Hallucinations

Chapitre VI : Bon Courage !



Auteur : Lojie

Disclaimer : Joaquim DelAmico m'appartient ! Nananère et tralala! (Oh la la... Je crois que je suis un peu fâtiguée...)

Note de l'Auteur : Voici enfin le nouveau chapitre. Désolé je pensais que je l'avais déjà mis sur le site avant mes partiels et je viens de le trouver parmi la liste de mes fics non éditées… Mais bon mieux vaut tard que jamais ! ;oP Sinon merde pour ceux qui sont ou vont bientôt leur bac ou des partiels ! Je compatis à votre douleur maintenant que j'ai fini mes exams ! mdr !

Nota Bene : Déjà que j'y connais rien en médecine, alors imaginez un peu le désastre en psycho… C'est pourquoi veuillez ne pas prêter attention aux erreurs médicales que va allègrement débiter Kim Legaspi sans que cela l'inquiète plus que ça ;oP

Bonne Lecture



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John s'était assoupi sur un tapis d'herbe et de mousses sous une frondaison de pins. La brise faisait chahuter le feuillage et le léger clapotis du lac le berçait. Tout semblait tellement à sa place ici. Il ouvrit ses paupières en entendant des bruits de pas à côté de lui. A pas de félins une jeune femme blonde s'était avancée dans son sanctuaire naturel. Elle lui sourit puis s'allongea contre lui. John la prit aussitôt dans ses bras. Il était si serein. Carter caressait avec nonchalance de son index et de son majeur l'épaule de la jeune femme. Elle avait clôt ses yeux et posé sa tête contre son torse. Ses cheveux fins qui tressaillaient à cause de légers souffles d'air lui chatouillaient le menton. Il s'abreuvait de chaque détail, de toutes ses petites choses qui lui procuraient un bonheur immense.

" _J'aimerais rester ici toute ma vie, " murmura-t-elle du bout de ses lèvres roses.

" _Moi aussi Lucy, " répondit-il en prenant un air soucieux. " Moi aussi, " répéta-t-il pensivement. Lucy se redressa soudainement et le fixa de ses deux grands yeux bleus. Une larme perla le long de sa joue juvénile.

" _Mais ce n'est pas possible, " reprit-elle la voix tremblante. John crut y déceler une pointe de rancœur mais il n'en était pas sûr. " Ce n'est pas possible à cause de toi ! Je t'avais dit que quelque chose n'allait pas avec Sobriki ! " Lucy avait haussé le ton de sa voix qui commençait à s'étouffer à cause des sanglots. Les yeux rougis et les lèvres tremblantes, elle lança un regard de désespoir au ciel bleu sans nuages.

" _Je suis désolé, " murmura-t-il inaudiblement. John se sentait confus et coupable. Il se redressa lui aussi et essuya les larmes de la jeune fille du revers de sa main.

" _Tu es désolé ? " Reprit-elle en colère en le repoussant. " Et moi qu'est-ce que je devrais dire ? Hein ? Je suis morte ! Je suis morte par ta faute ! " S'écria-t-elle à la limite de l'hystérie.

" _Je te jures je voulais pas ! " Se défendit John en paniquant. " Je ne voulais pas ça ! " Il sentit son souffle s'accélérer en voyant du sang couler des lèvres de Lucy. Il remarqua alors des tâches pourpres sur sa légère robe bleue à bretelles. Son teint avait blanchi et des cernes violettes soulignaient ses yeux vides. Bizarrement le vent ne chantait plus dans les feuillages et le ciel s'était subitement assombri.

" _Tu m'as tué, " dit-elle calmement alors qu'à présent une flaque de sang l'entourait. Elle tenait un long couteau de cuisine dans la main, celui du gâteau. Une fraîche brise vint faire frissonner l'échine du jeune médecin.

" _Non ! NON ! JE T'AI PAS TUE ! " S'affola John en voulant s'enfuir mais ses membres restaient tétanisés. " C'EST PAS MOI ! C'EST SOBRIKI ! "

" _C'EST TOI QUI M'A TUE, " répéta Lucy en approchant le couteau de la gorge du médecin. " JOHN ! REVEILLE TOI ! "

" _C'EST PAS MOI ! " Répéta-t-il paniqué.

" _REVEILLE-TOI JOHN ! " Lui ordonna de nouveau Lucy d'une voix qui n'était pas la sienne.

Cette voix c'était… c'était celle d'Anna. Il ouvrit les yeux brusquement et se retrouva face au visage inquiet de son ancienne collègue. Carter mit quelques instants avant de complètement retrouver ses esprits et vit qu'il était en sueur. Ils étaient toujours dans la chambre et le soleil venait à peine de se lever. Il observa avec soulagement les brumes violettes de l'aurore par la fenêtre. Anna était toujours assise à côté de lui, le visage soucieux. Elle n'avait jamais vu John aussi affolé.

" _Tu faisais un cauchemar, " dit-elle sur un ton calme. Mais son regard trahissait la tension qui l'habitait.

" _Oui… " Répondit John essoufflé. " Ce n'était qu'un cauchemar, un stupide cauchemar ! "

Anna eut alors un geste inattendu. Elle posa ses mains sur les épaules de Carter et le força avec douceur à venir se blottir contre elle. Il sentit aussitôt la poitrine de la jeune femme contre son torse. Le désir monta une nouvelle fois en lui sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Il était encore tendu et en sueur à cause de son cauchemar. Lucy lui avait semblé si vivante. Des visions de sang le firent tressaillir. La main d'Anna vint se glisser dans ses cheveux. Elle était en train de le réconforter comme on le faisait avec un enfant. Mais il n'était pas un enfant.

John fit doucement monter sa main de la hanche d'Anna à son sein droit. Le tissu de sa robe de nuit était fin et léger. La respiration de la jeune femme changea aussitôt de rythme. Il tourna sa tête et avança ses lèvres près des siennes. Elles se rencontrèrent avec douceur. Sous la pression de la langue de John, Anna entrouvrit légèrement ses lèvres. Il y avait tant de temps qu'on ne l'avait pas réellement embrassé. Tout en continuant à explorer sa bouche, John la fit calmement basculer en arrière. Il délaissa ses lèvres sensuelles et descendit dans son cou. Anna s'aperçut soudainement de ce qu'il allait se passer si elle le laissait continuer. De ses deux mains elle le repoussa sans prévenir et se redressa. John resta allongé sur le lit et poussa un profond soupir d'exaspération :

" _Qu'est-ce qu'il se passe encore ? " Demanda-t-il sur un ton tranchant.

" _Je peux pas, " répondit Anna honteuse en se recroquevillant sur elle-même. " C'est encore trop tôt. " Ses joues s'étaient teintées de roses.

" _Il faudra bien que ça arrive un jour, " rétorqua John sans camoufler sa déception. Il était las de se battre avec la jeune femme qui anéantissait à chaque fois toutes ses tentatives.

" _Peut-être mais pas aujourd'hui, " répondit-elle en se bornant.

" _Bon et bien tant pis ! " S'exclama John en se levant du lit. " Il faut qu'on soit parti dans moins d'une heure, je pars ranger les bagages dans la Jeep. " Avant qu'il n'eut franchi le pas de la porte, il entendit la voix d'Anna derrière lui.

" _Tu n'es pas fâché au moins ? " Demanda-t-elle en commençant à se bercer les bras croisées.

" _Bien sûr que non, " dit John sans se retourner. Il ne voulait pas qu'elle voit la colère sur son visage.



²²²



Le voyage du retour se déroula dans un silence absolu. Même la radio n'avait pas réussi à briser la mauvaise humeur de John. De plus, la perspective de devoir retourner travailler aux urgences demain ne l'enchantait guère. Ils rentrèrent tout deux dans l'appartement de John et Anna partit aussitôt s'enfermer dans la chambre à coucher. Joaquim qui était resté n'osa pas demander comment c'était passé la semaine. John n'enleva pas son manteau et repartit aussitôt. Il fallait qu'il s'éloigne d'Anna. Elle le rendait dingue.



²²²



Sur les conseils de Kerry, Anna avait décidé d'aller voir Kim Legaspi. Joaquim l'avait accompagné mais était resté dans la salle d'attente du cabinet privé. La première séance ne s'était pas trop mal passée et Anna s'était même surprise à rire. Elle ne savait pas pourquoi mais se sentait bien en présence de Kim, elle dégageait une aura de charme et de sécurité qui l'apaisait. A la fin de la séance, la psychologue se décida à expliquer son diagnostique à la jeune femme.

" _Ecoutez mademoiselle DelAmico, notre premier entretien fut vraiment productif, vous ne vous êtes pas braqué ce qui prouve que vous voulez vraiment vous en sortir. " A ces mots, Anna hocha timidement de la tête sans répondre. Puis Kim reprit après un sourire. " J'aimerais juste avoir quelques précisions à propos de vos crises d'angoisse dont vous me parlez, vous aviez dit que certains fois vous avez l'impression d'être une autre, en quelque sorte de vous dédoubler, que vous avez l'impression d'étouffer et que vous avez des étourdissements. Avez-vous aussi des douleurs thoraciques ? "

" _Oui, " confirma Anna. " Je sens des palpitations et j'ai tout le temps peur de perdre le contrôle de moi-même. Durant ces crises j'ai déjà fait des choses que je regrette vraiment… "

" _Oui je vois… " Marmonna Kim en réfléchissant. Elle nota quelques petites choses en plus sur son calepin puis releva le regard. " Vous faîtes ce qu'on appelle une anxiété épisodique paroxystique. En d'autres termes vous avez des moments de paniques où vous n'arrivez pas à vous contrôler, vous êtes névrosée à cause de l'angoisse. Mais ne vous inquiétez pas cela se guérit. "

Anna se sentit soudainement soulagée. Elle savait à présent qu'elle n'était pas un cas désespéré. Kim vit la jeune femme qui se détendait. Elle rehaussa ses lunettes de vues sur l'arrête de son nez puis reprit :

" _Je vois dans votre dossier que vous avez déjà fait une cure psychanalytique... "

" _Oui mais c'était pour me libérer de la drogue et non pour mes crises d'angoisses, " rectifia Anna. " J'ai subi une thérapie de groupe mais cela n'a pas eu d'effets car je me braquais. Ce fut la même chose avec mon ancien psy. "

" _La première chose que je vous conseille est de vous relaxer, vous devez vous évader Anna, vous aérer et vous reposer. Nous allons entamer une psychothérapie ensemble et peut-être pourriez-vous faire une cure psychanalytique cette fois vraiment destinée à vos crises d'angoisses. Je fais aussi vous prescrire quelques calmants. "

" _Mais comment m'évader ? " Demanda Anna qui en était restée à la première phrase. " J'ai passé une semaine avec John au bord d'un lac. Tout s'est bien passé sauf vers la fin, j'ai refait une crise et j'aurais même pu blesser John ! "

" _D'après ce que vous m'avez dit, peut-être que John n'était pas la personne idéale pour vous accompagner… " Insinua Kim en faisant une petite moue pensive.

" _Pourquoi ? " S'étonna Anna. " Nous sommes amis depuis longtemps… "

" _Peut-être justement que vous n'êtes pas de simples amis, " corrigea-t-elle. " Il y a des tensions entre vous deux, des tensions sexuelles entre autres. C'est pourquoi je pense que John n'est pas votre meilleur allié pour vous en sortir. Vous devriez vous éloigner de lui le temps d'aller un peu mieux. J'ai une proposition à vous faire, c'est de faire une cure de un mois dès à présent où je viendrais souvent vous voir, puis nous continuerons des entretiens après la cure, je vous donnerais aussi quelques adresses d'associations de femmes qui ont subi des traumatismes semblables aux vôtres. Partager son malheur permet de décharger de votre fardeau un peu de votre douleur. "

" _Ne plus voir John… " Cette idée semblait irréelle pour Anna. Certes leur relation était tendue mais de là à couper les ponts pendant un mois…



²²²



Deux jours plus tard

" _Tu es sûre que tu ne veux pas que je t'amène ? " Insista lourdement John en soupesant d'une main le sac d'affaires d'Anna. " C'est lourd et peu pratique dans les transports en commun. "

" _Je vais au centre de cure en El, avec Joaquim, comme un grande ! " Rétorqua-t-elle en enfilant son manteau.

" _Laisse tomber John, " ajouta Joaquim. " Ma sœur est trop têtue et tu n'arriveras pas à la faire changer d'avis, quand elle a décidé quelque chose elle ne décroche plus. "

" _Ca je suis au courant… " Marmonna le médecin en pensant à toutes les fois où Anna l'avait repoussé.

Cette dernière lui jeta un regard noir comprenant bien ce qu'il voulait dire par là. Peut-être que Kim avait vraiment raison, il y avait beaucoup trop de tensions entre eux deux. Joaquim remarqua leurs respectifs airs vexés et décida pour le bien de tous d'interrompre ce duel silencieux.

" _Bon, et bien si on y allait ? On va finir par être en retard ! " S'exclama-t-il sur un ton qui se voulait enthousiaste.

" _Oui, allons-y. " Répondit Anna d'une petite voix.

Joaquim prit le sac de sa sœur et franchit le pallier de l'appartement de John. Anna allait le suivre quand elle sentit la main de John sur son épaule. Elle se retourna vers lui surprise en ne voyant aucune once d'animosité dans son regard. Sans dire un mot, il l'étreignit dans ses bras comme on le fait à un ami qui part pour un long voyage.

" _Bon courage, " lui murmura-t-il à l'oreille. Il la lâcha pour qu'elle puisse partir mais Anna ne bougea pas tout de suite. La surprise passée, elle sourit.

" _Merci. "

" _Anna ! Qu'est-ce que tu fais encore ? Je croyais qu'on partait ? " Ronchonna Joaquim qui était réapparut sur le pallier de la porte.

Elle se détourna de John pour suivre son frère.



²²²



" _Je ne sais plus ce qu'il faut que je fasse… A chaque fois je me heurte à un mur et je commence à devenir rancunier… Je sais que ce n'est pas sa faute mais je ne peux pas m'empêcher de lui en vouloir. " John faisait tourner une tasse de café entre ses mains. Dans le petit Doc Magoo enfumé, Abby lui faisait face et ne savait pas vraiment quoi faire pour le réconforter, et encore moins pour l'aider.

" _Elle a besoin de temps, " dit-elle en se maudissant de répondre par une phrase aussi télescopée.

" _Je sais mais… mais c'est si frustrant… Elle est rentrée en cure ce matin, je ne vais pas la voir pendant un mois et le pire c'est que j'en suis comme soulagé… Tu crois que c'est mal ? " Demanda-t-il sur un ton chargé de remords.

" _Je ne pense pas, " répondit Abby avec une moue d'impuissance. " Vous deux vous ne vous êtes revus au bon moment, ni au bon endroit. Peut-être qu'après sa cure et le fait de ne pas vous voir pendant un mois, cela va vous permettre de repartir sur de bonnes bases. "

" _Je l'espère, je tiens tellement à elle, " murmura songeusement John. Son café trônait toujours intact face à lui. Abby se racla nerveusement la gorge.

" _Et toi ? Tout va bien ? Tu n'as pas de problèmes, de manques ? " Demanda-t-elle avec précaution.

Aborder le sujet de l'ancienne toxicomanie de John était toujours délicat. Elle avait remarqué depuis le début de leur conversation que les pupilles du médecin avaient du mal à se fixer. Ce n'était pas bon signe…

" _Je suis dur comme le roc ! " S'exclama-t-il en souriant sur le ton de la plaisanterie.

Mais son sourire semblait fatigué et factice. Abby ne put s'empêcher de lui jeter un regard soupçonneux. Elle voulut ajouter quelque chose mais leurs bippeurs se mirent à sonner à l'unisson.



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A suivre



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Le Petit Mot de la Fin : Le prochain chapitre ça va être du 100% John et ça va aussi être du 100% angst mdr! Je ne l'ai pas encore écrit mais il était déjà tout planifié dans ma tête. Vous allez voir que la situation va *encore* se compliquer ! Gnark ! Gnark ! Gnark ! (|-]