Nda : Hello, en ce dimanche estival, voici le chapitre 2 de Mortelle destinée. Malgré la longueur très courte de celui-ci, j'espère que vous prendrez malgré tout plaisir à le lire.
Bonne lecture à vous !
Réponse à Burclay :
Je suis bien contente que ce couple te fasse autant plaisir. Une fan d'Elfman ? J'ai intérêt à assurer de ce côté, c'est la première fois que j'écris sur lui en plus... Non tu as raison, le prologue et le chapitre 1 ne sont pas longs du tout même. Et les suivants ne le seront pas plus mais j'espère que ça ne cassera pas le rythme du coup. C'est une sorte de test pour moi de proposer des chapitres si courts :p Ce chapitre 2 te donnera quelques pistes pour la suite mais c'est dans le 3 que commencera véritablement l'enquête policière. Sois rassurée, je n'ai pas l'intention d'abandonner cette fiction, d'ailleurs elle est en grande partie écrite ;) Je te remercie d'avoir laissé ton avis et j'espère que la suite te plaira ^^
Mortelle destinée
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Partie I :
Le cas des Strauss
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- II -
L'agression de la supérette n'était pas ce qu'on pouvait appeler une enquête difficile. Ce qui la rendait aussi ardue c'était le quartier dans lequel l'agression avait eu lieu. Un quartier où trois bandes criminelles faisaient la loi. Leur loi. D'où cette difficulté pour Gray et Elfman de recevoir des témoignages. Et lorsqu'ils en obtenaient, ceux-ci se contredisaient. Trafics de drogue, rackets et chantages étaient monnaie courante dans cette zone de non-droit où même la police ne se rendait que très rarement. Autant dire que la méfiance vis-à-vis des deux hommes de loi était évidente et ne les étonnait pas. Pourtant, si personne ne se décidait à parler, rien de changerait jamais pour eux.
L'impatience d'Elfman était palpable après une énième journée infructueuse, sans le moindre indice fiable. Bientôt trois jours que ses sœurs avaient disparu et le jeune homme était conscient qu'à mesure que le temps passait, les chances de les retrouver en vie s'amenuisaient. Jusqu'à ce qu'une jeune femme se décide à leur parler discrètement. Cette belle brune au regard de biche voulait se défaire de son petit ami violent qui faisait partie des Chiens fous, l'une des bandes les plus craintes du quartier. Elle aspirait à une vie normale et son objectif était de poursuivre ses études dans la capitale de Crocus. Tout en jetant des œillades à peine voilées à Gray, elle leur fournit des détails sur le trafic de drogue qui pourrissait le quartier depuis plusieurs années. Combien de gamins avaient péri à cause de cette saloperie qui empoisonnait leurs veines ?
Après son témoignage, les deux policiers la conduisirent en lieu sûr et réussirent à obtenir assez d'informations pour pouvoir coincer les membres de cette bande et les mettre à l'ombre pendant un moment. Il ne leur restait plus qu'à préparer l'assaut qui se déroulerait dans la nuit et enfin, ils seraient débarrassés de cette enquête.
La jeune femme avait été confiée à une équipe chargée de la protéger pendant la durée du procès à venir. En attendant, elle devait rester à l'écart de la ville et se faire oublier pour ne pas être la cible de ces criminels.
— Cette gamine mérite de s'en sortir, déclara Gray en regagnant son bureau.
Sur ses talons, Elfman s'installa en face de son coéquipier.
— Elle aurait sans doute aimé que tu l'accompagnes à Crocus ! déclara-t-il.
— Comment ça, qu'est-ce que tu veux dire ? s'enquit Gray.
— Sérieux… ? demanda son ami les yeux globuleux.
Elfman le toisait comme s'il s'agissait d'une bête curieuse, puis il secoua la tête, visiblement blasé. Ce manque de réaction n'aurait pas dû l'étonner pourtant, Gray était d'une perspicacité à toute épreuve dans son travail et avec ses amis mais dès qu'il s'agissait de lui, des œillères apparaissaient inexplicablement, lui brouillant la vue complètement. Mais c'était ainsi qu'il était et ainsi qu'Elfman l'appréciait.
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Il était minuit passée lorsque Gray et Elfman ressortirent du commissariat. Les deux policiers avaient surpris la bande des Chiens fous en plein trafic près d'un entrepôt désaffecté. Comme leur avait dit la jeune femme, un camion rempli de sachets de poudre était attendu, prêts à être revendus dans les rues de Magnolia. Les deux policiers avaient été secondés par des renforts pour pouvoir arrêter tout le monde sans la moindre bavure. Un travail propre et bien fait comme ils les aimaient. Il était maintenant temps de passer à autre chose.
Gray jeta un œil de biais à son ami. Depuis leur départ de l'entrepôt, Elfman restait silencieux mais son angoisse était manifeste.
— L'enquête est maintenant bouclée, déclara ce dernier, pensif. Luxus m'a dit qu'il attendait de nouvelles informations mais qu'il ne les aurait pas avant lundi. Il m'a promis de me dire tout ce qu'il sait à ce moment-là mais… je ne sais pas si je vais pouvoir attendre jusque-là.
— Tu sais ce qu'on va faire ? Notre enquête est terminée et elle m'a filé la migraine. Que dirais-tu d'aller boire un verre avec ton vieux pote ? proposa Gray tout sourire.
— Je ne sais pas si…
— Ça sera toujours mieux que de ruminer dans ton coin Elf, insista le brun en lui pressant l'épaule amicalement.
Malgré sa lassitude, le colosse se laissa entraîner par son coéquipier. Après tout, cela ne lui ferait peut-être pas de mal de ne penser à rien quelques heures et puis la présence de Gray l'empêcherait de trop cogiter, alors pourquoi pas ? pensa-t-il.
Ils passèrent tous deux les premières heures de la nuit dans un bar fréquenté principalement par des policiers. Mais le regard de leurs collègues les mit rapidement mal à l'aise. Des chuchotements, des regards amusés ou dédaigneux… Gray savait très bien que ces derniers lui étaient destinés. Son homosexualité était connue de tous et le jeune policier en faisait les frais au quotidien depuis l'école de police. Toutefois, il faisait mine que ceux-ci ne l'atteignaient pas.
Alors qu'Elfman s'apprêtaient à leur dire sa façon de penser, Gray l'arrêta d'un geste.
— Laisse tomber Elf, allons ailleurs plutôt.
— Comment tu fais pour supporter ça ? s'indigna le jeune homme qui n'arrivait pas à comprendre l'indifférence de son ami, même après tant d'années passées à le côtoyer.
— Parce que ça ne servirait à rien de leur répondre. Je préfère les ignorer. Ça vaut mieux pour eux et pour moi, déclara Gray en enfilant sa veste.
Elfman observa un instant son ami. Gray semblait hermétique au mépris de ses collègues, pourtant, son ami était sûr qu'au fond il s'en sentait blessé. Le jeune homme s'était toujours montré froid et distant, masquant ses émotions à son entourage, mais Elfman le connaissait bien. Il savait que c'était un mur aussi épais qu'une couche de glace dont il avait entouré son cœur. Aurait-il la chance un jour de rencontrer quelqu'un qui réussisse à la faire fondre ? Elfman l'espérait vraiment, si quelqu'un méritait le bonheur c'était bien Gray Fullbuster.
— Je connais un bar où on sera plus tranquille, lui proposa ce dernier sans se douter des pensées de son ami.
— Je n'ai pas vraiment envie de voir du monde… si ça ne te gêne pas, j'aimerais qu'on aille chez toi.
La mine de dix pieds de long du colosse convainquit Gray que ce dont il avait sans doute le plus besoin actuellement c'était de se confier à une oreille sûre. Ce soir, il serait donc le confident dont Elfman avait besoin.
— Je comprends, ne t'en fais pas, le rassura-t-il d'une tape dans le dos. J'ai fait le plein de bières, on aura de quoi faire !
— Merci, dit simplement Elfman.
Les deux hommes arrivèrent à temps. La pluie recommençait à tomber, annonçant une énième nuit d'intempéries.
— Quelle poisse ce temps ! s'ébroua Gray dans l'entrée de l'immeuble. Je déteste la pluie !
En pénétrant à l'intérieur de l'appartement, Elfman laissa son regard parcourir l'intérieur comme si c'était la première fois qu'il le découvrait.
— J'ai toujours aimé ton appart', déclara-t-il en retirant sa veste.
Gray la lui prit des mains pour la mettre avec la sienne sur le porte-manteau dans l'entrée.
— Tout le monde me jalouse ma garçonnière, plaisanta le jeune homme en ponctuant sa répartie d'un clin d'œil complice. Installe-toi, je vais chercher les bières.
Elfman s'échoua mollement sur le canapé gris tandis que Gray disparaissait derrière une petite cloison qui masquait la cuisine ouverte. Son ami revint quelques instants après, muni de deux bouteilles fraîches et décapsulées.
Le silence s'installa et fut uniquement rompu par les sons que produisaient les deux hommes en sirotant leur boisson. Gray et Elfman finirent par entamer une discussion des plus banales, le temps qu'il faisait, les dernières musiques à la mode, les fringues… et les bières descendirent aussi vite que la nuit fila. Mais bien vite, la disparition de Lisanna et Mirajane revint ternir leur humeur.
— Je n'aurais jamais dû les laisser entrer dans la police, souffla le frère des Strauss brusquement.
Gray avait bien vu que son ami avait essayé à plusieurs reprises d'amener le sujet mais sans succès. Pourtant, le brun avait voulu qu'il le fasse de lui-même. Par expérience, il savait que tirer les vers du nez de son ami ne ferait que le retrancher un peu plus dans sa coquille. Alors il l'avait laissé parler de tout et de rien jusqu'à ce qu'il se sente prêt.
— Il me semble que c'est Mira la première qui l'a décidé, non ? avança Gray.
— Oui c'est vrai… Mira est un homme pour ça ! déclara Elfman en se frappant vigoureusement la poitrine de son poing. Elle a toujours été la plus forte d'entre nous mais Lisanna… Lisa est trop fragile pour ce genre de travail, nous n'aurions jamais dû la laisser intégrer la police !
— Lisanna est têtue comme une mule Elf, jamais elle ne vous aurait écouté. Tu n'as rien à te reprocher, elle a beau être un petit bout de femme d'apparence fragile, elle n'en sait pas moins ce qu'elle veut. Et elle sait se défendre, ajouta le jeune homme.
— Mais… je n'accepterais pas qu'il lui arrive quelque chose, je ne me le pardonnerais jamais !
Malgré la virulence de ses paroles, les membres du colosse se mirent à trembler et les larmes dévalèrent ses joues sans qu'il ne puisse les retenir. Bien qu'il paraisse indestructible, dès qu'il s'agissait de ses sœurs, Elfman se transformait en véritable statue de sable.
— On va les retrouver Elf, le rassura Gray en posant sa main sur son épaule.
Le colosse craqua complètement et sanglota longuement contre l'épaule de son ami. Gray avait peu l'habitude que l'on se repose ainsi sur lui et il ne pouvait s'empêcher de se sentir gêné par cette promiscuité, mais il laissa pourtant son ami se laisser aller. Elfman avait besoin plus que jamais de son soutien et Gray lui offrait sans condition.
— Tu vas dormir ici cette nuit, il est hors de question que je te laisse tout seul dans ton état.
— Mais…
— Et puis tu as trop bu, tu serais incapable de retrouver ta route, compléta-t-il avant qu'Elfman n'ait eu le temps de protester.
Mais le fait est qu'il ne s'en sentait pas la force. Il était même soulagé que Gray lui propose ainsi de rester. Il ne se voyait pas rentrer chez lui dans cet état… La simple idée de rester seul lui semblait au-dessus de ses forces.
— Merci Gray.
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Gray dépliait le canapé du salon pour qu'Elfman puisse y dormir confortablement, quand soudain, le jeune homme sentit une pression chaude sur ses hanches et dans son dos. Malgré le frisson qu'il ressentit subitement, il se figea.
— Elf… qu'est-ce que tu fais ? interrogea-t-il, le ton légèrement accusateur.
— Ça ne se voit pas ? souffla la voix rocailleuse de son ami, dans le creux de son oreille.
Cette fois-ci, le frisson se fit savoureux et se concentra dans le bas de son ventre, bien malgré lui. Mais le jeune homme réussit à rester stoïque.
— Tu es au courant que je suis un mec, demanda le brun sans réellement attendre de réponse.
— Je le sais Gray et je sais aussi que tu aimes les hommes.
— Et comme j'aime les hommes, je couche forcément avec le premier venu, déclara le jeune policier en se retournant vers son ami les yeux froncés.
Mais à la vue de la mine déconfite d'Elfman, Gray se radoucit un peu.
— Elf… tu as trop bu et tu es bouleversé. Si on couche ensemble, tu le regretteras.
— Je ne te plais pas, c'est ça ? demanda Elfman maladroitement.
— Au contraire, déclara Gray en souriant à son ami, touché par son inquiétude apparente. Tu es même tout à fait mon genre !
Le jeune homme ponctua sa réponse d'un léger sourire en coin malicieux. Elfman écarquilla les yeux en même temps que ses joues s'empourpraient.
Cette réaction aux antipodes du caractère très « virile » du colosse fit pouffer Gray.
— Je ne vois pas le problème dans ce cas ! rétorqua pourtant Elfman en essayant de se redonner contenance. Je sais bien que j'ai bu mais pas au point de ne pas savoir ce que je fais. C'est pas la première fois que j'y pense en fait…
— Hein… ?
Gray crut mal comprendre mais son ami lui prouva le contraire aussitôt.
— Parfois je me dis qu'un jour, si je devais coucher avec un homme, je voudrais que ça soit avec toi Gray.
— Oh…, bredouilla le jeune homme. Tu penses à de drôles de trucs Elf !
Se retrancher derrière l'ironie était ce qu'il savait faire de mieux. Gray ne savait pas vraiment comment réagir autrement. Même si Elfman correspondait effectivement à son canon de beauté, jamais il n'aurait osé imaginer quoi que ce soit avec lui. Il faisait partie de ces êtres intouchables, ceux que l'on s'interdit d'aimer pour différentes raisons. Jamais Gray n'aurait pensé que son ami se pose un jour la question d'une éventuelle relation avec lui. Après tout, Elfman était hétérosexuel, aucun doute là-dessus.
— Cette fois, c'est toi qui rougis, s'amusa le colosse en s'avisant de la coloration légèrement rosée qui apparaissait sur les pommettes de son ami.
— Ferme-la…, le rabroua Gray mi-vexé mi-amusé par le comique de la situation.
Reprenant son sérieux, Elfman se rapprocha de son coéquipier et plaça une main hésitante sur sa hanche. Enfin, il posa son front contre celui de Gray. Ce dernier ne le repoussa pas et retint un instant sa respiration.
— Je sais ce que je fais, répéta le colosse. J'en ai envie et… besoin. Tu comprends ?
Il mit sa tête contre l'épaule de Gray et, le voyant si soudainement vulnérable, le brun ne put s'empêcher de l'étreindre. Il lui susurra alors dans le creux de l'oreille :
— Elf… on a tous les deux besoin de dormir.
— Mais…
Gray posa le doigt sur les lèvres de son ami pour le faire taire.
— Si jamais… si jamais tu en as encore envie la prochaine fois où on se retrouve tous les deux dans ce genre de situation… peut-être que…
Gray n'acheva pas sa phrase, de peur de craquer et de balayer ses bonnes résolutions d'un revers de main.
Les lèvres tremblantes, le colosse détourna le regard, d'embarras peut-être, Gray ne pouvait le savoir. Mais c'était mieux ainsi. S'il franchissait la ligne rouge avec son meilleur ami, Elfman le regretterait aussitôt, Gray en était sûr. Il ne voulait pas lui infliger cela et puis… le jeune policier ne voulait pas être blessé lui-même, encore une fois. Elfman était le seul ami qui lui restait, s'il le perdait lui aussi, que deviendrait-il ? Et que lui resterait-il… ?
Laissant Elfman à sa réflexion, Gray reprit la préparation du lit d'appoint en ignorant superbement son regard de chien battu.
— Allez mon vieux, l'invita-t-il en le conduisant au canapé déplié. Demain, tu auras les idées plus claires.
Le colosse se résolut à ne pas insister, il ne s'en sentait pas la force. Tout son courage s'était envolé et peut-être qu'un sommeil réparateur lui ferait effectivement le plus grand bien, même s'il en doutait fortement.
— Je vais te sortir une serviette si tu as besoin, lui offrit le brun.
— Merci Gray.
— Bonne nuit Elf.
Elfman resta un instant sans bouger dans le noir. Les lueurs de la nuit dansaient sur les murs de l'appartement tandis que la pluie fouettait la baie vitrée. Le jeune homme songea à ses deux sœurs et à l'endroit où elles pouvaient être. Étaient-elles à l'abri et au sec ? Mangeaient-elles à leur faim ? Des questions aussi dérisoires que futiles mais auxquelles il voulait se raccrocher. Il refusait de songer à l'éventualité qu'elles ne soient plus de ce monde… Elfman ferma un instant les yeux avant d'adresser une prière silencieuse à un dieu, n'importe lequel ferait l'affaire, pourvu qu'il l'entende. Enfin, il se glissa sous la couverture et ferma les yeux. Mais ses paupières se gonflèrent aussitôt pour se déverser à nouveau. Le jeune homme sanglota silencieusement jusqu'à ce que le sommeil l'emporte enfin.
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Nda : Il ne se passe pas encore grand-chose pour le moment, l'intrigue s'installe doucement et Gray épaule son ami dans l'épreuve qu'il traverse. D'ailleurs, Elfman est tellement perdu qu'il lui fait du rentre dedans mais heureusement que Gray sait résister ! Ou pas ;p
Tout devrait s'accélérer dans le prochain chapitre donc pas d'inquiétude, l'histoire sera un peu plus trépidante (enfin, je l'espère).
Sur ce, merci pour votre lecture et à très bientôt pour la suite ;)
