Hallucinations
Chapitre VIII : Ne Me Quittes Pas
Auteur : :Lojie
Avertissement : Il y a beaucoup de personnages secondaires dans ce chapitre qui m'appartiennent, c'est-à-dire Sabby, Mary, la femme du 911, le docteur Feind, l'interne Parker etc. etc. Quand à Anna et John, malheureusement ils ne sont pas prêts de m'appartenir un jour…
Note de l'Auteur : Le titre de ce chapitre ne vous rappelles pas une chanson ? Je vous avez laissé en plan quand John découvrait qu'Abby, Jing-Mei, Peter et Dave s'étaient réunis en secret et vous allez enfin savoir la fin de ce passage plutôt tendu ! Ce chap bouge pas mal surtout vers les dernières lignes et surtout, n'oubliez pas de m'envoyez vos commentaires ! ! !
Bonne Lecture !
²²² ²²² ²²²
" _Vous faîtes une petite boum et j'ai pas eu mon carton d'invitation ? " Plaisanta à moitié John.
" _C'est que… enfin nous… " Bégaya Abby à court d'arguments.
" _En fait, on voulait organiser ton prochain anniversaire en secret, " coupa brusquement Dave en s'avançant. Peter acquiesça avec hésitation.
" _Primo, on ne se réunit pas à quatre heures du matin, " rétorqua Carter qui n'aimait pas qu'on lui mente. " Secondo, le téléphone ça existe, c'est mieux que de se déplacer surtout quand on habite dans une autre ville, n'est-ce pas docteur Benton, et tercio mon anniversaire c'était le mois dernier ! "
Jing-Mei arriva juste à ce moment sur le pallier et resta bouche bée en y voyant Carter.
" _Je crois que vous me devez une sérieuse explication, et non pas un autre mensonge ! " S'énerva-t-il en réveillant sûrement les voisins d'Abby.
" _On s'inquiète pour toi John, " répondit Deb avec douceur. Elle s'était approchée du jeune médecin mais gardait ses mains jointes contre sa poitrine.
" _Vous vous inquiétez ? " Répéta-t-il surpris. " A propos de quoi ? "
" _John… " Soupira Peter en se plaçant devant Malucci. " Tu sais très bien à quoi on fait allusion. Nous sommes médecins nous aussi et nous savons reconnaître les symptômes de la toxicomanie. "
" _De la toxicomanie ? " S'exclama John de plus belle. " Vous croyez que je suis redevenu accro ? C'est ça que vous voulez dire ? "
" _Ne fais pas l'innocent, " coupa sèchement Abby agacée par son cirque, et aussi inquiète des futures plaintes de ses voisins de pallier.
" _Fais pas le con, " glissa Dave sur un ton las.
" _Mais qu'est-ce que vous en savez que j'ai replongé ? " Reprit Carter rouge de colère. " Vous ne savez pas par où je suis passé ! De se sentir responsable de la mort de quelqu'un ! De quelqu'un qu'on a côtoyé pendant longtemps, Lucy était… "
Il stoppa brusquement sa phrase. John dirigea son regard sombre vers chaque visage soucieux. Leurs attitudes le dégoûtaient. Ils ne savaient rien ! Comment pouvaient-ils insinuer une telle chose ! Mais d'un autre côté, peut-être était-il vraiment redevenu toxicomane…
" _John, nous ne voulons pas que- " Commença Jing-Mei.
" _Tais-toi Deb ! " La coupa-t-il. " Je t'en pris ne dis rien ! Cette situation est déjà assez humiliante comme ça !"
" _Ce n'était pas notre but, " rétorqua Peter gravement.
" _Peut-être pas, mais c'est réussi en tous cas ! " Reprit John amer.
" _Réfléchis un peu ! " Renchérit Benton sans se démonter par la mauvaise humeur de Carter. " Cette scène ne te rappelle rien ? Cela n'a pas un air de déjà-vu ? Ou faut-il que je te frappe à nouveau et te traînes jusqu'à un avion ? "
" _Non merci maman, " rétorqua John avec sarcasme. " Je sais très bien me débrouiller tout seul ! "
" _Apparemment pas, " murmura Dave un peu trop fort. Carter lui lança aussitôt un regard noir.
" _Je me tires. " Il tourna les talons pour prendre la direction de l'escalier mais Jing-Mei lui retint le bras. " Lâche-moi ! Laissez-moi tranquille ! "
John la repoussa avec violence et dévala les marches aussi vite qu'il le pût. Il ne tarda pas à se retrouver au rez-de-chaussée et disparut aussitôt dans la rue. Peter et Dave qui l'avaient suivi le perdirent de vue.
²²²
Le Lendemain
Anna s'accouda à la fenêtre et jeta un coup d'œil dehors. Vite lassée par la vue d'immeubles aux fenêtres mornes, elle revint s'asseoir à une table du foyer. Autour d'elle, d'autres femmes vaquaient à diverses occupations. Une brune d'âge mûr lisait un roman policier, une vieille afro-américaine aux visage marqué de rides dessinait, une rousse piquante était en position de yoga sur le canapé, elles devaient être en tout presque une dizaine dans cette même pièce, et toutes avaient ce même point commun, elles avaient subi le même traumatisme qu'Anna.
La vie s'écoulait doucement et paisiblement dans cet établissement. Bien sûr de temps en temps, une femme faisait une crise d'angoisse et de peur, bien sûr certaines en étaient venues à vouloir s'ouvrir les veines, mais Anna aimait cet endroit. Elle se sentait comprise pour la première fois depuis bien longtemps, et enfin en sécurité.
Une adolescente aux vêtements trop amples ouvrit la porte du foyer et un sourire illumina son visage quand elle vit Anna. Elle vint aussitôt s'asseoir à côté d'elle.
" _Salut Mary, " dit Anna en lui rendant son sourire.
" _Salut, " répondit l'adolescente.
Mary avait à peine quinze ans et était elle aussi en cure. Son visage était parsemé de quelques boutons d'acné mais cela n'atténuait en rien la fraîche beauté de cette future femme. Ses cheveux blonds cendrées lui arrivaient à la mâchoire et elle coinçait sans cesse ses mèches rebelles derrière ses oreilles. Sa peau pâle et sa maigreur accentuaient son impression de fragilité. Ses deux grands yeux gris reflétaient une peur sous-jacente qui ne la quittait jamais : tout comme Anna elle était traumatisée à vie.
" _Comment ça va aujourd'hui ? " Demanda Anna toujours soucieuse de cette ado aux allures de moineau perdu.
" _Ca va… mieux qu'hier ça c'est sûr ! " Répondit Mary un peu embarrassée. La veille elle s'était effondrée en larmes lors d'une thérapie de groupe. " Et toi, la forme ? "
" _Je me porte mieux de jour en jour. "
" _Sabby m'a demandé de te prévenir, " reprit Mary en grattant nerveusement un bouton sur sa tempe. Sabby était l'une des infirmières et faisait souvent office par la même occasion de standardiste. " Deux femmes veulent te voir à l'entrée, deux médecins je crois, une petite brune et une asiatique. "
" _J'ai déjà dit que je ne voulais aucune visite durant toute la période de ma cure, " soupira Anna mécontente.
" _Mais d'après Sabby, elles n'ont rien voulu entendre, " reprit Mary. " Elles disent qu'elles veulent te voir car un certain John Barter ou Carter je sais plus, a disparu. "
Les mains d'Anna se figèrent. Elle laissa l'ado en plan et sortit aussitôt du foyer en direction de l'entrée. Elle traversa rapidement tout le bâtiment et arriva enfin au poste d'accueil où se trouvait Sabby.
" _Où sont les deux jeunes femmes qui voulaient me voir ? " Demanda-t-elle légèrement essoufflée.
" _Je les ai amené en salle de visite, " répondit l'infirmière. Anna repartit aussitôt. " Ne dis pas merci surtout, " maugréa-t-elle.
Mais la jeune femme ne l'avait même pas entendu. Elle entra en salle de visite et aperçut Jing-Mei et Abby assises en silence à une table. Anna prit place face à elle :
" _Alors ? Qu'est-ce qui se passe ? "
Les stores des fenêtres étaient à moitiés fermés et les visages des jeunes femmes étaient striées de bandes de lumière blafarde. Elles tardèrent à répondre et ce fut finalement Abby qui s'y colla :
" _Nous pensons, et ce non sans fondements, que John a fait une rechute. " Elle marqua une pause pour observer la réaction d'Anna mais celle-ci restait impassible. " Avec Jing-Mei, mais aussi Peter et Dave, nous nous sommes réunis chez moi pour en parler et essayer de trouver une solution. Mais John nous a surpris. Il s'est mis en colère et est parti brusquement. Depuis nous n'avons aucune nouvelle, il n'est pas venu au County ce matin, n'est pas chez lui ni chez sa grand-mère, nous n'avons aucune idée de l'endroit où il peut être. Cela va bientôt faire vingt-quatre heures et nous allons prévenir la police. "
Anna conservait le silence. Elle tentait d'assimiler tout ce que venait de lui dire Abby. Elle comprenait fort bien la réaction de John, elle aurait sûrement réagi de la même façon à sa place.
" _Je crois que je vais devoir interrompre momentanément ma cure ici, " reprit-elle avec calme. " J'ai une petite idée de l'endroit où il peut être. "
" _Il y a encore autre chose, " interrompit soudainement Jing-Mei. " Peu après qu'il ait surpris notre réunion, il a été aperçu en coup de vent au County, il ne s'est pas attardé. Mais depuis, il manque plusieurs flacons de Médomine. "
" _John… " Murmura alors Anna qui sentait les larmes lui monter aux yeux. " Mais qu'est-ce que tu as fait ? "
²²²
Anna se remémorait encore les dernières paroles de Jing-Mei et Abby avant qu'elle ne parte. Elles lui avaient demandé si elle était sûre de vouloir y aller seule. La jeune femme avait assurée que oui. Elle était au volant de la voiture de l'infirmière et se dirigeait vers le chalet où John et elle avaient passé une semaine de vacances. Anna espérait de tout son cœur qu'il y soit. Elle n'avait pas dit aux deux autres femmes sa destination, peut-être parce qu'elle savait que cette maison au bord du lac était le jardin secret de John.
Elle gara la voiture sous de grands conifères et ramena les pans de son manteau sur sa poitrine en sortant. Le soir tombait et les nuits étaient fraîches par ici. Tous les volets du chalet étaient fermés, mais John était peut-être quand même là. Anna voulait tant y croire. Elle grimpa quatre à quatre les petites marches de bois et se retrouva sur le perron. Elle frappa discrètement à la porte. Aucune réponse. Elle décida alors d'entrer.
La porte n'était pas fermée à clef, bon signe. Anna glissa un pas à l'intérieur et tenta de trouver l'interrupteur sur le mur. Elle le sentit enfin sous ses doigts mais apparemment il n'y avait pas de courant. L'électricité n'était mise en route que quand le chalet était occupé, aussi fallait-il la brancher dès que l'on arrivait, et la couper quand on partait. Etant donné que la porte était ouverte, peut-être que John n'avait pas pris la peine de faire un tour du côté de la boîte des fusibles.
Le salon et la cuisine étaient plongés dans le noir. Anna déglutit avec difficulté. Sa peur de l'obscurité tentait de l'envahir mais elle parvenait à la combattre en pensant à John. Il était sa priorité, peut-être était-il en danger et chaque minute comptait. Elle fit rapidement le tour du rez-de-chaussée et trouva un manteau encore humide sur le canapé. Il avait été jeté sans attention, John était là.
Elle monta les escaliers et quelques marches grincèrent. A l'étage, une porte était entrebâillée. Anna s'approcha et entra dans la chambre. Sur le lit, la silhouette de John se débattait en plein cauchemar. Sa respiration était rapide et son corps en sueur. Elle voulut aussitôt se jeter sur lui mais son pied buta sur quelque chose qui roula au sol. Elle se pencha et le ramassa : c'était un flacon vide, un flacon de Médomine. D'autres étaient dispersés sur le sol eux aussi vides. Anna tenta de raisonner son inquiétude et s'assit sur le lit près de John.
Elle le réconforta doucement par des caresses et des murmures apaisants. John sembla se calmer rapidement et ouvrit les yeux. Ils étaient rouges et plus brillants qu'à l'habitude. Sa peau était grise et ses traits marqués. Carter avait perdu du poids et était déshydraté. Anna camouflait tant bien que mal l'horreur que lui inspirait ce triste spectacle. Comment en était-il arrivé là ? Elle aussi avait-elle ressemblé à cela ?
" _Anna, " murmura-t-il du bout de ses lèvres desséchées. " C'est vraiment toi ? "
" _Oui, " répondit-elle avec douceur. " C'est bien la réalité. Je suis venue pour toi. "
" _J'ai fait un horrible cauchemar, " reprit-il sans la quitter des yeux. " Plusieurs fois, j'ai crû que tu étais morte sous mes yeux et que je ne pouvais rien faire… Et Lucy se moquait sans cesse de moi… "
" _Ce n'était qu'un cauchemar John, " le rassura-t-elle. " Ecoutes, il va falloir que tu me répondes franchement, est-ce que tu as pris beaucoup de Médomine ? "
" _Alors toi aussi tu crois que je suis un tox, " se vexa John en manquant de souffle.
" _John, je ne t'accuses de rien, " répondit Anna en comptant mentalement le nombre de flacons au sol qu'elle voyait. " Je veux juste que tu me dises si tu en as pris beaucoup ? "
" _Je veux dormir, " soupira-t-il alors que ses paupières clignaient. " Laisse-moi… "
" _Non je te ne te laisserais pas ! " S'écria Anna en lui donnant de légères tapes sur les joues pour le maintenir éveillé. " Plus le temps de jouer aux devinettes, tu vas devoir m'aider ! "
Elle le redressa et passa son bras sur ses épaules pour le maintenir. Anna réussit à le faire se lever mais John titubait sur ses jambes vacillantes. Elle mit du temps à lui faire descendre les escaliers et crut plusieurs fois qu'ils tomberaient. Ils sortirent de la maison au prix de beaucoup d'efforts et Anna l'allongea sur la banquette arrière de la voiture d'Abby. Elle se mit au volant et démarra aussitôt :
" _John, John ! Tu m'entends ? " Il marmonna quelque chose d'incompréhensible. " Ecoute bien, je veux que toi et moi on se parle durant tout le trajet, d'accord ? "
" _Oui, " répondit-il avec difficulté.
" _Tu veux bien me chanter quelque chose ? " Lui demanda-t-elle. " S'il-te-plaît. "
Il entonna une comptine d'enfant. Alors qu'elle avait le pied collé au plancher, Anna fouilla dans son sac à côté d'elle et trouva son portable. John chantonnait toujours et cela lui permettait de savoir qu'il était toujours conscient. Elle composa un numéro à trois chiffres et une voix de femme lui répondit :
" _Allô ici le 911 Illinois, quel est votre problème ? "
" _J'ai avec moi un homme qui fait une overdose de barbituriques, je dois trouver l'hôpital le plus proche ! "
" _Où êtes-vous ? "
" _Je vient de croiser un panneau indiquant Samphton à quelques miles. "
" _Attendez quelques instants… Il y a un hôpital de campagne justement dans ce bourg. Je les prévient aussitôt de votre arrivée ! "
" _Merci beaucoup ! " Pile quand elle raccrocha, John cessa de chanter. " John ? "
" _Oui ? "
" _Ouf, je croyais que tu n'étais plus conscient, " répondit Anna avec soulagement. " Nous allons à Samphton, il y a un hôpital là-bas et ils vont te sortir de là, tiens le coup ! "
" _Je veux pas, " répondit-il d'une voix geignarde. " Je veux qu'on me laisse tranquille, j'ai juste envie de dormir… "
" _Me laisses pas John ! Ne me quittes pas ! " Rétorqua-t-elle affolée en ayant du mal à se concentrer sur la route.
" _Je ne veux pas que tu t'ouvres les veines par ma faute, " répondit-il les yeux mi-clos.
" _Je ne le ferais pas ! " S'écria Anna en se demandant d'où lui était venu une idée pareille.
" _Parce que c'est ce qu'il s'est passé pour Lucy tu sais, elle est morte à cause de moi… "
" _Ne dis pas de bêtises, tu n'y es pour rien ! John, je ne veux pas t'entendre dire des choses pareilles ! "
" _Je veux la retrouver pour m'excuser devant elle… Anna… Pendant que j'en ai encore le temps, je veux juste te dire une chose… "
" _Non ne me dis rien, tu auras encore beaucoup de temps pour me parle- "
" _Laisse-moi finir ! " Coupa John en haussant légèrement le ton de sa voix. " Je veux que tu saches que je t'aime et que je t'ai toujours aimé et que jamais je ne laisserais quelqu'un te faire du mal. "
Etait-ce les barbituriques qui le faisaient délirer où disait-il vrai ? Anna resta un instant muette et faillit louper une intersection.
" _Moi aussi je t'aime John… John ?… John ! "
Elle jeta un coup d'œil en arrière et s'aperçut qu'il était inconscient. Elle jura à voix basse et entra en trombe dans Samphton. Anna trouva en quelques instants l'hôpital de cette petite ville, brûlant au passage quelques feux rouges et ne tenant pas compte des limitations de vitesses. Devant l'hôpital, un brancard entouré de plusieurs médecins attendaient déjà John. La femme du 911 avait bien transmis le message. Anna fit crisser les pneus en freinant la voiture.
" _Overdose de Médomine, " dit-elle en sortant de la voiture. " Inconscient depuis moins d'une minute ! "
" _D'accord, " répondit le médecin le plus âgé. " On lui fait illico presto une spectro et ECG. "
Deux infirmiers sortirent John de la voiture avec précaution et l'installèrent sur le brancard.
" _Il ne respire plus et je n'ai pas de pouls ! " S'exclama l'un des deux.
"_Vite au bloc ! " S'exclama le vieux médecin alors qu'Anna suivait le brancard.
L'équipe médicale poussa Carter à l'intérieur des urgences, un interne lui faisait un massage cardiaque à califourchon sur son corps tandis qu'un autre le ballonnait. Ils arrivèrent rapidement au bloc. Anna les avait suivi mais une infirmière la pria d'aller attendre autre part. Elle sortit de la pièce et resta derrière les battants de la porte. Elle entendait les paroles des médecins et se sentait impuissante.
" _Okay, on le ventile, " reprit le vieux médecin. " Amenez les électrochocs et passez lui deux ampoules d'adré ! "
Un infirmier grimaça quand après avoir découpé les vêtements de John, il découvrit les longues cicatrices dû aux coups de couteaux de Sobriki et à l'opération de Morgenstern et Benton.
" _Docteur Feind, je crois qu'il fait un collapsus, " remarqua l'un des internes.
" _Vous croyez ? " Reprit le vieux médecin Feind d'un ton bourru. " Moi j'en suis sûr ! A-t-il uriné ? " Demanda-t-il à l'infirmière qui avait poussé Anna dehors.
"_Non, " répondit-elle. " Nous n'avons toujours aucun pouls. "
" _Chargez à deux cents, " ordonna Feind. Il choqua John dont le cœur repartit du premier coup. " Voilà une bonne nouvelle ! Il faut lui laver l'estomac. Parker, que fait-on en cas de collapsus ? "
" _Plasmion et Aramine ! "
" _Bien dit petit ! " S'exclama de nouveau Feind. " Faites-lui passer du mannitol et du soluté glucose à 10%, et bicarbonate avec 1,50 grammes de KCl par 500 millilitres ! "
Anna restait les mains collées contre les battants de la porte, le visage contre la vitre. Elle ne pouvait rien faire et les dernières paroles de John résonnaient encore dans son crâne. Elle ne sentit même pas la larme qui perla le long de sa joue.
²²²
A suivre…
²²² ²²² ²²²
Le Petit Mot De La Fin : Alors ? John va-t-il survivre oui ou non ? J'admet que pour les passages médicaux, j'ai un peu pompé sur la Petite Encyclopédie Médicale de Jean Hamburger (je ne rigole elle existe vraiment et est très sérieuse !) Maintenant place au dernier chapitre !
Chapitre VIII : Ne Me Quittes Pas
Auteur : :Lojie
Avertissement : Il y a beaucoup de personnages secondaires dans ce chapitre qui m'appartiennent, c'est-à-dire Sabby, Mary, la femme du 911, le docteur Feind, l'interne Parker etc. etc. Quand à Anna et John, malheureusement ils ne sont pas prêts de m'appartenir un jour…
Note de l'Auteur : Le titre de ce chapitre ne vous rappelles pas une chanson ? Je vous avez laissé en plan quand John découvrait qu'Abby, Jing-Mei, Peter et Dave s'étaient réunis en secret et vous allez enfin savoir la fin de ce passage plutôt tendu ! Ce chap bouge pas mal surtout vers les dernières lignes et surtout, n'oubliez pas de m'envoyez vos commentaires ! ! !
Bonne Lecture !
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" _Vous faîtes une petite boum et j'ai pas eu mon carton d'invitation ? " Plaisanta à moitié John.
" _C'est que… enfin nous… " Bégaya Abby à court d'arguments.
" _En fait, on voulait organiser ton prochain anniversaire en secret, " coupa brusquement Dave en s'avançant. Peter acquiesça avec hésitation.
" _Primo, on ne se réunit pas à quatre heures du matin, " rétorqua Carter qui n'aimait pas qu'on lui mente. " Secondo, le téléphone ça existe, c'est mieux que de se déplacer surtout quand on habite dans une autre ville, n'est-ce pas docteur Benton, et tercio mon anniversaire c'était le mois dernier ! "
Jing-Mei arriva juste à ce moment sur le pallier et resta bouche bée en y voyant Carter.
" _Je crois que vous me devez une sérieuse explication, et non pas un autre mensonge ! " S'énerva-t-il en réveillant sûrement les voisins d'Abby.
" _On s'inquiète pour toi John, " répondit Deb avec douceur. Elle s'était approchée du jeune médecin mais gardait ses mains jointes contre sa poitrine.
" _Vous vous inquiétez ? " Répéta-t-il surpris. " A propos de quoi ? "
" _John… " Soupira Peter en se plaçant devant Malucci. " Tu sais très bien à quoi on fait allusion. Nous sommes médecins nous aussi et nous savons reconnaître les symptômes de la toxicomanie. "
" _De la toxicomanie ? " S'exclama John de plus belle. " Vous croyez que je suis redevenu accro ? C'est ça que vous voulez dire ? "
" _Ne fais pas l'innocent, " coupa sèchement Abby agacée par son cirque, et aussi inquiète des futures plaintes de ses voisins de pallier.
" _Fais pas le con, " glissa Dave sur un ton las.
" _Mais qu'est-ce que vous en savez que j'ai replongé ? " Reprit Carter rouge de colère. " Vous ne savez pas par où je suis passé ! De se sentir responsable de la mort de quelqu'un ! De quelqu'un qu'on a côtoyé pendant longtemps, Lucy était… "
Il stoppa brusquement sa phrase. John dirigea son regard sombre vers chaque visage soucieux. Leurs attitudes le dégoûtaient. Ils ne savaient rien ! Comment pouvaient-ils insinuer une telle chose ! Mais d'un autre côté, peut-être était-il vraiment redevenu toxicomane…
" _John, nous ne voulons pas que- " Commença Jing-Mei.
" _Tais-toi Deb ! " La coupa-t-il. " Je t'en pris ne dis rien ! Cette situation est déjà assez humiliante comme ça !"
" _Ce n'était pas notre but, " rétorqua Peter gravement.
" _Peut-être pas, mais c'est réussi en tous cas ! " Reprit John amer.
" _Réfléchis un peu ! " Renchérit Benton sans se démonter par la mauvaise humeur de Carter. " Cette scène ne te rappelle rien ? Cela n'a pas un air de déjà-vu ? Ou faut-il que je te frappe à nouveau et te traînes jusqu'à un avion ? "
" _Non merci maman, " rétorqua John avec sarcasme. " Je sais très bien me débrouiller tout seul ! "
" _Apparemment pas, " murmura Dave un peu trop fort. Carter lui lança aussitôt un regard noir.
" _Je me tires. " Il tourna les talons pour prendre la direction de l'escalier mais Jing-Mei lui retint le bras. " Lâche-moi ! Laissez-moi tranquille ! "
John la repoussa avec violence et dévala les marches aussi vite qu'il le pût. Il ne tarda pas à se retrouver au rez-de-chaussée et disparut aussitôt dans la rue. Peter et Dave qui l'avaient suivi le perdirent de vue.
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Le Lendemain
Anna s'accouda à la fenêtre et jeta un coup d'œil dehors. Vite lassée par la vue d'immeubles aux fenêtres mornes, elle revint s'asseoir à une table du foyer. Autour d'elle, d'autres femmes vaquaient à diverses occupations. Une brune d'âge mûr lisait un roman policier, une vieille afro-américaine aux visage marqué de rides dessinait, une rousse piquante était en position de yoga sur le canapé, elles devaient être en tout presque une dizaine dans cette même pièce, et toutes avaient ce même point commun, elles avaient subi le même traumatisme qu'Anna.
La vie s'écoulait doucement et paisiblement dans cet établissement. Bien sûr de temps en temps, une femme faisait une crise d'angoisse et de peur, bien sûr certaines en étaient venues à vouloir s'ouvrir les veines, mais Anna aimait cet endroit. Elle se sentait comprise pour la première fois depuis bien longtemps, et enfin en sécurité.
Une adolescente aux vêtements trop amples ouvrit la porte du foyer et un sourire illumina son visage quand elle vit Anna. Elle vint aussitôt s'asseoir à côté d'elle.
" _Salut Mary, " dit Anna en lui rendant son sourire.
" _Salut, " répondit l'adolescente.
Mary avait à peine quinze ans et était elle aussi en cure. Son visage était parsemé de quelques boutons d'acné mais cela n'atténuait en rien la fraîche beauté de cette future femme. Ses cheveux blonds cendrées lui arrivaient à la mâchoire et elle coinçait sans cesse ses mèches rebelles derrière ses oreilles. Sa peau pâle et sa maigreur accentuaient son impression de fragilité. Ses deux grands yeux gris reflétaient une peur sous-jacente qui ne la quittait jamais : tout comme Anna elle était traumatisée à vie.
" _Comment ça va aujourd'hui ? " Demanda Anna toujours soucieuse de cette ado aux allures de moineau perdu.
" _Ca va… mieux qu'hier ça c'est sûr ! " Répondit Mary un peu embarrassée. La veille elle s'était effondrée en larmes lors d'une thérapie de groupe. " Et toi, la forme ? "
" _Je me porte mieux de jour en jour. "
" _Sabby m'a demandé de te prévenir, " reprit Mary en grattant nerveusement un bouton sur sa tempe. Sabby était l'une des infirmières et faisait souvent office par la même occasion de standardiste. " Deux femmes veulent te voir à l'entrée, deux médecins je crois, une petite brune et une asiatique. "
" _J'ai déjà dit que je ne voulais aucune visite durant toute la période de ma cure, " soupira Anna mécontente.
" _Mais d'après Sabby, elles n'ont rien voulu entendre, " reprit Mary. " Elles disent qu'elles veulent te voir car un certain John Barter ou Carter je sais plus, a disparu. "
Les mains d'Anna se figèrent. Elle laissa l'ado en plan et sortit aussitôt du foyer en direction de l'entrée. Elle traversa rapidement tout le bâtiment et arriva enfin au poste d'accueil où se trouvait Sabby.
" _Où sont les deux jeunes femmes qui voulaient me voir ? " Demanda-t-elle légèrement essoufflée.
" _Je les ai amené en salle de visite, " répondit l'infirmière. Anna repartit aussitôt. " Ne dis pas merci surtout, " maugréa-t-elle.
Mais la jeune femme ne l'avait même pas entendu. Elle entra en salle de visite et aperçut Jing-Mei et Abby assises en silence à une table. Anna prit place face à elle :
" _Alors ? Qu'est-ce qui se passe ? "
Les stores des fenêtres étaient à moitiés fermés et les visages des jeunes femmes étaient striées de bandes de lumière blafarde. Elles tardèrent à répondre et ce fut finalement Abby qui s'y colla :
" _Nous pensons, et ce non sans fondements, que John a fait une rechute. " Elle marqua une pause pour observer la réaction d'Anna mais celle-ci restait impassible. " Avec Jing-Mei, mais aussi Peter et Dave, nous nous sommes réunis chez moi pour en parler et essayer de trouver une solution. Mais John nous a surpris. Il s'est mis en colère et est parti brusquement. Depuis nous n'avons aucune nouvelle, il n'est pas venu au County ce matin, n'est pas chez lui ni chez sa grand-mère, nous n'avons aucune idée de l'endroit où il peut être. Cela va bientôt faire vingt-quatre heures et nous allons prévenir la police. "
Anna conservait le silence. Elle tentait d'assimiler tout ce que venait de lui dire Abby. Elle comprenait fort bien la réaction de John, elle aurait sûrement réagi de la même façon à sa place.
" _Je crois que je vais devoir interrompre momentanément ma cure ici, " reprit-elle avec calme. " J'ai une petite idée de l'endroit où il peut être. "
" _Il y a encore autre chose, " interrompit soudainement Jing-Mei. " Peu après qu'il ait surpris notre réunion, il a été aperçu en coup de vent au County, il ne s'est pas attardé. Mais depuis, il manque plusieurs flacons de Médomine. "
" _John… " Murmura alors Anna qui sentait les larmes lui monter aux yeux. " Mais qu'est-ce que tu as fait ? "
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Anna se remémorait encore les dernières paroles de Jing-Mei et Abby avant qu'elle ne parte. Elles lui avaient demandé si elle était sûre de vouloir y aller seule. La jeune femme avait assurée que oui. Elle était au volant de la voiture de l'infirmière et se dirigeait vers le chalet où John et elle avaient passé une semaine de vacances. Anna espérait de tout son cœur qu'il y soit. Elle n'avait pas dit aux deux autres femmes sa destination, peut-être parce qu'elle savait que cette maison au bord du lac était le jardin secret de John.
Elle gara la voiture sous de grands conifères et ramena les pans de son manteau sur sa poitrine en sortant. Le soir tombait et les nuits étaient fraîches par ici. Tous les volets du chalet étaient fermés, mais John était peut-être quand même là. Anna voulait tant y croire. Elle grimpa quatre à quatre les petites marches de bois et se retrouva sur le perron. Elle frappa discrètement à la porte. Aucune réponse. Elle décida alors d'entrer.
La porte n'était pas fermée à clef, bon signe. Anna glissa un pas à l'intérieur et tenta de trouver l'interrupteur sur le mur. Elle le sentit enfin sous ses doigts mais apparemment il n'y avait pas de courant. L'électricité n'était mise en route que quand le chalet était occupé, aussi fallait-il la brancher dès que l'on arrivait, et la couper quand on partait. Etant donné que la porte était ouverte, peut-être que John n'avait pas pris la peine de faire un tour du côté de la boîte des fusibles.
Le salon et la cuisine étaient plongés dans le noir. Anna déglutit avec difficulté. Sa peur de l'obscurité tentait de l'envahir mais elle parvenait à la combattre en pensant à John. Il était sa priorité, peut-être était-il en danger et chaque minute comptait. Elle fit rapidement le tour du rez-de-chaussée et trouva un manteau encore humide sur le canapé. Il avait été jeté sans attention, John était là.
Elle monta les escaliers et quelques marches grincèrent. A l'étage, une porte était entrebâillée. Anna s'approcha et entra dans la chambre. Sur le lit, la silhouette de John se débattait en plein cauchemar. Sa respiration était rapide et son corps en sueur. Elle voulut aussitôt se jeter sur lui mais son pied buta sur quelque chose qui roula au sol. Elle se pencha et le ramassa : c'était un flacon vide, un flacon de Médomine. D'autres étaient dispersés sur le sol eux aussi vides. Anna tenta de raisonner son inquiétude et s'assit sur le lit près de John.
Elle le réconforta doucement par des caresses et des murmures apaisants. John sembla se calmer rapidement et ouvrit les yeux. Ils étaient rouges et plus brillants qu'à l'habitude. Sa peau était grise et ses traits marqués. Carter avait perdu du poids et était déshydraté. Anna camouflait tant bien que mal l'horreur que lui inspirait ce triste spectacle. Comment en était-il arrivé là ? Elle aussi avait-elle ressemblé à cela ?
" _Anna, " murmura-t-il du bout de ses lèvres desséchées. " C'est vraiment toi ? "
" _Oui, " répondit-elle avec douceur. " C'est bien la réalité. Je suis venue pour toi. "
" _J'ai fait un horrible cauchemar, " reprit-il sans la quitter des yeux. " Plusieurs fois, j'ai crû que tu étais morte sous mes yeux et que je ne pouvais rien faire… Et Lucy se moquait sans cesse de moi… "
" _Ce n'était qu'un cauchemar John, " le rassura-t-elle. " Ecoutes, il va falloir que tu me répondes franchement, est-ce que tu as pris beaucoup de Médomine ? "
" _Alors toi aussi tu crois que je suis un tox, " se vexa John en manquant de souffle.
" _John, je ne t'accuses de rien, " répondit Anna en comptant mentalement le nombre de flacons au sol qu'elle voyait. " Je veux juste que tu me dises si tu en as pris beaucoup ? "
" _Je veux dormir, " soupira-t-il alors que ses paupières clignaient. " Laisse-moi… "
" _Non je te ne te laisserais pas ! " S'écria Anna en lui donnant de légères tapes sur les joues pour le maintenir éveillé. " Plus le temps de jouer aux devinettes, tu vas devoir m'aider ! "
Elle le redressa et passa son bras sur ses épaules pour le maintenir. Anna réussit à le faire se lever mais John titubait sur ses jambes vacillantes. Elle mit du temps à lui faire descendre les escaliers et crut plusieurs fois qu'ils tomberaient. Ils sortirent de la maison au prix de beaucoup d'efforts et Anna l'allongea sur la banquette arrière de la voiture d'Abby. Elle se mit au volant et démarra aussitôt :
" _John, John ! Tu m'entends ? " Il marmonna quelque chose d'incompréhensible. " Ecoute bien, je veux que toi et moi on se parle durant tout le trajet, d'accord ? "
" _Oui, " répondit-il avec difficulté.
" _Tu veux bien me chanter quelque chose ? " Lui demanda-t-elle. " S'il-te-plaît. "
Il entonna une comptine d'enfant. Alors qu'elle avait le pied collé au plancher, Anna fouilla dans son sac à côté d'elle et trouva son portable. John chantonnait toujours et cela lui permettait de savoir qu'il était toujours conscient. Elle composa un numéro à trois chiffres et une voix de femme lui répondit :
" _Allô ici le 911 Illinois, quel est votre problème ? "
" _J'ai avec moi un homme qui fait une overdose de barbituriques, je dois trouver l'hôpital le plus proche ! "
" _Où êtes-vous ? "
" _Je vient de croiser un panneau indiquant Samphton à quelques miles. "
" _Attendez quelques instants… Il y a un hôpital de campagne justement dans ce bourg. Je les prévient aussitôt de votre arrivée ! "
" _Merci beaucoup ! " Pile quand elle raccrocha, John cessa de chanter. " John ? "
" _Oui ? "
" _Ouf, je croyais que tu n'étais plus conscient, " répondit Anna avec soulagement. " Nous allons à Samphton, il y a un hôpital là-bas et ils vont te sortir de là, tiens le coup ! "
" _Je veux pas, " répondit-il d'une voix geignarde. " Je veux qu'on me laisse tranquille, j'ai juste envie de dormir… "
" _Me laisses pas John ! Ne me quittes pas ! " Rétorqua-t-elle affolée en ayant du mal à se concentrer sur la route.
" _Je ne veux pas que tu t'ouvres les veines par ma faute, " répondit-il les yeux mi-clos.
" _Je ne le ferais pas ! " S'écria Anna en se demandant d'où lui était venu une idée pareille.
" _Parce que c'est ce qu'il s'est passé pour Lucy tu sais, elle est morte à cause de moi… "
" _Ne dis pas de bêtises, tu n'y es pour rien ! John, je ne veux pas t'entendre dire des choses pareilles ! "
" _Je veux la retrouver pour m'excuser devant elle… Anna… Pendant que j'en ai encore le temps, je veux juste te dire une chose… "
" _Non ne me dis rien, tu auras encore beaucoup de temps pour me parle- "
" _Laisse-moi finir ! " Coupa John en haussant légèrement le ton de sa voix. " Je veux que tu saches que je t'aime et que je t'ai toujours aimé et que jamais je ne laisserais quelqu'un te faire du mal. "
Etait-ce les barbituriques qui le faisaient délirer où disait-il vrai ? Anna resta un instant muette et faillit louper une intersection.
" _Moi aussi je t'aime John… John ?… John ! "
Elle jeta un coup d'œil en arrière et s'aperçut qu'il était inconscient. Elle jura à voix basse et entra en trombe dans Samphton. Anna trouva en quelques instants l'hôpital de cette petite ville, brûlant au passage quelques feux rouges et ne tenant pas compte des limitations de vitesses. Devant l'hôpital, un brancard entouré de plusieurs médecins attendaient déjà John. La femme du 911 avait bien transmis le message. Anna fit crisser les pneus en freinant la voiture.
" _Overdose de Médomine, " dit-elle en sortant de la voiture. " Inconscient depuis moins d'une minute ! "
" _D'accord, " répondit le médecin le plus âgé. " On lui fait illico presto une spectro et ECG. "
Deux infirmiers sortirent John de la voiture avec précaution et l'installèrent sur le brancard.
" _Il ne respire plus et je n'ai pas de pouls ! " S'exclama l'un des deux.
"_Vite au bloc ! " S'exclama le vieux médecin alors qu'Anna suivait le brancard.
L'équipe médicale poussa Carter à l'intérieur des urgences, un interne lui faisait un massage cardiaque à califourchon sur son corps tandis qu'un autre le ballonnait. Ils arrivèrent rapidement au bloc. Anna les avait suivi mais une infirmière la pria d'aller attendre autre part. Elle sortit de la pièce et resta derrière les battants de la porte. Elle entendait les paroles des médecins et se sentait impuissante.
" _Okay, on le ventile, " reprit le vieux médecin. " Amenez les électrochocs et passez lui deux ampoules d'adré ! "
Un infirmier grimaça quand après avoir découpé les vêtements de John, il découvrit les longues cicatrices dû aux coups de couteaux de Sobriki et à l'opération de Morgenstern et Benton.
" _Docteur Feind, je crois qu'il fait un collapsus, " remarqua l'un des internes.
" _Vous croyez ? " Reprit le vieux médecin Feind d'un ton bourru. " Moi j'en suis sûr ! A-t-il uriné ? " Demanda-t-il à l'infirmière qui avait poussé Anna dehors.
"_Non, " répondit-elle. " Nous n'avons toujours aucun pouls. "
" _Chargez à deux cents, " ordonna Feind. Il choqua John dont le cœur repartit du premier coup. " Voilà une bonne nouvelle ! Il faut lui laver l'estomac. Parker, que fait-on en cas de collapsus ? "
" _Plasmion et Aramine ! "
" _Bien dit petit ! " S'exclama de nouveau Feind. " Faites-lui passer du mannitol et du soluté glucose à 10%, et bicarbonate avec 1,50 grammes de KCl par 500 millilitres ! "
Anna restait les mains collées contre les battants de la porte, le visage contre la vitre. Elle ne pouvait rien faire et les dernières paroles de John résonnaient encore dans son crâne. Elle ne sentit même pas la larme qui perla le long de sa joue.
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A suivre…
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Le Petit Mot De La Fin : Alors ? John va-t-il survivre oui ou non ? J'admet que pour les passages médicaux, j'ai un peu pompé sur la Petite Encyclopédie Médicale de Jean Hamburger (je ne rigole elle existe vraiment et est très sérieuse !) Maintenant place au dernier chapitre !
