Charlotte
Chapitre II
_________________________
Auteur: Aline
Droits divers: Les personnages de cette fic ne m'apartiennent pas (sauf Charlotte et sa famille), bla bla, ils apartiennent à Michael Crichton, bla bla, tout le monde connaît la chanson, c'est la même à chaque fois ;O)
Note de l'auteur: Rien à dire ;O)
*** Flash back***
Un soleil brûlant brillait dans le ciel sans nuage de cette après-midi de juin. La fillette émergea en courrant de la petite maison, ravie d'enfin recevoir l'autorisation de sortir. Elle avait dû rester à l'intérieur toute la journée à cause de la chaleur, et elle en avait réellement plus qu'assez. Elle s'installa sous un arbre, légèrement abritée du soleil par son large branchage, et sortit quelques jouets du sac qu'elle avait emporté : une poupée à laquelle il manquait un œil et la plupart des cheveux, un camion rouge de pompier qui avait perdu son échelle ainsi qu'une petite tasse en plastique, fendue sur un côté. Elle n'avait pas le droit d'emmener ses beaux jouets dehors, sa mère avait peur qu'elle ne les abîme. Mais cela importait peu, de toute façon ceux-ci étaient ses favoris. Ils avaient appartenu à une de leur voisine, qui lui avait donné ce qu'elle voulait avant d'envoyer le reste à des œuvres de charité, ses propres enfants étant à présent trop grand pour jouer avec. Elle assit la poupée sur le camion, puis entreprit de remplir la tasse avec tout ce qui lui passait sous la main : de la terre, quelques brindilles d'herbe roussie, et accessoirement aussi une ou deux fourmis qui auraient sans doute préféré ne pas se trouver là.
"Charlotte ?"
La fillette leva les yeux en entendant la voix de sa mère, et plaça sa main sur son front afin de les protéger de la lumière. La silhouette familière se dessina dans l'entrée, et la petite gratifia la jeune femme d'un large sourire.
"Maman ?" demanda-t-elle d'une voix claire et mélodieuse, "est-ce que je peux aller jouer au bord de la rivière ?"
"Tu sais bien que je ne veux pas que tu aille là-bas toute seule ma chérie, c'est trop dangereux" répondit la mère tout en restant à l'ombre dans l'embrasure de la porte vitrée donnant sur la cuisine.
"Aux balançoires alors ?" insista la fillette.
"Je préfère que tu restes ici, je n'aime pas que tu aille te promener si personne ne t'accompagne."
"Viens avec moi alors… tu restes toujours dedans…"
La jeune femme eut un sourire attendri et ses mains recouvrirent instinctivement son ventre arrondit.
"Je t'ai déjà expliqué qu'avec tout ce soleil le docteur préfère que je reste à l'intérieur, c'est mieux pour les bébés. Mais tu verras, dans deux mois quand tes petits frères seront nés, alors je pourrai de nouveau venir jouer avec toi."
La fillette délaissa ses jouets et se rapprocha de sa maman, intriguée. Elle ne parvenait toujours pas à comprendre comment il était possible que deux bébés puissent sortir de son ventre, même s'il était très gros. Est-ce qu'on allait faire un trou dedans ? Si c'était le cas, ça devait faire vraiment mal… Et elle, est-ce qu'elle avait aussi été dans son ventre quand elle était un bébé ?
"Maman ?"
"Oui ma chérie…"
"Est-ce que les bébés aussi ils joueront avec moi ?"
La mère attira alors tendrement sa fille contre elle, la prenant doucement dans ses bras.
"Et bien non, pas tout de suite, au début tu sais ils seront trop petits pour jouer. Quand ils naîtront, ils ne sauront ni marcher, ni parler. Il faudra tout qu'ils apprennent, et ça leur prendra un peu de temps. Mais après, quand ils seront plus grands, alors je suis sûre qu'ils seront très contents d'avoir une gentille grande sœur comme toi pour jouer avec eux."
Elle passa une main affectueuse dans les cheveux ébouriffés de la fillette, puis retourna à l'intérieur. Charlotte demeura plantée là, perplexe. C'était vraiment trop bête si les bébés ne pouvaient même pas marcher ou parler… Qu'est-ce qu'ils allaient bien pouvoir faire ? Ils n'allaient quand même pas dormir toute la journée… Décidément, ils risquaient de n'être vraiment pas drôles du tout…
***
La pluie glacée ruisselait le long des carreaux de la petite chambre lorsque Susan ouvrit les yeux. Elle était installée dans un fauteuil, près du lit de Charlotte, où elle avait dû s'assoupir par inadvertance. Elle se releva lentement, le corps complètement courbaturé d'avoir dormi dans une mauvaise position, et s'approcha lentement de la fenêtre. Dehors il faisait nuit noire, mais un regard à sa montre lui indiqua qu'il était déjà près de six heures du matin. Elle était de nouveau de garde dans à peine un peu plus d'une heure, et il ne servait pas conséquent pas à grand chose qu'elle rentre chez elle. Elle resta un instant immobile, le regard perdu dans le vague, écoutant le bruit tranquille de la pluie qui tombait au dehors et celui de la respiration paisible de Charlotte derrière elle. La fillette dormait profondément, le pouce dans la bouche, ses longues mèches éparpillée autour de son visage sur l'oreiller.
Le calme qui régnait dans la pièce fut soudainement brisé lorsque quelqu'un poussa doucement la porte. Susan se retourna et reconnu la silhouette d'Abby lorsque celle-ci pénétra dans la chambre.
"J'ignorais que vous étiez là…" s'étonna l'infirmière en parlant à voix basse pour ne pas risquer de réveiller Charlotte.
"Je me suis endormie…"
"Vous devriez essayer de vous reposer encore un peu avant de commencer votre garde, ça a été plutôt tranquille cette nuit, il y a plusieurs salle d'examen qui sont libres…"
"Je crois que c'est là un conseil que je vais suivre… venez me chercher si quelque chose ne va pas avec la petite…"
"Entendu. Je venais justement voir comment elle allait…"
"Pour l'instant elle dort comme un ange…"
"J'imagine que c'est une bonne chose… Je ne comprends pas comment des parents peuvent abandonner leur enfant de cette manière…"
"Je ne comprends pas comment des parents peuvent abandonner leur enfant tout court… A plus tard…"
Susan s'éclipsa de la pièce sans faire de bruit, laissant Abby seule auprès de Charlotte. L'infirmière garda un instant les yeux fixés sur le visage paisible de la petite fille et son cœur se serra. Elle n'avait que huit ans et lorsqu'elle se réveillerait, la première chose qu'elle devrait voir devrait être le visage bienveillant de sa mère, penchée au-dessus d'elle, lui murmurant d'une voix douce qu'il était temps de se lever pour aller à l'école. Au lieu de ça, elle se retrouvait toute seule, dans une chambre d'un hôpital dont le personnel ne connaissait presque rien d'elle. Où ses parents se trouvaient-ils en cet instant ? Et pourquoi avait-elle refusé de donner son nom de famille ? On aurait dit qu'elle ne voulait pas qu'on les retrouve, qu'elle ne voulait pas qu'on la ramène chez elle… Peut-être était-ce le cas, peut-être n'avait-elle pas été abandonnée, peut-être s'était-elle enfuie… Elle n'osait même pas imaginer ce que cette pauvre petite avait dû subir pour souhaiter ne plus vivre avec ses parents…
Abby poussa un profond soupir, et au même moment la voix stridente de Kerry retentit dans le couloir, la tirant de ses pensées. Sa supérieure n'aurait sans doute pas tellement apprécié de la trouver ainsi à rêvasser alors qu'il y avait très certainement du travail qui attendait d'être fait. Après un dernier regard jeter à Charlotte, elle fit demi-tour et quitta la chambre.
***
"Dr Lewis, un trauma arrive !"
Susan ouvrit brusquement les yeux, réveillée en sursaut par la voix de Haleh qui se trouvait dans l'entrée de la salle d'examen où elle s'était installée pour se reposer un peu en attendant le début de sa garde. Il lui semblait qu'elle venait à peine de s'endormir, et qu'il était par conséquent parfaitement impossible qu'il soit déjà sept heures, mais sa montre indiquait malheureusement le contraire. Elle se releva à contre cœur et suivit sa collègue dans le couloir, éblouie par la lumière violente qui y régnait.
"Susan, tu es déjà là ?" s'étonna Mark en la voyant le rejoindre dehors, où il attendait déjà l'arrivée de l'ambulance qu'on leur avait annoncée.
"J'ai passé la nuit ici" grogna la jeune femme en réprimant un bâillement.
"Tu brigues le poste de Kerry ou quoi ?" fit-il avec un air amusé.
"Je t'expliquerai plus tard…"
Le moment n'était en effet pas à la conversation, puisque au même moment, l'ambulance entra dans la baie, sirène hurlante, pour s'immobiliser à quelques mètres des deux médecins qui se précipitèrent aussitôt pour réceptionner le patient. Il s'agissait en réalité d'un cas classique, un jeune homme d'une vingtaine d'année qui avait un peu trop arrosé une soirée en ville et qui était rentré dans un arbre avec sa voiture sur le chemin du retour. Il semblait toutefois avoir eu beaucoup de chance, car ses blessures, hormis une entaille relativement profonde au front, étaient toutes plutôt superficielles. Tandis qu'on l'emmenait en radiologie pour vérifier qu'il n'avait pas de lésions internes, Susan se demanda vraiment pourquoi on l'avait réveillée alors que Mark aurait très bien pu se débrouiller tout seul.
"Quand j'avais vingt ans" fit remarquer celui-ci en retirant sa blouse de traumatologie, "on attendait le samedi pour aller faire la fête…
"Mark, quand tu avais vingt ans tu passais très certainement tes samedis soirs à la bibliothèque pour revoir tes cours de la semaine" répliqua Susan avec un petit rire.
"Très amusant… Alors, est-ce que tu vas me dire pour quelle raison tu as passé la nuit ici si ce n'était pas pour faire du zèle ?"
Ils pénétrèrent ensemble dans la salle de repos, et tandis qu'ils s'installaient à la table pour boire une tasse de café, Susan entreprit de lui parler de Charlotte. Mark l'écouta en silence jusqu'à ce qu'elle eut terminé son récit, et prit doucement sa main dans la sienne.
"J'ignore exactement pourquoi, mais je me sens vraiment concernée par le cas de cette petite fille" conclut-elle d'une voix triste. "J'imagine que ce n'est sans doute pas la meilleure des idées puisque nous ne sommes pas censés nous attacher à nos patients, mais c'est plus fort que moi…"
"C'est normal, c'est déjà arrivé à chacun de nous, il y a des patients avec qui nous avons l'impression d'avoir un lien particulier, auxquels nous aimerions être en mesure de venir en aide encore plus que d'habitude…"
"Et ce sont généralement précisément ceux-là que l'on ne peut pas sauver… J'aimerais tellement comprendre quelles circonstances l'ont amenée ici…"
"Est-ce que tu as demandé des tests sanguins ?"
Susan répondit d'un hochement de tête.
"La plupart des enfants abandonnés dans un hôpital le sont à cause d'une maladie à laquelle les parents ne se sentent pas la force de faire face" continua Mark. "Hépatite, cancer, leucémie,…"
Au même moment, la porte de la salle s'ouvrit, laissant passer Abby.
"Docteur Lewis, vous êtes là" fit celle-ci. "Je vous cherchais, Charlotte vient de se réveiller, je ne sais pas si vous souhaiter la voir avant qu'on l'emmène pour les examens…"
"Merci" répondit Susan avec un hochement de tête, avant d'avaler rapidement la fin de son café, de souhaiter une bonne journée à Mark et de suivre Abby dans le couloir.
Charlotte était étendue sur son lit, la tête tournée vers la fenêtre. Elle observait le jour qui se levait lentement et ne sembla même pas remarquer les deux femmes lorsqu'elles pénétrèrent dans la petite pièce. Ce ne fut que lorsque Susan l'appela par son prénom qu'elle tourna la tête vers elles. La nuit qu'elle venait de passer devait lui avoir fait du bien, car son visage paraissait légèrement moins pâle, ses yeux moins rouges, et elle sourit à Susan et Abby lorsqu'elle les reconnut. Toutefois, tout comme la veille, aucun son ne sortit de sa bouche lorsque Susan lui demanda si elle avait passé une bonne nuit. Si elle avait pu parler, elle aurait sans doute dit que cela faisait des mois et des mois qu'elle n'avait pas aussi bien dormi, des mois et des mois qu'on ne s'était pas aussi bien occupé d'elle. Mais au lieu de ça, elle se contenta de hocher la tête, sans cesser de sourire. Abby vérifia rapidement sa température qui était toujours un peu élevée - beaucoup moins toutefois que le soir précédent - alors que Susan lui expliquait de manière simple quels examens elle allait subir dans les heures qui suivraient et surtout à quoi ils serviraient. En général, les enfants à qui l'on expliquait ce genre de chose montraient une certaine crainte à l'idée qu'on leur prenne du sang ou qu'on leur fasse passer des radios, tout particulièrement si leurs parents ne se trouvaient pas avec eux. Charlotte en revanche ne broncha pas, ne semblant éprouver aucune peur, ni même de la curiosité, comme si elle savait déjà très bien ce qui allait se passer, comme si elle y était déjà habituée.
"Est-ce que tu as des questions ?" demanda-t-elle lorsqu'elle eut terminé, et alors qu'Abby attendait pour lui faire une prise de sang.
La fillette répondit par la négative en secouant légèrement la tête, et Susan fit signe à Abby qu'elle pouvait y aller. Charlotte n'opposa strictement aucune résistance, comme c'était fréquemment le cas des jeunes patients de son âge lorsqu'ils voyaient l'aiguille s'approcher de leur bras, et quelques minutes plus tard l'infirmière l'emmenait en radiologie après avoir fait parvenir l'échantillon de sang au laboratoire. Au moment où elle quittait à son tour la pièce, Susan fut interceptée par Adele Newman.
"Ah, docteur Lewis, vous tombez bien je voulais justement vous voir."
"Est-ce que vous avez retrouvé les parents de Charlotte ?"
"Avec le peu d'informations dont nous disposons pour l'instant ? Cela revient à peu près à rechercher une aiguille dans une botte de foin de la taille d'un gratte-ciel… En fait comme je devais de toute façon passer pour un autre enfant, j'en profite pour venir voir si vous en savez davantage…"
"Pour l'instant, elle est encore en train de subir des examens, et nous venons d'envoyer un échantillon de sang à analyser au laboratoire… Et elle n'a toujours pas parlé…"
"Cela ne m'étonne pas. Si cette fillette ne parle pas, il se peut tout à fait que ce soit suite à un traumatisme qu'elle aurait subit, soit récemment soit lorsqu'elle était plus petite…"
"Vous pensez à des mauvais traitements ?"
"Ca pourrait être dû à beaucoup de choses, un père alcoolique et violent, une mère droguée, un divorce… Vous savez, il existe de nombreux facteurs susceptibles de perturber un jeune enfant au point qu'il en perde la parole…"
"En tout cas, elle n'a aucune marque de violence apparente, bien sûr les radios nous en apprendront davantage."
"Bien. J'aimerais lui poser encore quelques questions quand elle sera de retour, prévenez-moi."
Susan hocha la tête et la jeune femme lui adressa un rapide sourire avant de s'éloigner d'un pas pressé dans le couloir. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il adviendrait de Charlotte s'il s'avérait qu'elle avait bel et bien été victime de violences physiques, ou si on ne retrouvait pas ses parents ? Et s'ils refusaient de la reprendre avec eux ? Elle se retrouverait dans un foyer, balader peut-être d'une famille à l'autre, sans jamais réellement trouver de gens pour l'aimer et prendre soin d'elle. C'était tellement injuste…
***
Le reste de la journée s'écoula avec une lenteur désespérante. Chaque fois que Susan demandait si les résultats de Charlotte étaient arrivés on lui répondait que le labo était débordé et qu'il faudrait qu'elle patiente encore un peu, si bien qu'elle arriva au bout de sa garde sans en savoir davantage que douze heures plus tôt. La petite fille ne semblait quant-à-elle pas perturbée le moins du monde par cette attente qui s'éternisait. Sa fièvre était finalement complètement tombée en cours de journée, et elle semblait à présent en parfaite santé, même si elle était toujours pâle et faible et que Susan la soupçonnait de souffrir d'une légère anémie. Préférant qu'elle demeure alitée, la jeune femme avait amené un poste de télévision dans sa chambre ainsi que quelques jouets, afin de lui faire paraître le temps moins long. Elle passait également régulièrement voir si tout allait bien et si elle n'avait besoin de rien. La fillette semblait avoir adopté une des poupées qu'elle lui avait apportées et qui devait de loin être l'un des plus anciens jouets dont ils disposaient pour leurs jeunes patients. Elle avait passé entre les mains de tant d'autres petite filles avant Charlotte qu'elle était bientôt chauve, qu'elle avait un trou à la place de l'œil droit et que si une vraie personne avait porté les mêmes vêtements qu'elle, elle aurait sans doute été arrêtée sur-le-champ. Mais tout cela ne semblait pas poser le moindre problème à sa nouvelle maman qui la berçait tendrement entre ses petits bras tout en faisant semblant de lui parler ou de lui chanter une chanson.
Vers six heures, Susan lui apporta elle-même son souper et resta auprès d'elle tandis qu'elle mangeait. Elle n'avait pas encore eu de vrai repas depuis qu'elle était arrivée au County vingt-quatre heures plus tôt, et elle dévora littéralement la purée de pommes de terre et la saucisse de veau qui étaient au menu. Lorsqu'elle eut terminé, la jeune femme commença à lui lire une histoire, décidée à ne pas bouger de là tant que les résultats qu'elle attendait ne seraient pas arrivés. Elle venait à peine de commencer lorsque la porte de la chambre s'entrouvrit et que Abby, qui devait sans doute venir d'arriver puis qu'elle portait toujours son manteau, passa la tête dans l'embrasure.
"Docteur Lewis, je pensais bien que vous seriez ici" fit celle-ci sur un ton très grave qu'elle n'avait jusque là jamais employé lorsqu'elle s'adressait à Susan. "Est-ce que je peux vois voir une minute ?"
Susan hocha la tête et laissa le livre entre les mains de Charlotte avant de rejoindre sa collègue dans le couloir.
"Je viens d'arriver" commença Abby, "et Randi m'a donné ça, ce sont les résultats des tests sanguins de Charlotte… La bonne nouvelle, c'est que contrairement à ce que vous craigniez, elle ne souffre pas d'anémie…"
"Et quelle est la mauvaise nouvelle ?" demanda Susan en s'emparant des papiers dans lesquels elle trouva instantanément la réponse à sa question, tout comme Abby l'avait fait quelques instants avant elle.
***
A suivre...
Chapitre II
_________________________
Auteur: Aline
Droits divers: Les personnages de cette fic ne m'apartiennent pas (sauf Charlotte et sa famille), bla bla, ils apartiennent à Michael Crichton, bla bla, tout le monde connaît la chanson, c'est la même à chaque fois ;O)
Note de l'auteur: Rien à dire ;O)
*** Flash back***
Un soleil brûlant brillait dans le ciel sans nuage de cette après-midi de juin. La fillette émergea en courrant de la petite maison, ravie d'enfin recevoir l'autorisation de sortir. Elle avait dû rester à l'intérieur toute la journée à cause de la chaleur, et elle en avait réellement plus qu'assez. Elle s'installa sous un arbre, légèrement abritée du soleil par son large branchage, et sortit quelques jouets du sac qu'elle avait emporté : une poupée à laquelle il manquait un œil et la plupart des cheveux, un camion rouge de pompier qui avait perdu son échelle ainsi qu'une petite tasse en plastique, fendue sur un côté. Elle n'avait pas le droit d'emmener ses beaux jouets dehors, sa mère avait peur qu'elle ne les abîme. Mais cela importait peu, de toute façon ceux-ci étaient ses favoris. Ils avaient appartenu à une de leur voisine, qui lui avait donné ce qu'elle voulait avant d'envoyer le reste à des œuvres de charité, ses propres enfants étant à présent trop grand pour jouer avec. Elle assit la poupée sur le camion, puis entreprit de remplir la tasse avec tout ce qui lui passait sous la main : de la terre, quelques brindilles d'herbe roussie, et accessoirement aussi une ou deux fourmis qui auraient sans doute préféré ne pas se trouver là.
"Charlotte ?"
La fillette leva les yeux en entendant la voix de sa mère, et plaça sa main sur son front afin de les protéger de la lumière. La silhouette familière se dessina dans l'entrée, et la petite gratifia la jeune femme d'un large sourire.
"Maman ?" demanda-t-elle d'une voix claire et mélodieuse, "est-ce que je peux aller jouer au bord de la rivière ?"
"Tu sais bien que je ne veux pas que tu aille là-bas toute seule ma chérie, c'est trop dangereux" répondit la mère tout en restant à l'ombre dans l'embrasure de la porte vitrée donnant sur la cuisine.
"Aux balançoires alors ?" insista la fillette.
"Je préfère que tu restes ici, je n'aime pas que tu aille te promener si personne ne t'accompagne."
"Viens avec moi alors… tu restes toujours dedans…"
La jeune femme eut un sourire attendri et ses mains recouvrirent instinctivement son ventre arrondit.
"Je t'ai déjà expliqué qu'avec tout ce soleil le docteur préfère que je reste à l'intérieur, c'est mieux pour les bébés. Mais tu verras, dans deux mois quand tes petits frères seront nés, alors je pourrai de nouveau venir jouer avec toi."
La fillette délaissa ses jouets et se rapprocha de sa maman, intriguée. Elle ne parvenait toujours pas à comprendre comment il était possible que deux bébés puissent sortir de son ventre, même s'il était très gros. Est-ce qu'on allait faire un trou dedans ? Si c'était le cas, ça devait faire vraiment mal… Et elle, est-ce qu'elle avait aussi été dans son ventre quand elle était un bébé ?
"Maman ?"
"Oui ma chérie…"
"Est-ce que les bébés aussi ils joueront avec moi ?"
La mère attira alors tendrement sa fille contre elle, la prenant doucement dans ses bras.
"Et bien non, pas tout de suite, au début tu sais ils seront trop petits pour jouer. Quand ils naîtront, ils ne sauront ni marcher, ni parler. Il faudra tout qu'ils apprennent, et ça leur prendra un peu de temps. Mais après, quand ils seront plus grands, alors je suis sûre qu'ils seront très contents d'avoir une gentille grande sœur comme toi pour jouer avec eux."
Elle passa une main affectueuse dans les cheveux ébouriffés de la fillette, puis retourna à l'intérieur. Charlotte demeura plantée là, perplexe. C'était vraiment trop bête si les bébés ne pouvaient même pas marcher ou parler… Qu'est-ce qu'ils allaient bien pouvoir faire ? Ils n'allaient quand même pas dormir toute la journée… Décidément, ils risquaient de n'être vraiment pas drôles du tout…
***
La pluie glacée ruisselait le long des carreaux de la petite chambre lorsque Susan ouvrit les yeux. Elle était installée dans un fauteuil, près du lit de Charlotte, où elle avait dû s'assoupir par inadvertance. Elle se releva lentement, le corps complètement courbaturé d'avoir dormi dans une mauvaise position, et s'approcha lentement de la fenêtre. Dehors il faisait nuit noire, mais un regard à sa montre lui indiqua qu'il était déjà près de six heures du matin. Elle était de nouveau de garde dans à peine un peu plus d'une heure, et il ne servait pas conséquent pas à grand chose qu'elle rentre chez elle. Elle resta un instant immobile, le regard perdu dans le vague, écoutant le bruit tranquille de la pluie qui tombait au dehors et celui de la respiration paisible de Charlotte derrière elle. La fillette dormait profondément, le pouce dans la bouche, ses longues mèches éparpillée autour de son visage sur l'oreiller.
Le calme qui régnait dans la pièce fut soudainement brisé lorsque quelqu'un poussa doucement la porte. Susan se retourna et reconnu la silhouette d'Abby lorsque celle-ci pénétra dans la chambre.
"J'ignorais que vous étiez là…" s'étonna l'infirmière en parlant à voix basse pour ne pas risquer de réveiller Charlotte.
"Je me suis endormie…"
"Vous devriez essayer de vous reposer encore un peu avant de commencer votre garde, ça a été plutôt tranquille cette nuit, il y a plusieurs salle d'examen qui sont libres…"
"Je crois que c'est là un conseil que je vais suivre… venez me chercher si quelque chose ne va pas avec la petite…"
"Entendu. Je venais justement voir comment elle allait…"
"Pour l'instant elle dort comme un ange…"
"J'imagine que c'est une bonne chose… Je ne comprends pas comment des parents peuvent abandonner leur enfant de cette manière…"
"Je ne comprends pas comment des parents peuvent abandonner leur enfant tout court… A plus tard…"
Susan s'éclipsa de la pièce sans faire de bruit, laissant Abby seule auprès de Charlotte. L'infirmière garda un instant les yeux fixés sur le visage paisible de la petite fille et son cœur se serra. Elle n'avait que huit ans et lorsqu'elle se réveillerait, la première chose qu'elle devrait voir devrait être le visage bienveillant de sa mère, penchée au-dessus d'elle, lui murmurant d'une voix douce qu'il était temps de se lever pour aller à l'école. Au lieu de ça, elle se retrouvait toute seule, dans une chambre d'un hôpital dont le personnel ne connaissait presque rien d'elle. Où ses parents se trouvaient-ils en cet instant ? Et pourquoi avait-elle refusé de donner son nom de famille ? On aurait dit qu'elle ne voulait pas qu'on les retrouve, qu'elle ne voulait pas qu'on la ramène chez elle… Peut-être était-ce le cas, peut-être n'avait-elle pas été abandonnée, peut-être s'était-elle enfuie… Elle n'osait même pas imaginer ce que cette pauvre petite avait dû subir pour souhaiter ne plus vivre avec ses parents…
Abby poussa un profond soupir, et au même moment la voix stridente de Kerry retentit dans le couloir, la tirant de ses pensées. Sa supérieure n'aurait sans doute pas tellement apprécié de la trouver ainsi à rêvasser alors qu'il y avait très certainement du travail qui attendait d'être fait. Après un dernier regard jeter à Charlotte, elle fit demi-tour et quitta la chambre.
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"Dr Lewis, un trauma arrive !"
Susan ouvrit brusquement les yeux, réveillée en sursaut par la voix de Haleh qui se trouvait dans l'entrée de la salle d'examen où elle s'était installée pour se reposer un peu en attendant le début de sa garde. Il lui semblait qu'elle venait à peine de s'endormir, et qu'il était par conséquent parfaitement impossible qu'il soit déjà sept heures, mais sa montre indiquait malheureusement le contraire. Elle se releva à contre cœur et suivit sa collègue dans le couloir, éblouie par la lumière violente qui y régnait.
"Susan, tu es déjà là ?" s'étonna Mark en la voyant le rejoindre dehors, où il attendait déjà l'arrivée de l'ambulance qu'on leur avait annoncée.
"J'ai passé la nuit ici" grogna la jeune femme en réprimant un bâillement.
"Tu brigues le poste de Kerry ou quoi ?" fit-il avec un air amusé.
"Je t'expliquerai plus tard…"
Le moment n'était en effet pas à la conversation, puisque au même moment, l'ambulance entra dans la baie, sirène hurlante, pour s'immobiliser à quelques mètres des deux médecins qui se précipitèrent aussitôt pour réceptionner le patient. Il s'agissait en réalité d'un cas classique, un jeune homme d'une vingtaine d'année qui avait un peu trop arrosé une soirée en ville et qui était rentré dans un arbre avec sa voiture sur le chemin du retour. Il semblait toutefois avoir eu beaucoup de chance, car ses blessures, hormis une entaille relativement profonde au front, étaient toutes plutôt superficielles. Tandis qu'on l'emmenait en radiologie pour vérifier qu'il n'avait pas de lésions internes, Susan se demanda vraiment pourquoi on l'avait réveillée alors que Mark aurait très bien pu se débrouiller tout seul.
"Quand j'avais vingt ans" fit remarquer celui-ci en retirant sa blouse de traumatologie, "on attendait le samedi pour aller faire la fête…
"Mark, quand tu avais vingt ans tu passais très certainement tes samedis soirs à la bibliothèque pour revoir tes cours de la semaine" répliqua Susan avec un petit rire.
"Très amusant… Alors, est-ce que tu vas me dire pour quelle raison tu as passé la nuit ici si ce n'était pas pour faire du zèle ?"
Ils pénétrèrent ensemble dans la salle de repos, et tandis qu'ils s'installaient à la table pour boire une tasse de café, Susan entreprit de lui parler de Charlotte. Mark l'écouta en silence jusqu'à ce qu'elle eut terminé son récit, et prit doucement sa main dans la sienne.
"J'ignore exactement pourquoi, mais je me sens vraiment concernée par le cas de cette petite fille" conclut-elle d'une voix triste. "J'imagine que ce n'est sans doute pas la meilleure des idées puisque nous ne sommes pas censés nous attacher à nos patients, mais c'est plus fort que moi…"
"C'est normal, c'est déjà arrivé à chacun de nous, il y a des patients avec qui nous avons l'impression d'avoir un lien particulier, auxquels nous aimerions être en mesure de venir en aide encore plus que d'habitude…"
"Et ce sont généralement précisément ceux-là que l'on ne peut pas sauver… J'aimerais tellement comprendre quelles circonstances l'ont amenée ici…"
"Est-ce que tu as demandé des tests sanguins ?"
Susan répondit d'un hochement de tête.
"La plupart des enfants abandonnés dans un hôpital le sont à cause d'une maladie à laquelle les parents ne se sentent pas la force de faire face" continua Mark. "Hépatite, cancer, leucémie,…"
Au même moment, la porte de la salle s'ouvrit, laissant passer Abby.
"Docteur Lewis, vous êtes là" fit celle-ci. "Je vous cherchais, Charlotte vient de se réveiller, je ne sais pas si vous souhaiter la voir avant qu'on l'emmène pour les examens…"
"Merci" répondit Susan avec un hochement de tête, avant d'avaler rapidement la fin de son café, de souhaiter une bonne journée à Mark et de suivre Abby dans le couloir.
Charlotte était étendue sur son lit, la tête tournée vers la fenêtre. Elle observait le jour qui se levait lentement et ne sembla même pas remarquer les deux femmes lorsqu'elles pénétrèrent dans la petite pièce. Ce ne fut que lorsque Susan l'appela par son prénom qu'elle tourna la tête vers elles. La nuit qu'elle venait de passer devait lui avoir fait du bien, car son visage paraissait légèrement moins pâle, ses yeux moins rouges, et elle sourit à Susan et Abby lorsqu'elle les reconnut. Toutefois, tout comme la veille, aucun son ne sortit de sa bouche lorsque Susan lui demanda si elle avait passé une bonne nuit. Si elle avait pu parler, elle aurait sans doute dit que cela faisait des mois et des mois qu'elle n'avait pas aussi bien dormi, des mois et des mois qu'on ne s'était pas aussi bien occupé d'elle. Mais au lieu de ça, elle se contenta de hocher la tête, sans cesser de sourire. Abby vérifia rapidement sa température qui était toujours un peu élevée - beaucoup moins toutefois que le soir précédent - alors que Susan lui expliquait de manière simple quels examens elle allait subir dans les heures qui suivraient et surtout à quoi ils serviraient. En général, les enfants à qui l'on expliquait ce genre de chose montraient une certaine crainte à l'idée qu'on leur prenne du sang ou qu'on leur fasse passer des radios, tout particulièrement si leurs parents ne se trouvaient pas avec eux. Charlotte en revanche ne broncha pas, ne semblant éprouver aucune peur, ni même de la curiosité, comme si elle savait déjà très bien ce qui allait se passer, comme si elle y était déjà habituée.
"Est-ce que tu as des questions ?" demanda-t-elle lorsqu'elle eut terminé, et alors qu'Abby attendait pour lui faire une prise de sang.
La fillette répondit par la négative en secouant légèrement la tête, et Susan fit signe à Abby qu'elle pouvait y aller. Charlotte n'opposa strictement aucune résistance, comme c'était fréquemment le cas des jeunes patients de son âge lorsqu'ils voyaient l'aiguille s'approcher de leur bras, et quelques minutes plus tard l'infirmière l'emmenait en radiologie après avoir fait parvenir l'échantillon de sang au laboratoire. Au moment où elle quittait à son tour la pièce, Susan fut interceptée par Adele Newman.
"Ah, docteur Lewis, vous tombez bien je voulais justement vous voir."
"Est-ce que vous avez retrouvé les parents de Charlotte ?"
"Avec le peu d'informations dont nous disposons pour l'instant ? Cela revient à peu près à rechercher une aiguille dans une botte de foin de la taille d'un gratte-ciel… En fait comme je devais de toute façon passer pour un autre enfant, j'en profite pour venir voir si vous en savez davantage…"
"Pour l'instant, elle est encore en train de subir des examens, et nous venons d'envoyer un échantillon de sang à analyser au laboratoire… Et elle n'a toujours pas parlé…"
"Cela ne m'étonne pas. Si cette fillette ne parle pas, il se peut tout à fait que ce soit suite à un traumatisme qu'elle aurait subit, soit récemment soit lorsqu'elle était plus petite…"
"Vous pensez à des mauvais traitements ?"
"Ca pourrait être dû à beaucoup de choses, un père alcoolique et violent, une mère droguée, un divorce… Vous savez, il existe de nombreux facteurs susceptibles de perturber un jeune enfant au point qu'il en perde la parole…"
"En tout cas, elle n'a aucune marque de violence apparente, bien sûr les radios nous en apprendront davantage."
"Bien. J'aimerais lui poser encore quelques questions quand elle sera de retour, prévenez-moi."
Susan hocha la tête et la jeune femme lui adressa un rapide sourire avant de s'éloigner d'un pas pressé dans le couloir. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il adviendrait de Charlotte s'il s'avérait qu'elle avait bel et bien été victime de violences physiques, ou si on ne retrouvait pas ses parents ? Et s'ils refusaient de la reprendre avec eux ? Elle se retrouverait dans un foyer, balader peut-être d'une famille à l'autre, sans jamais réellement trouver de gens pour l'aimer et prendre soin d'elle. C'était tellement injuste…
***
Le reste de la journée s'écoula avec une lenteur désespérante. Chaque fois que Susan demandait si les résultats de Charlotte étaient arrivés on lui répondait que le labo était débordé et qu'il faudrait qu'elle patiente encore un peu, si bien qu'elle arriva au bout de sa garde sans en savoir davantage que douze heures plus tôt. La petite fille ne semblait quant-à-elle pas perturbée le moins du monde par cette attente qui s'éternisait. Sa fièvre était finalement complètement tombée en cours de journée, et elle semblait à présent en parfaite santé, même si elle était toujours pâle et faible et que Susan la soupçonnait de souffrir d'une légère anémie. Préférant qu'elle demeure alitée, la jeune femme avait amené un poste de télévision dans sa chambre ainsi que quelques jouets, afin de lui faire paraître le temps moins long. Elle passait également régulièrement voir si tout allait bien et si elle n'avait besoin de rien. La fillette semblait avoir adopté une des poupées qu'elle lui avait apportées et qui devait de loin être l'un des plus anciens jouets dont ils disposaient pour leurs jeunes patients. Elle avait passé entre les mains de tant d'autres petite filles avant Charlotte qu'elle était bientôt chauve, qu'elle avait un trou à la place de l'œil droit et que si une vraie personne avait porté les mêmes vêtements qu'elle, elle aurait sans doute été arrêtée sur-le-champ. Mais tout cela ne semblait pas poser le moindre problème à sa nouvelle maman qui la berçait tendrement entre ses petits bras tout en faisant semblant de lui parler ou de lui chanter une chanson.
Vers six heures, Susan lui apporta elle-même son souper et resta auprès d'elle tandis qu'elle mangeait. Elle n'avait pas encore eu de vrai repas depuis qu'elle était arrivée au County vingt-quatre heures plus tôt, et elle dévora littéralement la purée de pommes de terre et la saucisse de veau qui étaient au menu. Lorsqu'elle eut terminé, la jeune femme commença à lui lire une histoire, décidée à ne pas bouger de là tant que les résultats qu'elle attendait ne seraient pas arrivés. Elle venait à peine de commencer lorsque la porte de la chambre s'entrouvrit et que Abby, qui devait sans doute venir d'arriver puis qu'elle portait toujours son manteau, passa la tête dans l'embrasure.
"Docteur Lewis, je pensais bien que vous seriez ici" fit celle-ci sur un ton très grave qu'elle n'avait jusque là jamais employé lorsqu'elle s'adressait à Susan. "Est-ce que je peux vois voir une minute ?"
Susan hocha la tête et laissa le livre entre les mains de Charlotte avant de rejoindre sa collègue dans le couloir.
"Je viens d'arriver" commença Abby, "et Randi m'a donné ça, ce sont les résultats des tests sanguins de Charlotte… La bonne nouvelle, c'est que contrairement à ce que vous craigniez, elle ne souffre pas d'anémie…"
"Et quelle est la mauvaise nouvelle ?" demanda Susan en s'emparant des papiers dans lesquels elle trouva instantanément la réponse à sa question, tout comme Abby l'avait fait quelques instants avant elle.
***
A suivre...
