Hallucinations

Chapitre VII : Les Démons de la Saint Valentin



Auteur : Lojie

Avertissement : Joaquim DelAmico m'appartient et dans cette fic c'est bien le seul… Et encore, il apparaît même pas dans ce chapitre !

Note de l'Auteur : Voici le fameux chapitre 100 % John - 100 % Angst ! Je sais que j'ai mit du temps à l'écrire. En fait, j'ai plus eu du mal à *trouver* du temps pour l'écrire ! Il est un peu rapide mais j'espère que vous l'aimerez quand même. En plus, j'avais eu une petite panne d'inspiration pour cette fanfiction mais maintenant ça c'est arrangé ;o) Au fait, je crois avoir fait quelques progrès en médecine. Les trucs que je raconte sont légèrement moins faux ! mdr !

Bonne Lecture !



²²² ²²² ²²²

John n'avait même pas prit la peine d'ouvrir les rideaux. C'était son jour de congé aujourd'hui et il était seul chez lui. Joaquim était retourné à Philadelphie et Anna était en cure depuis quinze jours. Et depuis quinze jours il ne cessait de penser à elle, c'était pire qu'une obsession, encore pire que son ancienne toxicomanie. Chaque nerf, chaque fibre, chaque goutte de sang de son corps souffraient de son absence. Jamais elle ne lui avait autant manqué, lui qui pensait qu'Anna loin de lui pendant un mois serait reposant. Les sentiments ne correspondaient décidément à aucune logique.

Affalé sur son canapé, la télé allumé sur un match de base-ball, il observait du coin de l'œil le petit flacon à moitié vide qui trônait sur sa table basse. Les pilules qu'il contenait étaient du Médomine, un barbiturique rapide utilisé comme antidépresseur. Il avait trouvé ce flacon dans la poche d'un patient mort d'une surinfection broncho-pulmonaire. Ces petites pilules devaient d'ailleurs être la cause de son décès. Cela faisait trois semaines qu'il l'avait chez lui et de temps en temps il en prenait une, et même deux depuis peu. John sentait doucement les griffes meurtrières des démons de la Saint Valentin qui tentaient de nouveau de l'arracher à la vie. Il se sentait glisser sans s'en émouvoir vers ce qu'il redoutait mais c'était comme s'il n'en avait plus rien à faire. De plus, ça l'aidait à ne plus penser à Anna.

Anna… Il ferma les yeux et laissa sa tête dodeliner de gauche à droite, de droite à gauche. Le goût sucrée de ses lèvres, sa douceur, ses yeux brillants… John secoua brusquement sa tête. Il ne fallait pas qu'il pense à elle. Il ne fallait pas ! Mais c'était si bon et si facile, sentir de nouveau son parfum qui l'enveloppait, sa façon de rire à ses blagues (car c'était bien la seule qui riait à ses blagues), son corps se mouvant avec aisance et sa démarche légèrement chaloupée. Il ouvrit les yeux et son regard se reconcentra aussitôt sur le flacon. Ne plus penser à elle.

Finalement il se leva et prit le flacon dans une main, fit sauter le couvercle à l'aide de son pouce. Trois petites pilules se logèrent au creux de sa paume. Il prit une profonde inspiration et les avala d'un seul coup.



²²²



John but en quelques gorgés le café noir que contenait son gobelet en plastique. Il défit nerveusement le nœud de sa cravate et cligna rapidement des yeux. Il savait qu'il n'aurait pas dû en prendre trois ce matin, surtout qu'il n'y en avait déjà presque plus dans le flacon. Il espérait aussi que tout se passait bien pour Anna, il n'avait pas de nouvelles. Abby entra dans la salle de repos. Elle eut un mouvement d'hésitation en le voyant puis vint à côté de lui. Elle se servit du café mais quelque chose dans ses gestes indiquait qu'elle n'était pas à l'aise. John le remarqua :

" _Tout va bien Abby ? " Demanda-t-il en passant une main nerveuse sur son cuir chevelu.

" _Moi ça va, " répondit-elle en insistant sur le moi. " Et toi ? "

" _Ca va, " dit-il sur un ton plein d'entrain qui sonnait faux.

" _Tu as pourtant l'air fatigué, " rétorqua-t-elle en tentant de camoufler les soupçons qui pesaient dans sa voix.

" _Je bois un peu trop de café, " répondit-il sans se démonter. " Du coup j'ai du mal à dormir mais je suis en train de ralentir ma consommation de caféine. "

" _C'est pour ça que tu viens juste de boire un café… " Le taquina-t-elle.

John eut un sourire coupable qui amusa Abby. Il s'aperçut que ses mains tremblaient légèrement et il les fourra dans sa poche, priant pour que la jeune infirmière n'ait rien remarqué. Heureusement c'était juste au moment où elle buvait une lampée de café. Elle n'avait sûrement rien vu.

" _Bon, des patients m'attendent, " s'excusa-t-il pour fuir hors de la salle de repos.

Abby ne fit qu'acquiescer en silence et John se faufila rapidement vers la porte. Elle resta songeuse appuyée contre la table. Il n'était pas du tout naturel, il bégayait légèrement et ses mains tremblaient. Abby commençait vraiment à s'inquiéter en voyant que peu à peu ses doutes se confirmaient. Ce n'était sûrement pas la caféine qui lui faisait cette effet là. Peut-être devait-elle en parler à Kerry… Elle secoua la tête comme pour chasser cette idée. Non, il fallait qu'il avoue ce qu'elle même avait déjà du mal à admettre, qu'il se droguait à nouveau.

Elle frémit.

Et pour qu'il l'admettre, il fallait qu'il se sente en confiance, c'est-à-dire avec des amis proches. Ce serait déjà un premier pas. Abby tenta mentalement de se rappeler tous les gens qui comptaient pour John. Benton apparut le premier dans son esprit, c'était quand même lui qui l'avait convaincu d'aller à Atlanta. Mais le chirurgien ne travaillait plus au County et avait déménagé. Comme il s'agissait de John, il n'hésiterait sûrement pas à faire le voyage. Puis il y avait eu Greene… Le cœur d'Abby se serra en pensant à lui. Sa présence manquait beaucoup. Venait ensuite Jing-Mei, elle et John s'étaient toujours soutenus l'un et l'autre dans des moments difficiles. Elle avait répondu présente le jour où l'équipe avait posé un ultimatum à Carter : Atlanta ou ne jamais revoir le County. Aussi, ce serait bien qu'elle soit là. Il y avait Dave, ils étaient devenus proche même si le malheureux épisode où Anna lui avait sauté dessus était resté en travers de sa gorge. Et enfin, elle-même.

Mais comment les réunir et expliquer ses soupçons à chacun… A ce moment précis, Jing-Mei entra dans la salle et fit sursauter la jeune infirmière perdue dans ses pensées. La médecin se plaça devant elle l'air soucieux :

" _Abby, il faut que je te parles ! Je crois qu'il y a un problème avec John… "

" _Je le crois aussi… " répondit-elle presque inaudiblement.

Elles s'échangèrent un long regard et s'aperçurent qu'elles étaient toutes deux hantés par les mêmes doutes.



²²²



La petite pilule ballottait dans sa poche au gré de son pas. De temps à autre, John y portait la main inconsciemment pour vérifier si elle était toujours là et qu'il ne l'avait pas perdu. Elle lui apportait du réconfort rien que par sa présence, il savait que si c'était trop dur, il n'avait juste qu'à l'avaler et hop ! Ses démons lui ficheraient la paix pendant un bon moment ! Autant la vie lui paraissait compliqué qu'à d'autres occasions elle était d'une parfaite simplicité. Il venait juste de quitter la salle de repos et avait croisé Jing-Mei dans le couloir. Bizarrement la jeune femme ne l'avait que discrètement salué, pourtant ils pouvaient passer des heures à bavarder ensemble de tout et de rien… Ce devait être la Médomine qui le rendait parano.

Il oublia tout ça et se concentra sur son prochain patient. Il tira le rideau deux et consulta brièvement le dossier avant de s'adresser à la femme étendue sur le lit face à lui.

"_ Bonjour madame Pagelli, je suis le docteur Carter et c'est moi qui vais m'occuper de vous, " se présenta-t-il sur un ton de récitation. Pagelli, un nom de famille italien… comme Anna, pensa-t-il brièvement.

" _Bonjour docteur, " répondit la mince jeune femme. C'était une petite brunette au teint blafard et aux gestes nerveux, rien à voir avec Anna en fait. " J'ai fait une chute dans les escaliers de mon immeuble hier, je me suis fait mal au dos et comme les douleurs persistaient ce matin, je suis venue ici . "

" _Vous auriez plutôt dû venir sitôt après la chute, " remarqua John avec professionnalisme. " Mais le plus important c'est que vous ne vous soyez pas bornée que vous êtes là maintenant, " ajouta-t-il avec un demi sourire.

Il remit le rideau en place et découpa avec une paire de ciseaux le t-shirt de madame Pagelli pour qu'elle ne fasse aucun mouvement du dos. Puis il fit le tour du lit pour voir son dos. John eut un mouvement de recul et d'horreur qu'elle remarqua. Elle baissa les yeux un peu confuse.

" _J'aurais dû vous prévenir pour les cicatrices dans mon dos, " avoua-t-elle gênée. " J'ai eu un accident il y a de cela déjà cinq ans. J'étais sur un petit zodiaque et je suis tombée à l'eau. Les cicatrices sont les marques laissées par les hélices du moteur. "

John ne répondit rien. Il déglutit avec difficulté. Ces cicatrices lui rappelaient les siennes. La patiente restait interdite en le voyant tétanisée. Elle ne pouvait pas deviner ce qui c'était passé un jour de Saint Valentin. Sans prévenir, il sortit rapidement et se dirigea vers les toilettes. Il ferma la porte derrière lui et tenta de reprendre calmement sa respiration. Il avait l'impression que quelque chose lui comprimait la poitrine et il suffoquait. Sa main se glissa naturellement dans sa poche et prit la pilule. Il l'avala difficilement et manqua d'avoir un haut-le-cœur. Lentement, son souffle revint, les gouttes de sueur qui parsemaient ses tempes disparurent.

Quelqu'un frappa à la porte derrière lui et il reconnut aussitôt la voix de Kerry, apparemment inquiète :

" _John, comment ça va ? Pourquoi avez-vous laissé cette patiente toute seule ? "

Il ouvrit brusquement la porte et ils se retrouvèrent face à face :

" _Désolé, " s'excusa-t-il encore légèrement tremblant. " C'est juste qu'elle avait… qu'elle avait des cicatrices dans le dos et… et ça m'a rappelé- "

" _Ne vous en faîtes pas, " coupa Kerry devenant soudainement douce comme du miel. " Je vais charger un autre médecin de s'occuper de madame Pagelli. Si vous voulez, vous pouvez aller vous reposer un petit peu. "

" _Non, non je vais prendre un autre patient, je suis désolé docteur Weaver. La situation m'a subitement échappé et j'ai perdu le contrôle de moi-même. J'en suis navré et je promets que ce n'était qu'une petite faiblesse passagère, cela ne se reproduira plus. "



²²²



Les tonalités se faisaient longues et lourdes. Abby trépignait au bout du fil dans une salle de bloc déserte. Elle avait dû ruser en demandant le numéro de Benton à Randi. En effet, le chirurgien avait laissé ses coordonnées au cas où un de ses anciens patients reviendraient et que les médecins du County aient besoin de renseignements. C'est ce qu'avait prétexté l'infirmière à la standardiste, qui malgré tout ne l'avait crût qu'à moitié.

La voix grave et sévère de Benton répondit enfin :

" _Allô, Peter Benton à l'appareil. "

" _Docteur Benton ! " S'exclama-t-elle en le coupant presque. " C'est Abby Lockhart du Cook County ! "

" _Il est arrivé quelque chose à Carter ? " Demanda aussitôt le chirurgien dont la voix était devenue inquiète.

" _Non, mais il se pourrait qui lui arrive quelque chose si nous restons les bras croisés à rien faire. "

" _Il a replongé, c'est ça ? " Devina-t-il sur un ton las.

" _Je crains bien que oui. Avec le docteur Chen, nous avons décidé de réunir des gens qui comptent beaucoup pour lui, et d'essayer de lui faire avouer qu'il a besoin d'aide. Ce serait déjà un premier pas. "

" _Oui, avouer sa rechute va lui coûter, " rétorqua pensivement Benton. " Il peut parfois être têtu et arrogant dans ce genre de situation, je sais de quoi je parle. Quand allez-vous faire ça ? "

" _Le plus tôt possible sera le mieux. "

" _Alors je suis là dès ce soir, je prends le prochain vol pour Chicago. "



²²²



John évita madame Pagelli tout le temps que cette dernière resta aux urgences. Il se voyait mal comment lui expliquer sa fuite. Il était encore un peu secoué, aussi s'occupait-il du moins de traumas possibles. C'était comme si la Médomine ne lui suffisait plus et puis le flacon était presque vide, il passa en raccourcissant légèrement ses foulées devant la salle de pharmacie. Peut-être que la Dextérine serait plus efficace… Songea-t-il. Mais c'était impossible, si un médicament de ce type disparaissait il serait aussitôt soupçonné et obligé de pisser dans un gobelet en plastique pour vérifier qu'il ne mentait pas.

Il croisa Jing-Mei de nouveau. Elle voulut encore une fois passer son chemin en le saluant brièvement mais il la retint par le bras. Elle lui fit face de mauvaise grâce.

" _Ca va Deb ? Tu sembles un peu distante… "

Les traits de Jing-Mei se radoucirent soudainement même si elle continuait d'éviter son regard. Elle tripotait nerveusement un bout de papier dans les mains avec un numéro de téléphone dessus.

" _Excuses-moi, " rétorqua-t-elle avec un soupir. " Quelque chose me préoccupe beaucoup… "

" _Racontes-moi, je peux peut-être t'aider, " répondit-il avec bienveillance. Elle était comme une petite sœur pour lui et il considérait les problèmes de Deb comme également les siens.

" _J'ai… " hésita-t-elle. " J'ai un ami qui va à l'encontre de graves problèmes et je ne veux pas qu'il souffre, le pire est qu'il ne se rend même pas compte de ce qui lui arrive. Maintenant excuses-moi, j'ai un coup de fil urgent à passer. "

Il lui lâcha le bras à regret et la regarda jusqu'à qu'elle soit hors de sa vue. Est-ce que je connais cet ami ? Se demanda-t-il dubitatif. Elle avait raison de vouloir aider cette personne en tous cas, lui avait fait tout ce qu'il avait pu pour Anna… Il soupira bruyamment l'air contrarié. Il ne faut pas que je pense à Anna !



²²²



Jing-Mei vérifia que John ne l'avait pas suivit, puis elle décrocha le téléphone dans la salle de pharmacie. Elle composa rapidement le numéro du papier chiffonné. Elle s'était toujours demandée pourquoi elle avait conservé ce fameux numéro, finalement elle avait eu raison. Deux tonalités eurent à peine le temps de retentir qu'une voix d'enfant répondit :

" _Allô maman ? " Demanda ce qui devait être une fillette.

" _Euh… Je ne crois pas, " répondit-elle mal à l'aise envisageant qu'elle s'était peut-être trompée en composant le numéro. " Est-ce que je suis bien chez Dave Malucci ? "

L'enfant poussa un long soupir.

" _Papa ! " S'exclama-t-elle le combiné encore proche de sa bouche si bien que Jing-Mei l'entendait parfaitement. " Y a encore une madame pour toi au téléphone ! "

" _T'inquiètes minou, " répondit une voix grave et proche, Dave sans aucun doute. " Je ne vais pas rester longtemps au téléphone comme ça si maman appelle, ça ne sonneras pas occuper. " Puis elle entendit clairement le combiné changer de main. " Allô Katy ? "

" _Perdu, " rétorqua Jing-Mei ne pouvant s'empêcher de le chambrer. " C'est Jing-Mei Chen, j'espères que tu te rappelles encore de moi ? "

Il y eut un long blanc à l'autre bout du fil, suivi de peu par un éclat de rire.

" _Jing-Mei ! " S'écria Dave sans mesurer le ton de sa voix. " Je savais bien qu'un jour tu craquerais et que tu tomberais sous mon charme ! Alors, quand veux-tu que nous nous voyons ? "

" _Ne fais pas l'idiot, " coupa-t-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. " J'appelle à propos de John. As-tu remarqué quelque chose de bizarre dans son attitude ces derniers temps ? "

" _Je ne l'ai pas vu depuis plus de trois semaines en fait, " répondit-il sur un ton sérieux et concerné. " Une semaine sur deux je garde ma fille alors je n'ai pas trop de temps pour autre chose, et nous sommes légèrement en froid depuis que sa copine nympho m'a sauté dessus. "

" _Oh… " murmura-t-elle en se rappelant subitement d'Anna. " Pour t'expliquer la situation, Abby et moi avons de sérieux doutes qui ont des fondements, nous pensons que John fait une rechute. "

Il y eut de nouveau un autre blanc au bout du fil.

" _Ah ouais… " Répondit Dave embarrassé. " Et qu'est-ce qu'on va faire ? "

" _Abby m'a prévenu que Benton arrivait ce soir, demain nous allons sûrement essayer de prendre John à part et de tirer les choses au clair, comme ce qui avait été fait avant de l'envoyer à Atlanta. C'était juste pour te prévenir de te tenir prêt. "

" _Pas de problème pour demain, mon ex aura déjà repris la petite avec elle. " Puis le ton de Dave passa en un clin d'œil du sérieux au narquois : " au fait, à ce que je vois tu as conservé mon numéro de téléphone que je t'avais donné ! "

Jing-Mei lui raccrocha au nez.



²²²



John poussa légèrement la porte de la salle d'examens. Elle était sombre à cause des rideaux tirés. Il referma la porte derrière lui et sentit comme une atmosphère pesante le prendre à la gorge. Des relents de musique lointaine ajoutaient à la bizarrerie de la scène. La plupart du personnel était en train de faire la fête à quelques couloirs de là.

" _Lucy ? " Demanda-t-il en manquant de bégayer.

II entendait deux respirations, une suffocante et une paniquée. Pourtant personne ne lui répondait. Un mouvement vers le lit attira son attention, une forme était étendue mais il n'arrivait pas à la discerner. Soudainement, quelqu'un ou quelque chose lui sauta dessus et il sentit des douleurs lancinantes et profondes dans le bas de son dos. Il voulut hurler mais on plaqua une main contre sa bouche. Les coups continuaient et ça faisait si mal !

Finalement il fut lâché et jeté par terre. Le contact avec le sol froid fut brutal et il n'eut même pas le temps de mettre ses paumes en avant pour parer sa chute. La porte s'ouvrit de nouveau et l'individu s'échappa dans un rayon de lumière aveuglant. Puis la pièce sombra de nouveau dans le noir. La scène n'avait duré que quelques secondes.

La respiration suffocante était toujours là. John tourna la tête dans sa direction avec difficulté. Il aperçut étendu de l'autre côté du lit, allongée sur le sol et baignant dans son sang, Lucy pleurant de souffrance et de peur. Mais ça s'est déjà passé… Pensa John, ce que je suis en train de vivre m'est déjà arrivé, peut-être que je suis en train de cauchemarder… Lucy continuait de sangloter, ses deux grands yeux bleus noyés par les larmes. Puis, elle se mit à genoux comme si tout d'un coup elle n'était plus blessée :

" _Ne fais pas à Anna ce que tu m'as fait, " dit-elle sur un ton calme et posé alors que les larmes continuaient de perler le long de ses joues. John remarqua que la pièce était légèrement moins sombre.

" _Mais qu'est-ce que je t'ai fait ? " Demanda-t-il oubliant lui aussi ses coups de couteau.

" _Tu m'as abandonné, " répondit-elle.

" _Ce n'est pas vrai ! Je ne savais pas que Sobriki était fou ! " Rétorqua-t-il en sentant la colère monter en lui.

" _Tu aurais dû le savoir ! " Insista-t-elle en haussant le ton elle aussi. " Sinon regarde ce qui va arriver ! "

Les murs de la pièce fondirent soudainement et John se retrouva de l'autre côté du miroir de sa salle de bains. Autour de lui tout était noir, Lucy se tenait près de lui dans une ample robe blanche, ses longs cheveux blonds parfaitement peignés, sa peau pâle et ses grands yeux bleux. Elle observait de l'autre côté du miroir, il était comme une fenêtre donnant sur la salle de bains.

Anna se déshabillait lentement à côté de la baignoire. John l'observait sans pudeur et ne s'inquiétait même pas de ce que devait penser Lucy en le voyant ainsi observer la jeune femme. Elle avait fait coulé l'eau et se glissa dans le liquide brûlant avec délice. Elle soupira en fermant les yeux quelques instants. Puis elle prit un rasoir posé sur le rebord, un rasoir de John. Elle joua quelques instants avec et fixa longuement en direction du miroir de son regard noir.

" _Peut-elle me voir ? " Demanda-t-il à Lucy.

" _Non, et puis ce n'est pas la réalité, tu es dans un cauchemar n'oublies pas. "

Anna cessa brusquement de faire balader l'objet entre ses mains, et posa la lame sur son poignet à la peau échauffée par le bain. Une profonde entaille rouge déversa son liquide pourpre dans l'eau.

" _NOOOOOONNNNNN ! ! ! ! ! " Hurla John en devenant hystérique.

Elle fit de même avec son second poignet ignorant totalement les cris de Carter. Lucy s'était volatilisée. Le bain était maintenant entièrement rouge alors qu'Anna à l'inverse palissait à vue d'œil. Finalement elle s'évanouit et sombra dans l'eau de son bain. John voulut alors se jeter sur le miroir pour passer à travers et la sauver.

John se releva d'un bond d'entre ses couvertures. Il était en sueur et en hyperventilation. Il se calma peu à peu avant de reprendre ses esprits et s'apercevoir qu'il était dans son appartement. Etant donné qu'il n'arrivait pas à fermer l'œil sans repenser à ce maudit cauchemar, il décida de se lever et de partir faire un tour.

En quelques minutes et dans un silence absolu, il fut habillé et prêt à partir au volant de sa voiture. Il était à peu près quatre heures du matin et il n'y avait personne à cette heure dans la rue. La circulation était plus que fluide et il décida d'aller voir Abby. Il ne savait pas vraiment pourquoi mais il avait envie de se confier. L'idée qu'à cette heure ci il pouvait la réveiller ne l'effleurait même pas. De plus, il n'avait plus de Médomine et les effets du manque commençaient à devenir gênants.

Il fut en quelques minutes à son appartement et monta quatre à quatre les marches de l'étroit escalier. Il arriva enfin au bon pallier et sonna à la porte. Il pouvait voir des traits de lumière passer sous le seuil, il y avait de la lumière chez elle ainsi que du monde à en croire les sons. John entendit des pas s'approcher et la voix d'Abby légèrement étouffée s'exclamer :

" _Jing-Mei tu es la dernière ! "

L'infirmière ouvrit la porte et resta en état de choc en voyant que c'était Carter sur le perron. Derrière elle se trouvaient Peter et Dave, eux aussi visiblement surpris. Mais que font-ils tous là ? Cette scène avait un air de déjà-vu pour John rapidement assailli par les doutes.

" _Vous faîtes une petite boum et j'ai pas eu mon carton d'invitation ? " Plaisanta à moitié John.

" _C'est que… enfin nous… " Bégaya Abby à court d'arguments.

" _En fait, on voulait organiser ton prochain anniversaire en secret, " coupa brusquement Dave en s'avançant. Peter acquiesça avec hésitation.

" _Primo, on ne se réunit pas à quatre heures du matin, " rétorqua Carter qui n'aimait pas qu'on lui mente. " Secondo, le téléphone ça existe, c'est mieux que de se déplacer surtout quand on habite dans une autre ville, n'est-ce pas docteur Benton, et tercio mon anniversaire c'était le mois dernier ! "

Jing-Mei arriva juste à ce moment sur le pallier et resta bouche bée en y voyant Carter.

" _Je crois que vous me devez une sérieuse explication, et non pas un autre mensonge ! " S'énerva-t-il en réveillant sûrement les voisins d'Abby.



²²²



A suivre…



²²² ²²² ²²²



Le Petit Mot De La Fin : Ce sera tout pour ce chapitre. Promis dans le prochain, Anna revient ! En attendant, Abby, Jing-Mei, Dave et Peter sont plutôt mal barrés ! Je promets d'écrire la suite le plus rapidement possible pour pas trop vous laisser en plan !