Chapitre 28

"Un nouvel orphelin"

Alors que la pénombre envahissait la pièce et que les ombres de la lueur des chandelles dansaient sur les murs, Dumbledore s'avança devant les cadavres. Il régnait un silence pesant que seul les bruits des instruments bizarres sur les étagères troublaient. Le vieil homme s'agenouilla, Mlle Jones prit un appareil photographique se préparait à prendre les preuves nécessaires pour que le Ministère considère la véracité de la situation. Harry, quant à lui, approcha sa chaise pour mieux voir les visages, un sentiment d'excitation mélangé à la peur vint troubler ses pensées.

La main ridée de Dumbledore agrippa la cagoule de la dépouille et la souleva pour la passer par-dessus la tête du Mangemort. Un flash de lumière suivit d'un nuage de fumée mauve leur signala que Mlle Jones venait de prendre une photographie. Dumbledore se gratta le menton, pensif. Quant à Harry, il observa le visage du mort.

Il ne le connaissait pas. C'était un homme âgé d'environ trente cinq ans mais qui semblait accablé de fatigue. Une expression de surprise pouvait se lire sur son visage. Il avait les cheveux courts et raides, bruns foncés parsemés de blanc. Un nez large et des lèvres minces. Mais ce qui frappait plus chez lui, c'était ses yeux. Bruns noisettes, ils étaient ouverts et vides, cependant, on pouvait y ressentir une panoplie de sentiments. On aurait dit qu'il était encore vivant mais seulement des yeux.

- Alan Nikon, dit Dumbledore, il travaillait à une fabrique de chaudrons. Je connaissait son frère, Adam. Il sera affligé par la mort de son frère, je le crains… Il est des plus triste de voir un jeune homme aussi gentil autrefois, transformé en cruel adepte du mal J'ai toujours dit qu'Alan manquait sérieusement d'attention…

Par signe de respect ou par habitude, Harry n'en savait rien, Dumbledore ferma les yeux du mort. Puis, il lui jeta un sort pour ne pas que le cadavre pourrisse et changea le corps en un os sur lequel il écrivit le nom du Mangemort.

- Il est d'usage lors de ce genre d'occasion, de transformer les cadavres afin de mieux les transporter plus tard, expliqua Dumbledore à Harry.

- Ensuite, continua Mlle Jones, nous pouvons mettre les témoignages, les photos et les cadavres dans le même sac pour les présenter au Ministère. C'est beaucoup plus pratique…

- Bon, maintenant que Harry sait en détail comment archiver des cadavres, on peut passer au Mangemort, dit Dumbledore en adoptant un ton farceur pour mieux cacher son inquiétude.

Alors que le crépuscule l'emportait de plus en plus sur la lumière du jour, Dumbledore démasqua deux autres Mangemorts. Harry ne les connaissait pas et il éprouvait donc la forte envie d'aller dormir. À quoi bon rester? Il avait eu une dure journée… D'ailleurs, son état d'esprit devait être assez visible.

- Il ne nous reste plus que deux Mangemorts, patience Harry, dit Dumbledore, comme s'il pouvait lire dans ses pensées.

- Dépêchez-vous Dumbledore, dit Mlle Jones, moi aussi je commence à m'impatienter.

- La hâte précipite les événements, dit Dumbledore, respectant son côté gnomique habituel, et les événement précipité nous laisse peu de temps pour réfléchir avant d'agir.

Malgré ces paroles pleines de sagesse, Dumbledore souleva néanmoins la cagoule du Mangemort suivant. À cet instant, il bondit en arrière, surpris. Boum! L'appareil photo de Mlle Jones était tombé par terre. Harry essaya de voir en le visage du Mangemort la raison de cet émoi. C'était un homme à la fin de la quarantaine avec un barbe grise qui finissait par un bouc, sans savoir qui c'était précisément, Harry savait qu'il le connaissait. Son ignorance ne dura pas longtemps, Dumbledore lui, l'avait reconnu et ne manqua pas de l'identifier.

- Karkaroff! Igor Karkaroff! Comment…?

Mlle Jones reprit son appareil et prit une photo malgré ses mains légèrement tremblantes. Pouf! Le petit nuage de fumée s'échappa. Mlle Jones et Dumbledore avait l'air d'avoir vu un fantôme. Harry, autant surpris qu'eux, se retourna vers l'ancien directeur de l'Institut Durmstang, l'école de sorcellerie de Bulgarie. La même question que Dumbledore lui venait à l'esprit: Comment? Mais aussi: Pourquoi?

- Je croyais qu'il s'était enfui en apprenant le retour du Seigneur des Ténèbres, dit Mlle Jones.

Dumbledore paru blessé. Il prit une grande inspiration et finalement, répondit:

- Il m'avait envoyé un hibou, cet été. Il me disait que Voldemort le traquait et qu'il regrettait si ce dernier le poussait à m'attaquer. Je me doutait qu'il était parmi ces Mangemort mais je ne voulait pas y croire…

Un moment de silence suivi pendant lequel Fumseck vint se poser sur l'épaule de son maître, comme pour le consoler. Puis, Mlle Jones prit la parole:

- Alors vous croyez que Vous-Savez-Qui l'a retrouvé et, pour le punir, l'a forcé à attaquer Poudlard?

Dumbledore acquiesça tristement. Puis, il se pencha vers le dernier Mangemort.

- Allez, finissons-en…soupira-t-il. J'ai bien hâte de découvrir qui a bien failli me tuer tout à l'heure.

Ils étaient loin de s'imaginer la surprise qui les attendait.

Le Mangemort en question avait les cheveux et la barbe blonde. Ses yeux gris était grands ouverts et une expression de surprise masquait son visage. Harry le reconnut aussitôt:

Lucius Malefoy.

Dumbledore eut un mouvement de recul. Mlle Jones s'empressa de prendre une photo et Harry fut surpris de l'entendre rire.

- Ha ! Ce satané Malefoy! On a fini par l'avoir ! N'est ce pas Dumbledore?

- Je ne me réjouis jamais de la mort d'un homme, Karima, répondit Dumbledore, même si cet homme est de la pire espèce, comme dans le cas présent…

- Je me demande ce qu'à fait cette vermine de Malefoy a fait pour mériter ce triste (petit ricanement cruel) sort…

- Ce n'est pas ça l'important pour l'instant, dit Dumbledore en changeant le cadavre en os, pour l'instant, il va falloir avertir son fils et ses filles…

C'était tard que Harry put enfin s'étendre dans son lit. Il était, bien sûr, trop troublé pour dormir et les événements de la journée le hantaient tel le pire fantôme.

Et c'est avec un sourire en coin qu'il se demandait comment Drago allait réagir à la nouvelle.

Le lendemain, alors que celui-ci apprenait la nouvelle de la bouche de Dumbledore, la première pensée qui lui traversa l'esprit fut:

"Bien. Elle sera en sécurité maintenant."