Nda : Bonsoir à tous. Voilà enfin le chapitre XI qui arrive avec un poil de retard, la faute à la grippe ! ;)

Bref, ce chapitre est plus court que le précédent mais j'espère qu'il vous plaira malgré tout.

Bonne lecture :)


Mortelle destinée

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Partie I :

Le cas des Strauss


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- XI -

Aucun son ne filtra pendant toute la durée du trajet. Gray avait pris le volant pendant qu'Elfman était plongé dans ses pensés, face au paysage défilant. A mesure qu'ils se rapprochaient de la montagne, la route se rétrécissait, serpentant à travers la forêt de pins.

Ils furent sur place en moins de vingt minutes.

— Elf…, commença Gray au moment où il coupa le moteur.

— Je sais, l'interrompit son collègue. Je ne compte pas faire de vague même si l'envie de me précipiter là-bas pour délivrer mes sœurs des mains de ce malade me démange furieusement.

Gray ne répondit pas. Il pressa simplement la main de son ami dans un geste d'encouragement puis sortit de la voiture.

— Allons-y.

Leur première destination fut une ferme qui se trouvait dans un état de délabrement avancé. Pourtant, elle était toujours habitée par un vieil homme solitaire dont l'apparence rappelait celle d'un ermite en exil depuis des années. Le vieillard ne fut pas affable mais il leur certifia ne pas avoir vu âme qui vive depuis des lustres. D'ailleurs, si quelqu'un avait pris ce risque, il ne cacha pas qu'il l'aurait accueilli, fourche en avant.

Gray et Elfman décidèrent de le croire après avoir fait le tour du propriétaire. Visiblement, cet homme vivait de sa propre production. Quelques bêtes lui permettaient d'avoir du lait, de la viande et des œufs et un large potager, tout ce dont il avait besoin en légumes. Rien d'autres n'indiquait le passage de qui que ce soit. Sa ferme, éloignée de la route, n'était accessible que par un petit chemin de terre.

— Cet homme n'a ni eau, ni électricité, releva Elfman surpris alors qu'ils regagnaient la voiture. Comment peut-on vivre dans ces conditions de nos jours ?

— Visiblement, c'est un choix qu'il a eu de vivre loin de toute civilisation. Parfois, je me dis que ce sont ces gens qui ont raison… Au moins, sont-ils éloignés de la folie des hommes.

— Mouais…, grogna Elfman peu convaincu.

— Je n'ai pas dit que je me verrais vivre de cette façon. Mais je pense qu'on est devenu bien trop dépendant de notre confort actuel. Beaucoup d'humains vivent encore sans eau ni électricité dans le monde. Ça ne nous ferait pas de mal de retourner aux sources de temps en temps…

Elfman lui jeta un œil incrédule mais la voiture au bout du chemin lui rappela la raison de sa présence dans ce no man's land.

Les deux policiers eurent la même déconfiture au deuxième bâtiment qu'ils visitèrent. Une grange qui permettait à un fermier d'y entreposer son bois de chauffe. Rien ne laissait supposer une utilisation autre que celle qui lui était destinée.

Ils profitèrent du trajet vers leur troisième destination pour prendre des nouvelles des autres équipes. Le village d'artisans n'avait malheureusement rien donné non plus. Aucun visiteur suspect, hormis quelques ados en mal de sensation forte, n'avait été signalé dans les environs.

— Je pensais que cette fois on était sur une bonne piste, déclara Elfman en raccrochant dans un soupir.

— On n'a pas encore tout à fait terminé, le rassura Gray.

Un corps de ferme formé de plusieurs dépendances et abandonné leur faisait face. D'après ce qu'ils savaient, cette ferme était inhabitée depuis une dizaine d'années. Le terrain appartenait bien aux descendants des anciens propriétaires mais n'était pas entretenu. L'herbe avait tant poussé que les volets étaient en partie masqués par l'épaisse végétation. Certains arbres avaient même poussé contre la façade de la ferme, déformant la pierre qui bientôt, céderait face à la force de la nature. Le lieu lugubre paraissait idéal pour qui voulait y séquestrer des innocents, songea Gray en sortant son arme lentement.

D'un commun accord, les deux policiers prirent une direction différente pour examiner les lieux. Quand ils furent tous deux sûrs que personne ne surgirait de nulle part pour les menacer, ils s'approchèrent lentement de la ferme. Gray par la façade avant et Elfman par l'arrière.

Aucun bruit suspect ne filtrait et l'absence de traces autour de l'ancienne habitation révéla à Gray qu'aucun humain n'avait approché ce lieu depuis très longtemps. Une boule se forma dans son ventre en songeant qu'ils ne retrouveraient pas ses deux amies encore maintenant…

Le jeune homme regarda prudemment au travers des lames écartées de l'un des volets. L'intérieur, légèrement éclairé par la lumière du jour y filtrant, semblait tout aussi abandonné que l'extérieur. Le jeune homme s'approcha de la porte d'entrée. Celle-ci était fermée par un volet qui en faisait toute la hauteur mais le bois vermoulu tenait par l'opération du Saint-Esprit puisque Gray n'eut aucun mal à le forcer. La porte à moitié vitrée était cassée, permettant au policier de l'ouvrir tout aussi facilement. Une fois qu'il pénétra à l'intérieur, il s'annonça en survolant la pièce du canon de son arme. Elfman le rejoignit au bout de quelques secondes par la porte arrière.

— Rien à signaler ici.

Les deux hommes firent tout de même le tour pour voir si quelqu'un n'était pas venu récemment mais la poussière qui recouvrait les quelques meubles décrépis et le plancher montrait que cette ferme n'avait pas reçu de visiteurs depuis des années.

— C'est une perte de temps ! pesta Elfman en ressortant. Je ne comprends pas, j'étais sûr qu'on les trouverait ici !

Gray soupira. Son ami avait raison. C'était le dernier endroit de leur liste et il n'y avait pas âme qui vive.

— Tu as raison, ce n'est pas normal, on a dû manquer quelque chose.

Gray examina les alentours. Ils décidèrent de vérifier les dépendances mais leurs recherches ne donnèrent aucun résultat. Ils durent se rendre à l'évidence, ce n'était pas ici que le tueur aux bas rouges se cachait.

Elfman fulminait et Gray ne savait comment faire pour le rassurer. Lui-même ne comprenait pas pourquoi ils ne retrouvaient aucune trace alors qu'il était évident que le tueur était passé dans cette zone montagneuse. Il était peu probable qu'il vienne d'une autre région que celle de Magnolia simplement pour se débarrasser des corps de ses victimes, cela n'avait aucun sens. De plus, son complice lui-même vivait dans cette ville. Non, Gray et Elfman étaient sûrs que le tueur aux bas rouges n'était pas loin mais où ?

— C'est à n'y rien comprendre, déclara-t-il tout en réfléchissant profondément à la question. On passe à côté de quelque chose…

Elfman se tourna vers lui, le regard interrogateur.

— Tu penses à une chose en particulier ? s'enquit-il plein d'espoir.

Il connaissait suffisamment son collègue pour savoir qu'il était sur le point de mettre le doigt sur un infime élément qu'il leur aurait échappé au cours de l'enquête. Elfman l'observa attentivement, attendant avec impatience qu'il lui expose sa pensée.

Gray secoua la tête, tourna et vira sur lui-même. Son coéquipier ne savait pas à quoi il songeait mais cette soudaine frénésie commençait à le rendre fébrile. Soudain, Gray s'arrêta et se saisit de son téléphone en regardant Elfman le doigt levé.

— Laisse-moi essayer un truc.

Il composa rapidement un numéro sans que son ami n'ait eu le temps de lui répondre quoi que ce soit.

— Lacky, c'est Gray. Est-ce que tu peux vérifier quelque chose pour moi ? Regarde sur une carte plus ancienne s'il n'y a pas d'anciens bâtiments qui ne seraient plus répertoriés sur les récentes. Très bien on attend, merci.

Le jeune homme raccrocha et fixa Elfman avant de répondre à son interrogation silencieuse.

— Il est possible que sur la carte que nous avons étudiée au commissariat, certains bâtiments abandonnés n'apparaissent pas. Des bâtiments qui ne seraient plus occupés depuis longtemps par exemple.

— Mais pourquoi n'y a-t-on pas pensé plus tôt ?! Bien joué Gray ! le félicita Elfman qui venait enfin de retrouver une lueur d'espoir.

— C'est juste une intuition… tant qu'on ne sait pas, il vaut mieux éviter de crier victoire trop vite. Mais ça me semble la seule explication.

Elfman n'en perdit pas pour autant son sourire. Dans son élan de joie, il posa ses larges mains sur les joues de Gray et l'embrassa brièvement sur les lèvres.

— Je sais Gray, mais grâce à toi, il y a encore de l'espoir.

Le jeune inspecteur ne sut quoi répondre et de toute façon, le geste d'Elfman le chamboulait bien trop pour qu'il puisse rétorquer quoi que ce soit…

Il fut tiré de sa rêverie par la sonnerie de son téléphone lui indiquant la réception d'un message.

— Lacky a été rapide, regarde !

Le jeune homme montra à Elfman la carte envoyée par leur collègue. Elle datait de quinze ans et plusieurs endroits étaient cerclés de rouge.

— Elle nous a noté les bâtiments qui n'apparaissent pas sur les cartes actuelles. Il y en a trois de plus seulement. Viens, commençons par le plus proche de nous.

Les deux hommes se mirent aussitôt en route. Le jour déclinait et bientôt il ferait nuit, rendant plus difficiles les recherches.

Pour le premier, ils ne trouvèrent plus que quelques pierres qui indiquaient la présence ancienne d'un bâtiment. Ils ne s'attardèrent pas pour rejoindre le deuxième, situé à trois kilomètres. Ils quittèrent la route pour suivre un petit sentier à peine visible. Mais des branches cassées et des traces de pneus leur indiquèrent que ce passage avait été emprunté récemment. Les deux hommes décidèrent de camoufler leur véhicule et de se rendre à pieds en suivant le GPS de Gray. Ils ne manquèrent pas de prévenir le poste de leur position et de demander des renforts en cas de mauvaise rencontre.

— Souviens-toi Elfman…, prévint Gray en plongeant son regard perçant dans celui de son coéquipier.

Ce dernier lui fit un bref signe de tête et tous deux avancèrent prudemment au milieu de la forêt de pins. Il leur fallut pas moins de vingt minutes avant de pouvoir apercevoir un toit au loin. Puis dix de plus pour se retrouver enfin face à un entrepôt abandonné. La carte indiquait une ancienne scierie fermée depuis douze ans. Les murs étaient encore debout mais une partie du toit s'était effondré tandis que les carreaux des fenêtres étaient quasiment tous brisés.

Pourtant, tout indiquait la présence récente d'un véhicule dont la largeur des pneus était comparable à ceux d'un pick-up.

D'un regard entendu, Elfman et Gray prirent chacun une direction différente, suivant les traces de pneus, ils étaient à l'affût du moindre bruit ou mouvement pouvant constituer une menace. Mais le silence assourdissant entrecoupé des bruits de la forêt ne les aidaient pas à se concentrer.

Gray observa prudemment par un carreau brisé. A l'intérieur, l'entrepôt était vide et rien ne laissait croire qu'il y ait eu qui que ce soit depuis longtemps. De l'autre côté, il aperçut Elfman observant lui-aussi les environs. En croisant son regard, il lui fit signe qu'il ne voyait rien de suspect et son collègue fit la même observation. D'un commun accord, ils pénétrèrent, arme en main, dans l'ancienne usine. Comme ils le craignaient, elle était vide.

Dépité, Elfman se prit la tête, les mains tremblantes, il poussa un cri mêlé de rage et de désespoir.

Gray le rejoignit en quelques pas et le força à le regarder en plaquant ses mains sur ses joues.

— Regarde-moi Elf ! On va les retrouver, tu m'entends ?

Les yeux bleus d'Elfman se remplirent de larmes qu'il ne pouvait plus contenir. Le colosse posa sa tête sur l'épaule de Gray et respira profondément, s'apaisant légèrement grâce à la caresse de son ami dans ses cheveux.

Gray attendit patiemment que son collègue se calme. C'est à ce moment-là qu'il fut soudain attiré par quelque chose au-delà des carreaux brisés. A l'extérieur, les arbres se balançaient au rythme du vent et au milieu… Gray crut distinguer une porte apparaissant par intermittence. Etait-ce son imagination ?

— Elf, viens voir ça, murmura le jeune homme en s'éloignant de son collègue.

— Quoi ?

Toujours bouleversé, Elfman mit quelques secondes avant de se tourner vers Gray. Sa position tendue et son regard à l'affût l'intrigua.

— Que se passe-t-il ?

— Est-ce que tu vois quelque chose entre les arbres ?

Elfman s'approcha et observa avec attention dans la même direction que celle de son ami.

— Qu… une porte ! Je crois qu'il y a une porte !

— On est d'accord dans ce cas, allons-y !

Les deux hommes sortirent avec prudence de la scierie, observant de tout côté le moindre mouvement suspect. Le jour déclinait et bientôt, ils se retrouveraient dans l'incapacité de repérer d'éventuelles traces. Devant eux, la forme d'une porte se précisait. En bois, elle était en grande partie masquée par la végétation. Gray soupçonnait la présence d'une ancienne cave, sans doute vestige de l'habitation des anciens propriétaires de l'usine déserte depuis plus d'une décennie.

Le cœur battant, les deux hommes écoutèrent attentivement le signe d'une présence de l'autre côté de la cloison. Gray fit signe à Elfman qu'il allait chercher une autre issue. Le jeune homme se fraya difficilement un chemin entre les ronces qui avaient envahies le bâtiment. Il sentit au travers de son jean les épaisses épines le griffer mais il ne se laissa pas distraire pour autant. Sous cette terre, il y existait une chance pour qu'il y trouve ses deux amies disparues. Gray le souhaitait si fort… pour lui mais surtout pour Elfman et Luxus qui vivaient dans l'angoisse depuis plusieurs semaines maintenant.

Malgré l'abondance de la végétation, Gray réussit à apercevoir ce qui ressemblait à une minuscule fenêtre de toit. La largeur de l'ouverture ne lui permettant pas de s'y insérer, il vérifia simplement s'il pouvait apercevoir quelque chose ou quelqu'un au travers mais même après avoir essuyé sommairement l'épais carreau, il ne put rien n'y voir tant l'intérieur était sombre. Il poursuivit alors sa quête d'une autre issue jusqu'à rejoindre son ami qui l'attendait déjà à l'entrée. Toujours silencieux, les deux hommes prirent la décision de pénétrer à l'intérieur de la cave, craignant d'arriver trop tard pour sauver les sœurs Strauss. Les renforts les rejoindraient bien assez tôt, pensèrent-ils avant de se préparer.

Ils n'eurent aucun mal à ouvrir la porte qui s'entrebâilla dans un grincement sinistre. Le fait qu'elle ne soit pas verrouillée inquiéta les deux hommes qui avancèrent malgré tout avec prudence dans la pénombre. A l'intérieur, l'air était humide et vicié, pas vraiment l'idéal pour y séjourner plusieurs semaines, songea Gray avec inquiétude. Si Mirajane et Lisanna étaient retenues dans cet endroit depuis tout ce temps, Dieu seul savait dans quel état elles pouvaient être à l'heure actuelle !

Pourtant, malgré leur appréhension, rien ne les avait préparés à ce qu'ils trouvèrent dans la première pièce…

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L'odeur qui s'échappa au moment d'ouvrir la porte les prit à la gorge, les forçant à masquer bouches et nez. Quand ils furent habitués à la pénombre, ils distinguèrent enfin la pièce dans laquelle ils se trouvaient, si l'on pouvait appeler cette cage à lapin une pièce… Pourtant, dans un recoin ils aperçurent un lit minuscule en métal rouillé sur lequel reposait un matelas crasseux. A côté du couchage, un seau faisait office de toilettes, supposèrent-ils. Enfin, au milieu de la pièce, un petit plateau avec un bol au fond duquel une substance indéterminée croupissait.

— Qu… ! hoqueta Elfman les poings serrés à tel point que ses jointures blanchissaient à vue d'œil.

— N'y touche pas Elf, le prévint Gray inquiet par l'attitude de son ami.

Il semblait au bord de l'explosion et pour cause !

— Ce salopard…, siffla-t-il. Je vais lui faire la peau !

— Il n'y a plus rien dans cette pièce, allons voir si on trouve autre chose.

Gray dut tirer Elfman par la manche de son blouson pour le forcer à quitter la cellule immonde.

Avant de poursuivre, Gray força Elfman à s'arrêter et à le regarder droit dans les yeux.

— Elf, chuchota l'inspecteur soucieux de ne pas se faire repérer. Je sais que tu es en train de bouillir et je le comprends. Mais je t'en prie, il faut à tout prix que tu te ressaisisses ! Si les filles se trouvent bien là, on doit mettre toutes les chances de notre côté, d'accord ?

Elfman acquiesça, bien conscient du risque qu'il encourrait s'il ne conservait pas son calme. Il aimait ses sœurs plus sa vie alors il ferait tous les efforts dans l'espoir de pouvoir à nouveau les tenir dans ses bras. Même si cela lui coûtait !

Les deux policiers n'auraient pas cru que cette cave était aussi étendue et pourtant, ils longèrent pendant un temps qu'il leur parut interminable, un long couloir qui les plongea dans l'obscurité, les obligeant à sortir une lampe de poche.

Leur progression les conduisit vers un escalier de pierre aboutissant sur une porte. Gray avait pourtant cru avoir fait le tour mais il semblait qu'un autre bâtiment plus éloigné menait à cette cave. Il songea à la nécessité que l'un d'eux soit obligé de rebrousser chemin pour trouver l'autre issue qui permettait d'accéder au bâtiment depuis l'extérieur mais en voyant l'état de fébrilité dans lequel était son coéquipier, il jugea préférable de garder un œil sur lui. D'un geste, il lui intima de couvrir ses arrières pendant qu'il écoutait au travers de la porte. Aucun bruit ne retentissait ni aucune lumière ne filtrait sous l'interstice.

Le jeune homme fit signe à Elfman de se préparer puis enclencha la poignée qui s'ouvrit aussitôt. C'était mauvais signe, songea Gray tout en restant à l'affût de la moindre présence suspecte.

Les deux hommes émergèrent dans une petite cuisine aux volets fermés. Mais la lumière filtrant au travers leur permettait d'apercevoir le mobilier minimaliste : une table et deux chaises, un petit vaisselier et une cuisinière à bois.

Les deux hommes prirent garde à ne rien toucher autour d'eux mais il ne leur fallut pas longtemps pour comprendre que le semblant de propreté de cette pièce révélait une présence humaine récente.

En dehors de la porte d'entrée menant à la maison, Gray remarqua une autre porte qu'il faillit ne pas remarquer. Plus petite, elle était dissimulée sous la pente du toit et le lambris qui la recouvrait la confondait avec le mur.

Fébrile, il s'approcha à pas de loup et prêta l'oreille. Encore une fois, il ne perçut aucun son alors, lentement de sa main gantée, il appuya sur la poignée et la poussa d'un seul coup.

Ce qu'ils virent tous deux à l'intérieur alla au-delà de tout ce qu'ils avaient pu imaginer…

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Elfman respirait avec peine. Il avait beau essayer de capturer le précieux air, rien n'y faisait. Il avait l'impression d'étouffer. Ses mains ne s'arrêtaient plus de trembler et son cœur tambourinait à un rythme infernal. S'il n'avait pas été sûr d'être en parfaite santé, Elfman aurait pu craindre un arrêt cardiaque.

Quand Gray le rejoignit, les jambes du colosse s'étaient dérobées sous poids. A genoux dans la terre meuble, il n'arrivait plus à réagir.

— Les renforts arrivent, l'informa Gray.

Le policier posa sa main sur l'épaule de son ami. Que pouvait-il bien lui dire pour le réconforter ? Que tout se passerait bien ? Que ses sœurs allaient sans doute bien et qu'ils finiraient par les retrouver et les serrer dans ses bras ? Cela aurait été un mensonge.

— Je suis désolé, fut tout ce qu'il pouvait lui dire.

Le corps d'Elfman se mit à trembler. Gray ne mit pas longtemps à comprendre que son ami pleurait. Les renforts n'étaient pas encore arrivés et son ami avait besoin de lui. Gray le rejoignit sur le sol, l'enveloppa de ses bras et le berça longuement jusqu'à ce que ses larmes se tarissent.

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Nda : Bon bon, je sens que les quelques-uns qui suivent cette fiction ont envie de me tuer, je me trompe ? Désolée pour cette fin mais je ne me voyais pas terminer ce chapitre autrement. Il faut bien garder un peu de suspens, non ?

D'après vous, qu'ont découvert Gray et Elfman et que se passera-t-il dans le chapitre suivant ?

J'espère à bientôt pour le chapitre 12 :)