Chapitre 33
"Pré-Au-Lard"
- Alors, là! Je n'aurais jamais cru que tu étais si accro au Quidditch! C'était néanmoins un beau coup…
Mélissa venait de rejoindre Harry, Ron et Hermione à la Grande Salle pour le départ vers Pré-au-Lard. En effet, malgré le retour de Voldemort, Dumbledore avait jugé bon de remonter le moral des troupes en autorisant la visite au village. Ce dernier, depuis le retour de Voldemort, regorgeait d'Auror en civil, tous prêts à bondir sur le moindre personnage suspect, par conséquent, c'était sans danger, ou presque.
- Je ne l'ai pas fait exprès, soupira Harry. Il avait passé la journée à répéter cette dernière phrase ce qui provoquait des réactions assez partagées chez ses interlocuteurs: des rires ou des insultes.
- "Pas fait exprès"? répéta Mélissa d'un air incrédule. Tu crois vraiment m'avoir avec ces foutaises? J'ai vu ton expression quand tu a jeté cette Serdaigle en bas de son balai, tu étais le portrait craché d'un psychopathe!
Les yeux de Hermione s'allumèrent d'un vif d'intérêt. Depuis qu'elle est revenue de la bibliothèque, cette dernière avait refusé net de leur faire part de ses soupçons. Harry eut à nouveau un élan de remord envers "cette Serdaigle". Si elle s'était tuée, jamais il ne se l'était pardonné, même si ce n'était pas vraiment lui qui l'avait poussé en bas de son balai. Mais, était-ce lui? Il n'en était pas vraiment sûr, après tout… Non! C'est impossible! Jamais il n'aurait…
- Je ne sais pas ce qui est arrivé, expliqua-t-il. C'est comme si quelqu'un d'autre avait pris ma place durant ces quelques secondes! Je me souviens juste d'avoir senti le Vif d'Or dans ma main, c'est tout!
- Ce qui confirmerait mon hypothèse de la créature mutante! lança Ron, à la blague.
- Je te crois, Harry, dit Mélissa sur un ton qui prétendait le contraire. Tiens, j'ai trouvé hier une photo de ton père dans mes affaires, je me suis dit que tu aimerais l'avoir.
Sur ces mots, elle sorti de son sac une vieille photographie racornie qui, du premier coup d'œil, lui faisait douter du temps qu'il lui restait avant qu'elle ne tombe en poussière. Une bouffée d'émotion s'empara de lui quand il revit son père à dix-huit ans. Harry put constater pour la première fois à quel point il lui ressemblait, sauf pour les yeux; James avait des yeux bruns très foncé. D'ailleurs, la jeune fille qui se chamaillait avec lui avait les mêmes. Plutôt petite, Ses cheveus bruns foncés tombaient en cascade en bas de ses omoplates. Il reconnut Myriam, la mère de Mélissa et également la fille de Dumbledore. Cependant, il ne pouvait dire que la mère et la fille se ressemblaient; elles avaient un petit quelque chose de très différent. Harry fit part à Mélissa de cette remarque.
- Tu devrait voir les photos de mon père, la différence est encore plus grande! répondit elle. C'est à croire que je ne suis pas sa fille… Au fait, je ne peux pas venir avec vous à Pré-au-Lard. Je dois…euh…étudier un peu mes potions. Je n'ai rien compris à la dernière que Rogue nous a montré…
- Dommage…dit Hermione. Je te rapporterai des confiseries, je te le promet!
- Oh! Merci! lança Mélissa avant de s'en aller à grand pas vers la sale commune des Serpentard.
Ils la regardèrent s'éloigner un moment. Puis, Hermione brisa le silence par un rire léger. Elle répondit à leurs regards interrogateurs en pointant Crabbe et Goyle qui se dirigeaient vers la sortie, seuls. En comprenant cette allusion, Ron fit une grimace et tous trois sortirent et prirent la direction de Pré-au-Lard.
Le spectacle fut désolant. Pré-Au-Lard avait changé du tout au tout . Dans leurs souvenirs, c'était un coquet petit village habités par toutes sortes de créatures se cachant des Moldus, d'innombrables boutiques aux pancartes élimées, des rues pavées de vieilles pierres multicolores, des centaines d'élèves en congé qui se précipitaient sur les nouvelles marchandises, des multitudes d'hiboux volant au-dessus de leur têtes. Il y avait aussi des marchands dans la rue qui vantaient les mérites de produits farfelus, des chats de toutes les sortes qui se faufilaient entre leurs chevilles et des touristes qui, appareils à la main, photographiaient tout ce qu bougeait, laissant chaque fois échapper des nuages de fumée violette.
Mais tout cela, c'était fini.
Le silence pesant avait remplacé les rires. De drôles d'individus emmitouflés dans leurs capes, des Aurors, patrouillaient sans relâche les petites rues maintenant désertes en vous bombardant de regards inquisiteurs. Toutes les portes des boutiques étaient fermées, par conséquent, pour entrer, il fallait frapper trois fois et se nommer avant que les marchands vous laissent entrer en vous pressant de faire vos achat en vitesse et de déguerpir. Même chose pour le pub des Trois Balais, où l'on vous fouillait avant d'entrer.
Bref, rien pour réjouir Harry, Ron et Hermione qui voulaient profiter de cette sortie pour se changer les idées. En fait, voir l'état désastreux de Pré-Au-Lard les avait plutôt rapproché de la réalité. Bien sûr, ils étaient sans cesse informés des tueries, des enlèvement et des disparitions causés par Voldemort dans la Gazette du Sorcier que Hermione recevait chaque jour. Mais Poudlard, doublé de la présence de Dumbledore, leur donnait un sentiment de sécurité qu'ils ne ressentaient plus dans ces rues vides de Pré-Au-Lard.
Mais, malgré les apparences, il y avait une raison pour laquelle les trois amis restaient immobiles, à côté des pancartes qui indiquaient la croisée des rues Rosewand et Merlin's Bvd. Elle remontait à deux jour auparavant, au moment où ils prenaient leur petit-déjeuner.
- Ron, tu me passe le pot de jus de citrouille s'il te plaît?
- Voilà…AÏE!
Harry détourna son attention de son horaire de la journée pour voir Coquecigrue tendre pour la première fois la patte à Ron afin que celui-ci en détache la lettre, événement si important que le plus jeune des frère Weasley en oublia presque que le minuscule hibou lui avait presque perfor l'œil en lui tombant dessus.
- Ça alors, Coq! s'exclama Ron en massant son arcade sourcilière qui avait souffert de l'atterrissage raté du hibou, tu fais des progrès! Wow! Vous avez vu ça? Hermione, tu as vu? Coq me tend la patte!
- Et si tu lisais sa lettre? proposa Hermione, sourire en coin.
- Lettre…? Quelle le…? Ah oui! La lettre! C'est ma mère qui m'écrit! s'exclama-t-il en s'exécutant. Tu as vu Harry? Harry?
Harry ne l'écoutait pas et pour cause: Hedwige venait d'arriver sur son épaule en lui apportant une lettre.
- Que dis la lettre, Ron? demanda Hermione.
- Ma mère nous invite tous les trois pour les vacances de Pâques pour venir voir le bébé… C'est sûr, j'y vais! Et vous?
- Oui, oui, bien sûr! répondit Harry qui décachetait sa propre lettre. je ne manquerais ça pour rien au monde!
- Et toi Hermione?
Cette dernière se mordit la lèvre, l'air songeur.
- Eh bien… Tu sais, il y a les BUSE à passer juste après et il faudra bien que j'étudie…
Mais après maintes supplications, elle accepta tout de même, réglant son problème en lançant qu'elle trouvera bien un moyen d'étudier en dehors du congé de Pâques. De son côté, Harry lisait le petit mot qui venait de Sirius.
Harry, dimanche, quand vous irez à Pré-Au-Lard, rencontrez-moi à 10h au coin de Rosewand et Merlin's Bvd.
Affections
Sniffle
C'était donc pourquoi, ce jour-là, ils patientèrent en silence à l'endroit désigné. Sirius Black ne se fit pas attendre longtemps. Un bref jappement attira leur attention. Un énorme chien noir venait à leur rencontre, visiblement ravi de les voir. Le cœur de Harry eut un élan de joie et de soulagement. Enfin un peu de réjouissance – rare denrée depuis le retour du Seigneur des Ténèbres. Le chien leur fit comprendre qu'ils devaient le suivre. Ils s'engagèrent alors d'un pas pressé par l'ambiance morbide des alentours dans le Merlin's Bvd.
Tout en marchant en silence, ils observèrent avec intérêt la petite rue qui, en d'autres circonstances, aurait pu paraître très agréable. Les arbres étaient si hauts qu'ils formaient des arcs de chaque côté de la voie de manière à ce que rare était l'occasion où l'on pouvait admirer le ciel bleu-gris de novembre. Les maisons étaient à la fois étranges et très mignonnes, de la fumée mauve s'échappaient de plusieurs cheminées, plusieurs créatures étranges se pourchassaient sur les pelouses hautes d'au moins un mètre, parsemées de mauvaises herbes aux couleurs éclatantes qui ne faisaient que les embellir. Harry remarqua que certaines maisons étaient complètement barricadées et que plusieurs rideaux étaient entrouverts de manière à laisser quelques paires de yeux les observer avec méfiance.
Soudain, le chien bifurqua dans l'allée, faite de pierre vertes, d'une très vieille demeure grise à l'aspect champêtre. D'un côté se dressaient de larges haies, d'où l'on pouvait entendre des petits rires goguenards de gnomes, et de l'autre, un petit étang contenant un nombre impressionnant de têtard. Ils se retrouvèrent vite sur le seuil de la porte. Perché sur un tapis où l'on pouvait lire "Frappez et entrez si vous osez" (L'humour de Sirius était toujours très particulier.), le chien gratta la porte de sa patte droite et jappa trois fois. Des pas à l'intérieur se firent entendre. Puis la poignée tourna et la porte s'ouvrit sur un vieil ami.
Remus Lupin n'avait presque pas changé depuis la dernière fois où ils l'avaient vu. Cependant, ils paraissaient beaucoup plus chargés de soucis qu'avant, ce qui avait aggravé ses larges cernes sous les yeux et lui avait rajouter quelques rides en plus. Néanmoins, à ce moment, il arborait un sourire chaleureux et, tandis que le chiens se faufilait dans la maison, il fit un pas de côté pour faire de la place au trois étudiants.
- Je vous en prie, faites comme chez vous…
