là bas, elle découvre une Elenwë grandit et une Mistrid affaiblie. Cette dernière va lui cacher qu'elle est mourante jusqu'à la fin où, ne supportant plus les douleurs, elle lui confie la garde d'Elenwë en faisant un marché avec elle. Durant cinq ans, elle formera la jeune fille et lui montrera le monde. Une fois la Terre du Milieu parcourue en entier, Elenwë lui dira alors l'endroit où elle veut vivre. Sinon, l'elfe devra la prendre comme compagne de voyage. Elwen se réveille dans sa cellule une fois de plus.


Les jours et les nuits se confondaient toujours plus. Allongée sur le dos, Elwen fixait le plafond invisible depuis peut-être des jours ou des mois.

Elenwë était revenue souvent, lui insufflant des souvenirs qu'elle voulait oublier mais aussi voir revivre. C'était parfois des scènes banales, elles deux, dans un champs si grand qu'on n' en voyait pas les limites, le soleil d'une après midi dorant leurs cheveux.

Elles riaient, elles attrapaient des grillons et des sauterelles entre leurs doigts et déclamaient des comptines idiotes juste pour le plaisir d'entendre leur voix aussi fort que possible dans l'immensité de l'or des blés. Elenwë portait une robe blanche qui volait lentement dans le vent chaud qui la gonflait. Elle était si belle et si différente. On aurait dit que le soleil posait sur elle des rayons uniques qui la rendaient plus radieuse encore que les elfes des bois.

Elle avait ce quelque chose qui la rendait si spéciale, si fascinante, si en dehors du temps. Sa peau et ses cheveux immaculés la rendaient plus belles encore. Partout dans la région, elle était connue sous le nom d'Isbãrn, « l'enfant de glace » dans leur patois. Le vent faisait virevolter les mèches si blanches autour de son visage. Elle avait fermé les yeux, les mains agrippées aux épis dorés qui l'entouraient. Elle chantait doucement une vieille chanson que Mistrid lui avait appris. Le vent emportait la mélodie, capturant les sons pour les emmener vers l'infini.

Son coeur se serrait à la vue de ces images. Où étaient passées ces temps heureux ? Où avait disparu le soleil et les rires ? Qu'y avait-il pu bien se passer pour que la si joyeuse Elenwë lui en veuille autant ? Tant d'années étaient passées et elle ne les avait même pas vues filer. Lorsqu'elle se sentait vraiment seule, Elwen implorait les Valar de lui rendre la jeune fille autrefois si pleine de vie et ses yeux se gorgeaient de larmes.

D'autres fois, c'était des scènes beaucoup plus tristes. Celles qui avaient suivi leur départ du village lendemain de la mort de Mistrid. Les souvenirs n'étaient pas assez précis pour distinguer l'ensemble des scènes, parfois aucun son n'était audible ou alors l'arrière plan n'était qu'un flou confus, indescriptible. La peine avait été trop grande pour que les souvenirs soient nets.

Elenwë était assise contre la paroi d'une grotte, le feu brûlait dans le creux d'une roche, Elwen faisait cuire des lapins depuis longtemps carbonisés. Dehors, il pleuvait d'une petite pluie glacée, le vent faisait danser le rideau de pluie. Elenwë pleurait, recroquevillée contre la pierre, les genoux contre sa poitrine, la tête posée dessus.

Il n'y avait aucun son dans le souvenir, même pas le crépitement du feu ou le chant du vent dans les arbres. Les sanglots de la jeune fille étaient silencieux, ses larmes étaient muettes. Ces joues si pâles en étaient trempées. Elles étaient assises face à face, d'un côté et de l'autre du feu. Se jaugeant par instant à travers les flammes.

Elenwë releva subitement la tête et fixa l'elfe durement. Ses yeux lançaient des éclairs et ses sourcils se froncèrent. Et puis, elle cracha les seules paroles audibles de tout le souvenir qui résonnèrent trop fort dans son esprit.

- « Les monstres sont ceux qui ne pleurent pas ! »

Elwen ne pleurait pas. Elle ne pleurait plus. Depuis trop d'années.

Cette fois ci, ce ne fut pas Elenwë qui vint la trouver. Juste au dessus d'elle, un visage emplissait tout son champ de vision. Elwen cligna plusieurs fois des yeux mais la figure de l'homme ne disparut pas. Il s'était placé juste au dessus d'elle, son visage à quelques centimètres du sien.

C'était impossible.

Même si des siècles étaient passés, elle l'aurait reconnu entre mille. Ses cheveux blancs et ses yeux d'un bleu laiteux ne mentaient pas. Aeglos. Le frère jumeau d'Elenwë, neveu de Mistrid, qui avait péri dans l'incendie du manoir, se tenait devant elle, immobile. Il était né aveugle et, malgré les prières trop nombreuses de sa mère, l'était resté à jamais. Prisonnier d'une obscurité qui l'avait empêchée de sortir du manoir à temps.

Il ne disait rien, ses grands yeux toujours ouverts sur l'infini la fixant d'une étrange manière. Il avait tant changé … Il avait quitté ce monde à l'âge de cinq ans, petit corps parmi tant d'autres carbonisés. Il leva la main vers son visage, en touchant les contour et les traits.

- « Maman avait raison. Tu n'es pas aussi belle que dans mon souvenir. Il y a quelque chose qui a changé qui te rend plus laide. Vraiment laide. »

Aeglos parlait avec l'étrange cruauté des enfants, celle qui dit une vérité que l'on s'évertue à cacher au monde et à soi même. Il avait été arraché au monde trop tôt pour apprendre comment vivre en homme.

- « Ca va être triste aujourd'hui. J'espère que tu vas pas trop pleurer. »

Elwen ne dit rien, trop abasourdie pour répondre. Jamais Aeglos n'était venu lui rendre visite avant ce jour. Sa main aux mouvements enfantins passa sur ses lèvres.

- « Maman dit toujours qu'un sourire suffit à vous rendre plus beau. »

Il se mit à sourire de manière excessive, dévoilant ses dents, plissant ses yeux. De ses deux doigts, il remonta le coin de la bouche de l'elfe.

- « Voilà. Là tu es déjà plus belle. Je ne peux rien faire pour tes yeux par contre … »

- « Mes yeux ? »

- « Même un aveugle le verrai ! » Il se tordit de rire et reprit son sérieux très rapidement. « Quelque chose a changé, ça se voit dans tes yeux. Rien ne pourra les faire revenir comme avant maintenant. Ça te rend si laide … ton coeur est devenu trop noir pour que tu puisses y voir clair. Maman dit que c'est bien fait. Que tu as mérité ces ténèbres sans pitié. »

Elwen ne sut que répondre. Parce qu'il disait vrai. Mais il avait fallu qu'un enfant vieux de plus de cent ans mette des mots sur cela pour qu'elle puisse enfin le voir bien en face.

- « Maman dit que l'on voit la vraie beauté des gens dans l'étincelle qui fait briller leurs yeux. Je suis très fort pour les voir, moi. Elle dit que j'ai les yeux les plus purs et les plus lumineux qu'elle n'ait jamais vus. Elle dit aussi que j'ai de la chance de rien pouvoir voir. »

Aeglos aux yeux si pâles, si vides, voyait la beauté là où personne ne pouvait la deviner. Peut être parce que lui était insensible aux charmes visibles. Il ressentait le beau comme personne ici.

Il lui prit délicatement la main, resta un instant pensif puis se mit à chuchoter quelque chose que lui seul pouvait entendre.

C'était déroutant. Elwen ne savait pas quoi faire et l'observait simplement avec fascination. Il semblait si jeune et si vieux, si triste et si joyeux, tout ça à la fois. Aeglos, enfant éternel, avait ce quelque chose de déconcertant qui vous retournait l'âme.

Elwen repensa à ses deux petits être si spéciaux. Elenwë et lui, avec leur peau si blanche et leur cheveux de neige, avaient longtemps terrifiés les gens du manoir. On avait dit tant de choses sur leur naissance que plus rien ne les atteignaient. La poupée si fragile et l'enfant aux yeux vides s'étaient construits un monde de glace où ils étaient seuls souverains.

Si étranges. Si différents.

Ils avaient été ses premiers amis, aussi bizarres qu'elle avec ses cheveux flamboyants et ses oreilles pointues. Deux bambins et une grande sœur qui se comprenaient enfin quand le monde se refusait à eux.

Aeglos se mit à rire. Elwen tourna son regard vers lui, interloquée.

- « Tes souvenirs font tellement de bruit que je les entends d'ici ! Il ne faut pas se souvenir. Pas maintenant. Après. Avant on doit aller quelque part. »

Il lui tendit sa main et saisit sans attendre de réponse les doigts de l'elfe. Elwen sentit la torpeur des souvenirs s'infiltrer lentement en elle. Juste avant que la cellule ne s'évapore, Aeglos ferma les yeux, comme s'il était soudainement las et fatigué de vivre. Il s'était comme avachi sur lui même, comme si le poids du souvenir à venir était trop lourd pour ses épaules.

- « Promets moi de ne pas me regarder pleurer … »


Elles étaient au milieu d'une forêt immense, sans fin. Elenwë nourrissait les chevaux tandis que l'elfe grimpait à un arbre pour en atteindre la cime. Devant elle, une mer de feuilles orangées s'étalait sur des kilomètres. La lumière orangée du soleil couchant auréolait tout le paysage d'une clarté dorée. Le brouillard et une fine pluie embrumaient l'horizon.

Elwen aimait bien l'automne. Parce qu'il offrait des paysages roux et plein de larmes. Comme elle.

En bas, Elenwë avait commencé à rassembler du bois pour en faire un feu. Aucune ne parlaient et dans ce silence régnait tout ce qu'elles auraient voulu hurler à la figure de l'autre. C'était un des jours sombres, un à l'opposé des scènes dans les champs de blé où elles fredonnaient des comptines.

Ces jours là, l'air semblait s'épaissir, le temps s'arrêter et le monde se stopper en plein élan. Comme si désormais tous les regards étaient posés sur ces deux femmes silencieuses. Toutes deux avec autant de haine et d'amour pour l'autre.

Du haut de l'arbre, Elwen regarda la jeune fille. Celle-ci ramassait sèchement le bois humide et l'entassait au centre de leur campement. De là-haut, elle avait l'impression que Elenwë fulminait, mais cette idée s'effaça bien vite quand elle la vit essuyer rageusement ses joues.

Elenwë pleurait à l'abri du regard de sa gardienne.

Son menton tremblait, ses doigts aussi. Tout son être en fait. Sa peau semblait grelotter de sanglots contenus. Une question inévitable germa dans l'esprit de l'elfe.

Par les Valar, mais pourquoi pleurait-elle ? N'avait-elle pas été assez bonne de l'emmener avec elle sur les routes de la Terre du Milieu ?

Elwen haïssait Elenwë en silence. Des pensées noires tournaient dans son esprit. Lorsqu'elle voyait les gestes délicats de la jeune fille, ses larmes, son âme pure et intacte, elle ne pouvait s'empêcher de penser que ç'aurait pu être elle à cette place. Cela aurait pu être elle la fille de Mistrid, la petite protégée qu'elle aurait confié à une voyageuse pour lui offrir une chance qu'elle n'avait pas eu.

Ce n'était pas de la jalousie. Juste des regrets, de l'envie pour cette vie qu'elle avait un instant touché du doigt.

Elwen chassa ces pensées aussi vite qu'elles étaient apparues. Comment avait-elle pu penser cela ! Bien sûr qu'Elenwë pleurait, elle avait perdu sa mère i peine un mois ! Et par dessus tout, celle qui l'avait accompagnée aux portes des cavernes de Mandos était chargée de sa garde jusqu'à ses vingt ans !

L'elfe redescendit en faisant craquer les branches peut être plus que nécessaire. C'était lâche. Hypocrite. Elle fuyait les larmes qu'elle aurait dû sécher. Elle fermait les yeux une fois de plus sur un appel à l'aide.

La nuit commença à tomber et elles restèrent ainsi, l'une en face de l'autre, à se toiser de temps à autre. La pluie s'intensifia mais les arbres étaient assez haut pour que la plupart des gouttes s'abattent en un vacarme assourdissant sur leurs feuilles. Elwen remonta sa capuche sur sa tête pour y échapper.

Elenwë tourna étrangement la tête vers sa droite, fixant un point invisible dans l'air. Une goutte roula sur sa joue, on aurait dit une larme. Au dessus de leurs têtes, un éclair illumina le ciel et un grondement sourd fit vibrer leur coeur.

- « On ne m'a jamais expliqué. » souffla Elenwë.

Elwen releva les yeux vers la jeune fille qui fuyait encore son regard. Elle avait l'air suspendu dans l'air, comme si la pluie et le vent ne l'atteignaient plus. Elle était en dehors du monde, à une distance inexplicable de l'elfe.

- « On ne m'a jamais rien dit … Mistrid a toujours refusé de me le dire. Et pourtant je le sens bien. Il y a quelque chose d'étrange dans chacun de mes gestes, une retenue, une attente que je ne saurai expliquer. »

- « Je comprends pas de quoi tu veux parler. » murmura l'elfe d'une voix blanche.

- « Oh si, tu le sais très bien ! Mieux que personne d'ailleurs. »

Elwen se leva lentement et détourna le regard. Un immense mal-être s'empara d'elle, comme si une chose énorme avait soudainement choisi de sortir d'un coup.

- « Tu sais très bien de quoi je parle. C'est même toi qui l'a remarqué avant moi. Cette gêne. Cette maladresse constante. Mon regard qui part vers la droite, mes doigts qui attendent qu'une main s'en saisisse. Que ce quelqu'un d'absent continue mes phrases. »

Elwen regardait au loin, les lèvres serrées et les bras croisés. Elle pouvait presque sentir Aeglos à ses côtés, un si grand petit garçon rempli de regrets et de tristesse.

Elenwë se leva à son tour et vint se placer en face d'elle. La pluie s'intensifia encore, ruisselant sur son visage et noyant ses larmes. Elle essuya ses joues d'un geste vif mais les larmes continuaient à inonder ses yeux.

- « Cela fait si longtemps que je me sens seule, même au milieu d'une foule, même entourée par Mistrid et son amour ! Cela fait si longtemps que cette solitude, cette peine indélébile, cette tristesse constante, noie mon coeur. Et tu sais ce que c'est le pire ? C'est que je ne parviens pas à comprendre ! Je ne comprends rien ! »

Le tonnerre répondait à ses paroles. Elle était trempée, ses longs cheveux blancs étaient pleins d'eau et ses habits collaient à sa peau. Et elle hurlait des mots qui débordaient de son esprit depuis trop longtemps.

- « Dis moi ce qu'il s'est passé ! Dis moi pourquoi chaque jour semble m'éloigner un peu plus de ce quelque chose qui me manque tant ! » cria-t-elle à travers le vacarme des gouttes.

Elenwë ne savait rien. Mistrid ne lui avait jamais expliqué. À cet instant, une immense colère monta en l'elfe. Comment cette humaine avait-elle pu se taire et ne rien lui dire ! Comment avait-elle pu regarder celle qu'elle appelait sa fille se perdre jour après jour dans cette incompréhension !

- « C'était à Mistrid de te le dire ! Pas à moi. »

Elenwë s'arrêta net et l'observa pendant de longues secondes, les yeux fixés sur elle.

- « Mistrid savait … Mistrid savait, oui. Mais elle n'a jamais voulu me le dire. Tu sais pourquoi ? Parce qu'elle te réservait ce privilège, Ilestelwen. »

Un étrange sourire avait grandi sur son visage, la rendant presque effrayante. L'elfe se figea et la regarda enfin dans les yeux. Ses iris d'un gris si clair étaient suppliants. Elenwë, poupée de porcelaine si fragile, avait attendu si longtemps. Aujourd'hui, elle ne voulait plus être fragile, elle voulait qu'on brise enfin à coups de dures vérités la délicate enveloppe qui l'entourait.

- « Raconte moi pourquoi je me lève chaque jour en espérant voir venir quelqu'un qui ne viendra jamais. Pourquoi je porte en moi depuis toujours l'absence de cette personne dont je n'ai aucun souvenir. Pourquoi le monde me semble si incomplet, si partiel et inachevé. »

Elwen leva lentement les yeux vers elle, prit une courte inspiration et lui sourit tristement.

- « Parce que tu n'étais pas seule autrefois. Vous étiez deux, il y avait quelqu'un d'autre. Sûrement la personne la plus importante pour toi. »

Elenwë s'était figée et laissa échapper une respiration tremblante. Elle semblait ne même pas se rendre compte que ses cheveux gorgés d'eau ruisselaient dans son dos, ni que la pluie torrentielle s'abattait sur elle.

- « Il s'appelait Aeglos. Vous n'avez été que tous les deux pendant neuf mois et cela a suffit à tisser entre vous un lien que personne ne pourra jamais comprendre. Je vous ai vu naître, je vous ai vu grandir à l'unisson. Chaque respiration, chaque larme, chaque rire étaient partagés avec lui. Vous étiez comme le jour et la nuit, l'un ne pouvait exister sans l'autre. Je vous revois presque, tous les deux, mains dans la mains, à me répondre d'un même sourire.

Il a toujours été là. Dans chacun de tes gestes, dans chaque instant de ta vie, dans chaque action, une part d'Aeglos vivait. Il était présent. Invisible mais bien présent. Derrière chaque parole, Aeglos vivait à travers toi. Il était tout ton monde. »

- « Que s'est-il passé ensuite ? » souffla la jeune fille d'une voix brisée.

- « Il y a eut un accident … J'ai mis le feu au manoir et Aeglos est resté prisonnier de ses ténèbres. Il était né aveugle et n'a pas réussi à sortir à temps. Ella, votre mère, l'a suivi dans la mort. »

- « Pourquoi est ce que je n'en ai aucun souvenir ? » gémit Elenwë en tombant à genoux.

- « Parce que quand on apprend qu'une part de vous a disparu, on oublie tout. On fait comme si cette part n'avait jamais existé, on l'efface lentement de sa mémoire. Parce que cela fait tellement mal que l'oubli est préférable. »

Elenwë ne disait rien, restant avachie sur le sol, la tête baissée et pleurant silencieusement. Le tonnerre au dessus d'elles masquait ses sanglots.

- « Tu nous as fait tant de mal … » chuchota t-elle, les yeux clôt, le menton tremblotant. « Tu m'as pris toute ma famille. Imagine ce qu'aurait pu devenir Aeglos. Imagine un seul instant l'homme qu'il aurait pu devenir si tu ne l'avais pas arraché au monde et à cet avenir ! »

- « J'y penses chaque jour, chaque minute de ma vie. J'aurai préféré échanger ma vie contre toutes celles que j'ai pris cette nuit là. »

Elenwë lui jeta un regard plein de souffrance. L'elfe détourna les yeux, une tristesse immense s'emparant d'elle. Elle se haïssait tellement. À en mourir.

- « J'aurai préféré pouvoir mettre un nom sur cette absence depuis toujours. Vous m'avez laissée me noyer dans un mal que je ne comprenais pas, une souffrance invisible et inexplicable. Cela fait dix ans que je ne comprends pas ! Dix ans que je ère dans l'espoir de trouver une réponse, une solution ! Pourquoi a t-il fallut tant d'années pour que tu viennes me raconter ! Aujourd'hui je sais mais mon coeur se consume à l'idée que rien ne pourra jamais réparer ce que tu as fait, rien ne pourra jamais atténuer ce manque qui me ronge. »

Le souvenir s'estompa. Seule restait Elenwë recroquevillée sur elle même, noyée de larmes et de souffrance.

Le paysage roux fondait. Seules les larmes restaient.


Le noir reprit sa place. Aeglos, l'homme enfant, pleurait aussi. Il détournait les yeux sans cesse, gêné d'être vu si faible.

- « Je n'ai jamais compris pourquoi moi et pas elle. Pourquoi elle a eu le droit de voir, le droit de vivre alors que je n'ai eu droit qu'aux ténèbres. »

Elwen s'approcha de lui, hésitante. Elle n'avait jamais su consoler les gens mais chacun de ses gestes lui semblaient dictés par un autre être. Elle le prit dans ses bras, le laissa pleurer et ne dit rien. Parce qu'elle savait que les « ça va aller » et les « tout ira bien » n'étaient que des mensonges et qu'ils ne réconfortaient qu'un temps avant de vous entraîner vers la folie.

De temps en temps, Aeglos se mettait à murmurer des paroles coupées par les sanglots, les rendant incompréhensibles, Elwen lui caressait simplement le dos, le serrait plus fort jusqu'à ce qu'il redevienne silencieux.

Au bout d'une éternité, il se détacha d'elle. Il semblait vidé de toute émotion. À nouveau il approcha ses mains de son visage et caressa sa peau.

- « Comme j'aimerais voir ton visage … Elenwë m'a dit qu'elle te trouvait belle. Moi je ne sais pas ce que c'est le beau, je sens juste que tu es triste et ça me fait de la peine. »

- « Tu n'as pas à t'en faire pour moi. Va les rejoindre et ne pense pas à moi. »

Il continua à la fixer sans la voir. Ses grands yeux d'un bleu trop pâle pour y cacher une étincelle de vie étaient figés sur un point invisible.

- « Tu sais, contrairement à ma sœur, je ne t'en ai jamais voulu. Jamais. »

- « Arrête. Arrête de dire cela, Aeglos. Comment pourrais-tu ne pas en vouloir à celle qui t'a privé de lendemain ? »

Il baissa imperceptiblement les yeux avant de les remonter à nouveau sur ce point indiscernable. Il lui sourit tristement, faisant glisser sa main de son visage à ses doigts.

- « C'était un accident. Rien de plus. » murmura t-il. « Même si ma sœur et bien d'autres ne pourront jamais te pardonner, moi je l'ai fait il y a bien longtemps. Alors, il est peut être temps de se regarder bien en face et de se pardonner. »

- « Lorsque je me regarde en face, je ne vois qu'un monstre … Juste un monstre qui ne mérite même pas la mort. Seulement de voir nuit après nuit le visage de ses victimes, le visages de ceux qu'il a autrefois aimé plus que tout et qu'il a précipité vers la mort. »

- « Je ne te demande pas d'effacer tout ce que tu as fait, je te demande, moi, Aeglos, de te pardonner ma mort. Car si certaines choses ne peuvent être pardonnées, celle ci n'en fait pas partie. Libère toi d'un poids, je ne serai plus lié à toi par ce lien morbide, seulement au nom d'une amitié ancienne. »

Elwen essayait de ne pas faire trembler sa voix mais c'était comme si son corps avait été tendu à l'extrême depuis des années que, soudainement, il se relâchait. Pour la première fois de sa vie, une de ses victimes était venue la trouver pour lui demander ce qu'elle espérait le plus au monde. Du répit. Le pardon.

Elle avait l'impression qu'un torrent de larmes était tapi derrière ses paupières. Lentement, elle lui prit la main et la serra de ses doigts.

- « Je te libère du lien qui t'attache à moi. Mais une part de moi ne pourra jamais se pardonner ta mort. Même avec toute la volonté du monde, je ne pourrai enlever de mon esprit que j'ai provoqué la perte d'un petit garçon rieur, maladroit, toujours dans mes jupes, toujours à courir partout et à s'agripper à mes jambes. »

Elle ferma les yeux, serra plus fort la main d'Aeglos. Un sourire serein étira ses lèvres.

- « Je revois les longs couloirs du manoir où tu adorais courir parce que tu pouvais étendre les bras et toucher toujours un des deux murs. Je revois la cuisine où Martha te donnait en cachette des morceaux de gâteau. Je revois la cour où tu as fait tes premiers pas alors que le printemps arrivait. Je te revois en train de rire alors que je te bouchais les oreilles parce que des garçons que tu ne pouvais pas voir riaient de toi, en train de crier de surprise quand j'essayais de faire le moins de bruit possible pour te chatouiller. Je te revois toi, Aeglos, tout petit dans ton berceau alors que les premières neiges tombaient et que tu cherchais une sortie aux ténèbres qui t'emprisonnaient. Où est passé l'Aeglos que j'aimais tant ? »

Elwen s'était mise à pleurer sans s'en être rendue compte. Elle avait gardé les yeux fermés.

- « Je te vois, Aeglos, enfant aux yeux vides, tenant la main d'une petite fille apeurée, timide, fragile, qui te ressemble comme deux gouttes d'eau. Tu as été son guide pendant tout ce temps. Parce qu'elle avait trop peur de ce qu'elle pouvait voir. Elenwë aurait préféré être à ta place, à l'abri des ténèbres. C'est toi qui l'a guidée, toi qui lui a appris que l'on pouvait rire et pleurer dans la même heure. Tu étais tout son monde. Et j'ai brisé cet équilibre si délicat, si beau. J'ai tout gâché.»

Elle lâcha la main d'Aeglos pour se cacher le visage dans ses paumes. Ses sanglots étaient incontrôlables. Elle aurait voulu que ces adieux se passent autrement.

Parce que oui, c'était des adieux.

Lorsqu'elle releva la tête, elle eut juste le temps de discerner Aeglos secoua sa main pour lui dire au revoir.

- « Promets moi de ne pas trop pleurer. » souffla t-il avec un petit sourire triste avant de disparaître.

Ce fut une promesse qu'Elwen ne put tenir. À peine parti, elle se mit à pleurer comme elle ne l'avait jamais fait. Revoir tout le mal qu'elle avait fait à cette famille ne lui faisait que se haïr encore plus. Elle se mit à hurler. Rejetant sa tête en arrière. Son corps souffrait et la douleur semblait tout emporter.

Son cri ne se finit jamais. Il résonna à l'infini dans les ténèbres des prisons de Foldburg. Bien que son ventre soit vide, une nausée monta en elle, lui retourna l'estomac.

- « JE VEUX QUE CELA CESSE ! » s'égosilla-t-elle.

À genou sur le sol de sa cellule, la tête contre la pierre, le haut et le bas s'inversèrent. Elle avait l'impression que toute la souffrance qu'avait fait ressurgir les souvenirs s'étaient accumulées et ressortaient d'un coup. Quand la laisseront-ils enfin en paix … Elwen en avait assez de souffrir, de serrer les dents et d'encaisser les vagues de reproches.

Ce n'est que lorsqu'elle n'eut plus de voix que la porte de sa cellule s'ouvrit enfin. Elwen distingua vaguement une forme floue à travers le voile épais devant ses yeux. Elle avait passé des mois dans l'obscurité totale et même la plus petite chandelle que tenait la forme humaine devant elle l'aveuglait. L'inconnu l'observa un instant.

L'elfe essaya de ne pas penser à ce à quoi elle devait ressembler. Une pauvre fille couverte de crasse, à genou, pliée en deux sur le sol, pleurant toutes les larmes que son misérable corps contenait. Elle devait être ridicule ainsi prostrée, la tête tournée sur le côté, les bras en arrière, collant ses jambes repliées.

Sa bouche formait un pli étrange, suppliant. De lourdes larmes roulaient sur ses joues et ses yeux fermés ne suffisaient pas à les retenir.

- « Je vous en prie … Faîtes que cela cesse. Je vous en suppli- »

Elle n'eut même pas le temps de finir sa phrase que sa gorge se serrait et que ses sanglots l'emportaient à nouveau. Elwen ferma les yeux, les bras autour de ses jambes, des gémissements sortant de ses lèvres.

Jamais elle n'avait eu autant envie d'en finir. L'homme devant elle était blond, la lumière de la torche se reflétait sur ses cheveux avec une délicatesse qui lui réchauffa le coeur. Il s'approcha d'elle, se mettant à genou et la fixant de ses yeux bleus.

Des yeux bleus.

Sa vision était encore trop brumeuse pour qu'elle puisse discerner les traits de son visage mais quelque chose lui soufflait que cette personne lui était beaucoup plus proche qu'elle ne le pensait.

D'une main qu'elle leva, Elwen tenta d'ôter le voile qui lui brouillait la vue.

- « Legolas ... » murmura-t-elle en fermant les yeux.

Les larmes montèrent encore une fois. Elle ne voulait pas qu'il la voit ainsi. Pas en train de pleurer. Pas si faible. Pas comme ça.

Elle aurait voulu être habillée comme une reine, rayonnante et heureuse. Qu'il voit qu'elle s'en était sortie seule, sans aide. Mais la réalité était bien autre. La voilà recroquevillée sur le sol d'une cellule, puant la mort et les pleurs.

La lumière de la lanterne était trop forte, trop forte.

Elenwë apparut derrière le visage indistinct de l'homme. Elle avait l'air beaucoup trop froid, une violence dans son regard avait remplacé la mélancolie. Elenwë était devenue être de colère et de haine glaciale. Un feu secret brillait dans ses yeux, un feu qui terrifiait Elwen.

Lentement, la jeune femme se saisit de la lanterne qui éclairait la cellule et la tint au dessus de sa tête. Elle n'avait pas quitté des yeux l'elfe et, lorsqu'elle détacha un à un des doigts de la poignée, pencha la tête sur le côté pour la regarder bien en face.

Elwen se sentait partir, basculer en arrière comme attirée par un crochet derrière sa tête. Alors qu'elle allait se laisser aller, elle accrocha la main de celui qui était Legolas.

- « Ne me laisse pas. »

La lanterne s'écrasa au sol sans bruit, explosa dans un silence perturbant.

La main de l'homme la rattrapa mais déjà Elenwë avait repris sa place à ses côtés et l'emportait avec elle.


La jeune femme à la peau si blanche et aux yeux d'argent se plaça au dessus de l'elfe comme l'avait fait son frère quelques heures plus tôt. Elwen était pétrifiée, incapable de bouger ne serait-ce qu'une paupière. Et Elenwë la fixait toujours, une haine qu'elle ne lui connaissait pas débordant de ses yeux.

- « Tu as déjà oublié. » souffla-t-elle d'une voix blanche.

Elwen tenta de chercher dans sa mémoire ce qu'elle avait bien pu oublier mais ses souvenirs semblaient inaccessibles. Elenwë posa un doigt contre sa joue, sa peau était glacée.

- « Tu as oublié. Encore une promesse que tu n'as pas tenue. »

Elle plaqua avec une lenteur terrible sa main gelée contre le visage de l'elfe. Un immense froid s' immisça en elle.

Et puis. La plus horrible des sensations.

Le vide.

Un vide immense. Inimaginable. Qui emplit tout son être.

Elwen ne pouvait même pas hurler. Elle était vidée de tout. Elle était pleine de néant. Son souffle se coupa, mais même la douleur qu'elle aurait dû ressentir dans ses poumons resta absente.

Un vide bien pire que la torture. Parce qu'on s'habitue à la plus horrible torture mais pas à ce vide que rien ne peut combler.

Vide. Vide. Vide. Vide. Vide.

Juste … rien. Le néant qui prenait son corps, son esprit et son âme aussi vite de le temps prend les vies.

Avec une délicatesse glaçante, Elenwë retira sa main de sa joue. L'air remplit ses poumons, son sang se remit à circuler, ses pensées s'affolèrent comme avant. Un frisson parcourut son corps. Mais c'était tellement bon. De sentir bien vivante. Un instant, elle avait cru ne plus être.

Elenwë, semblant flotter au dessus du sol absent, s'écarta d'elle vivement. Ses long cheveux blancs suivirent lentement le mouvement. Elle lui tournait le dos.

- « Voilà ce que cela fait. Chacun de mes jours est ainsi, si vide et si plein de néant. »

- « Ce n'est pas la mort ça ! » souffla Elwen en se relevant, chancelante.

- « Non … c'est bien pire. Ta douleur n'est rien comparée à la nôtre. Arrête de te plaindre sans cesse et regarde en face la chance que tu as. »

Elwen s'approcha de la jeune femme qui gardait un visage impassible, regardant un horizon invisible dans le blanc immaculé du décor.

- « Nous menons la pire existence qu'il existe. Pas vraiment vivants. Pas vraiment morts. Juste au milieu, là où personne ne survie et où seul le néant reste. Et nous aussi on reste. »

Elenwë mentait.

- « Bien vivants dans ta mémoire mais morts pour le monde. »

Elle mentait.

Ce n'était pas elle qui les avaient condamnés à une éternité de vide. Ce n'était pas la faute d'Ilestelwen.

C'était à cause de la promesse d' Elenwë.

Pas la sienne.

Lentement, Elwen tourna la tête pour regarder le profil de son amie. C'était elle qui les avait tous condamnés. Et elle le savait. Cela faisait des décennies qu'elle vivait avec cet affreux secret dissimulé en elle. Un secret trop lourd pour qu'elle ne se l'avoue elle même.

Tour d'un coup, ce fut comme si tout était devenu subitement clair.

Des mots qu'elle ne se souvenait pas avoir entendu lui revinrent en mémoire. Les mots d'une mère qui perd un enfant et qui ne pardonne pas.

« Je te hanterais. Ilestelwen, fille sans espoir. Nous te hanterons jusqu'à la fin de tes misérables jours. Chaque nuit tu reverras nos visages. Chaque nuit tu te rappelleras comment tu nous as détruit. Et tu verras le mal que tu nous as fait. C'est une promesse. »

Un souffle tremblant passa ses lèvres. Si chaque nuit, ils étaient condamné à la visiter, ce n'était pas de son fait, c'était la promesse d'Elenwë qui les attachait tous à ce destin qu'aucun n'avait choisi

La nuit où Elenwë avait tout perdu, elle avait fait une erreur. Une terrible erreur. Elle les avaient tous condamnés à une éternité de souffrance, sans répit.

- « Non. Elenwë, c'est toi qui as fait tout cela. » murmura durement l'elfe en gardant ses yeux fixés sur la jeune femme. « C'est toi seule qui vous as précipités vers le néant. »

- « Tu mens ! »

- « Tu as peut être tenu ta promesse mais tu as offert à ton enfant le pire des destins. »

- « Non ! Ce n'est pas moi ! Si tu n'étais pas entrée dans nos vies, nous ne serions pas là ! » hurla Elenwë, sa voix partant vers les aiguës.

- « Ce vide n'est que celui que tu as réservé à tous ceux que je tuerais. La pire punition. Maintenus vivants dans mon esprit mais bien morts. En équilibre éternel entre l'oubli et la vie. Vous ne vivez qu'à travers moi et vous ne mourrez qu'en même temps que moi. »

- « NON ! TU MENS ! Je n'aurais jamais fait cela ! » hurla t-elle, la panique s'emparant d'elle. « Je n'envie pas la mort. Je me suis jurée de te faire souffrir jusqu'à la dernière seconde de ta vie et je m'y tiendrais. »

- « Mais avec toi, c'est des centaines de personnes que tu maintiens attachées à moi. Tu les as entraînées avec toi alors qu'ils ne demandaient qu'à partir … »

Elenwë s'effondra comme si ses genoux avaient soudainement lâché.

- « C'est faux … c'est faux … » murmurait-elle comme pour se convaincre elle même.

- « Cette nuit là … cette dernière nuit, tu as prononcé des paroles que tu n'as pas oubliées, n'est ce pas ? » souffla Elwen en s'accroupissant près de son amie pour lui tenir l'épaule.

- « Je te hanterais. Ilestelwen, fille sans espoir. Nous te hanterons jusqu'à la fin de tes misérables jours. Chaque nuit tu reverras nos visages. Chaque nuit tu te rappelleras comment tu nous as détruit. Et tu verras le mal que tu nous as fait. C'est une promesse. Comment aurais-je pu savoir à quoi cela nous mènerait ? Comment aurais-je pu simplement me douter de ce qui nous attendait tous par ma faute ? »

Elenwë ne pleurait pas. Mais c'était même pire. Son visage et ses yeux étaient vides, ne laissant transparaître aucune émotion, aucun trouble. Derrière elles, une voix d'enfant retentit. Une petite fille s'approcha d'elles. Elle était minuscule et ne devait pas avoir plus de cinq ans.

- « Maman ? »

Elwen se tourna brusquement vers son amie. Elenwë avait une fille ?! Pourquoi ne l'avait-elle jamais vue ? Elle était retournée la visiter de nombreuses fois pourtant. Dans son village maudit. Elle et son stupide mari. Theögan.

- « Elwen, je te présente Nessa. » souffla Elenwë en se relevant pour attraper la main de sa fille.

L'elfe reste muette de surprise. Pourquoi n'avait-elle jamais vu cette enfant ? Son amie lui avait-elle cachée ?

Sa vision commençait à se brouiller. Le visage des deux humaines se dédoublèrent et alors qu'elle allait à nouveau sombrer dans les ténèbres, Elenwë se pencha vers elle.

- « Tu comprendras à Hoarwell … Tout ce qui est à Hoarwell y reste. » murmura-t-elle.


Bon, je vous dois très certainement des explications … Je vais avouer que cette année risque d'être assez compliquée question écriture. J'ai entamé un cursus très exigeant et je n'arrive pas à prendre le temps pour écrire. Une chose est sûre, je continuerai cette histoire, je dois juste vous prévenir que le rythme (déjà très lent) va encore ralentir et je m'en excuse platement …

Je me sens vraiment très mal de devoir dire cela mais j'y suis obligée.

Passons à quelque chose de plus joyeux !

Que pensez-vous du petit résumé en début de chap ? Est-ce une bonne idée pour avoir tous les éléments en tête (puisque le temps de publication est trèèèès long) ?

Je sais que ce gros chapitre (7000 mots ! XD) contient de nombreuses informations et je ne suis pas sûre d'avoir été suffisamment claire. Donc si vous avez un doute ou des questions, n'hésitez pas !

Concernant les reviews : déjà un IMMENSE MERCI à ceux qui ont commenté le dernier chapitre ! Déjà que je n'ai pas le temps pour écrire, les encouragements me font tellement de bien et me pousse à être un peu plus productive ! Et deuxièmement, je n'y ai jamais pensé mais si vous avez des questions sur l'écriture, n'hésitez pas ! J'adore aider les autres sur cela et la conception d'une fiction !


Meriellin :

Hello ! J'espère que tu ne seras pas trop perdue comme ça fait un gros bout de temps que je n'ai pas publié … Dis moi si l'idée du petit récap en début de chapitre est un suffisant pour ne pas être trop perdue ;)

En tout cas bon courage pour ta fic, prend le temps qu'il faut et laisse mûrir !

Ah oui et aucun souci pour le « retard » ! Tes commentaires me font toujours aussi plaisir, quelque soit le temps que tu mettes à les écrire !

Je ne le répéterai jamais assez mais MERCI ! Vraiment, c'est ce qui me pousse à continuer ;)

Nenya :

Coucou ! Tout d'abord, un grand merci pour ton commentaire, ils me font toujours autant plaisir ^^

Pour les souvenirs, tu vas être servie ! J'en ai encore beaucoup en stock !

Concernant ta question (ça m'a fait trop plaisir de la voir), je travaille avec plusieurs outils : un plan général numéroté avec les moments « forts » de l'histoire, un plan secondaire de l'histoire d'Ilestelwen (pour caser des souvenirs et faire références à des trucs pas encore vus), un arbre généalogique de tous mes persos (parce que c'est compliqué toute cette famille et c'est pas fini!) et enfin une carte détaillée de la Terre du Milieu (notamment pour les noms de villes).

Donc en gros, je sais où je vais précisément (je sais comment ça va finir quoi) mais sinon entre chaque « numéro » d'événements importants, j'invente au fur et à mesure ! (Par exemple, Elorna n'avait vraiment pas une place aussi importante au début)

Je sais pas si c'est clair mais sinon n'hésite pas à me poser d'autres questions, je me ferai une joie d'y répondre ! ^^


Je vous promets de faire tout mon possible pour écrire le chapitre prochain le plus vite possible ! Sur ce, prenez soin de vous et à bientôt !