Nda : Bonsoir à tous. Voici enfin le chapitre 6 de Mortelle destinée que j'aurais dû publier le mois dernier mais encore une fois, je me suis laissée déborder, je crois que vous commencez à avoir l'habitude ! xD

Ambiance bien plus légère dans ce chapitre, histoire de respirer un peu avant le retour de l'angoisse.

J'espère qu'il vous plaira ! :)


Réponse à Mia :

Merci beaucoup pour ton avis ! Contente que la longueur du chapitre t'ait plu, il était plutôt là parce que je ne pouvais pas le couper autrement xD Mais c'est vrai que pour l'attente, je vous devais ça ^^ Ahah, c'est vrai qu'Elfman ne passe pas par quatre chemins pour dire à Gray ce qu'il veut ! Heureusement que c'est un jeune homme solide ;p


Mortelle destinée

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Partie I :

Le cas des Strauss


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- VI -

Gray s'assit lourdement sur le canapé en se prenant la tête entre les mains.

— Tu ne m'aides pas Elf, vraiment pas !

Le jeune homme eut la mauvaise idée de relever la tête et de croiser le regard de chien battu de son ami.

— Elf, je…

Le jeune homme n'eut pas le temps de finir sa phrase que son collègue se saisit de lui par le poignet pour l'attirer contre lui. Et avant qu'il ne dise ouf, Elfman lui plaqua un baiser maladroit sur les lèvres.

— Eh, tout doux mon grand ! le repoussa Gray gentiment en masquant tant bien que mal la rougeur qu'il sentait poindre sur ses joues.

Elfman le dévisagea, visiblement interloqué par sa réaction.

— Tu me disais pourtant que j'étais ton genre d'homme…

Gray se frotta vigoureusement le visage, dans l'espoir peut-être de se réveiller.

— J'ai encore perdu une bonne occasion de me taire, marmonna-t-il.

— Je ne comprends pas, de quoi tu as peur ?

— On est amis, voilà le problème.

— Justement ! Toi et moi on se connaît par cœur ! Gray, j'ai simplement besoin d'oublier… un instant.

— Tu le regretteras après et ça je ne le veux pas, rétorqua Gray qui se voulait aussi convaincant que possible. Tu penses peut-être que ça va t'aider sous le coup de l'émotion, mais tu te trompes. Tu n'es pas le premier hétéro à me faire ce coup-là Elf…

— Tu as tort. C'est justement parce qu'on est pote que je ne le regretterai pas. Et je ne suis pas comme les autres…

Le brun soupira. Il sentait sa volonté s'effriter à mesure qu'Elfman lui exposait ses arguments. Bientôt, il ne pourrait plus lui résister… Et puis le regard qu'il lui lançait ne l'aidait franchement pas à garder les idées claires. Gray avait terriblement envie de lui céder mais… il ne voulait pas revivre cette expérience une nouvelle fois. Il avait bien assez morflé la première et encore maintenant, y repenser lui était douloureux…

Le jeune homme essaya de le repousser mais Elfman resserra sa poigne sans toutefois le blesser. Le colosse voulait simplement qu'il lui laisse une chance de lui prouver sa sincérité.

— S'il te plaît…, souffla-t-il dans son oreille.

Gray sentit un long frisson descendre le long de ses reins pour s'attarder au niveau de son bas ventre. Cette fois-ci, il était bel et bien cuit.

— D'accord, s'entendit-il prononcer et il le regretta aussitôt sans toutefois revenir sur sa réponse.

Il ferma les yeux, se rendant compte quelle stupide erreur il était sur le point de commettre. Mais la fatigue n'aidant pas, sa volonté l'avait vite abandonné. Et puis, s'il n'y avait pas de sentiments entre eux, il n'y avait rien à craindre de l'avenir, songea le jeune homme pour se convaincre qu'il n'était pas en train de commettre l'une des plus grosses conneries de sa vie. Ou peut-être était-ce juste une façon pour lui d'occulter le fait qu'il souhaitait franchir le pas avec son meilleur ami en sachant quelles conséquences il pourrait y avoir…

Surpris, Elfman releva la tête et se retrouva face au plus beau sourire de Gray. Ce dernier avait fini par baisser les armes devant l'insistance de son ami. Elfman avait simplement besoin de réconfort et lui d'affection. Après tout, ce n'était qu'un acte d'amitié, rien de plus et il n'y avait donc rien de mal à cela. C'était en tout cas ce qu'il voulait se persuader…

— Si jamais tu veux arrêter, n'hésite pas à me le dire, le prévint toutefois Gray.

Ne sachant que dire, Elfman acquiesça simplement.

— Très bien, conclut le brun. Assieds-toi et laisse-moi faire.

Gray rangea au placard sa conscience et changea radicalement de comportement vis-à-vis d'Elfman. Il le poussa du doigt, conduisant son ami à s'échouer lourdement sur le canapé.

Si Elfman devait se dérober, c'était maintenant ou jamais, le brun ne comptait pas le ménager ! Il voulait coucher avec lui ? Bien, il allait découvrir un autre Gray et ce dernier n'était pas sûr que cette partie de lui lui plaise…

— Attends Gray, ne me dis pas que c'est moi qui vais faire la femme… ? hasarda Elfman visiblement peu enchanté à cette idée.

Les bras croisés sur le torse et les yeux froncés, Gray rétorqua :

— Est-ce que tu vois un vagin dans cette pièce ?

Elfman écarquilla les yeux, le faisant ressembler à un poisson lune.

— Non, répondit-il pourtant, sans savoir où son ami et collègue voulait en venir.

— Vous les hétéros vous êtes tous les mêmes. Vous pensez tout de suite que celui qui est dessous est pareil à une femme, ce qui est faux ! rétorqua le jeune homme le doigt levé.

— Je ne voulais pas te vexer, ce que je voulais dire…, bredouilla son ami embarrassé.

— Je sais ce que tu voulais dire, soupira le jeune homme. C'est juste que je n'aime pas qu'on me compare à une femme. Je n'en ai pas les attributs et je pense que c'est évident…

Gray écarta les bras devant un Elfman tout penaud, exposant sa silhouette comme preuve imparable à ses arguments.

— Ce n'est pas ce que je voulais…, déclara le colosse visiblement inquiet.

— Je sais Elf… Rassure-toi, c'est moi qui serais le receveur.

— Le receveur ? On se croirait à un match à t'entendre ! s'amusa Elfman.

— C'est le cas, le sexe est un combat acharné entre deux lutteurs !

Cette réplique fit rire le colosse, visiblement un peu plus détendu qu'il ne l'était jusque-là.

— Cette fois, laisse-moi faire ! ordonna Gray en pointant son doigt sur le torse d'Elfman.

— A vos ordres capitaine ! accepta-t-il en faisant un salut militaire.

Ce faisant, Elfman s'installa plus confortablement sur le divan et croisa le regard brûlant de son ami rivé sur lui. Gray s'avança et d'un genou, lui écarta les cuisses pour s'y engouffrer. Elfman déglutit avec difficulté mais ne broncha pas. Il n'y connaissait absolument rien concernant les relations homosexuelles, contrairement à Gray qui avait eu, sans aucun doute, un certain nombre d'amants…

Gray observa le corps d'Elfman avant de se saisir du bas de son t-shirt pour le lui retirer. Il voyait bien que son meilleur ami n'en menait pas large, alors il décida d'y mettre du sien pour le détendre au maximum. Il connaissait quelques techniques qui fonctionnaient à tous les coups, même avec les hétéros… A moins qu'il ne s'enfuie à toutes jambes, dans ce cas, cela vaudrait sans doute mieux pour tous les deux.

Le brun s'agenouilla devant les yeux écarquillés d'Elfman qui commençait à se demander ce que son ami lui préparait. Il n'osait pas aller plus loin dans sa réflexion…

Gray déboutonna alors le jeans du colosse, lentement, tout en lui jetant un regard qui le fit vaciller momentanément. Le Strauss se sentait déstabilisé, c'était bien la première fois qu'il perdait ainsi ses moyens avec quelqu'un et encore plus avec un autre homme ! D'autant que Gray s'appliquait, presque professionnel, à faire durer le plaisir…

Mais après lui avoir lancé un dernier regard – qu'Elfman jugea lubrique – sans l'ombre d'une hésitation, Gray libéra le sexe déjà érigé du colosse. Ce dernier crut percevoir une légère rougeur apparaître sur les pommettes du jeune homme, mais dans la pénombre, il ne pouvait en être certain.

— Je te fais autant d'effet ? demanda Gray taquin.

Elfman s'empourpra violemment. Mais il devait bien avouer que pour le moment, son ami était très doué à ce petit jeu de séduction. Combien d'hommes avait-il capturé dans ses filets avec son seul regard ?

Gray farfouilla dans le meuble à côté du canapé pour sortir… une boîte de préservatifs et un tube de lubrifiant, remarqua Elfman surpris.

— Je vois que tu es équipé, constata-t-il un sourcil levé.

— On ne sait jamais quel bel athlète peut nous rendre visite, rétorqua Gray en jetant un clin d'œil complice à son ami.

Décidément, son collègue avait un réel talent pour déstabiliser un homme !

Le jeune homme reprit son sérieux pour sortir un préservatif de la boîte, déchirant l'emballage avec ses dents, il se saisit délicatement du morceau de latex, prêt à le dérouler sur le sexe de son futur amant. Quand il commença, Elfman rejeta sa tête en arrière sous l'effet de cette simple caresse.

Gray se réjouit intérieurement de la réaction qu'aurait son ami lorsqu'il lui prodiguerait les soins particuliers qu'il avait tout spécialement prévu pour lui. Mais quelque part, il craignait aussi qu'il prenne peur et le repousse. Peut-être que cela vaudrait mieux pour tous les deux mais… au fond, Gray ne le souhaitait pas. Il s'était montré fort la première fois mais il ne se sentait pas capable de le repousser une seconde fois…

Gray jeta un autre regard au Strauss, pour être sûr qu'il était toujours consentant puis rapprocha ses lèvres du phallus impressionnant érigé face à lui. Sans laisser le temps à Elfman de se poser trop de questions, Gray laissa glisser sa langue sur toute la hauteur de sa virilité. Il lui jeta un regard par en dessous et sa réaction alla au-delà de toutes ses espérances. Le colosse le fixait, les yeux écarquillés et les joues cramoisies, révélant l'effet que le jeune homme produisait sur lui.

Gray se remit à la tâche sans s'interrompre cette fois. Il se saisit délicatement du sexe gonflé d'une main, comme s'il s'agissait d'un objet précieux, puis le goûta cette fois-ci complètement. Gray entendit un son rauque s'échapper de la gorge d'Elfman et ne put s'empêcher de sourire, la verge toujours entre les lèvres. Lorsqu'il la sentit sur le point de se libérer, il ôta sa bouche pour constater la frustration de son ami. Gray ne voulait pas le faire languir plus longtemps, il savait qu'une érection à son apogée pouvait être particulièrement douloureuse. Alors, il se hissa lentement sur ses jambes et entreprit de se dévêtir sous le regard brûlant d'Elfman. Jusqu'à présent, Gray doutait encore que son ami puisse aller jusqu'au bout mais cette fois, plus de doute possible. Il n'y aurait plus de retour en arrière.

Le brun révéla son torse nu et musclé avant de descendre son pantalon d'une main experte. Il termina par un boxer particulièrement moulant qu'il laissa choir nonchalamment en dévorant des yeux son meilleur ami.

Ce que Gray n'avait jamais révélé à Elfman, c'est que la première fois qu'il l'avait vu des années plus tôt, il l'avait immédiatement désiré puissamment avant de fermer son cœur à clé, s'interdisant tout sentiment pour lui au moment où il devint l'un de ses plus proches amis. En regardant ses larges mains, Gray ne pouvait s'empêcher de vouloir se perdre entre elles…

Complètement nu, il descendit le pantalon et le sous-vêtement d'Elfman en bas de ses chevilles avant de s'agenouiller de part et d'autre de ses cuisses. Il frôla du dos de son doigt le torse bodybuildé avant de planter son regard bleu intense dans celui du Strauss.

— Tu es certain que c'est ce que tu veux ? lui demanda-t-il une dernière fois. C'est ta dernière chance.

C'était le moment ou jamais de faire marche arrière, après, il serait définitivement trop tard.

Elfman lui effleura la peau du plat de ses paumes avant de plonger son regard à son tour dans le sien.

— Embrasse-moi Gray.

Surpris par cette demande, le jeune homme lui caressa les lèvres avant d'y poser les siennes.

Brusquement grisé par l'intensité de l'instant, Elfman se saisit de sa nuque avant de forcer la barrière de ses lèvres pour y plonger la langue avec avidité. Gray s'y accrocha alors de toutes ses forces avant de s'en détacher à bout de souffle et les tempes en feu.

— Je crois que cette réponse est suffisamment éloquente, répondit le jeune homme le regard embrumé.

Gray se saisit du tube qu'il avait sorti préalablement et s'enduisit abondamment les mains du gel transparent. Tel un expert, il se frotta les mains pour étaler la substance avant de l'appliquer sur toute la longueur du sexe d'Elfman. Il s'enduisit ensuite l'intimité devant le regard étonné et brillant de son ami.

— Ça fait quelques temps que je n'ai pas fait l'amour, lui apprit-il. Si je ne me prépare pas soigneusement, je risque de le regretter demain. Et vu ta taille, je n'ose pas imaginer la douleur.

Bien que consciencieux à sa tâche, Gray ne quitta pas le regard du colosse. Il s'efforça à ne pas trop songer qu'il s'apprêtait à coucher avec son meilleur ami… Il se l'était interdit et pourtant, d'un seul revers de main, il balayait toutes ses résolutions. Il n'était plus temps d'y penser.

Enfin sûr d'être bien préparé, il chassa ses doutes et descendit doucement son bassin jusqu'à s'empaler sur la hampe érigée d'Elfman. Pour éloigner la douleur inévitable et se concentrer sur le plaisir à venir, Gray ferma les yeux, rejeta la tête en arrière en même temps qu'il cambrait le dos et poussa un long soupir.

Elfman était hypnotisé par cette vision que lui offrait son ami pour la première fois, comme s'il le découvrait seulement après des années d'amitié et de complicité virile.

— Jamais je n'aurais pensé qu'un homme pouvait dégager un tel érotisme, souffla-t-il.

Gray se redressa.

— L'érotisme n'est pas réservé à la gent féminine, déclara-t-il très sérieusement. Et je vais te montrer que faire l'amour avec un autre homme peut être plus grisant qu'avec une femme.

— Tu as déjà couché avec une femme ? hoqueta le Strauss.

Gray haussa des épaules avant de faire un sourire en coin à Elfman. Ce fameux sourire…

— Non, mais mes différents amants, oui…

Sur ces mots, Gray baissa son bassin d'un seul mouvement, faisant pénétrer le membre imposant de son ami complètement en lui. Un gémissement rauque filtra de sa gorge vibrante.

Elfman posa ses larges mains sur les fesses de Gray, les massant doucement. Le brun qui n'avait plus fait l'amour depuis des semaines, sentit son corps se tendre, ses poils se dresser et le désir affluer le long de son échine. Enfin, Elfman participait, enfin, il le touchait. Malgré son apparente confiance en lui, Gray avait craint de lire du dégoût dans le regard de son ami. Mais ce qu'il y lut disait l'exact contraire. Pendant que le colosse le dévorait des yeux, ses mains malaxaient son tendre postérieur dans lequel il se fondait avec délice.

Maintenant rassuré, Gray accéléra ses mouvements de hanches et libéra sans les retenir, les sons de sa gorge. Il réfugia son visage dans le creux du cou du colosse, souffla contre son oreille avant de lui mordiller le lobe, emporté par son plaisir.

Excité par les initiatives de son amant, Elfman pressa brusquement le corps mince qui se mouvait lascivement sur lui, contre le sien, profitant des battements frénétiques de son cœur, avant de le basculer sous son propre corps. La respiration erratique de l'homme montrait à quel point son excitation arrivait à son point culminant. A la stupéfaction de Gray qui se remettait difficilement de sa surprise, Elfman se saisit de ses poignets pour les plaquer au-dessus de sa tête. Le souffle court, la sueur ruisselant sur son corps finement musclé, les cuisses ouvertes, s'offrant à son amant sans pudeur, Gray semblait complètement différent du jeune homme qu'il connaissait depuis de longues années. Une sensualité indécente transpirait de chacun de ses pores.

— Bordel, si on m'avait dit qu'un homme pouvait être aussi sexy, souffla le colosse en se rapprochant des lèvres juteuses de son amant.

Mais ce fut Gray lui-même qui les captura avec gourmandise, mordillant ses lèvres sensuellement, enfouissant sa langue dans les profondeurs de sa bouche et jouant avec sa jumelle en gémissant de plaisir.

Il n'en fallut pas plus à Elfman pour se libérer totalement de toute retenue. Comme si un mécanisme s'était déclenché, il lança ses hanches contre les fesses du jeune homme, malmenant son intimité à une cadence infernale à grand renfort de cris et de gémissements libérés du moindre tabou.

Partagé entre plaisir et douleur et toujours maintenu par les poignets, Gray était secoué par de multiples sensations d'une intensité brutale. Il avait rarement éprouvé autant de plaisir dans les bras d'un homme. Peut-être était-ce parce qu'il connaissait Elfman depuis longtemps et qu'il savait que de la part de son ami, il ne pouvait y avoir que du respect. Ou peut-être parce qu'avec lui, pas de risque d'ambiguïté possible, ils avaient juste besoin du réconfort de l'autre. En définitive, peu importait la véritable raison…

Dans une union parfaite des deux corps, les deux amis finirent par se libérer, l'un dans la chair palpitante de l'autre et ce dernier entre les mains du premier.

Au bout de quelques secondes seulement, Elfman se rendit compte qu'il tenait encore prisonniers les poignets de Gray. En retirant ses mains, des marques rouges apparurent sur son épiderme d'une teinte habituellement nacrée.

— Gray… je suis désolé, bredouilla-t-il bouleversé de s'être montré si brutal sans même s'en rendre compte.

Gray observa un instant les marques laissées par Elfman, elles formaient de larges bracelets rougeoyants de formes irrégulières. Il regarda à nouveau son ami avant de lui sourire.

— Ce n'est rien Elf, je ne sens rien.

— Tu es sûr… ?

— Bien sûr que oui, je suis bien plus solide que je n'en ai l'air, fanfaronna-t-il.

Sur ces mots, il repoussa doucement Elfman pour se relever, le laissant s'occuper lui-même du préservatif usagé. Il s'étira ensuite comme après une longue séance de sport, masquant la douleur dans ses reins.

Elfman comprit que Gray lui cachait la vérité pour le rassurer, mais cette soudaine prise de conscience lui faisait peur. Il observa son ami dans le plus simple appareil s'allumer une cigarette avant de rejeter la première bouffée. Il l'avait pourtant vu faire des centaines de fois mais désormais, ce simple geste de son meilleur ami lui apparaissait comme une invitation à la débauche. La façon dont il tenait le bâton de nicotine entre ses doigts, qu'il portait le filtre entre ses lèvres humides, sa gorge qui vibrait au moment d'aspirer la fumée et sa bouche s'ouvrant pour l'expulser. Elfman comprenait à présent pourquoi Gray plaisait autant aux femmes et il était certain qu'il en allait de même pour les hommes. Même lui, hétéro jusqu'au bout des ongles, était troublé. Tant de sensualité chez un homme… était-ce bien viril ?

Il le vit éteindre sa cigarette pour venir s'échouer nonchalamment à côté de lui.

— Tu vas mieux ? s'enquit le jeune homme.

Elfman ne pouvait s'empêcher de fixer les lèvres tendres et encore rosies par leurs baisers ardents jusqu'à ce qu'il revienne enfin à la réalité crue.

Un sentiment amer de culpabilité s'empara de lui en songeant brusquement que pas une fois, il n'avait pensé à ses deux sœurs disparues. Ses mains se mirent à trembler involontairement.

Gray posa sa main sur son bras et le pressa doucement.

— Tu n'as pas à te sentir coupable Elf, le rassura Gray en devinant immédiatement le fond de ses pensées. Dès demain, nous mettrons tout en œuvre pour les retrouver.

— Je ne sais pas si je vais pouvoir attendre jusque-là, sanglota Elfman les poings serrés.

Gray le prit dans ses bras et le berça doucement jusqu'à ce que son ami cesse de sangloter. Ces derniers temps, Elfman passait d'une humeur à l'autre sans prévenir, déroutant parfois Gray. Le jeune homme s'inquiétait pour lui et voulait que toute cette affaire soit le plus rapidement possible élucidée avant qu'Elfman ne finisse par craquer pour de bon.

— On a tous les deux besoin de repos pour être en forme demain et se remettre au boulot, reprit Gray.

Elfman acquiesça de la tête, l'air complètement abattu.

— Est-ce que je peux dormir avec toi ? s'enquit-il les yeux larmoyants.

Gray avait rarement vu son ami dans cet état, voire même jamais. Dans d'autres circonstances, le colosse aurait dit que ce n'était pas là le comportement d'un homme ! Mais aussi fort que l'homme fût, la peur de perdre un être cher pouvait faire remonter la plus grande des fragilités de l'âme.

— D'accord mais avant, une douche s'impose ! déclara le jeune homme.

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Quand Gray revint de la salle de bain, ses cheveux ébouriffés gouttaient encore le long de sa nuque et une minuscule serviette cintrait ses hanches mais sans masquer grand-chose…

Pour la première fois, Elfman dut détourner le regard, troublé par la semi nudité du jeune homme. Jusqu'à maintenant, son corps qu'il exhibait pourtant souvent, sans en être même conscient, ne le dérangeait pas. Elfman s'amusait même que son ami se déshabille parfois inconsciemment. Mais cette fois, le colosse se sentait bien incapable de résister à cette nouvelle tentation. La plus grande faiblesse de l'homme n'était-ce pas pourtant la femme ? Gray bousculait toutes ses certitudes…

— Je t'ai sorti une serviette de toilette, déclara le brun en s'essuyant vigoureusement les cheveux.

Pour ce faire, il plia en deux son long corps fin et musclé, la tête baissée, il révéla encore un peu plus de son anatomie.

— Jamais tu ne portes de caleçon ? grogna Elfman.

Gray se redressa et sonda son ami.

— Je ne savais pas que ça te dérangeait autant.

— Ça ne me dérangeait pas… avant, déclara son ami en détournant une nouvelle fois le regard.

— Oh…, comprit Gray.

Le jeune policier ne put s'empêcher de sourire malicieusement. Déstabiliser ainsi le très viril Elfman Strauss était une prouesse dont il comptait bien profiter.

— Je te fais bien de l'effet alors.

— Une douche glacée ne me fera pas de mal, marmonna Elfman en ignorant l'énième provocation de son ami.

Mais au moment de le croiser, il ne put s'empêcher de lorgner vers le postérieur du jeune homme qui se dessinait sous la serviette éponge.

Oui, une douche glacée lui ferait le plus grand bien !

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En rejoignant la chambre de Gray une dizaine de minutes plus tard, ce dernier ne dormait pas. Assis dans son lit, le nez chaussé d'une paire de lunettes aux montures fines et noires, il lisait un livre avec concentration.

— Je ne t'avais jamais vu avec des lunettes, dit Elfman en s'approchant.

Ce dernier pensa que ça lui allait plutôt bien, lui donnant un petit air sérieux et sexy à la fois. Elfman se mordit l'intérieur de la joue à cette dernière pensée.

— Je ne les porte que le soir pour lire.

Gray referma son livre et le posa sur sa table de nuit avant de retirer ses lunettes. Elfman put lire le titre de l'ouvrage : « Les tueurs en série, psychologie criminelle » Depuis quand son ami lisait ce genre d'essais ? S'y intéressait-il depuis longtemps ou bien la disparition de ses sœurs en était-elle à l'origine ? Malgré les questions qu'il se posait, Elfman les tut, il ne se sentait pas la force de relancer le sujet. Le colosse se sentait las et vidé, et pas seulement à cause de la partie de jambes en l'air avec son pote.

— Tu peux te coucher sans risque, j'ai enfilé un caleçon, l'invita Gray avec amusement.

Elfman s'empourpra à la satisfaction de son ami.

— Tu m'avais caché ce côté mignon Elf, ajouta le jeune homme.

— Ferme-la Fullbuster, rétorqua Elfman piqué au vif, en se redressant fièrement. Je suis un homme !

— Aucun doute là-dessus, répondit Gray en regardant avec gourmandise sous la ceinture de son ami.

Elfman se demanda un instant s'il était prudent de dormir avec ce péché de luxure personnifié. Mais Gray le taquinait, il le savait. Alors, levant les yeux au ciel, Elfman s'avoua tout de même vaincu, la fatigue l'emportant sur son envie de gagner cette joute verbale avec son ami.

Il retira rapidement son pantalon avant de s'enfiler sous les draps. Plongeant son regard dans celui de Gray, il lui déclara :

— Merci.

Gray lui fit un sourire avant d'éteindre la lampe de chevet.

— Bonne nuit Elf.

Puis il ferma les yeux.

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Nda : J'espère que ce chapitre vous a plu ainsi que le citron. ^^ Alors, pas trop choqué d'avoir lu Elfman et Gray en pleine action ? xD J'avoue qu'un Gray uke dominant m'a bien plu à imaginer et je pense que ça colle bien à sa personnalité, non ? p

Dans le prochain chapitre, qui est en grande partie rédigé, vous connaîtrez un épisode du passé de Gray mais beaucoup de choses resteront à découvrir !

Merci d'avoir lu et à bientôt pour la suite :)