Cela fait maintenant deux semaines depuis son arrivée dans la demeure d'Aizen. Orihime avait développé des relations amicales avec certains esclaves. Bien sûr, elle avait pris des précautions cette fois-ci. Elle se comportait comme n'importe quelle autre maîtresse devant Aizen ou en public. Mais lorsqu'elle était à l'abri des regards indiscrets, elle pouvait discuter ouvertement avec quelques rares esclaves qui appréciaient beaucoup leur nouvelle maîtresse. En particulier une jeune fille qui se trouvait être la petite sœur de l'un des meilleurs gladiateurs d'Aizen. La jeune femme l'avait pris sous son aile directement, inquiète de voir une si jeune fille au service de ce monstre. Celle-ci était très contente de devenir l'esclave personnel d'Orihime. Cette femme était la bonté incarnée. Elle l'accompagnait dans tous ces déplacements. Bien que ses interactions avec le maître des lieux fussent brèves, elles n'en étaient pas moins régulières au grand damne de la jolie rousse. Cet homme était exécrable.
Elle avait déjà assisté à deux combats dans l'arène à ses côtés pour faire acte de présence. Mais ce n'était définitivement pas sa tasse de thé. La première fois fut assez violente pour elle. Voir ces pauvres hommes combattre pour leur survie, s'entre-tuer dans un tel bain de sang. Elle dut détourner le regard tellement de fois. Plus le combat était sanglant et violent et mieux la foule acclamée. C'était à présent son nouveau mode de vie, aussi affreux soit-il. Il y avait du bon dans tout cela heureusement.
La petite Lillynette était une bouffée de fraîcheur et d'innocence dans son quotidien. Elle avait également rencontré plusieurs des gladiateurs afin de soigner leurs blessures. La plupart restaient silencieux et courtois. Mais il y avait également quelques-uns qui se comportaient différemment. Ulquiorra semblait toujours curieux à son sujet, mais resté très poli. Ses rapports maîtres esclaves étaient très forts. Quelques hommes l'ont regardée de façon inappropriée, mais ils n'avaient pour autant rien fait de répréhensible jusque-là.
Étrangement, elle avait pris l'habitude d'observer régulièrement l'entraînement des gladiateurs du haut du grand balcon. Lillynette était toujours heureuse de regarder son grand frère combattre. Cela permettait à Orihime d'observer les rapports entre ses hommes. Et de voir ceux qui nécessitent de la consulter. C'était son excuse principale pour se justifier d'ailleurs. Même si secrètement, elle ne pouvait pas nier être attiré par toute cette testostérone et ses muscles. Elle était toujours une femme célibataire après tout.
Une certaine personne en particulier attirée sans cesse son regard. Il était de loin l'homme le plus attrayant qu'elle est jamais vue. Elle avait eu la chance de pouvoir le voir plusieurs fois depuis leur première rencontre afin de soigner son avant-bras meurtri. Il ne parlait pas beaucoup. L'atmosphère était toujours un peu maladroite entre eux. Grimmjow, cet homme était un véritable mystère. Et elle voulait percer la carapace de l'homme aux magnifiques yeux bleus.
_ Maîtresse ! L'entraînement de grand frère va commencer !
Orihime sourit tendrement à la jeune fille qui faisait de son mieux pour rester en place.
_ Oui allons-y Lillynette. Cela fait 2 jours depuis la dernière fois. Et il me semble que Grimmjow va reprendre l'entraînement aujourd'hui.
Les deux femmes se dirigèrent en direction du balcon. Orihime s'arrêta un instant en apercevant Aizen déjà présent sur ce dernier, appuyé contre la balustrade. Elle réprima une grimace de dégoût avant de s'avancer tout en maintenant une bonne distance physique entre eux. Elle ne le salua pas, le regard rivé sur le terrain en contrebas.
_ Je suis honoré de votre charmante présence ici.
La jeune femme lui lança un bref regard sans le moindre sourire avant de détourner les yeux. De toute évidence, les hommes étaient en train de s'échauffer pour le moment sous la directive d'Ulquiorra.
_ Aujourd'hui est un grand jour. J'organise une fête ce week-end en compagnie de quelques personnes haut placée. Il semblerait que certaines dames de la haute soient toute émoustiller face aux tout-puissants gladiateurs de la maison Aizen.
Orihime fronça les sourcils en entendant le ricanement d'Aizen.
_ Et donc ? Vous voulez exhiber vos hommes durant cette soirée, j'imagine.
_ Tout à fait. Je vais organiser une orgie d'esclave. J'ai découvert que certaines personnalités présentes sont assez... Débridés.
Elle lui lança un regard dégoûté. Elle détestait l'esclavagisme sexuel. Combien de jeune femme esclave, elle avait récupéré brisé par le passé. Aizen ne se prive pas de profiter de cela. Il avait deux esclaves réservées exclusivement à ces besoins charnels. Loly et Menoly. Elles ne semblaient pas s'en plaindre d'ailleurs. Cela n'empêchait pas l'homme de faire des allusions lubriques à son encontre par moments. Elle savait déjà que la fête ne serait pas de tout repos.
_ Je compte sur vous pour bien vous comporter. Je sais à quel point vous êtes prude, mais il va falloir prendre sur vous. Je dois faire bonne impression et votre présence sera grandement appréciée.
Orihime renifla avec dédain, mais garda ses pensées pour elle-même. Elle n'était pas prude ! Enfin du moins voir des femmes se laisser violer pour survivre n'était vraiment pas sa tasse de thé. Elle remarqua que plusieurs hommes qui passaient en contrebas leur jeté des œillades. Ils pouvaient facilement écouter et ou entendre la discussion d'en bas. Elle remarqua également qu'ils semblaient tous assez silencieux. OK, ils écoutent définitivement la conversation.
_ Votre attention ! Aujourd'hui, nous fêtons le retour dans l'arène de notre cher Grimmjow !
Quelques acclamations viriles s'ensuivirent brièvement avant qu'Aizen ne reprennent la parole en s'adressant directement à l'homme.
– Je sais à quel point combattre t'a manqué. J'espère que notre dernier petit désaccord t'aura servi de leçon. Orihime a fait des merveilles avec ton bras.
La jeune femme avala une boule dans la gorge, mal à l'aise d'être le centre d'attention de tous ses hommes. Son regard se dirigea automatiquement vers Grimmjow. Elle croisa son regard sombre. Il détourna rapidement les yeux vers son maître, la mâchoire serrée. Il était évident qu'il prenait sur lui, la colère transparaissant dans son regard azur. Elle tourna naturellement son visage vers Aizen, avec un mauvais pressentiment. Celui-ci se tourna vers elle, un sourire sournois collé au visage.
_ Qui a-t-il ma chère ? Vous vous demandez sûrement à quoi je fais allusion ? Il se trouve que c'est moi qui lui ai infligé ces blessures que vous avez si habilement guérit.
Orihime sentit la bile monter dans sa gorge, choqué. Cet homme est monstrueux ! La colère monta en elle. Elle serra les poings le regard accusateur. Cela sembla amusé un peu plus le maître des lieux.
_Vous n'êtes pas d'accord ? Un esclave qui désobéit à un ordre se doit d'être châtié. Une chance qu'il soit mon champion. Sinon il serait déjà mort.
La belle guérisseuse se trouva incapable de répondre. Donc Grimmjow n'était pas un bon petit esclave soumis. Elle était curieuse de connaître la raison pour laquelle il avait désobéi. Pour le moment, elle était dégoûtée par l'homme en face d'elle. Elle décida de couper court à tout ceci et tourna les talons, Lillynette à sa suite. Elle voulait être le plus loin possible de cette ordure à cet instant précis. Temps pi pour l'entraînement. Lillynette resta silencieuse, comprenant que sa maîtresse était bouleversée.
Aizen observa un moment ses hommes s'entraîner après le départ de sa jolie guérisseuse, plongé dans ses pensées. Grimmjow n'avait pas l'air rouillé malgré le manque d'entraînement depuis les dernières semaines. Grimmjow était un homme fier. Plutôt obéissant la plupart du temps. Mais il n'aimait pas être dominé. Bref, cela n'avait plus d'importance. Il pouvait le punir autant qu'il le désirait à présent. Grâce à Orihime, plus rien ne pouvait l'arrêter. Il était heureux en fait. Il pouvait torturer sans craindre de tuer un de ses meilleurs hommes. Cette femme déesse était une bénédiction.
Grimmjow se retira dans la pièce qui lui servait de chambre. Il avait la chance d'avoir une pièce et une couche pour lui seul. Privilège de champion. Reprendre l'entraînement lui avait fait le plus grand bien. Enfin jusqu'à l'arrivée d'Aizen. Il déteste ce bâtard. Mais il prenait sur lui, comme la plupart des esclaves. Il était obéissant et se montrait loyal. Malgré sa punition récente pour désobéissance, il savait qu'Aizen avait besoin de ses talents en tant que gladiateur. Mais le jour où il serait enfin libre. Il lui tranchera la tête après une longue agonie.
Il se remémora l'expression sur le visage de la guérisseuse plus tôt. Il était plus qu'évident pour tout le monde qu'elle haïssait le maître des lieux. Peut-être même plus que lui. Et ce n'était pas chose courante. Elle avait pris l'habitude de venir regarder les hommes s'entraîner. Il sourit en coin en repensant à toutes les fois où il l'avait surpris en train de le regarder. Elle n'était pas vraiment discrète. Cela ne le dérangeait pas. Il avait l'habitude que les femmes le regardent.
Il repensa aux paroles d'Aizen. Il voulait organiser encore une de ces soirées dépravée pour chercher à impressionner des idiots plus haut placés que lui. Tch ! Il était toujours choisi avec quelques autres des hommes les plus populaires et attrayants pour jouer les statues. Même s'il avait l'habitude, ça n'en était pas moins humiliant. Les femmes et parfois même des hommes le toucher et le fixer sans gêne. Et il ne pouvait pas broncher putain ! Au moins la plupart du temps les gens avaient peur de le toucher, en particulier depuis l'incident de la dernière fête. Il grogna en jetant le chiffon sale avec lequel il venait de s'éponger le visage. Cette chaleur allait le tuer avant de mourir dans l'arène. Il s'allongea sur sa couche, bras derrière la tête. Il était inquiet pour la femme. Aizen avait perdu l'esprit. Tôt ou tard, quelqu'un découvrirait qu'il la retenait contre son gré. Il serait probablement exécuté. Mais lui et tous ses frères ? Que deviendraient-ils ? Séparé et revendu à d'autres maîtres méprisables pour sûr. Il poussa un profond soupire, lasse.
Le jour de la soirée arriva rapidement. Orihime avait revêtu une jolie robe violet pâle pour l'occasion. Un joli décolleté, resserré à la taille, et au dos en partie découvert. Elle avait choisi une robe légère à cause de cette chaleur étouffante. Elle choisit une parure de bijoux en or assez discret. Elle n'aimait pas attirer l'attention contrairement à la plupart des femmes de l'empire. Apparemment, sa présence avait attiré une foule de personnes à la grande joie d'Aizen. Ce dernier avait dépensé sans compter afin d'impressionner ses convives.
Elle se rendit donc à la fête sous les regards et chuchotements des convives. Par les dieux qu'elle n'aimait pas ça. Elle s'efforça de sourire et de faire comme si de rien n'était. Bientôt, Aizen se retira avec quelques convives. Elle jeta un regard vers les gladiateurs. La plupart étaient complètement ignorés. Et d'autres étaient entourés principalement de femmes curieuses. La jeune femme soupira, affligée.
_Orihime ! Je suis tellement heureuse de te revoir !
En se retournant, elle fut ravie d'accueillir une de ses plus anciennes amies. Elle lui offrit un magnifique sourire.
_Rangiku !
Des deux belles femmes s'enlacèrent.
_Tu es toujours aussi belle ! J'ai appris le malheur qui t'est arrivé. Je suis tellement désolé.
Orihime lui offrit un petit sourire triste. Elle n'avait aucune idée à quel point sa vie était en pagaille.
_Oui et bien je suis en sécurité maintenant...
Elle n'aimait pas mentir, encore moins à son amie. Rangiku était quelqu'un de très gentil comparé à la plupart des citoyens de l'empire. Elle traitait bien ses esclaves, et comprenait son point de vue sur la chose.
_Alors raconte-moi ! Que ce que ça fait de vivre au milieu de tous ces beaux hommes ! ?
Elles discutèrent avec bonne humeur un bon moment. Rangiku fut bientôt pas mal enivré.
_ Aller vient on va s'amuser ! Il faut profiter de l'occasion !
Orihime fut entraîné de force par une tornade rousse. Elles s'arrêtèrent devant les gladiateurs.
_Que ce que tu fais Rangiku ?
Cette dernière lui sourit sournoisement.
_Aller ma belle lequel tu préfères ?
Orihime rit nerveusement. D'accord elle était définitivement ivre. Et en même temps ça lui ressemblait bien.
_Que ce que tu veux faire ? Rangiku tu es ivre.
Cette dernière l'ignora complètement tout en lorgnant les hommes. Puis elle s'approcha d'Orihime pour lui chuchoter à l'oreille.
_Choisis. Celui avec le cache œil ? Il est pas mal. Ou bien l'autre à côté ?
La jeune femme ne savait plus comment réagir, un peu mal à l'aise. Son regard se dirigea instinctivement vers une touffe bleue sans s'en rendre compte. Rangiku sourit diaboliquement avant de s'exclamer.
_Bien alors tu as un faible pour le champion. Pas mal du tout même si ce n'est pas mon genre.
Orihime blanchi. Son amie ivre ne lui laissa pas le temps de réagir qu'elle la poussa en direction du beau gladiateur.
_Hé toi le champion !
Ce dernier resta stoïque, mais son regard se porta sur les deux femmes.
_Rangiku arrête ! Que ce que tu fais ?
La jeune femme essayait de garder sa voix basse, ne voulant pas attirer l'attention des autres convives. Ce fut un échec cuisant. Quelques femmes les rejoignirent, curieuses.
_Alors, c'est lui le champion ! Un délice pour les yeux. Dis une femme brune.
_Certes, mais un monstre dans l'arène. Ironisa son amie tout en dévorant l'homme des yeux.
_J'ai entendu des histoires oui. Proclama Rangiku, l'air vaguement intéressé tout en sirotant du vin.
Orihime resta silencieuse, observant Grimmjow qui restait imperturbable tandis que les femmes lui tournaient autour telles des vautours.
_ Il semblerait que notre chère guérisseuse ait soigné son bras. Je suppose qu'il va pouvoir retourner dans l'arène prochainement. Dis la femme blonde tout en fixant le pagne du gladiateur sans honte.
_ J'ose espérer que mon champion plaît à ses dames !
Orihime se crispa au son de cette voix qu'elle haïssait. Aizen rejoignit le petit groupe de femmes, accompagné par deux hommes. Des invités vraisemblablement. L'un d'eux avait les cheveux blancs, avec un sourire qu'elle qualifia de forcé plaqué au visage.
_Gin ! S'exclama Rangiku, complètement éméché.
Elle se jeta pratiquement sur lui. Bien que surprît, il lui sourit, un véritable sourire cette fois.
_Je crains de devoir vous abandonner, cette chère Ranguku semble avoir besoin d'aide, dit-il avant d'entraîner cette dernière loin du petit groupe.
Orihime se retrouva seule, et en mauvaise compagnie, sans compter Grimmjow.
_S'il vous plaît ! Votre attention mes chers convives ! S'exclama le maître des lieux, sa coupe de vin levé.
Orihime attendit que l'ensemble des invités se rapproche, tous curieux de savoir ce qu'Aizen avait à leur annoncer.
_Je suis ravi de vous accueillir dans ma demeure, et pour vous remercier, ma très chère amie ici présente voulait vous faire une démonstration de ses pouvoirs divins !
La jeune femme se crispa, ignorant les exclamations enjouées des convives en jetant un regard noir à Aizen, un faux sourire collé aux lèvres. Elle le regarda alors sortir un poignard de sa toge, avant de venir tourner autour de Grimmjow l'air de rien tout en continuant son discours.
_Comme vous le savez, j'ai recueilli Orihime chez moi afin de la protéger suite à ce terrible incident survenu dans sa demeure.
Elle savait ce qu'il voulait faire. Le salaud ! Grimmjow était imperturbable, même s'il savait, lui aussi. Aizen s'arrêta à droite du gladiateur.
_J'ai personnellement engagé des recherches afin de retrouver les auteurs de ce massacre. Dit-il, faussement concerné par la situation.
Comme si ce n'était pas lui le monstre ! Orihime décida de prendre la parole, s'avançant vers lui, main tendue avec les poignards dans les yeux.
_Vous avez raison ! Je vous suis très reconnaissante, et cela me ferait plaisir de faire une démonstration de mes pouvoirs devant toute cette assemblée. Dit-elle, un grand sourire illuminant son visage.
Un peu pris de court, Aizen lui donna le poignard, le sourire quelque peu crispé. Elle s'en empara et s'avança d'un pas vers la foule. Sans hésiter, elle leva la main gauche, avant d'enfoncer la lame tranchante dans sa paume et de se couper d'un geste sec. Sous les regards choqués des invités, elle lâcha négligemment la lame avant de fermer son poing ensanglanté. Lylinette se précipita avec un linge, prête à lui venir en aide. Une lumière brillante entoura sa main fermée sous les regards ébahis des convives. Lorsque la lumière se dissipa, la jeune femme accepta chaleureusement le linge de la jeune fille afin d'essuyer le sang. Elle brandit une nouvelle fois sa main en l'air, la paume de celle-ci complètement guérit, sans aucune cicatrice. Tout le monde applaudit, stupéfait et enchanté.
_Maintenant si vous voulez bien m'excuser, utiliser mes pouvoirs et assez épuisant, je vais donc me retirer dans mes quartiers.
Orihime passa à côté d'Aizen, un sourire faussement amical collé au visage. Celui-ci n'avait pas l'air en colère, mais presque admiratif. Cette petite démonstration lui apportera beaucoup, même si elle se haïssait de lui avoir rendu service. Mais au moins, il n'avait pas utilisé Grimmjow pour ses petits jeux malsains. Elle ne le laisserait pas faire de mal à des innocents, pas si elle pouvait l'en empêcher. Elle s'autorisa à souffler une fois dans sa chambre. Après avoir nettoyé le sang qui avait dégouliné le long de son bras, Lylinette l'aida à retirer sa robe. Franchement, la jeune femme était soulagée d'échapper à cette mascarade. Cette nuit, elle dormit le cœur un peu plus léger.
_
Le bruit des épées qui s'entrechoquent résonnait dans la cour des gladiateurs. Aizen était parti tôt ce matin, s'absentant pour affaires. Le bruit des épées qui s'entrechoquent résonnait dans la cour des gladiateurs.
Aizen était parti tôt ce matin, s'absentant pour affaires. Visiblement, depuis la dernière fête, il semblait très occupé. Une bonne chose pour Orihime. Même si les gardes surveiller étroitement la sortie du domaine, au cas où elle chercherait à s'évader, la rouquine se sentait beaucoup plus sereine. Elle avait le domaine pour elle, et donc elle pouvait enfin être elle-même. Lylinette adoré particulièrement jouer à cache-cache, et c'était le seul moment possible. La guérisseuse regroupée les plus jeunes esclaves pour faire divers jeux. Ils semblaient tellement heureux. Cela n'avait pas de prix. Orihime avait réussi à faire taire les gardes avec des pots-de-vin. C'était devenu la routine. Personne ne disait rien, car c'était bénéfique pour tout le monde. Et ils étaient conscients de cette chance.
_Attention ! J'arrive ! S'écria Orihime assez fort pour que tout le monde puisse entendre.
Les cris joyeux résonnaient dans l'enceinte du domaine. Les gladiateurs, eux, s'entraînaient paresseusement, écoutant distraitement les éclats de rire des jeunes esclaves. C'était dans les rares moments comme ceux-ci que les hommes pouvaient se reposer. Ulquiorra avait beau être impitoyable à l'entraînement et jouir d'un statut plus élevé, il n'en restait pas moins un esclave. Grimmjow leva la tête, attirée par un cri strident provenant vraisemblablement du petit corps de Lylinette. Cette dernière courait, accompagnée de deux autres jeunes sur la terrasse du balcon. La silhouette gracieuse de la maîtresse des lieux apparut bientôt. Elle s'élança après le petit groupe, un magnifique sourire ornant son visage angélique.
_Je vais vous attraper ! S'écria-t-elle en bifurquant sur la droite afin de coincer l'un d'entre eux.
Le jeune garçon poussa un jappement lorsque la jeune femme l'enlaça par-derrière. Il ne se débattit pas, tout sourire. Grimmjow observait la scène avec fascination, troublé par la beauté de la rouquine. La voir aussi libre et heureuse était assez déstabilisant.
_C'est ton tour ! S'écria Lylinette de l'autre côté du balcon.
Le garçon se tourna face contre mur et attendit, tandis que tous les autres s'enfuyaient dans la maison pour trouver une cachette sûre. La jeune femme en fit de même, essoufflée et quelque peu échevelée. Le champion ne la quitta pas des yeux. Sa robe flottant à chacun de ses pas autour d'elle dans un voile blanc. Quelques mèches de ses cheveux flamboyants virevoltaient autour de son visage dans sa course. Mais surtout, c'était ce grand sourire qu'il ne lui connaissait pas. Un sourire franc, magnifique, tout comme elle. Bientôt, elle disparut de sa vue, et il retrouva ses esprits.
_C'est une véritable déesse. Dis une voix grave sur sa gauche. Grimmjow se tourna vers son ami, surprit.
Stark regardé dans la même direction, le regard dans le vague.
_Cette femme est d'une telle beauté, c'est l'incarnation de la bonté. Lylinette n'arrête pas de me chanter ses louanges. Il semblerait que maître Aizen ne lui ait pas encore fait de mal... Mais pour combien de temps ? Dit-il en se tournant vers lui, l'air sombre.
Le champion ne répondit pas, plongé dans son mutisme. Il était inquiet, tout comme Stark. Même Ulquiorra s'était attaché à elle. Bien qu'il ne le reconnaîtrait jamais.
_
L'odeur de plante médicinale embaumait la pièce. Orihime était en train de broyer ces dernières dans un bol afin de confectionner un cataplasme. Le dernier combat dans l'arène avait laissé pas mal de blessures sur ses gladiateurs. Elle stoppa ses mouvements circulaires en se rendant compte de ces pensées. Elle s'était déjà trop attachée aux hommes d'Aizen. Du moins pour la plupart. La porte grinça, annonçant la venue de son prochain patient. Elle se tourna et ne put retenir un sourire en voyant le champion entrer. Il s'attarda une seconde de trop devant la beauté de son visage souriant, avant de s'installer comme à son habitude. La jeune femme ne releva pas l'expression grave sur le visage de son patient et entreprit d'étaler la mixture sur les blessures bénignes de l'homme.
_Lors de la dernière fête. Commença-t-il après quelques secondes.
Orihime le regarda, surprise et en attente. Il plongea enfin son beau regard bleu dans le sien.
_Ne refaites jamais ça. Dit-il presque froidement.
La jeune femme battit des cils, debout face à l'homme ténébreux. Bien qu'assit, son visage était presque au même niveau que le sien.
_Je n'ai pas besoin de votre protection. Termina-t-il calmement, l'air sévère.
Orihime fronça les sourcils en reconnaissance. Pourquoi parler de ça maintenant, et après tout ce temps ?
_Je referais exactement la même chose si c'était possible. Rétorqua-t-elle sur la défensive.
Il plissa les yeux, tendu.
_Vous ne savez pas de quoi Aizen est capable. Vous avez eu de la chance cette fois-ci.
La jeune femme ne baissa pas les yeux, et répondit sur le même ton.
_Et donc, je devrais le laisser-faire sans broncher ? Il n'en est pas question ! Je refuse de rester spectatrice si je peux l'empêcher de faire du mal !
Frustré, Grimmjow se releva brusquement dans un geste intimidant.
_Vous vous mettiez en danger ! Cet homme est capable du pire. Cracha-t-il en montrant son avant-bras anciennement blessé pour illustrer ses propos.
La belle rousse ne recula pas, affrontant son regard assombri par la colère. Elle baissa les yeux sur son bras qui ne portait plus que quelques légères balafres.
_Pourquoi ?... Demanda-t-elle dans un souffle en touchant la peau rugueuse et chaude de l'homme du bout des doigts.
Grimmjow se crispa sous le toucher léger de sa maîtresse. Elle semblait émue, le regard perdu dans le vague posé sur ses cicatrices. Elle ne se rendait même pas compte de l'effet qu'elle produisait sur lui.
_J'ai refusé de prendre la virginité d'une gamine. Dit-il d'une voix beaucoup plus calme, mais sombre. Orihime inspira brusquement en relevant la tête, choqué.
_Aizen voulait divertir des invités aussi tordus que lui. La fille était à peine plus âgée que Lylinette. Elle était terrorisée. Continua-t-il, perdu dans ses souvenirs. Évidemment, j'ai refusé, alors il s'est amusé à me mutiler à la place. Je n'ai jamais revu la fille depuis. Je ne sais pas ce qu'ils ont fait d'elle.
La guérisseuse était bouleversée. Il planta de nouveaux ses yeux dans les siens. Elle se rendit compte de leurs proximités. Sa main reposait toujours sur son bras. Elle se racla la gorge en détournant le regard, retirant sa main prestement.
_Assieds-toi, je dois terminer de te soigner. Murmura-t-elle en s'asseyant en face sur le banc.
L'homme hésita brièvement avant de s'asseoir à son tour. Il observait la belle femme en face de lui faire son travail. Elle évitait obstinément son regard, les joues empourprées. L'atmosphère pesante se dissipait, remplacée par une forme d'embarras. Ce côté timide de sa personnalité était adorable.
_Tu t'es bien battu. Aucune blessure sérieuse. Dit-elle distraitement au bout d'un moment tout en terminant d'étaler du cataplasme sur une coupure au niveau de son pectoral.
_Je suis né pour combattre. Répondit-il simplement, conscient qu'elle voulait changer de sujet.
Il n'était pas arrogant. Bien que son éloge lui fît indéniablement plaisir, il n'en montra rien.
_Et moi pour guérir semble-t-il. Rétorqua-t-elle avec un doux sourire.
À cet instant précis, ils comprirent tous deux à quel point ils étaient semblables malgré le fossé qui les séparait indéniablement. Leur statut social. Grimmjow réalisa à quel point la paume de sa main était douce comparée à la sienne, dure à cause des années passées à manier le sabre et à combattre dans l'arène. Elle était la lumière, et lui, la noirceur. Mais dans leurs cœurs, ils partageaient bel et bien les mêmes sentiments.
Fin chapitre 2
