Nda : Bonjour à tous. Voici enfin le chapitre XIII ! Pour la petite histoire, je l'ai redécoupé pour qu'il soit centré sur la relation qui se développe entre Gray et Elfman. Un chapitre de transition si on peut dire. Mais l'enquête reviendra en force au prochain chapitre ;)

Bonne lecture !

Résumé du précédent chapitre : L'enquête sur le tueur aux bas rouges se poursuit mais les suspects, nombreux, découragent nos deux enquêteurs. Après une énième journée qui se solde par un échec, les deux hommes se retrouvent chez Gray chez lequel ils vivent quelques heures d'une étreinte passionnée. Dans la nuit, Elfman surprend une conversation téléphonique entre Gray et son frère. Pris d'une violente jalousie, il réagit très mal au retour de son amant et finit par se disputer avec Gray. Le lendemain matin, ce dernier a déjà quitté l'appartement lorsqu'Elfman se réveille. Alors qu'il songe à sa réaction de la veille, le colosse se met en quête de la photo de Gray avec son frère et sa mère adoptive. C'est en la trouvant qu'il découvre un dessin soigneusement caché, un gribouillis enfantin mais ô combien terrifiant…


Mortelle destinée

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Partie I :

Le cas des Strauss


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- XIII -

Gray reposa les poids qu'il soulevait depuis de longues minutes. Il s'était entraîné jusqu'à ce que ses muscles soient trop endoloris pour poursuivre son entraînement. L'avantage étant qu'il était désormais détendu, vidé de toute pensée nuisible. Au moins pour quelques minutes… Après sa dispute avec Elfman, le jeune inspecteur avait eu beaucoup de mal à trouver le sommeil et s'était réveillé avec un mal de tête insupportable longtemps avant l'aube. Il n'avait pas réussi à se rendormir, ne cessant de cogiter à l'infinie sur les raisons de la réaction disproportionnée de son amant. Il s'était donc levé de crainte de finir par réveiller Elfman et, décidant que tourner en rond dans son appartement comme un lion en cage ne lui apporterait strictement rien, il avait décidé de prendre l'air. Gray avait rangé ses affaires dans un sac à dos, laissé un mot rapide à l'attention d'Elfman et était sorti au pas de course. Il avait couru une heure sous une pluie fine avant de rejoindre la salle d'entraînement du commissariat. Cette dernière était accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, permettant ainsi aux équipes de nuit de pouvoir en bénéficier. Le principal avantage d'y aller à une heure aussi avancée constituait dans le fait que les lieux étaient quasiment déserts. Le jeune homme pouvait ainsi utiliser aussi bien les machines que le matériel laissé à disposition.

Ruisselant de sueur mais désormais rasséréné, Gray songea qu'il était grand temps pour lui de prendre une douche bien chaude. Ensuite, il profiterait de sa dernière heure de libre pour s'offrir un grand café, ainsi, il serait prêt à affronter Elfman avant d'entamer une longue journée de travail.

Ce ne fut que lorsqu'il attrapa sa serviette et sa bouteille d'eau qu'il le vit assis sur le banc, le regard posé sur sa silhouette. Si Gray n'avait pas été aussi en colère contre lui, il lui aurait sans doute sorti une de ses boutades qui avaient tendance à mettre son ami dans l'embarras. Sauf qu'à présent, il n'était pas particulièrement d'humeur taquine.

— Depuis quand tu es là ? s'enquit le jeune homme.

Elfman sursauta, se rendant seulement compte de la présence si proche de son collègue alors que ses yeux étaient immanquablement rivés sur lui et sur ses pommettes empourprées par l'effort. Le policier dut s'infliger une claque mentale pour éviter à son esprit de dériver vers des contrées interdites.

A son arrivée dans la salle de sport, le colosse s'était fait le plus discret possible, s'installant sur un banc, juste à l'entrée de la vaste pièce déserte à cette heure matinale. Face à lui, Gray n'avait pas semblé remarquer sa présence. Concentré sur son objectif, il s'était employé à taper dans un sac, mêlant coups de poing et de pieds à une cadence infernale. Ensuite, il s'était saisi de poids et les avait soulevés durant de longues minutes, ses muscles se contractant tandis que la sueur perlait de plus en plus sur l'ensemble de son corps, imbibant son torse glabre et d'une blancheur exquise. Elfman l'avait observé à la fois avec désir et fascination. Certes, il avait déjà pratiqué des heures de sport au côté de son ami mais jamais encore il ne l'avait observé avec cette attention. Il n'y avait même jamais songé avant que leur relation ne s'étende au-delà de la simple amitié. Sans être d'une carrure impressionnante, Gray était néanmoins doté de muscles à la fois fins et puissants, capables d'étaler des armoires à glace comme il le lui avait prouvé à plusieurs reprises.

Encore légèrement bouleversé par cette nouvelle prise de conscience, il se força à se concentrer sur son ami et sa question qui attendait toujours une réponse.

— Quelques minutes seulement, répondit-il enfin. Je voulais te voir avant d'arriver au poste.

— Je ne suis pas sûr d'en avoir envie, répondit Gray froidement avant de s'essuyer vivement le visage.

L'air soudain blessé d'Elfman obligea Gray à se raviser immédiatement et à calmer son humeur explosive. Sa colère était légitime mais Elfman était également son ami et il faisait peine à voir. De plus, il vivait un véritable enfer depuis plusieurs semaines et de ce fait, son humeur irritable était parfaitement logique même si excessive et souvent injuste envers lui.

— Très bien, capitula-t-il. Laisse-moi aller me doucher, ensuite on parlera devant un café.

— Merci, le gratifia Elfman en esquissant un léger sourire de soulagement.

Le colosse suivit son amant dans les vestiaires puis l'attendit patiemment sur le banc le temps qu'il finisse par sortir de la douche.

Le vestiaire commençait à se remplir doucement des agents et inspecteurs travaillant la nuit et qui souhaitaient se détendre avant de rentrer chez eux pour se reposer. Elfman connaissait la plupart d'entre eux, faisant lui-même partie d'une équipe de ces équipes avant de devenir le coéquipier de Gray. Il trouvait la plupart de ses anciens collègues plutôt sympas et avenants mais certains, un peu trop têtes brûlées à son avis, avaient tendance à chercher la petite bête à la moindre occasion, se souvint-il. Pourtant, tous lui firent un salut avec plus ou moins de chaleur. Certains avec lesquels il avait partagé quelques bons moments prirent de ses nouvelles et lui firent part de leur soutien dans la disparition de ses sœurs. Touché, Elfman les remercia chaleureusement avant de regagner le banc devant les casiers.

L'atmosphère très décontractée laissait éclater des rires à intervalle régulier. Elfman se souvenait de cette époque insouciante où lui aussi riait de bon cœur de tout et de rien. Cette époque pas si lointaine, lui donnait pourtant le sentiment d'être à des années lumières de cela. La boule qu'il sentait grossir en lui ne le quittait plus depuis que Mirajane et Lisanna avaient été enlevées. Il eut à cet instant, l'impression de ne plus avoir souri depuis leur disparition. Mais comment réussir à sourire alors qu'elles étaient entre les mains d'un malade qui leur faisait subir il ne savait quoi ?

L'étrange silence qui s'installa interrompit brutalement les pensées du colosse. Il ne mit pas longtemps avant de comprendre d'où provenait le malaise. Gray venait tout juste de faire son apparition, une simple serviette nouée autour des hanches pour seul vêtement. Ses cheveux ruisselaient sur son torse nu finement musclé. S'il n'avait pas été dans une telle situation, Elfman aurait dévoré du regard le corps tentateur de Gray que ce dernier exhibait avec une telle insouciance. Oui mais voilà, parmi les hommes présents dans le vestiaire, plusieurs ne cachaient pas leur animosité envers les homosexuels et en particulier lorsqu'il s'agissait de collègues de travail.

Gray ne parut pas se rendre compte des regards peu amènes dirigés sur lui, à moins qu'il fasse mine de ne pas les remarquer, songea Elfman qui au contraire, fronça des sourcils, inquiet pour son ami et furieux envers ces abrutis qui puaient l'intolérance à plein nez. Pourtant, il ne dit rien et laissa Gray le rejoindre près de son casier où ses affaires l'attendaient.

Plongé dans ses pensées, son collègue n'entendit pas les remarques à peine chuchotées derrière lui. Au début discrètes, elles se firent plus acérées, certains policiers ne prenant plus la peine de masquer leur dédain vis-à-vis de Gray.

— Eh, faites gaffe à votre cul les gars, on n'est jamais trop prudent avec une tapette dans les parages, prévint l'un d'eux, assez fort pour que l'intéressé l'entende.

Mais Gray ne répondit pas à l'attaque, quand bien même il était évident qu'elle lui était destinée. Cela faisait des années que le jeune homme subissait le mépris de certains de ses collègues qui prenaient un malin plaisir à l'humilier dès qu'ils en avaient l'occasion. Mais Gray avait appris à jouer la sourde oreille pour ne pas tomber dans leur piège. L'indifférence était encore la meilleure réponse à apporter à ces esprits étriqués.

Elfman qui se retenait tant bien que mal depuis un moment déjà, n'eut pas la même volonté que son ami. La colère bouillant en lui, il se retourna brusquement, l'air menaçant.

— Ne rêvez pas les mecs, Gray n'est pas désespéré au point de vouloir se faire des types comme vous ! leur cracha-t-il à la figure.

Le moqué se rembrunit aussitôt à la remarque acerbe du policier.

— C'est quoi ton problème Strauss ?!

Furibond, Elfman se leva et plaqua violemment sa main sur la rangée de casiers, puis fit face à son collègue.

— Tu veux vraiment que je te l'explique enfoiré d'homophobe ?! éructa-t-il prêt à en découdre mais une pression sur son épaule l'empêcha de passer à l'acte.

— Laisse tomber Elf, lui demanda Gray calmement.

Malgré le calme apparent de son ami, la fermeté de sa main sur son épaule et son regard dur laissaient transparaître l'ordre plus que la simple demande. Elfman écarquilla les yeux, ne comprenant pas la manque de réaction de Gray alors qu'il se faisait copieusement insulter.

— T'as entendu ta femme ? renchérit le policier insolent. Si tu ne te calmes pas, tu n'auras pas ta petite gâterie ce soir !

Quelques-uns de ses collègues ricanèrent tandis que d'autres essayaient de l'empêcher d'aller plus loin dans ses provocations. Il n'en fallut pas plus à Elfman pour qu'il perde une fois pour toutes son sang-froid. Le colosse se rua vers son collègue et ses complices, sur le visage desquels se lisait la peur. La taille impressionnante d'Elfman, qui avoisinait des deux mètres, en aurait refroidi plus d'un !

Gray s'interposa entre eux pour éviter la catastrophe.

— Viens Elf ! l'intima-t-il fermement, le refus de son ami n'étant pas envisageable. Le boulot nous attend !

Elfman serrait des dents à tel point qu'il entendait sa mâchoire grincer. Il lui fallut quelques secondes pour qu'il se calme un peu et accepte finalement de suivre Gray. Il menaça néanmoins une dernière fois ses collègues de son regard glacial avant de tourner les talons.

— Je mets ça sur le compte de la disparition de tes sœurs, ne put s'empêcher de hurler le policier dans le dos d'Elfman. Sans ça, je ne t'aurais pas fait de cadeau !

Le colosse serra si fort les poings qu'il sentît ses articulations craquer. Gray l'avait déjà mis en garde mais si son ami n'avait pas été présent, il aurait sauté à la gorge de cet enfoiré ! Ne serait-ce qu'oser mentionner ses sœurs était inacceptable ! Il entendit vaguement un reproche venant d'un autre policier mais ne se retourna pas, de peur de ne pas être capable de se retenir. Il était à deux doigts d'exploser.

Au lieu de cela, les deux amis prirent leurs affaires et quittèrent la pièce sans un mot ni un regard en arrière.

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Le jour n'était pas encore levé, mais au loin, un fin liseré rose orangé soulignait déjà l'horizon et laissait espérer une journée calme et sans pluie. Gray et Elfman sortirent de l'enceinte du commissariat encore calme à cette heure matinale. Seul le bruit des gouttières se vidant des averses nocturnes rompaient le silence de la rue.

Gray attendit d'être assez éloigné de l'entrée pour stopper Elfman et le pousser vers une petite ruelle. Il vérifia une dernière fois qu'ils étaient bien seuls avant de le fusiller du regard.

— Qu'est-ce qui t'a pris bordel ! explosa-t-il furieux.

— Ils t'insultaient ! justifia Elfman avec virulence.

— Eh alors ? Ce n'est pas comme si c'était la première fois, c'est comme ça depuis l'école de police et ça sera comme ça jusqu'à ce qu'ils acceptent que tous les hommes ne peuvent pas aimer que les femmes !

— Et c'est une raison pour s'écraser ?! fulmina son ami.

— Leur répondre ne fait qu'envenimer les choses et tu le sais ! Je pensais que tu l'avais compris depuis le temps, qu'est-ce qui a changé ?!

Gray n'eut pas besoin d'attendre la réponse d'Elfman, ils savaient tous deux ce qui avait changé entre eux… et le regard confus de son ami parlait de lui-même.

— Merde Elfman, reprit le jeune homme d'une voix plus basse, coucher avec moi ne te donne pas le droit de bousculer ma vie ! Je vis très bien avec le mépris de ces types, ça ne m'atteint pas !

— Tu dis ça mais je sais que ça te blesse…

Gray soupira tout en se frottant énergiquement le visage. Il sentait revenir la migraine d'ici et s'éloigner tous les bienfaits que sa longue séance de sport lui avait procuré.

— Si toi ou toute autre personne que j'apprécie me parlait de cette manière, oui ça me blesserait, mais là ça m'est égal, ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent. Je sais qui je suis et c'est la seule chose qui compte.

Gray soupira, las de devoir débattre d'une chose avec laquelle il avait appris à vivre depuis de nombreuses années. Bien sûr que ça ne lui plaisait pas d'être le sujet de moqueries ou pire, de la haine, de ses semblables. Mais que pouvait-il bien y faire à part les ignorer ?

— J'ai besoin d'un café, souffla-t-il avant de reprendre la marche.

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La nuit et la ville encore endormie combinée à la fraîcheur de l'air lui fit le plus grand bien, lui permettant ainsi de relâcher la tension accumulée depuis l'esclandre du vestiaire. Si Elfman n'avait pas été présent, Gray se serait simplement habillé puis sorti, traitant avec indifférence ses salopards de collègues, comme il le faisait à chaque fois qu'il avait droit à une telle démonstration de bêtise. Oui mais voilà, Elfman était bel et bien là et un peu trop influencé par leur relation nouvellement charnelle.

Gray resserra sa veste autour de son corps pour se protéger du vent et se laissa happer par le calme bienfaisant.

Elfman qui marchait à ses côtés, n'avait pas desserré les lèvres depuis leur dispute. En y réfléchissant, il ne se souvint pas d'avoir eu un jour une telle dispute avec son meilleur ami. Et le colosse avait bien du mal à accepter cet état de fait.

Il ne leur fallait que quelques minutes seulement pour atteindre le bistrot le plus proche mais Gray décida de se rendre dans un autre café situé plus loin, où il n'aurait pas à croiser une armada de flics. Il avait besoin de parler avec Elfman et pour cela, il préférait rester éloigné des oreilles indiscrètes.

Situé non loin de la côte, le café « Au petit pêcheur », comme son nom l'indiquait, avait pour principale clientèle les marins qui avaient pris l'habitude de s'y réfugier après de longues heures passées en mer. Sa façade bleue défraichie attirait pourtant l'œil par l'histoire qu'elle racontait. Depuis son ouverture il y avait plus de cent ans, rien ne semblait avoir changé. L'enseigne et la vitrine avaient ce caractère suranné et rassurant de l'ancien. Gray aimait s'y réfugier lorsqu'il avait besoin de solitude. Il se laissait alors aller au son régulier des vagues et observait avec admiration le retour des pêcheurs au port.

A cette heure-ci, il n'y avait pas un chat hormis deux hommes âgés accoudés au bar et qui sirotaient leur café dans le silence le plus total.

A l'intérieur, tout semblait avoir été figé dans le temps. Du bar massif en zinc aux boiseries à la peinture écaillée, ce café portait la marque du temps et des nombreuses âmes qu'il avait vues défiler.

Gray et Elfman choisirent une petite table dans un recoin avec vue sur le port. De là, ils entendaient le bruit des vagues se fracassant sur les rochers de la jetée. Ce son avait toujours eu un effet apaisant sur Gray et ce moment ne fit pas exception. Cette place était d'ailleurs celle qu'il choisissait lorsqu'il venait passer du temps dans cet endroit.

Les deux hommes n'avaient rien avalé depuis leur départ de l'appartement, ils décidèrent donc de prendre la formule petit-déjeuner. Une longue journée les attendait et commencer le ventre vide était inenvisageable.

Ils attendirent que le tenancier, un homme corpulent à l'apparence bourrue, leur apporte leur commande avant d'engager la conversation.

— Bon appétit messieurs, fit l'homme avant de s'éloigner d'une démarche bancale.

— Écoute…

— Elf…

Les deux hommes avaient parlé en même temps, s'interrompant mutuellement.

— Commence, l'invita Gray.

Elfman soupira avant de glisser ses doigts dans ses cheveux.

— Je suis désolé pour… pour ce qu'il vient de se passer et pour cette nuit. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, j'ai pété les plombs et je ne sais même pas pour quelle raison. J'ai été stupide.

Le colosse avait ce regard de chien battu qui avait un peu trop tendance à faire fondre comme neige au soleil, le cœur tendre de son ami. Toutefois, Gray se devait de ne pas le ménager pour éviter une catastrophe à venir.

— Je peux encore comprendre la réaction que tu as eue tout à l'heure même si j'aimerais qu'à partir de maintenant, tu prennes sur toi. Ces types sont des abrutis, ne le sois pas autant qu'eux.

Elfman s'empressa d'acquiescer, bien trop soulagé que Gray comprenne sa réaction et lui pardonne son éclat.

— Mais… ta réaction d'hier soir, elle, je ne peux pas l'accepter Elf. Non seulement tu as remis en doute ma parole mais en plus, tu as écouté une conversation qui ne te regardait en rien.

Jamais Elfman n'avait vu un tel regard chez son ami. Ses yeux bleus semblaient vouloir lui jeter des étincelles glacées. Le soulagement ressenti quelques secondes seulement en arrière, s'envola aussitôt, remplacé par une boule qu'il sentit grossir dans son cœur. Décevoir Gray n'avait jamais été dans son intention et cette honte qu'il ressentait à présent était des plus désagréables.

— Je ne voulais pas écouter aux portes, s'excusa-t-il. J'ai cru que c'était au sujet de mes sœurs… Et je ne voulais pas remettre en doute ta parole, c'est juste que… tu me parles si peu de ton frère que parfois, j'oublie presque qu'il existe. J'aimerais tellement que tu me parles un peu plus de toi, j'ai parfois l'impression de ne pas te connaître Gray.

Il ne voulait pas blesser son ami, simplement qu'il s'ouvre davantage à lui.

— Je ne peux pas Elf et j'aimerais que tu l'acceptes même si c'est difficile à comprendre. Un jour, j'espère vraiment pouvoir t'en dire plus mais c'est pour le moment impossible.

Oh oui qu'il aurait souhaité s'ouvrir à son meilleur ami, lui avouer son passé et toutes les failles qui en découlaient. Parfois, il aurait aimé ne pas être raisonnable et tout balancer. Sauf que s'il le faisait, il pourrait le mettre en danger lui et pas seulement, et cela, il en était hors de question.

Elfman observa attentivement son ami qui semblait pris dans de sombres pensées. Il lui avait dit ne pas pouvoir lui parler et non ne pas le vouloir. Que cela cachait-il ?

— Très bien, accepta-t-il pourtant. Je comprends… enfin, je crois.

Un silence prit place entre les deux hommes. L'un réfléchissant à ses actes stupides qui avaient bien failli lui coûter une amitié précieuse, l'autre prenant une décision qu'il serait difficile à accepter mais nécessaire pour leur bien à tous les deux.

Lorsque Gray reprit la parole, une boule resta bloquée dans sa gorge, rendant plus difficile encore sa décision.

— Ecoute… Je crois que tous les deux, nous devrions arrêter là avant que…

— Quoi ? Non ! l'interrompit brutalement Elfman au bord de la panique.

— Tu es mon meilleur ami et peut-être le seul véritable ami qu'il me reste. Je tiens à cette amitié plus que tout mais je ne suis pas sûr d'accepter plus longtemps tes crises de… jalousie ou quoi que ça puisse être. Je sais que tu ne vas pas bien en ce moment et je le comprends mais je ne suis pas ta chose. Je n'ai jamais laissé un homme me dicter ma conduite et ce n'est pas maintenant que ça va changer. Même avec toi Elf. Alors si la seule façon de sauver notre amitié c'est de cesser notre relation…

— Je sais que j'ai merdé Gray. Vraiment ! Mais je t'en supplie, j'ai besoin de toi plus que tu ne l'imagines, le supplia le jeune homme en lui prenant la main.

Gray jeta un œil inquiet autour de lui mais à son grand soulagement, les clients du café étaient cantonnés au bar et personne ne semblait les remarquer. Personne non plus du côté de l'entrée. Pas que cela le dérange que tout le monde connaisse ses préférences mais sa relation avec Elfman devait rester secrète autant que possible. Sinon, les conséquences pourraient être désastreuses et en ce moment, ils n'avaient pas franchement besoin de cela en plus du reste.

— Je te promets que je ne te ferai plus de crise comme celle de cette nuit et que je ne tenterai plus de te défendre devant nos connards de collègue. Il y a juste une chose que je ne ferai pas. Si j'entends dire du mal de toi en ton absence, je ne laisserai pas faire. Je ne le pourrai pas, je ne l'ai d'ailleurs jamais fait auparavant et ce n'est pas maintenant que ça va changer. Je sais que tu ferais exactement la même chose pour moi dans le cas inverse.

— Tu marques un point, répondit Gray un sourire en coin.

Il jeta un œil à la main d'Elfman toujours posée sur la sienne. Elle était si gigantesque que Gray n'en voyait presque plus la sienne.

— Laisse-moi une chance Gray, je te promets de ne pas te décevoir.

« Et après ? » fut tenté de demander Gray. Mais la crainte qu'une fois les sœurs d'Elfman retrouvées, son ami s'éloigne de lui pour retrouver une vie propre à ses préférences, était bien trop forte. Et cela, Gray n'était pas encore prêt à l'entendre.

— Très bien, accepta finalement le jeune homme devant le regard suppliant de son amant.

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Nda : Voilà pour ce chapitre ! Il est bien plus court que le précédent mais je le voulais centré uniquement sur Gray et Elfman. Comme je vous le disais au début, l'enquête reviendra dans le prochain chapitre, plus que jamais ! Ce chapitre a d'ailleurs très bien avancé et j'espère le publier plus rapidement que celui que vous venez de lire.

En attendant, n'hésitez pas à laisser votre avis !

Merci de votre lecture et à bientôt :)