Orihime n'était absolument pas à l'aise. Aizen avait invité "des amis" relativement proches semblait-il. Le fameux Gin, l'homme qui avait pris soin de Rangiku lors de la fête. Honnêtement, la guérisseuse ne savait pas trop quoi penser de cet homme. Mais le faux sourire qu'il affichait toujours lui donner des frissons dans le dos. Le second quant à lui, et à l'opposé total du premier, garder une expression impassible. Si bien que la jeune femme ne savait pas comment réagir. Ces hommes étaient déstabilisants, impossible de savoir à quoi ils pensaient. Mais une chose était sûre, elle n'appréciait pas leur présence. Pour être ami avec Aizen, il fallait aussi cinglé que lui. Et être "seule" avec eux, simplement entouré par des esclaves n'était en rien rassurant.

Elle n'avait pas eu d'autre choix que de leur tenir compagnie. Aizen l'avait traîné de force sur le grand balcon ou un buffet et des sièges les attendaient. Quelques esclaves patientaient, attendant que les coupes de vin se vident, tandis que d'autres tenaient de grands éventails, s'évertuant à rafraîchir le maître des lieux, ainsi que ses hôtes. La jeune femme quant à elle préférée s'éventer elle-même à l'aide d'un éventail plus petit. Lylinette se tenait à ses côtés, plus pour la forme que pour servir sa maîtresse.

Apparemment, Aizen avait prévu une démonstration de gladiateurs. Elle se sentait partager. D'un côté, elle rêvait que cette journée se termine au plus vite, et d'un autre, une réelle excitation à l'idée de voir la performance d'un certain gladiateur. Pour le moment, les hommes s'échauffaient sous le regard attentif d'Ulquiorra. Ce dernier maniait l'épée comme nulle autre. Sa réputation n'était plus à faire. Tout comme celle du champion actuel. Aizen choisit ce moment pour se lever et s'approcher de la balustrade, signifiant d'un geste de la main l'attention de ses esclaves.

_ Votre attention ! Aujourd'hui, et pour le grand bonheur de mes amis ici présent, vous allez vous battre comme si vous vous trouviez dans l'arène. Évidemment, ôter la vie de son adversaire est strictement interdit. Il vous faudra donc mettre vos adversaires KO.

La tension parmi les gladiateurs était déjà palpable. Orihime pouvait presque sentir le taux de testostérone grimper en flèche.

_ Les combats se feront avec des sabres d'entraînement. Je ne voudrais pas surcharger de travail notre chère guérisseuse avec des blessures trop profondes. Continua le maître des lieux en lançant un sourire d'hypocrite à la jeune femme.

Cette dernière fronça les sourcils. Ses hommes vont tous se retrouver à l'infirmerie après ce spectacle ignoble. Elle n'était plus du tout stimulée à l'idée de voir ces combats. Elle ne s'attendait pas à cette annonce, pensant naïvement que les gladiateurs se cantonneraient à quelques duels amicaux.

Ne jamais sous-estimer l'ennemi.

_ Je trouve cela cruel. Ne put-elle s'empêcher d'intervenir.

_ Au contraire très chère ! Répliqua Aizen, une lueur de malice dans le regard.

Il s'approchait du siège ou elle était assise. Elle se crispa lorsqu'il s'arrête derrière elle. Il posa une main sur son épaule nue. Un frisson de dégoût la traversée. Mais elle s'efforça de rester de marbre.

_ Le vainqueur aura droit à un repas digne de ce nom ! Le vin coulera à flots ! S'exclama-t-il en s'adressant haut et fort à ses hommes.

Orihime voulait lui arracher la main, son contact indésirable lui brûler la peau comme de l'acide.

_ Mais ce n'est pas tout ! Pendentif Le vainqueur aura droit à une femme 24 h en plus du reste. Et pas n'importe où... Continua Aizen sous les acclamations des gladiateurs, excités par la perspective de gagner tout ceci.

Le cœur de la jeune femme s'affola. Elle appréhendait déjà la suite de son discours. Un mauvais pressentiment lui noua l'estomac. Aizen resserra son emprise sur son épaule avant d'enfin la libération. Il se recule un peu avant de claquer des doigts. Orihime tourna la tête pour voir plusieurs jeunes filles, et même quelques jeunes hommes venir se placer en ligne dos à la balustrade, à la vue de tous. Lylinette se plaça avec les autres, la tête baissée comme une bonne petite esclave soumise.

Gin, qui jusque-là était resté silencieux gloussa.

_ Hé bien je dois dire que tu n'as pas fait les choses à moitié cette fois encore Aizen. Sont-ils tous vierges ?

Orihime fit volte face, furibonde.

_ Oui ils le sont. Répondit le maître des lieux avec un sourire satisfait, le regard plongé dans celui de la rouquine.

Estomaquée, elle n'eut le temps de réagir que d'un nouveau claquement de doigts de la part d'Aizen, les jeunes esclaves se tournèrent face à la balustrade, et donc à la vue des gladiateurs.

_ Le gagnant aura le choix parmi ses jeunes esclaves. Continua-t-il, toujours dans la provocation.

Orihime se leva, furieuse, ignorant les acclamations des gladiateurs.

_ C'est du viol ! Vous ne verrez pas qu'ils sont terrorisés ! ? Et vous voulez offrir la virginité d'un innocent en pâtures à des hommes qui n'ont pas vu de femmes depuis des lustres ! ? S'écri-t-elle assez fort pour que tout le monde puisse l'entendre en se devant les trois hommes.

Elle était hors d'elle. Ce monstre avait tout prévu dans son dos ! Un silence pesant régnait après son explosion. Lylinette n'avait que quatorze ans, et elle savait pertinemment qu'elle n'était pas prête pour ce genre de choisi ! Les autres ne semblaient pas beaucoup plus vieux qu'elle. Et elle connaît assez bien les hommes dans cette cour pour savoir que la plupart n'hésiteraient pas à profiter d'une telle opportunité.

_ Ils sont en âge, et ce sont des esclaves. Dit froidement Tousen dans le plus grand calme.

Sidérée, elle jeta un œil en contrebas, balayant les gladiateurs du regard. La plupart avaient l'air prêt à découvrir. Leurs regards se promènent éhontément sur la sélection de chaise fraîche offerte à leurs yeux. Certains avaient au moins la décence de détourner le regard avec embarras.

Alarmé, le regard de la rouquine tomba finalement sur Stark, le frère de Lylinette. Il semblait contenir difficilement la rage qui transparaissait dans sa posture rigide. Fils regard noir croisa le sien. Il était bouleversé malgré la colère qui bouillonnait sous la surface.

Elle ne pouvait pas rester sans rien faire. Sa lèvre trembla, puis son regard se porta sur l'homme qui se tenait à côté du grand brun, une ferme pressée sur son épaule comme pour empêcher ce dernier de la force une grosse bêtise.

Le bleu perçant rencontre le gris tendre.

La mâchoire serrée, il secoua discrètement la tête de gauche à droite sans la quitter des yeux. Une larme s'échappa de son œil avant qu'elle ne ferme les yeux pour reprendre la contenance avant d'annoncer haut et fort.

_ Prenez-moi à leur place !

Elle fut reconnaissante que sa voix ne flanche pas. Elle se tourna face à Aizen, froide comme la glace. Elle avait pris sa décision. Ce dernier ne sembla pas plus surpris que ça. Un sourire charmant, mais vicieux éclaira son visage. Bien sûr, il était ravi, puisque c'était exactement son plan depuis le départ. Elle l'avait compris trop tard lorsque Grimmjow lui avait fait signe de ne pas tomber dans le piège. Mais que pouvait-elle faire d'autre ! ? Rien ne garantissait sa victoire. Et elle ne prendrait pas le risque. Elle ne pouvait pas supporter que quelqu'un de malintentionné béni une jeune fille pure à des fins perverses.

_ Je suis surpris je dois le dire. Dit-il, faussement dit le salaud.

Il s'approche et claqua des doigts. Elle fut soulagée temporairement en voyant les esclaves quitter la terrasse, têtes baissées. Il lui agrippa alors le bras brusquement avant de la forcer à se mettre face aux hommes en contrebas, de manière à ce qu'ils puissent bien la voir.

_ Je suppose que ça ne vous pose pas de problème ? S'exclama-t-il haut et fort à l'attention de ses combattants.

Orihime s'efforça de rester stoïque face à l'assemblée. Elle se sentait humiliée et terrorisée à l'idée que l'un de ses hommes barbares puisse la toucher. Le maître se plaça derrière elle, beaucoup trop prêt à son goût. Elle essaya de s'écarter par réflexe, mais il l'immobilisa brusquement d'une poigne douloureuse autour du cou. Il ne l'étrangla pas, mais la force à se séparer un peu plus contre la balustrade. Elle fut obligée de s'y agripper, lâchant malgré elle un gémissement douloureux.

_ Regarde-les. Ceux que tu considères comme tes précieux "amis". Dit-il cruellement tout près de son oreille.

Dans cette position, les gladiateurs avaient une vue plongeante sur le décolleté de la jeune femme, et Aizen en avait parfaitement conscience.

_ Tu crois qu'ils te souhaite commenter maintenant ? Comme une catin ! Rien de plus !

Elle sentit avec effrois et dégoût son pénis se presser contre ses fesses. Elle essaya aussitôt de s'extirper de son emprise, sans succès. À la place, il lui agrippa les cheveux et tirament d'un coup afin de forcer à exposer sa gorge, laissant la seconde glisser de son cou jusqu'à son décolleté. Des larmes d'amertume roulèrent sur ses joues. Ainsi exposé, elle se sentait tellement humiliée, son emprise sur ses cheveux lui faisait mal. Mais pas autant que son âme et sa vertu brisée.

_ Ils ne désirent qu'une choisi. Te baiser comme les sauvages qu'ils sont ! Tu n'as pas hésité à prendre la place de ses pauvres esclaves. Petite catine ! Tu en avais si envie que ça ? Continua-t-il son discours abject avec une colère perverse dans la voix.

Orihime n'osait pas regarder dans les yeux des hommes en contrebas. Elle avait tellement peur de ce qu'elle pourrait y lire. Mais elle ne put empêcher son regard de croiser celui d'un homme. Le seul qu'elle était réellement terrorisée de voir. Elle fut surprise à traverser ses larmes de ce qu'elle y découvrit.

De l'excitation, du dégoût, de la perversion ?

Non.

Une rage. Une rage pure. Une colère palpable assombrissait son beau regard bleu. Il semblait remonté comme un ressort, prêt à sauter à la gorge du premier qui oserait croiser son regard.

Le contact humide et répugnant de la langue d'Aizen contre sa gorge lui glaça le sang. Elle voulait hurler, le frapper et l'injurier de toutes ses forces. Mais elle était totalement impuissante face à sa force brute, ainsi coincée entre son corps et la balustrade en bois.

Il lui montrait enfin son vrai visage, il avait perdu le contrôle. Il en avait assez de son insolence, c'était lui, le maître ici. Il l'avait laissé faire ce que bon lui semble durant tout ce temps afin qu'elle baisse sa garde. Aujourd'hui c'est terminé. Un sanglot resta coincé dans sa gorge.

Grimmjow se détourna de ce spectacle ignoble en crachant par terre de colère. Frustré comme jamais, il voulait juste en découvrir avec tous ces salopards afin d'évacuer sa hargne. Il était hors de lui. Si seulement ce bâtard était à porter de main. Commentez osait-il la toucher ! ? Ce connard prenait un plaisir malsain à l'exposer et l'humilié devant tout le monde. S'il y avait bien une personne sur cette foutue terre qui ne méritait pas cela, c'était bien elle. Elle était l'incarnation de la bonté. Lui-même qui ne croyait pas aux dieux avait fini par douter. À ses yeux ,elle pouvait tout aussi bien être une véritable déesse qu'une catin, cela ne changerait rien. Elle était bien trop pure, trop belle, trop lumineuse pour vivre ici.

Peu importe. Elle était à lui et personne d'autre. Cette connexion qu'ils partageaient tous les deux était incroyable. Aucune femme n'avait jamais éveillé un intérêt réel de sa part avant elle. Il la désire depuis bien trop longtemps. Il ne va certainement pas manquer cette occasion de l'avoir pour lui seul pendentif 24 h. Mais surtout, il était hors de question qu'un autre la violente. Il voulait tuer Aizen depuis des années. À présent, il rêvait de l'étriper, lui sectionner les membres, le voir agoniser et se noyer dans son propre sang. Bordel, il était tellement en colère !

Il jeta un regard en arrière pour voir Aizen libérer la jeune femme violemment. Elle perdit l'équilibre et tomba, se rattrapant de justesse avec ses mains en poussant un gémissement bruyant. Il agrippa le manche de son sabre à s'en blanchir les phalanges, roulant des épaules pour soulager la fureur qui faisait rage dans son âme. L'adrénaline pulsée dans ses veines au rythme de sa folie meurtrière avant même d'avoir commencé à combattre.

_Bien, maintenant que vous êtes assez excités comme les chiens que vous êtes, commence! S'exclama Aizen avec mépris en se rajustant.

Grimmjow ne se formalisa pas de l'insulte, déjà remonté à bloc avant de se jeter dans la mêlée tel un démon assoiffé de sang.

Orihime se redressa avec l'aide de Lylinette, qui avait assisté à toute la scène. Elle fut obligée de retourner s'asseoir dans son siège, attend par des gardes. Tremblante, elle regarde les hommes se battre furieusement, comme possédés. Elle espérait ne pas en être la cause. Pourvu que le vainqueur s'enivre assez pour ne plus être capable de mettre la main sur elle.

Ne rêve pas trop Orihime.

Ces hommes sont littéralement en rut. Elle ferme les yeux un moment afin d'échapper à ce cauchemar. Elle prie les dieux pour que Stark ou bien Grimmjow remporte la bataille. Elle savait que le frère de sa protégée lui était infiniment reconnaissant de prendre soin de sa petite sœur. Elle avait eu l'occasion de lui parler à plusieurs reprises. Il ne lui fera pas de mal. Du moins elle l'espérait. Quant à Grimmjow, elle lui faisait confiance, aussi étrange que cela puisse paraître.

Elle rouvrit les yeux, le cœur battant la chamade. Son regard tomba sur l'intéressé. Il était couvert de sang, écrasant ses adversaires comme des mouches. Le champion n'avait pas volé sa réputation.

Oui, dans l'arène il se bat comme un véritable démon. Pourtant, c'était un homme bien, avec des principes et des valeurs. De cela elle en était sûre. Et puis, il y avait aussi cette alchimie entre eux. Elle avait conscience de ses sentiments croissants pour l'homme. Sans parlé de son attirance sexuelle indéniable.

Grimmjow a commencé à avoir la fatigue, il avait pris quelques coups qui laisseront probablement de jolis hématomes. Dos à dos avec Stark, il évalue son prochain adversaire.

_ Le moment venu, je te laisserais me frapper. Murmura ce dernier, essoufflé en essuyant sa lèvre ensanglantée du revers de la main.

_ Pourquoi ? Répondit le champion sans quitter son prochain adversaire des yeux, à quelques mètres de là.

_J'ai bien vu commenter tu la regarde. Et elle aussi. Ça crève les yeux. Croassa son ami après avoir mis KO un autre compère.

Il retourna à la charge avant que Grimmjow ne puisse lui répondre. Pour le moment, il avait face à lui le plus gros connard parmi les gladiateurs d'Aizen. Mais aussi l'un des plus doué.

_Nnoitra, je vais me faire une joie de te démolir. Cracha le champion avec mépris.

Ce bâtard eut le culot de lui sourire.

_ Je rêve de baiser cette salope depuis trop longtemps. Je ne vais pas me généraliser maintenant que le maître nous y autorise. Ricana-t-il vicieusement en se léchant les lèvres.

Grimmjow vit rouge et se jeta sur lui avec toute la hargne d'un monstre. Nnoitra esquiva de justesse, surprit par la véhémence de l'homme aux cheveux bleus. Les coups d'épée pleuvaient sans relâche, si bien que Nnoitra contra difficilement ces derniers. Il roula afin d'éviter un énième coup de lame en bois. Cette dernière s'écrasa violemment contre le sol dans un nuage de poussière. Le grand brun ne tarda pas à charger. Chacun a réussi à atteindre l'autre à plusieurs reprises, si bien qu'Orihime a vraiment commencé à s'inquiéter quant à l'issue du combat.

_ Nnoitra et Grimmjow n'y vont pas de main morte. S'amusa Gin tout en sirotant du vin.

_ Les motivations de Nnoitra ne sont pas difficiles à deviner. Continua Tousen, toujours aussi froid.

_ Temps qu'il y a une paire de cuisses à la clé... Ricana Aizen, imperturbable.

La guérisseuse se crispa d'effroi. Ce type, Nnoitra, il lui brûle froid dans le dos. Elle l'avait soigné à quelques reprises, et elle n'aimait pas du tout son regard. Sa façon de se déshabiller des yeux était tout bonnement indécente. Pour autant, il n'avait jamais rien tenté.

_ Quant à Grimmjow, peu importe le prix, il ne supporte pas la défaite. Soupire Gin.

Contre toute attente, Stark se jeta sur Nnoitra, qui para l'attaque et donne un violent coup de manche au niveau de la tempe de Celui-ci. Stark s'effondra, assommé. Grimmjow profita de la distraction de son ennemi pour le prendre par-derrière. Il réussit à le coincer avec une prise d'étranglement. Il pousse un cri tout en serrant, avec l'énergie du désespoir. Finalement, Nnoitra s'évanouit au bout de longues secondes. Le champion lâcha prise, à bout de souffle et de force.

Il se redressa difficilement, regardant tout autour de lui.

_ Hé bien, je crois que nous avons notre vainqueur. Déclara Gin sans se départir de son sourire.

Orihime ne pouvait détacher son regard de l'homme dans la coure. Il était blessé, ensanglanté. Il se tourna vers son public, respirant laborieusement, puis leva les bras, poings fermés, confirmant ainsi aux yeux de tous sa victoire. Elle fut liée par deux gardes à l'intérieur de la bâtisse. Elle se rend alors alors compte qu'elle pleurait. Elle était à la fois soulagée et horrifiée. Elle fut escortée jusqu'à la section des gladiateurs.

Elle traverse la coure en regardant la terre imbibée de sang. Plusieurs esclaves étaient réunis, aidant les hommes battus à rejoindre leur quartier. Bientôt elle se retrouve devant une petite bâtisse au fond de la coure. Le garde à sa droite ouvrit la porte et la poussa sans ménagement à l'intérieur, avant de refermer à clé derrière elle. En regardant autour d'elle, elle y découvrit une couche avec des draps usés. Des bougies, quelques vases en argile, une malle en bois. Elle supposa que c'était les quartiers du champion. Elle s'assit dans un coin de la pièce, le menton contre les genoux et reprit un semblant de calme.

Elle angoissait quant à ses retrouvailles avec Grimmjow. Évidemment, il était le meilleur choix parmi les gladiateurs dans cette situation. Pour autant, elle n'était pas totalement sereine. Elle ignorait depuis combien de temps elle attendait, jusqu'à ce que le bruit de la serrure se fasse entendre. Elle reconnut aussitôt Grimmjow, flanqué par deux gardes faire son entrée. Il ne portait plus que le pagne traditionnel des esclaves. Il s'était également débarrassé du sang qui maculait son corps après la bataille de tout à l'heure. Elle se figea en voyant l'homme pénétré à leur suite. Son regard vicieux tomba presque immédiatement sur elle.

_Des esclaves vont apporter de quoi festoyer et s'enivrer comme promis. Tu es bien battu. Déclara Aizen en s'adressant au gladiateur.

Ce dernier était dos à la jeune femme, sa posture semblait rigide. Elle ne put empêcher son regard de vagabond afin d'évaluer les sons détruits. Plusieurs hématomes ont commencé à apparaître.

_ À compter de cet instant, tu as vingt-quatre heures pour profiter, pas une seconde de plus. Reprit-il, attirant enfin l'attention du champion sur elle.

Elle déglutit en sondant son regard. Il était égal à lui-même, ombrageux et illisible.

_ Relève-toi. Ordonna Aizen à l'encontre de la rouquine qui lui renvoya son regard le plus noir.

Un garde lui attrapa le bras et la força à obtempérer. À présent face à face avec lui, elle n'avait qu'une envie, effacer ce sourire de son visage.

_ Tu n'aurais jamais dû rompre ta promesse Aizen. Tu n'as, et n'auras JAMAIS le privilège de me toucher ! Dit-elle froidement avec un mépris évident dans la voix.

Le salaud eut le culot de sourire, sourcil levé.

_ C'est toi qui as décidé de prendre la place de ces esclaves.

_ Oui et seul le vainqueur est autorisé à me toucher pendentif 24 h. Je ne t'ai pas vu combattre me semble-t-il. Rétorqua-t-elle vivement.

Aizen plissa les yeux, le sourire crispé. Cette salope a vraiment commencé à l'énerver. Il reporta son regard sur Grimmjow, légèrement en retrait derrière elle.

_Traite-la comme une esclave. Tu faire d'elle ce que tu veux mais ne l'abîme pas trop. Dit-il, ayant perdu son sourire.

Le garde qui la maintenait la libéra enfin en la poussant sur la couche. Elle se rattrapa sur les avants bras. Elle tourna la tête pour voir Aizen quitter la pièce, et sans réfléchir, elle agrippa la première a choisi à portée de main.

_Va en enfer ! S'écria-t-elle en balançant de toutes ses forces le pichet d'eau vide qui vint se fracasser contre la porte en bois.

Elle fulminait, agacé d'avoir manqué son coup. Elle se tourna vers Grimmjow, qui vint s'asseoir au bord de sa couche sans lui accorder un regard. Un silence pesant s'installe. Il semblait plongé dans ses pensées, le regard fixé sur le sol, muscles tendus. Il a dû souffrir de ses blessures.

_ Laisse-moi te soigner. Dit-elle d'une voix beaucoup trop douce.

Il ne broncha pas, alors elle s'approchait et commençait par son côté gauche où une tâche violée s'étendait. Une côte était touchée. Elle invoqua ses pouvoirs pour le soigner rapidement. Il se détendit peu à peu au fur et à mesure que la douleur disparaissait. Elle s'occupe ensuite des diverses ecchymoses sur son corps. Cela prit un certain temps, mais il ne lui décocha pas un seul mot. Des esclaves vinrent apporter plusieurs plats de nourritures et de fruits, ainsi que des pichets de vin. Apparemment, Aizen savait se montrer généreux. Orihime aida un jeune garçon à ramasser les débris d'argile du pichet qu'elle avait cassé dans une tentative pitoyable de bénir Aizen. Une fois de nouveau seul, Grimmjow ouvrit enfin la bouche.

_ Mangez. Vous avez utilisé vos pouvoirs pour me guérir. Vous avez besoin de reprendre des forces. Dit-il simplement tout en remplissant une coupe de vin.

_ Ça va ce n'était pas grand-chose. Tu as mérité ce repas je peux très bien attendre. Répondit-elle, touché par son geste.

À peine eut-elle terminé sa phrase qu'il lui déposa sans ménagement un plateau rempli sur les genoux. Il se rassit par terre, adossé à sa literie sans lui accorder le moindre regard. Orihime ne calme pas son comportement. Il n'avait jamais été quelqu'un de spécialement chaleureux, et pourtant quelque chose n'allait pas. Elle grignota distraitement quelques raisins secs, mal à l'aise. Cette captivité avec lui risque d'être longue.

Fin chapitre 3