Nda : Question : est-ce le couple qui ne vous plaît pas ? Est-ce que le prologue était trop court ? Est-ce que ce que j'écris est de la daube ? Je cherche simplement à comprendre cette absence de retour...

Bref, voici le chapitre 1 qui donnera un peu plus d'info sur le pourquoi du comment.

Bonne lecture ;)


Mortelle destinée

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Partie I :

Le cas des Strauss


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-I-

Un bruit assourdissant le réveilla de ses songes. De quoi rêvait-il déjà ? Au vu de l'état dans lequel il se trouvait, nul besoin de se poser la question plus longtemps. Le jeune homme soupira. Ces derniers temps, le réveil fâcheux de son appendice était quasiment quotidien quand ce n'était pas ses cauchemars qui malmenaient son sommeil...

Il soupira une seconde fois, il avait passé l'âge de se réveiller dans cet état ! Lui qui détestait se soulager seul, il n'avait pourtant pas d'autre choix.

Quand il réussit enfin à ouvrir les yeux, il se rendit compte que des torrents de pluie se déversaient contre les carreaux de sa fenêtre. Son appartement se trouvait sous les toits et bien que ce fût en grande partie la luminosité que lui offraient ses grandes baies qui l'avait attiré, lorsque les éléments se déchaînaient, il regrettait pourtant de l'avoir acheté.

— Quelle heure il est ? grogna-t-il en constatant qu'il faisait encore noir dehors.

Son réveil affichait quatre heures du matin à peine. Il lui restait une heure avant que la sonnerie ne retentisse mais il savait qu'il serait vain d'essayer de se rendormir.

Alors, Gray Fullbuster décida de se lever et d'occuper cette heure de façon intelligente. Tout d'abord, régler cette histoire d'érection qui lui rappelait l'immensité désertique de sa vie sexuelle. Le jeune homme se dirigea d'un pas traînant jusqu'à la salle de bain.

Pour se débarrasser aussi vite que possible de ce désagrément matinal, il repensa à son dernier amant. Un homme robuste aux mains puissantes qui travaillait sur un chantier de construction. Il se souvint de ses muscles développés, sa peau tannée par le soleil et son regard rieur. Tout ce qu'il recherchait chez un homme, sans compter son don pour le sexe, et ses mains... ses larges mains entre lesquelles il s'était perdu tant de fois ! Cet homme était en tout point parfait mais le problème c'est qu'il était simplement de passage et que sitôt sa mission accomplie, il avait dû repartir à l'autre bout du pays.

Son amant lui avait bien proposé de rester en contact mais Gray n'était pas de ceux qui vivaient des histoires à distance. Alors il avait rompu purement et simplement. Mais depuis, Gray n'avait malheureusement pas trouvé de remplaçant satisfaisant. Non, se soulager seul n'était décidément pas pour lui.

Après un passage éclair dans la salle de bain qui s'était conclu par une douche glacée, le jeune homme regagna la pièce principale avec comme unique vêtement, une micro serviette nouée autour des hanches. Ses cheveux d'un noir de jais gouttaient encore mais Gray n'était pas frileux, bien au contraire. Il lui arrivait même souvent de se promener complètement nu dans son appartement. Il avait toujours considéré les vêtements comme une entrave à sa liberté. Seulement, la bienséance le forçait à faire taire ses envies de nudisme lorsqu'il se montrait en public.

Gray se dirigea vers la baie vitrée qui lui offrait un panorama incomparable sur les toits de Magnolia. La ville colorée paraissait bien triste sous le rideau opaque qui s'abattait sur elle. Mais elle n'en demeurait pas moins attirante. La seule maîtresse qu'il n'aurait jamais dans toute sa vie...

Gray savait depuis son adolescence qu'il était homosexuel. Il l'avait toujours accepté sans sourciller, contrairement à son entourage. Ses parents adoptifs l'avaient purement rejeté comme un pestiféré. Seul son frère de cœur Lyon l'avait soutenu et encore maintenant, il lui en était reconnaissant.

Le jeune homme prit une cigarette dans le paquet posé sur le rebord de la fenêtre, puis l'alluma tout en gardant son œil fixé sur l'extérieur.

En contrebas, dans ces ruelles, des crimes plus ou moins sordides avaient lieu ou étaient sur le point d'être commis. Trafics de drogue, cambriolages, et peut-être même des meurtres. Une nuit comme les autres où l'expression de tous les vices humains s'extériorisait de différentes manières. Que découvrirait-il en arrivant dans quelques heures au poste ? Sur quel méfait devrait-il enquêter une fois que celui en cours serait élucidé ? Si un jour on lui avait dit que le métier de flic était si banal, il aurait rigolé. Seulement, c'était le cas. Les crimes en tout genre étaient devenus d'une banalité affligeante si bien que Gray ne ressentait quasiment plus rien lorsqu'il était confronté à un cadavre. Quand était-il devenu aussi insensible ?

— Je demanderais à Elf, murmura-t-il en expulsant un nuage de fumée.

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La pluie n'avait pas cessé depuis son réveil. Gray s'abritait sous sa veste en cuir qu'il resserrait sur son torse et marchait d'un pas rapide pour éviter d'être trempé. Mais tous ses efforts étaient vains... Il n'avait pas de parapluie car il n'aimait tout simplement pas cet outil qu'il jugeait encombrant, préférant avoir les mains libres en cas de danger. Pourtant, cette fois-ci il regrettait de ne pas en avoir un de secours.

Heureusement, à cette heure matinale, il n'y avait pas encore beaucoup de monde dans les rues, la ville s'éveillant seulement. C'était le moment de la journée que Gray préférait. Le moment où il se sentait en harmonie complète avec son environnement, et où il pouvait se recentrer sur lui-même avant d'affronter une énième journée de travail.

Sur le chemin, il ne manqua pas de s'acheter un grand café noir et sans sucre, comme il l'aimait le plus. Il hâta un peu le pas puis s'engouffra enfin dans le commissariat. Des sonneries intempestives de téléphones, des relents de mégots de cigarette et une odeur de café réchauffé flottaient dans l'air. Désagréables pour certains, pour Gray cette ambiance était au contraire rassurante. Au commissariat de Fairy Tail, il était chez lui.

Avant d'aller plus loin, il retira rapidement sa veste détrempée et la secoua vivement pour l'égoutter.

Une agitation inhabituelle régnait ce jour-là. Gray fronça des sourcils et tenta d'en chercher la cause du regard. Au loin, derrière la vitre de son supérieur, il reconnut la silhouette imposante et reconnaissable entre toutes de son coéquipier et accessoirement meilleur ami, Elfman Strauss. Au vu des mouvements brutaux que produisaient les muscles de son corps, Gray comprit immédiatement que son ami n'était pas dans son meilleur jour.

Voulant tout d'abord attendre qu'il ne sorte du bureau, son comportement de plus en plus agité l'inquiéta davantage. Ne quittant pas son ami des yeux, le jeune homme arrêta le premier venu de son bras.

— Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il en montrant la scène devant lui sans même regarder son interlocuteur.

L'interpellé hésita un instant avant de répondre.

— Les sœurs Strauss, commença-t-il hésitant. Elles... elles ont disparu.

Gray se retourna vers le policier, surpris.

— Comment ça disparu ?!
— Elles enquêtaient sur le tueur aux bas rouges...

Gray regarda à nouveau son ami. Elfman était le frère des deux jeunes femmes. Profileuses, elles enquêtaient depuis plusieurs mois sur un tueur en série ayant la fâcheuse habitude de revêtir les cadavres de ses victimes d'une paire de bas rouges. Il ne savait pas grand-chose d'autres de cette enquête confidentielle mais le peu d'information qu'il avait lui faisait froid dans le dos.

Les trois Strauss étaient une fratrie soudée depuis la mort violente de leurs parents assassinés par un tueur qui n'avait jamais été identifié. Dès lors, ils s'étaient promis de le retrouver coûte que coûte en s'engageant dans la police. Les deux jeunes femmes, dotées d'une finesse et d'une intelligence remarquable, avaient toutes deux décidées d'apprendre la psychologie criminelle puis d'intégrer le cercle très fermé des profileurs, tandis que leur frère avait rejoint l'école de police où il avait rencontré Gray.

En observant son ami à travers la vitre du bureau de Luxus Dreyar, leur supérieur, Gray le vit se décomposer à vue d'œil. Elfman adorait ses deux sœurs. Le jeune homme n'imaginait même pas comment son coéquipier réagirait s'il leur arrivait quoi que ce soit.

Fébrile, Gray attendit patiemment qu'il ne sorte, ce que son coéquipier ne tarda pas à faire.

— Elf, je viens d'apprendre la nouvelle, se précipita le jeune homme en voyant le géant sortir et claquer la porte rageusement.
— Il ne veut pas que j'enquête ! explosa le colosse hors de lui.
— Écoute, je comprends ce que tu ressens mais c'est sans doute mieux...
— Non ! Pas toi Gray, j'ai besoin de ton soutien, pas que tu sois d'accord avec le chef ! cracha Elfman, appuyant volontairement sur ce dernier mot en insufflant toute sa rage et son mépris.
— Oui, tu as raison... Et tu l'as sans condition, capitula Gray.

Mieux ne valait pas contrarier Elfman car même s'il avait l'apparence d'un gros nounours, il n'en était pas moins redoutable si on le poussait à bout, surtout lorsqu'il s'agissait de ses sœurs.
Elfman soupira profondément.

— J'ai besoin de me défouler, je vais au centre de tir.
— Je te rejoins, j'ai un rapport à déposer avant.

Ce n'était pas un mensonge, Gray avait bien le rapport de leur dernière enquête à remettre à Luxus, mais il avait surtout besoin de lui parler à l'écart des oreilles d'Elfman.

Le jeune homme inspira une grande bouffée d'air avant de frapper à la porte de son supérieur. Il dut attendre de longues secondes pour obtenir une réponse.

En pénétrant dans le bureau, Gray observa un instant Luxus Dreyar, commissaire de Fairy Tail depuis un an à peine. Rien ne transparaissait sous son masque de dureté mais Gray n'était pas dupe.

— Que s'est-il passé ? demanda ce dernier sans préambule.

Gray intercepta la mine brusquement assombrie de Luxus, lequel avait le regard rivé vers la fenêtre contre laquelle la pluie se déversait toujours sans pitié.

— La voiture de Lisanna a été retrouvée accidentée ce matin à l'aube.
— Est-ce qu'on sait si elle va bien ?
— Non, pas vraiment... Elle était vide à l'arrivée de l'équipe de secours. La porte grande ouverte. Son sac était encore à l'intérieur et... celui de...

Gray fut surpris de voir la lèvre inférieure de l'imperturbable Luxus trembler.

— Celui de Mira était à l'intérieur aussi, lui apprit-il en reprenant son sang-froid. On a retrouvé des traces de sang, elles ont dû être blessées dans l'accident. S'il s'agit bien d'un accident...

La sœur aînée d'Elfman, Mirajane, était aussi la fiancée de Luxus. Les deux jeunes gens se connaissaient depuis l'adolescence et s'aimaient depuis presque aussi longtemps. Gray pouvait aisément comprendre ce que le blond pouvait ressentir.

— Je suis désolé...
— Non, se reprit Luxus. Je suis commissaire et je dois mettre de côté mes sentiments si on veut avoir une chance de les retrouver !
— Oui, je comprends. Cependant... pourquoi mettre Elfman de côté ?

Luxus se relâcha un instant contre le dossier de son fauteuil et poussa un profond soupir. Lassitude et inquiétude se matérialisaient.

— Tu sais très bien pourquoi, prononça-t-il. Elfman n'est pas objectif lorsqu'il s'agit de ses sœurs. Si je le laisse enquêter, il risque de tout faire foirer.

Gray baissa la tête. Que répondre à cela ? Il savait que Luxus avait raison.

— Ta mission pour l'instant c'est de veiller sur lui, enchaîna-t-il. Elfman a beau jouer les durs, il est le plus sensible des trois Strauss.
— Je suis d'accord mais je crois que l'éloigner complètement de l'enquête n'aidera pas. Il risque au contraire de faire n'importe quoi si on ne l'implique pas directement.
— Je le sais bien, répondit Luxus gravement. Mais pour le moment, je reste sur mes positions. Je préfère attendre d'en savoir plus avant de l'autoriser à enquêter. Et puis de toute manière, vous n'avez pas terminés votre enquête sur le braquage de la supérette.

Gray acquiesça et s'apprêta à quitter le bureau pour rejoindre son ami.

— Gray !

Le jeune homme se retourna vers le blond à la cicatrice.

— Tu es le seul qui exerce un certain pouvoir sur lui. Je te le confie.

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Gray récupéra sa veste qu'il referma sur lui – comme si cela suffirait pour vaincre les intempéries – avant de prendre la direction du centre de tir situé à l'autre bout de la cour intérieure du commissariat. Le jeune homme profita du chemin pour songer aux paroles de son supérieur. Luxus avait raison, Elfman était bien le plus sensible des Strauss. Bien plus fragile que sa carrure d'athlète n'y laissait paraître et c'était justement pour cette même raison que Gray s'inquiétait autant pour lui.

A cette heure matinale, il y avait peu de tireurs, il n'eut donc aucun mal à trouver son ami, visiblement bien décidé à massacrer la pauvre cible en bois dix mètres devant lui.

Au lieu d'attendre qu'Elfman ait terminé sa séance, Gray prit la cible à côté de la sienne, mit un casque pour se protéger des intonations, chargea son arme et après avoir soigneusement visé la silhouette découpée, tira une seule fois. Mais ce seul tir fit mouche.

— Joli tir Gray, comme toujours, le félicita Elfman d'un ton morose.

Le brun se tourna vers son ami. Son regard était rougi et le visage fermé.

— Toi par contre, tu ne lui as laissé aucune chance ! plaisanta le jeune homme en retour en retirant son casque.
— J'imaginais qu'à la place c'était l'enflure qui a enlevé mes sœurs ! rugit Elfman.

Gray rejoignit son ami et posa sa main sur son épaule.

— On ne sait encore rien...
— C'est justement ça qui me rend dingue ! Et Luxus m'empêche de participer à l'enquête sous prétexte que je risque d'être influencé par mes émotions ! Et qu'en est-il de lui alors ?! Alors qu'il est fiancé à ma sœur !
— Calme-toi Elf ! On va réfléchir à tout ça calmement, d'accord ?

Une seule pression sur son bras et le colosse s'apaisa légèrement.

— On a une enquête à boucler, tu te souviens ?
— L'agression de la supérette..., marmonna Elfman par dépit.
— On doit interroger les témoins aujourd'hui.
— Ouais, capitula finalement le géant.
— Bien, conclut Gray.

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La journée avait été longue et peu fructueuse pour les deux hommes. Mais elle avait eu le mérite de dévier leurs pensées de la disparition des sœurs Strauss. Toutefois, la réalité revint bien vite pour Elfman dès que son esprit se libéra de toute entrave. En arrivant au commissariat de Fairy Tail, le jeune homme impatient se précipita dans le bureau de Luxus. Gray n'eut pas le temps de l'en empêcher. Il rejoignit alors son propre bureau d'où il pouvait observer la porte de son supérieur mais s'efforça tout de même à se remettre à son travail. Plus vite cette foutue enquête serait bouclée, plus vite il pourrait se concentrer sur la disparition de ses collègues et amies. Bien qu'il garde une apparence froide, Gray se sentait bouillir de l'intérieur. Cette disparition le touchait bien plus que son entourage ne pouvait l'imaginer...

Mais comme prévu, le jeune homme eut beaucoup de mal à se concentrer et ne pouvait s'empêcher de jeter un regard inquiet dans la direction du bureau de Luxus. Son ami était assis, le dos voûté et Luxus debout contre son bureau, juste devant lui. Au bout de quelques minutes, Gray vit Elfman se relever et ouvrir la porte lentement. Il ne l'avait jamais vu aussi abattu. Le colosse semblait porter le poids du monde sur ses épaules. Le brun lorgna ensuite vers Luxus et malgré son apparence détachée, il décela pendant une fraction de seconde une lueur de tristesse dans son regard bleu et froid. Comment réussissait-il à garder son sang froid alors qu'il était évident, qu'à l'intérieur, ses entrailles étaient sans dessus dessous ? Il devait sans doute vivre un combat de tous les instants...

Elfman s'assit sans un mot derrière son bureau, juste en face de celui de Gray. Ce dernier attendit qu'il parle le premier.

— Luxus veut attendre d'en savoir plus avant de nous intégrer partiellement à l'enquête. Il veut aussi que celle sur laquelle on est en ce moment soit bouclée.

Le jeune homme posa son regard dans celui de Gray, une détermination mêlée à une profonde colère était décelable par quiconque le connaissait suffisamment.

— Alors au boulot, répondit Gray avec un léger sourire.

Elfman acquiesça d'un mouvement de tête avant de se plonger dans son dossier. Gray l'observa un instant avant de se remettre lui aussi au travail.

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Nda : Un chapitre un peu court mais qui introduit l'intrigue de l'histoire.
J'attends vos retours sur ce premier chapitre et peut-être aussi vos théories sur la suite de l'histoire.

Merci pour votre lecture ! A très vite pour la suite ;)