Chapitre 30
"Romantisme chez les Serpentards"
Il était une heure du matin, le bruit des pas de Mélissa se répercutait sur les murs de pierre de la tour des Serpentards. Elle s'arrêta dans chaque salle d'étude qu'elle voyait et les fouilla de fond en comble, sans succès.
Au milieu d'un couloir désert, elle soupira de dépit. À quoi bon chercher? Voldemort allait sans doute finir par obtenir l'Anneau de toute façon…
Peut-être parce qu'elle était à moitié endormie, peut-être parce qu'elle était perdue dans ses pensées, mais elle ne remarqua pas l'ombre qui s'était glissée derrière elle.
- Tu te promène la nuit, maintenant?
- Aaaaaaaargh!
Mélissa sursauta à tel point qu'on aurait dit qu'elle était montée sur des ressorts. Son cœur battait encore la chamade alors qu'elle se retourna vivement pour faire face à la crapule qui avait manqué de peu de lui faire faire une crise cardiaque.
- MALEFOY! s'exclama-t-elle, pleine de rage en reconnaissant son interlocuteur. Puis, en se rappelant qu'elle ne devait pas se faire repérer (Rusard lui aurait arraché la tête!), elle continua en chuchotant, non sans le faire d'une manière irritée:
- Tu es tombé sur la tête ou quoi? C'est quoi ton problème? Tu me suis maintenant?
- Non, répondit-il, enfin oui. Mais c'est parce que c'est impossible de te parler le jour, tu passes tout ton temps avec la racaille…
- La racaille…?
- Oui, tu sais…le pauvre, la Sang-de-Bourbe et le balafré, la racaille quoi!
- Au moins, la racaille, ELLE, ne me fait pas sursauter en pleine nuit, boucle d'or! répondit-elle en se délectant du visage surpris que Drago arborait en entendant cette remarque.
- D'abord, que fais-tu dans les couloirs à une heure du matin, Yankee?
- Ne m'appelle pas Yankee! Et ce n'est pas de tes affaires, que je sache…Bon, que voulais-tu me dire de SI important qu'on en finisse?
Drago marqua une pause, puis en s'avança vers elle, déclara:
- Il y a un bal de Noël bientôt, on va donc y aller ensemble…
- Pas question! répondit Mélissa.
Malefoy la prit par la taille et approcha son visage se trouvait à quelques centimètres du sien.
- Inutile de te battre, ma jolie. Tu n'as pas le choix! C'est moi qui décide.
- Jamais! J'y irai avec qui je veux!
- Tu n'as pas ce choix, darling…
- Oh que oui! C'est comme ça que ça marche d'où je viens, le pays des "Yankee"!
Le visage de Draco se contracta en une expression de colère.
- Ah oui? dit-il avec une voix haineuse, et bien laisse-moi te montrer comment ça marche là d'où JE viens!
Et d'un geste, il la plaqua sur le vieux mur de brique grise de manière à ce qu'elle ne puisse plus bouger. Il y mettait tellement de force que Mélissa avait atrocement mal, tellement qu'elle en pleurait. Drago essuya les larmes des joues de la jeune fille en disant:
- Ne t'en fais pas, il n'y a pas de raison de pleurer…À moins que tu essaie encore de résister!
- Drago…gémit-elle, arrête! Tu me fais mal!
- Seulement si tu acceptes!
- Drago…
- Dis "oui"! rugit-il d'un ton menaçant.
- Jamais…
- QUOI? TU REFUSES? Très mauvaise idée! C'EST DE ÇA QUE TU VEUX PEUT-ÊTRE?
Sur ces mots, il leva le poing, prêt à frapper. Mélissa, paniquée, dut ronger son estime d'elle-même et son ego pour éviter de se faire frapper.
- Drago! Non! Je t'en prie! Arrête! D'ACCORD! J'y vais avec toi! Mais s'il te plaît, pas ça!
Malefoy se figea, le poing toujours en l'air. Tout cela lui était cruellement familier.
Combien de fois n'avait-il pas entendu sa mère faire les mêmes supplications à son père… Il se souvenait. Il se souvenait de tout. Les bruits des coups, les sanglots de sa mère, ses cris déchirants le calme de leur manoir, son père qui lui criait des insultes. Depuis si longtemps…
Il assistait à de loin, il s'enfuyait le plus possible de ces cauchemars. Mais il ne pouvait pas fuir les bruits, ceux-là même qui le hantaient encore et toujours.
Au début, il pleurait à chaque fois que ce genre de situation se produisait. Il pleurait pour sa mère qui se faisait détruire peu à peu. Sa mère…La seule personne au monde qui lui ait jamais dit "Je suis contente d'être avec toi". "Comme j'étais stupide…" se disait Drago à lui-même. "Mais plus maintenant…"
Il se rappelait très bien la dernière fois qu'il avait pleuré.
Il avait 6 ans. Il dînait alors avec ses parents.
- Narcissa, le ministre m'a dit que tu avais annulé le rendez-vous que tu avaispris avec sa femme pour votre shopping, tu peux m'expliquer? demanda Lucius, fixant sa femme d'un air menaçant.
- Euh…oui! répondit Mme Malefoy, je devais rester à la maison pour terminer de préparer le souper que tu m'avais demandé de faire…
BANG! Lucius venait de frapper son poing sur la table, un présage qui ne trompait personne. Sentant le danger, le petit Drago alla se réfugier dans un coin de la cuisine.
- TU INSINUE QUE C'EST DE MA FAUTE, C'EST ÇA?
- Non! Non, mon chéri! Je t'assure! C'est de ma faute! Pas la tienne, non! gémit sa mère, mais elle savait. On ne peut pas arrêter Lucius Malefoy quand il a commencé.
-TU VEUX QU'ON AI LA RÉPUTATION DE GENS QUI NE TIENNENT PAS LEURS PROMESSES? C'EST ÇA QUE TU VEUT? TU CROIS QUE ÇA A ÉTÉ FACILE DE REFAIRE NOTRE IMAGE APRÈS LA CHUTE DU SEIGNEUR DES TÉNÈBRES?
- Non! Non!
C'était trop tard, Lucius avait empoigné sa femme et l'avait projeté violemment sur le mur de la salle à manger.
Pendant que sa mère passait un mauvais moment, Drago assistait à ce spectacle dramatique malgré lui, mais le pire était à venir.
Lucius en avait fini avec Narcissa, la laissant seule à sangloter sur le carrelage et se retourna pour trouver son fils. Après quelques secondes, ses yeux gris et froids se posèrent sur le petit garçon qui pleurait dans le coin de la cuisine.
- Que fais-tu Drago ? demanda-t-il en s'approchant de son fils. Ce dernier ne répondit pas et se contenta de gémir: c'était son tour et il le savait très bien.
- Tu pleures mon garçon, demanda Lucius en empoignant Drago, HEIN, TU PLEURES?
Les larmes continuaient sans cesse de couler sur les joues du petit garçon. Pris d'une rage incomparable, il secoua Drago en criant:
- NE PLEURES PAS! JE T'INDERDIT DE PLEURER, TU M'ENTENDS? LES MALEFOY NE PLEURENT PAS!
Depuis ce jour, Drago n'avait pas versé une seule larme et il en était fier. Même quand il entendit sa mère se faire battre, même quand il se faisait battre lui-même, même quand ses sœurs se faisaient battre, jamais.
Les Malefoys ne pleurent pas…" Cette phrase était devenue sa devise.
"Il est mort maintenant, et maintenant elle est en sécurité…" pensait Drago depuis qu'il a appris la mort de son père." Jamais plus elle n'aura à endurer ça. Pourquoi est-elle partie le retrouver? Il lui a gâché la vie…"
Avait-il vraiment envie de ressembler à son père? La réponse était évidente. Il relâcha Mélissa. mais cette dernière resta sur place, elle ne l'attaqua pas, elle ne s'enfuie pas, elle se contenta de rester là, à regarder Drago. Elle avait remarqué la lueur de désespoir qui lu avait traversé les yeux durant quelques secondes.
- Oublie ça, soupira Drago en s'en allant et en essayant désespérément de faire taire les cris de sa mère dans sa tête, vas-y avec qui tu veux, je m'en fiche…
Il put aller plus loin, Mélissa le retenait par le bras.
- Drago…commença-t-elle.
- Qu'est ce que tu me veux? demanda-t-il en la foudroyant du regard.
- Tu sais, tu peux tout me dire…
- Ouais, c'est ça…
- Je te promets que je ne dirai rien à personne.
- Prouve-le.
Mélissa sourit étrangement.
Le lendemain, Harry, Ron et Hermione se rendirent à leur cours de potions, la mort dans l'âme. Sur leur chemin, il croisèrent une Pansy parkinson en pleurs qui s'enfuyait des donjons en sanglotant.
- C'est presque triste à voir, dit Hermione en souriant malicieusement, mais….j'ai dit "presque"…HÉ! PANSY! QU'EST CE QUI TE PREND? TU T'ES FINALEMENT REGARDÉE DANS UN MIRROIR?
- Hermione…! s'exclama Ron, plein d'admiration.
- J'ai le droit à la vengeance, non?
- Je me demande ce qui lui prend, se dit Harry tout haut.
La réponse ne tarda pas. Ils tournèrent le coin et se retrouvèrent face à face avec Mélissa et Malefoy. Ron eut un haut-le-corps, Hermione échappa touts ses livres et Harry resta figé d'horreur.
Ils étaient entrain de s'embrasser passionnément.
