Charlotte
Chapitre I

_________________________

Auteur: Aline

Date de création: février - avril 2002

Droits divers: Les personnages de cette fic ne m'apartiennent pas (sauf Charlotte et sa famille), bla bla, ils apartiennent à Michael Crichton, bla bla, tout le monde connaît la chanson, c'est la même à chaque fois ;O)

Note de l'auteur: Hum, ce chapitre est la suite du prologue, et, heu, c'est tout ;O) (qui c'est qui a dit que je causais encore pour rien dire, hein ? ;O)

***

Abby referma son parapluie dans un claquement sec et le déposa contre le radiateur de la salle de repos afin qu'il sèche. Cela faisait bientôt trois semaines qu'il pleuvait presque sans la moindre interruption, et la jeune femme était plutôt surprise qu'il ne neige pas encore, ce qui était couramment le cas à cette période de l'année. Elle se dirigea rapidement vers son casier afin de se changer, puis alla se faire couler une tasse de café. Il n'était pas tout à fait dix-neuf heures et elle décida de profiter de ces dix minutes d'avance pour commencer par se détendre un peu. Sans vraiment savoir pourquoi, elle était constamment sur les nerfs depuis quelques temps, et elle avait vraiment besoin de se calmer. Elle s'installa confortablement dans le canapé et alluma la télévision. Il n'y avait généralement rien de bien passionnant à cette heure de la journée, et ne trouvant rien de mieux, elle s'arrêta finalement sur une rediffusion d'un stupide jeu télévisé.

Le dernier candidat venait de donner une mauvaise réponse à une question de la portée d'un enfant de cinq ans lorsque Abby entendit la porte s'ouvrir, lui donnant un bon prétexte pour détourner son attention de la télévision.

"Salut !" lança joyeusement Carter en entrant dans la pièce, immédiatement suivit par Susan.

Celle-ci la salua à son tour en lui adressant un sourire poli, puis tous deux reprirent leur conversation sans plus se soucier de la présence de leur collègue dans la pièce. Visiblement, ils prévoyaient de partir en vacances quelque part tous les deux mais ne parvenaient à se fixer sur une destination.

"Je préférerais quelque part de moins… loin…" fit-elle avec une moue en s'asseyant à la table tandis qu'il versait deux tasses de café, avant de venir la rejoindre.

"Pourtant, je t'assure que deux semaines dans les Antilles, il ne doit pas y avoir grand chose de mieux pour oublier les urgences. Imagine un peu, le soleil, la plage, l'océan… Non ?"

"Je ne sais pas, je dois avouer que l'idée de passer je ne sais trop combien d'heures dans un avion est loin de me plaire…"

"Même si c'est avec moi ?" demanda Carter en prenant un air séducteur avant de se pencher pour l'embrasser.

"Oh pitié," murmura Abby, "épargnez-moi ça…"

La jeune femme éteignit brusquement la télévision et quitta la salle sans que ni Carter ni Susan ne le remarque. Une fois dehors, elle s'appuya contre le mur à côté de la porte et ferma les yeux un instant. Elle n'était pas vraiment jalouse de Susan, mais quelque chose au fond d'elle-même ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir. Carter et elle avaient été jusque là vraiment très proches, et du moment qu'elle n'était plus avec Luka elle était persuadée que quelque chose aurait été possible entre eux. Mais à peine Susan était-elle revenue, il n'y en avait plus eu que pour elle, il ne s'était tout simplement plus intéressé à Abby autrement que comme à une amie.

"Abby, vous n'avez rien d'autre à faire que de rêver ?" fit soudain une voix bien familière.

L'infirmière rouvrit les yeux à contre cœur pour voir apparaître Kerry Weaver qui se tenait en face d'elle.

"Je suis certaine que vous avez des patients qui vous attendent," reprit celle-ci sur le même ton autoritaire que d'habitude. "Allez, au boulot !"

Kerry tourna les talons et s'éloigna à grandes enjambées, chacun de ses pas étant ponctué par le claquement sec de sa béquille sur le sol carrelé. Abby poussa un profond soupire, tournant la tête vers la porte de la salle de repos. De l'intérieur lui parvenait le bruit étouffé d'une conversation, interrompue parfois par un éclat de rire de Susan. La jeune femme garda les yeux rivés sur cette porte quelques secondes, puis se décida enfin à suivre les instructions de Kerry et prit lentement la direction du bureau des admissions. Au même instant, la radio des urgences se mit à grésiller, et bientôt la voix de Doris retentit, annonçant qu'un incendie s'était déclaré dans un pensionnat et qu'ils amenaient plusieurs enfants brûlés à différents stades ainsi que trois responsables qui se trouvaient sur place. Kerry se chargea aussitôt de répartir médecins et infirmières en plusieurs équipes, et bipa Romano et Elizabeth, jugeant qu'ils auraient sans doute besoin de chirurgiens. Il ne fallut attendre que quelques minutes avant que les sirènes de trois ambulances ne résonnent dans la baie jusque là silencieuse. Les médecins se précipitèrent aussitôt pour en extraire les blessés et les conduire dans les différentes salles de traumatologie. D'après Doris, d'autres enfants souffrant de blessures moins dangereuses étaient restés sur place et allaient être amenés d'ici peu.

***

Susan sortit de la salle de trauma en poussant un profond soupire de soulagement. Elle venait d'envoyer le dernier des enfants brûlés dans l'incendie en chirurgie, et pour l'instant ils avaient tous réussi à les sauver, aucun d'eux ne présentant heureusement de lésions trop sévères. A présent, les urgences était à nouveau calmes. La jeune femme se dirigea lentement vers la salle de repos, traversant le hall presque désert. La plupart de ses collègues avaient profité de cette accalmie pour aller boire un café en face, chez Doc Magoo, et seule Randi était restée à l'accueil au cas où une nouvelle urgence était signalée. Mais lorsqu'elle dépassa le bureau des admissions, quelque chose attira son attention - ou plutôt quelqu'un. Une petite fille était recroquevillée sous le bureau, et avec la cohue qui régnait ici encore quelques minutes plus tôt à peine, personne n'avait dû fait attention à elle. Susan leva les yeux vers Randi qui apparemment venait également de remarquer sa présence mais qui ne semblait pas savoir davantage qu'elle pour quelle raison elle se trouvait là et encore moins qui elle était. La jeune femme s'approcha alors lentement du bureau, et s'accroupit sur le sol de manière à être à la même hauteur que la fillette qui tourna la tête vers elle au même instant. Elle devait être âgée de sept ou huit ans, et la pâleur fantomatique de son visage contrastait violemment avec les longues mèches brunes qui l'encadraient. Ses vêtements semblaient mouillés et ses grands yeux sombres exprimaient à la fois la fatigue, la peur et le désarroi qu'elle devait ressentir en cet instant.

"Bonjour," fit Susan d'une voix douce et rassurante. "Qu'est-ce que tu fais là-dessous, toute seule ?"

Mais elle n'obtint aucune réponse. La petite fille continuait de la fixer sans ciller, ni faire le moindre autre mouvement.

"Est-ce que tu étais avec les autres enfants ?"

Mais à nouveau, aucune réponse ne sortit des lèvres pâles et tremblantes de la fillette. La jeune femme tendit alors les bras vers elle pour l'aider à s'extraire de sous le bureau, et la petite s'accrocha à son cou. Lorsqu'elle l'eut sortie de là, Susan l'assit à côté de l'ordinateur et l'examina rapidement. Elle ne présentait aucune brûlure apparente, ce qui pouvait laisser supposer qu'elle ne se trouvait pas avec les autres dans l'incendie. En revanche, lorsqu'elle passa sa main sur son front, elle constata qu'elle devait avoir de la fièvre. Par précaution, il était sans doute plus prudent qu'elle l'examine plus à fond.

"Je m'appelle Susan, et si tu es d'accord je vais m'occuper de toi."

La petite fille hocha lentement la tête, montrant pour la première fois qu'elle comprenait ce que Susan lui disait.

"Et si tu me disais comment tu t'appelle ?" demanda alors la jeune femme, réalisant qu'elle ne connaissait même pas le nom de sa jeune patiente.

La fillette ne répondit à nouveau pas, mais au lieu de ça elle agita son petit bras dans les airs.

"Tu veux me l'écrire ? Attends, je vais te trouver du papier et un stylo…"

Susan lui tendit de quoi écrire, et la petite griffonna quelques lettres maladroites sur le calepin qu'elle montra ensuite à la jeune femme.

"Charlotte," déchiffra celle-ci avant de glisser le carnet dans la poche de sa blouse. "Charlotte, c'est un joli prénom. Randi, qu'est-ce qu'on a de libre ?" ajouta-t-elle en se tournant vers la réceptionniste.

"A peu près tout," répondit celle-ci en étouffant un bâillement. "Vous n'avez qu'à l'installer en trois, c'est là qu'elle sera le plus tranquille."

"D'accord, merci."

Elle se tourna à nouveau vers la petite fille et passa une main affectueuse dans ses cheveux avant de la reprendre dans ses bras pour l'emmener vers la salle en question. Elle la déposa avec précaution sur le lit d'examen et s'assit à côté d'elle.

"Je vais commencer par te poser quelques questions, tu répondras juste oui ou non avec ta tête. Mais tout d'abord, j'aimerais que tu m'écrives ton nom de famille, comme ça nous pourrons contacter tes parents."

Susan lui tendit le calepin et le stylo qu'elle venait de sortir de sa poche, mais la fillette refusa de les prendre, levant vers la jeune femme un regard à la fois terrifié et obstiné. Non, elle n'écrirait pas son nom de famille. Il était hors de question qu'elle retourne avec elle…

Susan n'insista pas longtemps. Il était que Charlotte était une petite fille intelligente, et que si elle n'écrivait pas ce n'était sûrement pas parce qu'elle n'avait pas compris ce qu'on lui demandait, ni parce qu'elle ne savait pas. Sans chercher à comprendre les raisons de son refus, elle rangea à nouveau le carnet dans sa poche et entama son interrogatoire. Charlotte refusa de répondre à plusieurs questions, toutes celles en fait qui se rapportait à sa famille, si bien que lorsqu'elle eut terminé, la seule nouvelle information que Susan avait réussi à lui soutirer était qu'elle ne venait pas de L'Illinois. Or, vu le nombre d'autres états qui composent les Etats-Unis, cela ne l'avançait pas beaucoup.

"Bien," dit-elle en se redressant et en posant le dossier presque vierge de la petite sur la table de chevet. "Je vais aller chercher une infirmière pour m'aider à m'occuper de toi, je reviens dans une petite minute."

Après s'être assurée que Charlotte était bien installée, Susan quitta la pièce se retrouva nez à nez avec Abby qui sortait de la salle d'examen voisine.

"Abby, vous tombez bien," fit-elle sur un ton faussement enjoué. "J'aurais besoin que vous veniez m'aider cinq minutes…"

"Désolée, docteur Lewis, mais j'allais justement prendre ma pause."

"Vraiment ? Figurez-vous que personnellement j'ai terminé ma garde depuis une demi-heure, mais j'ai là une petite fille qui a besoin de soins et je ne vois personne d'autre de disponible pour l'instant. Votre pause peut bien attendre cinq petites minutes non ?"

L'infirmière lança à sa collègue un regard noir, mais celle-ci ne se laissa pas décontenancer par si peu et finalement Abby n'eut pas vraiment d'autre choix que de la suivre en grognant dans la salle d'examen.

"Charlotte, je te présente Abby. Ne t'inquiète pas, nous n'en aurons pas pour très long. Ensuite nous te donnerons un pyjama bien chaud et tu pourras te reposer."

Les deux jeunes femmes lui retirèrent rapidement ses vêtements encore humides et lui passèrent une chemise de nuit de l'hôpital, puis commencèrent leur examen.

"J'aimerais que tu me fasses signe si je te fais mal quelque part."

"La température est un peu élevée, 38.8" fit remarquer Abby en jetant un œil au thermomètre qu'elle avait introduit dans l'oreille de la petite fille.

"Elle a dû prendre froid dehors, regardez ses vêtements, elle est trempée… Le reste à l'air d'être normal. J'aimerais qu'on lui fasse une prise de sang afin de dépister d'éventuelles maladies, ainsi que des clichés du thorax. Mais rien ne presse, je pense que tout cela pourra attendre demain, pour l'instant je crois que ce dont elle a besoin c'est d'une bonne nuit de repos."

Elle passa une main affectueuse dans les cheveux de la fillette qui leva timidement la tête vers elle et lui sourit faiblement.

"Je vais transmettre tout cela à labo. Est-ce que je peux y aller maintenant ?"

Susan tourna les yeux vers elle et la fixa un instant. Elle aurait beaucoup aimé comprendre quel était le problème d'Abby et pour quelle raison elle était aussi agressive à son égard.

"Je n'ai plus besoin de vous. Passez une bonne soirée."

"C'est ça, vous aussi…" grogna l'infirmière en tournant les talons et en quittant la chambre.

Susan poussa un profond soupir et baissa à nouveau les yeux vers Charlotte, qui fixait la porte par laquelle Abby venait de sortir.

"Ne t'inquiète pas," murmura Susan. "C'est contre moi qu'elle en a… Bien, je vais aller te chercher de quoi dormir. Je reviens dans une minute, tu ne bouges pas d'accord ?"

La petite ne répondit rien, mais alors que Susan s'apprêtait à refermer la porte elle entendit un sanglot étouffé derrière elle. Elle se retourna juste au moment où une grosse larmes roula sur la joue pâle de Charlotte, s'écrasant sur ses genoux qu'elle avait repliés contre elle. Devinant qu'elle craignait sans doute de se retrouver seule, Susan fit demi-tour, s'assit à côté d'elle sur le lit et la prit dans ses bras, la berçant doucement contre elle. Au même moment, Abby passa à nouveau la tête par la porte de la chambre, l'air toujours aussi contrarié.

"Ils vous réclament à l'accueil, ils demandent s'ils doivent directement prévenir les services sociaux…"

"J'y vais," soupira Susan en se relevant. "Est-ce que vous voulez bien rester avec elle le temps que je revienne ?"

Si sa phrase était formulée comme une question, il était évident pour Abby que ce n'en était pas une. Avec un soupir résigné, l'infirmière entra dans la pièce, alors que Susan en sortait.

"Est-ce que j'ai vraiment le choix…" grommela-t-elle, trop bas pour que Charlotte puisse l'entendre.

***

Susan frappa du plat de la main sur le bureau de l'accueil, contrariée. Adele Newman, l'assistante sociale qui s'occupait des enfants qui atterrissaient dans le service et qui nécessitaient une prise en charge, secoua la tête et poussa un léger soupir face à la réaction de la jeune femme. Toutes les deux venaient de passer dix minutes à discuter de ce qu'il convenait de faire avec Charlotte, et ne parvenaient pas à trouver un terrain d'entente. Adele aurait souhaité questionner la fillette immédiatement, ce à quoi Susan s'opposait fermement.

"Ecoutez, docteur Lewis, je ne fais pas ça pour vous ennuyer ou pour empiéter sur votre travail, mais dans l'intérêt de l'enfant…"

"Vous écoutez-moi," soupira Susan. "Charlotte vient sans doute de passer une très mauvaise journée, et c'est sans doute peu dire. Tout laisse penser qu'elle a été abandonnée, volontairement ou non, elle est totalement terrorisée, épuisée. Pour l'instant, il faut qu'elle se repose, j'ai même demandé à ce qu'aucun examen ne soit effectué avant demain matin. Et de toute façon, elle refuse de parler, je ne vois vraiment pas à quoi cela vous avancerait de lui poser des questions maintenant. Tout ce que qu'il risque de se passer, c'est qu'elle s'enferme encore davantage dans son mutisme."

"Je ne dis pas que vous n'avez pas raison, mais je dois suivre la procédure… Lorsqu'un enfant se trouve dans cette situation, c'est de notre devoir de prendre les choses en main dès que possible afin d'essayer de retrouver les parents dans les plus brefs délais. Je comprends votre point de vue, mais dans ce cas-là il y aura peut-être toujours autre chose qui l'empêchera de parler. Je pense au contraire que nous avons bien plus de chance d'en tirer des informations susceptibles de nous aider à déterminer qui elle est si je l'interroge tout de suite."

Susan poussa un profond soupir et fit un geste de la main, signe qu'elle capitulait, même si c'était à contre cœur, et espérant qu'après cela l'assistance sociale leur ficherait la paix. A chaque fois c'était pareil, quel que soit leur patient il se trouvait toujours quelqu'un - assistants sociaux, policiers, journalistes, parfois même des proches des malades - pour mettre les pieds dans leurs platte-bandes et rendre les choses encore plus compliquées qu'elles ne l'étaient déjà. Elle reprit la direction de la salle où Charlotte se trouvait toujours sous la surveillance d'Abby, et Adele lui emboîta le pas. Lorsqu'elles pénétrèrent dans la pièce, l'infirmière était assise sur le bord du lit, à la place qu'occupait Susan quelques minutes plus tôt, en train de raconter à sa jeune patiente comment Peter Pan avait sauvé la jolie Wendy des méchants pirates. Elle se retourna en entendant la porte se refermer et interrompit son histoire, ses yeux passant d'Adele à Susan à qui elle lança un regard surpris.

"Charlotte ?" fit celle-ci en s'approchant. "Je te présente Adele Newman, elle est venue ici pour te poser quelques questions…"

Aussitôt, les yeux de la petite fille s'écarquillèrent, se remplissant à la fois de crainte et de confusion. Qui était cette femme, et que lui voulait-elle ? Elle n'était pas docteur, travaillait-elle à l'orphelinat ? Allait-elle l'emmener de force avec elle ? Elle ne voulait pas partir, elle était bien ici…

"Ne t'inquiète pas ma chérie," reprit Susan d'une voix douce. "Cette dame ne te veut aucun mal, elle aimerait juste en savoir un peu plus sur toi… Et si tu n'as pas envie de répondre à toutes ces questions, personne ne t'y oblige…"

Charlotte leva un regard reconnaissant vers Susan, puis celle-ci s'écarta pour laisser sa place à Adele.

"Est-ce que c'est vraiment une bonne idée de la laisser lui poser toutes ces questions ce soir ?" demanda Abby à voix basse lorsque sa collègue s'approcha d'elle. "Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux qu'elle attende demain matin ?"

"C'est aussi ce que j'ai essayé de lui faire comprendre, mais elle semble estimer préférable de l'interroger tout de suite, afin de pouvoir entamer les recherches le plus vite possible…"

Toutefois, comme Susan l'avait pensé, Charlotte n'apprit pas grand chose à Adele, restant obstinément muette à la plupart des questions, répondant à d'autre par un simple mouvement de la tête ou un haussement d'épaule. Elle lui indiqua juste son âge - huit ans - mais refusa catégoriquement d'écrire son nom de famille ou les prénoms de ses parents sur le bloc note qu'elle lui avait tendu.

"Elle ne m'a pas été d'une grande aide," soupira l'assistante sociale avant de sortir de la chambre. "Mais on se débrouillera déjà avec ça. Je vous tiendrai au courrant des éventuels résultats, et j'attends de vous que vous en fassiez de même concernant son dossier médical. Si cette petite n'est pas malade, elle sera placée immédiatement dans un foyer où l'on disposera de mesures adéquates pour s'occuper d'elle."

Susan hocha la tête, et après avoir prit congé, Adele repartit dans le couloir désert. Puis la jeune femme se tourna à nouveau vers Charlotte. Visiblement épuisée par l'interrogatoire qu'elle venait de subir, la petite avait finit par s'endormir. Abby l'avait enroulée bien chaudement dans ses couvertures, et avait reprit place sur le bord du lit. Susan s'approcha à nouveau et s'assit sur une chaise qui se trouvait vis-à-vis d'Abby, de l'autre côté de la fillette. Les deux collègues échangèrent un bref regard, et chacune comprit qu'elles se posaient toutes deux les mêmes questions : qui était cette petite, d'où venait-elle et surtout dans quelles circonstances s'était-elle retrouvée là, toute seule…

***

A suivre...