Nda : Bonsoir ou bonjour à tous, selon où vous vous trouvez sur notre belle planète. Voici enfin le chapitre 4 de cette fiction, en espérant qu'il vous plaise :)
Très bonne lecture et à plus bas ;)
Mortelle destinée
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Partie I :
Le cas des Strauss
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-IV-
Le froid, l'obscurité et une odeur de moisissure tenace flottait dans l'air… Émergeant peu à peu, la jeune femme se mit brusquement à grelotter et c'est à cet instant qu'elle ressentit la douleur qui parcourait son corps. Le sol dur, froid et humide ne lui offrait aucun réconfort et ses mains qui s'échinaient à recouvrir ses bras frêles pour tenter de les réchauffer, étaient désespérément glacées. Elle aurait tout donné pour un lit à la couette duveteuse ou pour un bain chaud. Il lui fallut quelques minutes pour se rendre véritablement compte de la réalité. Pourquoi avait-elle si froid ? Que faisait-elle par terre et pour quelle raison son corps lui faisait-il aussi mal ? La jeune femme cligna des yeux plusieurs fois pour s'habituer à la pénombre. Une migraine lui vrilla tant le crâne qu'elle due se le tenir avec ces deux mains et se concentrer pour la tenir éloignée de sa raison. Ses longs cheveux habituellement si lisses et impeccables, étaient emmêlés et d'une propreté douteuse, signe qu'elle se trouvait là depuis un long moment.
Autour d'elle, quatre murs gris, sales et humides et rien d'autre qu'un vieux lit métallique recouvert d'un matelas crasseux et à moitié éventré. Dans un coin, un seau.
— Qu'est-ce que…, s'horrifia-t-elle d'une voix rauque.
La jeune femme prit conscience à cet instant qu'elle mourait de soif. Depuis combien de temps était-elle enfermée dans cette pièce immonde ? Et surtout, pour quelle raison ? Elle fouilla dans sa mémoire à la recherche de réponses à ses questions. Et là, elle se souvint. Brutalement, les images jaillirent dans sa tête. Lisanna ! Il pleuvait des cordes, la chaussée glissante, la voiture était devenue incontrôlable et elles avaient eu un accident. Elle avait été éjectée de l'habitacle mais sa petite sœur était restée coincée sous le véhicule. Elle l'avait vue… Mais que s'était-il passé ensuite ? Leurs regards s'étaient croisés, puis plus rien. Le trou noir.
Mirajane essaya de se lever mais elle dut s'y reprendre à plusieurs fois. Elle remarqua alors une blessure à la jambe. Au vu du sang coagulé sur son pantalon, elle ne devait pas être très jolie à voir… Mais pour le moment, il y avait plus important et l'angoisse sourde qui la dévorait de l'intérieur n'était pas là pour la rassurer.
— Il y a quelqu'un ?! cria-t-elle.
L'écho de sa voix se répercuta sur les parois de sa cellule, toutefois pas une seule réponse ne lui parvint.
— Eh ! Espèce de connard, tu vas me répondre ?! s'impatienta-t-elle.
La jeune femme s'avança vers la porte métallique et se hissa sur la pointe des pieds pour regarder au travers de la petite ouverture. Tout était sombre à l'extérieur. Seule la lueur d'une minuscule fenêtre située sous le plafond laissait entrevoir un couloir. Mais rien ne lui permit de supposer la présence d'âme qui vive.
— Lisanna ! hurla-t-elle au bord de l'hystérie. Lisa, réponds-moi !
Des larmes de rage et de désespoir roulèrent le long de ses joues pâles et souillées par la saleté. S'il était arrivé quelque chose à sa petite sœur, jamais Mirajane ne s'en remettrait !
Alors elle l'appela, jusqu'à ce que sa gorge devenue trop sèche ne s'épuise.
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Ses grands yeux bleus plongèrent sur la silhouette face à elle. Les membres entravés par de lourdes chaînes, elle était incapable du moindre mouvement. Elle savait qu'il y avait peu de possibilité pour qu'elle réussisse à s'échapper de cet enfer. Toutefois, s'il existait ne serait-ce qu'une chance infime de protéger sa sœur alors elle devait tenter le tout pour le tout.
— S'il vous plaît… ne lui faites pas de mal, murmura-t-elle.
L'homme restait volontairement dans l'ombre. Ainsi, il pouvait observer la jeune femme à loisir sans croiser son regard horrifié, ni la voir trembler.
— Pourquoi devrais-je accéder à ta demande ? répondit-il d'une voix froide.
Lisanna réfléchit aussi vite que possible mais, paralysée par la peur qu'il arrive malheur à Mirajane, elle ne réussit pas à trouver une solution convenable. Elle répondit alors la seule chose qu'elle jugeât capable d'un quelconque poids, bien qu'elle soit horrifiée et écœurée par cette simple idée.
— Je ferais… tout ce que vous voudrez, déclara-elle sans réussir à empêcher des larmes de couler. Mais ne lui faites rien, je vous en prie…
L'homme s'approcha d'elle, révélant un sourire plus satisfait. Sa dentition parfaite était d'autant plus inquiétante.
— Bien sûr que tu feras ce que je veux. Là est ton rôle, il ne peut en être autrement, déclara-t-il calmement tout en approchant une main du visage de la jeune Strauss.
Pétrifiée par la peur, la jeune femme cessa un instant de respirer et ferma les yeux. La main de son ravisseur se posa sur sa joue et la caressa délicatement. Lorsqu'elle rouvrit ses yeux mêlés d'effroi et de surprise, le regard de son agresseur était la douceur incarnée. A cet instant, elle comprit qu'elle était tombée entre les mains d'un cinglé. Sans aucun doute l'un des pires… Toujours la main posée sur sa joue, le criminel passa son pouce sur l'ourlet de ses lèvres en les dévorant des yeux. Qu'allait lui faire ce type ?
Il approcha lentement son visage d'elle et plaqua ses lèvres rugueuses sur celles de Lisanna. Dégoûtée, la jeune femme s'obligea à enfermer ses pensées à clé. Seule la sécurité de Mirajane importait…
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Voilà des heures qu'elle était réveillée et personne n'était encore venu la voir. Mirajane commençait à craindre d'avoir été complètement abandonnée à son sort. Sans nourriture, ni eau, elle ne tiendrait pas plus de quelques jours. Sans compter sa blessure qui risquait de s'infecter… Mais ce qui l'angoissait le plus c'était de ne pas savoir où était Lisanna. Etait-elle au moins en vie… ?
Soudain, un bruit de pas retentit dans le couloir. Tentée de se précipiter vers la porte et de taper de toutes ses forces, la jeune femme s'abstint plutôt. Le cœur battant, Mirajane se saisit de la seule arme dont elle disposait : le seau que son ravisseur avait eu la délicatesse de lui laisser. Quelle douce attention de sa part ! Puis elle se plaqua contre le mur à proximité de la porte.
Le cœur battant, elle attendit que la porte s'ouvre. Un cliquetis résonna, se répercutant sur les parois de son crâne mais elle s'obligea à se calmer. Lorsque l'individu fut à l'entrée de la cellule, la jeune femme lança son bras de toutes ses forces et visa la tête avec son arme de fortune. Un cri de rage retentit et la silhouette chuta dans un bruit sourd. Alors que Mirajane s'apprêtait à s'enfuir, une poigne énorme se referma sur sa cheville. La jeune femme s'échoua lourdement sur le sol. A moitié sonnée, elle n'eut pas le loisir de parer le coup qui l'envoya voler contre le mur du fond.
— Sale garce, tu vas me le payer !
— Où… Lisanna, réussit-elle à murmurer avant de sombrer dans l'inconscience.
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Gray fut réveillé par la sonnerie insistante de son téléphone. Après quelques grognements mécontents, le jeune homme alluma sa petite lampe de chevet et, les yeux encore plein de sommeil, observa son réveil. Quatre heures du matin… Bien qu'il eût envie de lancer son téléphone à travers la fenêtre, le jeune homme se ravisa rapidement et décrocha enfin.
— Fullbuster, répondit-il d'une voix rauque.
A la réponse, le jeune homme se figea.
— Où ? demanda-t-il à son interlocuteur. Très bien, j'arrive tout de suite !
Gray bondit de son lit et attrapa son jean échoué sur une chaise dans le coin de sa chambre. Il enfila aussi rapidement un simple t-shirt et fila dans la salle de bain pour se débarbouiller et s'asperger abondamment d'eau glacée, histoire de bien se réveiller. Il jeta ensuite sa veste sur ses épaules et sortit précipitamment de son appartement.
Une brume épaisse survolait la ville, signe que le temps se refroidissait. Resserrant sa veste contre son torse, Gray hâta le pas, à la fois pressé et angoissé à l'idée de découvrir le corps qui avait été retrouvé… Devait-il prévenir Elfman ? Gray décida aussitôt qu'attendre le lendemain était une bien meilleure idée. Son ami ne dormait quasiment plus depuis la disparition de ses sœurs, près d'une semaine plus tôt. Et puis tant qu'il n'en savait pas plus sur la victime, il était préférable de patienter. Le policier était persuadé que son partenaire n'apprécierait pas mais il préférait prendre ce risque. Elf avait besoin d'un peu de repos et tant pis s'il devait en payer les conséquences…
L'agent qui l'avait prévenu lui avait dit de se rendre sur le port, dans le secteur des entrepôts. La victime avait été trouvée sous un ponton, coincée autour d'un vieux filet de pêche.
Au loin, Gray reconnut les gyrophares caractéristiques des voitures de police. Il activa le pas dans les rues désertes et lugubres. En plein jour, il aimait écumer les docks, humer les effluves iodés de la mer et observer l'activité des marins. Cette fois, les murs gris, la nuit sans lune et les quelques lampadaires vacillants, participaient à l'atmosphère glauque du quartier des quais.
Le contraste saisissant, une fois qu'il arrivât sur les lieux, lui fit un moment tourner la tête. Des policiers grouillaient de partout, certains s'occupant de délimiter la zone tandis que d'autres aboyaient des ordres. Gray sut aussitôt où se trouvait le corps. Des agents empêchaient manifestement d'accéder à ce qu'il se passait juste derrière eux. Montrant sa plaque, ils le laissèrent passer sans mot dire.
Là, Gray eut un haut le cœur en voyant l'état de décomposition du corps. Le jeune homme grimaça avant de rejoindre Luxus, qui fixait le cadavre avec une insistance… malsaine.
Au loin, l'aube poignait, promesse d'une journée ensoleillée qui semblait rire au visage de cette pauvre femme, morte dans l'anonymat le plus total.
— Qui est-ce qui l'a trouvé ? s'enquit Gray.
— Des pêcheurs qui s'apprêtaient à partir en mer…
— Est-ce que…
— On ne sait pas encore, le coupa Luxus d'une voix grave. Mais les premiers indices indiquent que c'est l'œuvre du tueur aux bas rouges.
Autour du corps, ou en tout cas ce qu'il en restait, des policiers s'affairaient. S'activant à récolter les quelques indices sur le cadavre, tandis que d'autres le prenaient en photo sous tous les angles. Il ne fallait rien oublier.
— Commissaire ! l'interpella un agent. Il y a un type là-bas qui dit avoir vu quelque chose.
L'agent montrait une silhouette entourée de policiers.
— Amenez-le-moi.
Il s'agissait d'un homme sans âge vêtu de haillons, un sans abris sans aucun doute. Son regard fuyant laissait peu de doute sur son état d'angoisse.
— Qu'avez-vous vu ? lui demanda Gray.
— C'était le démon, souffla l'homme visiblement apeuré. Je l'ai vu l'autre jour, ici même !
Luxus fusilla du regard les agents qui avaient osé prêter attention aux propos farfelus de ce fou. Il était sur le point de le renvoyer quand Gray l'arrêta du bras.
— Attends. Laissons-le aller au bout de son histoire… Quand était-ce ? l'encouragea Gray.
L'homme réfléchit un instant et compta sur ses doigts. Puis, il commença à parler tout seul en comptant sur ses doigts.
— Il y a trois nuits, j'ai dû trouver un autre endroit pour dormir à cause de ces petits merdeux qui font trop de bruit ! Il y a quatre nuits, j'ai regardé la lune, elle était encore un peu mangée par l'ombre et il y a cinq nuits… oui, je me souviens, c'était la pleine lune ! Le démon en a profité pour sortir dévorer les âmes perdues !
Gray sortit un calepin et un stylo de sa poche et nota le jour où le corps avait peut-être été jeté dans la mer, songeant que cela coïncidait avec la disparition des sœurs Strauss. Il conserva pourtant cette donnée pour lui…
— Décrivez-nous ce… démon, l'invita Gray à poursuivre.
Visiblement heureux que quelqu'un lui prête de l'attention, les yeux du sans abris brillèrent d'excitation. De son côté, Luxus se demandait ce qui pouvait bien passer par la tête de son collègue pour qu'il veuille écouter les élucubrations d'un illuminé.
— Il était immense ! raconta l'homme pris d'une soudaine frénésie.
Gray continua à prendre des notes devant le regard froncé de Luxus.
— L'avez-vous vu de face ? s'enquit Gray toujours aussi sérieusement.
Luxus décida de le laisser faire même s'il avait bien du mal à comprendre son but. Ce type était clairement un pauvre homme qui avait perdu la tête ! Pourtant, Gray le prenait très au sérieux… Bien que perplexe, Luxus connaissait Gray et il devait reconnaître qu'il pouvait se montrer terriblement perspicace lorsqu'il s'agissait du travail.
— Non, il était de dos mais j'ai vu son regard… son visage terrifiant ! Il me regardait avec ses deux gros yeux rouges alors moi j'ai eu peur qu'il me voie.
L'homme s'agita en tous sens avant de se recroqueviller, comme si le démon pouvait l'emporter sur le champ.
— Calmez-vous, il est parti, le rassura Gray. Est-ce à ce moment-là que vous avez quitté les lieux ?
— Non… j'ai voulu regarder encore un peu… derrière le mur là-bas, montra l'homme de son bras rachitique. Le démon portait quelque chose dans ses bras.
— De quoi s'agissait-il ?
L'homme secoua la tête vivement puis, d'une main tremblante il désigna le corps derrière les policiers.
— En êtes-vous sûr ?
L'homme haussa des épaules.
— Je sais pas… mais le démon l'a lancé sur un bateau et il est parti avec.
— Est-ce que vous vous souvenez du bateau ou d'un détail qui puisse nous aider à l'identifier ?
L'homme secoua la tête à la négative.
Gray griffonna encore sur son carnet avant de laisser l'homme au bon soin des agents.
— Tu peux me dire pourquoi tu prêtes de l'intérêt à ce type ? s'enquit Luxus en levant un sourcil.
— J'ai appris à ne pas me fier aux apparences… Cet homme a vu quelque chose et même si pour lui il s'agissait d'un démon, il est probable qu'il ait bel et bien vu quelqu'un ici. Quelqu'un qui lui ait fait penser à un démon, ou quelque chose…
— Ce qu'il a raconté ne tenait pas debout ! D'un côté, il affirme l'avoir vu de dos mais que son regard était terrifiant ! Comment a-t-il pu voir son regard s'il se trouvait de dos ?!
— Et si le démon en question n'était pas un humain mais… un simple vêtement de mauvais goût avec un dessin flippant dessus ?
— Tu penses à un blouson ou un sweat par exemple ? Oui… pourquoi pas mais tu crois qu'il n'aurait pas vu la différence entre un dessin et un… démon ?
— Je pense que cet homme a une grande imagination et qu'il ne lui faut pas grand-chose pour que son esprit parte à la dérive. Mais je reste persuadé qu'il n'a pas pu tout inventer, précisa Gray en observant le médecin légiste arriver vers eux.
— Ok. Si tu as raison, on tient un premier indice… même si je doute que ça suffise à trouver le meurtrier.
— Je suis d'accord mais c'est un début, non ? De plus, avec un peu de chance, le bateau qu'il a utilisé pour jeter le corps se trouve toujours à quai. Et si ce qu'il a dit s'avère exact, nous avons aussi une date et peut-être d'autres témoins à interroger.
Luxus soupira.
— Oui, tu as raison, conclut-il enfin. Mais il va nous falloir du monde sur le coup pour fouiller tous ces bateaux… Je te laisse t'occuper du mystérieux type mais… ne te réjouis pas trop vite, tous les témoignages que nous avons eu jusque-là ne nous ont menés qu'à une impasse.
Gray acquiesça, plutôt content d'avoir une première piste à explorer même s'il savait qu'il y avait des chances pour qu'elle ne mène à rien, comme le lui avait rappelé Luxus.
— Au fait, où est Elfman ? changea ce dernier de sujet brusquement.
Gray détourna son regard perçant.
— J'ai préféré ne rien lui dire avant d'en savoir plus.
— Je m'en doutais… c'est pour ça que j'ai demandé à ce que tu sois le seul prévenu.
— Oh ? parut étonné Gray.
— Ne fais pas cette tête… l'idée qu'il participe à l'enquête ne me plaît toujours pas alors si je peux éviter un esclandre… De toute façon, je suis sûr que tu sais ce que tu fais.
— J'irai le voir directement chez lui. Au moins, il sera rassuré de savoir qu'il ne s'agit pas de Lisanna. Le corps est bien trop abîmé.
— N'oublie pas qu'il était sous l'eau, rappela Luxus. Et tu sais comme moi qu'il n'est pas évident de connaître le moment de la mort quand un cadavre a été trop longtemps plongé dans l'eau. On ne sait pas non plus s'il a été jeté aussitôt après la mort…
— Oui, tu as raison…, répondit Gray pensif.
Dans sa tête, le jeune homme commençait à assembler les informations qu'il connaissait déjà.
— Le légiste nous le confirmera.
— Elle n'avait pas les cheveux blancs de Lisanna, ajouta le jeune homme.
— Oui. Et c'est ce qui me rassure. Mais plus le temps passe et plus j'ai peur de ce qu'elles subissent entre les mains de ce fou, gronda Luxus les poings serrés.
Le légiste les salua brièvement avant de s'occuper aussitôt de la victime. Alors qu'il commençait à l'examiner, Luxus lui révéla tout qu'ils savaient à son sujet et les conditions de sa découverte.
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Gray avait accompagné Luxus au commissariat afin d'attendre les premières conclusions du légiste, qui avaient confirmées avec soulagement que la victime retrouvée n'était pas Lisanna. Bien sûr, cela ne confirmait pas non plus que la jeune femme était saine et sauve mais l'espoir, même infime, demeurait.
Il était maintenant un peu plus de six heures du matin et le jeune homme, fébrile, attendait devant la porte de son collègue et meilleur ami. Il n'était pas venu les mains vides, deux grands cafés dans une main et un sachet de croissants encore chauds dans l'autre. Pas qu'il souhaite par-là minimiser l'annonce qu'il allait faire à Elfman mais le ventre plein, cela passerait peut-être un peu mieux, pensait-il sans grande conviction.
Le jeune homme se racla la gorge pour se donner contenance puis respira profondément avant de frapper doucement à la porte. Connaissant son ami qui n'était pas du matin, il risquait d'essuyer une tempête dont il ne se relèverait pas de sitôt…
Le jeune homme dut frapper à plusieurs reprises avant que la porte ne daigne s'ouvrir enfin. Comme prévu, un Elfman aux yeux embrumés et à la mine revêche lui fit bientôt face mais il se radoucit aussitôt en reconnaissant son ami.
— Gray… ?
Elfman était encore en pyjama mais torse nu et les cheveux encore plus en bataille qu'à l'accoutumée. Gray ne put s'empêcher de le trouver particulièrement sexy dans cette tenue. Mais il se reprit bien vite en se secouant imperceptiblement la tête. Ce n'était franchement pas le moment de laisser son esprit et sa libido divaguer ainsi…
— Tu es matinal, constata Elfman en le laissant entrer mais je vois que tu n'es pas venu les mains vides, un bon point pour toi.
Les deux hommes prirent place dans le petit salon. Elfman n'était pas passionné de décoration et son appartement était plus que minimaliste. Un salon avec un canapé deux places et un fauteuil. Une petite table basse devant un grand écran de télévision. Pas de bibliothèque mais un simple buffet bas avec des photos soigneusement encadrées. La plupart La plupart représentait ses sœurs, de l'enfance à l'âge adulte, parfois avec lui. Seule une photographie détonait. Elle datait de l'époque où les deux hommes étaient ressortis diplômés de l'école de police. Tous deux en uniforme, ils offraient leur plus beau sourire à l'objectif. Gray se souvint que c'était Mirajane qui les avait pris…
— Alors, que me vaut ta visite de si bon matin ? s'enquit Elfman.
— Déjeunons d'abord, proposa Gray en lui tendant son café et deux croissants. Ils sont encore chauds, ça serait dommage de ne pas les manger tout de suite !
Gray profita que son ami engloutisse son premier croissant pour l'observer discrètement. Il avait toujours ses fichus cernes sous les yeux et les traits tirés… Que faire… ? Quand il lui avouerait les raisons de sa visite, son inquiétude irait croissante et davantage encore lorsqu'il lui révèlerait ce que ce monstre faisait subir à ses victimes avant de les découper en morceaux ! C'était un vrai dilemme pour Gray, même si au fond, il savait déjà qu'il lui dirait tout. Restait à savoir comment il allait s'y prendre…
Plongé dans ses pensées, Gray n'avait pas remarqué que son ami avait terminé de manger ses viennoiseries et que son regard était fixé sur lui.
— Si tu me disais la vraie raison de ta venue ? s'enquit le colosse sérieusement.
Gray le regarda un instant, décontenancé.
— Je te connais Gray. Tu ne sais pas mentir et ça se voit tout de suite quand tu es gêné.
Le policier se fustigea de ne pas avoir caché plus efficacement ses émotions. Mais maintenant qu'il était au pied du mur, plus moyen de faire machine arrière.
— On a retrouvé un corps cette nuit, apprit-il à Elfman.
Ce dernier, les yeux écarquillés, se mit à trembler de tous ses membres.
— Je sais ce que tu vas dire, ajouta Gray avant que son ami ne bondisse sur lui pour lui refaire le portrait. J'aurais dû te le dire aussitôt mais le fait est que… tu es impliqué jusqu'au cou émotionnellement et que je préférais en savoir plus avant que tu n'apprennes la nouvelle.
— Je n'ai pas besoin de ta sollicitude ! aboya Elfman hors de lui. Comment tu as pu me cacher une telle chose Gray !
— Ce n'est pas Lisanna, ni Mira, lui dit son ami de but en blanc. Je voulais être sûr avant…
— Merde ! s'effondra Elfman en plongeant sa tête entre ses mains. C'est pas possible, combien de temps ça va durer ce cauchemar !
Gray se risqua à venir s'asseoir auprès de son ami. Il posa la main sur son épaule pour le réconforter.
— Dis-moi ce que tu me caches d'autre Gray, et cette fois, ne me mens pas ! Je sais que Luxus t'en a dit plus qu'à moi, est-ce que je me trompe ?! éructa le jeune homme les dents serrées mais les larmes aux yeux.
Gray soupira.
— Je n'avais pas l'intention de te le cacher. C'est juste que… je ne savais pas comment te le dire.
— Ne me fais pas perdre patience…, répliqua son collègue irrité, les nerfs en feu.
Gray ferma les yeux un moment pour se recentrer. Il était possible qu'il se prenne un coup de poing magistral de son ami alors il fallait qu'il se prépare mentalement.
— Les victimes du tueur aux bas rouges ont subi des violences sexuelles, asséna le jeune homme en observant la réaction de son ami.
Les lèvres de ce dernier se mirent à frémir. Les membres tremblants, il plongea sa tête entre ses mains, les doigts crispés sur son cuir chevelu, et laissa exploser son chagrin, désormais incapable de pouvoir le contenir.
Bouleversé, Gray le prit par l'épaule et l'encouragea à se blottir contre lui, ce qu'Elfman fit sans résistance.
— Je suis désolé Elf…, murmura Gray.
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Nda : Comme certain le voulait, on a quelques nouvelles de nos deux sœurs... leur avenir semble bien incertain. Avez-vous des hypothèses à ce sujet ?
Et un nouveau corps est retrouvé, les cadavres s'amoncellent et Elfman désespère...
Le chapitre 5 ne viendra pas avant la fin du mois de septembre, je vais avoir très peu de temps libre jusque-là et ensuite je pars un peu en vacances. Mais je n'en oublierais pas mes fictions et j'essaierais d'écrire pendant mes moments tranquilles ^^
Sur ce, merci d'avoir lu et d'avance pour vos commentaires. :)
A bientôt :)
