Chapitre 27

"Vieille ambition, nouvelles stratégies"

- Voici le Véritaserum, professeur, dit Rogue en tendant un petit flacon rempli d'un liquide clair comme de l'eau de roche.

Le Véritaserum est une potion qui oblige quiconque la boit à dire la vérité et l'empêche ainsi de mentir. Harry frissonnait encore à l'idée que Rogue l'avait déjà menacé d'utiliser ce sérum contre lui. Dumbledore se pencha sur le Mangemort stupéfixié et lui versa quelques gouttes de la potion de Vérité sur la langue (il avait, avant, pris le soin de lui enlever sa cagoule de manière à ce que l'on voit son visage). Ensuite, il pointa sa baguette sur lui et dit:

- Énervatum!

Le Mangemort s'éveilla soudain. Pendant un instant, Harry eut peur qu'il ne s'attaque à quelqu'un mais il se rappela que Flitwick lui avait enlevé sa baguette avant que Dumbledore ne le réveille. Et, de toutes manières, il était sous l'effet du Véritaserum et donc parfaitement docile. Dumbledore prit une chaise et s'assit juste en face du Mangemort. Harry était assit sur une chaise en face du bureau de ce dernier et il caressait Fumseck tout en regardant le Mangemort avec intérêt. Flitwick et Rogue était à côté du Mangemort pour le contrôler en cas de résistance et Mlle Jones était entrain d'enchanter une plume pour qu'elle écrive tout ce que l'interrogé dira.

Dans le monde de la Magie, on ne peut pas se servir d'appareils moldus tels que les caméras vidéos ou les magnétophone pour fournir des preuves de témoignages. À la place, ils utilisent un sortilège spécial sur une plume pour écrire les paroles d'une personne choisie. Pour reconnaître les vraies preuves des fausses, la plume écrit dans des codes que seuls les interrogateurs spéciaux du Ministère peuvent déchiffrer. Apparemment, Mlle Jones en faisait partie, ce qui expliquait bien des choses. Dès qu'elle eut fini, elle fit signe à Dumbledore pour lui dire qu'il pouvait commencer l'interrogatoire.

- Comment vous appelez-vous? demanda ce dernier d'un ton impérieux.

- William Jefferson, n'hésita pas à répondre le partisan de Voldemort.

- Depuis quand êtes-vous Mangemort?

- Et bien, cela faisait un an que je servais mon maître quand Il est disparu, quand l'un des Mangemorts Alpha m'a appris qu'Il était de retour, je n'ai pas hésité à le rejoindre.

- Pourquoi Voldemort vous a-t-il envoyé attaquer Poudlard?

William devint alors mal à l'aise, comme s'il avait honte de la réponse.

- Parce que j'ai échoué, j'ai échoué ma mission et Voldemort m'a envoyé avec les autres en mission Kamikaze, répondit-il.

- Quelle était votre mission?

- Tuer Harry Potter (Harry sursauta en entendant son nom). J'étais en équipe avec mon ami Alan Nickon. Lui aussi a été envoyé dans la mission Kamikaze. Il a aussi a échoué dans sa partie du travail.

Harry réfléchit un instant. Il ne se souvenait pas qu'aucun Mangemort n'ait essayé de le tuer dernièrement, sauf Denius, dans la forêt interdite. Pourtant oui, mais la mémoire de Harry lui jouait des tours.

- Comment deviez-vous vous y prendre pour tuer Harry Potter?

- Alan devait s'arranger pour que Potter aille chez la famille Weasley car c'est là que je me cachais. C'était l'endroit parfait car cette famille habite derrière un petit bois. Alan devait envoyer un faux hibou d'invitation mais finalement, c'était inutile, car un des Weasley a fini par l'inviter de lui-même. Ensuite, il fallait convaincre les Moldus avec qui Potter vivait. Alan obligea le vieux Moldu à laisser Potter y aller grâce à l'Impérium. Mais il s'est trompé, il l'a fait agir d'une manière incompatible avec son caractère d'habitude et Potter s'est douté de quelque chose.

- Hum, marmonna Harry. En y repensant bien, il se rappelait que l'oncle Vernon agissait bizarrement ce jour-là, en effet, il était trop gentil.

- Malgré sa stupidité, continua William Jefferson d'une voix morne, il a réussi à l'envoyer là-bas. Pendant que Potter séjournait là-bas. Je me suis rendu compte qu'il ne fallait pas que ce soit moi qui tue Potter. Je serais découvert. Alors pendant je-ne-sais-combien de temps, j'ai cherché quelqu'un de pas très futé pour le soumettre à l'Impérium pour que LUI aille tuer Potter. Et quand je l'ai trouvé, j'ai fait selon mon plan. J'ai décider de donner comme ordre "tue les tous", tant qu'à tuer Potter, pourquoi ne pas éliminer les témoins potentiels qu'étaient les trois gamins qui étaient avec lui? L'homme allait jeter l'Avada Kedavra quand je me suis aperçut que Potter était avec nul autre que l'Héritière. Or, tous les Mangemorts, les secondaires comme les Alphas, avaient reçu l'ordre de ne pas la tuer, pourquoi, je n'en sais rien, mais c'était les ordres. Alors je l'ai rappelé. C'était une grave erreur. Quand on donne des ordres contradictoires à une victime, elle devient folle. C'est ce qui arriva. L'homme lança les sortilèges un peu partout mais Dumbledore avait protégé la maison et les sortilèges s'étaient estompés. Moi et Alan avions échoué.

Harry en était bouche bée. Tout s'expliquait maintenant, et en même temps, pleins de nouvelles questions lui venait à l'esprit, à commencer par:

- Qu'est ce qu'un Mangemort Alpha?

Dumbledore se tourna vers Harry.

- Je vais répondre à cette question. Il existe deux sortes de Mangemorts, les Alphas et les secondaires (si on met à part les initiés). Les Alphas sont les plus importants, ceux qui sont convoqués aux réunions de Voldemort, ceux qui côtoient Voldemort en personne. Ce sont eux que tu as rencontré l'année dernière. Puis, il y a les secondaires, les moins importants. Ils n'ont pas encore prouvé leur fidélité à Voldemort. Ils sont informés par les Alphas. Cela répond à ta question?

- Oui, répondit Harry. Vous…euh…vous pouvez continuer…

- Bien, dit Dumbledore en se retournant vers le Mangemort, quelle est cette mission Kamikaze? En quoi consiste-t-elle?

- Et bien, Voldemort a envoyé ceux qui avaient échoué ou fuit leur mission. Il nous a ordonné de faire le plus de ravages possibles. Il ne nous a pas dit pourquoi car il savait que soit l'on allait mourir, soit que l'on allait se faire interroger.

- Donc, au lieu de tuer les Mangemorts déshonorés, ils les utilisent à des missions dont ils sont sûr de ne pas sortir vivants?

- Oui…

Dumbledore se leva et fit les cent pas en se tenant le menton, perdu dans ses pensées. Harry fut stupéfait de l'entendre marmonner "Brillant, très brillant même…". Soudain, le vieux directeur se tourna vers le Mangemort et dit:

- Demain matin, je vous emmènerai personnellement à Azkaban. Je devais déjà y aller pour installer des nouveaux sortilèges de protections, depuis que les Détraqueurs sont partis, la prison est de moins en moins sûre. Deux évasions ont déjà eu lieu. Pendant ce temps, Severus, Gwerofus (Harry réprima un rire, il ne s'habituerait jamais au prénom de Flitwick), amenez le dans un cachot scellé, je vous prie.

- Oui professeur…

À présent, Dumbledore, Mlle Jones et Harry étaient seuls dans la pièce circulaire qu'était le bureau de Dumbledore.

- Dumbledore, demanda Mlle Jones, qu'est ce que tout cela signifie? Avez-vous une hypothèse à propos de cela?

- Oui, répondit Dumbledore. Voyez-vous, cette idée des missions Kamikazes est brillante, très brillante et aussi nouvelle. Jamais il n'avait fait pareilles choses avant. Alors si Voldemort a une nouvelle technique, il doit en avoir bien d'autres. Je me demandais aussi pourquoi il était aussi calmes ces derniers temps: il développait des stratégies. Cela ne nous facilitera pas la tâche…

- Non, apparemment non, répondit Mlle Jones, pensive, mais d'après vous, quel était la raison de cette attaque?

- Et bien, Voldemort a peut-être de nouvelles techniques, mais il a toujours la même ambition: devenir immortel. Or, Il a la certitude que l'Anneau de Frigilus se trouve à Poudlard, peut-être a-t-il raison, je n'en sais rien pour l'instant. Je pense que cette attaque avait pour but de détourner notre attention pour que quelqu'un s'introduise dans Poudlard pour chercher l'Anneau.

À la grande surprise de Harry, Mlle Jones pouffa de rire.

- L'Anneau de Frigilus! S'exclama-t-elle. Dumbledore! Vous croyez à ce genre fantaisies? Un anneau magique qui rend immortel!

Dumbledore, lui, ne riait pas. Il regardait Mlle Jones avec un air sévère et Mlle Jones eut tôt fait d'arrêter de rire et s'excusa, en expliquant que cette légende est une histoire que l'on raconte aux jeunes sorciers avant de dormir.

- Je sais bien, je sais bien, dit Dumbledore. Mais e peux vous certifier que l'Anneau existe. J'ai trouvé un vieux parchemin dans une salle du château. Il y avait un poème dessus. Il disait:

Objet du Mal, Objet puissant

Accomplis la dette du sang

Comme un étoile au firmament

Cruel talisman

Car cet Anneau

Est la clé

Qui peux mener

Vers l'éternité

Le Mal, son métier

Les Ténèbres, sa destinée

L'ombre, sa cruauté

La haine, le reflet de sa beauté

Mais gare à celui

Qui croira le posséder

Car si la nuit l'envahit

L'inaction lui sera infligée

Objet du Mal, Objet puissant

Accomplis la dette du sang

Comme une étoile au firmament

Tel est le plus cruel des talismans

Mlle Jones soupira, puis dit:

- Dumbledore, cela pourrait être l'œuvre d'un plaisantin, vous le savez n'est ce pas?

-Je n'en ai pas l'impression, Karima, répondit Dumbledore d'un ton catégorique qui mettait fin à l'argumentation. Je disais donc que Voldemort convoite cet Anneau et que l'Anneau est, dit-on, à Poudlard. Je crois que Voldemort a établi son quartier général près de Poudlard.

- Ce que vous dites est très grave, Dumbledore, j'espère que vous vous trompez, répondit Mlle Jones.

- Moi aussi, dit Dumbledore, moi aussi.

Il y eut un silence. Puis Mlle Jones se tourna vers Harry et lui demanda:

- Harry, peux tu me donner ces parchemins, s'il te plaît?

Il désigna du doigt les parchemins sur lesquels le témoignage de William était écris. Harry y jeta un coup d'œil. Pleins de petits symboles de croix, de boucles, de points et de lignes qui, à ses yeux, ne voulait strictement rien dire. Mais il se trompait sûrement car Mlle Jones se pencha dessus et les lut pour s'assurer que tout avais marché dès que Harry lues lui a donné.

- Tout est en ordre, déclara-t-elle en donnant les parchemins à Dumbledore. Veuillez les remettre aux représentants du Ministère demain.

- Soyez en sûre, agent Jones, répondit Dumbledore en regardant lui-même es parchemins.

Pour la première fois depuis un bon bout de temps, Harry prit la parole. Tous les événements du jour bouillonnaient encore dans sa tête.

- Mlle Jones, vous…vous êtes…un interrogateur du Ministère, n'est ce pas?

La principale intéressée parut surprise par cette question, puis elle arbora un large sourire et dit:

- Bon, je crois que je peux dire la vérité à celui qui m'a sauvé la vie… Je suis une agente spéciale du Ministère, je fais partie du AEM, les Agents d'Élite du Ministère. En gros, ce sont des agents qui peuvent faire tous les postes: Tireurs d'élite, Auror, Oubliators, et cetera…

- Quand j'ai appris le retour de Voldemort, expliqua Dumbledore, j'ai tout de suite appelé L'AEM pour qu'il m'envoient un ou une agent pour assumer la double fonction de professeur de Défense Contre les Forces du mal et pour m'aider à protéger l'école. Tu as une autre question?

- Non, pas vraiment…

- Bon, s'exclama Mlle Jones, je dois y aller, pour ma tournée quotidienne du château…

- Attendez! s'exclama Dumbledore.

- Quoi? demanda Mlle Jones en se tournant vers le directeur.

Dumbledore se tourna vers les cadavres des Mangemorts, jusque là entassés dans un coin, avant de répondre:

- Il faut démasquer nos agresseurs…