Nda : Bonjour à tous ! Après moult tergiversations, relectures et j'en passe, voici enfin le chapitre XVI de Mortelle destinée. Je ne vais pas m'étendre davantage sur celui-ci et plutôt vous laisser le découvrir.
Je vous retrouve plus bas !
Mortelle destinée
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Partie I :
Le cas des Strauss
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- XVI -
Les enquêteurs consacrèrent les jours suivants à quadriller les différents secteurs apparaissant sur la carte qu'ils avaient retrouvée dans l'entrepôt des docks. La tâche ne fut pas simple. Le temps épouvantable empêchait d'envoyer des équipes sur place, la police ne put donc se servir que d'images satellite lesquelles, pour le moment, ne donnaient pas la moindre piste.
En attendant, l'équipe des profileurs précisait ses recherches sur le profil du suspect, tandis que les deux coéquipiers poursuivaient leur enquête avec le peu d'éléments dont ils disposaient. Désormais, tout reposait sur la carte de la région des lacs. Les nerfs d'Elfman étaient à vif et Gray avait bien du mal à apaiser ses craintes. Son impatience était sur le point d'exploser mais qui aurait pu le lui reprocher ? Et les pluies diluviennes qui s'abattaient sur toute la région ne faisaient que retarder l'échéance, à son grand désarroi. Les inondations exceptionnelles occasionnaient des catastrophes à la pelle : glissements de terrain accrus par les coulées de boue, bâtiments à évacuer, routes impraticables… La ville de Magnolia se trouvait isolée entre ses murs. Sans compter l'océan déchaîné qui mettait en danger les pêcheurs imprudents. Pompiers, policiers, urgentistes, les secours étaient sur tous les fronts, reléguant les enquêtes en cours au second plan.
Une fois que la situation en ville serait réglée, ce serait au tour de l'hiver de poindre son nez. Dieu seul savait si Mirajane et Lisanna tiendraient jusque-là et si elles étaient seulement encore en vie…
En dépit des obstacles qui ne cessaient de les ralentir, Gray avait le sentiment qu'ils arrivaient au bout de cette enquête interminable et que ce n'était pas le moment de lever le pied sur leur vigilance. La carte retrouvée dans l'entrepôt avait forcément son importance, ils devaient se raccrocher à cet espoir, aussi maigre soit-il. Puisqu'il s'agissait du seul et peut-être même du dernier…
Se refusant à l'inaction, les deux enquêteurs avaient décidé d'utiliser leur temps à bon escient. Lorsqu'ils n'étaient pas derrière leur bureau à éplucher le dossier sur Invel Yura, ils s'entrainaient avec acharnement afin de se tenir prêts au moment où ils feraient face à l'ordure qui retenait les sœurs Strauss. Les longues heures de tir développaient leur précision. Qu'il se présente devant eux et le tueur aux bas rouges ne pourrait leur échapper. A cela s'ajoutaient des séances de musculation, de boxe et de corps à corps qui permirent à Elfman d'évacuer la pression liée à l'enquête et d'oublier quelques instants la peur qui lui tordait les tripes en songeant à l'enfer que ses sœurs vivaient entre les mains de Yura.
Chaque soir, Elfman rentrait directement chez Gray comme il en avait pris l'habitude depuis plusieurs semaines. Désormais, une grande partie de ses affaires s'y trouvait et le colosse devait bien avouer qu'il s'y sentait comme chez lui. Impression renforcée par le comportement naturel de son collègue avec lui. Jamais il n'aurait cru que sa présence lui serait aussi bénéfique. Lorsqu'Elfman s'enfermait dans sa bulle, Gray ne le forçait jamais à l'en sortir mais il montrait par un geste qu'il était présent s'il en éprouvait le besoin. Le colosse continuait à écrire à Mira et Lisa et ne s'en cachait plus aux yeux de Gray. Cette activité l'apaisait et lui donnait l'impression d'être plus proche d'elles que jamais. Pensaient-elles à lui ? Avaient-elles l'espoir qu'il finirait par les retrouver ? Elfman le souhaitait plus que tout car si l'espoir les abandonnait, elles finiraient par se laisser mourir… Le policier essayait d'éloigner les images qui lui venaient inévitablement dans ces cas-là, tournant son regard vers la baie vitrée qui permettait d'avoir une vue imprenable sur la ville. Etrangement, les torrents d'eau qui se déversaient l'apaisaient jusqu'au moment où il se souvenait que c'était à cause de cette foutue pluie que l'enquête était au point mort ! Le jeune homme oscillait sans arrêt entre un état et un autre. Hébétude, colère, espoir, tristesse et désespoir… le rendant dingue un peu plus chaque jour. Quand il était au bord de la rupture, c'était à ce moment-là que Gray intervenait, comme s'il sentait que c'était justement de lui dont il avait besoin à cet instant précis. Combien de fois l'avait-il simplement tenu dans ses bras pendant des heures jusqu'à ce qu'il s'endorme ? Gray méritait de recevoir la pareille mais Elfman ne se sentait pas suffisamment solide pour cela. Lorsque Mirajane et Lisanna seraient enfin retrouvées et sorties d'affaire, alors peut-être que…
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Presqu'une semaine s'écoula avant que le temps ne se calme enfin et deux jours supplémentaires pour que les routes menant à la montagne ne soient dégagées. Certaines d'entre elles avaient été détruites par les torrents chargés de boue et de détritus et seraient inutilisables pendant de longs mois.
La région des lacs avait été scindée en plusieurs zones mais les conséquences dues aux intempéries avaient obligé à calculer de nouveaux itinéraires avant d'envoyer les équipes de recherche sur place. Malheureusement, les distances s'en trouvaient parfois, rallongées significativement. Luxus avait prévenu ses hommes de se montrer particulièrement prudents et de se vêtir en conséquence. La terre humide et meuble pouvait se montrer traîtresse pour qui ne prenait pas garde à l'endroit où il posait le pied. Sans compter les glissements de terrain qui pouvaient les surprendre à tout moment.
Les longues semaines de pluie avaient laissé place à un subit refroidissement, annonçant les premières gelées hivernales. En conséquence, Gray et Elfman avaient revêtu une parka à la doublure bien chaude et des bottes aux semelles antidérapantes. Certes, ce n'était pas l'idéal pour poursuivre un criminel en fuite mais au moins seraient-ils protégés d'éventuelles chutes. Une balise GPS leur avait également été confiée en cas d'accident ainsi que des fusées de détresse.
Le départ de leur zone de recherches se situait à plus d'une demi-heure du commissariat. A cela s'ajouta une vingtaine de minutes supplémentaires causée par le détour qu'ils avaient dû faire en raison de la route endommagée par les inondations. Pendant le trajet, les yeux d'Elfman restèrent rivés sur le paysage défilant, l'esprit uniquement tourné vers ses sœurs, pendant que Gray restait concentré sur la route. Ce dernier savait que dans ces moments-là, rien ne pourrait dérider le visage figé de son ami. Le jeune homme s'autorisa malgré tout à poser une main rassurante sur la cuisse ferme d'Elfman. La large paume du colosse se referma aussitôt sur la sienne. Gray la sentit légèrement trembler avant de se figer autour de la sienne.
Les deux hommes se garèrent sur un petit parking prévu pour les visiteurs de passage recherchant un point de vue intéressant sur la vallée. Il y avait également un départ de randonnée à proximité mais en cette saison, les visiteurs se faisaient rares, à la plus grande joie des sauveteurs qui abominaient les imprudents en recherche de sensation forte.
— Il y a un lac en contrebas, dit Gray pour rompre le silence pesant. Mais avec ce brouillard, on n'y voit pas grand-chose, il va falloir redoubler de prudence.
Elfman sortit de la voiture et observa l'environnement. L'humidité associée au froid pénétrait la toile de son pantalon, lui occasionnant un frisson désagréable. Heureusement qu'ils avaient écouté les recommandations de leur supérieur ! Autour d'eux, pas un bruit ne filtrait. La route était déserte et la forêt de sapins à flanc de montagne, silencieuse. Le brouillard semblait envelopper les deux hommes dans une bulle hors du temps.
— Nous devrions enfiler nos gilets pare-balles, juste au cas où, proposa Gray.
— Tu as sans doute raison, répondit Elfman qui se fustigea de ne pas y avoir lui-même pensé.
Le colosse rejoignit son ami au niveau du coffre et se saisit de son équipement en observant attentivement Gray.
— Qu'y a-t-il ? s'enquit-il surpris par ses sourcils froncés montrant qu'une inquiétude le rongeait.
Le jeune homme haussa des épaules.
— Rien de spécial Elf, c'est juste que… il y a des chances pour que Yura se soit réfugié dans ces montagnes. Si jamais nous nous retrouvons face à lui, je préfère que nous soyons équipés.
Elfman observa encore un instant son coéquipier et cette ride d'expression qui marquait son regard. Il aurait dû le deviner plus tôt… Gray avait déjà perdu un coéquipier, il avait sans doute peur d'en perdre un autre, songea Elfman la gorge nouée. Il ne disait rien mais il connaissait suffisamment son taciturne ami pour savoir ce qui pouvait lui passer par la tête.
— Je serai prudent, tu n'as pas à t'en faire, lui promit-il alors, répondant à son inquiétude silencieuse.
— Je le sais Elf, je te fais confiance. Je n'ai juste pas envie de perdre… répondit le jeune homme avant de se rétracter. Oublie ça, veux-tu ?
— Eh, tu ne vas pas me perdre, ok ? le rassura Elfman en posant ses deux grandes mains sur les joues de son amant. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement.
Gray sourit devant le regard taquin de son ami.
— J'espère bien. Je n'en ai pas encore fini avec toi, répondit-il un sourire canaille aux coins des lèvres.
Une douce chaleur descendit tout droit vers l'entrejambe du colosse qui dut effacer les images salaces qui commençaient à lui venir à l'esprit.
— Nous devrions nous mettre en route dès maintenant, déclara Gray, éteignant instantanément l'incendie qui s'était emparé de l'abdomen de son coéquipier.
— Je te suis patron, acquiesça Elfman avant de mettre une main baladeuse sur le postérieur de son amant qu'il pressa malicieusement. Ce n'est que partie remise.
Amusé, Gray s'efforça à se recentrer sur leur mission en cours.
Une fois les deux hommes équipés, Gray transmis leur position au commissariat afin que celui-ci envoie des renforts en cas de besoin. Les deux hommes prirent ensuite prudemment l'étroit sentier qui descendait de la montagne. Le silence régnait et les deux hommes prenaient garde où ils mettaient les pieds. Entre les pierres et le brouillard qui leur masquait la vue à moins de deux mètres, la descente était particulièrement pénible. Ce n'était vraiment pas le moment de se casser une jambe ou pire !
Ils surent qu'ils étaient arrivés lorsque la pente se fit plus douce et que le sentier s'élargit.
— Très bien, si j'en crois le GPS, le lac doit se trouver juste devant nous mais avec cette purée de poix, nous pourrions tout aussi bien être face à un immeuble !
Les deux hommes avancèrent de quelques pas pour enfin apercevoir le bord du lac. Celui-ci était recouvert d'une épaisse nappe de brouillard semblant flotter à sa surface. Un silence lourd accompagnait ce paysage qui devait être bucolique aux beaux jours mais qui, à présent, offrait une ambiance lugubre et inquiétante.
— Sur la photo de Caleb, la cabane semblait entourée par une forêt, précisa Gray en observant tout autour de lui. D'après la carte, il y a un bois de ce côté-là, allons voir.
Le jeune homme n'attendit pas l'accord d'Elfman qu'il se mit en route. Le silence de son ami laissait paraître les sentiments qui devaient bouillir en lui. Gray s'arrêta un instant pour lui faire face.
— Eh, ça va aller, d'accord ? lui dit-il d'une voix douce en lui serrant la main.
Elfman le prit par surprise lorsqu'il l'enlaça, le serrant étroitement contre lui, et qu'il enfouit son visage dans son cou. Il sentit sa respiration ralentir peu à peu à son contact.
— Merci. Merci d'être là, Gray. Merci d'être toi.
Gray ferma un instant les yeux et lui caressa tendrement la nuque.
— Je serai toujours là pour toi, lui souffla-t-il.
Elfman s'écarta de lui et, profitant qu'ils étaient seuls, il lui offrit un baiser passionné avant de le laisser pantelant.
— Oh… préviens-moi la prochaine fois, bafouilla Gray embarrassé.
La réaction de son ami réussit à faire sourire Elfman qui ne s'était pas déridé depuis qu'ils avaient entrepris la descente.
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A leur grand désarroi, les recherches dans cette première zone se soldèrent par un échec. Ils ne trouvèrent aucune trace d'une quelconque cabane dans le bois qui bordait le lac. Les deux policiers durent se résoudre à rejoindre leur véhicule et partir explorer un autre secteur.
Arrivés à la voiture, les deux policiers prirent un café qui réchauffa aussitôt leur corps transi de froid. Sachant qu'ils passeraient la majorité de leur temps à l'extérieur, Gray avait eu la riche idée d'emporter une thermos.
— Je bénis ton addiction à la caféine, gémit Elfman en portant la boisson chaude à ses lèvres.
— Je te rappellerai cette phrase la prochaine fois que tu te moqueras de moi lorsque je n'ai pas pris ma première dose matinale, rétorqua Gray un sourire amusé.
Ils profitèrent de cette pause pour contacter le commissariat afin de prévenir Luxus de l'échec de leur première exploration. Avant de raccrocher, ils récupérèrent les coordonnées de leur prochaine destination et se remirent en route. Quelque chose leur disait que la journée serait longue…
Ils subirent les mêmes déconvenues dans les deux zones suivantes. Découragés, Gray et Elfman firent une pause en début d'après-midi, profitant de ce moment au calme pour manger un morceau. Les sandwichs achetés en ville, avant de prendre le chemin de la montagne, n'étaient pas des plus réconfortants mais au moins pourraient-ils se consoler avec une tasse de café bien chaud avant de reprendre les recherches. Les journées étaient désormais plus courtes et dès la fin d'après-midi, la pénombre règnerait sur la montagne. Il ne leur restait plus que moins de deux heures pour fouiller les alentours avant de devoir rebrousser chemin pour la journée. La pause fut trop courte mais les deux hommes avaient retrouvé une partie de leur énergie et purent repartir plus sereinement.
Les deux policiers étaient sur la route menant à leur prochaine destination lorsque le téléphone du véhicule se mit à sonner.
— Gray, Elfman, vous êtes où ? s'enquit Luxus d'une voix pressée à l'autre bout du fil.
— On approche de notre prochaine destination, pourquoi ?
— Lévy a localisé ce qui ressemble à une cabane cachée dans la végétation, retentit la voix de leur supérieur. Vous êtes les plus proches de ce secteur.
— Je ne suis pas sûre qu'il s'agisse d'une cabane mais les images satellite montrent une forme qui ressemble à une toiture, précisa Lévy. Je vous envoie les coordonnées.
— J'ai envoyé une équipe sur place, ajouta Luxus, mais elle n'y sera pas avant une bonne heure.
— Très bien, on s'y rend, répondit Gray.
— Appelez-moi une fois arrivés sur les lieux !
— Entendu ! Nous devrions y être dans une vingtaine de minutes, précisa Gray lorsqu'il entra les coordonnées dans le GPS de la voiture.
— Et… Elfman, si c'est bien lui, pas de connerie, d'accord ?!
— Je suis pro, grogna Elfman en guise de réponse.
Le commissaire raccrocha sans répondre, plongeant à nouveau l'habitacle dans le silence.
— Est-ce que tu crois que… bredouilla le colosse après quelques minutes.
— Je ne sais pas mais on va vite le découvrir, lui dit Gray en pressant doucement sa cuisse.
Elfman soupira lentement sans toutefois réussir à ralentir les battements de son cœur. Cette pression finirait par le tuer si ça continuait ainsi ! Il fallait que cette situation impossible cesse au plus vite et qu'il retrouve ses sœurs. Ensuite, il se chargerait de refaire le portrait de cet enfoiré !
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Elfman vivaient les vingt minutes les plus longues de sa vie. Il avait pourtant conscience que les chances pour que ses sœurs se trouvent à l'endroit indiqué étaient faibles. Depuis le début de l'enquête, cette ordure les menait par le bout du nez, il n'y avait pas de raison qu'il ne le fasse pas une nouvelle fois. Malgré tout, un mince espoir demeurait dans son cœur malmené. Et si cette fois était la bonne ?
Une fois la voiture garée sur un petit décrochement en bord de route, Gray contacta Luxus.
— On est arrivé patron, lui dit-il. D'après le GPS, il nous faudra encore vingt minutes de marche pour atteindre l'emplacement du chalet.
— Très bien. Allez-y mais pas d'imprudence. Vous attendez les renforts sauf danger immédiat, compris ?
— Pas de problème, répondit aussitôt Gray.
— Elfman ?!
— Oui chef, soupira l'interpellé agacé par le ton impérieux de son beau-frère. J'avais bien compris la première fois.
— Très bien, je compte sur vous les gars !
Malgré le professionnalisme de Luxus, il n'avait pu empêcher sa voix de flancher au dernier moment. Pour qui ne le connaissait pas, cette légère variation de ton dans sa voix serait passée inaperçue mais pas pour Gray. Le jeune homme comprenait à quel point il devait être rongé par l'inquiétude. Sa fiancée entre les mains d'un psychopathe, qui ne le serait pas ? Gray fit une dernière mise au point avec Elfman afin de s'assurer qu'il ne ferait rien d'inconsidéré. Les deux hommes revêtirent pour la énième fois de la journée leur gilet pare-balles et ajoutèrent à leur panoplie, des lampes de poche au cas où ils ne remonteraient pas avant la nuit. Gray regarda avec inquiétude la pénombre s'abattre peu à peu sur la montagne. Et avec le brouillard qui ne s'était pas levé une seule fois de la journée, la nuit tomberait bien plus vite encore que prévu, en particulier au milieu d'une forêt de pins aux cimes frôlant les étoiles.
— Très bien, allons-y !
Les deux hommes cheminèrent avec difficulté entre les arbres, le sentier n'avait visiblement pas été entretenu depuis un certain temps. Aux pierres s'ajoutaient les ronces qui envahissaient le sentier et des racines qui menaçaient de les faire tomber au moindre faux-pas. Sans compter les pluies qui s'étaient abattues ces dernières semaines, rendant le chemin particulièrement glissant.
— Fais gaffe où tu mets tes pieds Elf, ce sentier de randonnée est fermé pour cause de danger d'éboulement.
— Il ne manquait plus que ça ! maugréa Elfman dont la patience était mise à rude épreuve. Tu as eu raison d'insister pour que je mette mes bottes. Avec mes baskets habituelles, je serais sans doute arrivé plus vite en bas mais avec une jambe en moins…
— Tu devrais savoir que j'ai toujours raison, plaisanta Gray pour alléger un peu le climat pesant.
Il tourna légèrement la tête pour faire un clin d'œil complice à son collègue.
— Pas toujours, si je t'avais écouté, nous n'aurions jamais fait l'amour, rétorqua Elfman du tac-au-tac.
Gray fut si surpris de sa déclaration qu'il marqua l'arrêt et sentit ses joues s'empourprer. Heureusement qu'il était dos à son amant et que celui-ci ne pouvait pas voir qu'il…
— Tu rougis Gray… souffla Elfman d'une voix rauque, faisant sursauter le policier malgré lui.
— Arrête avec tes conneries et regarde où tu marches, marmonna le jeune homme légèrement vexé de s'être laissé ainsi surprendre.
Sans crier gare, Elfman enlaça Gray et l'embrassa sur la joue.
— Désolé, s'excusa-t-il en essayant de capter le regard de son amant.
— Idiot, répondit Gray un léger sourire aux lèvres.
La suite du trajet se fit dans le silence, les deux hommes restaient concentrés sur la route en évitant le plus possible de songer à ce qu'ils découvriraient une fois en bas. C'est à cet instant qu'un cri ou ce qui y ressemblait, retentit dans le silence de la montagne.
Un cri glaçant qui figea les deux hommes.
Gray interrogea Elfman du regard. Celui-ci était tout aussi concentré que son collègue sur les sons environnants. Ils avaient entendu la même chose. Le cri avait pourtant été très vite étouffé mais Elfman avait cru reconnaître une voix de femme et même s'il craignait que son esprit lui joue des tours, il était quasiment sûr qu'il s'agissait de celle de sa petite sœur.
— Lisa… murmura-t-il d'une voix tremblante.
Gray pensait la même chose mais ne le précisa pas. Elfman était bien assez angoissé pour ne pas en rajouter une couche.
— Très bien, on va y aller mais ne fais rien que tu pourrais regretter, d'accord ? le pria le jeune homme en lui prenant la main.
— C'est compris, répondit Elfman le cœur battant.
— Je préviens Luxus et on y va, le prévint Gray en le regardant avec inquiétude.
Enfin, ils y étaient ! Ils étaient sur le point de retrouver Mirajane et Lisanna et de mettre la main sur Invel Yura ! Pourtant, cette prise de conscience n'était pas là pour le rassurer. Dans quel état se trouvait Lisanna ? Mirajane était-elle encore en vie ? Yura était-il armé ? Tant de questions restaient sans réponses… Si tout ne se déroulait pas comme lui, Elfman et Luxus le souhaitaient, les conséquences seraient désastreuses pour chacun d'eux. Gray repoussa cette crainte incontrôlable au moment où son supérieur décrocha le téléphone.
Le jeune homme lui expliqua ce qu'il en était et, après un long silence, ce dernier lui demanda d'être prudent, répétant les mêmes recommandations qu'un peu plus tôt, à savoir, de ne rien faire sauf en cas de danger imminent. En d'autre terme, s'ils estimaient que Lisanna ou Mirajane couraient un danger, ils pouvaient agir en conséquence. Luxus pria Gray de garder un œil sur Elfman. Après avoir réitéré sa promesse, Gray raccrocha avant de mettre son téléphone en sourdine, aussitôt imité par son collègue. Les deux hommes savaient qu'ils n'auraient peut-être pas de réseau à mesure qu'ils s'éloignaient de la route mais les renforts les rejoindraient dans moins d'une heure. Pourraient-ils seulement attendre jusque-là… ?
Gray et Elfman prirent sur eux pour ne pas dévaler le reste de la pente en quatrième vitesse. Mais ils étaient parfaitement conscients qu'il ne fallait surtout pas se faire repérer par Invel Yura, sans quoi, ils pouvaient être sûrs de ne plus revoir les sœurs Strauss. La descente fut une véritable torture pour Elfman qui n'entendait plus depuis quelques minutes maintenant, les cris de sa sœur. Que lui avait fait subir cette ordure ?! Même s'il était soulagé de la savoir en vie, l'inquiétude de constater son état une fois qu'il l'aurait rejointe ne cessait de grandir en lui. Et s'ils arrivaient trop tard… ? Son cœur battait si fort qu'il n'entendait rien d'autre aux alentours. Il comptait sur Gray pour garder l'oreille alerte.
Après avoir descendu pendant d'interminables minutes la pente abrupte du sentier, ils virent enfin, en partie cachée dans la végétation, les contours d'une cabane. Celle qu'ils avaient observée sur la photo, espéraient-ils. S'il s'agissait bien de la cabane qu'ils recherchaient, rien d'anormal à ce qu'elle n'ait pas été repérée plus tôt sur les images satellite, elle se fondait complètement dans la végétation.
A première vue, elle ne payait pas de mine avec sa façade défraichie en bois grisâtre. Elle était percée de deux petites fenêtres dont l'une était condamnée par un volet en bois et l'autre munie d'un carreau brouillé par le temps qui ne devait qu'à peine laisser filtrer la lumière.
Les deux hommes avancèrent prudemment, à l'affût du moindre mouvement. Elfman trépignait, Gray le pressentait. Mais il lui fit signe de ne rien faire, espérant que son compagnon se souvienne que les renforts étaient en chemin.
— A la première alerte, je passe par l'arrière de la cabane tandis que toi tu restes ici pour surveiller et éventuellement me couvrir. Tu attends mon signal avant de faire quoi que ce soit, compris ? chuchota Gray un regard ferme fixé sur son ami.
Elfman acquiesça mais il ne le fit pas de gaité de cœur… Alors que Gray s'apprêtait à prendre le chemin de la cabane, ils l'entendirent de nouveau. Le cri. Cette voix de terreur. La voix de Lisanna !
— Elf ! prévint Gray en tenant son ami fermement par le bras en voyant les yeux fous de son ami. J'y vais, tu me couvres et tu attends mon signal ! Essaye de prévenir Luxus en attendant mais je t'en prie, ne fais rien d'autre ! On va les sortir de là, tu m'entends ?!
Elfman serra des dents mais encore une fois, il suivit l'ordre de son amant. Le regarder s'éloigner vers l'arrière de la petite construction de bois sans le suivre se révéla une torture. Son cœur battait avec une telle frénésie qu'il n'était pas sûr de tenir mais il s'efforça de rester concentré. Pour Gray et pour ses sœurs. Parce qu'il sentait que c'était sa seule chance de les revoir. Si le tueur aux bas rouges réussissait à filer, il ne reverrait plus jamais ni Lisanna, ni Mirajane, il en était persuadé…
Il essaya d'appeler Luxus mais comme il le craignit, le réseau fut trop faible pour que l'appel aboutisse. Ce qui l'obligea à envoyer un message, avec l'espoir qu'il finirait par arriver à son destinataire.
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Gray se cacha derrière les arbres pour ne pas se faire repérer. Invel Yura aurait pu très bien se trouver à l'intérieur de la cabane et détecter sa présence en le voyant par la fenêtre. Le jeune homme se fit le plus furtif possible tout en restant à l'affût du moindre bruit ou mouvement. Lorsqu'il fut face à la façade arrière, il sortit doucement de sa cachette pour se rapprocher de la cabane. Il sortit son arme, se préparant au tir. Du coin de l'œil, Gray ressentit du soulagement en voyant qu'Elfman n'avait pas bougé de sa position, comme il le lui avait demandé. Il pria pour qu'il ne prenne aucune décision inconsidérée pendant son absence puis se recentra sur sa cible.
De près, la cabane semblait en bien plus piteux état que ce qu'il s'était figuré au départ. Le bois de la façade était vermoulu et par endroit, rongé par les termites. Les volets tenaient avec peine sur leurs charnières et la toiture était en partie trouée. Dans quelles conditions Lisanna et Mirajane étaient-elles séquestrées ? songea le jeune homme une boule dans la gorge. Puis il se força à éloigner les images de ses deux amies agonisantes dans un environnement à l'hygiène douteuse pour se recentrer sur sa mission : les sortir de là en un seul morceau et arrêter ce fumier pour qu'il paye pour ses crimes !
Pressé contre la façade arrière aveugle, il tendit l'oreille et décela un bruit de liquide s'écoulant sur le sol qu'il ne parvint pas à reconnaître. Un ruisseau peut-être ? Se concentrant un peu plus, Gray crut reconnaître le bruit d'une respiration sifflante… Il y avait des chances pour qu'il s'agisse de Lisanna, si cette ordure s'était acharnée sur elle comme il le soupçonnait. Le policier s'approcha tout doucement de l'angle, attendit encore quelques secondes avant de risquer un regard.
Il n'y avait rien ni personne mais le jeune homme remarqua l'emplacement de la porte qui était légèrement entrebâillée. Son arme tendue, il longea la paroi en retenant son souffle. De ce côté, il n'y avait qu'une seule fenêtre et elle était à l'opposé de la porte, à son grand soulagement. Il n'aurait pas à passer devant l'ouverture au risque de se faire repérer si le tueur se trouvait à l'intérieur. Le jeune homme patienta encore avant de se rapprocher et de jeter un œil à l'intérieur de la cabane. Celle-ci semblait vide. Il n'y avait en tout cas pas trace du tueur. En poussant légèrement la porte, le policier prenant garde à ne pas que celle-ci grince – il réussit à voir l'intérieur qui n'était constitué que d'une petite pièce exigüe. Une petite table en formica entourée de deux chaises occupait le centre de la pièce. Dans l'angle à gauche, une petite cuisinière à bois et dans l'angle opposé, au fond et dans la pénombre, un lit étroit en métal surmonté d'un matelas difforme et défraichi. Gray fut interpellé par l'absence de toute présence humaine. Où pouvaient bien se trouver Mirajane et Lisanna ? Sentant l'inquiétude le gagner, Gray observa plus attentivement l'intérieur de la pièce tout en jetant régulièrement un œil inquiet à la porte d'entrée.
Jusqu'à ce qu'il remarque la porte camouflée dans la paroi, à la droite de l'entrée de la cabane. Du même lambris que les murs intérieurs, sa forme disparaissait ne laissant apparaître que la poignée qu'il n'avait pas remarquée en entrant. Les deux fenêtres situées sur la façade opposée laissaient supposer qu'il existait une autre pièce. Il ne s'était pas trompé. Le jeune homme espérait que les sœurs d'Elfman y étaient retenues et qu'il pourrait les en sortir avant le retour de leur bourreau.
Il s'assura que la pièce était bien vide et que son occupant ne se cachait pas dans un recoin. Puis, il vérifia que les abords de la cabane étaient toujours déserts avant de se glisser à l'intérieur. Gray referma légèrement la porte d'entrée pour se concentrer sur la porte qui l'intéressait. Un verrou extérieur la bloquait ce qui voulait dire que quelqu'un y était enfermé, songea le jeune homme avec espoir. Sans cela, pourquoi verrouiller cette porte alors que celle menant à l'extérieur était ouverte ? Le jeune homme tourna doucement le verrou, veillant à faire le moins de bruit possible. Par chance, seul un léger grincement – qu'il pût aussitôt empêcher en ralentissant son geste, se fit entendre.
La pénombre régnait dans la petite pièce, obligeant Gray à attendre un instant pour que ses yeux s'y habituent. La lumière du jour filtrait à peine entre les lames de bois qui condamnaient la petite fenêtre à l'autre bout de la pièce. Celle-ci était minuscule, à peine plus grande qu'un placard à balais. Aucun meuble, rien. A l'origine, cette pièce servait sans doute de débarras. Une odeur insoutenable lui agressa les narines, le forçant à se recouvrir le nez d'une main.
S'attendant au pire, il concentra son regard sur le sol où une forme se précisait. Un corps gisait à même le sol…
Le policier ressentit une boule désagréable enfler dans sa poitrine. Il fit une prière silencieuse pour que la jeune femme qu'il ne pût encore reconnaître, soit en vie. Gray vérifia une énième fois que personne n'était sur le point d'entrer avant de s'agenouiller à ses côtés. Il s'approcha doucement, surpris de sentir sa main trembler au moment où il s'apprêtait à la toucher. La chevelure répandue sur le sol lui indiqua immédiatement à qui elle appartenait. Gray ressentit une rage sans nom monter en lui en voyant dans quel état se trouvait cette femme si forte qui ne montrait jamais aucune vulnérabilité, portant sa famille sur ses frêles épaules depuis l'enfance. Ses longs cheveux clairs formaient désormais une masse hirsute, son corps autrefois si gracile ne montrait plus que la peau et les os.
Mirajane n'était plus que l'ombre d'elle-même.
— Mira, souffla le jeune homme.
Il remarqua alors ses entraves. Elle était pieds et poings liés à des chaînes fixées dans le sol et dans le mur. Comme si l'état dans lequel elle se trouvait pouvait lui permettre de faire un seul mouvement !
Il dégagea délicatement les cheveux qui masquaient son visage puis posa deux doigts sur son cou pour vérifier son pouls. Son cœur battait toujours, à son grand soulagement.
— Mira, tu m'entends ? C'est moi, Gray.
Le jeune homme ne reçut pour seule réponse qu'un gémissement rauque.
— Soif… souffla-t-elle.
Gray observa autour de lui. Une cruche était posée au sol avec un verre mais les deux récipients se trouvaient bien trop éloignés de la jeune femme pour qu'elle puisse s'en saisir. Pourtant, son bourreau les avaient laissé là, à sa vue… cette ordure n'avait aucune limite ! songea le jeune homme avec dégoût. Il huma l'eau afin de s'assurer qu'elle ne contenait aucune drogue avant d'en verser un fond dans le verre. Il redressa doucement Mirajane puis porta l'eau à ses lèvres desséchées.
— Doucement, lui dit-il au moment où elle commença à boire.
L'eau coula sur ses lèvres et le long de son menton mais elle continua jusqu'à ce que le verre soit vide. Gray ne voulut pas lui en redonner tout de suite, ne sachant pas dans quel état de santé elle se trouvait.
— Es-tu blessée ? s'enquit-il.
— Cassé… bras, épaule…. souffla-t-elle.
— D'accord, je vais te détacher et te sortir d'ici.
— Non… Lisa… il faut sauver… Lisanna. Il… il va la tuer ! paniqua soudain la jeune femme, les larmes aux yeux.
Une quinte de toux la prit subitement, interrompant momentanément ses sanglots.
— Là Mira, calme-toi, demanda le jeune homme en la voyant suffoquer. On va la sauver, d'accord ? Mais d'abord, tu dois respirer lentement, je vais te sortir d'ici et te mettre en sécurité. Puis j'irai chercher Lisanna.
La jeune femme acquiesça mais visiblement, sa prise de paroles l'avait épuisé et elle était sur le point de perdre connaissance. Il devait absolument la sortir de là et la mettre à l'abri pendant qu'il irait secourir sa petite sœur. Mais comment allait-il s'y prendre ? D'abord, trouver un moyen de la détacher.
Gray espérait qu'Invel Yura n'ait pas gardé les clés sur lui et qu'il les avait laissées dans la pièce principale.
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L'inquiétude d'Elfman ne cessait de grimper en flèche, menaçant de le rendre complètement dingue ! Gray était parti depuis de longues minutes maintenant et il n'y avait toujours aucun signe de lui. Et s'il avait été repéré ? Que devait-il faire ? Devait-il le rejoindre en dépit des ordres qu'il lui avait donnés ? Ordres ou pas, s'il était en danger de mort, ça lui ferait une belle jambe de les avoir écoutés !
Au moment où il était sur point de se mettre en route, Elfman se figea. En contrebas, deux silhouettes parfaitement reconnaissables apparurent dans son champ de vision. L'une était un homme de taille moyenne aux cheveux mi-longs très clairs, presque blancs, et l'autre, sa petite sœur qu'il tenait dans l'étau de ses bras. Elfman ressentit alors plusieurs choses. Le soulagement d'abord : elle était en vie ! La jeune femme se débattait même si son corps amaigri ne pouvait sans doute pas y faire grand-chose mais sa volonté était bien là, intacte. Il ressentit une vague de fierté devant sa force de caractère, son courage ne s'était pas éteint malgré les semaines passées entre les mains de ce fou. La rage ensuite. Une profonde rage en voyant cette ordure poser ses sales pattes sur elle ! Mais ce qui le révulsa plus que tout, faisant naître une terreur sans nom : les vêtements qui la recouvraient. Une robe aux motifs fleuris, bien trop légère pour la saison. Mais surtout, des bas rouges… Il eut alors un flash du dernier cadavre retrouvé, sauf que le visage de la pauvre victime se mêla à celui de Lisanna, lui causant un haut-le-cœur. Elfman chassa ces images avant qu'elles ne le rendent complètement dingue puis se recentra sur la scène.
Pour calmer la jeune femme, Invel Yura s'empara des cheveux de sa victime et lui tira la tête en arrière en lui murmurant des mots à l'oreille. Cela fut suffisant pour que le policier réagisse. Gray lui en voudrait peut-être, sans doute, mais il n'avait pas la possibilité de le prévenir. Il devait agir maintenant, sans quoi, sa petite sœur lui serait encore enlevé ! Malgré sa rage, le colosse s'imposa la plus grande des prudences. L'enjeu était de taille et il ne se pardonnerait jamais de causer la moindre blessure à l'une de ses sœurs même si cela lui coûtait.
Invel lui tournant le dos, Elfman entreprit de descendre la pente qui le séparait encore du tueur en série tout en veillant que le tueur ne le voie pas. Son arme était sortie, prête à servir au moindre danger. En même temps, il jeta un œil en direction de la cabane au cas où Gray lui fasse signe. Toujours rien et le temps pressait. Il aspira une profonde goulée d'air froid qui lui redonna instantanément du courage puis descendit en observant les mouvements de Yura. Ce dernier conduisait Lisanna le long d'un chemin, bientôt, ils ne seraient plus visibles ! Où l'emmenait-il et que comptait-il faire d'elle ? Elfman avait bien sa petite idée mais s'il laissait cette dernière s'acheminer jusqu'à sa conscience, il ne pourrait plus se contrôler, alors il la fit taire et se concentra sur les pas d'Invel Yura.
— Avance ! l'entendit-il crier après Lisanna.
— Mirajane ! criait la jeune femme désespérée. Ne faites pas ça, par pitié !
Le désespoir dans sa voix lui était insupportable. Elfman sentit ses yeux le brûler, les larmes commençaient à brouiller sa vue, ça n'était pas le moment ! se maudit-il de sa faiblesse.
Invel poursuivait sa progression sur le sentier. Plus loin, Elfman détecta une voiture. Le jeune homme ne se souvenait pas avoir vu sur la carte un passage suffisamment large pour laisser la place à un véhicule. Au moment où il pensait être suffisamment proche pour tenter de le désarmer, Invel se retourna brusquement vers Elfman, maintenant fermement Lisanna dans sa poigne.
— Tiens tiens, dit-il d'une voix qui agaça immédiatement le colosse. On dirait bien que nous avons de la visite.
Comment avait-il réussi à l'entendre ? Il était pourtant sûr de ne pas avoir fait le moindre bruit ! Il se fustigea intérieurement pour son imprudence qui risquait de faire capoter l'enquête !
— Lisanna… murmura Elfman en croisant le regard plein d'espoir de sa petite sœur avant qu'il ne vire à la terreur.
Son beau visage était émacié et montrait des ecchymoses, certaines très récentes. Du sang colorait le coin de ses lèvres exsangues… Elfman aurait voulu se jeter sur cette ordure et lui faire payer d'avoir levé la main sur sa petite sœur ! Le jeune homme dut se faire violence pour ne pas réagir au quart de tour. La seule motivation à son inaction était la survie de Lisanna. S'il voulait la sortir de ce mauvais pas, il devait montrer la plus grande prudence même si cela lui coûtait.
— Elf… gémit la jeune femme, tu dois sauver Mira, il a mis le feu à la cabane !
— Quoi… ? bredouilla le jeune homme en tournant la tête vers la petite construction de bois.
Elfman vit de la fumée puis des flammes émerger de la façade. Il écarquilla les yeux, pris d'une terreur sans nom, puis il pensa à Gray et pria pour que son ami ait le temps de libérer sa grande sœur prise au piège.
— Espèce d'enfoiré ! gronda le policier ivre de rage en se tournant à nouveau vers le tueur.
— Elfman, attention ! hurla Lisanna au même moment.
Une détonation retentit. Un cri déchirant s'ensuivit. Un corps s'effondra.
Derrière, la façade de la cabane s'embrasait, le mugissement des flammes résonnant soudain dans le silence de la montagne.
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Nda : Ne me lancez pas encore de tomates ! .
Je sais que ce chapitre se termine de façon un peu abrupte mais la suite est déjà en route, le chapitre est même en grande partie terminé, il demande juste quelques relectures et corrections avant sa publication. Je sais que ça peut prendre un peu de temps avec moi mais je promets de faire au plus vite pour que vous n'attendiez pas trop longtemps !
En attendant, n'hésitez pas à me dire votre ressenti et éventuellement vos hypothèses sur la conclusion de cette histoire, oui, parce qu'elle arrive bel et bien à son terme. J'estime à 2 chapitres avec le prochain et éventuellement un épilogue.
Je vous souhaite une belle fête d'Halloween et vous dis à bientôt !
