Nda : Bonsoir à tous. Je continue sur ma lancée des publications avec le chapitre 7 de Mortelle destinée ! ;) Ce chapitre fait suite aux ébats torrides de nos deux policiers et va vous apprendre quelques détails de plus sur le passé de Gray. J'espère qu'il vous plaira, pour ma part c'est l'un de ceux que je préfère pour l'instant. Il est un peu plus court que le précédent mais c'est pour la bonne cause xD
Sur ce bonne lecture ;)
Réponse à Chiara :
Merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira ;)
Mortelle destinée
oOoOo
Partie I :
Le cas des Strauss
oOoOo
- VII -
Gray s'était endormi depuis une bonne heure mais malgré tous ses efforts, Elfman ne réussit pas à en faire autant de son côté. Pourtant, quand bien même ses yeux brûlaient de sommeil, son cœur ne cessait de battre à tout rompre pour différentes raisons qui se superposaient les unes aux autres, créant un méli-mélo d'émotions insupportable.
Le policier revoyait sans cesse Mirajane et Lisanna baignant dans leur sang. Ses sœurs qu'il s'était pourtant juré de protéger depuis leur plus tendre enfance étaient aujourd'hui entre les mains d'un psychopathe, Dieu seul savait ce qu'il était en train de leur infliger…
Pour supprimer ses angoisses et les visions cauchemardesques qui les accompagnaient, le colosse chercha à tâtons le bouton de la lampe de chevet. Une fois celui-ci trouvé, il le pressa avec soulagement. En sueur et les tempes en feu, il s'assit dans le lit en faisant bien attention de ne pas trop bouger pour ne pas risquer de réveiller Gray.
Ce dernier dormait à poings fermés, un léger souffle sortant de ses lèvres. Le jeune homme endormi avait repoussé les draps sur ses jambes mais au grand soulagement d'Elfman, il portait toujours son caleçon. Toutefois, Gray n'en restait pas moins terriblement attrayant… En le détaillant ainsi, Elfman songea subitement aux ébats torrides qu'ils avaient tous deux partagés. Comme si tout lui revenait en mémoire après une amnésie temporaire. Pourtant, c'était bien là la vérité. Lui, Elfman Strauss, le plus viril de tous les hommes, avait fait l'amour avec un autre homme. Et pas n'importe lequel, son meilleur ami !
— Merde, murmura-t-il entre ses dents.
Pourtant, c'était bien lui qui l'avait voulu, lui faisant du rentre-dedans sans sommation. Pour se convaincre que ce n'était pas réellement une connerie mais un léger écart de sa trajectoire, Elfman regarda à nouveau son ami. Il ne pouvait nier que Gray était beau, homme ou pas, et qu'il savait user de ses charmes comme personne… Ses mèches lisses et noires retombaient en partie devant son visage finement dessiné, créant une ombre légère sur sa peau pâle. Elfman n'avait jamais eu l'occasion de le regarder de si près ; cette fois l'envie se mêlait peut-être à la curiosité… Il ne devait pas regretter le moment passé avec lui au risque de le blesser. Ils étaient amis et ce seul fait rendait leur acte légitime et inoffensif.
Tout à sa réflexion, le jeune homme remarqua un changement soudain dans l'attitude de son meilleur ami. Jusque-là d'apparence paisible, son visage s'était brusquement crispé tandis que son corps se mit à trembler.
Elfman fronça des sourcils, inquiet.
— Gray ? murmura-t-il, pas tout à fait sûr de devoir le réveiller.
Mais le sommeil du jeune homme devint très rapidement plus agité. Gray semblait gémir de douleur ou de tristesse, murmurant si faiblement qu'Elfman ne comprit pas le sens de ses paroles, jusqu'à ce qu'il croie reconnaître un prénom qu'il n'avait plus entendu depuis longtemps…
Loki…
Ce prénom semblait résonner du fond d'un passé oublié pourtant pas si lointain que cela. Se pourrait-il que… ? En y réfléchissant, Elfman comprit que c'était bien ce prénom que Gray prononçait si désespérément, il le lui prouva en le répétant plusieurs fois dans des sanglots étouffés, perdu au milieu d'autres noms : celui de ses parents, notamment. Gray ne les avait pourtant jamais connus mais visiblement, leur absence créait un vide dans son cœur. Une boule se forma dans la gorge d'Elfman en voyant son ami si vulnérable. Il se saisit alors de lui et, sans plus réfléchir, il le serra dans ses bras, le réconfortant d'une caresse dans les cheveux. Gray était son ami et il avait besoin de son soutien, il n'y avait rien d'autre à voir dans son geste, pensa le colosse. Toujours endormi, Gray s'accrochait au t-shirt d'Elfman et tremblait tout en sanglotant. Son ami ne l'avait jamais vu dans cet état. Il semblait aussi fragile qu'un enfant, lui, l'un des policiers les plus froids et implacables qu'il connaisse.
— Gray, réveille-toi ! le supplia-t-il en le secouant légèrement.
Cet état l'inquiétait… Pourquoi maintenant ? Etait-ce la disparition de ses sœurs qui le perturbaient plus qu'il ne le montrait, lui rappelant cette expérience traumatisante d'avoir perdu Loki et de n'avoir jamais connu ses parents ? Ou bien ces cauchemars étaient-ils habituels ? Gray parlait rarement de lui, en y réfléchissant, il ne lui aurait jamais confié ses terreurs nocturnes, pensa Elfman avec regret. Son ami donnait l'image d'un homme fort et hermétique à toute souffrance ou peine à son entourage. Même à lui, son meilleur ami, il ne montrait que cette façade, camouflant l'autre derrière une épaisse couche de glace. Elfman n'avait jamais douté des tourments intérieurs que Gray pouvait avoir parfois, mais les voir ainsi s'exprimer avait de quoi bouleverser son coéquipier… Et pourtant, Gray avait toutes les raisons du monde d'en avoir et de les crier au monde entier.
Après quelques instants de réflexion, le policier fut convaincu de devoir réveiller son ami à tout prix. Le rassurer et qu'il comprenne qu'il n'était pas seul et même s'il n'était pas Loki, Elfman voulait qu'il sache qu'il serait toujours là pour lui, à ses côtés.
— Gray !
Cette fois, l'appel désespéré d'Elfman sembla atteindre sa cible. Tout tremblant, Gray repoussa son ami avant de plonger son visage entre ses mains, reprenant son souffle avec peine. Elfman posa une main hésitante sur son épaule.
— Gray, est-ce que ça va ?
Au lieu de répondre, le jeune homme se leva et se dirigea en titubant vers la salle de bain. Elfman le suivit aussitôt mais son ami lui referma la porte au nez.
A l'intérieur de la petite pièce, Gray se dirigea vers le meuble du lavabo surmonté d'un miroir et qui faisait face à la grande douche italienne. Celle-ci faisait quasiment toute la longueur de la salle d'eau. Le jeune homme chamboula encore, son corps ne cessant de trembler et dut se retenir en s'appuyant contre le rebord du meuble.
— Gray ? héla Elfman derrière la porte. Est-ce que ça va ?
Le jeune homme soupira. En observant son reflet dans le miroir au-dessus du lavabo, il constata avec horreur son état. Ses joues étaient souillées par les larmes et ses paupières rouges et bouffies. Ses yeux continuaient de se déverser sans discontinuer sur son visage ravagé par la souffrance et son cœur peinait à ralentir la cadence.
« Non, pas ça ! » pensa le jeune homme les poings serrés.
— Ça va Elf, retourne te coucher, j'arrive, le rassura le jeune homme en s'efforçant d'éviter les tremblements dans sa voix.
Mais elle restait bien trop chevrotante pour paraître convaincante. Pour se reprendre, Gray s'aspergea abondamment le visage plusieurs fois d'eau glacée. Ses larmes cessèrent enfin de couler, à son grand soulagement. Il attrapa la petite serviette pendue sur le sèche-serviette et se tamponna le visage tout en respirant profondément pour se redonner contenance, avant d'affronter le regard de son ami.
En sortant de la pièce, Elfman l'attendait un verre à la main.
— Tiens, lui présenta-t-il.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda Gray en s'avisant du liquide ambré que contenait le verre.
— En fouillant un peu dans tes placards, j'ai trouvé du cognac. J'ai pensé que ça serait plus efficace qu'une aspirine.
Gray s'en saisit et but une longue gorgée avant d'aller s'asseoir sur le canapé.
— Tu veux en parler ? s'enquit Elfman en le rejoignant.
— C'était juste un cauchemar.
— Tu as prononcé… le prénom de Loki à plusieurs reprises et puis tu as parlé de tes parents aussi…
Gray avala une autre gorgée mais garda le silence alors Elfman reprit.
— Tu ne m'as jamais raconté ce qu'il s'était passé il y a deux ans… Je ne t'ai jamais posé de questions parce que je pensais que tu m'en parlerais le jour où tu serais prêt mais… je crois que j'aurais dû comprendre par moi-même que tu en souffrais toujours. J'aurais dû comprendre que ton attitude détachée n'était qu'une façade. C'était ton coéquipier après tout et ton ami.
Tout comme lui, songea Elfman avec tristesse.
Gray se sentait la gorge sèche à la seule pensée d'évoquer ces souvenirs douloureux, qu'il avait pourtant mis tant d'acharnement à oublier.
Il but une grande gorgée de l'alcool ambré, sentant la brûlure fugace dans sa trachée, avant qu'il ne se diffuse dans tout son corps et l'apaise ne serait-ce qu'un peu.
— Je ne connais que la version officielle, ajouta Elfman, et les…
— Rumeurs, termina Gray d'une voix rauque.
Le jeune homme se plongea quelques instants dans ses pensées. Des images douloureuses et d'une intense violence lui parvinrent, plus nettes que jamais, si bien qu'il eut beaucoup de mal à retenir les larmes qui menaçaient. Ses mains crispées autour de son verre se mirent à trembler.
— Les rumeurs sont vraies, articula-t-il difficilement. Loki est mort à cause de moi.
— Gray…
— Je n'étais pas assez concentré, l'interrompit le brun. Si je n'avais pas eu la tête ailleurs, il n'aurait pas eu à me protéger.
— Tu es trop dur avec toi.
— Non Elf. Ça fait partie de notre boulot d'être vigilant. On n'a aucun droit à l'erreur ! Cette fois-là, je n'étais pas à cent pour cent…
— Ça arrive aux meilleurs d'entre nous d'avoir des jours sans…, tenta de le rassurer Elfman.
Gray secoua doucement la tête mais n'ajouta rien de plus. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ce genre de cauchemar mais cela faisait bien longtemps qu'ils n'avaient pas été si violents…
— Est-ce que c'est vrai que toi et Loki, vous étiez…
Elfman se mordit la lèvre, se rendant compte bien trop tard de l'indiscrétion de sa question.
— Oublie…, voulut-il se rattraper mais Gray le coupa avant qu'il ne finisse sa phrase.
— Oui, c'est vrai.
Le colosse écarquilla les yeux, ne s'attendant pas à une réponse positive. Il avait toujours cru que toutes ces rumeurs sur leur prétendue relation étaient des racontars pour amuser la galerie.
— Mais, je croyais que Loki était hétéro…
— C'était le cas… Il disait qu'il aimait la beauté, quel qu'en soit le sexe.
— Oh…, souffla Elfman en comprenant ce qui avait pu attirer Loki chez Gray.
— Loki était comme ça, reprit le jeune homme un léger sourire aux lèvres.
— Et…, hésita son ami, c'était sérieux entre vous ?
— Pour lui, je suppose que je n'étais qu'une conquête de plus, mais moi… j'étais sérieux oui.
Elfman vit perler quelques larmes à la lisière de ses paupières.
— Je suis désolé.
— Non. C'est de ma faute, je savais pourtant à quoi m'attendre avec lui. Je n'aurais pas dû autant m'attacher à lui, il serait sans doute encore en vie aujourd'hui.
Gray repensait à ce jour où, deux ans plus tôt, Loki, son coéquipier depuis son entrée officielle dans la police, était mort dans ses bras, une balle en plein cœur. Balle qu'il avait prise pour Gray, pour le protéger. Le jeune policier se souvenait aussi du sourire sur les lèvres déjà trop pâles de son amant au moment de rendre son dernier souffle et de ses propres mots qui l'avaient alors accompagné dans la mort.
« Je t'aime » avait soufflé Gray pour la première fois de sa vie, souhaitant que Loki connaisse ses sentiments et les emporte avec lui dans son dernier voyage. Moribond, son amant avait alors approché sa main de son visage en lui souriant tendrement, comme il ne l'avait encore jamais fait, puis il avait cessé de respirer, ses yeux noisette fixés sur Gray et sa main retombant lourdement.
En repensant à cet ultime échange avec Loki, Gray versa quelques larmes qu'il ne chercha pas à retenir cette fois-ci.
— On devrait retourner se coucher, proposa-t-il en finissant son verre d'une traite.
— Tu as raison, acquiesça Elfman, ne voulant pas insister sur cet épisode tragique du passé de son ami.
Il l'observa un instant, songeant qu'il ne le connaissait pas si bien qu'il l'aurait pensé. Pour lui, Gray était de ces hommes capables de résister à tout, mais malgré son indéniable force, il était doté d'une part immense de fragilité qu'il cachait la plupart du temps dans sa prison de glace. Comment avait-il pu passer à côté de sa détresse lui qui se disait son meilleur ami ? A partir de cet instant, Elfman se promit de prendre soin de lui autant qu'il en était capable. Même si actuellement, il n'était lui-même pas aussi indestructible qu'il l'aurait voulu.
— Gray ? l'appela-t-il avant que son ami ne rejoigne la chambre.
— Oui ? répondit le jeune homme en se retournant.
— Tu n'es pas responsable de la mort de Loki. Il a pris une décision, c'était toi ou lui.
Elfman se garda bien de lui dire qu'il louait le ciel que Loki ait pris la décision de sauver Gray. Pas qu'il ait quoi que ce soit contre lui mais depuis l'école de police, Elfman avait toujours était plus proche de Gray que de Loki. Les deux hommes n'avaient jamais eu d'atomes crochus, c'était ainsi et si Elfman côtoyait ce dernier, c'était seulement pour Gray.
Sans se douter de ses pensées, son coéquipier lui offrit un pâle sourire avant de regagner la chambre à coucher.
Gray était déjà enfoui sous la couverture lorsqu'Elfman le rejoignit quelques minutes plus tard. Il n'était pas sûr qu'il dorme déjà. Le colosse se glissa aussi doucement que possible sous les draps et observa un instant son ami dans la pénombre.
Maintenant, il en était sûr, Gray ne dormait pas, son cœur battant bien trop vite. Elfman ne sut pas réellement pourquoi il fit ce geste, peut-être en avait-il lui-même besoin, mais il se rapprocha de Gray et, sans un mot, l'enveloppa de ses larges bras.
La surprise de sentir la chaleur enveloppante de son ami autour de lui, lui fit écarquiller les yeux. Pourtant, Gray ne fit pas un geste pour le repousser. Au contraire, il se blottit davantage contre lui, puis ferma les yeux, un peu apaisé.
oOoOo
Elfman se réveilla la bouche pâteuse et un mal de crâne lancinant. Désorienté, il tenta d'ouvrir les yeux doucement mais dut se raviser bien vite. Il se concentra un instant avant de réitérer l'expérience. A son grand soulagement, la lumière qu'il avait crue violente, était au contraire douce et reposante. Elle filtrait au travers des rideaux bleus qui pendaient devant la fenêtre. Des rideaux qu'il ne reconnût pas immédiatement. Elfman se souvint alors qu'il n'était pas chez lui. Le policier se frotta la tête à la recherche de ses souvenirs brumeux de la veille. Le jeune homme ne mit pas longtemps à se rappeler de sa soirée et de… Il plongea sa tête entre ses mains en se rappelant avoir passé la nuit avec son meilleur ami. Il avait couché avec un homme.
— C'est pas vrai…, grogna-t-il.
Il se revit assis sur le canapé, Gray agenouillé devant lui et lui faisant une fellation. Elfman se sentit s'empourprer à ce souvenir. Il avait ensuite passé la nuit avec lui… Jamais il n'aurait cru éprouver autant de plaisir avec un homme. C'était différent de ce qu'il avait pu connaître avec ses différentes amantes. Elles paraissaient si fragiles à côté de son physique d'ogre qu'il avait toujours eu peur de leur faire du mal, au point de les briser. Il s'était alors toujours retenu dans leur bras. Sauf avec Evergreen, son ex-petite amie… C'était elle qui l'avait malmené de bout en bout dans leur relation, et leurs rapports sexuels étaient plus qu'explosifs ! Avec Gray, Elfman avait l'impression qu'il pouvait être lui-même, bizarrement, il s'était senti plus homme que jamais en faisant l'amour avec lui. Etait-ce normal ? Le jeune homme décida que l'heure était bien trop matinale pour réfléchir à ce genre de chose.
Il observa alors la place vide laissée à côté de lui. Les draps froissés révélant la présence récente d'un corps. Alors, l'image de Gray en plein cauchemar lui revint aussi en mémoire. Il avait passé le reste de la nuit à le blottir contre lui, espérant que ses horribles souvenirs ne le hantent pas encore une fois. Jamais encore il n'avait vu son meilleur ami dans un tel état de détresse. Pourtant, elle était tellement justifiée que ce qui aurait dû l'étonner davantage, c'était de ne pas avoir vu Gray craquer plus tôt. Mais c'était Gray… Le taciturne et froid Gray Fullbuster qui ne laissait jamais rien paraître.
Elfman se frotta vigoureusement le visage avant de se décider à enfin sortir du lit et d'affronter le regard de son ami. En se redressant, il se rendit compte qu'une migraine menaçait, alors il fit des mouvements lents pour s'extraire des draps. Il fit de même en s'habillant et rejoignit enfin la pièce à vivre. Elfman se laissa guider par une odeur de café qui lui fit instantanément du bien. Gray était dans la cuisine, en caleçon, et s'activait déjà aux fourneaux. Elfman sourit en le voyant affublé d'un tablier un peu trop féminin pour lui. Il ne put retenir un pouffement.
Gray se retourna, lui offrant un regard menaçant.
— Te fous pas de moi, c'est un cadeau… et je n'ai pas d'autre tablier à mettre, maugréa le jeune homme en retournant à ses fourneaux.
Elfman le détailla, toujours un sourire aux lèvres.
— Le rose te va à ravir ! Il magnifie ton teint de blanche neige.
— Ta gueule et installe-toi, grogna Gray en lui posant une assiette remplie à ras bord.
Elfman ne put s'empêcher de se lécher les babines en détaillant son petit-déjeuner gargantuesque. Des œufs, du bacon, des pommes de terre et des champignons.
— En quel honneur ? interrogea le policier en sondant son ami qui s'évertuait à éviter son regard.
— Tu as besoin de force pour affronter la journée qui t'attend, répondit Gray en s'asseyant en face de lui. Et tu n'as pas beaucoup dormi, ça t'aidera à tenir le coup.
Elfman observa Gray du coin de l'œil. Comment pouvait-il penser à lui après la nuit qu'il avait lui-même passé ?
— Et toi… Comment tu vas ? demanda-t-il inquiet.
— Moi ? Après une nuit de sexe débridé, je suis en pleine forme ! déclara Gray avec un clin d'œil complice et un sourire mutin.
Pourtant, ses yeux gonflés démontraient le contraire… Elfman comprit que son ami ne souhaitait pas revenir sur son cauchemar alors il le laissa tranquille. Toutefois, il voulait qu'il sache qu'il pouvait compter sur lui.
— Je serai toujours là pour toi Gray, déclara-t-il sérieusement.
Le jeune policier lui sourit.
— Moi aussi Elf, allez mange avant que ça ne refroidisse !
Elfman sonda une dernière fois son ami avant de dévorer son assiette.
Le reste du petit-déjeuner se déroula dans le silence, permettant à chacun des deux hommes de songer à la journée qui les attendait. Ils espéraient avoir quelques éléments de plus à leur disposition et avancer plus concrètement dans l'enquête. D'abord, ils retourneraient au camping interroger les quelques résidents absents lors de leur première visite la veille. Peut-être avaient-ils vu ou entendu quelque chose ?
oOoOo
La jeune femme entendit le verrou de sa cellule s'ouvrir. Recroquevillée dans un coin, elle n'avait quasiment plus aucune force. Seule celle d'affronter la mort en face était encore intacte…
Une silhouette se découpa dans le contre-jour. Elle lui semblait bien moins massive que celle de l'homme qui l'avait malmenée, était-ce son imagination ?
— Comme c'est fâcheux, retentit la voix de l'intrus.
— Qui… qui êtes-vous ?
La silhouette face à elle n'avait rien de comparable avec celle de l'homme qu'elle avait vu plus tôt, cette fois elle en était sûre et sa voix le lui confirmait.
— Où est Lisanna ? enchaîna-t-elle.
— Je lui avais demandé de ne pas vous abîmer. C'est elle qui le voulait.
— Lisanna ? Vous parlez de Lisanna c'est ça ?
Mirajane sentit les battements de son cœur s'accélérer brusquement en même temps que la douleur dans son corps se réveillait.
— J'aurais dû m'en douter. Il n'était pas tout à fait comme lui.
De quoi parlait-il ? Mirajane avait l'impression que cet homme était dans son monde, comme si les questions qu'elle lui posait ne faisaient que diriger ses propres questionnements.
— S'il vous plaît, dites-moi seulement si Lisanna va bien…, supplia la jeune femme à deux doigts d'exploser.
Un petit rire retentit puis s'interrompit brutalement.
— Puisqu'elle me l'a demandé, tu peux rester ici encore un peu mais…
— Je ne comprends pas, c'est Lisanna qui vous a demandé ça ? Ça veut dire qu'elle va bien ?
— Je prendrai soin d'elle comme elle a pris soin de moi, répondit-il avant de s'éloigner.
— Attendez ! Ne partez pas ! Laissez-moi au moins lui parler !
Mirajane entendit le grincement de la porte, puis un petit plateau glissa vers elle. La porte se referma et les pas s'éloignèrent.
Malgré la fugacité de l'échange, Mirajane était maintenant certaine que Lisanna était en vie. Tout d'abord soulagée, l'angoisse la reprit en songeant à ce qu'elle allait subir…
oOoOo
Nda : Voilà pour ce chapitre ! Désolée, on ne revient pas encore sur l'enquête mais ça sera le cas dans le prochain. Normalement, il devrait y avoir quelques rebondissements mais comme il n'est pas encore écrit, je ne suis sûre de rien.
J'imagine que ce chapitre vous laisse avec pas mal de questions, je l'espère en tout cas ! Les réponses arriveront petit à petit ;)
Je sais que ce couple ne plaît pas énormément mais aux quelques-uns qui suivent cette fic et l'apprécient (ou pas), ça serait super d'avoir quelques retours :)
Je vous dis à très bientôt et merci aux quelques-uns qui suivent cette fiction et d'avance pour vos reviews.
