Nda : Bonsoir à tous ! Tout d'abord, je ne sais pas quoi dire pour justifier ma longue absence : année compliquée comme pour une majorité d'entre nous. Je n'ai pas pour autant arrêté d'écrire mais j'ai eu plusieurs périodes de « vache maigre » où je n'arrivais plus à m'y remettre. Je le regrette vraiment puisque l'écriture à ce pouvoir de me faire oublier tout ce qu'il y a de négatif alors quand rien ne vient, c'est d'autant plus compliqué. Bref, je n'en ai toutefois pas abandonné cette fanfiction que je compte bien mener à son terme !
1ère bonne nouvelle : j'estime à deux chapitres pour venir à bout de cette première partie (bon d'accord, éventuellement trois si je m'étale encore un peu… ))
2e bonne nouvelle : j'avais d'abord annoncé trois parties pour boucler cette fanfiction mais finalement, il n'y en aura que deux puisque je compte clôturer l'intrigue principale à la fin de la première partie. La 2e sera centrée sur une autre intrigue légèrement amorcée lors de cette première partie, il y aura une vraie fin donc à la première partie ! Youpi !
3e bonne nouvelle : je vais enfin me taire pour vous laisser à votre lecture xD
Mortelle destinée
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Partie I :
Le cas des Strauss
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- XV -
La jeune femme ouvrit les yeux avec difficulté, gênée par l'éclairage violent de la pièce dans laquelle elle se trouvait. Sa nouvelle geôle… Elle fut prise d'un frisson qu'elle eût beaucoup de mal à réfréner. La fraîcheur ambiante glaçait sa peau nue et aucun moyen de se réchauffer. Elle rêvait de sa couette moelleuse et de son lit aux draps qui sentaient bon la lessive. Un doux rêve… une lointaine réalité qui lui semblait désormais utopique, peut-être même sortie de son imagination. La perte de la notion du temps rendait la réalité de plus en plus confuse aux yeux de la jeune femme. Alors elle s'accrochait à ce qui lui restait : ses souvenirs, parfois douloureux, souvent heureux.
Elle se servit de ses mains trop fines et décharnées pour se réchauffer le corps mais ce geste fut une maigre consolation. La jeune femme devait dorénavant se contenter du vieux matelas à l'odeur douteuse et d'une mince couverture rêche en partie mangée par les mites. Elle tendit un bras frêle et tremblant pour ramasser la maigre protection qui avait glissé sur le sol pour en recouvrir son corps amaigri et transi de froid. Depuis que son ravisseur l'avait déplacée, son comportement avait changé. Ses conditions de vie étaient devenues bien plus misérables, l'homme ne se souciant plus vraiment de son « bien-être » si tant est qu'il s'en soit un jour soucié. Plus nerveux, il cédait plus facilement à une violence incontrôlée. Un jour, il l'avait tellement battue qu'elle était restée inconsciente pendant plusieurs heures. Ensuite, il l'avait soignée et veillée en se montrant à nouveau tendre avec elle. Cette tendresse qu'elle abominait davantage encore que ses accès de violence ! La jeune femme sentait que ses jours étaient comptés et que bientôt, l'homme finirait par se débarrasser définitivement de son encombrante victime.
Elle avait réfléchi à ce changement subit de comportement et de planque. Contrairement à l'emplacement précédent duquel le ravisseur les avait délogées avec urgence, une lumière blafarde filtrait sous la porte, laissant penser à la jeune femme que l'extérieur était non loin de là. Un maigre espoir attisé par la certitude que la police devait être sur les traces de son bourreau, peut-être même proche de le retrouver. Et donc, de les retrouver. La jeune femme pensait à son frère qui, le connaissant, devait retourner ciel et terre pour retrouver ses sœurs. Un léger sourire s'étira en l'imaginant. Elle avait confiance en Elfman et la présence de Gray à ses côtés lui permettrait de garder la tête froide – elle en était certaine – son frère si protecteur dont l'impulsivité aurait pu le mener aux pires décisions. Puis ses pensées se dirigèrent inévitablement vers sa sœur… La dernière fois qu'elle avait demandé à son ravisseur comment elle se portait, il l'avait violemment frappée. Craignant que ses questions ne la mettent en danger, elle les avait tues malgré cette angoisse qui lui rongeait inlassablement le cœur. Etait-elle seulement encore en vie ?
— Mira… murmura-t-elle comme une prière lancée au divin.
Elle posa la paume de sa main contre le mur froid de sa cellule, espérant que sa sœur se trouvait de l'autre côté et surtout, en vie. Puis, épuisée, elle ferma les yeux en songeant qu'il s'agissait peut-être de la dernière fois.
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Elfman lui tournait le dos, sa silhouette massive figée devant la baie vitrée le long de laquelle s'écoulait la pluie qui s'était remise à tomber. Le temps faisait écho à sa morosité. Malgré les paroles positives de son ami et collègue, Elfman ne parvenait pas à se réjouir des ridicules indices trouvés dans la maison de Caleb Yura. Ces objets n'étaient pas suffisamment révélateurs à ses yeux pour constituer une véritable avancée dans l'enquête. Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas Gray approcher mais le sentit reposer sa tête contre son dos puis enrouler ses bras autour de sa taille imposante. Gray était loin d'être petit du haut de son mètre quatre-vingt mais la carrure gigantesque d'Elfman le faisait passer pour un microbe ! Son contact lui fit un bien fou, supprimant en un instant le nœud qui s'était formé dans le creux de son thorax.
— Hey, souffla doucement Gray. Tu veux qu'on se commande quelque chose à manger ?
— Après, répondit Elfman d'une voix rauque en se tournant vers son amant.
Il était temps pour lui de chasser ses pensées sombres et de se tourner vers la seule chose positive qui occupait actuellement sa vie : Gray.
Ce dernier n'eut pas besoin de demander davantage de précisions, il comprit immédiatement à son regard ce qu'il avait en tête à l'instant présent. Comme pour étayer ses pensées, Elfman se saisit de Gray en le soulevant comme s'il ne pesait pas plus qu'une plume puis le conduisit vers la chambre qu'il partageait depuis quelques temps avec lui. Il en connaissait désormais le chemin par cœur et aurait pu s'y rendre les yeux fermés. Ses gestes étaient sûrs et son regard pénétrant déstabilisa le jeune homme juché dans ses bras. Pour masquer son embarras, Gray s'empara de ses lèvres qui ne se firent pas prier pour se laisser dévorer par la voracité du jeune homme. Grisé, Elfman le plaqua contre le mur du couloir avant de l'emporter une nouvelle fois dans ses bras puissants sans pour autant quitter ses lèvres.
Amusé par l'élan de son colosse d'amant, Gray enroula ses jambes autour de sa taille et se laissa porter jusqu'à son lit sur lequel Elfman le lâcha sans la moindre délicatesse. Emoustillé par le désir qui transparaissait de ses gestes et de son regard, Gray se mordit la lèvre inférieure avec gourmandise à l'idée de ce qui l'attendait.
Elfman se dévêtit, lançant ses vêtements pêle-mêle sur le sol tout en fixant son regard sur Gray qui en faisait de même de son côté. Le jeune policier déboutonna son jean et lança en même temps un regard aguicheur à son amant. Son message plus qu'explicite, Elfman se jeta sur les lèvres de Gray, s'occupant en parallèle de terminer ce que son amant avait commencé. Il descendit son pantalon, ne laissant que son boxer qui révélait une érection impatiente. Elfman s'arrêta un instant, observant la proéminence en laissant échapper un souffle rauque. Il descendit le fin tissu, libérant le sexe de son amant qui se dressa fièrement devant lui puis s'en saisit d'une poigne ferme. Gray le regarda les yeux brumeux, libérant un souffle soutenu de ses lèvres humides lorsqu'il sentit la main large et chaude de son amant se refermer autour de son sexe. Alors qu'il commençait des mouvements de va-et-vient volontairement lents, le colosse scruta les expressions de Gray qui se libéraient au même rythme que ses gestes, ajoutant un peu plus à la montée de son excitation.
— Elf, plus fort, exigea Gray avec impatience.
Elfman lui fit un sourire en coin alors qu'il rapprochait les lèvres de la hampe fièrement érigée devant lui. Gray fronça des sourcils, ne sachant pas comment réagir devant ce que s'apprêtait à faire Elfman ou ce que le jeune homme supposait qu'il allait lui faire. Son amant ne lui avait jamais fait de fellation jusqu'à maintenant et pour cause… Elfman était hétérosexuel après tout. Pour Gray, la fellation apparaissait comme un acte bien plus symbolique et intime que la pénétration, particulièrement dans une relation homosexuelle et d'autant plus pour un homme comme Elfman qui n'avait connu jusque-là, que des relations hétérosexuelles. Et même si son ami couchait avec lui depuis plusieurs semaines, cela n'en était pas pour autant une preuve qu'il soit capable d'aller plus loin.
— Tu n'es pas obligé de faire ça, lui dit-il alors qu'Elfman commençait à ouvrir la bouche.
Gray préférait de loin qu'il s'arrête dès maintenant plutôt que de lire le regret dans son regard une fois son forfait accompli.
— Je ne me force pas Gray, j'en ai envie.
Le colosse se rapprocha de son amant et fixa ses lèvres avec gourmandise avant de les capturer. Leurs langues s'unirent dans un ballet langoureux tandis que leurs lèvres se caressaient pour se dévorer. Quand Elfman quitta ses lèvres pour l'observer, son regard ne montrait aucune inquiétude ni même un quelconque sentiment de devoir envers Gray. Seulement une infinie tendresse qui ne faisait que le déstabiliser un peu plus.
— Je veux te faire l'amour dans tous les sens du terme. Je ne me force à rien quand je suis avec toi Gray. Je suis juste… moi, dit-il en lui caressant la joue tendrement.
A la fois embarrassé et confus par sa confidence, Gray préféra ignorer le véritable sens de ses paroles ; détournant la tête, il farfouilla dans le tiroir de sa table de nuit, masquant du même coup la gêne qu'il sentait se révéler sur sa peau blanche, cette traîtresse.
— Tu auras besoin de ça dans ce cas, lui dit-il en lui tendant un préservatif.
Elfman se saisit de la protection sans la moindre hésitation puis ouvrit l'emballage avec précaution avant de dérouler le morceau de latex le long du sexe dur de Gray. Le colosse avait longtemps réfléchi avant de franchir ce cap. Lorsqu'il avait entamé cette relation avec son ami et collègue, jamais il n'aurait pensé être capable un jour oser lui faire une fellation. Il avait toujours été un homme à femmes et si l'idée de coucher avec un autre homme ne lui avait jamais posé de problème, en revanche, pratiquer lui-même une fellation n'était pas envisageable. Pénétrer était une chose, sucer en était une autre ! Sauf que Gray avait réussi à remettre en cause toutes ses certitudes, et la pratique de la fellation en était l'une des principales. Le jeune homme, très à l'aise avec sa propre sexualité, lui en avait fait à de nombreuses reprises, toutes plus délicieuses les unes que les autres. Le plaisir qu'Elfman avait alors ressenti était tel qu'il aurait été égoïste de ne pas offrir le même plaisir à Gray en retour. C'était de là qu'était partie sa réflexion. Et si au départ il s'agissait pour lui de lui renvoyer l'ascenseur, sa décision symbolisait désormais tout autre chose…
Lorsque le membre de Gray fut recouvert du préservatif, Elfman s'humidifia les lèvres avant de se lancer non sans une certaine appréhension. La seule crainte qu'il avait désormais était de ne pas réussir à procurer autant de plaisir à Gray que ce dernier avait pu lui en procurer. Il essaya de se souvenir des gestes du jeune homme. Son collègue et meilleur ami savait y faire avec sa langue, songea-t-il en imaginant son amant entre ses cuisses, son membre puissant entre ses lèvres délicates et si délicieuses. Il leva un instant le regard vers l'objet de son fantasme, Gray le regardait intensément, patientant sagement le temps qu'Elfman se décide à agir. Cette sensualité naturelle le déstabilisait toujours autant, mia à part que désormais, il en acceptait les conséquences. Revigoré, Elfman replongea en direction de l'entrejambe de Gray et, tout en entamant de nouveaux mouvements de va-et-vient de sa main, il glissa sa langue sur le bout rougissant du jeune homme. D'abord timide, la langue d'Elfman se fit bientôt curieuse puis vagabonde. Elle explora le sexe tendu, glissant le long de la veine gonflée puis remonta vers son sommet. Pendant ce temps, la main d'Elfman massait avec vigueur ses testicules. Il entendit alors un son guttural sortir de la gorge de Gray. Le colosse leva son regard en prenant soin de garder sa langue contre le sexe du jeune homme. Les pommettes rougissantes, les doigts crispés sur le tissu du drap, Gray haletait en regardant de ses iris embrumés son amant qui s'activait entre ses jambes. Rassuré par le plaisir évident du jeune homme, Elfman enfourna son sexe dans sa bouche, le goûtant pleinement jusqu'à la lisière de sa gorge. Il sentit le corps de Gray se contracter et entendit avec délectation ses gémissements qu'il ne retenait plus. Le plaisir montant le long de son échine à ce son, Elfman empoigna son propre membre tout en imprimant des mouvements réguliers à ses lèvres et à sa langue qui glissaient autour du sexe vibrant de son amant. Si quelqu'un lui avait dit un jour qu'il ferait l'amour à un homme et plus encore, qu'il en éprouverait le moindre plaisir, Elfman aurait ri au nez de l'insolent ! Pourtant, c'était bel et bien ce qu'il éprouvait à l'instant. Gray avait réussi à le déstabiliser au point de le faire douter de ses propres désirs mais désormais, ses nombreux questionnements lui apparaissaient bien loins du moment présent.
Le sentiment de plénitude de Gray était tel qu'il laissa son corps parler pour lui. Son dos s'arqua pendant que ses hanches ondulaient pour accentuer la sensation délicieuse que lui procurait la bouche d'Elfman autour de lui. Jamais il n'aurait osé espérer que son amant aille un jour jusque-là, c'était l'un de ses plus anciens fantasmes qui s'exauçait et il comptait bien en profiter pleinement. Elfman Strauss, l'homme à femmes, était bel et bien en train de lui procurer l'une des fellations les plus sensationnelles de toute sa vie ! Et dieu savait qu'il en avait connu !
— Oui, comme ça, gémit-il sans se rendre compte de l'effet qu'il produisait sur Elfman. J'y suis presque…
Son corps se tordit lorsqu'une vague de plaisir se propulsa le long de son corps pour exploser directement dans son sexe. Sa main s'arrima à la crinière désordonnée de son amant pendant que sa semence se libérait par vague pour le laisser suffoquant et alangui sur le lit. Elfman se libéra à son tour d'un grognement puissant dans le creux de sa main tout en regardant le jeune homme avec désir.
— Merde, murmura Gray en se délectant de cette image d'un érotisme hors norme.
Elfman se nettoya la main avec un mouchoir qu'il jeta nonchalamment au loin puis rejoignit Gray. Le jeune homme n'avait pas bougé d'un millimètre, restant lascif sur le lit, les pommettes rosies par la jouissance et un léger sourire flottant sur le visage. Elfman s'étendit lourdement à ses côtés avant de le prendre dans ses bras.
Le jeune inspecteur se tourna vers Elfman, observant avec plaisir son visage reposé. Gray fut surpris quand son amant se chargea lui-même de lui enlever le préservatif souillé qu'il avait encore autour du sexe désormais endormi. Il ne dit rien, le laissant faire ce geste qui pouvait paraître insignifiant aux yeux de beaucoup mais pas pour Gray Fullbuster.
— Merci, murmura ce dernier en posant la tête sur son torse.
Aucun mot de plus ne fut échangé. Les deux hommes restèrent ainsi de longues minutes, blottis l'un contre l'autre, l'esprit momentanément libéré de ses démons. Se sentant sur le point de s'endormir, Gray dut s'éloigner à regret d'Elfman pour rejoindre la salle de bain. Lorsqu'il revint, Elfman ne dormait toujours pas mais le regard qu'il lui lança le déstabilisa. Pour autant, Gray fit mine de ne rien voir, rejoignant le lit pour reprendre sa place contre son amant.
— Bonne nuit, lui souhaita Elfman avant de l'embrasser sur le front.
Gray ne répondit pas mais son cœur se mit à battre la chamade, à tel point qu'il fut difficile pour lui de s'endormir. Elfman, quant à lui, s'assoupit rapidement, un léger sourire flottant sur le coin des lèvres.
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Cette nuit-là, il avait rêvé d'Elfman, mais aussi de Mirajane et de Lisanna agonisant. Et il avait rêvé d'un monstre sanguinaire aux yeux rouges. Tout était si confus et… terrifiant. Il y avait tout ce rouge et tout ce sang. Beaucoup de sang. Lorsqu'il se réveilla, Gray était en nage et ses joues recouvertes d'une onde salée. Il posa son regard sur le colosse assoupi à ses côtés, ressentant une boule dans le ventre en voyant son torse se soulever au rythme de son souffle. Il s'essuya soigneusement les joues puis se blottit contre son corps chaud et puissant. Il mit du temps pour se rendormir mais la sensation du corps d'Elfman contre lui, lui fit l'effet d'un baume apaisant. Il se laissa bercer et finit par s'endormir peu avant le petit matin.
Lorsque la sonnerie du réveil retentit, la main de Gray eut bien du mal à l'éteindre, le jeune homme peinant à ouvrir les yeux. Une migraine due à son manque de sommeil le malmena avant qu'il se décide enfin à s'extraire des draps encore chauds. Lorsque Gray croisa le regard bien éveillé d'Elfman, il fut surpris par la tendresse qu'il y lut. La large main du colosse se posa sur la joue de Gray et son pouce caressa tendrement ses lèvres.
— Salut, lui dit-il avant de placer sa main derrière sa nuque pour l'encourager à rapprocher son visage.
Elfman déposa un léger baiser sur ses lèvres et fut amusé par le mutisme de son amant.
— Je… je vais me doucher, bredouilla Gray avant de quitter le regard brûlant d'Elfman.
Ce dernier ne put empêcher un fin sourire se dessiner sur son visage en observant Gray s'éloigner vers la salle de bain. Il se leva à son tour, enfilant simplement son pantalon avant de rejoindre la pièce à vivre, encore plongée dans le noir en cette heure matinale. Avant de s'installer chez Gray, Elfman avait toujours eu du mal à se lever à l'aube mais depuis quelques temps, il s'était fait à ce nouveau rythme, appréciant particulièrement le calme apaisant qu'offrait le lever du soleil. Il se hâta de lancer un café avant de rejoindre le salon plongé dans une pénombre rassurante. Il attendit d'entendre l'eau couler dans la salle de bain pour sortir un carnet de son sac et s'installer à la table de la salle à manger, face à la grande baie vitrée constellée de gouttes d'eau dans lesquelles les lumières de la ville se délitaient. Il avait plu toute la nuit et le temps maussade semblait ne pas vouloir s'arrêter avant plusieurs heures. Pourtant, étrangement cette vision l'apaisait.
Elfman disposait d'une vingtaine de minutes pour laisser libre cours à ses pensées. Il ouvrit le carnet à l'endroit où dépassait le signet et se mit à écrire. Au début, les mots furent hésitants mais ils se libérèrent peu à peu sur la page blanche, la noircissant en quelques minutes seulement d'une écriture irrégulière, visiblement peu familière d'une pratique fréquente. Perdu dans ses pensées, Elfman ne se rendit pas compte du temps qui s'écoulait, concentré par les mots qu'il juxtaposait sur le papier. Il ne remarqua donc pas, ni n'entendit la présence derrière lui.
Gray eut un petit sourire en coin en surprenant son ami ainsi plongé dans son écrit. D'aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais vu Elfman dans cet état de concentration. Il aurait presque pu l'imaginer avec une paire de lunettes juchée sur son nez ! Gray apprécia l'image qui lui vint à l'esprit mais revint bien vite à la réalité et au comportement intrigant de son ami. A l'école de police, lors des examens, Elfman avait toujours l'air de se déconcentrer pour un oui ou pour un non. Il n'avait jamais vraiment aimé l'école et ne s'en cachait pas. Son truc, c'était l'action et c'était d'ailleurs grâce à ses capacités physiques qu'il avait pu compenser ses notes moyennes à l'écrit. Pourtant, un sujet semblait suffisamment important pour qu'il laisse de côté ce trait de caractère.
— Qu'est-ce que tu écris avec tant de concentration ? Ton journal intime ? s'enquit Gray en soufflant dans l'oreille de son amant.
Ce dernier sursauta, manquant l'arrêt cardiaque et referma brusquement son carnet de peur que Gray ne réussisse à lire ses mots. Il souffla pour se redonner une contenance puis se tourna vers son ami. Celui-ci n'avait pour seul vêtement que sa micro serviette et un sourire espiègle sur son joli minois. Elfman l'avait pourtant supplié de cesser de sortir dans cette tenue mais Gray semblait apprécier de le déstabiliser au point de le voir se retenir de lui sauter dessus. Ce foutu tentateur ! gronda le policier intérieurement.
— Je ne t'avais pas entendu, répondit-il en détournant le regard des cuisses révélées de Gray.
Une peau blanche, des muscles saillants et l'échancrure de la serviette qui menait directement vers la seule partie du corps encore cachée.
— Je l'avais bien remarqué, se moqua Gray gentiment.
Attendri par le regard songeur d'Elfman, le jeune inspecteur lui caressa tendrement la nuque.
— J'écrivais à mes sœurs, avoua le colosse en regardant son carnet d'un air pensif.
— Oh ? réagit Gray, à la fois surpris et touché, retrouvant du même coup tout son sérieux. Je ne savais pas que tu leur écrivais… Est-ce que ça fait longtemps ?
— Ça fait un certain temps, oui… J'en suis à mon deuxième carnet. Tu dois me trouver ridicule, marmonna Elfman en détournant le regard de son amant pour éviter d'y lire de la pitié ou pire.
— Bien sûr que non, le détrompa Gray en se rapprochant de lui. Je trouve ça bien que tu le fasses, au contraire !
Le colosse tourna un regard surpris vers Gray et l'observa un instant, interdit.
— Ah oui, tu le penses vraiment ?
— Bien sûr ! Et puis, quand elles seront de retour, tu pourras leur donner ces carnets pour qu'elles rattrapent le temps perdu avec leur frère. Je suis sûre qu'elles en seraient ravies.
Gray aimait redonner de l'espoir à son ami en parlant du retour des sœurs Strauss comme s'il n'y avait pas d'autre issue possible à leur enquête. Peut-être n'était-ce pas la meilleure chose à faire mais le sourire d'Elfman lui manquait. Etait-ce vraiment égoïste ?
— Pas sûr qu'elles en apprécient la lecture… marmonna Elfman en détournant le regard.
— Les connaissant, je suis sûr que si ! A moins que tu ne leur racontes nos ébats torrides ? le taquina Gray mais au vu du regard gêné de son compagnon, il haussa des sourcils, surpris. Attends, tu le leur racontes vraiment… ?
— Non ! Enfin… je leur parle de… enfin, de ce qui se passe entre nous, tu vois ? tenta de justifier Elfman en évitant soigneusement le regard aiguisé de son amant. Mais en réalité, je leur parle de tout ce qui me passe par la tête. Je sais que c'est stupide mais… ça me fait du bien de leur écrire même si elles ne peuvent pas me lire. J'ai l'impression que de cette façon, je garde une certaine connexion avec elles… enfin, c'est stupide mais ça me fait du bien.
— Eh, ça n'est pas stupide Elf ! le rabroua gentiment Gray en posant ses mains sur ses joues, le forçant à le regarder. Tu as raison de leur parler, surtout si ça te fait du bien, peu importe si elles le lisent un jour.
Pour une raison qu'il ignorait, Elfman ressentit un soulagement aux mots de Gray. Comme s'il avait besoin de son assentiment dans tout ce qu'il faisait. Peut-être était-ce le cas après tout ? Il était devenu son pilier et tellement plus encore ! Ce qu'il venait de révéler à ses sœurs dans ses dernières lignes le confirmait. Désormais, ce qu'il ressentait pour lui allait bien au-delà de l'amitié. Et en l'observant attentivement, son regard perçant, son visage exempt de toute imperfection, ses cheveux d'un noir de jais, son sourire doux sur des lèvres qui ne faisaient que le tenter un peu plus chaque jour… les questions qu'il se posait depuis quelques temps maintenant se matérialisaient juste devant lui.
— Gray, souffla-t-il, en posant une main sur la hanche de son amant.
D'un geste pressant, il l'invita à s'asseoir sur ses genoux. Il posa sa main sur la joue de Gray et la caressa tendrement en observant le visage du jeune homme. Son pouce se posa sur ses lèvres, les caressant doucement tout en les dévorant des yeux.
— Tu as des cernes aujourd'hui, murmura Elfman en caressant doucement les poches qui s'étaient formées sous les lagons de Gray. Tu as mal dormi, n'est-ce pas ?
Gray haussa des épaules.
— Ce n'est rien, juste quelques cauchemars, éluda-t-il en détournant le regard.
Elfman continua à le scruter de son regard brûlant, troublant par la même occasion Gray qui ne voulut pas essayer d'en traduire la signification, même si son cœur la connaissait déjà…
— Elf… ? s'enquit-il devant le comportement étrange de son amant. Est-ce que tout va bien ?
Le colosse ne répondit pas, au lieu de cela, il releva doucement la tête de Gray, rivant son regard aux deux océans troublés de son vis-à-vis tout en poursuivant sa lente caresse.
Son regard était étrange, presque… amoureux. Gray s'empourpra en songeant à cette dernière pensée qu'il chassa aussitôt d'un revers de main. Elfman était son meilleur ami, il avait juste besoin d'un peu d'attention. Ses sœurs disparues, il était plus fragile que jamais. C'était en tout cas ce qu'il se répétait inlassablement pour ne pas risquer de se laisser aller à l'espoir. L'espoir que peut-être, ses gestes tendres, ses paroles et la douceur de son regard avaient une toute autre signification. Le jeune homme fut interrompu dans ses réflexions lorsque les lèvres d'Elfman se posèrent sur les siennes, les effleurant si légèrement que Gray fut pris d'un frisson.
Il caressa les lèvres de Gray du bout des siennes alors que ses mains immenses se posaient sur ses hanches pour les caresser de haut en bas.
— Embrasse-moi Gray, exigea le colosse.
Elfman n'attendit pas la réponse de Gray qu'il captura ses lèvres d'une façon plus possessive que jamais, lui offrant le plus intense des baisers. Gray n'osait plus respirer. Que voulait dire ce baiser ? Il décida qu'il n'était plus temps de réfléchir et s'agrippa aux cheveux argentés de son amant pour participer activement à l'échange.
Au bout des plus longues secondes de toute sa vie, Gray repoussa gentiment Elfman pour se dégager de son étreinte. Il était bien trop confus par ce soudain changement de comportement de son ami et par son propre laisser-aller, pour prolonger ce moment, aussi intense soit-il. S'il avait écouté son cœur, il se serait laissé dévorer par cet instant électrisant.
— Gray… je crois que je… murmura Elfman en plongeant son regard dans celui du jeune homme face à lui.
Non !
Gray posa ses doigts sur les lèvres de son ami pour le faire taire.
— Ne dis rien que tu pourrais regretter, lui murmura-t-il en se dégageant à contrecœur de son étreinte.
« Et que je ne pourrais supporter » pensa-t-il en le repoussant doucement.
Une fois debout, le jeune homme s'éloigna, les jambes légèrement vacillantes.
— Je vais m'habiller. Nous allons finir par être en retard.
Sans savoir pourquoi, il évita le regard de son ami, qu'il sentait lui brûler le dos.
oOoOo
Le chemin vers le bureau se fit dans le silence. Gray observant d'un œil absent la ville troublée par la pluie qui ne cessait de tomber. Elfman n'avait pas prononcé un mot ni même esquissé un geste vers Gray. Soit son rejet l'avait blessé, soit il voulait lui laisser l'espace suffisant. Gray n'en savait rien et il ne savait pas non plus comment il devait réagir à l'aveu à peine voilé d'Elfman. Il aurait aimé le laisser parler jusqu'au bout mais cela n'aurait été un cadeau pour personne. Elfman était bien trop perturbé par la disparition de ses sœurs pour savoir avec précision ce qu'il ressentait pour Gray. De son côté, Gray préférait ignorer les mots qui avaient failli sortir de la bouche de son ami. Si Elfman avait réussi à les prononcer, Gray n'avait aucune idée de la façon dont il aurait réagi. Aurait-il eu la force de le repousser, de le convaincre qu'il faisait fausse route ? Ou bien se serait-il jeter dans la gueule du loup ? Gray ne s'estimait pas suffisamment fort pour lutter contre ses propres désirs et préférait rester dans une ignorance feinte.
Non, le mieux était de se concentrer pleinement sur l'enquête et si par bonheur Elfman pensait ressentir encore quelque chose une fois que tout serait terminé, alors là, peut-être que… Gray se secoua la tête, chassant ce vague espoir qui n'avait pas lieu d'être.
Trop perturbés par ce qu'il s'était passé entre eux, les deux hommes en avaient oublié de boire le café préparé par Elfman. Gray avait dû se résoudre à éteindre la cafetière en laissant derrière lui le précieux breuvage. Il en sentait le manque plus que jamais…
Le policier profita qu'ils étaient arrêtés à un feu particulièrement long pour rompre le silence pesant de l'habitacle.
— Ça te dérange si on s'arrête quelques minutes pour un café à emporter ? s'enquit Gray en se tournant enfin vers son ami. Je ne suis pas sûr de tenir la matinée qu'avec le jus de chaussette du bureau…
Lorsqu'Elfman lui rendit son regard, Gray fut frappé par la tristesse qu'il lut dans ses prunelles. L'avait-il à ce point blessé ?
— Elf, je…
— Pas de problème, le coupa-il. Pour le café, je veux dire.
Le feu passa au vert, Elfman en profita pour se remettre en route, sans plus aucun regard pour son ami.
oOoOo
Gray avait du mal à se concentrer sur son travail, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Il ne cessait de ressasser sa conversation avec Elfman et se demandait s'il avait bien fait. Devait-il lui présenter ses excuses ? Cela faisait une bonne heure qu'il était installé à son bureau et il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil incessants vers son collègue, qui pour le coup, restait rivé vers son écran d'ordinateur. Gray n'avait même pas terminé son café, le laissant refroidir avant qu'il ne s'en rende compte. Quand il avait voulu le terminer, il avait failli le recracher. Gray détestait réagir avec ses émotions, ce comportement ne lui ressemblait tellement pas…
— Putain ! s'exclama Elfman, faisant sursauter Gray toujours perdu dans ses pensées torturées.
— Quoi ?! réagit-il une pointe de panique dans la voix.
— Je crois que j'ai trouvé un lieu en lien avec l'entreprise de cet enfoiré !
Elfman avait les yeux qui pétillaient, ce qui remit du baume au cœur à Gray qui sentit son cœur s'apaiser instantanément.
— Tu me racontes en route ? lui proposa-t-il, souhaitant lui donner l'opportunité de mener ce nouvel indice jusqu'à son terme.
Elfman lui offrit un grand sourire.
— Avec plaisir mon cher collègue, dit-il en notant l'adresse sur son carnet de notes.
Après avoir prévenu Luxus par téléphone de leur destination, les deux hommes prirent la route. Comme le lui avait demandé Gray, Elfman expliqua à son collègue comment il était arrivé à trouver cet entrepôt situé sur les docks.
Il avait d'abord cherché tous les lieux en lien direct avec l'entreprise des deux frères Yura, YCM, mais aucun résultat n'en était ressorti. Il avait donc étendu ses recherches en s'aidant de ses contacts dans l'administration de la ville. Et, après plusieurs jours sans nouvelle, il avait enfin reçu le document qu'il attendait, celui qui le mènerait à une adresse directement liée au suspect.
— Bien joué ! le félicita Gray en pressant sa cuisse affectueusement.
Avant qu'il n'ait eu le temps de retirer sa main, Elfman la lui captura, la pressant doucement de la sienne.
— Je sais ce que tu penses Gray. Et je sais aussi que quoi que je dise aujourd'hui, tu ne me croiras pas. Mes sentiments sont réels mais je ne ferai rien pour t'en convaincre, ne t'inquiète pas. Je veux simplement que tu saches que… s'interrompit un instant le colosse, le regard toujours rivé sur la route. Je serai patient aussi longtemps qu'il le faudra.
Gray répondit à la pression de la paume de son amant puis mêla ses doigts aux siens, profitant de sa chaleur rassurante. Pourtant, il garda le silence, le cœur bien trop retourné pour y voir clair. Il préférait se concentrer sur l'enquête et laisser pour le moment, ses interrogations de côté. Profiter de ces moments passés avec Elfman étaient bien suffisants pour l'instant.
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La pluie avait repris, laissant un ciel gris, recouvrant les toits de la ville qui n'en semblaient que plus tristes. Où étaient passées toutes ces belles couleurs si nombreuses en ville à la belle saison ? Le froid s'était intensifié depuis quelques jours et avec l'humidité ambiante, il était bien difficile de ne pas grelotter dès que l'on mettait le nez dehors.
Elfman se gara sur le parking du port. En cette période, il était quasiment vide alors qu'il était difficile de trouver une place en été. D'où ils se situaient, ils ne voyaient que les mâts des quelques voiliers encore présents, ballotés dans tous les sens par le vent marin. La mer était déchaînée et le leur faisait bien comprendre en s'écrasant contre les rochers au-delà du port. Quelques courageux vivaient ici toute l'année. Gray se demandait bien comment ils pouvaient dormir dans ces conditions… Son appartement lui apparaissait comme un luxe dont il serait bien difficile de se séparer.
Les deux hommes longèrent le port pour rejoindre les docks et ses nombreux entrepôts. Gray avait troqué sa veste en cuir pour une parka imperméable et il ne le regrettait pas. Le vent lui fouettait le visage impitoyablement tandis que la pluie se déversait sans discontinuer. Un temps à ne pas mettre un chien dehors !
— Luxus a envoyé une équipe sur place pour vérifier les abords.
— Tu crois qu'elles sont là ? s'enquit Elfman avec espoir.
— J'espère Elf…
Les entrepôts se ressemblaient tous mais certains semblaient plus à l'abandon que d'autres. Celui qu'ils recherchaient n'avait rien de particulier si ce n'était son aspect rouillé. Un agent les attendait devant la porte.
— Nous avons vérifié les abords de l'entrepôt, il n'y a rien à signaler.
— Merci, répondit Gray.
La porte était verrouillée mais les agents de police avait récupéré une clé auprès du gardien, au cas où. La porte grinça sinistrement au moment où Gray la poussa. Une odeur de renfermé et de poussière les prit à la gorge, indiquant aux deux hommes que personne n'était venu ici depuis longtemps. Toute chance de retrouver les deux sœurs à cet endroit s'envola instantanément. Restait toutefois l'espoir d'y trouver quelques indices précieux.
L'entrepôt était désespérément vide et fut rapidement examiné par les deux inspecteurs avant de passer à l'étage où résidaient les bureaux. Ces derniers étaient tout aussi vides, au grand désespoir d'Elfman qui enfonça un poing rageur dans le mur du couloir.
— Elf ! s'exclama Gray.
— J'étais sûr que cette fois-ci c'était la bonne, gronda l'homme des sanglots dans la voix.
— Il nous reste une pièce à examiner… tenta de le rassurer Gray.
— Tu penses vraiment qu'on va y trouver quelque chose ? s'enquit Elfman d'un ton sarcastique.
— On ne le saura pas si on ne vérifie pas, répondit Gray d'une voix plus assurée. Allez Elf, viens.
Le colosse suivit son collègue malgré son manque d'optimisme.
Contrairement aux autres pièces, la dernière porte était verrouillée, ce qui parut étrange à Gray.
— Il nous faut un passe, dit-il avant de farfouiller dans sa veste.
Le jeune homme sortit une petite trousse dans laquelle il sortit un long crochet.
— Je vois que tu avais tout prévu, dit Elfman amusé.
— Toujours !
Gray se servit de son outil pour crocheter la serrure qui ne mit pas longtemps à lui céder.
— Allons-y !
La pièce était plongée dans le noir et l'électricité coupée, ce qui les obligea à sortir leur téléphone portable pour s'en servir de torche.
— N'approche pas Elf, je crois que nous sommes sur une scène de crime, l'arrêta le jeune homme en observant ce qui composait la pièce exigüe sentant le renfermé et une odeur métallique que Gray et Elfman n'eurent aucun mal à reconnaître.
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Gray, Elfman, Luxus et l'équipe de profileurs examinaient les nombreuses photos qui avaient été prises dans l'entrepôt. Certains indices étaient encore au laboratoire pour analyse mais les principaux étaient devant leurs yeux.
— On est sûr que Mira et Lisa n'ont pas été retenues ici mais il est certain que des victimes antérieures de Yura y ont été. Les traces de sang sont anciennes d'après les scientifiques.
— Ça ne nous avance à rien ! s'énerva Elfman.
— Je n'en suis pas si sûr, le contra Gray. La carte que nous avons retrouvée nous mènera peut-être à sa planque actuelle.
Une carte de la région avait en effet été retrouvée sous le lit métallique, sans aucun doute un oubli du propriétaire.
— Je suis d'accord, approuva Luxus. C'est pourquoi je l'ai confiée à une équipe qui va s'occuper de quadriller chaque zone.
Celle-ci semblait ancienne mais Gray sentait que sa présence n'avait rien d'anodin. Et à son grand soulagement, Luxus semblait pensait la même chose.
— Ça va nous prendre des plombes ! s'offusqua Elfman.
— Pas nécessairement. La carte a été manipulée de nombreuses fois et une partie en particulier semble plus usée. Une zone constituée de lacs…
— De lacs… répéta Elfman.
— Oui Elf, répondit Gray en lui tendant une copie de la photo de Caleb trouvée chez lui.
Une photographie prise au bord d'un lac…
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Les cris retentissaient depuis de longues minutes. La jeune femme essayait de crier mais le bâillon que son bourreau lui avait mis l'empêchait de sortir le moindre son. Cependant, ses larmes coulaient sans discontinuer. Sa petite sœur était en train de vivre un véritable martyr et elle ne pouvait rien faire.
— Pitié ! priait-elle de toutes ses forces. Que quelqu'un vienne ! Que quelqu'un la sauve… Prenez ma vie mais sauvez-la !
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— Lisanna !
Elfman se réveilla en sursaut, le corps en nage. Il mit quelques minutes pour réussir à calmer les battements de son cœur. Le colosse sentit une main chaude se poser sur son épaule.
— Tout va bien Elf, ce n'était qu'un cauchemar.
Se sentant plus vulnérable que jamais, Elfman Strauss se laissa aller dans les bras rassurants de son amant qui le berça pendant que ses sanglots se déversaient inlassablement.
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Nda : Voilà pour ce chapitre ! Un chapitre plutôt long avec des instants intimistes entre nos deux héros et quelques avancées sur l'enquête. N'hésitez pas à laisser votre avis surtout !
Comme précisé plus haut, nous arrivons au dénouement de cette histoire. J'espère vous offrir le prochain chapitre très bientôt !
Merci de votre lecture et à bientôt :)
