Charlotte
Chapitre III

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Auteur: Aline

Droits divers: Les personnages de cette fic ne m'apartiennent pas (sauf Charlotte et sa famille), bla bla, ils apartiennent à Michael Crichton, bla bla, tout le monde connaît la chanson, c'est la même à chaque fois ;O)

Note de l'auteur: Je sais que c'était un peu cruel de couper l'histoire là où je l'ai fait ("pour le suspense tête de cochon !" Quoi, faîtes pas cette tête, vous connaissez pas la pub avec Dédé ?? ;O), donc voilà la suite. Dans ce chapitre on en apprend toujours plus sur le passé de Charlotte, mais je laisse tout de même quelques questions sans réponse (toujours pour le suspense, et oui ;O)

Voilà, (je vais essayer de commencer à abréger, mais ça va être dur, je me sens d'humeur bavarde ce soir ;O) sinon je n'ai jamais fait d'études de médecine (en tout cas pas dans cette vie, j'étais peut-être une très grande chirurgienne dans une vie antérieure mais je ne m'en souviens pas ;O) je vous remercie d'avance de bien vouloir excuser les éventuelles fautes qui se seraient glissées par inadvertance dans les parties plus médicales concernant la maladie de Charlotte...

(p/s non je n'avais rien fumé avant d'écrire cette note, mais pour ma défense il était environ une heure du mat et j'étais vraiment mais alors vraiment fatiguée !!)

Cette fois c'est tout (qui a dit 'ouf' ?), bonne lecture ;O))

***

Susan s'appuya contre le mur à côté de la porte tandis que Abby jetait un œil à travers le store qui masquait partiellement l'intérieur de la pièce. Charlotte était toujours assise dans son lit, feuilletant le livre que Susan lui avait laissé, l'air tranquille et insouciant. Elles s'étaient attendues à beaucoup de choses, cela était de loin ce qu'elles pouvaient redouter de pire… Les résultats des tests sanguins de la fillette ne laissaient aucun doute sur la nature de la maladie dont elle souffrait : elle était séropositive. Les deux jeunes femmes tournèrent la tête l'une vers l'autre au même instant, et lorsque leurs regards se croisèrent, chacune put y lire la tristesse qu'elle-même ressentait. Malheureusement, cela semblait renforcer l'hypothèse de l'abandon, d'autant plus que les radios ne présentait aucun signe de lésion récente ou ancienne de ses os. La maladie avait très certainement déjà été détectée bien auparavant, et elles n'auraient pas été surprises d'apprendre que c'était pour cette raison que ses parents l'auraient abandonnée, ils n'auraient pas été les premiers à faire cela. Toutes les deux savaient malheureusement par expérience que certaines personnes se trouvent tout simplement incapables d'affronter le mal dont souffrent leurs enfants.

"Vous croyez qu'elle le sait déjà ?" demanda Abby, rompant brusquement le silence.

"Je pense, oui," murmura Susan. "Cela expliquerait en tout cas le calme dont elle a fait preuve face à tous les examens qu'elle a dû subir…"

"C'est vraiment affreux… elle est si petite, ce n'est qu'une enfant… elle ne mérite pas tout ça…"

Un silence lourd s'installa entre les deux femmes. Aucune d'elle n'était plus capable de réfléchir objectivement, aucune d'elle ne savait ce qu'il convenait de faire à présent. Elles se trouvaient en quelque sorte face à un mur dont leur statut de personnel médical aurait, en temps normal, dû permettre le contour. Mais elles étaient bien plus qu'un médecin et une infirmière pour Charlotte. En l'espace d'une journée à peine, elles s'étaient toutes deux attachées à cette petite fille de telle manière qu'un lien semblait maintenant les rattacher inexorablement à elle. Elles savaient que selon la procédure habituelle elles devaient prévenir les services sociaux et signer une décharge permettant à Charlotte de quitter l'hôpital, sa séropositivité ne nécessitant pas qu'elle soit hospitalisée tant que l'on veillait scrupuleusement à ce qu'elle prenne les médicaments qui allaient lui être prescrits. Toutefois, le simple fait d'imaginer leur jeune protégée placée dans un foyer leur était insupportable. L'idée qu'elle puisse être ballottée d'une famille d'accueil à une autre, au milieu de gens ne s'intéressant à elle que pour l'argent qu'elle pouvait leur rapporter leur donnait la nausée. Cette petite avait besoin qu'on prenne soin d'elle, qu'on la prenne dans ses bras si elle se sentait triste ou si sa maman lui manquait, qu'on lui lise une histoire si elle ne parvenait pas à s'endormir…

"Qu'est-ce qu'on va faire ?" demanda soudain Abby, rompant brusquement le silence.

"Sans doute ce que notre profession nous oblige à faire… Je vais aller lui parler, et pendant ce temps vous appellerez les services sociaux… Ensuite je lui ferai prescrire un traitement adapté, et nous devrons la laisser partir…"

"Vous ne pensez pas qu'ils aient pu retrouver ses parents ?"

"Je n'en sait rien," soupira Susan. "Mais de toute manière j'imagine que cela ne changerait pas grand chose, Charlotte est ici depuis vingt-quatre heures et personne n'est venu la chercher… Si vous voulez mon avis, il est très peu probable que ses parents ne la reprennent avec elle, même si on les retrouve… Si vraiment ils l'ont abandonnée et qu'ils regrettaient leur geste, ils se seraient déjà manifestés…"

Abby soupira à son tour. Elle savait que sa collègue avait raison, mais une part d'elle-même ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'elle se trompe, que les parents de la petite n'allaient pas tarder à franchir les portes de l'hôpital, expliquant que leur fille s'est tout simplement échappée comme elle l'avait déjà fait à plusieurs reprises depuis que sa maladie avait été diagnostiquée…

"Si vous pouviez également demander qu'un psychologue spécialisé descende… J'aimerais qu'un professionnel tente de s'entretenir avec elle, peut-être que nous nous y prenons toutes très mal et que quelqu'un qui est habitué à ce genre de situations en tirera davantage que nous…"

"Je m'occupe de tout ça…" répondit Abby avec un hochement de tête, acceptant pour la première fois un ordre de Susan sans rechigner. "Bonne chance…"

Les deux jeunes femmes échangèrent un long regard, puis, après lui avoir adressé un petit sourire, Abby s'éloigna dans le couloir en direction du bureau des admissions alors que Susan prenait une profonde inspiration avant de pousser la porte de la chambre. Elle n'avait jamais aimé devoir annoncer des mauvaises nouvelles à un patient ou à sa famille, mais cela allait de pair avec son métier, lorsque l'on devient médecin il faut malheureusement accepter que si l'on parvient souvent à sauver des vies, on en perd également parfois. Mais jamais encore elle n'avait eu à parler à une fillette de huit ans de la maladie qui la condamnait. L'espace d'une seconde, elle se surprit à songer à sa nièce, Susie, qui était un peu plus jeune que Charlotte. Comment s'y prendrait-elle pour lui annoncer ce genre de chose ? Et comment aimerait-elle que d'autres médecins s'y prennent avec elle ? En son fort intérieur, Susan ne pouvait s'empêcher d'espérer que la petite fille était déjà au courant, cela rendrait sans le moindre doute les choses nettement plus faciles pour elle.

"Charlotte ?"

En entendant son prénom, la fillette tourna la tête vers Susan, délaissant son livre et faisant voleter ses longues mèches brunes autour de ses frêles épaules. Elle l'accueillit d'un regard interrogateur et d'un sourire presque confiant qui brisa encore davantage le cœur de la jeune femme.

"Charlotte," reprit celle-ci en s'asseyant sur le bord du lit, face à la fillette, "il faut que nous discutions un peu toutes les deux… Nous venons de recevoir les résultats des tests que tu as passés ce matin… et nous avons découvert qu'il y a quelque chose d'anormal… dans ton sang… une maladie, une maladie très grave…"

Mais la fillette ne la laissa pas achever son explication. Posant sa main fragile sur le bras de Susan, elle lui fit comprendre d'un signe de tête qu'elle était déjà au courrant, que d'autres lui avaient déjà dit la même chose avant elle. Elle continuait cependant à sourire, comme si l'idée de sa mort ne la touchait même pas et ne lui faisait nullement peur.

"Depuis combien de temps…" demanda alors Susan, la bouche tellement sèche qu'elle avait l'impression de ne rien avoir bu depuis des mois. "Quand est-ce que l'on t'as dit que tu étais malade ?"

Sans prononcer la moindre parole, Charlotte se contenta de répondre à la question qui lui était posée en levant sa main droite devant elle, dessinant une sorte de W avec son index, son majeur et son annulaire.

"Trois mois ?"

Elle hocha la tête.

"Est-ce que c'est un médecin ici, à Chicago qui t'as examinée ?"

Susan s'attendait alors à ce que la fillette réponde par la négative, puisqu'elle savait déjà qu'elle ne venait pas de Chicago. Mais à sa plus grande surprise, elle fit une nouvelle fois signe que oui. La jeune femme dut retenir une exclamation de contentement ; certainement sans même s'en rendre compte, la fillette venait enfin de leur donner un espoir de découvrir qui elle était et de retrouver sa famille.

"Et est-ce que tu te rappelles comment ce docteur s'appelait ?"

Malheureusement, cette fois-ci Charlotte secoua la tête.

"Bien, très bien," reprit Susan d'une voix douce. "Je vais te laisser toute seule quelques minutes, mais je ne serai pas longue. D'autres personnes vont venir discuter avec toi, la dame que tu as vue hier soir, et aussi un autre médecin qui te donnera des médicaments pour que tu te sentes un peu mieux… Est-ce que ça va aller ?"

Charlotte hocha la tête, mais alors que Susan se levait pour sortir, elle la retint par la manche de sa blouse. La jeune femme tourna la tête vers elle et la petite lui tendit un morceau de papier sur lequel elle avait griffonné "Et après ?"

Susan poussa un profond soupir et se rassit sur le bord du lit. Il était parfaitement normal que la fillette pose cette question, mais elle n'en aurait pas moins préféré qu'elle ne le fasse pas.

"Et bien, si nous ne parvenons pas à retrouver tes parents, nous te confierons à des gens qui prendront soin de toi, et qui eux-même chercheront une nouvelle famille pour t'accueillir…"

La jeune femme prit doucement la main de Charlotte dans la sienne. Il fallait qu'elle sache que, quoi qu'il arrive, elle ne se retrouverait plus jamais seule, qu'on ne la laisserait pas tomber. Mais la petite se dégagea vivement, attrapant à nouveau le bloc note sur lequel elle inscrivit rapidement : "Je retournerai pas chez maman".

*** Flash back***

"Ils sont allés où, papa et maman ?"

Sa petite main serrée dans celle de sa voisine qui la ramenait à l'intérieur de la maison, Charlotte ne comprenait rien à ce qui se passait autour d'elle. Quelques instants plus tôt, sa mère s'était mise à respirer bizarrement et à se tenir le ventre comme si elle avait très mal. Son père l'avait alors emmenée dans la voiture après s'être assuré qu'Elisa, la fille aînée de leur voisine, viendrait s'occuper de Charlotte en leur absence, et ils étaient partis aussitôt, sans donner la moindre explication à la petite fille qui était restée interloquée au milieu du jardin.

"Ta maman va avoir ses bébés, et ton papa l'a amené à la maternité…"

"On va lui sortir mon petit frère et ma petite sœur du ventre ? C'est pour ça qu'elle avait mal ?"

"Exactement, si tout va bien, dans quelques heures tu auras un beau petit frère et une jolie petite sœur… Allez, il faut aller manger maintenant."

La jeune fille traîna la petite jusqu'à la cuisine et la fit s'asseoir à la table tandis qu'elle finissait de couper des tomates pour la salade. Mais Charlotte était bien trop excitée pour pouvoir tenir en place. Sa maman lui en avait tellement parlé, de ces deux bébés qui dormaient dans son ventre, elle se réjouissait de pouvoir enfin voir à quoi ils ressemblaient.

"Et quand je pourrai les voir ? Et papa et maman, ils vont rester partis longtemps ?" demanda-t-elle en sautant de sa chaise pour rejoindre sa voisine à l'autre bout de la pièce.

"J'imagine que ton papa va rentrer une fois que les bébés seront nés. Quant à ta maman, elle va rester quelques jours à l'hôpital avec eux, pour se reposer."

"Mais je vais pouvoir aller les voir ?"

"Oui ma chérie, mais pas aujourd'hui. Pour l'instant, il faut que tu manges, et ensuite que tu aille dormir. Et quand tu te réveilleras, alors ton papa sera rentré à la maison et vous pourrez aller tous les deux à l'hôpital voir ta maman. Allez, maintenant à table."

Elle apporta la salade de tomates fraîches ainsi que deux assiettes et une carafe d'eau sur la table, forçant Charlotte à se rassoire sur sa chaise. Bien que peu satisfaite des réponses qu'elle avait obtenues, la fillette se résigna à se tenir tranquille au moins le temps du repas. Elle avala toutefois sa salade à toute vitesse, pressée à présent d'aller se coucher afin que le lendemain arrive plus rapidement. Elle était cependant bien trop agitée pour pouvoir dormir, et il était près de onze heures lorsqu'elle trouva finalement le sommeil. Elisa était à peine redescendue de l'étage où elle avait lu une dernière histoire à la petite fille lorsque le téléphone se mit brusquement à sonner, rompant le silence qui régnait jusque là dans la maison. La jeune fille courut décrocher le combiné, priant pour que ce ne soit pas une mauvaise nouvelle. Heureusement, ce n'était de loin pas le cas. L'accouchement avait été très rapide mais s'était bien passé, et Beth, la mère de Charlotte, avait mis au monde deux beaux bébés en parfaite santé, Amy et Andrew.

***

De toute sa vie, Charlotte n'avait jamais rien vu d'aussi adorable que ces deux bébés identiques qui dormait paisiblement dans leurs berceaux. Elle aurait pu passer des heures à les regarder. Soudain, l'un d'entre eux, elle ignorait s'il s'agissait de la fille ou du garçon, ouvrit ses petits yeux et se mit à pleurer de toute la force des ses poumons.

"Pourquoi il pleure, maman ?" demanda la fillette, inquiète, en se tournant vers sa mère.

"Elle pleure parce qu'elle a faim," répondit la sage-femme qui venait d'amener les deux berceaux, avant d'en extraire la petite Amy pour la placer dans les bras de la jeune maman.

"Mais comment elle va manger, elle a même pas de dents ?!"

"Et bien pour l'instant elle ne peut boire que le lait que je vais lui donner. Viens t'asseoir à côté de moi, je vais te montrer…"

Charlotte vint s'installer sur le lit près de sa mère, curieuse de voir comment sa petite sœur allait s'y prendre pour manger. L'allaitement la fascina encore bien davantage que les neuf mois de grossesse ou l'accouchement en lui-même. Sa petite sœur n'avait même pas besoin de nourriture, c'était sa mère elle-même qui lui servait de repas !

"Est-ce que c'est bon ce que tu lui donne à manger ?" questionna-t-elle avec une curiosité toute enfantine.

"Tu veux goûter ?"

La sage-femme apporta alors un biberon dans lequel Beth fit couler quelques gouttes de lait avant de le tendre à sa fille.

"Berk !" s'exclama celle-ci après avoir avalé le contenu du récipient. "Tu devrait lui donner de la crème glacée, je suis sûre qu'elle trouverait ça meilleur !"

Les deux femmes éclatèrent de rire alors que la fillette essuyait sa bouche du revers de la main avant de reporter son attention sur sa petite sœur qui s'était remise à téter tranquillement. Apparemment, elle ne semblait même pas trouver ça particulièrement mauvais… Le silence s'était réinstallé dans la pièce lorsque quelqu'un frappa doucement à la porte avant de pénétrer dans la chambre, sans faire de bruit. Charlotte leva la tête vers le nouveau venu et lui adressa un grand sourire lorsqu'elle reconnut son père, qui s'était absenté quelques minutes plus tôt pour aller téléphoner à ses parents et beaux-parents. Au même instant, le second bébé se mit à pleurer comme l'avait fait sa sœur quelques minutes plus tôt, devinant sans doute que son tour de manger approchait. Jack s'approcha du berceau et prit son fils dans ses bras. Charlotte délaissa alors le lit de sa mère afin de rejoindre son père qui tentait de calmer le petit Andrew en le berçant doucement.

"Est-ce que je peux le tenir ?" demanda-t-elle timidement.

Son père hocha lentement la tête, la fit s'asseoir dans un fauteuil et plaça le bébé dans ses petits bras. Toute tremblante, autant de crainte de le lâcher que d'émotion, la fillette baissa les yeux vers ce petit frère minuscule, et son visage s'illumina lorsqu'il cessa de pleurer et grimaça même quelque chose qui ressemblait à un sourire.

"Bonjour, bébé," murmura-t-elle. "Je suis Charlotte, ta grande sœur…"

Beth et Jack échangèrent un regard attendrit et la sage-femme s'éclipsa discrètement de la pièce, les laissant tous les cinq en famille.


***

"Moi qui croyais être l'une des seules employées de cet hôpital à être suffisamment folle pour monter ici par cette température…"

Susan tourna la tête en entendant la voix d'Abby derrière elle, s'arrachant à la contemplation des lumières qui illuminaient Chicago après le coucher du soleil. Elle se trouvait là depuis une quinzaine de minutes, plongée dans ses pensées. Lorsque Adele Newman était arrivée dans le but de tenter une nouvelle fois de discuter avec Charlotte, elle avait jugé inutile de rester avec elles et en avait profité pour prendre quelques instants de pause. Elle n'avait pour ainsi dire pas quitté les urgences depuis trente-six heures et se sentait vidée de toute énergie.

"C'est le meilleur endroit que j'aie trouvé pour évacuer le stress…"

"Je suis bien d'accord avec vous, le reste de l'hôpital est toujours trop bruyant… Vous en voulez une ?" fit Abby en lui tendant son paquet de cigarettes.

"Non merci, j'ai arrêté quand j'avais 24 ans."

"Vous êtes plus courageuse que moi, c'est aussi ce que je devrais faire mais je ne suis encore jamais parvenue à trouver la motivation nécessaire."

"Ca m'a aussi pris du temps pour la trouver. Je venais à peine de commencer mon externat aux urgences et Mark avait décidé coûte que coûte de me pousser à arrêter… Je me suis rendue compte plus tard qu'il m'avait raconté n'importe quoi, mais je vous jure que le jour où il m'a montré la radio de poumons totalement lacérés en me racontant que c'était là une des conséquences méconnues du tabagisme, je n'ai plus jamais touché à une cigarette !"

Les deux jeunes femmes échangèrent un sourire puis se replongèrent toutes deux dans la contemplation de la ville qui s'étendait sous leurs yeux. Alors que le silence tombait, chacune sentit un étrange sentiment de malaise l'envahir. Il y avait quelque chose de changé entre elles. Quelques heures plus tôt à peine, elles avaient encore du mal à se supporter en tant que collègues, et à présent elles plaisantaient presque comme si elles avaient toujours été amies. Etait-ce le fait de s'occuper ensemble de Charlotte qui avait entraîné ce changement ?

"Comment est-ce que ça c'est passé, avec la petite ?"

"Mieux que je le pensais" soupira Susan.

"Elle savait déjà ?"

"Depuis trois mois… et c'est apparemment un médecin de Chicago qui a diagnostiqué sa maladie…"

"Je croyais qu'elle ne venait pas d'ici ?" s'étonna Abby.

"Je sais, j'ai d'ailleurs été aussi surprise que vous… peut-être était-elle avec sa famille en vacances dans la région, où quelque chose comme ça… je n'en sais trop rien, j'imagine que nous en saurons davantage lorsque nous aurons retrouvé de quel médecin il s'agit et que nous aurons pris contact avec lui…"

Abby hocha pensivement la tête. Même s'il y avait de nombreux médecins à Chicago, il ne serait certainement pas très difficile de trouver celui qui s'était occupé de Charlotte, et peut-être, grâce à lui de retrouver les parents de la fillette… Du moins l'espérait-elle…

"Docteur Lewis ?" fit-elle soudain en se tournant vers Susan. "Ces radios que Mark vous avait montrées, c'était quoi ?"

"Un type qui était passé sous les roues d'un train, où quelque chose comme ça… Oh, et Abby, je vous en prie, appelez-moi Susan…"

***

A suivre...