Nda : Coucou à tous. Voici enfin le chapitre 3 que j'aurais dû vous poster un peu plus tôt. Désolée pour ce petit retard mais pour me faire pardonner, ce chapitre est un peu plus long que le précédent (1000 mots de plus, ce n'est pas négligeable ;) )
Bonne lecture !
Réponse à Burclay :
C'est vrai que ce n'était pas très subtil de la part d'Elfman (et c'est le moins que l'on puisse dire xD) mais on ne peut pas trop lui en vouloir d'être un peu chamboulé. Oui une relation amicale pour le moment mais déjà très forte, j'aime bien cette amitié entre eux en fait ^^
Dans le chapitre ci-dessous, tu en sauras un peu plus sur le tueur et sur l'enquête qui commence (là, je ne peux rien te dire pour l'instant mais je suis bien d'accord qu'elles sont badass, surtout Mirajane ^^ )
Mortelle destinée
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Partie I :
Le cas des Strauss
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-III-
Un fracas réveilla brutalement Elfman, à tel point qu'il faillit en tomber de son lit.
— Qu'est-ce que…
Mais le policier dut interrompre toute pensée lorsqu'une migraine insupportable se mit à danser la farandole dans son crâne. Il se tint fermement la tête en attendant que la douleur s'en aille mais elle ne fit que s'atténuer. Le jeune homme ouvrit cependant les yeux prudemment pour sonder son environnement. Les idées pas tout à fait claires et la bouche pâteuse, il lui fallut quelques instants pour comprendre qu'il n'était pas chez lui et encore quelques-uns de plus pour se souvenir qu'il se trouvait chez son ami, Gray.
Là, il ouvrit les yeux en grand et son cœur se mit à battre la chamade dans sa poitrine. Avait-il rêvé ? Oui, ça ne pouvait être que ça… Il n'avait certainement pas fait du rentre-dedans à son meilleur ami ! Non, ce n'était pas son genre, lui un homme, de draguer de cette façon et encore moins un autre homme ! Il n'y avait pas plus hétéro qu'Elfman Strauss !
— Je l'ai fait…, se plaignit-il pourtant en rougissant de honte.
Il avait certes bu un peu trop mais pas assez pour ne pas se souvenir de ce qu'il avait fait et dit à son meilleur ami. Comment avait-il pu lui faire une telle proposition ? Il avait même sous-entendu que puisque Gray était gay et Elfman un homme, ça n'aurait pas dû le déranger de coucher avec lui. Il s'était montré si insensible avec lui, c'était impardonnable ! Même si Elfman n'avait pas voulu prétendre que son ami couchait avec n'importe qui, c'était pourtant ce qu'il avait implicitement sous-entendu. Comment pourrait-il à nouveau le regarder en face après son comportement de parfait macho complètement stupide ?
— Merde. Quel con !
— Réveillé ? surgit une voix à côté de lui.
Elfman sursauta et se retrouva nez à nez avec un verre, puis, avec le regard bleu arctique de Gray et enfin, avec son grand sourire amical.
— Prends ça, lui offrit le jeune homme avant de s'asseoir à côté de lui.
Elfman jeta un regard suspicieux au contenu du verre avant de constater qu'il s'agissait ni plus ni moins d'une aspirine. Il en but le contenu d'une traite puis le reposa sur la petite table à côté du canapé.
— Merci, murmura-t-il avant de regarder son ami à la manière d'un cocker pris en faute.
Mais Gray souriait toujours. Comment pouvait-il se montrer aussi gentil avec lui après ce qu'il lui avait fait ?
— Gray… je suis désolé pour cette nuit, marmonna le colosse honteusement.
— De quoi ? De m'avoir planté alors que je t'attendais avec hâte dans mon lit ? se moqua le brun avec un regard faussement aguicheur.
Elfman écarquilla les yeux avant de bafouiller.
— Qu… quoi ?
Gray le fixa un instant avant de pouffer de rire et de lui taper gentiment sur l'épaule.
— Je te taquine idiot ! T'en fais pas pour hier, tu n'étais pas toi-même, il n'y a pas mort d'homme, déclara le jeune homme avant de se lever. Un café nous fera le plus grand bien, tu ne crois pas ?
Elfman le regarda s'éloigner. Il avait une chance inouïe d'avoir cet homme pour ami. Le méritait-il vraiment ? Peut-être pas mais il savait que grâce à lui, il pourrait tenir le coup encore un peu…
oOoOo
La pluie avait repris de plus belle, ajoutant un poids supplémentaire au moral d'Elfman Strauss pourtant déjà au plus bas. Avec Gray, il remontait l'avenue qui menait au commissariat. Pas un mot ne fut échangé en cours de route. Mais il n'y avait pas non plus de malaise entre eux, bien qu'aucun n'ait évoqué une nouvelle fois, l'incident de la nuit passée. Dorénavant, les deux hommes avaient d'autres préoccupations en tête. Gray avait promis à son ami qu'il tenterait de convaincre Luxus de leur révéler quelques informations.
Elfman avait réussi à éloigner pendant un temps ses angoisses à l'égard de ses sœurs mais tout lui était revenu en mémoire comme un violent retour de gifle. Ses deux sœurs adorées avaient disparu et Dieu seul savait ce qui leur était arrivé. Même s'il était sûr que d'autres que Dieu lui-même étaient davantage informés… Et c'est ce qui le faisait enrager. Il se sentait tellement impuissant ! Lui qui avait choisi l'action pour lutter contre le crime ne pouvait absolument rien faire pour aider les personnes les plus chères à ses yeux !
Avant de pénétrer l'entrée du commissariat, Gray arrêta Elfman en posant une main sur son bras.
— Elf… Si tu veux vraiment que Luxus te laisse enquêter sur la disparition de tes sœurs, il va falloir que tu te contiennes.
Le regard assassin de son collègue confirma au jeune homme qu'il avait bien fait de vouloir mettre les choses au point avant d'affronter leur chef. Bien qu'il soit aussi leur ami, Luxus savait se montrer plus intransigeant que quiconque.
Elfman serra la mâchoire. Il savait que Gray avait raison, pourtant, à l'approche du commissariat, il ne pouvait s'empêcher de songer qu'à l'intérieur, beaucoup en savait plus que lui sur la disparition de Mira et Lisa et il avait bien du mal à l'accepter. Il se sentait comme le dindon de la farce, comme si ses collègues se réjouissaient de son ignorance. Il savait pourtant que ce n'était pas le cas, que si on lui cachait la vérité c'était pour le bien de l'enquête, mais…
Il respira profondément avant de répondre à son ami.
— D'accord.
— Promets que tu ne feras rien de stupide ! insista Gray les yeux froncés.
Elfman grogna avant de répondre.
— C'est bon… je le promets, répondit-il malgré lui.
— Bien, conclut le brun. Laisse-moi parler et ferme-la.
Les deux hommes pénétrèrent dans les bureaux du commissariat, véritable fourmilière malgré le week-end.
Gray se dirigea directement vers le bureau de Luxus mais stoppa de son bras Elfman en le regardant droit dans les yeux.
— Je vais lui parler seul, toi tu restes là.
Elfman voulut protester mais son ami l'en empêcha d'un seul regard. Il capitula finalement, convaincu que si quelqu'un pouvait persuader Luxus de lui donner quelques précisions sur l'enquête, c'était bien Gray… Lui-même n'était de toute façon pas sûr d'en être capable. Alors, il regarda son ami entrer dans le bureau après avoir frappé à la porte.
A peine eut-il passé ladite porte que Gray dut affronter le regard furieux de son supérieur dont les prunelles incandescentes semblaient vouloir le foudroyer sur place.
— Pourquoi êtes-vous là tous les deux ? Je croyais vous avoir demandé… !
— Je sais, l'interrompit Gray.
Poussant un long soupir, Luxus lui fit signe de s'asseoir. Ses yeux cernés reflétaient l'inquiétude qu'il ressentait pour sa compagne et sa petite sœur, et le manque de sommeil accumulé depuis leur disparition.
— Pourquoi l'as-tu amené ?
— Notre enquête est terminée, et puis… Elfman va mal et de ne rien savoir, il est au bord de l'explosion. Si j'étais sûr qu'il ne fasse pas de connerie, je ne l'aurais pas emmené ici mais j'ai peur qu'il n'en fasse qu'à sa tête, justifia Gray.
Luxus attendit un instant avant de répondre.
— Mira n'aimerait pas ça…, souffla-t-il.
— Mira ferait exactement la même chose si elle était à la place d'Elfman et tu le sais.
— Tu as raison…
— Les Strauss sont de vraies têtes de mules, ajouta Gray un léger sourire aux lèvres.
— A qui le dis-tu… et la pire des trois est ma fiancée.
Gray eut un pincement au cœur en décelant la lueur de souffrance au fond des yeux du commissaire. Il paraissait tellement impassible habituellement, loin de tous les tourments. Cette fois pourtant, il était évident que la douleur était bien trop intense pour réussir à la masquer à son entourage.
— On va les retrouver Luxus, et crois-moi, si Elfman participe à l'enquête, il sait le risque qu'il encourra s'il commet une imprudence. Tu sais à quel point il aime ses sœurs.
Luxus acquiesça.
— Très bien… mais je te préviens Gray, je compte sur toi pour l'empêcher de faire une connerie.
— Oui, je le garderai à l'œil.
Luxus se leva de son fauteuil et invita Gray à le suivre. En sortant du bureau, il sonda un instant Elfman puis l'autorisa à se joindre à eux. Sans mot dire, les trois hommes se dirigèrent vers l'ascenseur situé dans le couloir.
A l'intérieur, Luxus leur révéla qu'après les premiers tests effectués sur la voiture de Lisanna, l'accident était bien de nature criminelle. La jeune femme avait glissé sur la chaussée mouillée mais n'avait pas pu stopper la course folle du véhicule, tout simplement parce que ses freins avaient été trafiqués. Cette nouvelle ne fit qu'accroître l'angoisse et la rage d'Elfman.
La montée leur parut interminable jusqu'à ce que le signal de l'ouverture de l'ascenseur retentisse pour annoncer le septième étage, celui de l'unité de profilage.
Les locaux étaient plus sombres et plus calmes aussi, une impression feutrée donnée par la moquette qui tapissait le sol. Comme si le moindre éclat de voix pouvait déconcentrer les agents. Les bureaux étaient d'ailleurs isolés les uns des autres par des cloisons mobiles. Gray observa cette façon singulière de travailler, mais à bien y réfléchir, cela ne lui parut pas plus étonnant que cela. Etudier le comportement des plus grands tueurs en série méritait les meilleures conditions de travail possibles. Le calme prompt à la réflexion se devait d'être optimal.
Luxus s'engagea dans un long couloir et il fallut attendre d'arriver à son extrémité pour que le jeune commissaire finisse par pousser une porte. A l'intérieur, penchés au-dessus d'une table, deux hommes et une jeune femme étaient occupés à observer des photos. A l'arrivée des nouveaux arrivants, ils levèrent le nez vers eux avant de ranger à la hâte les photographies éparpillées. La jeune femme aux longs cheveux châtains, Evergreen, lança un regard incertain à Elfman.
— Fried, Bixlow, Ever, vous pouvez nous laisser un instant ?
Les trois interpelés froncèrent des sourcils mais seul le jeune homme aux longs cheveux verts prit la parole.
— Tu es sûr… ? demanda-t-il à Luxus.
— Oui Fried.
Les trois jeunes gens prirent la direction de la sortie mais avant de quitter la pièce, Evergreen s'arrêta à côté d'Elfman et posa la main sur son bras.
— Je suis désolée pour tes sœurs, lui murmura-t-elle.
— Merci Ever, lui répondit Elfman en pressant sa main doucement.
Malgré la fin houleuse de leur relation amoureuse, Elfman et Evergreen se vouaient toujours un profond respect et une certaine tendresse qu'aucun d'eux n'aurait avouée devant qui que ce soit…
La salle de travail rappelait le salon cosy d'une maison. Il y avait un canapé flanqué de deux fauteuils et une table basse jonchée de dossiers.
— C'est tout ce qu'on a sur le tueur aux bas rouges, leur apprit Luxus en voyant le regard interloqué des deux coéquipiers.
— Tout… ? bafouilla Elfman en constatant la montagne de papiers qui s'amoncelait sur la table de travail.
— Ça fait huit ans qu'il sévit, les informa leur supérieur.
— Je me souviens qu'on en parlait déjà à l'école de police mais aucune information ne filtrait, se remémora Gray.
— Ce type est une vraie anguille. La moindre fuite et c'est tout le travail des profileurs qui aurait été à refaire. Je me souviens que le vieux s'arrachait les cheveux avec cette affaire.
Luxus faisait référence à son grand-père, également son prédécesseur à la tête du commissariat. Il avait pris sa retraite l'année précédente après quarante années de bons et loyaux services, laissant sa place à son petit-fils qui, malgré son âge, s'était brillamment illustré en tant qu'inspecteur, ce qui lui avait valu cette promotion inespérée. Son grand-père, quant à lui, prenait une retraite bien méritée sur l'île Tenro.
Elfman s'apprêta à se saisir du plus gros dossier mais Luxus l'arrêta d'un geste.
— Avant que tu ne sois officiellement intégré à cette enquête, je veux être clair Elfman. Tu ne prends aucune décision sans m'en avertir avant, à la moindre entourloupe, je te mets au repos forcé ! Est-ce que c'est clair ?!
— Oui, oui, grogna Elfman.
— Je ne plaisante pas ! Cette enquête est très importante et comme tu le sais, tu n'es pas le seul à vouloir les retrouver coûte que coûte.
— Je sais Luxus, je te promets de ne rien faire de stupide, maugréa Elfman piqué par la remarque de son beau-frère.
— Très bien…, soupira Luxus avant de reprendre son propos. Je dois maintenant vous prévenir que dans ce dossier, il y a des choses qui ne sont pas belles à voir…
Elfman ouvrit ce dernier, la peur au ventre. Et pour cause, dès son ouverture, il fut confronté à la vue d'une photographie de la dernière victime connue du meurtrier. Elfman posa sa main devant la bouche, la nausée sentant la nausée lui prendre brusquement. Pas que ce genre d'images lui fasse quelque chose habituellement, si ce n'était de l'enrager mais cette fois, il se pourrait que ses deux sœurs soient entre les mains de ce monstre.
— Est-ce qu'elles… est-ce qu'elles étaient vivantes quand il les a…, bafouilla le jeune homme sans toutefois pouvoir terminer sa phrase.
— Non, répondit Luxus. Elles étaient mortes.
Elfman se sentit en partie soulagé mais c'était une bien maigre consolation pour lui… Son coéquipier prit la photographie entre ses doigts pour constater de ses propres yeux de quelle horreur était capable cet assassin. Il comprit aussi pourquoi le meurtrier était surnommé le « tueur aux bas rouges ». La victime – ou en tout cas ce qu'il en restait puisqu'il n'y avait plus qu'une moitié de son corps, l'autre ayant été sectionnée au niveau du bassin – portait pour seuls vêtements des bas rouges. Gray comprenait la réaction de son ami. Cette photo était immonde mais le pire restait à venir.
Le jeune homme jeta un coup d'œil à Elfman qui regardait frénétiquement toute une série de photos du même acabit. La seule différence étant que les autres moitiés avaient été découvertes, la plupart dans un état de décomposition avancée. Mais ce ne fut pas cela qui révulsa le plus Elfman, non… c'était leurs cheveux.
— C'est une blague, déclara-t-il d'une voix blanche. Toutes ces femmes ressemblent…
— A Lisanna, je sais, souffla Luxus.
— Comment tu as pu la laisser travailler sur ce dossier en sachant cela ! rugit le colosse en tremblant.
— Je n'étais pas seul à décider, rétorqua Luxus. Et puis, elle pensait que ça pourrait aider à faire avancer l'enquête de…
— Servir de cible ?!
— Mirajane a tenté de la raisonner mais tu sais aussi bien que moi que Lisanna est têtue comme une mule !
— A quoi elle pensait…, se désola Elfman en se tenant la tête entre ses mains. J'espérais encore que leur disparition n'avait rien à voir avec lui…
— On en est pas encore sûr, lui certifia Luxus.
Mais il n'y croyait pas lui-même…
Gray posa sa main sur l'épaule de son ami et la pressa doucement pour lui signifier qu'il était avec lui. Mais comment le consoler ? Gray pensait la même chose. Le fait que Lisanna ait cette ressemblance troublante avec les victimes du tueur aux bas rouges ne pouvait signifier qu'une chose. Elle était entre ses mains.
— Mira ne ressemble pas du tout à ses victimes, que va-t-il lui faire ? prononça Elfman d'une voix faible.
Le policier leva un regard embué vers son supérieur. Ce dernier détourna le sien mais Gray et Elfman purent y lire de la terreur. Luxus n'eut pas besoin de répondre pour que les deux hommes comprennent. Il la tuerait !
Le colosse se leva brusquement et, sans regarder ses deux collègues, il déclara :
— J'ai besoin de sortir un instant.
Gray attendit que son ami ait refermé la porte pour fixer Luxus droit dans les yeux.
— Dis-moi tout ce qu'i savoir sur ce fils de pute, demanda le jeune homme d'une voix glaçante.
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Dans un état second, Elfman tituba jusqu'aux toilettes situées dans le couloir. Il dut se tenir contre les murs pour ne pas flancher. Jamais encore il ne s'était senti aussi faible et impuissant. Depuis la mort de leurs parents des années plus tôt, Elfman s'était attaché de toutes ses forces à protéger ses deux sœurs même si le véritable pilier de la fratrie avait toujours été Mirajane… Mais le jeune garçon qu'il était alors, pensait avec fierté que c'était à lui-seul de les protéger car il était désormais le seul homme de la famille. Mais qu'avait-il fait au juste… ?
Une fois arrivé dans les toilettes, il croisa son reflet dans le miroir et là, il ressentit un profond dégoût de lui-même. La silhouette qui le regardait n'était pas celle d'un homme solide sur lequel on pouvait se reposer, non, c'était un lâche qui n'avait jamais réussi à tenir tête à ses sœurs et qui les avait laissées se mettre en danger sans rien faire. Comment ne pas se détester dans ces conditions ? Sentant la nausée remonter le long de sa trachée, le jeune homme se précipita dans les toilettes et cracha toute la bile qu'il retenait. En même temps, il ne put retenir ses larmes de couler. Si jamais il perdait Lisanna et Mirajane, Elfman était sûr de ne jamais pouvoir s'en remettre…
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Gray observait avec attention le dossier que Luxus lui avait mis entre les mains.
— Je n'aurais jamais dû le laisser voir ces photos, se fustigea le commissaire.
— Et puis quoi ? Tu crois qu'il serait resté bien gentiment dans son coin ?
— Je ne sais pas… Je me demande si moi-même j'ai les idées assez claires pour assurer cette enquête.
Gray plongea son regard dans celui de Luxus. L'homme pourtant si solide semblait sur le point de s'effondrer, pourtant…
— S'il y a bien quelqu'un capable de les retrouver, c'est toi ! Je sais que tu sauras mettre de côté tes sentiments pour le bien de l'enquête, tu es plus fort qu'Elfman… Et puis, tu n'es pas seul, on va tous se serrer les coudes pour les retrouver et coincer cet enfoiré !
Le commissaire soupira puis se frotta le visage énergiquement.
— Gray… il y a quelque chose qu'Elfman ne sait pas encore et honnêtement, je ne sais pas comment lui dire ça…
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Gray venait de sortir de la salle de réunion, bien décidé à retrouver son ami Elfman. Sur le chemin, il en profita pour récapituler les derniers éléments que Luxus lui avaient confiés. Il n'avait franchement pas l'envie qu'Elf les connaisse, cependant, comment poursuivre l'enquête en le protégeant de ces faits ? Luxus l'avait autorisé à les lui révéler, toutefois, Gray ne savait comment s'y prendre…
Le jeune homme soupira avant de pousser la porte des toilettes. Il se doutait que son vieil ami avait eu besoin de se rafraîchir un peu après avoir compris que Lisa et Mira étaient entre les mains d'un cinglé. Il le trouva penché au-dessus du lavabo, le visage ruisselant.
Complètement plongé dans ses pensées, Elfman ne remarqua pas l'entrée de son ami.
— Elf ? murmura Gray en s'approchant de lui.
Le colosse secoua la tête lentement. Sa peau était pâle et ses yeux rouges prouvaient qu'il avait pleuré.
— Où est-ce que j'ai échoué ? bredouilla-t-il la lèvre tremblante.
— Qu'est-ce que tu racontes… Tu n'y es pour rien, cesse de culpabiliser…
— Qu'est-ce que tu en sais ?! s'énerva Elfman. Tu n'as pas de famille, tu ne sais pas ce que je peux ressentir !
Si Gray se sentit blessé par la réplique de son ami, il n'en montra rien. Mais ce dernier le regarda un instant, hébété. Que lui avait-il encore dit ? Mais qu'est-ce qui lui prenait de passer ainsi ses nerfs sur son ami ? Gray qui plus est ! Lui balancer une telle horreur alors qu'il était lui aussi orphelin ?!
— Gray, je…
— Tu as raison Elf… je ne peux pas réellement savoir ce que tu vis mais je sais que… s'il arrivait quelque chose de similaire à Lyon, même si nous ne sommes pas réellement frères, je pense que je ne réagirais pas autrement.
— Je suis désolé, je n'aurais pas dû te dire… une chose pareille. Je ne sais pas ce qui m'arrive… Je ne comprends pas, j'ai l'impression de ne rien pouvoir maîtriser.
Gray lui sourit et lui tapota amicalement l'épaule pour le rassurer.
— Si ça peut te soulager de passer tes nerfs sur quelqu'un, je suis volontaire. Alors arrête de t'excuser. Commençons à travailler plutôt !
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La pluie avait enfin cessé mais elle avait laissé un ciel gris, d'une tristesse sans nom. Gray porta sa tasse à ses lèvres tout en regardant le paysage désolé face à lui. Il avait longtemps hésité entre un verre de whisky bien tassé ou à une tasse de verveine. Après une longue réflexion, il en avait conclu qu'il fallait qu'il ait les idées aussi claires que possible pour commencer à réfléchir à cette foutue affaire.
Ils avaient été expressément invités par Luxus à regagner leur domicile et de ne revenir que le lundi suivant, un peu plus « frais et dispo » comme il le leur avait suggéré. Gray était resté le plus longtemps possible avec Elfman mais ce dernier avait refusé qu'il passe la nuit chez lui, alors le brun était reparti, non sans inquiétude. Son coéquipier lui avait certifié qu'il ne ferait rien de stupide mais pouvait-il lui réellement confiance ? Que ferait-il à sa place…?
Gray repartit vers le salon et s'arrêta quelques instants devant une photo. Une photo qu'il n'était pas sensé avoir encore avec lui mais… comment se séparer de tels souvenirs ? En l'observant, il repensa aux paroles d'Elfman, paroles qu'il avait fait mine de prendre à la légère. Seulement, il avait bel et bien été blessé par ces dernières même s'il savait pertinemment que son ami n'en pensait pas un mot. Le fait est qu'il n'avait pas de famille, comme le lui avait rappelé Elfman. A la différence que Gray savait parfaitement ce que son ami était en train d'endurer, en dépit de qu'il avait prétendu. Elfman ignorait certains détails de son passé et c'était mieux ainsi…
Le jeune homme attrapa le combiné du téléphone et composa un numéro. Après quatre interminables sonneries, il entendit la voix rassurante qu'il attendait.
« Gray ? T'es givré de m'appeler à cette heure-ci ?! » ronchonna la voix.
Gray sourit.
— A moi aussi ça me fait plaisir de t'entendre, Lyon.
Il entendit un soupir, déclenchement d'une longue conversation qui se poursuivit tard dans la nuit.
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Nda : Ainsi se termine le chapitre 3. J'espère qu'il vous a plu ! On en apprend un peu plus sur l'enquête sur laquelle Gray et Elfman vont pouvoir travailler. L'avenir s'assombrit et le mystère "Gray Fullbuster" s'épaissit :p N'hésitez pas à partager votre ressenti et/ou vos hypothèses sur la suite de l'histoire !
Je posterai le chapitre 4 durant le mois d'août mais je ne peux pas vous dire quand exactement pour le moment.
Merci pour votre lecture et vos éventuels commentaires.
A bientôt
