Nda : Bonsoir à tous ! J'ai enfin terminé ce chapitre ! Pour tout vous dire, je l'ai terminé depuis lundi dernier sauf qu'il manquait cruellement de développement. Mais je ne pensais pas en rajouter autant… :p
Je sais que ça fait longtemps que j'ai publié le dernier chapitre de cette fiction, toutes mes excuses aux deux/trois lecteurs qui la suivent. Ces derniers mois ont été très chargés mais si tout va bien, ça devrait aller mieux dès le mois prochain.
Bref, j'arrête de vous abreuver de mes paroles inutiles et vous laisse à la lecture de ce chapitre, un peu plus long que les précédents, je vous devais bien ça ;)
Bonne lecture ;)
Mortelle destinée
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Partie I :
Le cas des Strauss
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-VIII-
La jeune femme ne le voyait pas mais elle sentait son regard posé sur elle. Au début, le comportement de son ravisseur lui faisait froid dans le dos. Désormais, elle faisait fi de ces pupilles inquisitrices pour se concentrer sur les origines de son comportement. Ce n'était pas toujours évident pour elle de réfréner la peur qui la tenaillait et surtout, d'essayer de ne pas trop penser à sa sœur retenue elle-aussi et s'efforcer à ne pas imaginer le pire… Pour se rassurer, Lisanna espérait que son ravisseur la traitait bien, comme il le lui avait promis. Malheureusement, elle n'avait pas d'autre choix que de le croire sur parole lorsqu'il lui affirmait que tant qu'elle était à ses côtés, sa grande sœur ne craignait rien… Se laisser aller à ses émotions ne ferait que la plonger un peu plus dans le cauchemar qu'elle vivait déjà et cet état ne l'aiderait pas à s'en sortir. C'était en tout cas ce qu'elle s'obligeait à penser mais son manque d'expérience dans la psychologie criminelle n'était pas là pour la rassurer. Cela faisait à peine deux ans que Lisanna avait rejoint sa sœur aînée dans le cercle très fermé des profileurs et depuis ses premiers pas, aucune des affaires sur lesquelles elle avait travaillé, n'avait encore abouti… Et bien que ses supérieurs l'aient à mainte fois complimentée sur son travail, le manque de résultat avait tendance à réduire sa confiance en elle à néant. Depuis qu'elle était retenue prisonnière par ce psychopathe, ce n'était que lorsqu'elle songeait à Elfman, son grand frère si protecteur, qu'elle gardait l'espoir de s'en sortir. Le connaissant, il était sans aucun doute déjà en train de remuer ciel et terre pour retrouver ses deux sœurs. La seule chose qui l'inquiétait, c'est qu'il fonce tête baissée. Malheureusement, quand cela les concernait elle et Mirajane, il avait la fâcheuse tendance à perdre toute clairvoyance… mais elle avait confiance en son collègue et meilleur ami, Gray, pour qu'il l'arrête au besoin. Ces deux-là formaient une équipe de choc depuis bientôt deux ans et bien que leur caractère soit aux antipodes l'un de l'autre, ils se complétaient parfaitement, faisant d'eux, d'excellents enquêteurs.
Lisanna se mit à frissonner. De ses mains tremblantes, elle tenta d'offrir un semblant de chaleur à sa peau glacée. C'est alors qu'elle entendit les pas de son ravisseur approcher. La jeune femme ferma les yeux un instant, songeant qu'elle aurait dû mieux masquer ses émotions. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'il surgissait ainsi de nulle part… Quand il fut assez proche, sa présence révélée par son souffle long et le blanc de ses yeux contrastant avec la pénombre, il resta là à la regarder puis d'un geste presque tendre, il lui passa un gros châle de laine autour des épaules. Il s'était déjà montré prévenant avec elle à d'autres reprises mais ses actes de tendresse étaient bien pires que ses accès de folie, révélant à quel point cet homme était désaxé et d'une dangerosité palpable.
— Il fait un peu frais ce soir, il serait dommage que tu attrapes la mort, lui dit-il en révélant ses dents parfaitement blanches dans un sourire resplendissant.
Lisanna frissonna encore. Etait-ce de froid ou la terreur que ce sourire faisait naître en elle ? Lorsque l'homme la prit dans ses bras, elle cessa momentanément de respirer mais se força à ne pas montrer à son geôlier, à quel point elle était pétrie par la peur…
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Depuis quelques heures, Gray et Elfman avaient rejoint le camping dans lequel résidait Jorg Kleeman. Une équipe ratissait encore le pourtour de son mobil-home jusqu'au bois qui bordait les petites habitations. Les hommes de la police scientifique s'affairaient depuis l'aube. Interrompus dans la nuit par une averse torrentielle, ils avaient dû alors cesser momentanément les recherches, au grand dam des enquêteurs. En effet, les maigres traces qu'ils auraient pu encore trouver avaient sans doute été depuis longtemps effacées par la pluie ou détruites par la boue. Les espoirs s'amenuisaient et le moral des deux policiers aussi. Pour le moment, bien que le temps fût gris et les nuages chargés d'humidité, la pluie les épargnait et les recherches avançaient à un rythme soutenu.
Alors que les deux coéquipiers s'informaient auprès du gardien d'éventuels retours de résidents du camping, un agent vint à leur rencontre. Gray reconnut immédiatement l'un des policiers chargés de la surveillance de l'entrée du camping.
— Que se passe-t-il ? s'enquit-il une fois le policier à sa hauteur.
— C'est un homme et son fils, ils disent habiter dans le camping et veulent qu'on les laisse passer, leur apprit l'agent. D'après eux, ils étaient partis camper à l'extérieur depuis hier matin.
Lors de leur première visite, Gray et Elfman avaient été dépités de constater que plusieurs occupants n'étaient pas présents dans le camping au moment où ils avaient constaté la disparition étrange de leur suspect. En revenant ce jour-là, ils avaient eu l'espoir de rencontrer les résidents absents la veille pour les questionner sur leur voisin. Mais malheureusement, le seul habitant avec qui ils avaient pu parler, un étudiant louant un mobil-home en dehors de la saison touristique, avait passé les cinq dernières nuits chez sa petite amie et ne se souvenait pas avoir vu un quelconque visiteur chez Kleeman, qu'il croisait peu du reste.
— Laissez-les rentrer, avec un peu de chance, ils pourront nous renseigner sur Jorg et son complice.
— Peut-être même qu'ils auront vu ou entendu quelque chose juste avant la disparition de cette pourriture, grogna Elfman.
L'agent acquiesça et fila au petit trot vers l'entrée du camping où deux de ses collègues se partageaient la surveillance de l'entrée du camping.
Gray jeta un regard soucieux vers son ami. Depuis leur départ de son appartement, Elfman n'avait pas décroché plus de quelques mots. Son regard perdu et son visage fermé laissait transparaître l'inquiétude dévorante qui le rongeait de plus en plus. Saurait-il se contenir jusqu'à ce qu'ils retrouvent Mirajane et Lisanna ? Dans le cas où elles seraient retrouvées saines et sauves bien sûr… mais Gray ne voulait pas songer à l'autre éventualité.
Les deux hommes attendirent quelques minutes, jusqu'à ce que l'agent revienne accompagné d'un homme et d'un adolescent, tous deux chargés de gros sacs à dos. L'homme aux cheveux grisonnants, le père comprirent immédiatement les deux policiers, affichait un visage fermé, presque renfrogné. Le jeune homme à côté de lui n'avait pas plus de quinze ans, supposa Gray. De taille moyenne, les cheveux un peu trop longs voilant une partie de son visage, il semblait complètement effacé à côté du physique imposant de son père. Les mains enfoncées dans les poches et le regard fixant ses chaussures, il avait tout de l'adolescent mal dans sa peau. Gray songea immédiatement que cet homme bourru à ses côtés, n'était sans doute pas le père de l'année… bien qu'il sache que les apparences étaient parfois trompeuses, son instinct, lui, ne le trompait jamais.
— Vous voulez quoi ? demanda l'homme d'un ton accusateur. Pourquoi on peut pas rentrer chez nous librement ?
— Nous recherchons un homme qui vit dans ce camping, Jorg Kleeman. Est-ce que vous l'avez vu récemment ? s'enquit Elfman d'un ton bourru.
L'homme haussa des épaules avant de répondre.
— Pas depuis plusieurs jours. Je le vois pas souvent ce type. Chacun s'occupe de ses affaires ici et c'est bien comme ça. Et vous lui voulez quoi au Jorg ?
— Lui poser quelques questions sur une affaire en cours, lui apprit Gray, préférant rester évasif avant de se recentrer sur le fils. Et toi, tu as peut-être vu quelque chose ?
— Non, rien, murmura le garçon entre ses dents.
Gray eut le temps de voir le regard insistant de l'homme sur son fils, un regard qui imposait à l'adolescent de faire attention à ce qu'il disait.
— Très bien, déclara Gray. Si vous vous souvenez de quelque chose, voici ma carte.
L'homme la prit avec un désintérêt manifeste puis tourna les talons sans plus un mot. Avant de pénétrer dans son mobil-home, il chiffonna la carte puis la jeta comme un vulgaire déchet.
Elfman eut l'envie furieuse de se jeter sur lui mais Gray l'arrêta d'un geste avant de suivre le jeune homme qui marchait à quelques mètres derrière son père, traînant des pieds nonchalamment.
— Hey, attends, le héla-t-il, le rattrapant de quelques enjambées.
— Qu'est-ce que vous me voulez ! répondit le garçon sur la défensive.
Gray lui glissa discrètement une carte entre les mains.
— Si tu sais quelque chose, s'il te plaît, aide-nous, murmura le jeune homme.
— Pourquoi je vous aiderais ? Et qui vous dit que je sais quelque chose d'abord ?
— Je pense que tu es quelqu'un de bien mais que tu as peur de ton père, je me trompe ?
Le regard fuyant de l'adolescent était criant de vérité.
— Ecoute, reprit Gray avant que le garçon ne prenne ses jambes à son cou pour de bon. S'il te demande ce que je te voulais, dis-lui simplement que je t'ai fait une petite leçon de morale pour ne pas que tu fasses de connerie.
Gray ne voulut pas le mettre davantage dans l'embarras et s'éloigna tranquillement du garçon. Rejoignant Elfman, ce dernier l'interrogea du regard.
— Qu'est-ce que tu lui as dit ?
— Ce gosse a l'air terrifié mais j'ai l'impression qu'il sait quelque chose. Je lui ai donné ma carte, j'espère juste que la peur qu'il éprouve pour son père ne le bloquera pas trop.
— J'aime pas ce type, grogna Elfman.
Quelques minutes plus tard, Quelques minutes plus tard, l'homme ressortit de son mobil-home et se dirigea vers la sortie du camp. Gray aperçut le garçon au travers de la fenêtre, le regarder s'éloigner puis lui jeter un bref regard.
Le policier retint sa respiration et attendit patiemment que l'adolescent sorte à son tour. Il sentait que ses mots avaient fait mouche.
— Elf, si le gosse vient me parler, laisse-moi seul avec lui.
— Mais pourquoi ?
— Parce qu'en ce moment tu es sur des charbons ardents et que te laisser face à un gosse qui subit peut-être la violence de son père ou en tout cas ses brimades, n'est pas l'idée du siècle.
Elfman soupira mais il dut reconnaître que son ami avait raison. Il n'était franchement pas à prendre avec des pincettes en ce moment et il savait que sa patience était particulièrement limitée.
— Je vais aller voir où en est l'équipe dans la forêt, finit-il par capituler avant de s'éloigner de lui.
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En attendant le moindre petit signe du garçon, Gray relut les quelques notes qu'il avait prises depuis le début de l'enquête. Le peu d'information dont il disposait lui mit un sérieux coup au moral jusqu'à ce qu'il décèle une présence devant lui.
D'un pas peu sûr, l'adolescent s'avançait doucement vers le policier. Gray lui sourit pour lui montrer qu'il n'avait rien à craindre de lui.
— Quel est ton prénom ? s'enquit-il en ne se départant pas de son sourire rassurant.
— Jules, répondit le garçon en regardant de temps à autres derrière lui, sans doute pour vérifier si son père ne revenait pas, pensa Gray.
— Jules, répéta le policier. Tu as quel âge ?
— Bientôt dix-sept ans, l'informa-t-il.
L'adolescent faisait bien plus jeune qu'il ne l'aurait cru, songea Gray avant de reprendre.
— Jules, tu sais quelque chose, n'est-ce pas ?
Le garçon baissa la tête et tortilla nerveusement ses doigts.
— Ne le dites pas à mon père s'il vous plaît, bredouilla-t-il.
— Je ne suis pas là pour te créer des ennuis avec ton père, le rassura le jeune homme. Mais si tu sais quelque chose, il faut que tu m'en parles. Deux de mes collègues ont disparu et Jorg Kleeman peut nous aider à les retrouver. Même si ce n'est qu'un détail qui te parait insignifiant, tu peux me le dire, ça nous aidera bien plus que tu ne le penses.
— Très bien, capitula le garçon. Il y a deux nuits, comme mon père était encore au travail, je suis sorti pour fumer quelques cigarettes… S'il savait que je fume, il me tuerait ! J'ai trouvé une cachette dans le bois pour planquer mon paquet et mon briquet, et ce soir-là… j'ai entendu deux hommes se disputer. Comme je ne voulais pas que mon père apprenne ce que je faisais, je me suis caché. Quand les deux types ont approché, j'ai reconnu la voix de Jorg, j'ai même eu l'impression qu'il pleurait, il n'arrêtait pas de s'excuser auprès de l'autre. Ça m'a surpris même si je sais qu'il est un peu… vous savez, il a quelques problèmes là-dedans.
L'adolescent pointa sa tête du doigt avant de s'interrompre un instant, fouillant visiblement dans sa mémoire.
— Je n'ai pas trop compris leur conversation, reprit-il, mais l'autre avait l'air bien énervé, il lui disait qu'il l'avait prévenu de ne rien lui faire mais qu'il n'en avait fait qu'à sa tête ! Qu'il n'était pas comme lui, comme il l'avait cru…
— Tu es sûr de ses paroles ? s'enquit Gray intrigué.
— Je sais que ça n'a pas de sens mais oui, c'est à quelques mots près ce qu'ils se sont dits.
Gray prit quelques notes rapides. Même si les paroles de l'inconnu semblaient confuses, le policier sentait qu'elles avaient toute leur importance.
— Tu connaissais l'autre homme ?
— Non, répondit le jeune garçon en secouant la tête.
— Est-ce que tu saurais le décrire ?
— J'avais tellement peur que je ne les ai pas regardés. Ensuite, je les ai entendus s'éloigner.
— Très bien, merci Jules. Tu peux faire une dernière chose pour moi ? Après je te laisserai tranquille, promit Gray en lui souriant.
L'adolescent paraissait fier de pouvoir encore aider la police alors il acquiesça vivement, visiblement plus serein.
— Peux-tu me conduire à l'endroit où tu te trouvais ce soir-là ?
— Ça ne sera pas difficile, je reste toujours au même endroit pour fumer mes cigarettes. Il y a un tronc sympa qui me sert de banc.
Suivi par Gray, le jeune homme partit d'un pas sûr dans la direction du petit bois derrière le camping. Il s'éloigna du sentier en bifurquant derrière un gros chêne jusqu'à atteindre une petite clairière.
— C'est là-bas que je m'assois, montra le garçon en désignant un long tronc d'arbre à l'orée du bois.
Gray comprit immédiatement pourquoi l'adolescent aimait tant ce lieu propice au calme et à la réflexion.
— Quand j'ai entendu leurs voix, je me suis caché juste derrière cet arbre, ajouta l'adolescent en désignant un chêne au large tronc.
— Sais-tu d'où ils venaient ?
— De ma droite je crois.
— Très bien Jules, je te remercie pour tous ces précieux renseignements. Avec un peu de chance, on va retrouver des indices autour de cette zone.
— C'est vrai ? se réjouit l'adolescent.
— Je l'espère oui.
Gray prévint aussitôt une équipe de venir le rejoindre pour boucler le périmètre. Quand il raccrocha, il regarda l'adolescent face à lui. Il lui rappelait un peu le jeune homme qu'il était à son âge…
— Tu m'as été d'une grande aide Jules, tu peux rentrer chez toi maintenant. Mais avant… est-ce que ça va aller pour toi ? s'inquiéta le policier.
Jules comprit immédiatement l'allusion à son père mais il ne s'en vexa pas pour autant. Il était au contraire reconnaissant que ce policier, qui ne le connaissait que depuis quelques minutes, s'inquiète autant pour lui. Il était peu habitué à ce qu'on se soucie de son sort habituellement…
— Vous savez, mon père n'a pas toujours été comme ça… Il est gentil au fond mais depuis la mort de ma mère, il boit beaucoup et s'énerve pour un oui ou pour un non.
— C'est tout à ton honneur de défendre ton père mais même s'il souffre, ce n'est pas à toi, son enfant, d'en subir les conséquences. Ecoute Jules, je t'ai donné ma carte et j'aimerais que tu la gardes. Si tu as le moindre problème, tu n'as qu'à m'appeler à n'importe quel moment.
— Pourquoi vous faites ça ?
— Parce qu'aucun enfant ne devrait souffrir à cause des adultes, répondit le jeune homme le regard perdu.
— Merci Monsieur.
— Appelle-moi Gray, j'ai l'impression d'être un vieux quand on m'appelle monsieur ! plaisanta-t-il.
— D'accord… Gray, merci.
— Et… reprit Gray. Je ne suis pas très bien placé pour te faire la morale au sujet des cigarettes mais fais gaffe quand même, d'accord ?
Le jeune homme acquiesça puis disparut vers la sortie du bois laissant Gray à sa réflexion.
— Alors ? interrogea Elfman en émergeant devant son coéquipier.
— Le gosse a vu Jorg et un inconnu parler ensemble. D'après lui, ils se disputaient.
— On aurait enfin une piste ? comprit Elfman.
— Je ne sais pas si ça va nous conduire quelque part Elf, mais oui, il semblerait…
Elfman respira profondément, les yeux brillants d'émotion. Il s'interdit d'espérer un miracle mais bordel que ça lui faisait du bien de voir que leurs efforts n'étaient pas vains !
— Ton instinct est une bénédiction, le remercia le colosse.
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La zone fut très vite délimitée par les agents sur place. Plusieurs équipes de recherches furent disséminées aux quatre coins, Gray et Elfman suivant chacun de leur côté l'une d'entre elle.
Alors qu'il avançait prudemment, non loin du lieu où était positionné Jules, Gray crut voir un éclat briller sur le sol. A demi caché sous des feuilles mortes, un peu plus et il serait passé à côté sans le voir. Le jeune homme s'accroupit et écarta prudemment les feuilles avec sa main gantée pour découvrir une chaîne argentée.
Aussitôt, il appela les agents qui cherchaient dans la même zone que lui.
— Il y a un bijou ici, montra-t-il du doigt.
L'agent qui l'avait rejoint, prit quelques clichés avant de se saisir avec prudence de la chaîne autour de laquelle pendait une petite médaille. En voyant le bijou, Gray pensa qu'il était un peu trop délicat pour un gaillard comme Jorg mais encore une fois, il préféra ne pas faire de conclusion hâtive.
— Il n'y a plus qu'à attendre les résultats maintenant, déclara Gray après avoir informé Elfman de sa découverte.
Ne recevant pas de réponse, il tourna la tête vers son ami et collègue.
Elfman fermait les yeux tout en respirant profondément. Gray comprit immédiatement qu'il était assailli par des émotions contraires.
— Ça va aller ? s'enquit-il.
— Je ne sais pas… murmura Elfman tout en serrant le poing.
Quand ils regagnèrent le commissariat après plusieurs heures de recherches, toute la zone avait été ratissée mais outre la chaîne retrouvée par Gray, aucun autre indice n'avait permis aux enquêteurs d'avancer la moindre hypothèse sur ce qu'il était advenu de Jorg. Personne d'autre que le jeune Jules ne connaissait cet homme et aucun résident du camping n'avait vu le moindre visiteur chez le disparu depuis qu'il vivait au camping.
Elfman soupira abondamment. Lui et Gray avaient ensuite passé le reste de la journée à examiner le dossier de la disparition des sœurs Strauss mais sans les résultats préliminaires du labo, ils piétinaient avec la fâcheuse impression de reculer plus que d'avancer.
— On devrait avoir les premiers résultats demain, le rassura Gray. En attendant, tu devrais rentrer et te reposer.
— Je peux rester chez toi ce soir ? s'enquit le colosse d'une voix éteinte.
— Bien sûr Elf…
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Pour Gray, il était évident que son ami ne voulait pas rester seul. Boire quelques bières et rester en compagnie de son meilleur ami, voilà ce dont Elfman avait besoin selon lui. Alors pour quelle raison son coéquipier était ainsi collé à sa bouche, la main enfouie dans son pantalon, empoignant son sexe d'ores et déjà tendu à souhait ? Le jeune homme n'eut pas le loisir de s'appesantir davantage sur la question qu'il se retrouva le pantalon en bas des chevilles et le caleçon descendu sous ses fesses.
Dès qu'ils avaient tous deux pénétré dans l'appartement de Gray, Elfman n'avait pas attendu que le propriétaire des lieux retire sa veste, qu'il s'était jeté sur lui sans sommation.
Gray avait bien essayé de le repousser, mollement, il devait le reconnaître. Mais son colosse d'ami avait vaguement murmuré qu'il en avait besoin. Manquant cruellement de volonté lorsqu'il s'agissait d'un homme qui faisait le double de sa taille et de son poids en muscles, et qui plus est, lorsqu'il s'agissait d'Elfman précisément, Gray n'avait pas lutté bien longtemps, rapidement happé par le désir empressant et animal de son meilleur ami.
Avide, Elfman déboutonna sans délicatesse la chemise de Gray, laquelle perdit quelques boutons au passage. Mais aucun des deux hommes ne parut sans soucier. Elfman plaqua Gray, désormais nu, contre la paroi la plus proche de lui. Ses baisers dévorants étaient aussi intenses que brutaux. Gray sut immédiatement que sa lèvre était fendue quand il sentit un goût métallique se répandre dans sa bouche. Etrangement, cette sensation l'électrisa bien plus encore si bien qu'il pressa son bassin en feu à la recherche du sexe en érection de son compagnon. Un long gémissement s'échappa de ses lèvres lorsqu'Elfman le souleva, les mains palpant ses fesses, et qu'il s'appuya fermement contre le sien.
Gray bascula la tête en arrière en soufflant bruyamment, invitant son amant à lui dévorer sa gorge offerte. Lorsqu'il sentit ses dents marquer sa peau tendre, Gray eut l'impression qu'il était sur le point d'exploser.
— Elf, j'ai envie de te sentir… souffla-t-il contre son oreille.
Le colosse emprisonna fermement le corps de Gray dans l'étau de ses bras et se déplaça en direction de sa chambre. Une fois cette dernière trouvée, il jeta son fardeau sur le matelas face à lui et le dévora du regard.
Gray fut un instant troublé par ces prunelles embrasées qu'il voyait pour la première fois chez son meilleur ami.
— Tu as ce qu'il faut ? s'enquit Elfman d'une voix rauque.
Gray esquissa un léger sourire, les yeux brillants d'un désir qu'il n'avait plus ressenti depuis bien longtemps.
— Toujours, répondit-il en fouillant dans le tiroir de son chevet.
Il sortit un préservatif et le petit tube de lubrifiant nécessaire à son plaisir futur. Elfman n'attendit pas avant de se préparer soigneusement. Gray fut surpris par cette assurance, inexistante lors de leur première et unique étreinte. Fasciné, il le laissa prendre les rênes, ne loupant pas une miette de chacun de ses gestes, notamment lorsqu'il s'habilla de la protection de latex. Son membre impressionnant semblait sur le point d'exploser tant ses veines saillaient. Gray eut une furieuse envie de le goûter et de le titiller sur toute sa longueur pour le sentir vibrer dans sa bouche mais Elfman ne lui en laissa pas le temps. Il le retourna sur le matelas et le força à se mettre à quatre pattes. Habituellement, Gray n'aimait pas trop cette position où il se retrouvait en totale domination, perdant toute emprise sur la situation. Sans oublier le fait que dans cette position, il avait la désagréable impression d'être pris comme une femelle en chaleur, ce qui était très humiliant pour lui. Parmi ses ex-amants, plusieurs avaient bien tenté de le soumettre de cette façon mais Gray leur avait très vite mis les points sur les i. Cependant, avec Elfman, cette position bestiale participait à l'ambiance chargée de testostérones et avait au contraire tendance à attiser son excitation.
Gray sentait parfaitement l'empressement de son collègue mais Elfman prit tout de même la peine de le préparer à son intrusion. Lorsqu'il le sentit enfin en lui, le jeune policier oublia tout instantanément. Il s'arrima au drap autant que possible tout en ondulant du bassin au même rythme qu'Elfman le pilonnait. Bientôt, il ne retint plus ses cris, peu soucieux de la tranquillité de son voisinage. Rien ne comptait plus que le plaisir brut, les chairs pulsant dans ses veines, le sang jaillissant en lui avec fulgurance. Elfman était un amant hors pair ! Sentir ses larges mains cramponnées à ses hanches, lui malaxant de temps à autre le postérieur en feu, entendre ses sons rauques s'échapper de sa gorge de taureau, imaginant son visage ruisselant sous le labeur. Bordel que c'était bon ! Alors qu'il se sentait atteindre le point de non retour, Elfman lui agrippa fermement les cheveux sans pour autant le faire souffrir mais lui faisant comprendre de se redresser, ce que Gray fit sans détour. Il se retrouva sur les genoux, assis sur les cuisses de son ami et encerclé par ses bras puissants. Elfman lui dévora le cou avant de lui empoigner le sexe. Gray n'en pouvait plus. Il était sur le point de vivre l'orgasme du siècle, il en était persuadé ! Alors qu'Elfman le pompait énergiquement d'une main, la deuxième lui caressa les tétons, tantôt les frôlant, tantôt les pinçant doucement.
— Elf… je vais exploser, prononça Gray dans un soupir.
— Moi aussi, répondit son amant d'une voix chaude tout contre son oreille avant de la lui mordiller.
Il n'en fallut pas plus à Gray pour se libérer abondamment dans la main puissante d'Elfman. Son corps tressaillit de quelques spasmes alors que son amant se répandait en lui.
Gray sentit bientôt le front de son ami s'échouer contre son épaule. Il perçut son souffle chaud caresser sa peau encore frémissante. Elfman resta quelques instants ainsi sans bouger ni prononcer le moindre mot, puis il se retira lentement du confort du postérieur de Gray.
Enfin, les deux amants s'écroulèrent sur le lit, complètement épuisés mais momentanément apaisés.
Elfman réfléchit à cette pulsion qui l'avait pris si subitement. Quand il avait demandé à Gray de passer la soirée chez lui, il n'avait pas eu d'arrière pensée. Mais arrivé à quelques centaines de mètres de son appartement, Elfman s'était surpris à le regarder du coin de l'œil. Perdu dans ses pensées, Gray n'avait pas remarqué son regard insistant, alors Elfman ne s'était pas privé. Il l'avait trouvé mystérieux et… beau. Il ne l'avait pas regardé comme on regarde une personne extérieure sans arrière pensée, non, il l'avait regardé avec désir. A cet instant, il n'avait eu plus qu'une idée en tête, lui faire l'amour avec toute la force et le désespoir qu'il possédait. Et au moment où Gray s'était tourné vers lui, son ami lui avait souri tendrement, le regard débordant d'une douceur incroyable. A cet instant, la confusion dans laquelle Elfman se trouvait alors s'était muée en certitude.
L'esprit vaporeux, le colosse glissa lentement vers le sommeil sans se rendre compte que son ami et amant le regardait tendrement.
Quand Gray constata qu'Elfman dormait à poings fermés, il sourit, amusé que son ami n'est même pas songé à retirer le morceau de latex autour de son sexe endormi. Pour ne pas le réveiller, il mit toute la délicatesse qu'il possédait pour le débarrasser de la preuve de leur débauche avant de le recouvrir du drap. Puis il se leva tout aussi doucement pour aller prendre une douche.
Quand il revint quelques minutes plus tard, Gray rejoignit son ami à ses côtés dans le lit. Il frôla d'une caresse son bras musclé tout en le regardant dormir. Depuis la disparition de ses sœurs, une ride s'était formée entre ses yeux et même dans le sommeil, son ami transpirait l'angoisse. Un pincement au cœur, il l'encercla de son bras avant de le rejoindre dans les limbes du sommeil.
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La sonnerie stridente de son téléphone retentit. Croyant tout d'abord à un rêve, sa conscience reprit très vite le pas sur ses chimères. Gray se redressa rapidement avant de décrocher son portable, constamment allumé même la nuit en cas d'urgence.
— Oui ? répondit-il d'une voix cassée.
Le jeune homme écarquilla les yeux avant de répondre.
— Très bien, on arrive tout de suite, rétorqua-t-il avant de raccrocher. Elf, réveille-toi !
Le jeune homme secoua son ami profondément assoupi avant de se lever prestement de son lit.
— Quoi… grogna Elfman à demi éveillé.
— Réveille-toi vieux, on a retrouvé le corps de Jorg Kleeman.
Cette nouvelle eut tôt fait de réveiller Elfman pour de bon qui se redressa aussitôt, oubliant le fait qu'il était complètement nu dans le lit de son collègue, nu lui aussi.
— Qu'est-ce que tu as dit ? demanda-t-il pour être sûr qu'il ne s'agissait pas de réminiscence d'un rêve tardif.
— Kleeman est mort, il a été assassiné.
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Nda : Voilà pour ce chapitre ! Le rythme s'accélère un peu, enfin je dirais ! J'avoue avoir encore beaucoup de mal avec les passages purement "enquête". Je ne suis pas très à l'aise et je pense qu'il me faudra écrire d'autres fictions dans ce genre si je veux l'être un jour. Mais c'est un excellent défi et même si je ne suis pas tout à fait au point sur les questions « investigation », c'est toujours un plaisir pour moi d'écrire cette fanfiction.
Je vous laisse pour ce soir et vous dis à bientôt pour la suite de cette fiction. En attendant, des avis, des hypothèses ? Un petit commentaire me ferait vraiment plaisir, siouplaît ? O.O
