Chapitre 24

"Une famille compliquée"

- Mélissa, je dois te parler!

Harry avait rencontré Mélissa par hasard dans le couloir. En entendant son nom, elle tourna la brusquement la tête.

- Quoi ? demanda-t-elle simplement en fouillant dans son sac.

- Malefoy, dit Harry en baissant la voix, qu'est ce qui se passe?

Mélissa rougit.

- Rien…

- Non, je sais qu'il y a quelque chose, dit Harry en se rendant compte qu'il parlait en Fourchelang depuis le début. Écoute, tu n'as pas l'air d'aller bien, et je connais Malefoy assez pour te dire que tu n'es pas en sûreté tant que tu es avec lui.

- Et bien…commença-t-elle.

- Qu'est ce que tu veux, Potter?

Malefoy venait de se poster à côté de Mélissa.

- Malefoy, laisse-nous tranquille!

- Pourquoi tu n'es pas avec Weasley le pauvre et l'autre déchet de Sang-de-Bourbe qui traîne avec vous?

À présent, tout le monde dans le couloir, les regardaient en chuchotant d'un air surexcité. Les personnages dans les toiles semblaient s'être réunis autour pour assister au spectacle et même les armures avaient toutes tournées leur "tête" dans leur direction. L'atmosphère était tendue, on pouvait sentir l'odeur de l'affrontement dans l'air.

- Surveille ton langage Malefoy! articula Harry qui sentait la fureur l'envahir.

- Oooooh! Potter protège son amie! Vive le grand Harry Potter le balafré, grand protecteur de la vermine de Sang-de-Bourbe! Aow!

Mélissa venait de lui donner un sérieux coup de coude dans le ventre.

- Qu'est ce qui te prend? lui lança Malefoy en se relevant.

Il leva les yeux vers Mélissa et ses yeux prirent la dimension de soucoupes.

- Euh…Je crois que tu as eu ta leçon, Potter, lança-t-il à Harry sur une voix beaucoup moins menaçante qu'à l'ordinaire. À la grande surprise de tout le monde, il partit à grand pas, en n'oubliant pas de renverser quelques élèves de première année au passage.

- Quoi? Qu'est ce qu'il y a? demanda Mélissa en se retournant vers Harry et qui, jusque là, avait les yeux baissés.

En la voyant, il eut lui aussi un mouvement de recul. Ses yeux, habituellement d'un bleu très clair étaient devenus rouge vif. Elle avait l'air en tout point, d'un vampire ou (et Harry n'aimait pas l'admettre) de Voldemort lui-même. Pour l'instant, personne sauf lui avait vu les yeux de Mélissa mais il n'osa pas imaginer la scène si les élèves autour découvriraient le pot aux roses, ils soupçonnerait sûrement son lien avec le Seigneur des Ténèbres. Vite comme l'éclair, il prit le poignet de Mélissa et le tira doucement vers le bas.

- Qu'est ce qui te prend? chuchota Mélissa qui avait compris que Harry voulait lui dire quelque chose en privé.

- Ferme les yeux, répondit Harry, suis-moi, je t'expliquerai après.

Mélissa s'exécuta, trop intriguée pour refuser. Aussitôt après avoir quitté la tumulte de la foule, Harry dit à Mélissa:

- D'accord, tu peux les ouvrir.

Elle obéit, ses yeux avaient encore une teinte écarlate.

- C'est ça que tu veux me montrer, un classe vide? demanda-t-elle. Elle pensait que tout ça avait pour but de lui montrer quelque chose. Harry leva les yeux au ciel et lui montra un miroir sur le mur. Mélissa s'en approcha et sursauta si fort qu'elle atterrit sur le dos.

- Qu'est ce qui m'arrive? Qu'est ce que…? Pourquoi…?

Harry avait une idée.

- Les pouvoir de Voldemort, ils font surface…

- Et…ça va rester ainsi combien de temps? demanda-t-elle en se tournant vers lui.

Harry haussa les épaules et lui recommanda d'aller à l'infirmerie et d'avertir Dumbledore.

- Ses yeux étaient rouges? s'exclama Hermione quand Harry leur raconta l'incident du matin.

- Ça alors! souffla Ron, décontenancé.

Harry acquiesça aux propos de Hermione.

- J'en sais rien, Harry, répondit-elle, tu as sûrement raison pour les pouvoirs de Tu-Sais-Qui mais…je ne sais pas…C'est un peu tôt, non? Je veux dire, il n'est pas supposé venir quand elle aura dix-sept ans?

- J'aurais aimé voir le visage de Malefoy en la voyant, ricana Ron.

- Ron! C'est sérieux! répliqua Hermione, les yeux au ciel, cesse de penser à Malefoy, veux-tu? Il n'en vaut pas la peine…

Ron, ne voulant pas déclencher la troisième guerre mondiale en provocant une dispute avec Hermione et donc se contenta de faire la moue en marmonnant: "N'empêche que ça devait être amusant…".

Depuis son dernier entretien avec Firenze, Harry n'avait pas encore utilisé la Boule à des fins, disons, "personnelles". La veille de l'Halloween, alors qu'il rangeait son balai dans sa malle (il venait de finir son entraînement de Quidditch bihebdomadaire), il découvrit la fascinante Sphère et se rappela alors la possibilité qu'elle seule pouvait lui offrir: parler à ses parents." Pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt?" se demandait-il. C'est donc pour cette raison qu'il prit sa cape d'invisibilité, la carte du maraudeur et la Sphère et qu'il sortit de la tour des Gryffondor cette nuit-là, en quête d'une classe vide. Il se fit pourchasser par Peeves, faillit réveiller Rogue et se perdit dans le dédale de corridors au moins trois fois mais finalement, il trouva une petite pièce à l'écart de tout signe de vie (et de mort, dans le cas de Peeves et des autres fantômes).

Après s'être confortablement installé sur un fauteuil à bras, en face d'un bureau d'ébène où il avait posé la Boule, il étala la carte du maraudeur à côté pour pouvoir y jeter des coups d'œil pendant sa conversation.

Le moment était enfin venu. Depuis qu'il est tout petit, Harry rêvait de pouvoir parler à ses parents. Il se remémorait encore les moments de son enfance les plus marquants et aussi les fois où il aurait bien aimé avoir ses parents à ses côtés. Il sentait les larmes lui monter aux yeux et préféra se retenir, sans trop savoir pourquoi. Il prit un grande inspiration et eut une contraction au ventre tout en disant (ou plutôt en murmurant):

- Ô puissante Sphère, montre-moi l'âme de James Potter!

Il ne savait pas pourquoi il avait choisi de parler à son père en premier. À bien y penser, ce devait être un peu offensant pour sa mère et il espérait qu'elle comprendrait. La Boule resta normale. Harry eut un sentiment infini de déception durant quelques secondes. Soudain, les volutes de fumée rouge sang commencèrent à s'agiter. Puis, elles formèrent un tourbillon et une lumière rouge intense aveugla Harry qui se couvrit les yeux avec son avant-bras. Il entendit un rire qui s'échappait de la Sphère. Harry fut empli d'une joie immense en retirant son bras, il allait enfin parler à son père. Mais, quelle ne fut pas sa surprise en découvrant, à la place de son père, tel qu'il l'avait vu sur des photos, un vieil homme de taille moyenne avec de longs cheveux blanc et un regard malicieux.

- Ah! Ça fait plaisir de te voir, Harry! dit le vieux sorcier d'une voix rocailleuse.

Harry resta perplexe. Pourquoi la Sphère lui montre-t-elle cet homme alors qu'il avait appelé son père?

- Qu'as tu donc? demanda le vieil homme en souriant, le dragon a mangé ta langue?

- Euh…non, répondit enfin Harry, c'est juste que…je m'attendais à voir mon père, James Potter.

Les yeux de son interlocuteur brillaient de malice.

- Je me présente, James Potter, le grand-père de ton père, nommé lui aussi James Potter, en mon honneur.

- C'est vrai…? Alors vous êtes…commença Harry.

- Ton arrière grand-père, mon garçon, répondit James Potter en souriant. Tu sais, notre famille est très compliqué…

- En effet, répondit Harry en souriant tristement, ils sont tous morts…

- Ah non! Pas tous! répliqua James, ton grand oncle est encore en vie! Tu vois, je suis mort avant la naissance de ton grand père, donc, sa mère lui a donné son nom de jeune fille et aussi à son petit frère (elle s'est remariée après ma mort), qui est en fait, ton grand oncle, celui qui est toujours vivant. Quand Alberforth, ton grand-père, a eut un fils, ton père en fait, il l'a nommé James, comme moi et a décidé de lui donné mon nom de famille aussi, les Potter étant une famille de sorciers très renommée, il fallait la perpétuer…Tu…Tu comprend?

Harry prit quelques secondes pour classer toutes ces informations dans sa tête puis comprit. Il se rendit alors compte qu'il en savait bien peu, avant cette nuit, sur sa famille. Curieusement, le nom de son grand-père, Alberforth, lui disait quelque chose de terriblement familier.

- Euh…Mon grand oncle…commença Harry, celui qui est toujours vivant, comment s'appèle-t-il?

- Albus…Albus Dumbledore, répondit James Potter, tout sourire.